Différences entre Syndrome d'Asperger et Sociopathie ?

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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freeshost
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Re: Question sur l'empathie entre Asperger et sociopathe.

#16 Message par freeshost » vendredi 4 décembre 2015 à 21:52

Bon, à vrai dire, je ne me suis pas encore plongé sur la sociopathie. Je laisse d'autres personnes qui auraient étudié le sujet y répondre.
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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Rudy
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Re: Question sur l'empathie entre Asperger et sociopathe.

#17 Message par Rudy » samedi 5 décembre 2015 à 10:50

Benoit a écrit :A contraster avec l'empathie qui est censée nécessité de ressentir les émotions des autres en intégrant leur propre mode de fonctionnement.

Mais je ne pense pas que beaucoup de NT en soient vraiment capables, de ça - en dehors des QCM où ils mentent. (Et je crois les SA encore moins capables, mais eux ne mentent pas dans les QCM).
A ce sujet, j'ai trouvé une définition de l'empathie sur ce site: http://www.leblogdesrapportshumains.fr/ ... lempathie/
D’après Jean Decety, neurobiologiste, professeur à l’université de Washington, et directeur du laboratoire Social Cognitive Neuroscience à Seattle, l’empathie ne peut s’envisager que lorsque la personne fait l’expérience d’une réponse émotionnelle face à l’émotion d’autrui. De plus, la personne doit être capable d’effectuer une distinction entre soi et autrui et de réguler ses propres réponses émotionnelles.
[...]
Toujours d’après Jean Decety, en situation d’empathie, l’émotion que l’on ressent est similaire à l’émotion que vit autrui. Pour autant, l’émotion ressentie se situe quand même dans un juste milieu entre l’absence de réponse émotionnelle (froideur) et une réponse émotionnelle trop intense qui peut mener à un sentiment de détresse.
Je crois ne pas en être beaucoup capable n'en plus. Pour pouvoir comprendre une personne, je l'intègre à mon fonctionnement (à sa place, je ressentirai...), ce qui provoque souvent des incompréhensions. Et comme indiqué ci dessus, je n'ai pas forcément de réponses émotionnelles. Mais comme tu le dis, je n'ai jamais eu la sensation que les autres soient capable d'en faire autant, de se mettre à la place des autres en se séparant de son fonctionnement. Je me demande si ce n'est pas juste dû au fait qu'il y a plus de fonctionnement similaire "typique" que "atypique", de ce fait, se mettre à sa place avec son fonctionnement est plus facile à appréhender dans la relation.


Je vais me pencher sur la question des différences empathiques avec la "norme". Le hic, c'est que je ne connais que la sociopathie et Asperger que cela concerne. Le TDAH en ce qu'il s'agit de cécité mentale aussi. En dehors de ça, j'ai trouvé:

-La personnalité narcissique, dont le fondement de la pathologie est un excès d'estime de soi (l'autre est un objet).
-De façon rapprochée : les pervers narcissiques.
-Les manipulateurs.
-Une étude des délinquants sexuels montrent qu'ils ont bien de l'empathie (vivre ce que ressent l'autre), mais, n'éprouve pas de sympathie ni de compassion, et enfreignent tout de même leur intimité.

On voit donc sur le net que la plupart des sujets sur les déficits empathiques concernent soit les autistes, soit des personnes qui n'éprouvent pas de remord, de culpabilité, ou de regret, à faire des choses douloureuses à l'autre malgré leur connaissance de cette douleur.

Ce qui m'étonne, c'est d'apprendre que chez les sociopathes et ce type de personnalité, l'empathie est bien présente, à contrario de la croyance populaire. A savoir, ils savent reconnaître intuitivement les émotions des autres mais les transgressent, ou bien vivent bien ce que ressent les autres mais les transgressent aussi. La plus grande différence que je vois avec l'autisme, c'est que si un autiste ne perçoit pas intuitivement ou émotionnellement les sentiments d'autrui, il n'a pas d'intention à nuire, plutôt un manque de compréhension ou de perception des émotions, et en découle une réponse inadaptée ou blessante, que l'on pourrait prendre pour un acte consistant à nuire l'autre.

Pour illustrer, je me souviens lorsque j'accompagnais un enfant autiste en individuel dans une structure non spécialisée, qu'il était considéré, grosso modo, comme un "fouteur de merde". En effet, il dérangeait la classe, et lorsqu'un adulte lui criait dessus, il continuait de plus belle en rigolant. On pourrait prendre ça pour de la mauvaise foi et une recherche de nuire à l'autre. Hors, après m'être penchée et renseignée sur l'autisme, j'ai pu découdre la situation autrement: l'enfant autiste, face à l'ennui, la difficulté, ou l'angoisse, va se mettre à avoir des stéréotypies (ici, mouvement et vocalisation). Voyant que la personne adulte lui donne une certaine réponse (l'émotion non appréhendé par la personne autiste), il ne voit qu'une réponse amusante ou qui permet d'attirer l'attention, à son comportement (renforcement). Il reproduit donc son comportement pour obtenir cette même réponse.

Une personne sociopathe aura conscience de nuire à l'autre, mais, transgressera la règle puisqu'il ne voudra pas intégrer les normes sociales, et n'éprouvera pas l'empathie affective envers l'autre (à introduire, la culpabilité ou le remord).

Si j'ai bien compris.
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jutana
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Re: Question sur l'empathie entre Asperger et sociopathe.

#18 Message par jutana » samedi 5 décembre 2015 à 12:00

J'ai trouvé ce post de jean :
Spoiler :  : 
Sherlock de la BBC, le syndrome d'Asperger, et la sociopathie
20 Juin 2012 - Traduction Asperansa

La prise de conscience des troubles du spectre autistique, comme le syndrome d'Asperger, chez les adultes augmente, les caractères avec des traits autistiques sont de plus en plus communs à la télévision et autres médias. Temperance Brennan de « Bones » et Sheldon de « Big Bang Theory » illustrent ce phénomène, comme le fait Sherlock de l’émission de la BBC du même nom.

Toutefois, en partie parce que la prise de conscience généralisée des troubles du spectre autistique (TSA) chez l'adulte est un phénomène très récent, les images médiatiques actuelles des adultes atteints de traits autistiques intègrent souvent les idées reçues sur les TSA. Une de ces idées fausses, incarné par le personnage de Sherlock, est la confusion entre TSA et sociopathie. Sherlock se décrit comme "un sociopathe de haut niveau de fonctionnement" dans le premier épisode de l'émission de la BBC, tout en n’étant clairement pas sociopathe et en se comportant d'une manière qui fait beaucoup plus penser à un syndrome d'Asperger qu’à de la sociopathie.

Beaucoup de gens confondent autisme et sociopathie parce qu'ils connaissent des gens ayant les deux conditions qui ont du mal à interagir et à être en empathie avec les autres, et parce qu'ils voient les termes «antisocial» et «manque d'empathie" appliqués aux deux groupes. Cependant, les problèmes sociaux des personnes autistes et ceux des sociopathes ne sont pas seulement différents, mais presque opposés. Comme quand Sally Donovan affirme que Sherlock "prend son pied" avec les crimes et est "un psychopathe", les gens peuvent voir un comportement autiste d'une personne et se tromper en prenant cette personne pour un sociopathe, croyant à tort que quelqu'un qui peut être extrêmement moral et de principe est en fait dangereux et manque d’une conscience saine.

Alors que de nombreux profanes utilisent le terme «antisocial» pour l’appliquer aux personnes qui sont introverties et mal à l'aise d'interagir avec un grand nombre de personnes, les professionnels de la santé mentale l'utilisent de manière très différente. Quand un psychologue ou un psychiatre diagnostique quelqu'un avec un trouble de la personnalité antisociale, cela signifie que la personne présente "un modèle général de mépris et de violation des droits d'autrui» (DSM-IV), ce qui implique généralement des actes criminels, des mensonges chroniques, des agressions physiques d'autres personnes, le mépris de la sécurité d'autrui et de ses besoins, et un manque de remords pour ses actions. Malheureusement, les profanes peuvent lire les descriptions professionnelles de la personnalité antisociale et conclure que les personnes qu'ils considèrent comme «antisociaux» - qui peuvent être autistes ou simplement introvertis ordinaires - sont capables des actes terribles associés au trouble de la personnalité antisociale.

Les descriptions des gens autistes et des personnes sociopathes comme "manquant d'empathie" contribuent également à la confusion populaire entre l'autisme et la sociopathie. La plupart des discussions au sujet de l'empathie chez les profanes, et parfois, même parmi les professionnels de la santé mentale, ne parviennent pas à distinguer entre l'empathie émotionnelle et l'empathie cognitive. L'empathie émotionnelle, qui est ce que la plupart des gens entendent par «empathie», implique une réaction émotionnelle et sympathique pour les sentiments de l'autre, dans lequel on ressent une partie de l'émotion de l'autre personne. Alors que Sherlock montre rarement une forte émotion vers l'extérieur, sa réaction horrifiée de mépris de Mycroft: «Oh, tais-toi, Mme Hudson" démontre qu'il peut répondre de façon empathique émotionnellement quand quelqu'un dont il se soucie est maltraité. L'empathie cognitive est la capacité de comprendre ce que les autres pensent - de «lire» à partir de leurs paroles et de leurs comportements ce qu'ils signifient réellement, par opposition à ce qu'ils disent explicitement, et pour vraiment comprendre comment ils pensent et ressentent au sujet d'une situation.

Les troubles du spectre autistique impliquent une déficience de l’empathie cognitive et, dans la plupart des cas, pour atteindre la moyenne de l'empathie émotionnelle accrue. Les personnes atteintes de TSA ne montrent pas souvent les émotions appropriées en réponse à des sentiments d'une autre personne, comme lorsque Watson rappelle à Sherlock "Nous ne pouvons pas rire, c'est une scène de crime», mais c'est généralement parce qu'ils n'ont pas compris intuitivement ce que l'autre personne ressent et / ou pourquoi l'autre personne se sent de cette façon, et parce que leurs façons de montrer l'émotion peuvent varier de la norme.

D'autres, cependant, n’ont généralement pas compris pourquoi les personnes autistes n’affichent pas les signes habituels d'une réponse émotionnelle empathique. Ils ne peuvent pas se rendre compte que la personne autiste est beaucoup plus profondément touchée par la situation que lui ou elle semble être, ou ne le serait profondément affectée si il ou elle a compris l'expérience de l'autre personne. En revanche, la sociopathie implique une déficience de l’empathie émotionnelle et, généralement, en moyenne une empathie cognitive accrue. En conséquence, les sociopathes comprennent ce que pensent les autres, peuvent facilement les manipuler, et sont souvent superficiellement charmants, alors que l'inverse est généralement vrai de personnes sur le spectre de l'autisme.

Le comportement de Sherlock est beaucoup plus typique de troubles du spectre autistique que de la sociopathie ou de la psychopathie, mais lui-même et beaucoup d'autres semblent le prendre pour un sociopathe, et certaines de ses actions sont plus typiques de la conception populaire du syndrome d’Asperger que de la plupart des gens réels atteints de TSA. Sherlock est socialement maladroit, ignorant et apparemment indifférent à la façon dont ses paroles touchent des personnes émotionnellement, et n'a que faire des conventions sociales, comme lorsqu’il appelle John Watson "un idiot" dans le premier épisode et ne s’attend pas à mettre John en colère. Loin d'être superficiellement charmant et d’être capable de manipuler les autres intuitivement, Sherlock est souvent inconscient de la façon dont d'autres personnes lui répondent, comme quand il dit à John: «Je n'ai pas d'amis», et qu’il est surpris que John soit bouleversé. Ces traits sont typiques de personnes sur le spectre de l'autisme, et moins fréquents chez les sociopathes. Alors que Watson mentionne brièvement la possibilité que Sherlock soit Asperger dans un épisode, cela n'est pas référencé ailleurs dans la série.

Cependant, beaucoup de gens autour de Sherlock ne savent pas quoi faire de son comportement. Ils le marquent comme sociopathe, psychopathe, ou tout simplement comme une machines parce qu'il ne réagit pas normalement aux sentiments d'autrui. En lien avec la conception populaire du syndrome d'Asperger, qui exagère et méconnaît les réponses inhabituelles des personnes autistes aux émotions des autres, Sherlock apparaît souvent comme un robot et insensible quand les autres sont très émotifs, et dit et fait des choses, sans le savoir, qui font de lui sembler indifférent. Au lieu de réconforter ceux qui sont dans la détresse, il analyse leurs situations intellectuellement et essaie de résoudre leurs problèmes. Alors que de nombreuses personnes atteintes du syndrome d'Asperger ne semblent pas semblables à un robot, elles peuvent essayer de résoudre des parts du problème d'une autre personne qu'elles comprennent intellectuellement sans jamais pleinement comprendre les émotions de la personne ou son besoin de confort.

La meilleure preuve que Sherlock est plus autiste que sociopathe vient à la fin de la saison 2. (Attention:. Spoilers spécifiques à venir) Alors qu'il ne prévoit pas le confort à Mme Hudson ou Watson lorsque Mme Hudson est abattue, Sherlock démontre ses soins pour elle, en essayant d'en apprendre davantage à partir de Moriarty sur le danger où elle est. En outre, lorsque contraint de choisir entre que ses amis se fassent tirer dessus et son apparition à mourir dans la honte, il choisit cette dernière. Sherlock est clairement bouleversé à l'idée que ses amis meurent, contrairement à un sociopathe. Un sociopathe ne ferait jamais, jamais le choix que Sherlock fait dans cette scène. Les sociopathes attazhent de la valeur à leur propre réputation et pouvoir social sur la vie humaine, alors que Sherlock renonce à son bon nom pour sauver ses amis.

La confusion entre l'autisme et la sociopathie permet aux gens comme Sherlock d’être décriés comme manquant de conscience et de compassion, même quand ils ont un sens aigu de la morale. Sherlock et d'autres personnes avec des traits autistiques ne font pas toujours faire preuve d'empathie d’une façon que la société attend, mais ils peuvent encore se soucier profondément des autres. Les personnes avec TSA, et non pas les sociopathes, restent "sur le côté des anges" et sacrifient leur réputation pour leurs amis. Alors que beaucoup de gens ne peuvent pas distinguer entre l'autisme et la sociopathie, les gens qui créent des personnages de télévision autistes ou sociopathes devraient comprendre la différence.
sur ce fil http://forum.asperansa.org/viewtopic.ph ... 3&start=30 qui rejoint le sujet
(◕^^◕)Non-Diagnostiquée2016 début de ma démarche auprès de pro/structures spécialisées TSA en vue d'éliminer ou pas cette auto suspicion de TSA-et être informée et/ou orientée vers des solutions, soutiens pour évoluer/avancer-orientation en secteur privé(◕^^◕)

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Rudy
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Re: Question sur l'empathie entre Asperger et sociopathe.

#19 Message par Rudy » samedi 5 décembre 2015 à 12:37

Merci beaucoup jutana pour le partage, c'est très parlant sur les notions d'empathie cognitive et émotionnelle, ça illustre bien le propos.

Il y a donc bien deux types d'empathie (que je ne connaissais pas avant d'avoir ouvert ce sujet): émotionnelle et cognitive, qui font que la notion d'empathie chez une personne autiste est source de mauvaises compréhensions du TSA et de préjugés. Je suis bien contente d'avoir appris ça après un an de recherche sur l'autisme, ça éclaire quand même pas mal de choses. :roll:

Je ne sais pas trop dans quoi me retrouver. Mais, il est au moins clair maintenant pour moi que je n'ai rien de la sociopathie... En tout cas, ce passage me parle je crois:
Les troubles du spectre autistique impliquent une déficience de l’empathie cognitive et, dans la plupart des cas, pour atteindre la moyenne de l'empathie émotionnelle accrue. Les personnes atteintes de TSA ne montrent pas souvent les émotions appropriées en réponse à des sentiments d'une autre personne, comme lorsque Watson rappelle à Sherlock "Nous ne pouvons pas rire, c'est une scène de crime», mais c'est généralement parce qu'ils n'ont pas compris intuitivement ce que l'autre personne ressent et / ou pourquoi l'autre personne se sent de cette façon, et parce que leurs façons de montrer l'émotion peuvent varier de la norme.
Maintenant que j'y repense, il est vrai que dans les cas de ma "froideur" émotionnelle, si je peux saisir que la personne est triste, je ne vais pas réussir à me mettre assez à sa place, en prenant en compte son fonctionnement, pour comprendre pourquoi elle se met dans cet état (d'ailleurs, je vais lui demander 20 fois pourquoi elle est triste). Je serai peut-être donc dans l'incapacité de me sentir triste pour elle, puisque je ne comprends pas la situation. C'est peut-être pour cette raison que je n'ai pas d'empathie émotionnelle à ce moment là... En revanche, dans les situations où je m'identifie très bien (d'injustice ou de maltraitance), je vais ressentir des émotions très fortes, même si la personne ne va pas forcément ressentir cette émotion là, parce que je ne prends en compte que mon fonctionnement. A approfondir.

Merci pour vos interventions. Ça m'a beaucoup éclairé.
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lillanna
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Re: Question sur l'empathie entre Asperger et sociopathe.

#20 Message par lillanna » jeudi 10 décembre 2015 à 8:16

Sujet intéressant :)

La personne sociopathe a une très bonne connaissance des jeux sociaux mais aussi des répercussions de chaque acte et geste sur les autres. Elle est experte pour comprendre le mode de fonctionnement de l'autre et repère ses failles. C'est un tacticien de la relation. Lorsque son comportement nuit à autrui et provoque de la tristesse, il est incapable d'éprouver de la compassion et de se remettre en question. Au contraire, il va trouver des parades pour aller plus loin, voire essayer de retourner la situation et se positionner lui-même en victime. La peine qu'il inflige lui donne un sentiment de pouvoir qui est la seule chose qui est importante. C'est donc souvent jouissif pour cette personne de voir l'affliction de sa victime.

Souvent, les personnes avec autisme ne s'aventurent pas dans les jeux sociaux et donc n'utilisent pas les autres pour cheminer. L'intérêt pour scruter la réaction des autres est donc moins grande. De plus, le fait de ne pas prendre part aux jeux sociaux et à la concurrence (positionnement social) autour de laquelle ils tournent fait que certains émotions vécues par ceux qui y participent leur sont étrangères. La jalousie, par exemple est un sentiment guère ressenti par les personnes avec autisme mais qui peut être très présent dans un fonctionnent de personne neurotypique. Il sera donc plus difficile pour une personne avec autisme de comprendre les sentiments liés à la jalousie.

Mais, une fois que le personne avec autisme aura compris la tristesse d'un pair, dans la majeure partie des cas, il éprouvera de la compassion. Cela ne signifie pas nécessairement de ressentir en soi ce que l'autre vit mais de le comprendre et de comprendre sa douleur tout en y répondant de manière adéquate.

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Re: Question sur l'empathie entre Asperger et sociopathe.

#21 Message par Rudy » lundi 14 décembre 2015 à 18:09

Merci pour ton éclairage lillanna. Par contre, je me demande d'où tiens-tu que les autistes ne ressentent pas la jalousie?


Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (fin).
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Betta splendens
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Re: Zététique, manipulation, secte, complot, pseudo-science ...

#22 Message par Betta splendens » mercredi 28 novembre 2018 à 4:01

Modération (Tugdual) : Déplacement de message faisant suite à ceci.


Pour avoir étudier la question dans tous les sens j'en suis arrivée à la conclusion que le mal qui ronge la société : c'est la sociopathie.

Sociopathe= pervers narcissique= manipulateur= personne qui détourne les foules pour les utilisées à sont avantage et n'a aucun remord sur les conséquence de ses actes.

Ils représente environs 4% de la population avec une majorité d'homme.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_d ... bPy4iXeS3s
(oui je sais c'est une référence de paresseux :lol: )

Finalement l'autisme n'est pas un problème pour la société, c'est plutôt un cadeau car nous nous somme les inverses des sociopathes .

Je pense que c'est un handicap, mais un handicap très gênant, et a un moment môsieur vas se calmer car sinon il vas allez en prison, les lois sont pour tous le monde !

Bref question du jours: comment empécher quelqu'un de devenir sociopathe et si elle l'est, comment l’empêchée de nuire, ou apprendre à se contrôlée;
Neuro-atypique (TSA) diagnostiquée à 21 ans, plusieurs soupçon de TSA dans la familles, un cousin diagnostiqué et 2 cousines en attentes de diagnostique.

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Re: Différences entre Syndrome d'Asperger et Sociopathie ?

#23 Message par Grisha » mercredi 28 novembre 2018 à 22:30

Betta splendens > Tu identifies à tort la perversion narcissique, qui est une notion psychanalytique, et le trouble de la personnalité antisociale. Sachant que si on considère la perversion narcissique comme un prolongement psychanalytique du trouble de la personnalité narcissique, tout ça demeure bien différent de la psychopathie ou de la sociopathie [si on tient compte de la distinction proposée].

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_d ... arcissique
Le sujet a un sens grandiose de sa propre importance ;
S’énerve facilement quand on ne répond pas à ses désirs ou à ses besoins ;
Pense être « spécial » et unique ;
Montre un besoin excessif d’être admiré ;
Pense que tout lui est dû ;
Exploite l’autre dans les relations interpersonnelles ;
Manque d’empathie ;
Envie souvent les autres, ou croit que les autres l’envient ;
Cache des informations aux autres pour arriver à ses fins ;
Fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_d ... ntisociale
Incapacité à se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux, comme l’indique la répétition de comportements passibles d’arrestation ;
Tendance à tromper par profit ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l’utilisation de pseudonymes ou des escroqueries ;
Impulsivité ou incapacité à prévenir ;
Irritabilité et agressivité, indiquée par la répétition de bagarres ou d’agressions ;
Mépris inconsidéré pour sa sécurité et celle d’autrui ;
Irresponsabilité persistante, indiquée par l’incapacité répétée d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières ;
Absence de remords, indiquée par le fait d’être indifférent ou de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui.
Pas de diagnostic, en questionnement sur : autisme Asperger, anxiété sociale, douance.
25 mars : rendez-vous avec une psychologue spécialisée pour un premier entretien.

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Re: Différences entre Syndrome d'Asperger et Sociopathie ?

#24 Message par Betta splendens » mercredi 28 novembre 2018 à 23:49

D'après se que j'ai comprit ses deux concepts sont équivalent mais nommée par deux école de pensée différente.


Après j'avoue que je ne connait pas grand chose à la psychanalyse, que personnellement je considère comme une pseudoscience.
Neuro-atypique (TSA) diagnostiquée à 21 ans, plusieurs soupçon de TSA dans la familles, un cousin diagnostiqué et 2 cousines en attentes de diagnostique.

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Re: Différences entre Syndrome d'Asperger et Sociopathie ?

#25 Message par Tugdual » jeudi 29 novembre 2018 à 9:05

Le point à ce sujet dans la dernière vidéo de PsykoCouac (évoquée ici):

Spoiler : Narcissisme (trouble de la personnalité) : 
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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Re: Différences entre Syndrome d'Asperger et Sociopathie ?

#26 Message par lulamae » jeudi 29 novembre 2018 à 9:49

Il me semble qu'on cherche plutôt à différencier psychopathes et sociopathes que sociopathes et autistes, normalement. Je suis contente de voir le spoiler de @Jean sur Sherlock Holmes, parce que, comme dans la série avec Benedict Cumberbatch, il s'autoproclame "sociopathe de haut niveau", la formulation ambigue sème le trouble en induisiant un parallèle avec "autisme de haut niveau".

Sur les caractéristiques des psychopathes et sociopathes :
https://www.maxisciences.com/psychopath ... 35760.html

Le site n'est pas terrible (problème avec adblock déjà), mais la personne de référence, Xanthe Mallett me semble qualifiée :
https://www.newcastle.edu.au/profile/xanthe-mallett

(Site en anglais, désolée).
Diagnostic TSA en cours à l'hôpital Sainte-Anne depuis juillet 2018 ; recherches génétiques à l'hôpital Necker (éventuel syndrome Ehlers-Danlos ?).

"We're all in the gutter, but some of us look at the stars." Oscar Wilde.

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Re: Différences entre Syndrome d'Asperger et Sociopathie ?

#27 Message par paar » jeudi 29 novembre 2018 à 11:28

Un sociopathe ne ferait jamais, jamais le choix que Sherlock fait dans cette scène. Les sociopathes attazhent de la valeur à leur propre réputation et pouvoir social sur la vie humaine, alors que Sherlock
Un sociopathe est une personne atteinte du trouble de la personnalité antisociale, telle que définie dans le dsm ou cim.

Si l'on se réfère aux critères du dsm-v, il suffit d'en choisir 3 pour montrer qu'un sociopathe est capable de sympathie ou de compassion.

Wiki :
tout comme pour les psychopathes, existent d'autres formes de sociopathies plus empathiques : l'individu comprend l'émotion mais n'agit pas au regard de normes (qu'il ne valide pas). Les individus atteints de trouble de la personnalité antisociale ont souvent des problèmes avec les figures d'autorité
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Re: Différences entre Syndrome d'Asperger et Sociopathie ?

#28 Message par Zebra3 » jeudi 13 décembre 2018 à 1:12

Perso’ j’ai une idée un peu différente sur la question, parce que je suis un rebelle :lol:

D’un point de vue psychanalytique, avec la théorie de l’Objet, le PN est un bambin qui s’est identifié à un Objet ambivalent, un peu comme le borderline, donc entre névrose et psychose, mais qui met en place une défense mentale en dévalorisant l’Autre afin d’éviter l’effondrement que subit le borderline patati-patata… :crazy:

D’un point de vue comportementaliste, ou plutôt de Didier Pleux, co-auteur du livre noir de la psychanalyse, il écrit dans son bouquin « Les adultes tyrans » que c’est en fait une question d’éducation, que ce sont des enfants rois qui ont pris le pouvoir à la maison et qui continuent une fois adulte, dans le couple, ou hors de la maison (genre au boulot) quand ils sont en position de force.

Perso, depuis que j’ai lu des descriptions détaillées du TDAH, je me dis que ça joue beaucoup.
Notez que j’ai lu qu’il y aurait entre 5 et 8% d’individus TDAH.
Prenez donc un enfant TDAH, qui arrive dans une société qui n’est donc pas faite pour lui, tout en ayant possiblement un caractère impulsif qui dans la famille risque d’en faire soit un souffre-douleur si les parents le punissent pour le maitriser, soit un enfant-roi si les parents calment ses crises en capitulant à tous ses désirs (le genre de gamin qu’on voit dans Pascal le grand frère), d’autant qu’il y a une probabilité qu’un ou deux des parents soit également TDAH et que lui/eux même/s ai/ent déjà des difficultés, et que cet enfant risque d’avoir des lacunes de théorie de l’esprit/empathie, et donc un risque accru de se prendre déceptions, incompréhensions, trahisons, manipulations à répétition, parfois dès 5 ans et durant toute sa croissant.
Vous mélangez tout ça, pour laissez macérer une vingtaine d’années, et j’imagine que vous arrivez à une probabilité bien plus élevée d’avoir une personnalité hautement pathologique que pour un enfant neuro-typique sans lacunes de théorie de l’esprit vivant dans une famille neuro-typique farpaitement intégrée socialement.

Corrigez-moi si je me trompe, mais TDAH ou TSA, c’est de l’inné, on parle de trouble neuro-quelque-chose.
En revanche, les troubles de la personnalité (narcissique, histrionique, borderline), c’est de l’acquis, on dit que ça s’acquière.

Mon hypothèse est donc que la psychanalyse fait de bonnes observations mais se plante totale sur les explications, et que Didier Pleux a en partie vrai en disant que c’est comportemental, mais qu’il lui manque une partie de l’explication vu qu’il ne mentionne ni les particularités des individus neuro-atypiques, ni la théorie de l’esprit, qui seraient 2 facteurs augmentant grandement le risque de développer un trouble de la personnalité. Comprendre par là qu’un enfant TDAH impulsif court un risque bien plus élevé de devenir enfant-roi/tyran. Et qu’on ne peut pas « simplement » blâmer les parents, qui se sont retrouvés face à un enfant particulier.

Donc perso’ j’imagine bien un « spectre » de la sociopathie, au sens où on pourrait avoir des neuro-Typiques sans lacunes de théorie de l’esprit mais développant tout de même un trouble de la personnalité antisocial, c’est des enfants rois, devenus adultes rois, à qui on a appris à ne penser qu’à soi, et dans ce cas éventuellement un bon contrôle de soi, pas mal de manipulation au travail afin de s’enrichir par exemple.
Mais également des neuro-Atypiques qui développent un trouble de la personnalité antisocial de part cette vie en cécité sociale constante, possiblement accentué par un caractère impulsif, des émotions exacerbées, etc etc.

Et donc, s’il y a certes des personnes incapables d’empathie émotionnelles, je me dis que lorsqu’on n’est pas capable (ou moins capable) d’empathie cognitive (donc les neuro-atypiques), on va alors répliquer de façon beaucoup plus ancrée l’éducation reçue, et si elle est malveillante, dégradante, manipulatrice, on obtiendra un individu similaire, qui n’aura pas de « contre-poids » à cette éducation, ou très peu, vu que les lacunes de théorie de l’esprit vont le maintenir dans une sorte de solitude sociale.
Mais le caractère hyperactif ou impulsif des TDAH les mettrait plus en position de « mal tourner » que les aspies, d’autant plus que les TDAH cherchent « normalement » l’interaction sociale, là où les aspies auront plutôt tendance à l’éviter.

En gros, on a beau être capable d’empathie émotionnelle (inné), il faut également que cette capacité soit intégrée par l’éducation (acquis), si elle ne l’est pas, ça donne un sociopathe (Didier Pleux parle du « sentiment de l’Autre ».
Et le risque que ce ne soit pas intégré, et donc d’être sociopathe serait logiquement accru lorsque l’on n’est pas capable d’empathie cognitive.

Et j’en viens à me dire que le vide que l’on ressent face à un sociopathe/PN/manipulateur, cette absence de réciprocité, est d’une certaine manière le reflet de ce que cette personne désormais « toxique » a dû ressentir durant sa construction :( comme peut-être des aspies ici, mais les aspies s'y seront donc peut-être mieux accomodés, par exemple en s'évadant dans leurs intérêts spécifiques.
Statut : Proche d'éventuel(s) aspie(s) et/ou TDA/H. Personnellement, probable tendance TDA, doué, zébré :mryellow: éventuellement tendance aspie. Je vais peut-être faire un bilan neuropsy...

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