Dépersonnalisation & déréalisation

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Zebra3
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Re: TSA et dissociation?

#91 Message par Zebra3 » vendredi 5 juillet 2019 à 3:38

Elemi a écrit :
jeudi 4 juillet 2019 à 16:37
Dehlynah a écrit :
lundi 1 juillet 2019 à 16:59

compliqué quand on a un lourd vécu ( a t-il entraîné des comportements qui rapprochent des TSA, ou bien a-t-on un lourd vécu PARCE qu'on a des TSA ? ou les deux? - les personnes avec TSA étant beaucoup plus exposées par ex. au risques d'abus, sexuels notamment)
C’est vraiment la question que je me pose, en effet, et qui n’aura sûrement jamais de réponse... J’essaie de mettre cette question en stand-by et de me concentrer plutôt sur celle-là : comment faire pour aller mieux, et notamment pour en finir avec les angoisses qui me gachent quand même un peu la vie ( et celle de mes proches)? Pour l’instant je ne reprends pas la thérapie analytique ( qui m’avait permis de mettre au jour les abus sexuels et de dénouer quelques noeuds familiaux), et je me tourne vers la TCC, avec beaucoup d’espoir. Et peut-être aussi la danse, avec une prof par ailleurs psychologue, qui pratique l’art-thérapie.
Ta décision de ne pas reprendre la thérapie analytique va dans le sens de ce paragraphe de tdah-adulte.org :
Les thérapies longues de type analytiques ne sont souvent pas adaptées pour le TDAH, sauf pour ceux qui cumulent des problèmes très lourds de la petite enfance. Le choix d'un bon analyste, de type jungien si possible, peut permettre de résoudre certains problèmes sur une période relativement courte. Mais beaucoup d'adultes TDAH parlent d'une régression ou même d'une dépression à la suite d'une longue psychanalyse, surtout si elle est de type Freudienne ou Lacanienne, et pratiquée de manière dogmatique comme c'est encore souvent le cas en France. La théorie des associations libres implique une analyse systématique de tout qui passe dans la tète d'un patient, or il y a peut-être 90 % des pensées qui sont des pensées parasites, compulsives ou sans intérêt chez les adultes TDAH. Cela ne peut donc que leur compliquer l'existence et orienter leur hyperactivité cérébrale vers des ruminations sans fin envers leurs parents ou leur passé en général. Dans les groupes de paroles d'adultes TDAH, parmi les plus faibles psychologiquement, on retrouve des personnes qui ont suivi une longue psychanalyse. Certains restent encore attachés aux premiers effets de leur psychanalyse qui a pu en effet résoudre des problèmes de la petite enfance, mais ils ne s'aperçoivent pas que c'est justement cette thérapie sans fin orientée vers le passé qui ne leur laisse pas de place pour les vraies solutions. Même si elles leur donnent des explications, ils ne savent pas qu'en faire, car elles les empêchent de se tourner vers l'instant présent et le futur. Ne pas confondre une psychanalyse avec une thérapie TCC type 3 de pleine conscience (ou la méditation) ou l'on observe tout ce qui passe par la tète mais sans analyser ni juger, juste observer (pensée et émotion, positive ou négative, passé ou futur), de façon à prendre conscience de nos schémas de pensée répétitifs et compulsifs, et à s'en détacher progressivement.
Bon là on parle des TSA et pas du TDAH mais ça me semble être similaire. Ca sert à rien de se monter la tête en cherchant des causes psychanalytiques à des "problèmes" qui seraient des traits TDAH ou TSA.
A chacun, une fois qu'il a suffisamment de recul sur lui-même de trouver les actions à entreprendre, dur dur...

Je papote en hors-sujet alors je l'ai caché :
Spoiler : 
Je ressens la même difficulté à faire partie d'un groupe. J'ai eu 3 déménagements en bas-âge dont j'ai longtemps pensé qu'ils étaient la cause de ces difficultés sociales (explication analytique), mais par la suite j'ai compris que j'ai un profil atypique et donc il n'y a pas que les déménagements (qui n'ont clairement pas aidé quand même, je pense justement que les enfants atypiques ont d'autant plus besoin d'un environnement stable, manque de bol ils arrivent dans des familles souvent atypiques où l'environnement a un risque plus élevé d'être instable, la double peine...).
Je pense avoir clairement eu un développement asynchrone (genre à 15 ans biologique j'avais +-25 ans intellectuel, 10 ans émotionnel, et 12 ans physique (la puberté a pris son temps), autant dire que dans ces conditions, l'adolescence n'est pas fun :? ). Et à force il y a peut-être un peu de TPST.
Et ma difficulté à faire partie d'un groupe me semble venir de là : Quand tout le monde était en pleine émulation & identification adolescente, moi je n'y étais pas. Quand j'y suis arrivé, 15 ans plus tard, plus personne n'y était. C'est "marrant" d'ailleurs car une fois adulte, après cette période d'amitiés fusionnelles, on dirait que les gens se mettent en couple et que les amitiés sont désormais juste des moyens de voir d'autres têtes que celle du conjoint, et que les amitiés "vraies" sont alors extrêmement rares. Le moindre changement social (séparation, enfant(s), mutation, changement d'emploi, déménagement) mettra un terme à la plupart des amitiés qui se résumeront alors à un contact facebook. Les amitiés "historiques" de l'adolescence semblent toujours plus solides que les nouvelles.
Donc inconsciemment je cherche encore ces amitiés adolescentes un peu fusionnelles pour me construire socialement et réellement investir la vie socialement, sauf que ça n'arrivera plus, alors je dois faire attention à ne pas donner ce sentiment "d'amitié adolescente" car je risque d'ailleurs plutôt soit d'être rejeté en passant pour un débile fusionnel/immature, soit d'être accepté par des personnes toxiques. Donc il faut que je fasse mon chemin, toujours tout seul (du point de vue de l'état d'esprit je veux dire, même avec des gens autour je ne me sens jamais en phase), sans jamais le moindre coup de pouce de la vie. On va dire qu'à force on s'habitue.
Statut : Proche d'éventuel(s) aspie(s) et/ou TDA/H. Personnellement, probable tendance TDA, doué, zébré :mryellow: éventuellement tendance aspie. Je vais peut-être faire un bilan neuropsy...

Elemi
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Re: TSA et dissociation?

#92 Message par Elemi » vendredi 5 juillet 2019 à 10:41

Zebra3, merci pour le document, il est intéressant en effet. Pour ma part, la thérapie analytique a été efficace sur bien des plans. J’ignore totalement à quelle école appartenait ma psy, en fait il m’a fallu un an pour comprendre que ce que je faisais avec elle était une thérapie analytique (elle ne me l’avait pas dit et je n’avais pas pensé à le lui demander :mrgreen: ). Mais c’etait une femme très intelligente et très ouverte d’esprit.
Grâce à elle, notamment, j’ai compris d’où pouvaient venir chez moi certains comportements autodestructeurs que je ne comprenais pas, les crises de panique avec lesquelles je vivais quasi au quotidien ont énormément diminué, j’ai retrouvé une certaine estime de moi-même et j’ai fini par réussir à me dégager d’une relation très toxique avec mon ex-conjoint. Il n’y a pas eu que la psy, mais elle a servi de catalyseur.
Restent un certain nombre de symptômes, beaucoup plus gérables, mais tout de même handicapants. Maintenant que j’ai la piste du TSA, ils prennent un autre sens. La médecin que j’ai consultée en vue du diagnostic m’a conseillé d’investir mon argent dans une TCC plutôt que dans le diagnostic, ce que j’ai trouvé être une bonne idée. Je n’ai pas besoin d’étiquette officielle (même si ça me rassurerait), mais bien d’aller mieux et d’essayer de vivre au mieux le temps qui me reste. Bon, si j’étais riche, je ferais les deux, mais ce n’est pas le cas :D .

Pour répondre à ce que tu écris dans ton spoiler :
Il est vraisemblable en effet que les traumas soit aient plus d’impact sur les enfants atypiques ( qui ont souvent plus de mal avec leurs émotions, si j’ai bien compris), soit renforcent encore les troubles de ces enfants (soit les deux)?
En ce qui me concerne, je pense que les viols suivis d’amnésie traumatique ( plus une famille compliquée ) ont été déterminants dans l’évolution de mes troubles et peut-être même dans leur genèse. Autiste ou pas, je suis sûre que je n’en serais pas là si je n’avais pas vécu ça. Mais si je suis bien autiste, ça n’a peut-être pas arrangé les choses - et c’est peut-être une explication supplémentaire aux autres agressions sexuelles, que j’ai subies à l’adolescence et dans une moindre mesure à l’âge adulte.
En ce qui concerne l’amitié, j’ai construit au fil du temps des amitiés fortes mais non exclusives avec une dizaine de personnes (essentiellement des femmes). Elles sont différentes les unes des autres, on se voit assez peu parce que je les vois généralement seule à seule et que je ne sors pas énormément. Certaines sont en couple, d’autres non; je ne connais pas les conjoints ni les enfants de plusieurs d’entre elles. Ce ne sont pas des relations sociales mais vraiment amicales, qui durent même si parfois on est un an sans se voir ni même se parler. Avec elles, je n’ai pas peur d’être moi-même avec toute mon immaturité, mon hypersensibilité, ma bêtise parfois. Elles ont en commun d’être des personnes profondes, bienveillantes et d’une grande droiture. Elles m’aident beaucoup à vivre. Ces amitiés ont parfois mis du temps à se construire, mais j’ai l’impression que dès le début, il n’y avait rien de superficiel. Je pense que ça peut valoir le coup pour toi d’essayer de vaincre ta peur par rapport à ça... En revanche, je crois que tu as raison de te méfier du risque de fusion, qui peut être toxique. La fusion me fait très peur, et je m’en protège (et en protège mes ami-e-s car je peux être envahissante) en en ayant plusieurs, justement.
Spoiler : 
J’ai un peu le même problème avec les relations amoureuses et là malheureusement ça passe moins bien
Bon, on est arrivé assez loin du sujet de départ. Désolée pour l’auteur du topic...
«  Sans doute à la limite d’Asperger » lors du rv de pré diagnostic ( pour l’instant je ne passe pas les tests). Suspicion de SED écartée.

Dehlynah
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#93 Message par Dehlynah » vendredi 5 juillet 2019 à 11:01

Pour ma part, je trouve bien à un moment, quand on se sent prêt, quand on a déjà quelques clefs en main, de se retourner sur son passé et essayer de comprendre - depuis des 10 aines d'années je ressassais des scènes de mon enfance, à l'école, avec mes parents, où il y avait eu comme une faille spatio-temporelle, quelque chose, mais quoi??
ces scènes par le biais du fonctionnement TSA et/ ou HPI deviennent tout simplement lisibles!
Le problème c'est que les TSA antraîne des difficultés qui entraînent à leur tour d'autres difficultés sociales, etc. sans parler des co morbidités, ce qui donne un effet boule de neige où tout est parfaitement imbriqué

sinon pour revenir à la dissociation - j'ai reparcouru le livre d'Alexandra Raynaud
p.82 il y a un passage qui me fait vraiment penser ce qui a été décrit ici :
" Lorsque quelque chose requiert beaucoup de ressources intérieures pour faire face à une situation ., je déconnecte, c'est à dire que je vis la scène de l'extérieur, en me voyant comme en dehors de mon corps, comme si j'étais le personnage d'une composition. (...) C'est une mise à distance."
a un moment elle parle de son rapport à son corps, dont elle a du mal à cerner les limites ( proprioception?) -il me semble que cet aspect joue dans la sensation de dissociation, de décalage physique et cognitif.


Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (fin).
pré diagnostique confirmé par psychiatre spécialisé TSA en juin 2019 (avec suspiscion HPI par ce dernier)

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