TSA et addictions/ effets anesthésiants

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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josephtribulat
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Re: TSA et addictions/ effets anesthésiants

#16 Message par josephtribulat » samedi 14 mai 2022 à 19:32

Merci d’aborder ce sujet.

J’ai été surpris de lire plusieurs fois qu’alcool et autisme étaient statistiquement incompatibles. Il y a semble-t-il une idée reçue, peut-être fondée, qui est que la majorité des autistes ne sont pas portés sur la bouteille. Cela me pose question. L’alcool m’accompagne depuis longtemps, pas seulement dans une perspective de désinhibition sociale puisque j’ai beaucoup bu, et bois encore, seul.

De manière plus large, étant donné la grande quantité de sujets couverts sur ce forum, je suis surpris que le mot-clef « Psychédélique » ne donne pas grand-chose dans le moteur de recherche interne. Ma consommation solitaire d’alcool s’est partiellement déplacée au fil des années vers les psychotropes et quand j’ai commencé à faire beaucoup de recherches sur l’autisme suite au diagnostic, j’ai assez vite tapé « autisme et psychédéliques » et constaté qu’il existait une assez large communauté anglophone. Peut-être que ça mérite un sujet à part entière. J’ai l’impression qu’il s’agit beaucoup de gens pour qui les psychédéliques en général en sont venus à constituer une forme « d’IR » (je me mets dans le lot).

Le MDMA m’a énormément aidé à aller vers les autres et à franchir certaines étapes dans ma vie sociale. C’est une exception (parce que c’est une drogue sociale). Mes autres modes de consommation sont solitaires. Le cannabis me met dans un état où je deviens mon meilleur ami, il me fait en quelque sorte socialiser avec moi-même et me permet de m’immerger plus intensément dans des pensées et des représentations. La cocaïne m’aide pour le travail, toujours en solitaire, en renforçant ma capacité de concentration. Les champignons (et, en certaines occasions, le LSD et le peyotl) m’ont procuré des effets proprement thérapeutiques.

Mais je ne suis accro à aucune de ces substances (et la plupart n’entraînent de toute façon pas de dépendance).
Je suis encore un peu accro à l’alcool, qui est une substance très addictive. J’ai eu des périodes où je consommais pas mal d’anxiolytiques d’action rapide mais sans développer d’addiction, et je n’ai pas d’addiction aux substances auxquelles j’ai recours maintenant (cannabis et champignons principalement).
TSAsdi diagnostiqué en avril 22, à 38 ans.

Tree
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Re: TSA et addictions/ effets anesthésiants

#17 Message par Tree » samedi 14 mai 2022 à 20:17

Tu n'es pas le seul en France josephtribulat, à avoir un attrait pour les substances psychoactives, rassure-toi. :)
J'ai aussi un penchant pour les drogues et aujourd'hui j'essaie de ne plus rien consommer, sauf l'alcool mais je suis encore en train de chercher une façon de consommer raisonnable.

Le cannabis était ma drogue préférée, pour la détente physique et aussi toute la richesse de pensées que cela me permettait, moins à la fin quand je consommais trop. Mais au début, c'était top au niveau "pensées enrichies" et détente. J'ai beaucoup fumé de shit et d'herbe. Aujourd'hui, cela me tente encore et je pense fréquemment à me lancer dans la culture pour ma conso perso, et puis je me ravise, je me dis que c'est trop "dangereux" pour moi, que je fumerai tout le temps car les limites sont difficiles à trouver quand tu as chez toi de la weed à volonté. Qui plus est, j'ai déjà eu plusieurs épisodes psychotiques et je sais que le cannabis favorise l'émergence de BDA. Donc bon... :naugty: Mais si quelqu'un m'en proposait une fois en passant, c'est clair que je ne refuserais pas.

Les drogues stimulantes aussi, j'aimais bien parce que ça m'aidait à socialiser, à parler aux gens, le discours était fluide (mais peut-être que je disais n'importe quoi, en tout cas, je ne m'en rendais pas compte, alors que quand je suis clean, je me rends compte que ce que je dis, c'est d'la merde... :D ). Et avec ces drogues stimulantes, je me passionnais encore 1000 fois plus pour mes IR, les sensations étaient aussi démultipliées, la musique était encore plus intense, les images aussi, mais j'avais tellement d'énergie que je passais des nuits blanches etc. La tentation de redrop était tellement forte que je consommais non-stop pendant des jours et des nuits entières... Terrible quand j'y repense... :oops:

J'ai pris d'autres prods aussi achetés sur le web mais que j'ai moins aimés.

L'alcool constitue aussi toujours une tentation car j'aime gustativement le bon vin et la bonne bière et aussi l'effet relaxant. J'adore boire un vin de qualité et je mets le prix dans une bouteille, idem pour la bière. Aujourd'hui, je suis obligée de réguler ma consommation sinon, je bois trop. Donc, je me suis fixée une bière/semaine maxi. Ou bien un verre de vin (mais bon, quand t'achètes une bouteille et que tu l'entames, faut bien la finir après..., donc je privilégie la bière pour une conso en solo). Et j'achète 1 seule bière, pas un pack, comme ça, pas de tentation d'une deuxième etc.

Voilà

Tree
diagnostiqué Asperger

MotchoLoLo
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Re: TSA et addictions/ effets anesthésiants

#18 Message par MotchoLoLo » samedi 14 mai 2022 à 22:05

Concernant mon expérience personnelle avec les addictions, j'ai eu un soucis d'alcoolisme à la fin de l'adolescence/début de l'âge adulte. Environ entre mes 17 et 19 ans. J'étais saoul 3-4 fois par semaine, et je buvais seul la majorité du temps. J'appréciais ce sentiment de désinhibition que l'alcool procure et cette impression que mes difficultés sociales et mon anxiété disparaissaient. J'ai presque complètement arrêté l'alcool depuis, le déclic est apparu quand je me suis aperçu que la première chose que je faisais le matin en me réveillant, c'était de chercher la bouteille de vodka planquée dans l'armoire de ma chambre dans la maison familiale. Depuis je bois une bière de temps en temps, étant donné que c'est le seul alcool que j'apprécie (je trouve le vin et beaucoup d'autres alcools très mauvais gustativement parlant). Mais je ne bois jamais avant un évènement quelconque ou de devoir prendre le volant (je bois uniquement le soir quand je n'ai plus rien à faire à part glander et me coucher).

Concernant le cannabis, j'ai essayé à l'adolescence, mais rien que son odeur me donne mal au crâne. J'ai aussi essayé les champignons hallucinogènes et le protoxyde d'azote à l'adolescence, mais c'était des expériences très sporadiques, c'est rigolo quelques dizaines de minutes mais ça s'arrête là. En commençant mon suivi et avec mon premier diagnostic d'un TAG et d'une dépression en 2016 suite à mon premier burn-out, j'ai été mis sur le chemin des benzodiazépines. Le seul réellement efficace sur moi est l'Alprazolam (Xanax), et j'en ai testé beaucoup. Aucun des antidépresseurs que j'ai essayé n'ont eu d'effet positifs, et ils ont toujours provoqué des effets secondaires. Ma prise de benzodiazépines était quotidienne sur prescription pendant des années, et j'ai eu du mal à décrocher. J'adore le sentiment de détente et de relaxation que ce médicament procure, ça me permet de freiner mon cerveau qui tourne dans le vide, et d'être moins anxieux, et même de devenir m'en foutiste à partir d'un certain moment. Aujourd'hui je n'en prends plus, à part en cas d'insomnies, et uniquement des petites doses. Je ne veux pas retomber dans une addiction, même si en prendre est encore aujourd'hui parfois tentant. Concernant les somnifères, j'en ai également essayé beaucoup, le soucis étant que j'y suis très sensible, et que même de petites doses me shootent complètement souvent sans me faire dormir (quand j'en prends je suis souvent léthargique pendant 24h).
2016 : Diagnostic d'un trouble anxiodépressif sévère et récurrent.
2020 : Diagnostic d'un TSA type Asperger à l'âge de 29 ans par le CRA Alsace.
HPI mais QI trop hétérogène.

Diana
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Re: TSA et addictions/ effets anesthésiants

#19 Message par Diana » dimanche 15 mai 2022 à 14:19

Je me reconnais totalement dans ce témoignage, j'ai un peu consommé de cannabis jeune et de l'alcool regulierement pendant plus de 25 ans.
Là j'ai arreté car je me sentais bouffie, sauf en groupe (comme ma vie sociale est très limitée, c'est rare).
C'est une manière pour moi de mieux supporter les interactions sociales.
En effet, j'etais addict à ma bière seule chaque soir et je crois que à la longue ca amplifiait me angoisses, meme si je m'arretais à 33cl.
Je prends neuroleptiques et somniferes pour dormir beaucoup car j'en ai besoin (sinon hypersensorialités et angoisses majorées en journée si je dors moins de 10h) et je reve beaucoup et m'interesse aux reves conscients età la signification de ceux ci.
Anxyolitiques si besoin et pas tous les jours.

je sais que j'ai un terrain sensible aux addictions (les troubles du comportement alimentaire aussi).
C'est toujours pour me sentir un peu "à l'ouest" (ou à l'est).

J'ai decouvert recemment une boisson anisée connue sans alcool et j'en bois pas mal car le gout me manquait.
Et plus aucun alcool chez moi.
Diagnostiquée TSA le 19 avril 2019 à l'âge de 46 ans.

Dehlynah
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Re: TSA et addictions/ effets anesthésiants

#20 Message par Dehlynah » lundi 16 mai 2022 à 15:37

J'adore le sentiment de détente et de relaxation que ce médicament procure, ça me permet de freiner mon cerveau qui tourne dans le vide, et d'être moins anxieux, et même de devenir m'en foutiste à partir d'un certain moment. Aujourd'hui je n'en prends plus, à part en cas d'insomnies, et uniquement des petites doses.
idem, j'aime bien cette sensation cotonneuse, douce, alors qu'avant je me sens comme écharpée par des aiguilles, si j'en prends c'est pour sortir de cette sensation, et c'est ça tout semble s'éloigner dans un brouillard, répit - j'ai appris à discerner les moments critiques où ça peut vraiment me soulager de prendre un demi voire un Xx. entier - j'ai vécu quasi 40 ans avec ces sensations insoutenables, je suis contente d'avoir un truc qui m'aide au cas où ça dérape
pour dormir beaucoup car j'en ai besoin (sinon hypersensorialités et angoisses majorées en journée si je dors moins de 10h) et je reve beaucoup et m'interesse aux reves conscients età la signification de ceux ci.
aussi, le manque de sommeil (et mon quota d'heures a bcp augmenté, à 10h je suis BIEN) est très-très- problématique, et les rêves sont aussi un lieu d'exploration pour moi (je les note souvent, je ne cherche pas forcément de signification, car en les écrivant, elle apparaît d'elle-même).
TSA (diagnostic en 2019 par psychiatre spécialisé) - troubles anxio-dépressifs

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