Couple Aspies*2

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Anahata
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Re: Couple Aspies*2

#31 Message par Anahata » vendredi 4 mai 2018 à 11:24

Epiceanne,
Ces douleurs sont atroces. Enfin les miennes étaient comme ça. Prends soin de toi.
Quand ça fait trop mal, c'est pas bon. Faut penser à se reposer.
La dernière fois que ça m'est arrivé, on était deux à y laisser la peau comme tu dis... :( J'en pleure encore.
Le lien a été rompu. Et c'est mieux quand on pense à la paix qu'on a retrouvée.
Ça laisse des questions du style : mais comment se fait il qu'on ne puisse pas conserver le lien, vu qu'on avait de la tendresse l'un pour l'autre. Ce qui est rare. Comment se fait il que les plus belles choses ne puissent être conservées ?
Bon courage en tout cas.
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lulamae
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Re: Couple Aspies*2

#32 Message par lulamae » vendredi 4 mai 2018 à 12:15

Anahata a écrit :Epiceanne,
Ces douleurs sont atroces. Enfin les miennes étaient comme ça. Prends soin de toi.
Quand ça fait trop mal, c'est pas bon. Faut penser à se reposer.
La dernière fois que ça m'est arrivé, on était deux à y laisser la peau comme tu dis... :( J'en pleure encore.
Le lien a été rompu. Et c'est mieux quand on pense à la paix qu'on a retrouvée.
Ça laisse des questions du style : mais comment se fait il qu'on ne puisse pas conserver le lien, vu qu'on avait de la tendresse l'un pour l'autre. Ce qui est rare. Comment se fait il que les plus belles choses ne puissent être conservées ?
Bon courage en tout cas.
Pour @Epicéanne aussi : quand les relations se rompent, il faut profiter de l'occasion pour apprendre ce qu'on avait à apprendre, afin de ne pas répéter des situations douloureuses.
Ce n'est peut-être pas la fin, Epicéanne, mais Anahata a raison : il est important de ne pas se perdre, et s'épuiser dans une relation, au point de devenir un oiseau paniqué, entré par erreur dans une pièce et se cognant aux vitres, peut faire quasiment perdre la raison. Trouve ta fenêtre ouverte, et peut-être te suivra-t-il. Comme le dit la compagne d'Alceste, on peut évoluer, grandir ensemble, rien ne doit être fixé dans le marbre, encore moins des fonctionnements qui font souffrir ! Mieux vaut prendre le risque qu'il reste dans la pièce et ne suive pas ton envol, que perdre le ciel pour rester avec lui. Je ne sais pas si c'est clair ?
Diagnostic TSA en cours à l'hôpital Sainte-Anne depuis juillet 2018 ; recherches génétiques à l'hôpital Necker (éventuel SED) ; HPI en 2016.

"We're all in the gutter, but some of us look at the stars." Oscar Wilde.

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Re: Couple Aspies*2

#33 Message par Epiceanne » vendredi 4 mai 2018 à 21:42

lulamae a écrit :
Anahata a écrit :Epiceanne,
Ces douleurs sont atroces. Enfin les miennes étaient comme ça. Prends soin de toi.
Quand ça fait trop mal, c'est pas bon. Faut penser à se reposer.
La dernière fois que ça m'est arrivé, on était deux à y laisser la peau comme tu dis... :( J'en pleure encore.
Le lien a été rompu. Et c'est mieux quand on pense à la paix qu'on a retrouvée.
Ça laisse des questions du style : mais comment se fait il qu'on ne puisse pas conserver le lien, vu qu'on avait de la tendresse l'un pour l'autre. Ce qui est rare. Comment se fait il que les plus belles choses ne puissent être conservées ?
Bon courage en tout cas.
Pour @Epicéanne aussi : quand les relations se rompent, il faut profiter de l'occasion pour apprendre ce qu'on avait à apprendre, afin de ne pas répéter des situations douloureuses.
Ce n'est peut-être pas la fin, Epicéanne, mais Anahata a raison : il est important de ne pas se perdre, et s'épuiser dans une relation, au point de devenir un oiseau paniqué, entré par erreur dans une pièce et se cognant aux vitres, peut faire quasiment perdre la raison. Trouve ta fenêtre ouverte, et peut-être te suivra-t-il. Comme le dit la compagne d'Alceste, on peut évoluer, grandir ensemble, rien ne doit être fixé dans le marbre, encore moins des fonctionnements qui font souffrir ! Mieux vaut prendre le risque qu'il reste dans la pièce et ne suive pas ton envol, que perdre le ciel pour rester avec lui. Je ne sais pas si c'est clair ?
Bonsoir,
Oui, je comprends...c est peut-être juste quelqu’un sur mon chemin qui me permet d apprendre et d avancer...
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Re: Couple Aspies*2

#34 Message par Controleur » samedi 5 mai 2018 à 7:10

Anahata a écrit :Arrivez-vous à leur rendre la'pareille question 'bavardage' ? Je crois que personne ne pourrait supporter mon silence quasi monastique... :(

Quand je lis vos témoignages... Je me dis que peut être je suis plus faite pour être avec un aspie.... Je pourrais pas avoir quelqu'un qui n'est jamais satisfait parce que je parle pas assez ou n'en fais pas assez etc etc. Et franchement, j'aime pas trop me leurrer. Et c'est sûr que ce sera vécu ainsi par l'autre. Pas assez de gens à la maison, pas assez de soirées, pas assez d'amis, blablabla. Pas assez de bruit, etc etc
Avec moi, c'est la thérapie par le vide. Venez me voir, pas besoin de retraite spirituelle. Ahah
Dans un couple, la base c'est le dialogue. Tous les autistes aspies ne sont pas forcément insatisfaits par des conjoints qui ne parlent pas de trop. Il y'a moyen qu'un conjoint te rende heureux même si il est aspie. Peux être choisis mieux ton prochain copain, teste le plus avant de vivre avec lui.
Diagnostique autiste par le CRA en mars 2009

Si vi pacem, para bellum

Traduction Latine: Si tu veux la paix, prépare la guerre

Contrôleur des finances publiques 2ème classe en trésorerie municipale.

Adepte de la médecine chinoise.

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Re: Couple Aspies*2

#35 Message par Epiceanne » samedi 5 mai 2018 à 13:07

Universal.love a écrit :Bonjour,

@Anahata: quels sont les liens des deux vidéos dont tu parles?

Au premier abord je pense que tout est possible car chaque personne avec autisme est différente l'une par rapport à l'autre,c'est surtout qu'il faut que l'une des deux personnes prenne les devant pour ne pas tomber dans l'amour secret,platonique,chacun dans son coin (dans son coeur),et se dire juste amis,avant trente ans c'est un cas de figure plus qu'envisageable.

C'est peut-être plus facile avec le temps,à un âge plus mûr,quand on se connaît un peu mieux soi-même.

@Epiceanne: Du vécu sur le sujet pour être aussi affirmative?

à bientôt de vous lire. ;)

Un très beau film, histoire d amour entre NT et aspie
http://youtu.be/zfuPWivl4i0
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Re: Couple Aspies*2

#36 Message par Artelise » samedi 5 mai 2018 à 16:39

Il s’agit de penser son couple.
Je ne suis pas d'accord avec cette vision des choses. Car il s'agit là d'intellectualiser quelque chose qui doit d'abord et avant tout être vécu au niveau de l'émotionnel.
Cela à revient à se demander à quoi ou en quoi l'autre pourrait nous être utile, ce qu'il pourrait nous apporter et, inversement, à s'interroger sur ce que l'on pourrait lui apporter, à quoi et en quoi on pourrait lui être utile. Or, c'est souvent totalement indéfinissable. C'est d'autant mois faisable que c'est un aspect de la vie de couple qui peut énormément varier au fil du temps ! Vivre en couple ce n'est pas et ne devrait pas être un projet de vie, et c'est quelque chose qui ne devrait pas être associé à une vision quelconque, qu'elle soit partagée ou non.

Vivre en couple, c'est avant tout "vivre". C'est une façon de cheminer sur le sentier de notre vie.

Un couple, c'est deux individus qui décident de cheminer ensemble durant une période plus ou moins longue, côte à côte.
Et l'objectif d'un couple, si tant est qu'on puisse décider que l'idée de vivre en couple puisse avoir un objectif à atteindre, c'est une forme d'épanouissement.

Il n'y a pas de secret pour que ça "fonctionne", pas plus qu'il n'y a de secret pour que "ça dure". Car à chaque couple, il y aura un mode de fonctionnement différent.

Un couple qui se sépare n'est pas forcément un couple qui a "échoué".
Quand deux individus décident de former un couple, ils ne s'inscrivent pas à une compétition après tout ! Il ne s'agit pas non plus d'un examen qu'il faudrait absolument réussir.

Dans un couple, il n'y a rien à prouver, mais tout à éprouver. Tant qu'un couple participe au bonheur / à l'équilibre / au bien être / à l'épanouissement de ses deux composants, alors il faut savoir se contenter de ce constat et profiter du bonheur / équilibre... etc que le couple apporte à chacun.

Après, lorsque quelque chose se met à clocher (ou que l'on prend conscience qu'il y a un problème), que ça ne "fonctionne" pas ou plus, il faut savoir se poser les bonnes questions et trouver le courage d'exprimer notre mal être. Peut-être alors que l'autre pourra comprendre et que le problème trouvera sa solution et que le couple pourra trouver une nouvelle forme d'équilibre et durer encore un peu. Si ce n'est pas le cas alors, peut-être vaut-il effectivement mieux savoir tourner la page, sans forcément culpabiliser ; surtout si les raisons sont une forme "d'incompatibilité de caractère".

Bisous à tous :kiss:
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Re: Couple Aspies*2

#37 Message par Anahata » samedi 5 mai 2018 à 16:47

Franchement merci pour vos participations. Contrôleur, je vois que tu essaies de m'aider ça me touche.
En effet, Artelise, ça ne se réfléchit pas. Mais comme dit contrôleur, l'exercice véritable se situe probablement au niveau de la gestion de la frustration. Attendre. Plus que d'habitude. Et si l'autre s'empresse, continuer d'attendre jusqu'à sentir que c'est vraiment la personne que l'on désire.
Modifié en dernier par Anahata le samedi 5 mai 2018 à 20:50, modifié 1 fois.
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Re: Couple Aspies*2

#38 Message par olivierfh » samedi 5 mai 2018 à 18:45

Epiceanne a écrit :Un très beau film, histoire d amour entre NT et aspie
http://youtu.be/zfuPWivl4i0
Voir le sujet du forum "[Film] Le Goût des merveilles (Eric Besnard)".
Ma présentation - HQI (11/2016), TSA de type syndrome d'Asperger (03/2017).
4 grands enfants avec quelques traits me ressemblant, aucun diagnostic lancé.

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Re: Couple Aspies*2

#39 Message par Tugdual » samedi 5 mai 2018 à 19:54

Artelise a écrit :Je ne suis pas d'accord avec cette vision des choses. Car il s'agit là d'intellectualiser quelque chose qui doit d'abord et avant tout être vécu au niveau de l'émotionnel.
Je comprends, et j'ai l'impression que la plupart des gens vivent le couple
de cette façon. Mais pourquoi ne pourrait-il pas être vécu autrement ?
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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Re: Couple Aspies*2

#40 Message par Anahata » samedi 5 mai 2018 à 20:52

Je pense qu'il le peut. Mais quand on est porté sur l'analyse, c'est difficile de faire autrement.
Si en plus, on a lu des journaux sur la psychologie, on a vite fait de donner des raisons à tout, et ça aussi c'est un danger à mon avis. C'est se rajouter plus de questions qu'il y en a déjà.
La vraie question, sans doute, est : pourquoi on se prend la tête

Lol et là on aura pas une réponse intellectuelle, à mon avis, si on veut s'en sortir.
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Re: Couple Aspies*2

#41 Message par Epiceanne » dimanche 6 mai 2018 à 8:42

Bonjour,
Le couple comme espace de croissance individuelle, oui.
Bonne journée
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Re: Couple Aspies*2

#42 Message par Artelise » dimanche 6 mai 2018 à 10:21

Tugdual a écrit : Mais pourquoi ne pourrait-il pas être vécu autrement ?
C'est juste qu'il me semble dangereux de passer au crible de la raison, une chose qui dépend d'abord et avant tout de l'émotionnel.
Après tout, ne dit-on pas : "le coeur a ses raisons que la raison ignore" ?


Après, comme je le disais précédemment, chaque couple à un mode de fonctionnement différent de tous les autres et, partant de ce principe, il est également possible qu'un couple (ou en tout cas son fonctionnement) puisse être intellectualisé. Mais dans ce cas, il me semble qu'il faut également garder à l'esprit que le couple, à l'instar des individus, évolue forcément au fil du temps et que son mode de fonctionnement pourra évoluer également. Il faudra alors accepter qu'il faille, de temps à autre, effectuer des "rééquilibrages" en fonction des différentes évolutions (individuelles et / ou celle du couple).

Il faudra peut-être également accepter le fait que, lorsqu'on touche au domaine des émotions et des sentiments, tout ne puisse pas s'expliquer clairement ; que si les recherches et les études psy dont parlent les articles dans les magasines peuvent donner des pistes elles ne donneront pas forcément de réponses claires et définitives.

Maintenant, il ne faut pas oublier une autre chose qui me semble essentielle : former un couple n'est chose aisée pour personne (aspie ou pas !) le nombre de personnes célibataires en France et dans le monde, ou encore le nombre de divorce, me semblent en être la preuve. Trouver "chaussure à son pied" n'est facile pour personne et il serait faux de penser que c'est forcément plus compliqué pour un aspie que pour les autres. Certains neurotypiques font également face à des difficultés qui les handicapent tout autant (à cause de leur vécu, des souffrances passées, d'un handicap visible... etc). Et dans tous les cas, il n'y a qu'un seul moyen pour réussir, au final : c'est de refuser de s'enfermer dans une spirale négative ; refuser de voir les essais inaboutis comme des échecs mais d'y voir plutôt une source d'expérience pour mieux aborder la prochaine tentative et faire preuve de patience (je sais, c'est pas forcément le plus facile - la frustration est quelque chose de difficile à gérer souvent pour les aspies) et d'indulgence envers soi-même.


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Re: Couple Aspies*2

#43 Message par Artelise » dimanche 6 mai 2018 à 11:01

hop, je reviens après une pause "préparation du gratin de patates pour ce midi"... Et si je reviens, c'est parce que pendant cette pause culinaire, j'ai réfléchi un petit peu. Je me suis demandé pourquoi j'avais à ce point le sentiment que chercher à intellectualiser la vie de couple me semblait si dangereuse et incompatible avec l'idée même de la vie en couple. Et je voulais vous livrer le résultat de mes réflexions.

Le danger, il me semble réside dans le fait qu'il me semble très difficile, voire impossible, de rester objectif. Il est déjà difficile souvent de se comprendre soi-même sans faire appel à un avis extérieur alors comment serait-il possible de comprendre l'autre ? Même en s'efforçant de conserver un esprit le plus ouvert possible, il me semble inévitable de projeter sur l'autre nos propres peurs, angoisses, attentes, réactions, émotions, capacités, incapacités, etc. Ainsi donc, à moins que l'autre n'accepte de se livrer au même exercice d'intellectualisation, il me semble impossible de tirer des conclusions cohérentes et utiles.

Sans parler du fait que si on sait quels efforts ou quels compromis nous sommes prêts à fournir ou à faire pour que les choses fonctionnent, il me semble difficile de décider à la place de l'autre quelles sont / seront ses limites dans ce domaine. A moins, encore une fois, d'en parler franchement et longuement.

Aborder la vie de couple sous l'angle de la raison me semble donc faisable, à condition toutefois (il me semble) que ce travail d'intellectualisation s'effectue ensemble !

D'ailleurs, à bien y réfléchir, il nous ai souvent arrivé, à Zhom et à moi, de passer des soirées entières à discuter de ce que chacun pouvait ressentir, de ce qu'on attendait (plus ou moins consciemment) de l'autre et comment nous positionner l'un par rapport à l'autre pour mieux nous comprendre et éviter les incompréhensions, les frustrations et les heurts sentimentaux. Comme quoi, à bien y penser, je pense que j'intellectualise davantage mon couple que je ne le croyais. Ceci dit, je ne passe pas mon temps à le faire et c'est surtout lorsqu'une souffrance apparait (de mon côte, du sien ou des deux côtés ^^) que je me donne la peine de chercher le pourquoi du comment afin de franchir l'obstacle et continuer à avancer ensemble dans une sérénité issue d'une meilleure compréhension mutuelle. Le reste du temps, je me contente de vivre notre couple, au jour le jour, en profitant de la présence de Zhom à mes côtés et en lui offrant mon affection et mon soutien. Il a ses qualités et ses défauts, ses points forts et ses points faibles, ses traits de caractères bien à lui et j'ai les miens. Nous nous acceptons tels quels et acceptons notre couple tel qu'il est sans chercher à ressembler aux autres et sans chercher à ressembler à ce que les autres voudraient que l'on soit.

une nouvelle fois, je poste surtout mes réflexions dans le but de partager, de faire "avancer le schmilblick" / la réflexion, sans chercher à imposer mon point de vue.

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Re: Couple Aspies*2

#44 Message par Tugdual » mardi 8 mai 2018 à 10:38

Artelise a écrit :C'est juste qu'il me semble dangereux de passer au crible de la raison, une chose qui dépend d'abord et avant tout de l'émotionnel.
Dans ce que j'envisage, il ne s'agirait pas de ça, mais de faire passer
une connexion intellectuelle avant une connexion émotionnelle qui est
en pratique inaccessible (de par les difficultés à identifier les émotions
tant chez l'autre que pour soi, autant qu'à ensuite gérer ces émotions) ...
Artelise a écrit :Après tout, ne dit-on pas : "le coeur a ses raisons que la raison ignore" ?
En tant que proverbe, je peux concevoir que le message qu'il décrit
s'adresse au plus grand nombre. Reste les autres, en "petit nombre" ...
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Re: Couple Aspies*2

#45 Message par Artelise » mercredi 9 mai 2018 à 11:24

je te lis, Tugdual et je cherche à te comprendre.

Et, dans ce but, j'ai une question pour toi :
Serais-tu en train de me dire que selon toi, puisque la gestion des émotions est une chose difficile, il vaut mieux les ignorer et ne mener sa vie que de manière raisonnée ?

Si oui, alors ne serait-ce pas là une manière d'ignorer une part de toi-même ?
Car ce n'est pas parce que tu as du mal à exprimer tes émotions et tes sentiments que tu ne les ressens pas, n'est-ce pas ?
Et chercher à refouler ces sentiments et émotions, ne serait-ce pas dangereux, in fine ?


Et j'avoue avoir du mal à comprendre la notion de "connexion intellectuelle" et que tu opposes à la "connexion émotionnelle".

Par ailleurs et j'en terminerai là dessus pour aujourd'hui, je crois (il faut bien que je te laisse le temps de répondre^^)

Il me semble que si tu t'intéresses à une personne au point d'avoir envie de passer du temps avec elle, de la connaitre d'avantage, d'en faire quelqu'un de proche. Si tu as envie que cette personne te comprennes et partage avec toi des choses que tu ne partagerais pas avec une autre personne... Et que c'est réciproque. Alors il me semble qu'il existe déjà forcément une connexion émotionnelle, non ? Et dans ce cas, pourquoi chercher à comprendre pourquoi et comment il y a eu un tel rapprochement ? Pourquoi ne pas simplement se réjouir de ce rapprochement et en profiter sans chercher à tout expliquer. Craindrais-tu que ce qui vous a rapproché ne disparaisse si tu ne parviens pas à comprendre de quoi il s'agit exactement ?

Et finalement, j'ai une autre question :
Si tu rencontres quelqu'un et que tu te mets à éprouver des sentiments pour cette personne. Si, même si tu es maladroit à exprimer tes sentiments et que tu as du mal à le comprendre totalement (ce qui me semble de toute manière impossible, même pour un neurotypique avec un autre neurotypique, la compréhension totale et complète mutuelle est impossible) ; si malgré cet obstacle qu'on pourrait presque comparer à une sorte de barrière linguistique, si disais-je, un lien se crée et que la "communication" parvient à passer (même s'il y a de temps en temps "de la friture sur la ligne") et qu'un lien s'instaure entre toi et cette personne... Alors pourquoi chercher plus loin ? Pourquoi ne pas laisser les choses évoluer simplement en acceptant tes limites et les contraintes lié à ta forme à toi d'Asperger, certes, mais en continuant d'être toi-même ? Si l'autre t'accepte tel que tu es, si malgré tes maladresses il parvient à te comprendre et que cette compréhension de ce que tu éprouves même imparfaite, lui suffit, alors pourquoi chercher plus loin ?

Si établir une connexion intellectuelle est pour toi une sorte de palliatif à un problème lié à une difficulté à établir une connexion émotionnelle (ce que je pourrais comprendre, je crois) alors je te proposerai de t'interroger d'abord et de te poser la question suivante : "un palliatif est-il vraiment nécessaire ?" Car un palliatif est utile lorsqu'il y a problème. Mais s'il n'y a pas de problème, en réalité ?

Au pire, il me semble que si tu ressens le besoin de consolider une relation avec une autre personne en établissant une connexion intellectuelle avec elle, alors, il faut que ça ne soit que cela : une consolidation. Mais ne renie pas la connexion émotionnelle pour autant, pas totalement, même si c'est imparfait, maladroit, difficile, elle ne peut pas ne pas exister. Que ce soit en amitié ou en amour, il me semble impossible qu'il n'y ai pas, au moins au départ, des sentiments et des émotions.

Pour conclure (vraiment cette fois :mryellow: ), je te dirais que le dictons "le coeur a ses raisons que la raison ignore" pourrait ne pas te concerner à une seule et unique condition : à savoir que tu n'éprouves vraiment et réellement, jamais, aucune émotions, aucuns sentiments. Or, tu es Asperger, tu n'est pas sociopathe. Des émotions, tu en éprouves forcément. :wink:

Avec beaucoup de respect et d'affection... :kiss:
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