La phobie sociale

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Daredevil
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Re: La phobie sociale

#46 Message par Daredevil » dimanche 21 février 2016 à 17:35

Spoiler :  : 
le sujet évitant cherche à rationaliser son comportement et ses pensées en toute circonstance, s’éloignant du véritable problème qui finit par être oublié, rejetant les raisons de son mal-être sur autrui. Ce qui fait que ces patients n’ont pas conscience de leur anxiété sociale et ne sont pas demandeurs de soins.
La personnalité évitante pense comme un marginal. Il pense juste que la société et les "autres" ne sont pas pour lui, Le problème c'est pas lui mais la société. En cela il s'ignore, pensant que c'est sa personnalité qui est particulière et que comme ce n'est pas une maladie, ça ne se soigne pas.
la personne évitante peut se satisfaire de la situation, et n'aura pas l'impression de souffrir. :sick:

Mais je n'aime pas ces explications. Car quelqu'un de rationnel qui a des difficulté sociales est facilement assimilé à ce cas. Cela met tous les asociaux dans le panier de la personnalité évitante. Et contre leur volonté puisqu'il s'ignore. On dirait presqu'une definition psychanalytique :(
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Manichéenne
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Re: La phobie sociale

#47 Message par Manichéenne » dimanche 21 février 2016 à 20:59

Je ne vois pas comment il est possible de ne pas en être conscient au moins partiellement. On parle de personnalité évitante, pas de personnalité antisociale.

D'ailleurs les critères du DSM4 montrent bien qu'ils en souffrent :
au moins quatre des manifestations suivantes :
-le sujet évite les activités sociales professionnelles qui impliquent des contacts importants avec autrui par crainte d'être critiqué, désapprouvé ou rejeté ;
-réticence à s'impliquer avec autrui à moins d'être certain d'être aimé ;
-est réservé dans les relations intimes par crainte d'être exposé à la honte et au ridicule ;
-craint d'être critiqué ou rejeté dans les situations sociales ;
-est inhibé dans les situations interpersonnelles nouvelles à cause d'un sentiment de ne pas être à la hauteur ;
-se perçoit comme socialement incompétent, sans attrait ou inférieur aux autres ;
-est particulièrement réticent à prendre des risques personnels ou à s'engager dans de nouvelles activités par crainte d'éprouver de l'embarras.
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Daredevil
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Re: La phobie sociale

#48 Message par Daredevil » dimanche 21 février 2016 à 21:27

témoignage a écrit : Le trouble de la Personnalité évitante est une sorte de sentiment diffus de ne pas être "adapté" à la société, pas "à la hauteur" des attentes de celle-ci.
(...)
On est donc anxieux face aux autres et on se replie sur soi, tout en trouvant de "bonnes" raisons à ça.
(...)
Quand on commence à prendre conscience des choses, du fait que cette souffrance est "anormale" et qu'on souhaite changer, on entre dans l'anxiété sociale (tolérable) voire le trouble Phobie sociale.
(...)
J'ai longtemps oscillé entre la personnalité évitante et la phobie sociale. C'est à dire choisir de vivre dans le déni ou bien regarder la vérité en face et accepter de me faire aider (quelle horreur!!! quelle honte!!!).
Source témoignage
:innocent:
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Re: La phobie sociale

#49 Message par Ixy » lundi 22 février 2016 à 9:47

Le tout est de savoir lorsqu'on est capable de "revenir". Un retrait n'est pas forcément une mauvaise chose, lorsque l'anxieté est trop grande ou parce qu'il y a trop d'obstacles, il peut être bon d'éviter les interactions sociales pour un moment. Mais il ne faudrait pas se renfermer durablement, enfin surtout si cela est une souffrance pour l'individu.

L'idée omniprésente comme quoi il est toujours bon de rester en contact avec les autres (de sortir, voir des amis) est fausse. On sait maintenant que rester seul pour un moment est plus efficace pour sortir d'une déprime :bravo: .
Je n'ai pas de diagnostic /!\
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Re: La phobie sociale

#50 Message par Rudy » lundi 22 février 2016 à 11:54

Manichéenne a écrit :Je ne vois pas comment il est possible de ne pas en être conscient au moins partiellement. On parle de personnalité évitante, pas de personnalité antisociale.
Peut-être a-t-il conscience de sa souffrance, sans avoir conscience que ça vient d'une phobie? Puisqu'il s'en remet à la raison.
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Re: La phobie sociale

#51 Message par Tugdual » samedi 24 février 2018 à 16:03

L'anxiété/phobie sociale expliquée par PsykoCouac :
Spoiler :  : 
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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Ewilan
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Re: La phobie sociale

#52 Message par Ewilan » lundi 26 février 2018 à 17:40

Manichéenne a écrit :Je ne vois pas comment il est possible de ne pas en être conscient au moins partiellement. On parle de personnalité évitante, pas de personnalité antisociale.

D'ailleurs les critères du DSM4 montrent bien qu'ils en souffrent
Tu peux avoir tout ces critères et ne pas être conscient que tu as un "problème" ou une "pathologie" ou en tout cas quelque chose qui n'est pas "normal" et qui doit être travaillé.
Tu peux simplement te considérer comme associal et introverti sans te rendre compte que ton comportement t'handicape dans la vie quotidienne et que tu n'arrives pas à bien vivre.
Tu considères que c'est toi, c'est ta nature, et tu peut même te convaincre que ça te va très bien. Tu es comme ça, tu sera toujours comme ça, ce n'est pas un problème, c'est juste toi. Les autres ne le comprennent pas.
Voilà ce que j'appellerais "ne pas être conscient d'avoir une personnalité évitante". Je suppose que tu peux souffrir sans en être conscient, comme ne pas souffrir parce que ta condition te convient. A moins que tu refuse de voir ta souffrance, de te rendre compte que tu souffres. Ce qui te donne l'impression de ne pas souffrir.
Je peux me tromper, mais c'est ce que j'ai compris en faisant mes petites recherches sur ce type de personnalité. C'est justement la raison pour laquelle on la retrouve très peu en thérapie puisqu'elle a tendance ne pas se rendre compte de son "problème" d'abord, rejeter le thérapeute ensuite et à rebasculer dans son petit cercle vicieux inconscient.
Et c'est comme cela que j'ai toujours raisonné, j'ai commencé à me remettre en question quand je suis tombé successivement sur le SA puis la phobie sociale et la personnalité évitante.
Donc ça ne m'étonne pas qu'on puisse ne pas être conscient de ce que l'on est :) Très franchemnt j'ai moi même encore du mal à considérer que tout ces critères puissent relever d'un trouble de personnalité, je trouve ça presque normal.

EDIT le lien de Daredevil vers le témoignage explique très bien cela, il est génial je vous le conseille :o
Aucun diagnostic, aucun bilan, aucun psy ou quelconque médecin, juste des questions et un intérêt pour le SA ^-^
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Manichéenne
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Re: La phobie sociale

#53 Message par Manichéenne » lundi 26 février 2018 à 17:56

Tu développes à partir de ce que j'ai écrit mais sans l'avoir compris.
Je persiste à dire que quand on a une personnalité évitante on le sait, ce qui n'est absolument pas lié avec la perception de la gène/handicap/anormalité/pathologie que ça représente. Si on évite des situations sociales, c'est consciemment, et en sachant que les autres ne le font pas. Après, on peut croire que ça reste acceptable et pas vraiment handicapant, on peut croire qu'il s'agit d'un trait de personnalité très marqué, on peut croire à de la timidité...
Donc ton message ne s'oppose pas au mien : être conscient de son problème ne veut pas dire être conscient que c'est un problème.
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pikaia
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Re: La phobie sociale

#54 Message par pikaia » mardi 26 octobre 2021 à 14:01

Je me demande de plus en plus si je ne suis pas (depuis très longtemps) concernée par la phobie sociale.

Ce qui me perturbe dans tout ça, c'est cependant l'aspect assez "hétérogène" de mes peurs.

:arrow: En situation individuelle relativement formelle et pour des interactions courtes, je peux certes être anxieuse selon les situations (en particulier si je me sens "évaluée"), mais la plupart du temps, ça peut passer... M'adresser à un secrétariat ou à la caisse d'un supermarché pour des interactions simples et répétitives de type "bonjour/merci/au revoir" ne me pose pas spécialement de problème, par exemple. Il n'y a que lors des demandes "inédites", ou au téléphone, que je sens le stress monter. Mais, autrement, ça va.
Je n'ai pas spécialement de mal à sortir de chez moi non plus. Je veux dire, les "passants" lambda dans la rue ne me font pas particulièrement peur, tant qu'ils se tiennent à distance, ne me regardent pas et ne me sollicitent pas.
Lorsque je suis amenée à faire connaissance avec une personne inconnue (par exemple, un•e amie d'un proche), c'est déjà plus compliqué et je me planque certes dans ma "coquille", mais je m'ouvre tout de même un peu, au fur et à mesure... C'est "juste" ma très forte timidité, je dirais, et le fait qu'il me faut plus de temps pour m'adapter.

:arrow: Par contre, dès que je suis en groupe, je m'enferme complètement dans une forme de mutisme, sans jamais réussir à m'ouvrir. Je n'arrive pas à "oser" dire quoi que ce soit par peur d'attirer l'attention voire (le rejet) et finis par me sentir extrêmement mal...
Prendre la parole devant un groupe, lever la main pendant un cours pour poser une simple question, faire un exposé devant un public font typiquement partie des choses qui m'ont toujours été impossibles à réaliser.
Le pire toutefois, et le plus frustrant, c'est lorsqu'il s'agit de cadres beaucoup plus informels constituant - a priori - des occasions de me divertir voire de créer des amitiés... Là, je m'en veux cruellement pour les difficultés que cela me pose, car c'est pourtant ce que je cherche. Et ce, même par écrit. J'ai par exemple du mal à interagir sur des forums (Asperansa fait cependant partie des espaces où je me sens le plus à l'aise), serveurs Discord et autres réseaux sociaux lorsqu'ils sont très fréquentés, car je n'arrive pas à anticiper ce qui pourrait me "tomber dessus".
Même quand, dans un élan de courage, je parviens exceptionnellement à me lancer et à dire quelque chose, il arrive souvent que je finisse par rétropédaler, effacer mon propos et prendre la fuite. La simple éventualité que cela puisse entraîner un début de confrontation ou un jugement négatif à mon encontre me terrifie.
Paradoxalement, je recherche la communication et le lien, mais les réponses et réactions des autres m'angoissent...
Spoiler : 
D'ailleurs, récemment, sur un serveur Discord (sur lequel j'avais d'ailleurs rassemblé beaucoup de courage avant de m'y inscrire, et encore, j'ai la chance de bien connaître une personne qui s'y trouve), je m'étais momentanément invitée à un débat pour apporter des éléments qui me paraissaient importants, mais je l'ai très vite regretté et ai pris peur lorsque j'ai vu les réponses qui m'avaient été faites. J'ai l'impression d'être incapable de gérer ce type de discussions, je me sens très vite dépassée, chamboulée, illégitime.
J'ai beau savoir que ce n'était même pas forcément contre moi, que le débat était au final relativement "tranquille", qu'il y a de toute manière plein d'autres personnes avec qui je pourrais échanger et que ce serveur ne se résume pas qu'à ça... Pourtant, l'idée d'y retourner me provoque automatiquement une forme de répulsion panique incontrôlée, un véritable blocage. Cela me tracasse d'ailleurs au point d'y repenser plusieurs jours d'affilée. Je crois qu'une partie de moi craint également d'avoir été "fichée" par tous les autres membres à cause de ça, alors même que c'était une confrontation assez minime... :crazy:
En fait, ce type d'espaces me donnent souvent l'impression d'être dans une forêt sombre (ça me rappelle le roman éponyme de Liu Cixin, ça ! ^^), sans défense, dans laquelle toutes sortes d'animaux tapis dans l'ombre me guettent et m'observent, sans que je ne puisse prévoir leurs actions.

Et, de manière générale, je déteste me sentir observée. Au quotidien, je fais notamment tout pour éviter croiser mes voisins, j'adapte mes déplacements pour éviter que des gens ne marchent derrière moi dans la rue, je fuis rapidement les petits commerces où les vendeurs me tournent autour en me suivant du regard, et j'en passe...

:arrow: Mais surtout, les situations où je dois m'affirmer devant quelqu'un et/ou demander quelque chose constituent pour moi de véritables épreuves.
Exemples typiques : demander aux gens de mettre des écouteurs ou baisser le volume de leur téléphone dans le train, de parler moins fort, ou encore de fermer le store quand j'ai le soleil en pleine figure...
Spoiler : 
Avant-hier, j'ai justement subi un voyage invivable : placée en sandwich entre, à l'arrière, deux gosses déchaînés criant et tambourinant sur mon siège, et à l'avant, une grand-mère diffusant des vidéos super fort pour ses petits-enfants. Le bruit me gênait, mais je me sentais impuissante.
Lorsque j'évoque ces situations, la plupart des gens me rétorquent "Tu peux leur dire", comme si c'était facile... sauf que je me contente de souffrir en silence tant cette action me semble insurmontable. En fait, je m'imagine forcément qu'on va m'envoyer paître, me railler voire m'attaquer (d'autant plus que, sachant que je vis déjà leurs actes comme des agressions et une preuve de "je-m'en-foutisme", mon cerveau a du mal à concevoir ces gens comme potentiellement polis et accomodants) sans que j'aie la possibilité de me défendre, et, pire encore, attirer sur moi l'attention de tous les autres passagers.
Ça me plonge dans une angoisse totale, et j'en ai même fait un début de crise, ce jour-là.
* * *

Y en a-t-il parmi vous qui se reconnaissent dans ces descriptions, ces anecdotes ? Comment faites-vous, pour gérer ces difficultés ? Vous pensez que cela peut avoir un lien ?

Je trouve cela très pesant au quotidien et aimerais vraiment aborder ces questions avec un professionnel (psychologue ? psychiatre ?) mais je ne sais pas du tout comment les amener.
TSA (diagnostiquée en janvier 2019 au CRA de ma région)

Goblin Malin
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Re: La phobie sociale

#55 Message par Goblin Malin » dimanche 7 novembre 2021 à 10:24

Woh :shock: Je me reconnais dans ta description. J'aurais pu écrire mot pour mot ce que tu as dis. Par exemple depuis quelques semaines j'ai pris comme résolution de manger dans un restaurant tout les midis. Il m'arrive de discuter avec la serveuse ou la cuisinière mais seulement en seul à seul. Et seulement quand il y a très peu de clients dans le restaurant. Il m'arrive de couper la conversation d'un coup, si je vois qu'une personne entre dans le restaurant. Récemment ils ont décidé de mettre de la musique dans le restaurant, je trouvais qu'elle était trop forte mais j'ai rien dis par peur de leur réaction.

Anecdote : Hier, j'ai demandé à la serveuse pourquoi il y avait beaucoup de monde cette semaine. Elle m'a répondu que le monde attiré le monde. Donc plus il y avait de monde dans le restaurant plus les gens auront envie de rentrer dans le restaurant. C'est totalement l'inverse de mon fonctionnement, plus il y a de monde moins j'aurais envie de rentrer.
Diagnostiqué trouble du spectre de l'autisme sans déficit intellectuel depuis le 30/06/2021

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CharlieFox
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Re: La phobie sociale

#56 Message par CharlieFox » mercredi 10 novembre 2021 à 23:39

pikaia a écrit :
mardi 26 octobre 2021 à 14:01
Y en a-t-il parmi vous qui se reconnaissent dans ces descriptions, ces anecdotes ? Comment faites-vous, pour gérer ces difficultés ? Vous pensez que cela peut avoir un lien ?
Je souffre d’anxiété sociale et je me reconnais beaucoup dans les situations que tu décris.
Par contre, en ce qui me concerne, je n’ai jamais vraiment craint le rejet des autres. En fait, c’est une sensation très physique que je ressens : dès que je suis en présence d’autres personnes, je suis physiquement tendue, crispée, mais je ne crains pas vraiment le rejet. Et bien sûr l’anxiété augmente avec le nombre de personnes présentes.
Du coup, j’arrive plutôt à bien gérer une interaction avec une autre personne mais si quelqu’un vient se joindre à nous, ça devient tout de suite plus compliqué à gérer, et à partir de 3-4 personnes, c’est fini, je deviens mutique. Même avec ma famille je deviens mutique quand il y a trop de monde.

De la même façon, s’il y a trop de bruit ou d’agitation autour, je suis rapidement envahie par l’anxiété, et une interaction que j’aurais plutôt bien gérée en temps normal devient extrêmement pénible. Par exemple, si je vais à la boulangerie, qu’il n’y a pas trop de monde et que c’est calme, ça va. Mais la même situation avec simplement de la musique, ou des gens qui parlent un peu fort, ou encore le bruit de travaux dans la rue, ça me demande beaucoup d’énergie, je deviens anxieuse et j’ai l’impression d’être en hyper vigilance. C’est épuisant.

Si la situation est nouvelle ou que je ne sais pas ce qu’on attend de moi, pareil : l’anxiété monte rapidement. Aller dans un commerce que je ne connais pas sera difficile par exemple, parce que je ne pourrai pas visualiser les lieux avant d’y aller. Je vais donc toujours dans les mêmes commerces (où il n’y a pas de musique d’ambiance!) et en choisissant les horaires où il y a le moins de monde possible.

Rencontrer une nouvelle personne aussi est compliqué. Si c’est dans un cadre professionnel, je m’en sortirai à peu près en me focalisant sur des questions relatives au travail. Mais si c’est dans un cadre privé, alors là, je ne sais plus faire, je ne sais pas du tout comment « faire connaissance » :innocent:
J’ai toujours été impressionnée quand un nouveau collègue arrive dans le service par exemple, et qu’au bout de quelques heures ou jours il a déjà pris ses marques et semble parfaitement à l’aise. Même au bout de plusieurs années je n’y parviens pas :roll:

Mais pour moi le plus difficile à gérer c’est de parler de moi... Que ce soit en famille, avec des collègues ou dans un cadre médical, c’est très anxiogène. Même intervenir ici sur le forum, à l’écrit, c’est compliqué... D’ailleurs il m’aura fallu plus d’une heure pour écrire ce message et me décider à le poster, j’ai toujours peur de trop me dévoiler :oops:
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