Ma compagne aspie

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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gabi
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Ma compagne aspie

#1 Message par gabi » mercredi 13 mars 2019 à 15:50

Bonjour,

Je lis depuis ce matin le forum, qui est très intéressant au passage, pour m’aider un peu dans ma relation avec une femme aspie.

Je viens demander conseil car je commence à être perdu dans ma relation pour être totalement franc.

Ca va bientôt faire 2 ans que je fréquente K et ce qui m’a plu tout de suite chez elle, c’est son côté mystérieux et son authenticité pour pas dire entière.

Mais, car il faut un mais sinon je ne serai pas içi, depuis 8 mois grosso modo, il y a eu un énorme changement de sa part qui s’est accentué depuis cet été.

Elle a traversé une petite dépression dû au fait d’avoir raté son diplôme puis a suivi 6 mois de chômage car elle a dû complètement changée de voie.
Bref, elle travaille depuis 1 mois.

Tout ça pour dire, qu’elle s’est désengagée émotionnellement, affectivement et sexuellement de notre relation pourtant il lui arrive « rarement » de me dire « je t’aime », je ne sais pas si finalement elle sait ce que cela signifie, et me parle depuis 2 semaines d’emménager ensemble même si ça lui fait peur, de mariage sur le ton de l’humour et d’enfant…

Pourtant on a pas fait l’amour depuis 1 mois et demi (3 fois lors des 4 derniers mois), n’est plus du tout affectueuse, pas de bisou, ni caresse. A la base, elle adore le sexe mais vraiment.

J’ai beaucoup lu et je me suis renseigné et je sais qu’elle a besoin d’être seule pour se ressourcer régulièrement et je n’ai jamais insisté dans ces moments-là.

J’ai compris aussi l’histoire des cuillères après qu’elle m’ai fait regarder une vidéo sur YouTube où c’était très bien expliqué.
La question que je me pose, c’est à quel moment, si je dois faire attention à tout, je suis moi-même ?

J’essaie de discuter pour savoir comment l’aider par rapport aux tâches ménagères ou autres mais je n’ai pratiquement pas réponse en retour.

Elle est assez rigide et moi plutôt souple donc je m’adapte mais il y a des choses où j’ai du mal.

Je lui ai dit hier soir qu’il fallait que l’on fasse un pas l’un vers l’autre, pour que les besoins des deux soient comblés, si l’on voulait avancer mais il me semble qu’elle était un peu réticente.

Je suis un peu perdu et ne sait plus comment agir avec elle…

Aujourd’hui, c’est son anniversaire et je suis triste car si les choses ne changent pas ou du moins si l’on n’arrive pas à trouver un équilibre, je sens la fin venir.

J’ai l’impression d’être un meuble et qu’elle souhaiterai avoir un fantôme comme partenaire par moment comme l’a dit une personne sur le forum.

Merci d'avance pour les éventuelles réponses.

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TiZ
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Re: Ma compagne aspie

#2 Message par TiZ » jeudi 14 mars 2019 à 8:39

Peut-être que ce que tu appelles "petite dépression", elle l'a vécu comme quelque chose de beaucoup plus "grave" et intense que ce que tu penses/ ce qu'elle peut laisser paraître...
D'après ce que tu dis, je pense que le mieux serait que vous preniez un moment pour mettre les choses à plat : Tu lui expliques ce que tu viens de dire là (tu la sens désengagée, etc.), et tu lui demandes ce qu'elle en pense elle, comment elle voit les choses,...

Ce sont les idées qui me viennent, mais je n'ai jamais été en couple, alors je ne sais pas vraiment comment ça se passe. Je peux juste imaginer.
Diagnostiquée Aspie en février 2015 (psychiatre libéral) puis confirmation au CRA en novembre 2016

gabi
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Re: Ma compagne aspie

#3 Message par gabi » jeudi 14 mars 2019 à 9:58

Bonjour et merci Tiz pour ta réponse.

Oui, je suis certain qu'elle l'a vécue comme un vrai traumatisme puisque cela a remis en cause tout ce qu'elle avait fait jusqu'à présent et que son avenir était totalement incertain du coup.

J'ai déjà essayé plusieurs fois de discuter mais elle se braque la plupart du temps.

Bref, hier pour son anniversaire, on a réussi à discuter de tout cela, sûrement grâce au contexte et le fait que l'on ne soit pas enfermé mais dans un bar et elle m'a dit qu'avec le recul, j'avais raison et qu'il fallait que l'on fasse un pas l'un vers l'autre pour qu'aucun de nous ne se sente laissé.

Je sais qu'elle ne sera aussi affectueuse que je le souhaiterai ou tactile mais je le sais depuis le début.
Quant au fait que je la sente désengagée, elle ne le vit pas comme cela donc à moi de ne pas la forcer et lui dire quand j'ai besoin d'un peu de réconfort ou d'être un peu rassuré.

La clé comme pour tout reste la communication mais ce n'est pas toujours évident.

Je la sais sincère mais c'est vrai que parfois j'aimerai qu'elle me le montre et dise un peu plus, à moi d'aller le chercher :wink:

Encore merci

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Flower
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Re: Ma compagne aspie

#4 Message par Flower » jeudi 14 mars 2019 à 10:06

Ce que tu écris me parle un peu, même si les rôles sont un peu mélangés - je suis aspie mais c'est mon compagnon qui était en dépression, et effectivement il y a eu des moments où il était assez distant. Chez lui il y avait beaucoup de peurs associés à la relation, plus la dépression, mais grâce à l'accompagnement dont il a pu bénéficier, petit à petit les choses se sont bien améliorées. (Maintenant il croise les doigts pour que j'aie un boulot à côté de chez lui pour qu'on puisse emménager ensemble.)

Ta copine a-t-elle eu un suivi pour sa dépression? Serait-elle ouverte à en avoir un maintenant sinon? Parce que même si elle te donne l'impression que ça va mieux, parfois cela peut être trompeur.

Sinon je pense que l'idée de Tiz est bonne, de trouver un moment où vous pouvez discuter tranquillement pour remettre les choses à plat. Tu pourras lui expliquer comment tu vois les choses, ce que tu viens de nous écrire, et ensuite à la fois lui demander ce qu'elle en pense et aussi lui proposer ton aide/soutien pour améliorer votre situation.
Détectée HQI à 7 ans, diagnostiquée aspie le 07/07/2015.

gabi
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Re: Ma compagne aspie

#5 Message par gabi » jeudi 14 mars 2019 à 14:33

Tout d'abord, merci à vous deux pour m'avoir répondu :mryellow:

Oui, je suis convaincu que la dépression qu'elle a vécue, l'a marquée réellement car son avenir professionnel c'est assombri sérieusement.

J'ai toujours été là pour la soutenir, au point que sa mère la savais "en sécurité" de part ma présence et soutien. C'est ma compagne qui me l'a dit car à certains moments elle a pu avoir des idées noires donc j'ai peut-être été un peu maladroit dans ma formulation.

Hier soir, on a enfin pu discuter sereinement en dehors du cadre maison et elle me l'a fait remarqué que c'était plus simple autour d'une bière qu'assis sur le canapé.

Comme souvent, c'est le lendemain ou surlendemain, avec le recul, qu'elle prend conscience de ce que je lui dit et donc hier soir ça a plutôt porté ses fruits puisqu'elle m'a dit avoir envie d'essayer et comprendre ma démarche.

Donc c'est gagnant/gagnant si on arrive à trouver un bon équilibre.

Flower, j'aime bien ton pseudo :bravo:

Non, enfin très peu car sa psy a déménagée et du coup elle a arrêtée le temps de se renflouer puisqu'elle était au chômage jusqu'à il n'y a pas très longtemps. Mais elle a l'intention de reprendre et c'est très bien car de vieux démons traînent encore dans la cave.

Je lui ai déjà proposer mon aide et soutien mais elle a beaucoup beaucoup de mal à demander et déléguer les choses donc j'espère qu'un jour elle me fera assez confiance pour se reposer sur mon épaule. Enfin ,je ne suis pas certain que ce soit une question de confiance mais plutôt une question qu'il faut que ce soit fait comme elle le souhaite car sinon ça la perturbe dans ses habitudes/rituels. Il faut que les choses soient cadrées car ça la rassure, je l'ai compris.

Cette discussion a aussi portée ses fruits car on a fait l'amour et l'initiative venait d'elle donc ça fait plaisir même si je me demande si ce n'était pas parce que c'était son anniversaire et pas spécialement par envie...

L'important c'est d'avoir retrouvé une complicité et d'essayer de surfer sur cette vague d'apaisement même si je suis conscient que tout est fragile en terme d'équilibre.

Natali
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Re: Ma compagne aspi

#6 Message par Natali » samedi 16 mars 2019 à 10:20

Bonjour
Je ne sais pas encore si je suis ou non aspie. Mais comme je me suis un peu reconnue dans ce que tu décris de votre relation, je me permets de te répondre et de partager mon expérience.
Mon dernier compagnon ( je ne sais pas si le terme est exact, on n’a passé que quelques mois ensemble, mais j’avais beaucoup investi cette relation) m’a reproché aussi mon manque de « tendresse », ma « froideur » etc, et ces reproches récurrents ont contribué à me faire mettre fin à notre relation ( plus exactement ils m’ont permis de mettre fin à une relation qui me faisait souffrir, en me disant qu’elle ne le satisfaisait pas non plus ). En tout cas, je les ai très mal vécus. Je ne sais évidemment pas si ta compagne est dans ce cas, mais je me permets de partager mon ressenti, au cas où :
Les faits : je travaillais ( beaucoup plus que lui), j’élève une ado ( en garde alternée), je consacrais tout mon temps libre à X (mon « compagnon »), je l’écoutais me raconter sa vie, je le soutenais dans diverses démarches juridiques, importantes pour lui, je l’accompagnais de bon gré à des conférences sur des sujets qui l’intéressaient ( et qui ne me déplaisaient pas), au théâtre ( il adore cela, j’aime bien), même quand j’étais épuisée. Comme on se voyait généralement chez moi, j’assurais l’intendance quand il venait. Alors quand il me reprochait de ne pas être « affectueuse », de «  m'éloigner » de lui , j’avoue que je prenais cela pour une sorte de caprice quelque peu abusif . «  Il FAUT qu’EN PLUS, je lui fasse des câlins, mais il n’en a donc jamais assez! ». J’aime le sexe, mais je suis très peu tactile dans la vie quotidienne, même avec mes filles (ça tombe bien, elles n’aiment pas trop ça non plus). Moi, ce que j’aimais vraiment, c’était parler avec lui. On avait des conversations hyper intéressantes. J’aimais aussi coucher avec lui. Mais je ne voyais pas l’intérêt de le toucher en-dehors de ça. Je ne supportais pas qu’il interrompe une conversation pour me toucher ou me serrer dans ses bras. Au tout début de la relation, ça allait, mais après, je trouvais cela , comment dire, « déplacé ». J’ai évidemment fait des efforts pour le satisfaire et être plus affectueuse, mais ces efforts m’ont, pour le coup, éloignée de lui. C’était comme s’il m’obligeait à mentir, à faire semblant ( non pas de l’aimer- mais d’avoir envie de contact en-dehors des moments de sexe).
Ce n’est pas pour cela que je l’ai quitté, je te le répète, mais à cause de traits de caractère chez lui qui rendaient impossible de poursuivre la relation (en tout cas pas souhaitable de mon point de vue).
Je ne sais pas si mon témoignage t’aidera beaucoup, ni si ta compagne ressent ce que je ressentais.
J’aimais vraiment X, mais je ne comprenais pas pourquoi il n’en avait jamais suffisamment.
Si je peux te donner quelques conseils :
Ne vous précipitez pas pour emménager ensemble.
Plutôt que de proposer à ta compagne de l’aider, propose-lui de partager les tâches. Même si tu ne le fais pas très bien ( = pas comme elle le fait :D ), c’est toi qui le fais et elle peut essayer de ne pas repasser derrière. C’est ce qu’on faisait avec le père de mes filles, et ça me convenait bien. Je savais ce que j’avais à faire, ce que je n’avais pas à faire ( par contre, s’il disait qu’il le faisait et qu’il traînait trop à le faire, ça me saoulait). Décidez ensemble de qui fait quoi.
Ne dis jamais devant elle qu’elle « a traversé une petite dépression » alors qu’elle avait des pensées suicidaires. Si quelqu’un a le droit d’euphémiser son ressenti, c’est elle, pas toi.
Si vous vous entendez bien, si tu l’aimes, si elle a des qualités que tu n’es pas sûr de retrouver chez une autre, tu peux peut-être accepter sa « froideur »... Si elle était malvoyante, tu ne lui reprocherais pas de ne pas te regarder.
P.S. Tu écris que tu n’es pas sur qu’elle sache ce qu’aimer veut dire. Il est probable qu’elle n’y mette pas le même sens que toi, en effet. Pour ma part, j’ai l’impression que quand des hommes disaient m’aimer, ils voulaient dire : vouloir me posséder, me contrôler, être dépendants de moi ( même s’ils niaient bien sûr), mais pas particulièrement me respecter dans ce que je suis ou vouloir mon bonheur ( ce qui pour moi est l’amour). Peut-être que je n’ai pas rencontré les bons, peut-être que j’interprète mal leur attitude. Peut-être que l’amour, pour la plupart des gens, c’est ce qu’ils ressentaient et non ce que je pense.
Lui as-tu demandé ce qu’il en était pour elle, ce qu’elle, elle attend de toi ?

J’espère ne pas t’avoir trop déprimé par mon témoignage. Ce n’était pas mon but, et ce n’est que mon histoire.
Ton post m’a permis de réfléchir sur ma propre expérience, d’avoir « l’autre point de vue » et je t’en remercie.
Bonne journée
En train de me décider à entamer une démarche de diagnostic.

gabi
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Re: Ma compagne aspie

#7 Message par gabi » samedi 16 mars 2019 à 20:28

Bonsoir Natali,

pour être sincère, je ne sais pas si elle est aspie et elle non plus puisqu'elle n'a fait aucun test. Mais elle si reconnait beaucoup.

Merci de partager avec nous ton expérience qui du coup me fait aussi beaucoup réfléchir.

Je lui ai fait la remarque plusieurs fois dernièrement sur son manque de "tendresse" car j'ai eu l'impression d'avoir été berné. Je m'explique : elle l'était au départ et aujourd'hui, elle me montre son vrai visage/personnalité et j'aurais préféré qu'elle me le dise dès le départ.

Avec le recul, je peux comprendre qu'elle ai pu avoir peur de me l'avouer pour ne pas me faire fuir.

Ton histoire me parle aussi mais en inversant les rôles, je la soutien depuis le début, l'écoute, m'occupe de tout quand on est chez moi mais par contre, elle ne souhaite pas spécialement que je l'aide chez elle.

On a les mêmes passions mais c'est vrai aussi qu'elle se force parfois car elle ne sait pas dire non et parfois, je pense, je ne sais pas déceler quand elle est vraiment fatiguée. A moi de faire un effort de ce côté là où tout simplement lui demander plus clairement.

J'entends ce que tu dis sur la fatigue et les "caprices" mais pourtant je ne suis pas insistant puisque j'attends que ce soit elle qui fasse le premier pas, je me suis un peu résigné.

Elle est comme toi, son langage d'amour ce sont les moments de qualités et surtout s'intéresser aux personnes en ayant une discussion profonde.

Et c'est sur ce point, qu'aujourd'hui ça bloque.
On arrive plus à communiquer correctement et à se connecter. Je sais qu'elle ne pourra pas discuter avec moi de certains sujets qui lui tiennent à coeur puisque je ne suis pas assez calé. Je crois tout simplement que je n'arrive plus à la stimuler intellectuellement. Elle est sapiosexuelle et tout passe par la matière grise plutôt que le physique.

En lisant ton témoignage, je me rends compte qu'elle ne se force plus à jouer un rôle et c'est tant mieux et pourtant je doute souvent ces derniers temps sur l'avenir de notre couple.

Je l'aime et je l'accepte comme elle est, mais sommes nous réellement compatible ?

J'ai peur de souffrir à moyen terme et surtout à long terme de cette "froideur" malgré toutes les qualités qu'elle peut avoir et Dieu sait qu'elle en a !

Aimer c'est accepter l'autre tel qu'il est mais des fois l'amour ne suffit pas...

J'aime la savoir libre et non pas emprisonnée dans la relation. Je ne suis pas fusionnel malgré le fait d'avoir compris après ma dernière relation que j'étais dépendant affectif. J'ai travaillé dessus et il faut que je m'aime plus. Ma plus belle histoire d'amour c'est avec moi même que je l'aurais...

Je pense que l'on va différer notre emménagement avant d'être certain de vouloir aller plus loin. C'est ce que tu as voulu dire par "ne vous précipitez pas" ?
Partager les tâches, bonne idée !

Je vais lui demander ce qu'elle attend de moi, je serais fixé ensuite...

Je te remercie pour ton message qui me fait réfléchir depuis que je l'ai lu. Je ne souhaite qu'une chose, que l'on soit tous les deux heureux et que nos besoins respectifs soient respectés.

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