Textes de Marc Segar

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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bernard
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Textes de Marc Segar

#1 Message par bernard » jeudi 21 janvier 2010 à 23:28

Comme demain soir, je vais reprendre l'exposé de Théo Peeters sur le SA, je voulais vous faire connaitre les textes de Marc Segar, dont Théo Peeters nous a cité quelques extraits en mai 2009.
Marc est décédé en 1997 dans sa 23ème année, dans un accident de la route.
Né en 1974, il avait été diagnostiqué aspie vers l'âge de 7 ans (en 1981), juste l'année où le syndrome prenait le nom de son auteur Hans Asperger. On dit souvent que Marc a été le premier aspie à recevoir le diag sous ce nom là.
Marc a écrit deux textes principaux sur la pensée autistique.
Le premier intitulé "The Battles of the Autistic Thinker" est visible en anglais sur
http://www.autismandcomputing.org.uk/marc1.en.html
Et le second texte, intitulé "Guide de survie pour aspie" est visible en anglais sur
http://www.autismandcomputing.org.uk/marc2.en.html
Par ses écrits, il a tenté avant l'arrivée des forums, de laisser des éléments pour faire comprendre l'autisme et le syndrome d'Asperger.
Il a été diplômé en biochimie mais il a préféré travailler comme animateur avec des enfants autistes et donner des conférences pour parler du sujet de l'autisme.
Il montre du doigt les comportements de NT qui sont difficiles à comprendre pour un aspie.
Par exemple sur le cas du regard et le contact oculaire :
Le contact oculaire est difficilement supportable parce qu’il est difficile de dire si on doit regarder beaucoup ou pas quelqu’un quand il vous parle.
Quand les gens ne vous parlent pas, et que vous ne leur parlez pas, il vaut souvent mieux ne pas les regarder.
Cela parce que les gens peuvent sentir que vous les regardez en douce et ils vont se sentir mal à l’aise, et risquent de parler ensuite de vous dans votre dos.
Contrôler votre regard peut paraitre difficile mais cela n’est cependant pas impossible.
Si vous désignez quelqu’un quand vous parlez de lui à quelqu’un d’autre, cela peut paraitre impoli s’il le remarque.
Si vous argumentez avec quelqu’un en le désignant et en le regardant, cela peut parfois être pris pour de l’agressivité.
Essayez de ne pas désigner de personne, cela vous évitera bien des déboires et des malentendus.
Quand vous parlez à quelqu’un ou si une personne vous parle, vous êtes tenu de le regarder tout en respectant :

Regarder quelqu’un à qui l’on parle, moins de 1/3 du temps peut lui signifier que :
- Soit vous êtes honteux (si vous fixez le sol)
- Soit vous n’êtes pas honnête (si vous regardez sur le côté)
Regarder quelqu’un à qui l’on parle, plus de 2/3 du temps peut lui signifier que :
- Soit vous l’aimez bien (en regardant toute sa figure)
- Soit vous êtes agressif (en le fixant intensément dans les yeux)
Regarder quelqu’un à qui l’on parle, tout le temps peut lui signifier que :
- Soit vous le défier (regard agressif)
- Soit vous le désirez (regard intime)

Cependant dans d’autres cultures (Europe, Méditerranée) cela peut aussi signifier l’amitié
Pour quelqu’un avec autisme, cela peut être très difficile à comprendre, parce qu’en premier, nous devons être certain de ce qui est approprié.
A noter qu’un contact oculaire fixe peut aussi nous distraire fortement quand nous essayons de parler.
Pas facile de trouver comment procéder !
Bernard (55 ans, aspie) papa de 3 enfants (dont 2 aspies)

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Jean
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Re: Textes de Marc Segar

#2 Message par Jean » jeudi 21 janvier 2010 à 23:52

Très intéressant.
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omega
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Re: Textes de Marc Segar

#3 Message par omega » vendredi 22 janvier 2010 à 15:38

Je me souviens avoir lu le Guide de survie quelque part, en français. (mais alors où??)
Très très instructif, à lire et à faire lire.
«Nous sommes tous des farceurs: nous survivons à nos problèmes.» (Cioran)

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Jean
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Re: Textes de Marc Segar

#4 Message par Jean » vendredi 22 janvier 2010 à 20:31

Image
http://www.autismealsace.org/faireface.php

Il peut être commandé à Autisme Alsace - mais je ne sais pas s'il est toujours disponible.

Introduction Chap.1 Tirer le meilleur parti de ce livre, Chap. 2 Se faire du souci, Chap. 3 Voir les choses du bon côté, Chap. 4 Langage corporel, Chap. 5 Vérité déformée, Chap. 6 Conversation, Chap. 7 Humour et conflit, Chap. 8 Problèmes liés au sexe, Chap. 9 Trouver des vrais amis, Chap. 10 Garder une ardoise propre, Chap. 11 Etre clair, Chap 12 Formation, Chap. 13 Vivre loin de la maison, Chap. 14 Travail et entretiens d'embauche, Chap. 15 Conduire, Chap. 16 Voyager à l'étranger, Chap. 17 Opportunités, Chap. 18 Une analyse personnelle en profondeur
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Re: Textes de Marc Segar

#5 Message par bernard » mercredi 27 janvier 2010 à 0:08

Une traduction partielle en français est visible ici
http://aspergeraide.com/phpBB2/viewtopic.php?t=254

Traduction par Jils (13/09/2005):

Se débrouiller : Un guide de survie pour les personnes atteintes du Syndrome d'Asperger

Marc Segar est mort tragiquement dans un accident de la route sur la M1 vers la fin de l'année 1997. Sa courte vie a eu une profonde influence, et ce livre est son mémorial.

Chapitre 1 - Introduction

Aussi loin que me souvienne, j'ai toujours eu des pensées et des idées complexes qui me rendaient unique.

Quand j'étais un jeune enfant, dans la petite classe de l'école primaire, j'avais l'habitude de passer mon temps à faire ce qui me plaisait et qui n'avait pas beaucoup de sens pour les autres. Mes pensées et mes idées toujours intrigantes étaient enfermées dans ma tête et je ne pouvais pas les communiquer aux autres.

Quand j'ai eu sept ans, j'ai été diagnostiqué autiste, sous une forme qui est maintenant connue sous le nom de Syndrome d'Asperger. Peu de temps après, j’ai été envoyé dans une école spéciale appelée Whitfields à Walthamstow, Londres où, pour les huit années qui ont suivi j'ai reçu une aide spécialisée, qui venait principalement d'une femme joyeuse et pleine d'entrain nommée Jenny. Peu de temps après mes débuts dans cette école, ma famille et moi-même avons été impliqués dans un groupe de support familial appelé Kith and Kids («Amis et Gosses») dans lequel je suis maintenant un volontaire et animateur d'ateliers régulier, constamment actif et créatif.

À l'âge de quatorze ans j'ai changé d’ école pour un établissement appelé West Lea à Edmonton où j'ai finalement pu passer mon brevet, pour lequel j'ai obtenu de bons résultats. Je dois principalement à mon professeur de Français, M. Cole d'avoir été reconnu capable de passer le brevet et je lui en suis très reconnaissant.

À l'age de dix-sept ans, j'ai pu commencer ma terminale à Winchmore où j'ai travaillé dur pour mon bac mais où je suis devenu une véritable cible du harcèlement et des persécutions des autres étudiants. Toutefois, c'est aussi à cette époque que j'ai commencé à apprendre à ne pas me laisser faire, et que j'ai aussi réalisé qu'il y avait plein de règles non écrites qui dictaient le comportement et la conduite à adopter, que tous les autres connaissaient sauf moi.

J'ai alors été admis à l'Université de Manchester pour une licence de biochimie que j'ai maintenant terminée. J'ai commencé l'université avec la même illusion que j'ai eue toute ma vie que le fait de prendre un nouveau départ signifiait qu'il n'y aurait plus de harcèlement à supporter. Cependant, mon statut social en première année était épouvantable et j'ai passé toute l'année à vivre dans un appartement avec sept autres gars, en étant moi-même dans un isolement pratiquement total.

En seconde année, je suis parti vivre dans une maison à Fallowfield où il y avait trois amis et deux places libres. Je suis arrivé là complètement par hasard. Je suis devenu le meilleur ami de Nick qui a fini par occuper la dernière place. C'est un parfait rebelle et il m'a enseigné la plupart des trucs et des tours dont j'avais besoin dans les rues et les night-clubs fortement matérialistes et parfois hostiles de Manchester. Entre ma seconde et ma troisième année, j'ai pris place de manière plutôt impromptue dans une expédition en Afrique de l'Est où, à mes risques et périls, j'ai passé la plus grande partie de mon temps loin du groupe (car il me rejetait), pour apprendre les coutumes et les modes de vie des gens de la région. Ma pauvre mère ne s'était jamais fait autant de souci. Au cours de ma dernière année, j'ai eu la chance de vivre avec des gens qui étaient extrêmement matures et avaient beaucoup d'esprit, qu'ils utilisaient d'une manière constructive. Depuis mon bac, j'ai fait différents travaux avec des enfants autistes à la fois ici et à l'étranger. Je travaille actuellement comme animateur et amuseur pour les enfants et je pense sincèrement que c'était un bon choix.

J'ai maintenant décidé d'écrire ce livre avec un but bien défini. Il est destiné à transmettre mes propres expériences de survie en tant que victime d'Asperger dans un monde où chaque situation est légèrement différente, au bénéfice des autres personnes frappées d'Asperger. Je souhaite établir un ensemble de règles et de lignes directrices dans un style similaire au code de la route, dans un format qui ne varie pas et qui ne cause donc aucune confusion inutile.

Mes idées sont supposées rédigées de manière non ambiguë, de façon à ce que les gens ne se sentent pas confus et n'appliquent pas les choses hors du contexte.

J'aurai probablement une audience qui comportera à la fois des gens autistes et des gens non autistes.

Je voudrais attirer l'attention sur le fait que nombre des points que je vais présenter ici pourraient paraître complètement évidents à certaines personnes mais totalement étrangers à d'autres personnes, et par conséquent, je voudrais insister sur le fait que je ne veux jamais être condescendant ou pédant.

Je choisis d'écrire ce livre maintenant parce que je pense que les fautes et les leçons significatives de ma vie sont encore claires dans ma tête. Des gens pourraient trouver ce livre un peu trop matérialiste mais je crois personnellement que si une personne à la frontière de l'autisme doit sortir dans ce monde plutôt odieux en ne comptant que sur elle-même, la dernière chose dont elle ait besoin, c'est d'être protégée. J'aimerais beaucoup équiper ces gens avec les "petits trucs" et le savoir dont ils ont besoin pour se défendre, et je ne souhaite pas imposer des opinions ni être hypocrite. J'ai aussi tiré profit des commentaires constructifs venant de parents d'autres personnes autistes pour écrire ce livre. Je ne voudrais pas avoir l’impression que l’un ou l’autre de mes lecteurs autistes est soumis à des pressions inutiles pour démarrer la lecture de ce livre. Pour commencer, le simple fait d'avoir ce livre posé quelque part dans la chambre de quelqu'un peut être suffisant pour attirer leur attention et stimuler un intérêt sain.

Je souhaite que ce livre serve seulement à améliorer la qualité de vie des gens et je demande fortement à mon audience autiste de ne pas être trop stressée en tentant d'appliquer ce livre trop rapidement et de se rappeler que Rome ne s'est pas construite en un jour.

Même moi, j'ai encore des difficultés à mettre toutes ces règles en pratique, mais cela aide certainement d'être au courant qu'elles existent.

Traduction par Muriel (13/09/2005) :

Chapitre 2 - Tirer le meilleur parti de ce livre

· Tout le monde ne comprendra pas au premier abord toutes les idées renfermées dans ce livre. Cependant, si l’une d’entre elles vous semble incompréhensible à première vue, peut-être la comprendrez-vous mieux si vous la laissez de côté et y revenez plus tard.

· Ce livre a pour objectif de vous informer des nombreuses règles non écrites que la plupart des gens connaissent instinctivement et considèrent comme acquises.

· Lorsqu’une personne transige ces règles non écrites, elle s’en sort parfois sans problème, mais, en général, ceux qui enfreignent les règles informelles sont soumis à des sanctions informelles. Parmi ces sanctions figurent les moqueries, la dépréciation ou l’isolation.

· La principale difficulté liée à l’autisme (ou au syndrome d’Asperger) découle du fait que tant de gens s’attendent à ce que vous connaissiez ces règles et les suiviez (tout comme eux le font), alors que personne ne vous les a apprises. Il ne fait aucun doute que c’est extrêmement injuste ; malheureusement, la majorité des gens ne le voient pas de cet œil parce qu’ils ne comprennent pas cette difficulté.

· Si vous-même acceptez difficilement que vous êtes autiste (ou atteint du syndrome d’Asperger), vous risquez de vous compliquer davantage encore la vie. Par contre, si vous acceptez ce fait, non seulement vous tirerez le meilleur parti possible de ce livre, mais encore vous serez peut-être capable de vous pardonner des choses que vous ne faites peut-être pas correctement et d’ôter une partie de la souffrance qui ne peut que vous bloquer.

· Généralement, il existe une règle non écrite qui interdit de parler des règles non écrites en public. Toutefois, il est normalement permis d’en parler en privé avec de la famille, des enseignants, des conseillers ou des amis.

· Il est probable que vous souhaitiez voir nombre de ces règles expliquées. Malheureusement, il n’est pas possible de toutes les expliquer sans dévier des objectifs poursuivis dans ce livre. En outre, bien des personnes sont en mesure de respecter parfaitement les règles mentionnées dans ce livre mais ne sont pas conscientes de l’existence de celles-ci.

· Si vous remettez en question ces règles à tel point que vous soyez incapables de les mettre en pratique, vous risquez de ne pas profiter au maximum de ce livre. Cependant, il n’y a aucun mal à passer quelque temps à les remettre en cause.

· Il existe certaines règles non écrites que je n’ai pas pu inclure, soit parce qu’elles sont trop vagues et dépendent trop de la situation rencontrée, soit parce que je ne les ai pas encore découvertes moi-même.

· Au terme de la lecture de ce livre, vous penserez peut-être que ces règles sont celles d’un jeu plutôt idiot, mais le jeu en question est la vie, et les règles ne peuvent être changées.

· Le jeu de la vie pose le problème suivant : chaque situation varie légèrement. Certaines choses peuvent être convenables dans certaines situations, mais pas dans d’autres. Le présent livre ne peut pas vous indiquer comment réagir dans chaque situation ; il peut uniquement vous proposer des lignes directrices.

· Les personnes autistes ont tendance à se souvenir des détails, tandis que les non-autistes se rappellent généralement l’intrigue. L’intrigue accompagne de près le travail de détective qui permet à la majorité des gens d’apprendre les règles de société non écrites évoquées dans ce livre.

· Il se peut que vous connaissiez déjà certaines ou nombre des règles contenues dans ce livre. Néanmoins, elles doivent malgré tout être mentionnées pour ceux qui ne les connaîtraient pas.

· De temps en temps, il peut arriver que certaines personnes vous donnent des conseils ou vous fassent des critiques que vous trouvez légèrement condescendants, pédants ou sans importance. Cela risque souvent de vous donner l’envie de vous rebeller, mais, en agissant de la sorte, il se pourrait qu’en fait, vous vous rebelliez contre les choses mêmes qui vous seront les plus utiles.

· N’oubliez pas que ce livre a été rédigé partiellement sur la base de mes propres expériences et que ce qui me convient ne convient pas automatiquement à quelqu’un d’autre.

Traduction par Jils (14/09/2005) :

Chapitre 3 - Se faire du souci

· Une des choses que les gens autistes font particulièrement bien, c'est se faire du souci.

· Beaucoup de vos efforts dans la vie peuvent être très mal récompensés et vous pourriez avoir l'impression que tous les gens autour de vous parlent librement entre eux d'une façon qui n'a aucun sens pour vous.

· Si vous tentez de vous joindre à eux en parlant aussi de choses qui ont peu de sens, vous allez les agacer.

· Si les autres personnes peuvent se plaindre que ce que vous dites n'a pas de sens, comment se fait-il que vous ne pouvez pas vous plaindre que ce qu'ils disent, eux, n'a pas de sens ? Ce n'est pas juste. Etes vous contrariés ? Si c'est le cas, vous avez tout à fait le droit de l'être mais vous ne pouvez pas changer la façon dont les choses se passent. Ce livre pourrait peut-être vous aider à mieux comprendre les conversations insignifiantes des autres.

· Le problème, c'est que quand vous vous faites du souci, cela vous distrait souvent des choses sur lesquelles vous avez besoin de vous concentrer pour résoudre le problème.

· Certains problèmes sont plus faciles à gérer si vous voyez le côté drôle de la situation. Si vous pouvez apprendre à rire de vous-même, beaucoup de vos soucis devraient s'en aller.

· Beaucoup de gens gardent tous leurs problèmes enfermés à l'intérieur d'eux-mêmes et regardent le monde comme s'ils se tenaient à sa cime, mais beaucoup de gens ont besoin de parler de leurs difficultés. Le truc, c'est de parler aux bonnes personnes et pas aux mauvaises personnes.

· Ne parlez pas de vos problèmes en public ni avec des gens que vous ne connaissez pas (excepté avec les conseillers et psychologues). Si vous le faites, vous allez rendre publiques vos faiblesses à tous les gens de votre entourage. Et ne pensez surtout pas qu'ils ne vous écouteront pas.

· Parler de vos problèmes en public peut vous attirer de la sympathie à court terme mais va probablement vous isoler à long terme.

· Vous pouvez parler de vos problèmes avec des enseignants, à vos parents ou dans votre famille proche, et parfois avec un ami si vous pouvez lui parler seul à seul.

· Parfois, mais pas toujours, on peut parler de ces problèmes avec des amis en petit groupe, mais cela doit avoir un rapport avec la conversation.

· Quand vous parlez de vos problèmes, essayez de le faire sans trop vous dévaloriser. Les paroles négatives vous font ressentir des sentiments négatifs, et les sentiments négatifs vous rendent moins apte à vous défendre. Vous ne voulez pas être enfermés dans ce cercle vicieux.

· En référence à cette dernière phrase, essayez de vous mettre dans un cycle positif. Ceci est appelé AMP (Attitude Mentale Positive), c'est à dire qu'en pensant à ce que vous avez de positif en vous, vous pouvez avoir des sentiments plus positifs vis-à-vis de vous-même et être plus apte à vous défendre contre tout ce qui essaierait de vous diminuer.

· Parfois, vous pourriez bien être considéré comme inutile ou ignorant. Cela pourrait bien être parce que vous n'avez pas eu l'occasion de montrer une quelconque intelligence. ET NON PAS parce que c'est vrai.

· La culpabilité est un sentiment auquel il est affreux de faire face. Si vous pensez que vous êtes en faute à propos de quelque chose, vous devez vous demander si vous saviez que vous faisiez quelque chose de mal. Si vous ne le saviez pas ou si vous aviez seulement le sentiment vague que cela pouvait être une faute, alors vous ne devez pas vous le reprocher, même si les autres personnes vous le reprochent. Tout ce que vous pouvez faire, c'est vous dire que vous essaierez de ne pas le faire à nouveau.

· Souvent, le fait de faire des excuses à quelqu'un aide à diminuer la culpabilité, mais UNE FOIS c'est suffisant. Si vous vous excusez trop, vous allez commencer à paraître timide ou vulnérable.

· Si vous pensez que le monde entier s'est ligué contre vous, c'est une illusion. Il faut savoir aussi que tout le monde a cette impression de temps en temps.

· Souvenez-vous d'être patient pour ce qui est d'utiliser ce livre. Le développement personnel est un processus long et difficile.

· Un autre problème auquel vous pourriez faire face, c'est que réussir les choses à moitié peut vous paraître insuffisant. Vous pouvez être une personne du genre «tout ou rien» mais dans ce cas, rappelez-vous que c'est peut-être l'autisme qui se manifeste.

· Rappelez-vous que le mot-clé c'est la DÉTERMINATION et si votre cœur vous dit que vous pouvez faire quelque chose, vous devez tenter de le faire.

Traduction par Muriel (14/09/2005) :

Chapitre 4 - S’attacher aux aspects positifs

· De nombreuses choses sont plus faciles pour des autistes intelligents que pour des non-autistes.

· Les personnes autistes peuvent être particulièrement douées pour apprendre des faits et acquérir des compétences et des talents lorsque (A) elles en ont la volonté et (B) qu’elles disposent des sources adéquates. Cette capacité peut leur garantir de bonnes perspectives professionnelles et suffit parfois à pallier tout handicap.

· Parmi les dons utiles rencontrés éventuellement chez les autistes, citons une mémoire photographique, un talent musical, une perception aiguë de la logique visuelle et un potentiel extraordinaire en programmation informatique.

· Une ponctualité sans faille sur votre lieu de travail et un travail méticuleux, précis et de grande qualité, ainsi qu’un respect constant des délais, vous vaudront peut-être une plus grande estime de la part de votre directeur ou chef d’équipe.

· Certaines personnes affirment que l’honnêteté n’est pas toujours la meilleure attitude à adopter. Toutefois, si vous êtes capable de rapporter précisément la vérité aux bonnes personnes, tout en la taisant lorsque la confidentialité est nécessaire, votre honnêteté inégalable pourrait bien vous valoir un profond respect.

· Si vous êtes habituellement une personne calme qui, souvent, ne parle que lorsque le besoin s’en fait sentir, cet aspect de votre personnalité peut parfois être très apprécié sur votre lieu de travail.

· Étant donné que vous n’avez pas été entravé toute votre vie par les règles de société non écrites, il se pourrait que vous pensiez d’une manière extrêmement originale.

· Dans nombre de situations susceptibles de provoquer une réaction chez des personnes non autistes ou de les intimider, les autistes peuvent ne pas être affectés et garder la tête froide. Il se pourrait que vous soyez complètement indifférent à des atmosphères tendues et à de mauvaises ondes, et que vous soyez immunisé contre de telles situations, alors que les autres personnes en souffriraient. Cependant, cet aspect a ceci de négatif que vous êtes également immunisé contre les signaux de danger, mais le présent livre peut vous aider à les reconnaître.

· Si vous le souhaitez, vous pouvez peut-être bénéficier d’allocations et d’avantages légaux pour vous donner un coup de pouce dans la vie. Efforcez-vous de ne pas considérer l’acceptation de cette aide comme de l’escroquerie. Si vous avez eu une vie suffisamment difficile, vous méritez peut-être cette compensation spéciale. Par ailleurs, celle-ci pourrait arriver à point nommé si jamais vous deviez vous présenter devant un tribunal, auquel cas il serait peut-être judicieux de vous assurer le soutien d’un bon psychologue qui comprend le problème.

Traduction par Jils (20/09/2005) :

Chapitre 5 - Le langage corporel

· Le langage corporel ne comporte pas seulement des gestes, il inclue aussi les expressions du visage, le regard, le ton de la voix et il est quelquefois modifié par les vêtements que vous portez.

· Certaines personnes peuvent maîtriser leur langage corporel au point d'en faire un art, mais beaucoup de gens trouvent le langage corporel compliqué.

· Beaucoup de gens peuvent se sentir constamment paranoïaques à propos de leur langage corporel, y compris ceux qui sont très bons dans ce domaine.

· Manifester la mauvaise émotion ou rire au mauvais moment peut s'avérer embarrassant. Cela pourrait vous arriver si vous pensez à quelque chose et que les gens autour de vous parlent d'autre chose. Si quelqu'un réagit à cette situation, dites leur que votre esprit était ailleurs.

· Si quelqu'un vous parle d'un sujet émotionnellement sensible et que vous ne répondez pas à leur langage corporel avec votre propre langage corporel, cette personne peut penser que vous manquez d'empathie ou que vous êtes indifférent à ce qu'elle vous dit.

· Si quelqu'un vous dit que vous n'avez pas assez de langage corporel, vous pourriez avoir à l'exagérer de façon à appuyer ce que vous dites, mais sans en faire trop. Au début, ça peut vous paraître artificiel.

· Une partie du langage corporel consiste en politesses comme "excusez-moi", "s'il vous plait", "merci", "tchao", "à bientôt" et à être le premier à dire "salut". Il faut souvent faire un effort pour dire ces choses mais peut-être que la politesse est censée être un effort. J'ai cité ici des formules de politesses familières (pas trop formelles, pas excessivement polies) mais le degré de courtoisie de la formule de politesse que vous devez choisir peut dépendre des gens avec qui vous êtes.

· Nous devons éviter de nous tenir derrière quelqu'un qui ne peut pas nous voir car cette personne peut se retourner et être effrayée. Ceci est particulièrement important si vous êtes imposant ou grand. Dans un bus ou un train surpeuplé, cependant, vous ne pouvez parfois pas faire autrement.

· Vous pourriez être obligé de faire un effort pour prendre une douche ou un bain trois fois par semaine et pour mettre du déodorant, il est beaucoup plus facile de parler aux gens si vous sentez que vous êtes propres et qu'ils ne peuvent pas sentir d'odeur sur vous. Rappelez-vous que vous pourriez sentir mauvais sans en être conscient.

· Si vous êtes trop bon en langage corporel ou que vous avez l'air trop cool, les gens seront moins enclins à faire des exceptions pour vous si vous commettez une erreur sans le savoir.

· Si vous êtes un adulte et particulièrement si vous avez une stature imposante, il vaut mieux éviter de courir sauf si la rue est quasi-totalement vide. Vous pouvez courir pour attraper un bus ou un train si cela vous évite d'attendre une demi-heure ou si vous êtes pressés d'aller quelque part. D'un autre côté, si vous voulez faire un footing, portez un short ou un pantalon de sport pour que les gens puissent voir que vous courrez pour faire du sport et soyez optimiste, ne vous sentez pas intimidé.

· Quand vous voyez quelqu'un dans la rue qui vous connaît, cela peut parfois être embarrassant, mais un simple échange de regard, un léger sourire, un haussement de sourcil l'un envers l'autre s'avère généralement suffisant.

Frontières

· Connaître les frontières, c'est ne pas se tenir trop près de quelqu'un mais ne pas se tenir trop loin non plus.

· Les bonnes frontières dépendront des gens avec qui vous parlez et aussi de l'heure et du lieu.

· S'il y a une attirance physique entre vous et quelqu'un d'autre, vous aurez besoin de d'émettre ET de lire les bons signaux. Pour ce faire, la règle la plus simple est la suivante : les gestes ouverts (comme les mains ouvertes ou les bras ouverts) et les gestes faits en direction de quelqu'un tendent à signifier une attraction, alors que les gestes fermés (les mains crispées en poing, les bras croisés sur la poitrine) et les gestes qui sont tournés à l'opposé de quelqu'un tendent à indiquer l'évitement.

· Il y a une chose dont vous devez être conscient qui s'appelle le piège de l'approche-évitement. Très souvent, vous avez besoin de prendre une décision pour savoir si vous allez approcher de quelqu'un, vous en éloigner ou ne faire aucun des deux.

· Il y a aussi le problème d'identifier le territoire des autres. Si dans une situation exceptionnelle vous empiétez sans le savoir sur quelque chose que quelqu'un d'autre considère comme son territoire, ça peut vous causer beaucoup de problèmes. Par exemple, une fois, je prêtais l'oreille à une femme dans une maison pleine d'enfants. Elle était affolée parce que son petit ami qui sortait juste de prison s'était énervé sans raison. Je n'avais pas réalisé que de son point de vue, c'était son territoire. Heureusement ma sécurité personnelle ne fut pas menacée parce que je ne suis pas revenu jusqu'au lendemain. Si, lorsque vous faites ce genre d'erreur, et qu'on vous l'explique ensuite, cela peut commencer à vous sembler tout à fait évident.

Contact du regard

· Il est difficile de bien utiliser le contact du regard parce qu'il est difficile de dire si vous regardez trop ou trop peu quelqu'un quand cette personne parle avec vous.

· Quand les gens ne parlent pas et que vous ne parlez pas avec eux, il est souvent mieux de ne pas les regarder. Ceci est dû à ce que les gens peuvent en général s'apercevoir du coin de l'œil que vous les regardez et que ça les met mal à l'aise, auquel cas ils peuvent dire quelque chose au sujet du fait que vous êtes toujours derrière eux. Contrôler votre regard peut être difficile pour vous mais ça n'est pas du tout impossible.

· Si vous pointez le doigt vers quelqu'un pendant que vous parlez d'eux à quelqu'un d'autre, cela leur semblera grossier s'ils le remarquent. Si vous vous disputez avec quelqu'un tout en maintenant le contact du regard, cela semblera très agressif. Essayez de ne pas montrer les gens du doigt, ça vous aidera à éviter les problèmes.

· Quand vous parlez à quelqu'un et qu'il vous parle, vous êtes supposés les regarder en gardant à l'esprit les directives suivantes :
- Regarder quelqu'un pendant moins du tiers du temps indique soit que vous êtes timide (si vous gardez les yeux vers le bas) ou que vous êtes malhonnêtes (si vous regardez de côté).
- Regarder quelqu'un pendant plus des deux tiers du temps pourrait bien transmettre soit que vous les aimez (si vous regardez leur visage en entier), soit que vous êtes agressif (si vous les regardez droit dans les yeux)
- Regarder quelqu'un pendant tout le temps en maintenant un contact visuel continu et ininterrompu peut vouloir dire deux choses. Soit vous les défiez (le regard agressif) ou soit la personne vous plait (le regard intime). Cependant, dans d'autres cultures (par exemple en Europe Méditerranéenne) cela peut aussi symboliser la camaraderie. Pour quelqu'un d'autiste, cela peut être très difficile à utiliser parce que nous avons d'abord à déterminer que c'EST approprié. Et aussi, un regard fixe peut nous distraire fortement quand nous essayons de parler.

Le ton de voix

· Vous pourriez être une de ces personnes qui parle sur un ton monocorde sans le savoir.

· Demandez à une personne de confiance si c'est vrai, auquel cas, vous pourriez devoir exagérer l'intonation de votre voix pour mettre l'accent sur ce que vous dites, mais pas trop. Cela peut sembler artificiel au premier abord.

· Si vous lisez un livre d'histoire à un enfant, plus vous mettez d'intonation et mieux c'est.

· L'intonation dans notre voix est très importante pour déterminer si nous sommes enthousiastes ou sarcastiques à propos de quelque chose. Il est aussi important de dire si nous parlons sérieusement de quelque chose ou si c'est juste une blague.

· Parler d'une façon monotone peut laisser entendre que vous êtes déprimé. Quand vous parlez de quelque chose de bon ou d'enthousiasmant vous devez paraître enthousiaste aussi, sinon les gens tendent à penser que ça sonne bizarrement à leurs oreilles.

· Si vous êtes un jeune homme dont la voix mue, vous pourriez trouver plus commode de simplement la laisser muer pour de bon. Cela peut sembler étrange, de l'intérieur, au début, mais cela sonnera plus naturel de l'extérieur. Si vous êtes inquiets de ce que vos amis pourraient penser, ça devrait être un problème de courte durée de toutes façons, mais il peut être bon de saisir l'opportunité de laisser votre voix muer pendant un changement d'école.

· Finalement, rappelez-vous de ne pas parler trop fort ni trop doucement. Cela devrait dépendre de la distance entre vous et l'autre personne, et votre voix devrait être moins forte quand vous avez besoin d'un peu de confidentialité. Murmurez si tous les autres sont en train de murmurer (ou si il y a quelqu'un qui dort à proximité).

· Parfois, vous pourriez avoir besoin de parler particulièrement fort et plus clairement (par exemple sur une scène ou dans une pièce de théâtre) dans ce cas, vous pouvez vouloir projeter votre voix. Pour le faire, tenez-vous droit et détendu et imaginez que votre voix provient de votre estomac, si étrange que cela puisse paraître.

Le sens de l'habillement

· Les habits que vous portez transmettent un message à propos de vous.

· Si vous portez des habits de couleurs vives et discordantes, peut-être pour paraître confiant, beaucoup de gens vont probablement cesser de s'intéresser à vous.

· Si vous portez des bottes de cowboy, des jeans déchirés, un tee-shirt de heavy metal et une veste de cuir rembourrée, les gens seront soit trop effrayés pour vous approcher, ou ils s'attendront à pouvoir discuter avec vous des sonos de heavy metal, de la vie dans la rue, ou des différentes boites de nuit. C'est une image très difficile à assumer.

· Si vous vous habillez de couleurs naturelles comme le bleu, le gris, le vert sombre, le noir et le blanc, dont les gens ne peuvent pas rire mais qui peuvent paraître à la mode, les gens vous jugeront sur la façon dont vous vous comportez plutôt que sur la façon dont vous êtes habillés, et c'est probablement ce dont vous avez besoin.

· C'est souvent une bonne idée de demander l'opinion de quelqu'un d'autre sur ce que vous devez porter (parlez en à quelqu'un en qui vous pouvez avoir confiance).

Traduction par Muriel (30/09/2005) :

Chapitre 6 - Déformation de la vérité

· Une personne use de sarcasme lorsqu’elle dit une chose pour signifier le contraire. Par exemple, si quelqu’un rote, quelqu’un d’autre pourrait réagir en disant : « Comme c’est poli ». La meilleure méthode pour reconnaître une remarque sarcastique est de prêter attention au ton de la voix. Vous pourriez avoir besoin de vous défendre contre les sarcasmes de temps à autre ; ce point sera abordé dans les chapitres suivants.

· L’une des raisons courantes pour lesquelles des personnes pourraient déformer la vérité est qu’elles ne la connaissent pas.

· L’une des formes particulièrement peu reluisantes de déformation de la vérité consiste à faire de quelqu’un le bouc émissaire, c’est-à-dire à monter un complot contre quelqu’un dans l’intention de lui faire porter la responsabilité d’une faute qu’il n’a pas commise. Pire encore : une personne pourrait accomplir une mauvaise action de manière délibérée dans le seul but de vous voir accusé. Si une telle situation se présente, il vous faut tout d’abord déterminer s’il s’agit d’une simple plaisanterie ou d’un véritable coup monté. S’il ne s’agit pas d’une plaisanterie et que vous êtes effectivement tenu responsable de ce qui est arrivé, vous serez peut-être obligé de prouver votre innocence d’une façon ou d’une autre. Dans ce cas, vous devez confier aux bonnes personnes que vous pensez avoir été victime d’un coup monté et vous en tenir à votre parole.

· D’un autre côté, il se pourrait que quelqu’un crée une fausse vérité sans aucune arrière-pensée, pour le seul plaisir de se livrer à un jeu d’imagination. C’est ce que font notamment les enfants qui font semblant d’être des héros de bandes dessinées, les adultes déguisés qui jouent au Père Noël ou les comédiens dans une pièce de théâtre.

· Si quelqu’un vous pose une question et qu’une réponse exacte risque de les bouleverser ou de causer de l’embarras ou des ennuis inutiles à d’autres personnes, vous déciderez peut-être de dire un « pieux mensonge » afin d’éviter des désagréments pour tout le monde.

· Si vous ne souhaitez pas mentir, vous voudrez peut-être néanmoins taire la vérité. Imaginons que quelqu’un vous aie confié un secret ou que vous tentiez de vous éviter des ennuis ou d’en éviter à d’autres personnes. Dans ces cas-là, il serait peut-être sage de ne pas aborder certains sujets de conversation ; autrement, vous vous retrouverez peut-être obligé de prétendre que vous n’étiez pas au courant d’un fait en usant de manœuvres de diversion délicates (qui demandent souvent de l’humour), voire de mensonges. De plus, il se peut qu’on attende de vous que vous sachiez reconnaître automatiquement quand il convient de garder le secret.

· Une personne pourrait essayer de vous faire passer un message sans vous blesser en faisant une allusion. Le meilleur exemple d’allusion est le suivant : lorsqu’un homme drague une femme mais que celle-ci n’a pas envie de sortir avec lui, elle pourrait éviter de dire « vous ne m’intéressez pas, laissez-moi tranquille » et préférer glisser les mots « mon petit ami » dans la conversation.

· Il pourrait arriver de temps à autre que vous soyez induit en erreur par des figures de rhétorique (c’est-à-dire des métaphores). Par exemple, « je suis aux anges » signifie « je suis très heureux ». Si les figures de rhétorique vous posent problème, vous pouvez chercher leur signification dans certains ouvrages ou demander à quelqu’un de vous en apprendre quelques-unes.

· Il pourrait arriver de temps à autre que quelqu’un vous mente pour vous soutirer quelque chose. Les représentants qui proposent leurs produits de porte en porte et en veulent à votre argent constituent le meilleur exemple de ce genre de personnes. S’ils vous vendent une télévision qui ne fonctionne pas, c’est qu’ils vous escroquent.

· Au cours d’une conversation, il n’est pas rare que les gens exagèrent. Lorsqu’une personne dit « j’ai bu environ dix bières hier soir », peut-être veut-elle dire en réalité qu’elle n’en a bu que cinq. Les propos des personnes qui exagèrent trop peuvent facilement prêter à confusion.

· Si quelqu’un prononce une parole qui, prise au sens littéral, semble injurieuse, par exemple « face de rat », mais qu’il affiche un sourire et qu’il dit cela en riant, c’est qu’il plaisante. La plupart du temps, vous devez saisir la plaisanterie assez rapidement.

· La taquinerie représente peut-être le type de mensonges le plus difficile à détecter. Une personne vous taquine lorsqu’elle dit une plaisanterie pour juger de votre crédulité. Si ses propos paraissent vraiment incroyables ou que les gens qui vous entourent se retiennent de rire, il est probable qu’elle vous taquine. Vous réagiriez de manière appropriée en répondant « dégage ! » en riant à la personne en question. Si vous montrez que vous n’êtes pas sûr qu’il s’agisse d’une plaisanterie, la personne concernée pourrait considérer votre doute comme un signe de vulnérabilité. Gardez à l’esprit qu’elle n’admettra probablement jamais qu’elle vous taquine, même si vous lui posez la question très sérieusement.

· Il se pourrait que des gens tentent de vous convaincre de vous donner en spectacle d’une manière ou d’une autre. Ils pourraient notamment vous demander de chanter ou de danser. Même si vous-même ne voyez pas où réside le mal dans une telle demande, il est important de ne pas leur céder, peu importe qu’ils deviennent très insistants. La réponse indiquée à apporter est identique à celle qui convient dans le cas de taquineries, si ce n’est que vous devriez peut-être exprimer un soupçon de colère. Si vous cédez à de telles requêtes, vous deviendrez probablement la cible générale des taquineries d’autres gens. Si vous avez déjà accédé à de telles demandes par le passé, ne vous faites pas de souci ; veillez simplement à ne plus le faire.

· S’il vous arrivait de participer à des jeux tels que « action ou vérité » ou le strip-poker, le genre de demandes mentionnées dans le paragraphe précédent pourraient se faire encore plus pressantes. Dans ce cas-ci, il n’y a en général rien de mal à accepter de faire les choses demandées. Toutefois, il se pourrait qu’on vous demande de faire une chose qui est totalement « déplacée », auquel cas, si les demandes se faisaient trop insistantes, vous pourriez tout simplement préférer quitter la pièce. Si vous êtes en présence de vrais amis, ils ne vous en tiendront pas rigueur plus d’une journée.

· Il ne faut pas oublier que tout le monde n’est pas attaché à la vérité. Par ailleurs, beaucoup de gens sélectionnent certaines parties de la vérité et en rejettent d’autres dans leur propre intérêt (par exemple, lors de procès).

· S’il vous est indispensable de savoir si quelqu’un vous ment ou non, et si vous avez une bonne raison d’agir de la sorte, vous détecterez peut-être des failles dans le raisonnement de cette personne en lui posant des questions.

Les idées fausses que les autres personnes pourraient se faire à votre sujet

· Si le contact visuel ou le langage corporel vous pose problème, certaines personnes pourraient penser que vous êtes sournois ou malhonnête, auquel cas elles seraient probablement dans l’erreur.

· Si vous ne réagissez pas au langage corporel des autres par le vôtre, ceux-ci pourraient avoir l’impression que vous êtes indifférent.

· De nombreuses personnes pourraient commettre l’erreur de vous croire stupide. Si cela vient du fait que vous avez rarement l’occasion de leur montrer des signes d’intelligence, vous ne pouvez peut-être pas y faire grand-chose, si ce n’est, de manière exceptionnelle, les laisser vous découvrir accidentellement en train de faire une chose pour laquelle vous êtes doué, que celle-ci leur plaise ou non. Ils choisiront peut-être de ne pas faire de commentaires, bien qu’ils aient vu votre talent.

· Si vous essayez de vous faire passer pour quelqu’un de plus à l’aise, plus spirituel, plus fort et plus confiant que les autres, dès que vous violerez une règle non écrite, les gens penseront peut-être que vous faites preuve de méchanceté. Dans ce cas, le meilleur comportement à adopter dans votre intérêt serait peut-être de mettre un terme à ce jeu.

Traduction par Muriel (18/10/2005) :

Chapitre 7 - Conversation

Under construction

Traduction par Jils (18/10/2005) :

Chapitre 8 - Humour et conflit

· Le sens de l'humour d'une personne autiste se rapporte souvent à des choses qui suggèrent la sottise, le ridicule ou qui apparaissent légèrement folles.

· Il pourrait être nécessaire de garder vos rires pour vous quand ils concernent quelque chose qui est drôle pour vous mais qui n'est pas aussi drôle pour les autres. Le rire est une des meilleures émotions dans le monde, et devoir le retenir est regrettable mais cependant, le fait de rire au mauvais moment peut agacer les autres.

· Le sens de l'humour d'une personne non-autiste consiste souvent à trouver des façons rusées de montrer les défauts des autres gens et de leur causer de l'embarras. Chacun est victime du sens de l'humour de quelqu'un d'autre à un moment ou un autre mais certaines personnes sont plus faites pour en souffrir que d'autres. Quelquefois les personnes non-autistes peuvent devenir très cruelles avec leur humour. Ceci est particulièrement vrai parmi les adolescents et les jeunes adultes qui auront peut-être moins tendance à s'en soucier que des gens plus vieux.

· Aux yeux de beaucoup de zoologistes, l'humour est le trait humain qui remplace la violence que les animaux utilisent l'un sur l'autre pour établir l'ordre de domination (le "pecking order", expression qui n'a pas encore de traduction en français).

· Nul ne parle de l'ordre de domination dont ils font partie.

· Beaucoup de bandes ou de groupes de gens ne sont pas particulièrement accueillants pour les gens de l'extérieur, mais certains sont plus accueillants que d'autres.

· Souvent, la raison pour laquelle deux personnes ou plus se liguent contre une autre personne, c'est que cela leur donne un sentiment d'union entre eux. Pour des raisons de ce genre, il est souvent plus facile de parler sérieusement aux gens quand ils sont seuls.

· Si vous dites ou faites quelque chose qui peut être mal interprété dans un contexte sexuel, alors cela donnera probablement lieu à une blague, souvent à vos dépens.

· Si vous êtes victimes de l'humour de quelqu'un d'autre, il est souvent possible de le traduire (dans votre propre esprit) en une critique constructive, et alors, cela peut vous aider à construire votre personnalité.

· Si une blague qui vous vise n'est pas trop dure, cela peut être une bonne idée de rire de vous-même.

· Si une blague ou un sarcasme qui vous vise est trop dure, vous pouvez dire 'que voulez vous dire par ça?', ou 'pourquoi dites vous ça?', ou 'qu'est ce que c'est supposé signifier?', ou 'ça n'est pas très gentil'. Vous pourriez avoir à choisir une réponse qui vous paraîtra adaptée, mais le fait de mettre l'autre personne sur la sellette peut être une très bonne défense.

· Si une blague ou un sarcasme qui vous vise est carrément blessante, voici le dernier recours que vous pouvez utiliser. Dites calmement que vous avez trouvé la blague blessante et demandez si c'était supposé être blessant. Si l'autre personne dit 'tu ne comprends pas la plaisanterie' ou fait l'imbécile d'une autre façon, restez en à votre réplique et demandez lui calmement à nouveau si c'était supposé être blessant. Si la réponse est 'non' alors vous avez eu ce que vous vouliez. Si la réponse est 'oui' alors éloignez-vous calmement et à l'avenir, faites en sortes que cette personne puisse très difficilement vous parler jusqu'à ce qu'elle s'excuse de sa propre initiative.

· Les questions sont souvent des formes de défense beaucoup plus puissantes que les affirmations.

· Rappelez-vous que les gens qui vous rabaissent injustement et sans raison se sentent souvent faibles eux-mêmes et projettent leurs propres sentiments de faiblesse sur vous.

· Si vous souhaitez vous intégrer et faire des blagues aux dépens d'autres personnes, gardez à l'esprit les choses suivantes :

o Essayez de ne pas faire de blagues blessantes, même si les autres personnes le font. Les gens qui font cela ont habituellement tort.

o Essayez de ne pas viser par votre humour des gens qui ont plus d'esprit ou qui sont plus drôles que vous car ils pourraient se venger et ils le feront probablement mieux que vous, ce qui vous fera perdre la face. C'est l'équivalent verbal d'une bagarre pour établir un ordre de domination avec quelqu'un de plus fort que vous.

o Essayez aussi de ne pas viser par votre humour des gens plus silencieux ou plus timides que vous. C'est l'équivalent verbal d'un harcèlement ou d'une bagarre avec quelqu'un de plus petit que vous.

o Ne faites pas de blagues à propos des mères ou des pères sauf si tout le monde le fait. Faire de telles blagues au mauvais moment peut rendre les gens violents contre vous.

o Essayez d'éviter de rire de vos propres blagues.

· La comédie n'est pas seulement une confrontation ludique, c'est aussi une façon très maligne par laquelle les gens arrivent à accepter les tragédies de la vie sans être déprimées. 'Si nous n'en riions pas, nous en pleurerions'.

(fin des traductions partielles)
Bernard (55 ans, aspie) papa de 3 enfants (dont 2 aspies)

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omega
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Re: Textes de Marc Segar

#6 Message par omega » mercredi 27 janvier 2010 à 12:12

Oui, c'était bien ce texte!
Merci Bernard. :bravo:
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cend
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Re: Textes de Marc Segar

#7 Message par cend » samedi 24 avril 2010 à 16:35

Jean a écrit :Image
http://www.autismealsace.org/faireface.php

Il peut être commandé à Autisme Alsace - mais je ne sais pas s'il est toujours disponible.

Introduction Chap.1 Tirer le meilleur parti de ce livre, Chap. 2 Se faire du souci, Chap. 3 Voir les choses du bon côté, Chap. 4 Langage corporel, Chap. 5 Vérité déformée, Chap. 6 Conversation, Chap. 7 Humour et conflit, Chap. 8 Problèmes liés au sexe, Chap. 9 Trouver des vrais amis, Chap. 10 Garder une ardoise propre, Chap. 11 Etre clair, Chap 12 Formation, Chap. 13 Vivre loin de la maison, Chap. 14 Travail et entretiens d'embauche, Chap. 15 Conduire, Chap. 16 Voyager à l'étranger, Chap. 17 Opportunités, Chap. 18 Une analyse personnelle en profondeur
Ce livre est vraiment bien, je l'ai recopié entièrement pour le comprendre, vraiment bien et merci à ce Marc pour son écrit simple à comprendre

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Mars
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Re: Textes de Marc Segar

#8 Message par Mars » samedi 24 avril 2010 à 21:34

Il est très difficile de se procurer ce livre....
Pour info, une maman a donné son exemplaire au CRA de Brest, on peut donc l'y trouver. Merci à elle :kiss:
Atypique sans être aspie. Maman de 2 jeunes filles dont une aspie.

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