Mutisme sélectif

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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thiloup
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Re: Timidité ou mutisme ou simple blocage ?

#76 Message par thiloup » dimanche 13 août 2017 à 20:22

arius a écrit :J'étais entrain de m'interroger sur une situation d'image y a peu...
J'ai pris des personnes en stop (je n'ai pas su comment dire non...) pour un voyage de 3h.
Les échanges ont été vraiment très limité, bien que j'ai fait l'effort de répondre au gens. Mais entre ces échanges (au nombre de 2, un au début et un à la fin, soit 3 minutes) je m'imaginais échanger avec eux, ça aurait pu être super intéressant, des polonais qui faisaient du stop pour la premier fois pour aller à Barcelone... Mais voilà, aucun son n'a franchi mes lèvres... J'aurais pourtant aimé, mais impossible...


Ce genre de situation est assez fréquente. Et si c'est la personne qui lance le dialogue... Je réponds mais j'ai l'impression que les gens ne vont pas plus loin, alors est ce moi qui ne dit pas ce qu'il fait pour continuer la conversation ?
La même et ça dépend si on est à l'aise ou pas... Quand il y a pas le feeling ce n'est tout simplement pas possible, tu n'as donc pas à avoir de honte à ne rien dire.. Et il n'y a pas que le fait de ne pas savoir quoi dire, il y a aussi le fait de ne pas 'éprouver de l'intérêt pour des banalités...

Même avec mes amis, ce qu'ils me disent ne me parait pas toujours intéressants, mais par exemple tu peux commenter ce qu'ils disent. S'ils te disent la destination, tu peux raconter des anecdotes sur la destination que tu connais, ou dire quels sont les lieux qu'il a visité ou qu'il doit visiter, si c'était beau etc... Même avec une pensée autistique, des commentaires sur la faune locale ou les écosystèmes etc ne seront pas forcément rejetés. Mes amis ne font pas les mêmes études que moi ni les mêmes jobs et ils peuvent enchainer sur ce type de discussion... On peut essayer aussi de demander ce qu'ils font dans la vie, ce qu'ils ont fait le week end etc.
C'est pas agréable et la plupart du temps je ne sors pas pour ça, mais on peut l'apprendre avec le temps.
Au travail, c'est toujours le vide par contre alors que mon milieu est scientifique, et bah non ils font comme tout le monde, à table ils parlent de banalités... J'écoute dans ce cas, ce qui permet aussi de paraitre intéressé, on peut se dire que tu es juste introverti, ce ne sera pas mal vu forcément. Et parfois je peux glisser un truc d'intérêt, poser une question etc... Mais c'est plus facile c'est sûr quand il y a plusieurs personnes qui peuvent prendre en charge la conversation.
03/10/17 : Diagnostiqué Autiste (TSA) en libéral ainsi que dys (langage, coordination).

Larsen
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Re: Timidité ou mutisme ou simple blocage ?

#77 Message par Larsen » dimanche 13 août 2017 à 21:31

Il faut parfois se mettre dans la peau d'un journaliste, qui va interroger quelqu'un, et commencer par des questions de base, et rebondir ensuite sur les réponses données à ces questions pour en poser d'autres. C'est fatigant, mais en fin de compte, ça marche : on appréciera votre intérêt - les gens adorent parler d'eux - et on vous trouvera dès lors très sympa. On apprend des choses intéressantes aussi, parfois. Essayez, vous verrez... Ce n'est pas facile du tout au début, mais avec de l'entraînement, ça ira de mieux en mieux...


Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (fin).
Diagnostiqué autiste Asperger.

mayasoleil7
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mutisme

#78 Message par mayasoleil7 » lundi 10 décembre 2018 à 14:46

petite, je pense que je souffrais de mutisme sélectif, ne parlant qu'à la maison, et dans ma scolarité, je ne parlais quasiment pas avec es annotations dans mon carnet de note "on n'a jamais entendu le son de la voix d'Helene"
actuellement, je souffre encore de mutisme assez important, ne parlant quasiment à personne d'autres que ma famille et encore, même avec ma famille, je parle très peu, je ne suis vraiment pas une grande bavarde et mon fils ainé en a parlé à sa psychologue et il a dit qu'il en souffrait. et c'est d'ailleurs aussi ce qui a mis la puce à l'oreille de la psychologue pour mon diagnostique d'autisme.

et vous, avez vous aussi souffert de mutisme, de mutisme sélectif...


Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (message unique).
maman bipolaire et pré diagnostiquée autiste, enfants, 1 avec un tsa et cyclothymique, Un autre enfant dysgraphique et un troisième tdah

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Re: Mutisme sélectif

#79 Message par Autiste ou surdoué ? » vendredi 14 décembre 2018 à 0:09

J'ai très bien connu une petite fille qui ne parlait qu'à ses parents, de préférence à la maison. Ailleurs, même à l'école ou avec les enfants de son âge pas un mot. Je n'ai jamais entendu sa voix même si l'on se comprenait bien autrement et qu'elle était charmante.
Les psy ont parlé de mutisme social.
Elle a commencé par dire quelques mots tout bas dans l'oreille de la maîtresse en CE1.
Maintenant elle est adulte, parle, a une profession qui lui plaît.
Aucune explication sinon d'ordre d'un traumatisme psychique refoulé, ce genre d'explication.
Je ne sais pas si mon histoire apporte quelque chose ici. Je veux juste faire entendre que le mutisme est parfois très incompréhensible mais pas forcément lié à des troubles autistiques.
Dossier déposé au CRA : en attente du R-V.
Possibilité d’asperger envisagée par plusieurs professionnels (dont une professionnelle du CRA).
HQI diagnostiqué.
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J'ai un coeur
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Re: Mutisme sélectif

#80 Message par J'ai un coeur » mercredi 2 janvier 2019 à 10:02

Je ne sais pas si ça t'aidera... Je parle assez bien quand il y a une seule personne et il faut que cette personne ne soit pas du tout agressive ( genre si il parle trop fort je ressentirai cela comme une agression et donc je ne parlerai plu ). Ah aussi si on me coupe la parole deux fois je pense que c'est fini aussi. Si il y a deux personnes avec moi là c'est quasiment impossible que je fasse une phrase , je suis vraiment effacé. C'est horrible à vivre pour moi , je ne le fait pas exprès. Sans compter que le lendemain entendre des commentaires blessant du style " il ne voulait pas s'intégrer , il est un peu snobe , il ne sait pas s'amuser on linvitera plu vue qu'il casse l'ambiance ".
J'ai consulté deux psychologues et j'ai passé un test. 310 euros plus tard on a découvert que j'étais Autiste.

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Re: Mutisme sélectif

#81 Message par Miriel » mercredi 2 janvier 2019 à 16:38

Quand il y a beaucoup de monde je ne parle que très peu ou pas du tout également sauf quand on me pose une question mais sinon je peux rester sans rien dire. Je ne savais pas que c’était du mutisme, ni que c’était un trait. Après dans mon cas ça peut être lié à mon anxiété sociale. Mais souvent je ne parle pas car je ne trouve simplement rien à dire.
Quand c’est des personnes que je ne connais pas je m’en fiche mais le problème c’est surtout que même avec mon entourage proche je ne suis pas très bavarde, je ne sais souvent pas quoi dire ou je reparle souvent des mêmes sujets.
Mais c’est quelque chose de commun qui peut arriver à tout le monde non ?
Pas de diagnostique, en questionnement.

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freeshost
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Re: Mutisme sélectif

#82 Message par freeshost » mercredi 2 janvier 2019 à 21:48

Je deviens mutique quand je dois me concentrer, déployer beaucoup d'efforts cognitifs :

- pour suivre une conversation avec au moins deux autres personnes qui parlent plus vite que moi (et d'autant plus s'il y a d'autres conversations aux alentours),
- dans les jeux qui demandent beaucoup d'observation (poker, échecs face à une personne de niveau similaire ou supérieur, etc.),
- quand il y a beaucoup de bruit non sollicité (fêtes de famille, discothèques, etc.),
- quand il y a beaucoup d'attentes sociales (fêtes de famille, situations où je suis ou risque d'être au centre des attentions, situations auxquelles je ne me suis pas préparé),
- quand il y a une conversation ou une conférence (sur l'autisme, par exemple :mrgreen: ) dans une langue autre que la langue française,
- quand je ne sais pas quelles sont les attentes (implicites) des autres, ou quand je les devine mais ne veux pas les honorer*,
- etc.

[D'ailleurs, en psychologie sociale, on apprend qu'on est souvent plus exigent (ayant plus d'attentes) envers les personnes de l'endogroupe qu'envers des personnes des exogroupes. "Plus je suis satisfait (socialement, affectivement, etc.), plus je m'y habitue." Les habitudes deviennent des attentes. Les normes descriptives deviennent des normes prescriptives. Ceci est un facteur qui contribue à ce que diverses personnes préfèrent être avec des personnes qui ne les connaissent pas. Car celles-ci ont peu d'attentes. Mais... ce n'est que provisoire souvent... au bout d'un moment, l'autre personne nous connaît mieux... les attentes germent et croissent... sauf éventuellement chez les personnes qui ont conscience des normes sociales, des attentes, de l'évolution de celles-ci, ou chez les personnes ayant développé des formes de sagesse (humilité, ascèse, etc.) et des formes de lâcher-prise (vivre et laisser vivre, pardonner, sérénité, accepter la réalité et ses imperfections, ou qu'il n'y a rien de parfait, ni même dans nos croyances et espérances, etc.). Comme quoi, la psychologie sociale et la philosophie font partie des disciplines pouvant nous aider. :P ]

Je reste volontairement taiseux aussi :

- pour ne pas interrompre une conversation entre plusieurs autres personnes,
- parce que je sais que, si je deviens producteur de langage, on va m'en demander encore plus, ["Donne-moi ce que tu m'as déjà donné. Je suis un chien de Pavlov concernant les interactions sociales." :lol: ]
- pour laisser d'autres personnes occuper la "sale" job (animer la conversation), que certaines affectionnent avec engouement et répartie (elles ont besoin de se faire remarquer),
- etc.

Je suis moins mutique si je sais ce que je dois/vais faire/dire :

- dans des situations de danger, d'urgence, [On a appris les cours samaritains, par exemple, ainsi que les numéros d'urgence en Suisse. :lol: ]
- dès le moment où j'ai pris une décision que je dois communiquer, [au poker notamment]
- dans d'éventuelles situations où je fais confiance à l'autorité, [ordres et questions du personnel policier, par exemple, envoi de factures (bon, il m'était arrivé d'être mutique [mutisme administratif :mrgreen: ] quand je n'avais pas assez pour honorer les factures => rappels => poursuites), demande de documents officiels]
- dans les contextes où on peut rigoler, se lâcher, sans devoir honorer trop d'attentes sociales, [exemple : divers forums, dont le forum Asperansa :mrgreen: ]
- dans les contextes où je peux réfléchir avant de communiquer, [exemple : les forums, les lettres, les courriels :mrgreen: ]
- dans les contextes où on ne voit que ce que je veux partager (je veux partager des messages, pas moi-même), [l'internet en général]
- si je parle avec des personnes sur des domaines spécifiques (notamment avec des personnes spectro-autistes :mrgreen: ) et non faire du small talk (et autres manœuvres ayant pour seul ou principal but l'expression sociale, le paraître, la réputation (cette obsession neurotypique :lol: )),
- etc.
Lilas a écrit :La deuxième situation est plus rare heureusement. Elle survient en général quand quelqu'un me contrarie et que je n'arrive plus à gérer l'émotion que cela provoque. Dans ces cas là, prononcer le moindre mot devient difficile, même un simple oui, non, ou bonjour. Et ca peut durer aussi longtemps que la situation à l'origine du problème perdure : quelques secondes, quelques jours ou quelques mois.
Elle est aussi plus rare chez moi, notamment car j'arrive souvent à la prévenir. [On va éviter de discuter de certains sujets politiques, religieux, etc. :mrgreen: ]

Par contre, non prévenue, elle laisse les émotions sortir quand je suis seul chez moi, parfois sous forme d'écrits (sur des forums :mrgreen: ). Bon, là, il s'agit de sentiment de l'homme révolté (à la Camus). :lol: Si c'est "juste" un désaccord idéologique (discussion politique, religieuse, sociétale, philosophique, éthique, etc.), je vais identifier le point de désaccord, le formuler verbalement et conclure "Sur ce point, nous sommes en clair désaccord".

Mais ma conscientisation citoyenne aux droits humains m'encourage à witness, à être témoin, à faire déposition, à ne pas passer sous silence, à prendre mes responsabilités en tant que témoin. Je vais donc chercher des stratégies pour jouer mon rôle de témoin au lieu de jouer le rôle de taiseux lâche.
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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Re: Mutisme sélectif

#83 Message par Siobhan » jeudi 3 janvier 2019 à 18:19

freeshost a écrit :
mercredi 2 janvier 2019 à 21:48
(...) taiseux lâche.
Des fois, je me dis que le premier des devoirs d'une personne envers son entourage consiste à éviter de se faire tuer/ostraciser.

Et si rester en vie/rester dans la société implique de devoir se comporter en taiseux lâche, sans alternative, je dirais qu'alors ça vaut totalement le coup de se comporter en taiseux lâche.

Les morts et les absents n'aident personne.
Anciennement "MudBloodKnowItAll"

Homme avec autisme, diagnostiqué officiellement par un psychiatre en libéral en 2017.

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Re: Mutisme sélectif

#84 Message par freeshost » vendredi 4 janvier 2019 à 1:51

Il est vrai qu'il y a des contextes et des personnes moins respectueux des droits humains, dont la liberté d'expression.

Heureusement, pour ma part, je ne vais pas me faire lyncher si j'exprime des opinions différentes au sein de groupes comme ma famille ou mes potes. J'espère bien que ce n'est pas le cas pour vous autres.

Cela dit, j'évite de semer le trouble, juste par économie cognitive (faire face à des opinions différentes de la nôtre engendre plus de fatigue cognitive, même si nous sommes des personnes habituées à l'adversité, voire recherchant celle-ci).

Oui, c'est vrai, je me ferais encore plus discret dans des pays moins respectueux de la liberté d'expression (dont de critique), comme l'Arabie, la Chine, etc. En fait, concrètement, j'ai plutôt tendance à proscrire ces pays de mes destinations de mes voyages (voire de mes fournisseurs...).
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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