Expériences de fratries (relations difficiles... ou pas)

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Tania
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#16 Message par Tania » samedi 1 août 2009 à 15:19

Bonjour,

j'ai lu bien attentivement tous vos messages et vous en remermercie... oui, je vois que je ne suis pas une exception ! c'est réconfortant.

Ce que je me reproche, c'est de ne pas avoir oser me mettre en colère plus tôt, et moins fort, plutôt que d'avoir attendu si longtemps... cela a donné à ma soeur l'illusion que j'étais soit sotte soit manipulable, soit ;; je ne sais quoi, qu'elle avait un aval total sur moi. Et,par l'intensité de ce qui s'est passé, cela donne un aspect irreversible à notre relation.
Je suis triste pour ma mère mes autres soeurs et mes neveux et nièces...

Je me retrouve dans : la fille protègée par sa mère parce que jugée fragile, dans celle qui a fait des études longues, jalousée (par une attitude niant tout ce travail) ....

Mais, je respire toutefois, je suis moi même, maintenant. Et ce clash n'aurait pas eu lieu si elle n'avait pas fait de l'ingérence dans ma vie.
J'ai acceptée d'être niée et méprisée, mais pas qu'on fasse le ménage chez moi.

Maintenant suis-je aspie ?.... J'en ai des traits très marqués (perceptions, besoin de solitude....) Au test, j'avais "vous êtes très probablement aspie", et + de 32 à celui de l'autisme en anglais (bon, fait un peu vite). Ce qui me fait dire que je suis au moins partiellement concernée aussi, c'est que quand je lis les temoignages d'aspies et les autres ... ce sont les autres que je ne comprends pas .
Et puis aussi le test de Anne et Sali, je n'ai pas compris non plus en quoi la réponse non aspie est non aspie ... j'aurais fait la même réponse que mon fils ... Si quelqu'un veut bien m'expliquer du reste ... je suis preneuse.

Ma vie relationnelle est parfois un vrai calvaire mais j'ai progressé énormément ou pris les moyens de moins souffrir (comme en changeant de travail par exemple : pendant 25 ans, le sentiment, matin après matin de s'arracher à soi même pour se perdre 8 H d'affilée suivantes...pendant lesquelles je serai en relation permanente avec autrui, me laisse les traces d'une vraie torture !).
Je ne m'oblige plus à aller à telle réunion où je risque d'être trop mal à l'aise ... etc... J'essaie chaque jour d'avoir une plage horaire de silence, pour pouvoir vivre celle dans lesquelles il y aura un trop plein de bruit (4 préados, c'est du volume sonore).
Maintenant je me connais et j'apprends aussi à me respecter plutôt que de vouloir m'identifier à un modèle de "bonnne ceci", ou "bonne cela".

Merci encore,

Tania

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bernard
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#17 Message par bernard » samedi 1 août 2009 à 19:18

Ce qui est bien pour toi, c'est que tu aies fait toute cette analyse.
Cela t'aidera pour la suite.
Bernard (55 ans, aspie) papa de 3 enfants (dont 2 aspies)

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Mars
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#18 Message par Mars » samedi 1 août 2009 à 21:42

Bravo Tania d'avor pris tant de recul et assumé des choix qui te rendent la vie plus facile.
Atypique sans être aspie. Maman de 2 jeunes filles dont une aspie.

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jakesbian
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#19 Message par jakesbian » dimanche 2 août 2009 à 11:44

avis idem,

et tu verras; lorsque tes préados seront devenus des grands ados, puis des jeunes adultes, tu seras tellement fière d'eux... que tu t'en ficheras bien du regard de ta soeur;

comme dit clovis, tu seras plus forte... ce qui te permettra de renouer les liens avec plus d'aisance; c'est ce qui se passe entre moi et ma soeur; c'est également ce que je constate entre deux soeurs à armand, qui ne se sont pas parlé pendant plusieurs années, et entre qui tout va bien maintenant.
"petits bouts par petits bouts... les bouts étant mis bout à bout."
"en chacun de nous sommeille un dragon... il faut y croire." (devise "bat-toi florent")

Aisling
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Expériences de fratries

#20 Message par Aisling » samedi 19 septembre 2015 à 15:24

Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (début).


Sujet vaste et épineux : les frères et sœurs !
Après moults recherches sur le forum, je me permets d'ouvrir ce sujet car je n'en ai pas trouvé de similaire. Il y a bien quelques sujets sur la fratrie dans la section "parents" qui portent un regard extérieur (très intéressants au passage) sur la fratrie, mais rien sur le vécu personnel des membres du forum.
Alors je me lance !

Mon questionnement initial portait sur le développement de l'enfant autiste au sein de sa fratrie et des mécanismes de mimétisme. Quels liens entretiennent les enfants autistes avec leurs frères et sœurs ? Quelles stratégies d'adaptations mettent-ils en place ? Quid des enfants uniques ? Dans quel cadre se mettent en place les comportements mimétiques ? Y a-t-il une prévalence chez les enfants uniques ? Et puis quelle influence les membres d'une fratrie ont-ils les uns sur les autres ?
(j'aime me poser des questions insolubles :mrgreen: )

Au fil de mes réflexions et observations, je me suis retrouvée face à un problème : il y a un nombre infini de configurations et d'expériences différentes ! Et je m'interroge sérieusement sur ces expériences.
Avez-vous des frères et sœurs ? Quel rapport entretenez-vous avec eux ? Plus jeune, vos comportements les ont-ils influencés ou inversement, est-ce plutôt eux qui vous ont influencés ? Comment ces relations ont-elles évoluées ? Quel est votre rapport aujourd'hui avec votre fratrie ?

En bref : quelles sont vos expériences avec vos frères et sœurs ?

Ce sujet est ouvert à tout le monde, diag, non-diag, en questionnement, aux parents, aux chats, aux lapins, aux membres d'une fratrie de 10 ou aux enfants uniques. :bravo:
(je répondrai à moi-même plus tard, le temps de cogiter)
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TiZ
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Re: Expériences de fratries

#21 Message par TiZ » samedi 19 septembre 2015 à 15:44

J'ai une sœur, qui a trois ans de moins que moi (elle aura 17 ans dans deux semaines).

On se disputait très souvent plus jeunes, et ça a empiré en grandissant. Comme il n'y avait qu'un seul ordi à la maison, c'était "la guerre", et j'ai été parfois jusqu'à la frapper (et frapper ma mère aussi...). Après, il y a des fois où on s'entendait très bien aussi hein, je veux dire que on s'est toujours parlé, etc. Mais depuis que je suis partie de la maison, on s'entend beaucoup mieux, on ne se dispute plus, et ça va beaucoup mieux, on partage plus.
On est très différentes l'une de l'autre, d'ailleurs quand on dit à des gens qui ne nous connaissent pas qu'on est sœurs, ils ont parfois du mal à nous croire tant on ne se ressemble pas : Elle est très féminine, prend soin d'elle, se maquille, sort très souvent, etc. Elle fait des études dans l'esthétique, et va très facilement vers les autres, bref tout le contraire de moi. C'est vrai qu'elle m'a souvent aidée par exemple en demandant aux vendeurs des renseignements dans un magasin ou autre, parce que j'en était incapable.
Ma sœur est dyslexique, et elle ne se voit pas du tout comme "handicapée", elle a horreur qu'on dise ça. Dans la famille, c'est elle qui a le plus de mal avec mon diagnostic, pour elle je pourrais quand même "faire des efforts".

Donc on est pas super proches, mais on partage quelques trucs et c'est sympa. C'est un peu mon "échantillon" (je sais pas comment dire ça autrement), parce qu'avec elle, je vois à quoi ressemble la vie d'une jeune fille "classique" et je vois que j'ai été et suis toujours très loin de tout ça :mryellow:
Là, le weekend prochain elle va participer à un défilé de mode en tant que maquilleuse, dans une foire. Il va y avoir beaucoup de monde, de bruit, mais je vais y aller quand même, parce que c'est quelque chose d'important pour elle, qu'elle attendait depuis longtemps.
Diagnostiquée Aspie en février 2015 (psychiatre libéral) puis confirmation au CRA en novembre 2016

On peut revenir de tout, sans être parti très loin, on peut revenir de loin, sans être parti du tout ! - Bazar et bémols

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Re: Expériences de fratries

#22 Message par Aisling » samedi 19 septembre 2015 à 17:15

Supprimé
Modifié en dernier par Aisling le dimanche 23 juillet 2017 à 13:06, modifié 1 fois.
Trouble anxieux généralisé

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TiZ
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Re: Expériences de fratries

#23 Message par TiZ » samedi 19 septembre 2015 à 17:22

et par plein de trucs pas "de filles"
J'ai toujours préféré les jeux dit "de garçon" aussi (jeux vidéos, foot, cube, etc.), mais sans avoir eu d'influence de ma famille.
Diagnostiquée Aspie en février 2015 (psychiatre libéral) puis confirmation au CRA en novembre 2016

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Re: Expériences de fratries

#24 Message par Nevermind » samedi 19 septembre 2015 à 17:44

Je n'ai pas et je n'ai presque jamais eu de contacts avec mon grand frère (28 ans). J'ai l'impression qu'il ne m'aime pas. Il m'a toujours empêché de jouer avec lui, il m'a toujours mise de coté. Dès que je me mettais à chanter (j'adorais ça quand j'étais petite) il gueulait "ta gueule". Bref c'est délicat.
Je ne vis plus à la maison, lui oui. Mais jamais de "salut", jamais de "joyeux noel" et "bonne anniversaire" (j'en ai déjà parlé dans ton topic je crois ^^).

Avec mon petit frère (23 ans) on se parle un peu. Il habite aussi chez ma mère. Je ne le vois qu'une fois par mois à peu près mais autrement on ne s'appelle pas, pas de SMS. Mais quand on se voit on discute un peu :)

Voilà pour ma part ^^
Pré-diagnostic aspie (octobre 2015 par psychiatre spécialisé)
Après une longue attente, diagnostiquée aspie et HPI par un CRA le 31 mai 2017

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astro
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Re: Expériences de fratries

#25 Message par astro » samedi 19 septembre 2015 à 18:43

Ma femme me dit que j'ai été élevé dans un placard.

Elevé par ma mère, un père absent, et avec un grande soeur.

Au final il s'avère que ma soeur est peut-être Asperger comme moi. Et on a aussi de gros doutes sur ma mère. Donc c'était un peu particulier, je m'en rend plus compte maintenant que j'ai vu plus d'exemples d'autres familles.

Ma femme dit souvent qu'on "frolait les murs" et qu'on "s'évitait". Bref ça devait être "froid", mais pour nous c'était naturel, on ne se parlait simplement pas s'il n'y en avait pas besoin !

On se chamaillait comme tous les frères et sœurs ou presque, et ça s'est calmé en grandissant, maintenant on s'entend bien même si on est pas super proches (on s'est rapproché quand même grâce à ma femme qui "tisse du lien").
Bilan du CRA : HPI, trouble anxieux et traits autistiques mais TSA écarté.
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Papa de 3 enfants dont peut-être une fille "neuroatypique" ?

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Manichéenne
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Re: Expériences de fratries

#26 Message par Manichéenne » samedi 19 septembre 2015 à 21:20

J'ai deux frères ainés, et une sœur jumelle.
Avec le plus grand de mes frères, je n'avais pas tellement de relations. Parfois il était beaucoup trop brusque, autant physiquement que verbalement. Maintenant c'est uniquement verbal, il y a une sorte de violence dans sa certitude d'avoir raison et dans la manière dont il "débat" avec toute personne qui ne pense pas comme lui. A côté de ça, il est pour le moins atypique. il a réussi à se faire de rares amis pendant sa scolarité grâce au club d'échec, au club d'informatique, et en aidant quelques élèves de sa classe pour les cours. Cultivé et passionné (un peu trop), insensible à la mode, au chaud, au froid, à la douleur (il a gardé une fracture une semaine en pensant que ça allait passer, avant que quelqu'un s'en rende compte et l'envoie se faire soigner), ne supporte pas les rassemblements de personnes, etc. Bref, c'est pas étonnant si on ne s'appelle même pas tous les ans maintenant.
Il est une des explications sur le déni de mes parents me concernant, ils avaient déjà une référence faussée. Ce profil pour le moins atypique est expliqué par ma mère par son prétendu QI stratosphérique.

Mon deuxième frère est très différent. Toujours plein d'amis, il courait derrière la popularité, tentait d'être à la mode, aime l'argent, la gloire, la reconnaissance... Il m'a énormément poussé à bout par "jeu" quand on était enfant. Il jouait sur mes sensibilités à l'injustice et autres pour me faire criser. Il cherchait à me rabaisser pour se valoriser, c'était plus facile que de se mesurer à son ainé qui a vite su prendre de la distance. Du coup mon estime de moi a été bien malmenée aussi à la maison, j'avais pas besoin de ça vu ce que je vivais à l'école. :?
Aujourd'hui, je ne vois pas l'intérêt de le voir. Il est totalement hypocrite et fait croire à ma famille qu'il aimerait me voir plus souvent, mais c'est complètement faux. Je ne l'ai pas vu depuis presque 4 ans. Il m'a appelé la semaine dernière par obligation sociale, il m'annonçait qu'il va être papa. J'ai répondu une phrase toute faite "félicitations-c'est-pour quand" qui m'a fait rire moi même tellement je joue mal.

Ma sœur... Elle a un rôle énorme dans ma construction, que je peine à définir. Si j'étais relativement indépendante avant 6 ans, quand je n'étais pas obligée d'aller à l'école, nous sommes devenues inséparables ensuite. Avec le recul, je le vois surtout comme une obligation : rester seule n'était pas envisageable. Elle a énormément limité le harcèlement scolaire que j'ai subit, par sa simple présence. Je ne me suis pas sentie seule pendant très longtemps, et c'est vraiment bien. Conséquence à la fois positive et négative de sa présence : les gens remarquaient moins mes difficultés. Bouclier mais aussi écran... J'ai également beaucoup moins eu à compenser par moi même et à apprendre à me débrouiller que si j'avais été seule. Seule, je suppose que soit mes difficultés auraient été tellement évidentes et sujettes à conséquence qu'il aurait bien fallut agir, soit j'aurai un minimum de compétences sociales. Par exemple, je n'ai pas utilisé le téléphone jusqu'à mes 11 ou 12 ans, je le faisais faire à ma sœur. Ca ne la dérangeait pas, et personne n'a jamais remarqué que je ne savais pas faire.
Conséquence négative de sa présence : même si elle m'a beaucoup apporté tant qu'on passait notre temps ensemble, je me suis totalement effondrée quand je me suis retrouvée seule. Je ne savais pas du tout socialiser. (Donc pas de comportement mimétique pour moi, pour répondre à une question du premier post)
Aujourd'hui nous n'avons que très peu de rapports. Je me demande, non sans gène, si je n'étais avec elle que parce que les circonstances m'y ont obligées (même si je l'aimais très fort à l'époque).
Elle me reproche fortement d'avoir fait des TS, mis à jour les défauts de notre famille, l'avoir fait souffrir, ne pas rentrer dans le moule, ne pas "être famille", etc. Donc il y a quelque chose de brisé, puisqu'elle ne m'accepte pas comme je suis.
Je me questionne un peu sur l'impact que moi j'ai eu sur elle. Elle a été empêchée de se faire des amies et de s'intégrer. En jouant ce rôle de protectrice, elle a certainement eu une enfance très éloignée de ce qui aurait du être. Je ne sais pas comment elle-même a vécu les "tu peux jouer avec nous, mais si tu viens sans ta sœur".
Modifié en dernier par Manichéenne le samedi 19 septembre 2015 à 23:20, modifié 1 fois.
Diagnostiquée Autiste Asperger et TDA.
Mère de 3 enfants : fils Aîné TDAH et TSA, cadet TSA de type Asperger.

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Re: Expériences de fratries

#27 Message par Flower » samedi 19 septembre 2015 à 22:26

Je suis l'aînée d'une famille (très) nombreuse, mais j'ai beaucoup d'écart avec les plus jeunes. Enfant, j'ai surtout été proche du deuxième, mais pas excessivement non plus. Tout petit, il voulait parfois m'imiter (vêtements, jouets), je me souviens aussi avoir pas mal joué aux légos etc. avec lui. En revanche, comme maintenant il habite loin, on ne se parle plus trop.
Avec les autres, c'était plus compliqué, la différence d'âge était trop importante, je pense. Je m'entends bien avec la plus grande de mes soeurs depuis qu'elle est adolescente, parce qu'on avait des intérêts communs, ca nous a rapprochées. J'ai une relation plutôt houleuse avec un de mes frères, il arrive depuis toujours à me faire sortir de mes gonds assez facilement, je ne sais pas trop pourquoi. :innocent:
Après, on est tous quand même assez proches dans la famille, même si on ne se voit pas forcément beaucoup - enfin, surtout moi je ne les vois pas beaucoup, parce que je suis loin. Pareil pour mon frère le plus proche. Les autres se voient bien plus souvent pour des raisons de proximité géographique (la plupart habitent encore à la maison).

Est-ce que j'ai eu de l'influence sur eux, un peu sûrement. Peut-être plus même sur les plus jeunes, parce que j'étais parfois presqu'un peu une deuxième maman. Dans la famille, on a tendance à être tous un peu atypiques, plusieurs HQI, TDAH, dyslexiques, donc je ne détonnais pas trop non plus, même s'il paraît que je suis la plus atypique de tous. :lol:
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.

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misty
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Re: Expériences de fratries

#28 Message par misty » samedi 19 septembre 2015 à 22:29

astro a écrit :Ma femme me dit que j'ai été élevé dans un placard.

Elevé par ma mère, un père absent, et avec un grande soeur.

Au final il s'avère que ma soeur est peut-être Asperger comme moi. Et on a aussi de gros doutes sur ma mère. Donc c'était un peu particulier, je m'en rend plus compte maintenant que j'ai vu plus d'exemples d'autres familles.

Ma femme dit souvent qu'on "frolait les murs" et qu'on "s'évitait". Bref ça devait être "froid", mais pour nous c'était naturel, on ne se parlait simplement pas s'il n'y en avait pas besoin !

On se chamaillait comme tous les frères et sœurs ou presque, et ça s'est calmé en grandissant, maintenant on s'entend bien même si on est pas super proches (on s'est rapproché quand même grâce à ma femme qui "tisse du lien").
Je me reconnais dans ce que tu dis, sauf que c'est mon père et mon frère qui ont beaucoup de traits. Famille de "taiseux", chacun dans sa "bulle". Ma mère au milieu, qui essayait de gérer, rassembler... :roll:

En fait c'est assez douloureux comme question... J'aimerais être plus proche de mon frère, mais je n'y arrive pas. Il vit loin, on se voit 2 soirs à Noël et c'est tout. Comme toi, astro, mon homme m'encourage à me rapprocher de lui, à lui envoyer des mails pour prendre des nouvelles.
Il a 2 ans de moins que moi et petits, je sais qu'il a souffert de la distance que je mettais entre nous (comme je mets avec tout le monde, inconsciemment...), ma mère m'en a pas mal parlé. Il était assez impressionné et admiratif de ma personnalité il paraît, mais je ne le voyais pas. Mon gros souci, récurrent... Il était assez renfermé aussi, n'avait pas beaucoup de copains et a eu des gros gros soucis avec l'alcool à l'adolescence. Il avait lui aussi vraiment du mal à s'intégrer, et je pense qu'il en a plus souffert que moi. Mais je ne l'ai jamais aidé, ni soutenu. Je ne comprenais pas à l'époque qu'il en avait besoin...
Ca me fait mal quand j'y pense,, mais je n'arrive pas à lui parler.
Il a des traits SA aussi, on ne lui connaît pas de copine (on ne sait s'il en a même déjà eu, à 31 ans...), il est toqué du Japon (il y passe toutes ses vacances, est fasciné par cette culture), bosse dans l'informatique dans un milieu très fermé, habite loin et ne donne pas plus de nouvelles que moi.
Mon père nous a souvent traité d'autistes, tous les 2 (alors que vu sa personnalité, c'est un peu la poêle qui se moque du chaudron => je ne m'entend pas du tout avec lui)...

Bref, sujet pas facile... Mon frère et moi, on est un peu comme 2 personnes qui voudraient communiquer mais ne savent pas quelle langue utiliser... On pourrait être très proches, mais le fossé est là... Mon homme dit que c'est parce qu'on se ressemble trop, qu'aucun des 2 ne sait comment aborder l'autre. Un peu comme avec mon père, en fait (sauf que lui est plus agressif et violent dans ses propos)...
*Diag TSA*

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Re: Expériences de fratries

#29 Message par nouvo » samedi 19 septembre 2015 à 23:38

J'ai une soeur qui a 3 ans de plus que moi.

Enfant je sais que l'on se chamaillait bcp mais ça devait quand même être correct globalement.

A ma majorité, nous nous sommes rapprochés parce que nous faisions nos études supérieures dans la même ville et nous étions voisins. J'ai habité au 3ème alors qu'elle était au 8ème et par la suite j'ai déménagé dans le bâtiment d'en face.. nous faisions aussi les trajets (1h de route) avant et après le we pour retourner chez nos parents. Aussi elle me sortait un peu, je suivais. C'est dans cette période que nous avons eu le plus d'échanges constructifs et une vraie relation.

Ensuite elle a quitté la France, pour études et travail. Cela fait une quinzaine d'années. Petit à petit les liens se sont distendus. Ils sont aujourd'hui quasi inexistants. Juste en réel une fois l'an en général, et un échange "de courtoisie" au tel ou email une paire de fois l'an (une paire, cad 2 fois).

Il n'y a dans l'ensemble pas /peu de vrais échanges en général, c'est familial. On fait "semblant", on ne dit pas les choses. J'étais sans doute le seul à les dire assez spontanément (enfant-ado) et j'en suis revenu. Du coup, comme il n'y a pas de vérité je ne vois pourquoi "vraiment" échanger. C'est sûr que ça me manque. Mais il y a chez elle aussi bcp de réticences à être sincère sur elle-même, elle avance et vit masquée (pour moi). Le masque étant celui de la personne qui a un poste élevé à l'étranger, est brillante mais qui cache bcp d'elle-même. Elle reste néanmoins très pudique rapport à sa situation, ce n'est pas son statut mais c'est d'elle-même.
Ce n'est pas de la sincérité / du direct que nous avons , c'est autre chose : une sorte de formalisme social.
Il reste néanmoins qu'en cas de besoin, je peux compter sur elle, et la réciproque vaut aussi.

Sur ces années récentes, des choses m'ont un peu "choquées" - une sorte de jalousie ou caprice de petite fille à mon encontre. J'ai le souvenir d'une scène qu'elle avait fait parce qu'à l'occasion d'une venue en vacances / passage chez moi avec mes parents, mon père passait trop de temps à m'aider pour fixer un volet alors qu'il devait l'emmener à la plage. Et perso, je ne m'amusais pas, avais besoin de finir (c'était pour un appartement pour recevoir de futurs vacanciers). J'avais prolongé tout seul, la soirée pour finir de le poser (c'était galère, de la renov où tout ne tombe jamais bien comme il faut, et ajuster un volet tout seul n'est pas pratique) alors qu'eux ils étaient à la plage.
Et plus récemment elle m'en a mis plein le dos (verbalement) relatif à un comportement que j'aurai avec mon père (alors qu'elle ne nous voit pas les fois où elle n'est pas là, et ne sais comment ça se passe) et remontant des vieilleries.
A la suite de l'histoire du volet, je ne lui ai plus adressé la parole (le mail) pendant peut-être un an.
Récemment, du printemps, nous avons partagé une sortie kayak ensemble. C'était bien. Et premiers aperçus de complicité (relative) depuis de très longues années.
2 échanges mail longs et fournis, récemment rapport à ma situation " nouvelle " et depuis le silence est revenu.
diagnostiqué asperger en 2015, à 38 ans

Z999
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Re: Expériences de fratries

#30 Message par Z999 » dimanche 20 septembre 2015 à 0:35

J'ai une sœur qui aura bientôt 18 ans, elle a toujours mal vécu ma différence, le fait que ma mère devait s'occuper plus de moi, les remarques qu'elles a subies à mon propos. Nous sommes très différents, nous n'avons jamais pu partager grand chose, nous nous disputions souvent, et on se parlait très peu, même quand on habitait ensemble avec ma mère, cette année elle est partie faire sa terminale à Madrid, d'une certaine manière pour me fuir, et c'est terrible à dire, mais elle ne me manque pas.
D'un Z qui ne veut rien dire. Diagnostiqué Asperger en octobre 2013.

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