Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatible ?

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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nala_radenne
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Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatible ?

#1 Message par nala_radenne » samedi 2 décembre 2017 à 23:00

Bonjour,

Je suis nouvelle ici, et me pose pas mal de questions differentes,
cependant un sujet me preoccupe un peu plus que les autres ces derniers temps :
je me demande si, avec le syndrome d'asperger, il est possible d'exercer dans le milieu medical (que ce soit d'un point de vue technique ou legale)

d'autant plus qu'il est demandé un certificat medical pour entrer en IFSI qui atteste de la condition physique et mentale de la personne.


en gros ca m'angoisse un peu, et ne me pousse pas a la consultation.
pourtant, je souhaite vraiment me reorienter dans cette direction (je suis actuellement en prepa concours) tout en avancant par rapport a mon diagnostic.


Je voudrais savoir s'il y avait du personnel de santé par ici.
et, si oui, est ce que vos collegues ou votre hierarchie sont au courant de votre SA ?

comment cela est il perçu ?
Votre SA est il handicapant dans votre boulot, que ce soit dans vos relations avec l'équipe ou avec les patients ?

merci d'avance
Modifié en dernier par nala_radenne le dimanche 3 décembre 2017 à 1:15, modifié 3 fois.
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#2 Message par Tugdual » samedi 2 décembre 2017 à 23:06

Ne pas jouer inconsidérément avec les tailles des
caractères, leur casse, leur couleur, l'alignement,
ceci pour garantir la lisibilité des discussions ...

D'avance merci ...
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

nala_radenne
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#3 Message par nala_radenne » samedi 2 décembre 2017 à 23:08

ok tres bien.. c'etait pour au contraire ameliorer la lisibilité.. mais je ferai attention (et m'absentiendrai!)
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Amnesia
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#4 Message par Amnesia » dimanche 3 décembre 2017 à 0:09

Bonjour,

Je fais une tentative de réponse, mais qui aura besoin d'être complétée ou corrigée, au besoin.

Je suis non-autiste. Par contre, j'ai été infirmière en psychiatrie, et infirmière dans l'éducation nationale.
Dans mes études, j'ai travaillé dans de nombreux services.

D'emblée, j'ai envie de répondre: il n'y a pas de contre-indication, ni légale, ni relative au SA, si ce n'est ton ressenti et les limites personnelles que, toi, tu te connais.
Une personne asperger qui arrive à gérer une journée (même un mi-temps sur la semaine), en entendant et comprenant la demande des patients, qui maitrise les techniques médicales, qui supporte le stress, les horaires décalés, les cancans des collègues... alors pourquoi pas!!!
Soyons sincères, certains non-autistes ne supportent pas ce métier longtemps (ça a été mon cas, 10 ans étaient suffisants).
Mais il y a différents services, il y a des soins en hôpital de jour, en consultation...

Pourquoi pas demander 2 semaines de stage en hôpital pour voir comment tu t'y sens? On ne s'aperçoit pas de tout, mais déjà de l'ambiance (bruits de patients, des machines médicales...).

:-)
Maman d'un garçon de 8 ans, diagnostiqué TSA en janvier 2018. :love:

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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#5 Message par nala_radenne » dimanche 3 décembre 2017 à 1:03

Merci, Amnesia, pour ta réponse.

En effet, je suis a la recherche de stages pour mieux visualiser les journées type, et pas simplement les imaginer (par contre, d'emblée c'est un peu compliqué dans les hopitaux, car ce n'est que de "l'observation" et ils refusent souvent).
Je ne desepere cependant pas pour autant et trouverai quelque chose, en cabinet liberal ou autre.

et sinon, petite coincidence, je suis fortement interessée par l'aspect social et preventif du metier et ai un penchant pour le milieu psy et scolaire ;)
par contre, je suis lucide : je ne me fixe rien, je vais deja voir comment se passe un premier stage ! et je garde egalement en tete que l'on est pas toujours le plus doué dans ce qui nous interesse le plus ! (et l'important dans ce metier reste tout de meme d'etre "efficace").

puis-je te demander dans quoi t'es tu reconvertie ? (je m'interesse aux passerelles apres le DE au cas mon le SA pourrait devenir problematique avec les années qui passent.. j'aime anticiper les choses et les possibilités!)
Modifié en dernier par nala_radenne le lundi 4 décembre 2017 à 20:46, modifié 1 fois.
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Milinou
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#6 Message par Milinou » dimanche 3 décembre 2017 à 1:50

Bonjour Nala,

Si j'ai bien compris, tu es en prepa en ce moment et tu t'interroges sur ton eventuel austisme/Asperger, ca doit etre dur...j'espere que tu es bien entouree.
Je ne suis pas autiste, ma soeur est orthophoniste et pense que je suis zebre, la version adulte de l'enfant precoce. Bof! Je n'ai pas le temps de m'y interesser, ca carbure dans mon cerveau mais en prepa veto, j'ai connu d'autres cerveaux bien plus muscles que le mien.
Mon mari et mon fils sont Asperger, comme on te l'a dit plus haut, c'est toi qui dois sentir tes propres limites. Mon mari enseigne dans un domaine scientifique, il parle dans des conferences, il baragouine anglais, mais il a des problemes pour se comprendre parfois avec ses collegues, il souffre des commerages...Enfin, il est globalement content de sa vie professionnelle.

As-tu pense a devenir une specialiste de l'autisme? Tu peux faire medecine et psychiatre, mais aussi therapeute. Dans ce cas, le contact est hebdomadaire, voire plus frequent, le travail est concret.
La meilleure therapeute de mon fils est elle-meme Aspergirl, elle est therapeute ocupationnelle, c'est entre la psychomotricite et l'ergotherapie en France, elle a une comprehension tres fine des problemes des jeunes enfants autistes (2-5 ans) incroyable. Mon fils, comme tous ses autres patients, l'adore. De part sa position, elle arrive a faire prendre conscience aux parents des difficultes de leurs enfants et a les sensibiliser, a les orienter vers d'autres strategies d'education, plus respectueuses de l'enfant.
C'est une facon d'utiliser ton empathie dans le milieu de la sante, en utilisant le syndrome d'Asperger comme un atout, un magnifique atout pour aider les petits dans leurs relations avec leur corps (si tu choisis la branche de la therapie ocupationnelle). Les autistes ont aussi besoin d'ortophonistes et de maitresses specialisees (ca doit porter un autre nom en France). Plus tard, ils ont besoin de psychologues.

Bonne chance pour tout!
Milinou, maman d'un petit chou trop chou, TSA, diagnostique en juin 2016 a 3 ans et demi, vivant a Valparaiso. Probable Asperger mais retard de langage mais bilingue.

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Faraday
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#7 Message par Faraday » dimanche 3 décembre 2017 à 9:50

Bonjour Nala,
Je m'éloigne un peu de la thématique médicale à proprement parlé, mais pour ma part je travaille dans le secteur médico-social. Plus précisément, dans des foyers qui accueillent des personnes avec une déficience intellectuelle (dont certaines sont autistes). Mes collègues sont donc aussi bien issus du secteur social : éducateur spécialisé, moniteur éducateur, assistant de service sociaux... qu'issus du secteur médical et paramédical : infirmière, aide-soignant, médecin coordinateur...
Je me suis orientée vers ce secteur bien avant d'avoir mon diagnostic. Je ne vois pas d'emblée de contre indication spécifique à ce que vous puissiez travailler dans le secteur médical. Ce qui risque de vous "gêner" dans votre activité professionnelle est sans doute transversal à plusieurs secteur d'activité : les évènements sociaux type fête de fin d'année, le fait d'être dans un environnement bruyant (si vous ne supportez pas le bruit), le fait de ne pas comprendre les blagues ou les sous-entendus émis par vos collègues... Mais vous allez rencontrer cela dans divers milieux.
L'idée d'un stage me semble vraiment intéressante, cela vous permettra de prendre la mesure des difficultés que vous pourriez rencontrer et d'arbitrer selon vos capacités. Après, le travail d'IDE en lui même est très différent selon que l'on exerce en hôpital, dans une structure pour personnes handicapées ou dans une structure pour personnes âgées ou même à domicile en libéral. Cette diversité peut vous permettre de trouver "la formule" qui vous correspond le mieux si c'est vraiment le métier qui vous attire.
Ca doit effectivement être difficile de mener de front une démarche diagnostique et une réorientation, prenez bien le temps de vous renseigner pour l'un et pour l'autre.
Diagnostiquée Asperger en 2017 dans un CRA
Comprendre l'autisme : un site d'information sur l'autisme
http://comprendrelautisme.com/

apache
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#8 Message par apache » dimanche 3 décembre 2017 à 9:52

Si ce domaine t'attire je pense qu'il faut te lancer ! Le domaine de la santé regroupe de nombreuses professions et il me semble que c'est un secteur très porteur. Il n'y a pas de raison que tu ne puisse trouver un poste qui te convient.
Il y a un super témoignage sur ce forum d'un AVS Asperger ; qui montre que les difficultés liées au SA n'empêchent pas d'exercer dans l'éducation et le social. Je pense qu'il en va de même dans le médical.
Trouble anxieux généralisé et phobie sociale
En cours de diagnostic TSA

nala_radenne
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#9 Message par nala_radenne » lundi 4 décembre 2017 à 15:59

Bonjour Milinou,

Merci beaucoup pour ton interet, ta reponse.
Je vais à mon tour commenter certains de tes passages.
Milinou a écrit : Si j'ai bien compris, tu es en prepa en ce moment et tu t'interroges sur ton eventuel austisme/Asperger, ca doit etre dur...j'espere que tu es bien entouree.
Oui, je suis en Prepa Ifsi. Je suis bien entourée dans le sens ou j'ai une compagne en or, tres comprehensive, et qui m'aide beaucoup dans mon quotidien.
par contre, il n'y a qu'elle. Je ne me vois pas parler a mes professeurs de mes interrogations (tout comme j'ai peur d'aller consulter dans des lieux ou je ferai ensuite eventuellement des stages etc).
quant aux autres eleves...n'en parlons meme pas.. je n'aurai jamais une relation avec eux qui depassent les conversations sur nos cours (deja parfois c'est compliqué ! esprits etriqués, esprits etriqués!)

milinou a écrit : Je ne suis pas autiste, ma soeur est orthophoniste et pense que je suis zebre, la version adulte de l'enfant precoce. Bof! Je n'ai pas le temps de m'y interesser, ca carbure dans mon cerveau mais en prepa veto, j'ai connu d'autres cerveaux bien plus muscles que le mien.
: peut etre pas "zebre" mais asperger non ?
je comprends que l'on ait pas le temps de se pencher dessus, ca demande en plus beaucoup d'energie pour peu de certitudes. a l'inverse..ca peut etre un gain de temps pour la suite ! de mieux comprendre les choses, de mieux les gerer, les apprehender. bref, de mieux vivre.
apres.. avec un mari et un fils deja asperger, il y a un moment ou j'imagine on relativise!
(en resumé, mon avis est stupide car je ne connais rien de toi ou d'eventuels symptomes)

milinou a écrit :comme on te l'a dit plus haut, c'est toi qui dois sentir tes propres limites. Mon mari enseigne dans un domaine scientifique, il parle dans des conferences, il baragouine anglais, mais il a des problemes pour se comprendre parfois avec ses collegues, il souffre des commerages...Enfin, il est globalement content de sa vie professionnelle.
pour ma part, j'ai surtout peur de la relation au patient, dans le sens ou je crains les bruits de bouches, plus ou moins fortement :S
ce qui m'inquiete aussi, c'est que j'ai par moment l'impression que mes reactions ne s'arrangent pas avec le temps.
il est du coup dur d'evaluer ma resistance aux choses.. d'anticiper les limites que j'aurai dans 5 ou 10ans.
d'ou mon envie de connaitre l'experience des autres !

Milinou a écrit :As-tu pense a devenir une specialiste de l'autisme? Tu peux faire medecine et psychiatre, mais aussi therapeute. Dans ce cas, le contact est hebdomadaire, voire plus frequent, le travail est concret.
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medecin, psychiatre : non ^^ .
ca n'est pas rien comme metier, et comme etude ! je sais que je n'en suis pas capable. et je ne souhaite d'ailleurs pas faire plus de 5ans d'etudes d'une traite ! (au passage felicitations a toi si tu es allée au bout des etudes de véto :) )
Pour ma part, Infirmiere c'est parfait : 3ans, et la moitié du temps en stage !
(avec une pression plus grosse, j'abandonnerai, et avec trop de cours theoriques aussi).
Par contre, j'ai egalement deja pensé a psychomotricien et ergotherapeute (pas orthophoniste pour les histoires de bouches)
Pour le moment, le metier d'infirmiere a l'avantage d'etre "plus large" : plus de possibilité de services differents, et donc moins de craintes de se retrouver bloquer dans un poste. (par contre, je trouve que ca ne prend pas assez en compte la dimension psy).
En gros, ton histoire de therapie occupationnelle m'interesse beaucoup !! je ne connaissais pas, je vais me pencher dessus !
Je te remercie donc enormement pour cet apport !

Au plaisir de te relire.
Modifié en dernier par nala_radenne le lundi 4 décembre 2017 à 20:46, modifié 1 fois.
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#10 Message par nala_radenne » lundi 4 décembre 2017 à 20:40

Faraday a écrit :Bonjour Nala,
Je m'éloigne un peu de la thématique médicale à proprement parlé, mais pour ma part je travaille dans le secteur médico-social.
Bonjour, Faraday. Au contraire, ta réponse m'apporte beaucoup !
Je me demande souvent si on peut etre a la fois "soignant" et "soigné".
Quant aux bruits, je pense pouvoir m'adapter a beaucoup, ce sont surtout ceux de "bouches" qui me pertubent.

Mais oui, vous avez tou-te-s raison, je vais commencer par un stage :)
et puis, il n'y a pas de "deglutissements" dans tout les services!

petite question : avez vous fait part de votre diagnostic a vos collegues ?
Modifié en dernier par nala_radenne le lundi 4 décembre 2017 à 20:46, modifié 1 fois.
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#11 Message par nala_radenne » lundi 4 décembre 2017 à 20:43

apache a écrit :Si ce domaine t'attire je pense qu'il faut te lancer ! Le domaine de la santé regroupe de nombreuses professions et il me semble que c'est un secteur très porteur. Il n'y a pas de raison que tu ne puisse trouver un poste qui te convient.
Il y a un super témoignage sur ce forum d'un AVS Asperger ; qui montre que les difficultés liées au SA n'empêchent pas d'exercer dans l'éducation et le social. Je pense qu'il en va de même dans le médical.
Oui, Apache, et merci ! (comme on se retrouve ;) )
De toute manieres, je compte bien passer les concours ! et ce sont surtout mes resultats qui determineront les choses :) (mon entrée en IFSI ou non)

Je vais tenter de trouver le temoignage dont tu parles, ca a l'air interessant!
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Kféyne
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#12 Message par Kféyne » lundi 4 décembre 2017 à 21:59

Hey,

Bon, je suis pas diag mais tes questions me font penser à quelque chose que j'ai vécu quand j'ai passé mon BEP Carrières sanitaires et sociales. J'avais choisi cette voie parce que je pensais vouloir travailler avec les enfants (en fait, pas du tout :D ). On avait des stages obligatoires à faire, j'en ai fait un en maternelle (c'était pas trop mal), un en crèche (j'ai détesté :lol: ) et on avait un autre stage qu'on devait faire dans un milieu avec des personnes âgées. C'était celui que j'appréhendais le plus et que j'avais pas du tout envie de faire parce qu'à l'époque j'avais beaucoup de TOC en rapport avec les maladies et la mort, donc être dans une maison de retraite ou dans un service avec des personne âgées malades, ça ne me faisait pas rêver.
Et en fait, ça été le stage que j'ai le plus apprécié. C'était pas facile, j'ai dû passer au delà de mon appréhension et de mon stress mais ça a été une vraie expérience humaine pour moi, et ça m'a aussi aidé à dépasser certaines angoisses liées à mes TOC et à ma personnalité. J'ai été en contact avec des personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer, de Parkinson, victimes d'AVC, séniles, ... Une personne est également décédée pendant mon stage. J'ai fait des toilettes, j'ai vu des escarres, et plus généralement, j'ai dû me servir de mes mains (les TOC et le contact de choses/personnes avec les mains, c'est pas toujours facile).
J'aurais jamais pensé pouvoir y arriver mais une fois que j'étais dans le job, c'était important pour moi de le faire bien et finalement, c'était pas si terrifiant que ça. Et puis j'ai appris plein de choses. C'était très nouveau pour moi et j'avais des choses à améliorer (mon maître de stage m'avait dit que j'étais un peu trop timide) mais j'étais contente de l'avoir fait jusqu'au bout au final. Et même mes proches étaient étonnés de m'avoir vu faire ce stage jusqu'au bout parce que je ne suis pas la personne la plus à l'aise socialement, et en plus dans un service avec des gens malades, c'était pas gagné...
Je pense que le fait d'être intéressée par le milieu médical, même si ça me terrifiait complètement, a aidé à ce que je m'intègre bien et que ça me plaise.

Honnêtement, je pense que psychologiquement, les métiers liés aux soins ou social doivent être parfois fatiguant mais on est parfois plus solide psychologiquement que ce que l'on imaginait. Je sais que je n'aurais pas pu travailler en tant qu'aide soignante dans une maison de retraite pendant longtemps, c'était une bonne expérience mais la maison de retraite c'est quand même particulier.
Il y a une certaine diversité dans le métier d'infirmière, et notamment au niveau des différents lieux où on peut travailler. Je trouve que c'est une bonne chose et ça peut te permettre de savoir là où tu te plais le plus.
Non diag
Diag TOC & Phobie scolaire/sociale

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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#13 Message par Amnesia » lundi 4 décembre 2017 à 23:03

nala_radenne a écrit :
puis-je te demander dans quoi t'es tu reconvertie ? (je m'interesse aux passerelles apres le DE au cas mon le SA pourrait devenir problematique avec les années qui passent.. j'aime anticiper les choses et les possibilités!)
Coucou!
Concrètement, si tu n'as pas peur de repartir de zéro, tu peux faire tout ce que tu veux après ;-).
La seule difficulté, à la limite, c'est qu'après avoir eu le salaire d'une infirmière, perdre financièrement est un peu ennuyant. Mais si c'est possible, et si c'est pour un plus grand épanouissement, un nouveau souffle, alors pourquoi pas.
Pour ma part, j'ai voulu penser à mon bien-être. J'ai fait une formation et un travail dans l'horticulture. J'aime soigner les plantes et j'aime conseiller les plantes au public!
Puis le temps passant, les enfants grandissant, mon absence le samedi, et mon retour tardif de la maison le soir, il y a eu plusieurs périodes où j'ai senti que le fait que je sois peu présente à la maison nuisait fortement à la famille. Donc, je passe maintenant à l'étape supérieure: être heureuse au travail + prendre soin de ma famille d'une meilleure manière! Et je vais devenir assistante maternelle.
On n'est pas figé dans son travail, heureusement. Et puis un choix qu'on fait à un moment de notre vie ne sera plus forcément adéquat quelques années plus tard.

:D
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#14 Message par Anahata » lundi 4 décembre 2017 à 23:09

Moi je me demande comment vous faites pour aborder de telles carrières la confiance et le sourire aux lèvres, vraiment. Pour moi c'est pas du tout routinier, rempli de trucs à gérer sur l'instant, plein de bruits, demandant une disponibilité émotionnelle que j'ai pas. Ou à faible intensité. Après selon les intérêts on m'a dit qu'on pouvait développer des compétences type social parce qu'on est bien dans sa profession reconnu etc... Voilà pour ma vision des choses
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Re: Devenir professionnel de Santé : possible ou incompatibl

#15 Message par Aeryn » mardi 5 décembre 2017 à 8:40

Bonjour,

Je ne suis pas diagnostiquée, mais j'ai une bonne partie des altérations en terme d'interactions sociales et de communication que présentent les personnes SA, et je suis étudiante en médecine, donc je pense que ça peut être intéressant pour toi.

Je vais répondre au fur et à mesure aux questions que tu poses dans ton premier post. Si tu as d'autres questions, n'hésite pas à les poser par la suite.
nala_radenne a écrit :je me demande si, avec le syndrome d'asperger, il est possible d'exercer dans le milieu medical (que ce soit d'un point de vue technique ou legale)
Pour ma part, j'étais déjà en médecine quand j'ai commencé à m'interroger spécifiquement sur le SA. Je savais que quelque chose n'allait pas depuis longtemps, mais je n'avais aucune connaissance sur l'autisme.
Quand j'ai commencé à me questionner si le SA, je me suis posée ces deux mêmes questions, donc j'ai cherché un peu.

D'un point de vue légal, rien ne t'empêche d'exercer une profession dans le milieu médical. J'ai connaissance d'une médecin Asperger, qui exerce en France, ça ne pose pas de souci.

D'un point de vue purement technique, personne ne pourra le dire à ta place, c'est toi qui te connait. Le SA est parfois associé à des difficultés de motricité, ce n'est pas systématique et ce sera à un degré variable selon les personnes.
Personnellement, j'ai des difficultés praxiques auxquelles je suis habituée depuis toute petite, et j'ai plein d'astuces pour compenser (par exemple, stabiliser mes gestes fins en réalisant un trépied avec la tranche de la main et deux ou trois doigts). J'avais peur que ça devienne gênant à un moment où un autre. Finalement, ça complique parfois certaines choses, mais j'ai même réussi à faire de la chirurgie où certains gestes se doivent d'être extrêmement précis. J'ai mis un peu plus de temps à apprendre que mes collègues, mes chefs étaient étonnés de ma manière de faire les gestes, de tenir les instruments, mais finalement j'étais aussi douée que mes collègues, j'avais juste besoin qu'on me laisse faire mes propres adaptations.
nala_radenne a écrit : d'autant plus qu'il est demandé un certificat medical pour entrer en IFSI qui atteste de la condition physique et mentale de la personne.
Le même type de certificat nous est demandé à un moment dans nos études.
Je m'interrogeais déjà sur le SA au moment où j'ai du le faire remplir.
Pour moi, le SA n'est pas une altération de la condition physique ou mentale, c'est un trouble du neurodéveloppement. Certains diront que je joue sur les mots mais je ne trouve pas.
Par ailleurs, le certificat doit être rempli par un médecin qui te connais, ou en tout cas qui évalue ta "condition physique et mentale" quand il te voit pour remplir le certificat. A moins de comorbidités insurmontables (par exemple, un trouble anxieux généralisé très marqué que tu n'arrives pas à gérer), je ne vois pas comment on pourrait considérer que tu n'es pas apte à exercer dans le milieu médical. Et si c'était le cas, je pense que de toi même tu ne t'orienterai pas dans cette voie.

nala_radenne a écrit : est ce que vos collegues ou votre hierarchie sont au courant de votre SA ?
comment cela est il perçu ?
Encore une fois, je ne suis pas diagnostiquée donc je ne peux pas répondre à ta question. En revanche, l'un de mes chefs était diagnostiqué AHN dans un des stages où je suis passée. Lui n'en parlait pas, mais tout le service était au courant (autres médecins et paramédicaux). On ne nous le disait pas d'emblée, mais quand il avait un comportement "atypique", les personnes avec qui on en parlait nous expliquaient la situation (j'ai eu l'info plusieurs fois du coup, par le chef de service, par d'autres chefs, par des infirmières ...). Les collègues trouvaient parfois ça difficile ou pénible à gérer, mais tout le monde se montrait finalement compréhensif et ça ne semblait pas poser de problème important au final. Il travaillait dans ce service depuis longtemps.
nala_radenne a écrit : Votre SA est il handicapant dans votre boulot, que ce soit dans vos relations avec l'équipe ou avec les patients ?
Très clairement, mes particularités et mes difficultés de communication sont "handicapants" dans le cadre du travail.

Je fais beaucoup d'efforts avec les patients et je pense assez bien m'en sortir. En tout cas j'ai rarement eu des retours négatifs sur ma manière de me comporter de la part des patients eux-mêmes. Je pense que ça aurait parfois été justifié, je pense notamment à une situation où, à 3h du matin sur une garde de 24h, je n'ai pas réussi à faire les efforts nécessaires pour tout expliquer, rassurer ... dans une situation où ça aurait été franchement nécessaire. Je m'en veux beaucoup et j'ai redoublé d'efforts depuis, je pense que je m'améliore encore même si ce n'est pas toujours parfait. Par contre je ne pense pas que mes difficultés aient un jour impacté la qualité des soins en eux-mêmes, au-delà de l'aspect relationnel avec les patients.

Avec les collègues, c'est beaucoup plus compliqué. Je fais des efforts en priorité dans la relation avec les patients, mais j'ai souvent du mal à faire les efforts qui seraient nécessaires avec les collègues, surtout paramédicaux. Généralement je m'en sors avec les autres médecins (les équipes se composent d'un nombre raisonnable de personnes​ et on se côtoie au quotidien donc tout le monde apprend à se connaître, et même si mes particularités déplaisent à certains, les gens finissent par faire avec, de toute façon ils n'ont pas vraiment le choix). Pour les paramédicaux, aussi bien infirmiers qu'aides soignants, ils fonctionnent par roulements avec des changements d'équipe plusieurs fois par jour. J'ai des difficultés pour les reconnaître (je reconnais mal les visages de base​) et retenir leurs prénoms, ce qui n'aide pas à communiquer par la suite. Et on a moins l'opportunité d'apprendre à se connaître mutuellement. Ça m'a déjà causé pas mal de souci au cours de mes études, ça reste compliqué actuellement et je n'ai à ce jour pas trouvé de solution pour améliorer les choses à ce niveau là.

Une autre chose que tu n'évoques pas mais qui me semble importante, c'est l'impact que les difficultés au travail liées au SA ont sur les autres aspects de la vie.
J'adore mon travail, et je fais beaucoup d'efforts dans ce cadre là pour "être un bon médecin". Cependant, plus je fais d'efforts au travail, moins je suis capable d'en faire dans le cadre de la vie privée. Je suis donc moins disponible pour en faire pour mon conjoint, et pour ma famille (parents, frères et soeurs ...). Je n'avais pas pensé à cet impact en m'engageant dans une voie professionnelle qui implique des relations sociales, mais ça me semble important à l'heure actuelle et c'est une chose donc je "souffre" parce qu'il y a un véritable dilemme : offrir la meilleure qualité de soins possible à mes patients versus faire un peu moins d'efforts au travail pour en faire un peu plus dans le cadre privé.

J'espère que ça répondra au moins en partie à tes interrogations. Au final, je pense que si tu est vraiment motivé(e) et que tu te penses capable de t'épanouir dans cette voie, il ne faut pas chercher toi même à te freiner.
Et dans tous les cas, si ça se révélait être une mauvaise décision, ce n'est pas irrémédiable, tu peux toujours te réorienter secondairement. Ça vaut le coup d'essayer si c'est ce que tu désires.
TSA d'intensité légère à modérée

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