RQTH et emploi

Tout ce qui concerne les prestations (AAH, AEEH, AJPP, PCH …), les relations avec les MDPH (démarches administratives), l'assurance maladie etc …
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margotton91
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Re: RQTH et emploi

#16 Message par margotton91 » lundi 20 juillet 2020 à 15:12

Bonjour,

Je viens de prendre connaissance de tous les posts précédents et je suis stupéfaite de votre grande naïveté, pour la majorité de ceux qui ont participé.

Hélas, trois fois hélas, le monde du travail est encore loin d'être inclusif... En France, le TSA à tendance asperger entre dans la catégorie des "handicaps" invisibles. Pour le commun des mortels, dans le monde du travail ou en dehors, le handicap signifie "handicap physique", qui se voit et qui est immédiatement et systématique rattaché au fauteuil roulant et/ou à la/aux béquilles. La trisomie 21 est aussi identifier par l'immense majorité comme handicap car cela se voit.
Ensuite, parmi les personnes qui ont conscience du handicap invisible, peu nombreuses sont celles sensibilisées au TSA et à ses spécificités... Ne perdez pas de vue que ce n'est pas parce que vous discutez avec un(e) DRH qu'il/elle est sensibilisé(e) au handicap... Il/Elle peut aussi se proclamer comme tel et lorsque vous échangez plus précisément avec, en lui exposant, par exemple, les aménagements de poste dont vous estimez avoir besoin, vous vous rendez compte que la sensibilisation est toute relative : cela m'est arrivé il y a quelques mois. En fait, pour mon interlocuteur, qui proclame auprès de qui veut l'entendre qu'il est sensibilisé au handicap et engagé dans des actions en ce sens, les aménagements de poste envisageables sont : acquisition d'une souris ergonomique, d'un siège adapté, pose d'un filtre d'écran, éventuellement réglage de l'intensité lumineuse des plafonniers et pas grand chose d'autre...

Je sais pour y être confrontée moi-même, actuellement, et y avoir été confrontée par le passé, combien c'est difficile de trouver un emploi pour les personnes de notre condition puis, une fois qu'on l'a de le garder...
Je pense qu'il est préférable d'entrée de jeu de parler de la RQTH... Si vous le faites après avoir été embauché(e), c'est redoutable car le recruteur aura l'impression de s'être fait avoir même si vous tentez de lui expliquer que vous n'avez rien dit car vous attendiez la réponse de la MDPH qui n'est arrivée qu'une fois que vous étiez recruté(e). Peut-être vaut-il mieux dire pendant le recrutement que vous avez déposé une demande de RQTH et que vous attendez la réponse...
Ensuite, une fois en poste, si vous n'avez rien dit auparavant, vu les difficultés que vous avez du fait de votre trouble (grande fatigabilité, grande sensorialité, problème de socialisation, difficulté d'intégration, "bizarrerie" comportementale, "productivité" moindre du fait de la fatigabilité), tôt ou tard vos collègues, votre hiérarchie ne manquera pas de s'interroger, sans compter les "bruits de couloir", commérages que ces interrogations ne manqueront pas de susciter -le monde du travail est loin d'être bienveillant-. Cela finira plus ou moins rapidement par revenir à vos oreilles, plus ou moins brutalement, et par déclencher du stress, des crises d'angoisse qui, poussés à l'extrême mènent au repli autistique/mutisme. Lorsqu'on en arrive là, avec les collègues et la hiérarchie, non informés, cela empire. Comme vous n'êtes plus en état de vous défendre, d'expliquer quoi que ce soit, la phase ultime c'est l'effondrement autistique (épuisement autistique)...

Je tenais donc à vous mettre en garde pour l'avoir vécu moi-même... A l'époque, je ne connaissais pas encore ma condition. Je me rendais bien compte que j'étais différente, décalée, stigmatisée mais je ne savais pas encore quelle était la nature de mes difficultés.

Donc, faites très attention à vous...

Si vous obtenez la RQTH, je ne saurais trop vous recommander de demander à bénéficier du dispositif de l'emploi accompagné afin d'être aidé et d'éviter d'en arriver là...

Bon courage
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ブノワ
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Re: RQTH et emploi

#17 Message par ブノワ » lundi 20 juillet 2020 à 15:36

:evil:
J'ai arrêter de lire à "naiveté", ton constat de "naiveté" tu peux te le mettre dans un endroit que je vais me reprimer de citer.

L'immense majorité des gens qui demandent une RQTH avec le S.A. sont dans une merde noire et ne voient pas de sortie du tunnel.
Souvent, ils ont essayé plein de trucs, sans issue.
Et ils sont également très au fait des spécifités de l'environnement de travail dans l'hexagone, et en quoi il est défavorable aux autistes.

Tu sais quoi, même les autistes ne vivent pas d'eau fraiche.

La RQTH dans cette solution, ça permet de gagner du temps ET de continuer à toucher un salaire. C'est pas rien.

Quant'à l'emploi accompagné, étant donné que les situations que tu décris sont liées à l'absence de prise en compte du handicap par l'environnement professionnel, permet moi de douter fortement de son utilité.
A moins que tu suggères que les personnes S.A. qui travaillent "pensent mal" et qu'il faut qu'un psy les "accompagne".
Identifié Aspie (広島, 08/10/31) Diagnostiqué (CRA MP 2009/12/18)

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Re: RQTH et emploi

#18 Message par margotton91 » lundi 20 juillet 2020 à 15:55

C'est bien parce que je suis actuellement dans une "merde noire" actuellement que j'ai écrit ce que j'ai écrit.

J'ai la RQTH, je dispose de l'emploi accompagné, j'ai 52 ans et je viens de demander l'AAH. Bien avant de connaître ma condition, j'ai travaillé pendant plus de 20 ans...

C'est parce que c'est extrêmement difficile que ma job-coach m'a incité et m'a aidé à justifier ma demande d'AAH. J'ignore si je vais l'obtenir et dans combien de temps. Je viens de tomber à l'allocation spécifique de solidarité. Jamais je n'aurais imaginé en arriver là... et si je n'avais pas été "poussée", je n'aurais pas demander l'AAH, tellement j'étai,s en mon for intérieur, persuadée que je n'y ai pas droit. Ma job-coach a longuement argumenté pour me convaincre de faire cette demande...

Je ne suggère pas que les personnes autistes qui travaillent "pensent mal",bien au contraire. Je suis même "admirative" tant je sais combien c'est difficile...

J'essayais simplement d'expliquer que le monde du travail en "milieu ordinaire" ou même "en milieu protégé" n'est pas le monde des bisounours bien que l'on soit RQTH... La bienveillance est une qualité très peu répandue.

Je souhaite simplement à la personne à l'origine de ce fil que cela se passe le mieux possible pour elle dans le poste pour lequel elle vient d'être embauchée, je la mettais simplement en garde, c'est tout...
ブノワ a écrit :
lundi 20 juillet 2020 à 15:36
:evil:
J'ai arrêter de lire à "naiveté", ton constat de "naiveté" tu peux te le mettre dans un endroit que je vais me reprimer de citer.

L'immense majorité des gens qui demandent une RQTH avec le S.A. sont dans une merde noire et ne voient pas de sortie du tunnel.
Souvent, ils ont essayé plein de trucs, sans issue.
Et ils sont également très au fait des spécifités de l'environnement de travail dans l'hexagone, et en quoi il est défavorable aux autistes.

Tu sais quoi, même les autistes ne vivent pas d'eau fraiche.

La RQTH dans cette solution, ça permet de gagner du temps ET de continuer à toucher un salaire. C'est pas rien.

Quant'à l'emploi accompagné, étant donné que les situations que tu décris sont liées à l'absence de prise en compte du handicap par l'environnement professionnel, permet moi de douter fortement de son utilité.
A moins que tu suggères que les personnes S.A. qui travaillent "pensent mal" et qu'il faut qu'un psy les "accompagne".
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misty
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Re: RQTH et emploi

#19 Message par misty » lundi 20 juillet 2020 à 16:15

margotton91 a écrit :Ensuite, une fois en poste, si vous n'avez rien dit auparavant, vu les difficultés que vous avez du fait de votre trouble (grande fatigabilité, grande sensorialité, problème de socialisation, difficulté d'intégration, "bizarrerie" comportementale, "productivité" moindre du fait de la fatigabilité), tôt ou tard vos collègues, votre hiérarchie ne manquera pas de s'interroger, sans compter les "bruits de couloir", commérages que ces interrogations ne manqueront pas de susciter -le monde du travail est loin d'être bienveillant-. Cela finira plus ou moins rapidement par revenir à vos oreilles, plus ou moins brutalement, et par déclencher du stress, des crises d'angoisse qui, poussés à l'extrême mènent au repli autistique/mutisme. Lorsqu'on en arrive là, avec les collègues et la hiérarchie, non informés, cela empire. Comme vous n'êtes plus en état de vous défendre, d'expliquer quoi que ce soit, la phase ultime c'est l'effondrement autistique (épuisement autistique)...
Cela peut empirer aussi beaucoup avec la stigmatisation, les gens qui ramènent tout au handicap et à l'autisme, qui posent des questions indiscrètes voire voyeuses pour un oui pour un non sous prétexte que les anecdotes sordides c'est ce qu'il y a de plus croustillant à relayer après, qui se permettent de donner un avis sur tout et rien concernant tes décisions et ta gestion de ton handicap...
Perso ce genre de chose peut me précipiter très rapidement vers l'effondrement autistique, peut-être même plus rapidement que ce que tu évoques.

Même si j'ai actuellement un gros challenge pro à gérer suite à des évènements graves qui ont généré une sorte d'impasse "coming out autistique ou rien", je sais que si j'arrive encore à aller travailler c'est parce que personne ne me traite comme l'autiste de service. Si un jour ça devait arriver, que je me retrouve à devoir parler de mon handicap 10 fois par jour, à donner mon avis sur tout ce qui passe à la télé ou ailleurs concernant les TSA, à entendre des âneries issues du web ou des médias que je considère bonnes pour la poubelle vendues comme des vérités ultimes... Je ne me donne pas une semaine.

J'ai déjà vécu et vis toujours ça dans la sphère privée, c'est un facteur d'isolement majeur pour moi, donc dans la sphère pro il n'en est juste pas question: je ne le supporterais pas. Ce que je veux c'est être traitée comme les autres autant que possible, c'est pour ça que j'ai vraiment besoin d'être accompagnée de personnes qui savent communiquer sur les spécificités liées au handicap sans me transformer en étendard de l'autisme et/ou du handicap invisible.

Il y a une notion de juste milieu à trouver, et ce juste milieu est différent pour chaque autiste. Déjà parce qu'on est tous différents mais aussi parce que tous les environnements pros ne sont pas les mêmes et les interlocuteurs liés non plus.

Ce n'est pas parce qu'on assiste à une sorte d'étalage massif d'une minorité que cet état d'esprit concerne la majorité (d'autant plus s'agissant de personnes autistes). Qu'il y ait des gens qui souhaitent raconter leur vie à tout le monde et n'être vu que par le biais de l'autisme très bien (ou pas), mais il est complètement débile de partir du principe que c'est le souhait/la solution pour l'ensemble des autistes.

Je ne vois pas ce que la naïveté vient faire là-dedans.
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Re: RQTH et emploi

#20 Message par ブノワ » lundi 20 juillet 2020 à 17:42

Effectivement, il n'y a pas de solution simple, et je ne suis pas du tout persuadé que l'emploi accompagné serve vraiment à quelque chose.
J'ai été coaché il y a bientôt 10 ans, j'ai déjà rempli des pages (littéralement) ici sur la question et le pourquoi de "ca marche pas", ce doit être encore lisible.

Je suis persuadé tout de même qu'une personne qui pense qu'un diag d'autisme c'est sans conséquence et une RQTH c'est cool, c'est très très improbable qu'elle arrive sur ce forum. C'est plutôt sur d'autres réseaux que circulent ce genre d'idées (en général chez une population spécifique d'autodiag pour qui l'autisme c'est cool).
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Re: RQTH et emploi

#21 Message par apache » lundi 20 juillet 2020 à 18:09

Merci pour vos retours d’expérience, c’est intéressant de lire des avis différents.
Je préfère ne pas cacher ma demande de RQTH, par principe. Mais si j’ai bien compris ; le certificat médical est confidentiel, donc je ne suis pas obligée de dire que mes difficultés sont liées à l’autisme.
margotton91 a écrit :
lundi 20 juillet 2020 à 15:12
vu les difficultés que vous avez du fait de votre trouble (grande fatigabilité, grande sensorialité, problème de socialisation, difficulté d'intégration, "bizarrerie" comportementale, "productivité" moindre du fait de la fatigabilité), tôt ou tard vos collègues, votre hiérarchie ne manquera pas de s'interroger, sans compter les "bruits de couloir", commérages
J'ai été retenue sur mes compétences, et je suis très productive quand un domaine m'intéresse :wink:
Ce qui me fatigue, c'est surtout les bavardages qui sortent du contexte professionnel, les pauses, les imprévus...
misty a écrit :
lundi 20 juillet 2020 à 16:15
Il y a une notion de juste milieu à trouver, et ce juste milieu est différent pour chaque autiste. Déjà parce qu'on est tous différents mais aussi parce que tous les environnements pros ne sont pas les mêmes et les interlocuteurs liés non plus.
C'est très juste ! J'ai une période d'essai de 15 jours. Je verrai comment se passe le travail, le contact avec les collègues etc. Je veux "assurer mes arrières", mais peut-être que tout ira bien.
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Re: RQTH et emploi

#22 Message par misty » lundi 20 juillet 2020 à 19:06

ブノワ a écrit :Effectivement, il n'y a pas de solution simple, et je ne suis pas du tout persuadé que l'emploi accompagné serve vraiment à quelque chose.
J'ai été coaché il y a bientôt 10 ans, j'ai déjà rempli des pages (littéralement) ici sur la question et le pourquoi de "ca marche pas", ce doit être encore lisible.
Ca sert à quelque chose dans certains cas et dans d'autres non, le tout est de faire la différence et de tenir compte de tous les paramètres et variables de l'équation.

Pour ma part, je sais que mon maintien dans l'emploi aurait été inenvisageable sans accompagnement, parce que l'employeur a vraiment eu besoin d'un interlocuteur dans un moment très complexe, que s'il ne l'avait pas eu cet employeur lui-même se serait retrouvé dans une situation très compliquée, et que je suis parfaitement consciente du fait qu'on ne peut pas demander à des gens de gérer certains contextes sans leur donner aucune clé au préalable. Ce n'est possible ni au niveau juridique, ni au niveau administratif, ni au niveau humain, et encore moins d'un point de vue moral. Clairement si je n'avais pas été dans ce dispositif qui fait interface, aujourd'hui je n'aurais plus de travail. Et pour une raison que je comprendrais et accepterais parfaitement bien, en plus.

Le problème à mon avis, c'est que sur cette question on entend surtout parler d'histoires de discussions à la machine à café, de "sensibilité au bruit", de comportements perçus à tort ou à raison comme "bizarres" (notion complètement abstraite dans laquelle chacun met ce qu'il veut comme et quand il veut)... Et pour moi en fait, tout ça ce sont des considérations à la noix au vu des "véritables" défis que représente le fait d'employer une personne autiste pour un employeur pas informé.
Dans un sens je me dis tant mieux, c'est que pour la plupart des personnes qui ébruitent un autisme en milieu pro les difficultés sont circonscrites à ce type d'inquiétudes (et là franchement tant mieux pour elles), mais dans l'autre ça me fait peur parce que ça sous-entend et véhicule fortement l'idée qu'employer un autiste c'est risquer surtout des soucis de discussions-machine à café, de gêne liée au bruit et de vague "bizarrerie" plus ou moins ressentie autour.
Là je trouve qu'on tombe dans la malhonnêteté, parce que pour pas mal de personnes autistes ça va nettement plus loin que ça, que l'employeur peut avoir des choses bien plus complexes et graves que ces trucs là à gérer, et que ça il faudrait qu'il le sache pour pouvoir envisager l'éventualité que ça se passe à peu près bien pour tout le monde.

Je suis persuadé tout de même qu'une personne qui pense qu'un diag d'autisme c'est sans conséquence et une RQTH c'est cool, c'est très très improbable qu'elle arrive sur ce forum.
Ce n'est pas forcément à ça que je pensais, mais plutôt à des personnes qui vont aller revendiquer des aménagements et/ou traitements "spéciaux" qu'à peu près tout le monde serait légitime de demander voire exiger, et à l'employeur qui va aller associer ça à l'autisme et risque de tomber de très haut le jour où il embauchera une personne autiste qui lui posera des défis extrêmes auxquels du coup il ne s'attendait absolument pas. Le pire étant que, dans la majorité des cas, la seconde personne autiste va peu ou pas s'épancher sur son handicap et ses difficultés concrètes, demander bien moins de choses que la 1ère (voire rien) ce qui va encore plus embrouiller la perception de l'employeur.

apache a écrit :Je préfère ne pas cacher ma demande de RQTH, par principe. Mais si j’ai bien compris ; le certificat médical est confidentiel, donc je ne suis pas obligée de dire que mes difficultés sont liées à l’autisme.
Disons que selon le contexte, ne pas dire qu'une demande de RQTH est en cours peut te porter préjudice d'entrée simplement à cause des histoires de quotas et autres. Ce n'est pas mentir, mais d'un autre côté si l'employeur peut se trouver directement impacté par le fait d'embaucher un salarié RQTH (et administrativement/légalement il l'est, impacté), je trouve malhonnête de ne pas être transparent là-dessus.

Le pourquoi est strictement une toute autre question, effectivement tu n'as pas à donner la raison de ce statut (même si on te le demande), et quand bien même tu le ferais on te conseillera sans doute de communiquer sur les difficultés concrètes et les manifestations factuelles susceptibles d'intervenir en emploi, mais certainement pas sur l'autisme en lui-même. Surtout en ce moment où le terme est complètement vidé de son sens et où l'employer dans cette configuration est le meilleur moyen de te retrouver avec une étiquette qui ne te correspondra absolument pas (c'est à se demander si elle correspond à un quelconque autiste, d'ailleurs, et c'est tout le souci).
Après c'est de l'ordre du biais d'ancrage ajouté aux informations faussées et absurdes sur lesquelles se base la conception de l'autisme d'une grande majorité de la population. Et ça c'est irrattrapable, peu importe la compétence des accompagnants, et surtout peu importe la bienveillance et l'intelligence de tes interlocuteurs en face.

Par ailleurs, se revendiquer comme autiste te met plus ou moins (plutôt plus que moins) dans le sac des personnes qui adorent se mettre en avant et parler d'elles, que ce soit par le biais d'un handicap ou d'autre chose. Personnellement je trouve qu'elles parasitent énormément les questions liées au handicap, et ce sac là c'est bien le dernier où je voudrais me retrouver. En fait je préfère perdre un boulot à ça, indépendamment du fait que certaines personnes soient dans ce sac à tort et d'autres à raison. Ca ne change pas grand chose dans l'absolu, question conséquences.

De toutes les manières, ce dont ton environnement pro a besoin c'est d'être éventuellement informé sur les difficultés factuelles que tu as, et leurs conséquences potentielles dans ton travail. La cause de ces difficultés ne le regarde pas, qu'elles soient liées à l'autisme ou à autre chose.
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Re: RQTH et emploi

#23 Message par ブノワ » lundi 20 juillet 2020 à 20:41

Les questions sensorielles, et celles liées à la vie de groupe, elles sont facilement évoquées parce qu elles s appliquent déjà pour des handicaps visibles.

A part cela, les seules questions qui reviennent souvent dans l autisme sont celles liées à la formulation des consignes, et là c est la grosse merde. Parce que les gens vont croire que si vous leur dites non, on peut vous forcer à dire oui par le biais d un tiers, coach ou accompagnant.
Et ça, en dehors du monde de l autisme je ne vois pas où cela est appliqué.
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Re: RQTH et emploi

#24 Message par oreo64 » lundi 20 juillet 2020 à 21:25

Le problème de la MDPH, c'est que les dossiers ne sont pas informatisés et les dossiers peuvent varier de 3 à 6 mois .Sans compter que les conseillères sont aimables comme des portes de prison et font plein d'erreurs sur les dossiers.Je me suis retrouvé il y a 4 ans avec des dossiers comme quoi je suis inscrit aux cours du jour du CNAM et que mon dossier était envoyé au SIEC ,ce qui était totalement faux .Je suis allé râler pour leur demander des explications avec ma mère.
C'est une institution qui a besoin d'être réformée et modernisée comme Cap emploi où le personnel aurait des indicateurs de performance à atteindre comme dans le secteur privé avec des sanctions à la clé si les objectifs ne sont pas atteints.
Margotton 91 a raison sur le fait que le monde du travail n'est pas tendre.J'ai eu l'occasion de discuter avec une militante associative lors du confinement avec qui j'ai correspondu par e-mail en me disant que les entreprises sont de plus en plus sensibles à l'emploi des personnes handicapées.Je lui ai fait comprendre par e-mail qu'il serait bon qu'elle descende de son monde de d'Alice aux pays des Merveilles et qu'elle aille faire un entretien d'embauche avec une entreprise pour qu'elle s'en rende compte des difficultés auxquelles je suis confronté.
Pour parler de mon expérience avec mon job coach de l'Oeuvre Falret dans le cadre de l'emploi accompagné,je peux expliquer une partie de mon parcours.
Je suis tombé avec mon job coach sur une entreprise dans l'assurance qui avait voulu au début du confinement me faire un entretien par visioconférence.La RH était rigide lorsque je lui ai expliqué que je n'arrivais pas à utiliser le lien pour accéder au logiciel de visioconférence et je lui ai proposé un autre logiciel de visioconférence .Elle a refusé .Elle a tout juste voulu avoir mon job coach au téléphone 5 minutes .Il a envoyé un courrier et il n'a plus de réponse de l'entreprise ni moi d'ailleurs.J'ai regardé sur Internet l'entreprise ne communiquait pas sur le handicap.
Le rythme des entretiens s'est accéléré avec le déconfinement .J'ai dû aller parfois sur Paris en jonglant avec l'attestation employeur .J'ai été sélectionné pour un entretien final après eu un entretien téléphonique et un entretien via Skype avec un opérationnel.Tout cela pour que mon job coach en ma présence rappelle la directrice de l'établissement se termine par une embauche d'un salarié en interne!!!
Je ne parle même pas des lapins posés par les recruteurs pour des appels téléphoniques fictifs.J'ai décidé de postuler comme contractuel de la fonction publique .J'ai plus confiance dans leur objectivité dans la fonction publique que dans le secteur privé.De plus ,je peux plus facilement cacher mes lacunes dans le secteur public que dans le secteur privé.J'ai eu deux propositions positives pour le CNRS ou une mairie .J'ai choisi la mairie car elle était plus proche.Mon job coach a été présent durant deux entretiens par visioconférence et deux entretiens physiques.Selon l'expérience que j'ai acquise ,je le fais intervenir avec tel ou tel type d'employeur handi accueillant ou non .
Actuellement,j'attends mon contrat de travail car les procédures sont très longues dans la fonction publique et mon contrat ne commence que début septembre.Je continue d'aller avec parcimonie lorsque je suis chassé sur Linkedin par des chasseurs de tête ou sur les joboards et je vais aux entretiens physiques une fois par semaine pour rompre mon CDD pour un CDI.
Pour parler du projet de l'Oeuvre Falret sur le site de Fontenay le Fleury (Yvelines ) ,il y a 11 personnes en emploi suivies sur 38 personnes.
Actuellement, dans le portefeuille de mon job coach ,un seul a été placé en tant que facteur à la Poste sur les 11.Je serai le deuxième en emploi .Mon job coach est en contact permanent avec la mairie et il m'a dit que le responsable du service où je devrais travailler serait ravi de travailler avec une personne autiste.D'ailleurs ,mon job coach va rencontrer le 4 septembre le responsable du service pour savoir comment mieux préparer mon arrivée dans les meilleures conditions avec une autre personne . Ma principale crainte est dès le début de mon arrivée ,un reconfinement local soit ordonné par la préfecture et que la mairie me donne un ordinateur sans être formé en retournant chez moi.
J'ai lu précédemment qu'une personne avait des doutes sur l’efficacité de l'emploi accompagné. Je dirai tout dépend sur qui quel job coach et sur quelle structure.L'avantage des associations qui suivent les autistes dans le cadre de l'emploi accompagné disposent de beaucoup plus de fonds que les petites associations comme à l'Autisme Emploi Asperger ,sont beaucoup plus réactives et beaucoup mieux organisées.
Le gros problème en discutant avec mon job coach c'est que depuis le déconfinement, aucun autiste suivi n'a trouvé d'emploi ni de stage.Ce n'est pas rassurant pour la suite du projet.Je sais que les députés ont prévu un amendement pour simplifier l'entrée dans le dispositif de l'emploi accompagné récemement. Mes principales critiques ne vont pas dans le fonctionnement des associations partenaires de l'emploi accompagné mais le fait premièrement d'avoir confié la décision à la MDPH de pouvoir rentrer dans le dispositif on perd minimum 3 mois voire 6 mois et surtout le fait que les conseillers de Cap emploi ne communiquent pas du tout sur le dispositif avec les demandeurs d'emploi autistes ,ce qui fait partie de leur travail.
Les job coachs de l'Oeuvre Falret étaient formées en permanence jusqu'au début du confinement.Actuellement,toutes les formations sont au point mort à l'Oeuvre Falret .J'essaie de former comme je peux mon job coach en lui expliquant les enjeux du recrutement différents dans les entreprises ,que dans les associations ou la fonction publique et je lui explique à quoi sert une PMSMP et une mission handicap.
Je lui laisse des responsabilités pour prendre contact avec les employeurs et je vais lui en laisser de plus en plus car je lui fais confiance .D'ailleurs ,c'est la seule personne en qui j'ai confiance dans le milieu du handicap.Je lui pardonne certaines maladresses car il est débutant dans le métier de conseiller en emploi accompagné.C'est la personne qui s'est de loin le plus décarcassée pour moi beaucoup plus que dans les dispositifs soi -disant d'insertion professionnelle pour les autistes.
J'ai réussi à sortir mon épingle du jeu pour l'instant car mon métier de comptable est transversal car je peux bosser soit dans le monde associatif ,le monde de l'entreprise ou la fonction publique.Par contre, en entreprise avec les protocoles sanitaires,je suis formé une semaine puis on me donne un ordinateur et je dois faire les tâches demandées en télétravail tout en utilisant la visioconférence qui souvent ne fonctionne pas .Cela me désavantage complètement.C'est la raison pour laquelle je me suis tourné vers la fonction publique où les formations se font sur site et le travail avec pour l'instant.
Je suis très inquiet pour l'avenir du projet de l'emploi accompagné car avec la crise économique d'une violence inouïe qui vient , je pense que je serai le dernier à trouver un emploi .J'ai une personne dans le portefeuille de mon job coach qui veut devenir chaudronnier et que je connais de vue .Je ne suis pas confiant pour qu'il puisse trouver un emploi dans son domaine car les protocoles sanitaires sont très strictes dans les usines et de plus depuis le déconfinement ,l'emploi industriel s'est effondré.D'ailleurs,avec les troubles autistiques qu'il a ,je ne sais même pas comment il va faire pour se vendre vis à vis d'un chargé de recrutement et comprendre la culture d'entreprise attendue.
Même moi qui suis dans la comptabilité ,je ne peux même pas dire que l'année prochaine les entreprises embaucheront des comptables si les conséquences d'une seconde vague seront trop lourdes l'année prochaine.
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apache
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Re: RQTH et emploi

#25 Message par apache » mardi 21 juillet 2020 à 18:26

misty a écrit :
lundi 20 juillet 2020 à 19:06

Le problème à mon avis, c'est que sur cette question on entend surtout parler d'histoires de discussions à la machine à café, de "sensibilité au bruit", de comportements perçus à tort ou à raison comme "bizarres" (notion complètement abstraite dans laquelle chacun met ce qu'il veut comme et quand il veut)... Et pour moi en fait, tout ça ce sont des considérations à la noix au vu des "véritables" défis que représente le fait d'employer une personne autiste pour un employeur pas informé.
C'est bien de le rappeler. Je suis autonome dans le travail, tant qu'il n'y a pas d'aléas (je travaille à la chaîne), mais ce n'est évidemment pas le cas de tous.
oreo64 a écrit :
lundi 20 juillet 2020 à 21:25

J'ai une personne dans le portefeuille de mon job coach qui veut devenir chaudronnier et que je connais de vue .Je ne suis pas confiant pour qu'il puisse trouver un emploi dans son domaine car les protocoles sanitaires sont très strictes dans les usines et de plus depuis le déconfinement ,l'emploi industriel s'est effondré. D'ailleurs,avec les troubles autistiques qu'il a ,je ne sais même pas comment il va faire pour se vendre vis à vis d'un chargé de recrutement et comprendre la culture d'entreprise attendue.
Dans ce domaine, on a rarement à "se vendre", les employeurs veulent du concret. Et je ne pense pas que le protocole sanitaire soit très contraignant en chaudronnerie. Même si ton ami est amené a travailler en tuyauterie, sur skud etc, on lui demandera seulement de porter un masque
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oreo64
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Re: RQTH et emploi

#26 Message par oreo64 » mardi 21 juillet 2020 à 20:10

Salut,

Déjà ce n'est pas mon ami,je ne le connais que de vue .Deuxièmement,je sais que c'est une personne qui a de gros problèmes pour s'exprimer pour se vendre.J'ai assisté à un session d'entretien dans le cadre du programme d'Asperteam et j'ai trouvé son discours peu limpide ,insipide et manquant d'esprit de synthèse .Je savais que tout le groupe c'est celui qui avait le moins de chance d'être embauché .Troisièmement ,le protocole sanitaire prévoyait jus qu ' à récemment chaque salarié devait disposer d'un espace individuel de 4 mètres carrés y compris dans les usines.Aujourd'hui ,les protocoles sanitaires ont été assouplis pour respecter une distanciation physique de 1 mètre entre chaque salarié .Ensuite,l 'intérim est à l'arrêt pour plusieurs mois à cause des protocoles sanitaires de leurs clients et le fait que les entreprises ne savent pas quand leurs carnets de commande vont se remplir .Elles naviguent à vue .Pour parler du métier de chaudronnier ,c'était un métier en pénurie de main d'oeuvre avant le confinement .Pour te dire l'ampleur de la crise dans l'industrie aéronautique ,le nombre d'emplois a fondu de 60 pour cent depuis le déconfinement .Les économistes estiment que 500000 emplois dans l'industrie vont disparaître dans les 2 prochaines années .Sans compter que pour l'industrie aéronautique ,il leur faudra 5 à 7 ans pour retrouver leur niveau d’activité avant le déconfinement. Si mon job coach me parle de lui ,je lui conseillerai de chercher un autre emploi comme dans la grande distribution ou dans la logistique qui sont des domaines d'activité qui recrutent beaucoup en même temps que rechercher un emploi de chaudronnier .Au bout de 2 ans et demi ou trois ans dans la grande distribution , il pourrait démissionner et refaire une formation de chaudronnier pour se remettre à niveau .D'ici là ,on y verra plus clair sur le marché de l'emploi.
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Re: RQTH et emploi

#27 Message par apache » vendredi 24 juillet 2020 à 18:55

oreo64 a écrit :
mardi 21 juillet 2020 à 20:10
Salut,

Déjà ce n'est pas mon ami,je ne le connais que de vue .Deuxièmement,je sais que c'est une personne qui a de gros problèmes pour s'exprimer pour se vendre.J'ai assisté à un session d'entretien dans le cadre du programme d'Asperteam et j'ai trouvé son discours peu limpide ,insipide et manquant d'esprit de synthèse .Je savais que tout le groupe c'est celui qui avait le moins de chance d'être embauché .Troisièmement ,le protocole sanitaire prévoyait jus qu ' à récemment chaque salarié devait disposer d'un espace individuel de 4 mètres carrés y compris dans les usines.Aujourd'hui ,les protocoles sanitaires ont été assouplis pour respecter une distanciation physique de 1 mètre entre chaque salarié .Ensuite,l 'intérim est à l'arrêt pour plusieurs mois à cause des protocoles sanitaires de leurs clients et le fait que les entreprises ne savent pas quand leurs carnets de commande vont se remplir .Elles naviguent à vue .Pour parler du métier de chaudronnier ,c'était un métier en pénurie de main d'oeuvre avant le confinement .Pour te dire l'ampleur de la crise dans l'industrie aéronautique ,le nombre d'emplois a fondu de 60 pour cent depuis le déconfinement .Les économistes estiment que 500000 emplois dans l'industrie vont disparaître dans les 2 prochaines années .Sans compter que pour l'industrie aéronautique ,il leur faudra 5 à 7 ans pour retrouver leur niveau d’activité avant le déconfinement. Si mon job coach me parle de lui ,je lui conseillerai de chercher un autre emploi comme dans la grande distribution ou dans la logistique qui sont des domaines d'activité qui recrutent beaucoup en même temps que rechercher un emploi de chaudronnier .Au bout de 2 ans et demi ou trois ans dans la grande distribution , il pourrait démissionner et refaire une formation de chaudronnier pour se remettre à niveau .D'ici là ,on y verra plus clair sur le marché de l'emploi.
Tu mélanges beaucoup de choses… La chaudronnerie est un domaine vaste, on peut travailler dans une entreprise de 2 ou 3 personnes, tout comme une usine de plus de 3000 salariés. On peut aussi être amené à réaliser des pièces complexes de A à Z, mais certains postes ne nécessitent aucune qualification.
Comme tu le dis, ce domaine était en pénurie de main d’oeuvre avant le confinement, mais beaucoup d’entreprises faisaient appel à des travailleurs détachés pour assurer leur production. Il faut aussi prendre en compte le secteur géographique, car la demande n’est pas là même partout… Bref, les statistiques seuls ne sont pas très pertinents :innocent:
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oreo64
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Re: RQTH et emploi

#28 Message par oreo64 » samedi 25 juillet 2020 à 15:30

Sauf que tu oublies une chose ,c'est que beaucoup de PME commencent à ne plus avoir de trésorerie .Les chefs d'entreprise vont y réfléchir à deux fois avant d'embaucher surtout en CDI car ils ont besoin d'une vision à long terme,ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.Sans compter qu'il faut rattraper les retards dans la production.
Après,il faut tenir compte que le choc au niveau de l'industrie va quand même être violent.
Après,je ne sais pas dans quelle filière tu aies.
Enfin ,pour revenir à tes problèmes avec la MDPH ,je pense qu'avec le coronavirus ,le traitement des dossiers est beaucoup plus long que d'habitude .
Il faudra attendre 6 mois avant que tu obtiennes l'obtention de ta RQTH.
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Re: RQTH et emploi

#29 Message par misty » mercredi 29 juillet 2020 à 20:10

apache a écrit :C'est bien de le rappeler. Je suis autonome dans le travail, tant qu'il n'y a pas d'aléas (je travaille à la chaîne), mais ce n'est évidemment pas le cas de tous.
Il y a différents besoins et différents niveaux de difficultés, je ne suis pas du tout compétente pour évaluer ton cas précisément (je pense que tu ne l'es pas non plus) et surtout je ne te connais pas et n'ai aucun élément factuel. Je pense qu'il faut faire très attention à ce qu'on perçoit de retours/témoignages très impersonnels et subjectifs.

Ante-Covid, les estimations (OMS) tournaient à 1 personne sur 5 qui est ou sera concernée par un handicap psychique. Avec la pandémie, les prévisions optimistes passent à 2 sur 5 (optimistes car une explosion des troubles psy est attendue suite au confinement/crise sanitaire, sans compter les gens qui décompensent sévère là ou vont le faire dans les semaines qui viennent). Je trouve ça énorme, perso: sur une équipe de 20 salariés ça te fait déjà 8 personnes.
Le coup du TSA en milieu pro qui serait une sorte d'ilot de souffrances au milieu d'un océan de gens pour qui tout roule et c'est très simple d'aller travailler, c'était déjà un mythe avant et ça le devient encore plus. Les troubles anxieux et anxio-dépressifs notamment épuisent complètement le public concerné sur le plan psychique, et c'est ce qui est le plus courant. C'est en passe de devenir presque banal dans le contexte actuel, ce qui signifie beaucoup de limitations pour plein de monde, TSA ou autre chose.

Du coup, je te conseille vraiment ainsi qu'à toute personne qui a du mal à s'y retrouver, de faire appel à des accompagnants autant que possible (je sais que ça peut être compliqué et que l'offre est inégale, et par "accompagnement" j'exclue un peu de fait tout ce qui est estampillé "spécifique SA/Asperger"...). Eux seuls sont formés à appréhender la personne dans sa globalité, son handicap, ses limitations et points forts à elle et uniquement à elle; et surtout à mettre tout ça en perspective avec le paysage actuel et un environnement pro donné. Dans cet environnement pro, les autres interlocuteurs sont les DRH et tout ce qui est santé au travail. Soit des personnes particulièrement confrontées aux risques psycho-sociaux, surtout dans certains secteurs (médico-social notamment). Il connaissent plus que bien le taux de prévalence des troubles psys et les conséquences en emploi, RQTH ou pas.
Je pense que pour eux, et je suis d'accord, une RQTH est déjà un signe que la personne concernée est relativement "en sécurité", car il faut garder à l'esprit que plein de gens n'iront jamais chercher ni diagnostic de quoi que ce soit ni RQTH. Par contre, ils vivent et travaillent dans une configuration de détresse extrême, et le jour où vraiment ils n'en peuvent plus ils ouvrent la fenêtre et ils sautent. C'est tout.

Cette réalité n'est pas forcément facile à appréhender de derrière son pc en farfouillant à la recherche d'infos sur les RQTH et l'emploi en général, pourtant il y a énormément d'aspects dont il faut tenir compte et ce n'est pas tellement faisable seul en compilant des données quand même très partielles et biaisées.
Il n'y a qu'avec quelqu'un de formé aux réalités du terrain que tu pourras trier ce qui dans ton cas se justifierait ou pas, à quels degrés se situent les éventuelles limitations, et ce qu'il est pertinent d'évoquer à ton employeur ou garder pour toi.
*Diag TSA*

***Nullius in verba***

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ブノワ
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Re: RQTH et emploi

#30 Message par ブノワ » mercredi 29 juillet 2020 à 21:14

Ton message transpire une conception très autistique (=en prenant le nom au pied de la lettre) de la DRH.

Ce n est presque jamais le cas, je suis prêt à discuter pour les HR mais les DRH c est une arnaque sans nom dans la culture française.
Identifié Aspie (広島, 08/10/31) Diagnostiqué (CRA MP 2009/12/18)

話したい誰かがいるってしあわせだ

Être Aspie, c'est soit une mauvaise herbe à éradiquer, soit une plante médicinale à qui il faut permettre de fleurir et essaimer.

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