EMDR

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Felixia
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Re: EMDR

#16 Message par Felixia » mercredi 30 avril 2014 à 10:28

... ...
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Astragale
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Re: EMDR

#17 Message par Astragale » mercredi 30 avril 2014 à 22:57

Je suis d'accord avec Cosima. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain !
En ce qui me concerne, l'EMDR a été spectaculaire sur mon stress post-traumatique.

Maintenant si c'est du placebo, c'est un super placebo qui est efficace en quelques heures, là ou des années de traitement psy et chimiques sont inefficaces.

Je suis d'avis que la voie du milieu est la plus sage et je ne crois pas qu'un cartésianisme brutal soit plus juste qu'une naïveté sans limites. C'est mon avis, et je le partage ! :D
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Idée
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Re: EMDR

#18 Message par Idée » mercredi 30 avril 2014 à 23:38

Un article intéressant sur le sujet :

EMDR : technique valable ou fumisterie ?

Mise au point en 1987 par une psychologue américaine, Francine Shapiro, la technique EMDR (pour Eye Movement Desensitization & Reprocessing) est de plus en plus utilisée pour soigner différents problèmes, et tout spécialement les cas de stress post-traumatiques. Et même si aux yeux de plusieurs cette technique peut sembler saugrenue, des experts nous confirment que ça fonctionne. Le hic, c’est que pour l’instant, on ne comprend pas encore pourquoi…

Experts invités :

Alain Brunet, PhD
Professeur en psychiatrie
Institut universitaire en santé mentale Douglas

Dr Denis Houde
Psychologue
Services psychologiques Cogicor

La technique EMDR : de quoi s’agit-il?

«Il existe plusieurs approches thérapeutiques pour traiter un trauma, explique le Dr Alain Brunet, professeur en psychiatrie à l’Institut Douglas. La technique EMDR est une façon de métaboliser le souvenir traumatique.»

«C’est une stimulation bilatérale alternée, ajoute le psychologue Denis Houde. Que la personne soit occupée à faire autre chose en même temps qu’elle se concentre sur le traumatisme permettrait à ce moment-là de réduire la vivacité du souvenir qui va perdre de sa charge émotive. Le but de la technique, c’est de traiter un souvenir traumatique, une expérience, pour qu’elle soit intégrée, assimilée et qu’elle ne cause plus de problèmes à la personne.»

Concrètement, le thérapeute stimule bilatéralement la personne pendant qu’elle plonge dans le souvenir de son traumatisme. Il peut par exemple déplacer rapidement un objet devant elle. La personne doit alors le suivre des yeux tout en gardant la tête fixe. Le mouvement rythmique des deux yeux serait équivalent à celui qui a lieu spontanément pendant les rêves.

Est-ce efficace?

«Oui, ça fonctionne, soutient le Dr Alain Brunet. Il y a plusieurs études scientifiques qui ont établi l’efficacité de l’approche EMDR. Mais, par contre, comment est-ce que ça fonctionne, ça, ça reste encore beaucoup plus nébuleux.»

Le Dr Brunet précise que l’une des hypothèses est que la stimulation bilatérale des yeux expliquerait l’efficacité de cette technique, mais ce n’est vraiment pas prouvé, souligne-t-il.

«Le mouvement des yeux, ce n’est pas établi qu’il est absolument essentiel, souligne-t-il. Il y a des études qui suggèrent que oui, et d’autres suggèrent que non.» Il est donc impossible, à ce stade de la recherche, de parvenir à une conclusion définitive.

En dépit de ces zones grises, il n’en demeure par moins que la technique EMDR présente certains avantages indéniables : «Il faut vraiment partir d’où est le patient et entrer dans son monde, et la technique EMDR permet ça, et c’est ce qui constitue, je pense, une de ses grandes forces.»

Il s’agit également d’une approche qui fonctionne rapidement à court terme. Selon Denis Houde, il est possible d’obtenir de bons résultats à l’intérieur de trois à cinq séances. Les gens se sentent libérés de la charge émotive de leur souvenir traumatique. Par exemple, une personne qui a cru qu’elle allait mourir va plutôt commencer à réaliser qu’elle a survécu et que tout ça est maintenant derrière elle.

«Je ne crois pas qu’il faut s’alarmer du fait qu’on ne comprend pas bien comment la technique EMDR fonctionne, conclut le Dr Brunet. Là, où je ferais certains reproches à la communauté EMDR, par contre, c’est de ne pas s’être suffisamment intéressée à la question de savoir comment ça fonctionne, et de ne pas avoir poussé l’investigation scientifique de manière très rigoureuse. Cela dit, il est fermement établi que cette approche fonctionne aussi bien que d’autres approches plus anciennes et mieux établies.»
Il y a une vidéo qui vient avec, mais je ne sais pas si elle peut être vue en France ?
http://pilule.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=1142

Bref, l'article va sensiblement dans le sens exprimé par Cosima et Astragale.
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Astragale
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Re: EMDR

#19 Message par Astragale » jeudi 1 mai 2014 à 7:34

Oui. J'avais lu un article sur le fait que des mouvements oculaires similaires se produisent lors du sommeil paradoxal au moment de ce qui serait la phase d'intégration des événements.
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Lilas
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Re: EMDR

#20 Message par Lilas » jeudi 1 mai 2014 à 17:04

Ma psy a tenté l'expérience avec moi (elle avait suivi une formation mais n'avait encore jamais réellement pratiqué), et ça a très bien fonctionné.

Elle a été aussi surprise que moi de l'efficacité et de la rapidité avec lesquelles cela a donné des résultats.

Je pense que cela peut être très efficace même en l'absence de traumatisme à guérir. Dans mon cas, il s'agissait juste d'affronter une situation récurrente qui avait toujours été source d'anxiété.

Je pense que le risque est bien plus limité qu'une médication, ou que de passer des années en analyse sans voir de résultat.
Ça marche ou ça ne marche pas, mais ça devrait se voir tout de suite (2 séances d'une demi-heure pour moi et le problème avait disparu).

Même si je ne comprend pas comment ça fonctionne, je pense que ça vaut vraiment la peine de tenter cette approche si l'on en a la possibilité.
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lulamae
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Re: EMDR

#21 Message par lulamae » jeudi 24 mai 2018 à 21:24

J'ai retrouvé ce (vieux) sujet sur Google, alors que je ne le retrouvais pas dans les premières pages avec la fonction "rechercher".

J'ai repris contact cet après-midi avec une psychologue qui pratique l'EMDR, et j'ai pris soin de passer par le site de la fédération d'EMDR.
Je ne suis pas emballée par la première impression avec cette thérapeute-là. Elle semble relativement bienveillante, mais comme attendant des paroles précises, et déçue par ce que j'essaie de retrouver, et puis un peu sèche, sourire crispé.

Je me demande comment elle va faire, parce que je me suis souvenu pile en y arrivant que lors de ma précédente tentative, je n'arrivais pas à suivre le mouvement du stylo avec les yeux (problème d'accommodation dû à la myopie peut-être), et la psy a utilisé des stimulations tactiles (tapoter le genou), mais les yeux fermés, ça me stressait. Je me demande si je vais y arriver cette fois.

Je voudrais bien me réapproprier ma mémoire, et ça semble efficace en cas de SSPT - la psy m'a confirmé que c'était une explication plausible pour mes problèmes, voire peut faire penser à l'autisme (? on verra bien, mais on peut avoir les deux aussi, je pense) pour certains symptômes (notamment retrait social).
J'ai du mal à y croire, parce que j'ai un vrai blocage pour mes souvenirs d'enfance, mais c'est peut-être le seul moyen d'y arriver. Curieux quand même que j'aie toujours pris pour acquis d'être quasi-totalement amnésique. Même des souvenirs concernant mon mariage, et l'enfance de mes filles, j'ai oublié encore toute une période, des 6-7 ans de mon aînée à ses 13 ans, et elle a aussi oublié la même période que moi. Et c'est récent !! :o

Je sais que ce n'est pas un traitement spécialement attribué à l'autisme, mais certain(e)s ont-ils essayé pour des souvenirs difficiles, voire un stress post-traumatique ? Je veux bien en discuter par MP sinon. :)
Diagnostic TSA en cours => RV de restitution le 31/07/2019 ; recherches génétiques à l'hôpital Necker (éventuel SED) ; HPI en 2016.

"We're all in the gutter, but some of us look at the stars." Oscar Wilde.

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Re: EMDR

#22 Message par Tugdual » vendredi 25 mai 2018 à 11:25

lulamae a écrit :Je voudrais bien me réapproprier ma mémoire, et ça semble efficace en cas de SSPT [...]
lulamae a écrit :J'ai du mal à y croire, parce que j'ai un vrai blocage pour mes souvenirs d'enfance, [...]
À noter que les thérapies qui cherchent à traiter les SSPT n'ont pas pour
objectif de retrouver des souvenirs, mais de surmonter le traumatisme :
Jacques Van Rillaer a écrit :Le principal outil dont disposent les êtres humains pour gérer
et dépasser des souffrances est la capacité d’envisager une situation
donnée sous un autre angle et lui donner un nouveau sens.
Les psychologues appellent cela la « restructuration cognitive ».
C'est le principe même des TCC, et ce qui reste de l'EMDR quand on regarde
de plus près et qu'on s'aperçoit que ça marche sans mouvements oculaires ...
Voir : L’EMDR : ça marche... même si on ne bouge pas les yeux ...

La notion de "souvenir refoulé" n'a pas de fondement scientifique, et
ne doit pas être confondue avec l'amnésie ou la répression de souvenirs.

Il convient d'être méfiant sur les "thérapies de mémoire retrouvée" qui se
proposent de retrouver de tels souvenirs refoulés, car les risques de
constitution de faux-souvenirs est énorme et a déjà provoqué des dégâts ...

À lire sur ce sujet : Modifications :
  • 25/05/2018 : Ajout du lien vers la conférence (que je recommande).
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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hazufel
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Re: EMDR

#23 Message par hazufel » vendredi 25 mai 2018 à 11:39

Tugdual a écrit : Il convient d'être méfiant sur les "thérapies de mémoire retrouvée" qui se
proposent de retrouver de tels souvenirs refoulés, car les risques de
constitution de faux-souvenirs est énorme et a déjà provoqué des dégâts ...

À lire sur ce sujet :
C’est très bien expliqué également dans l’ouvrage du professeur Croisille tout sur la mémoire. Les faux souvenirs sont bien plus nombreux qu’on ne l’imagine.
Diagnostiquée TSA SDI,
3 fils dont des jumeaux diagnostiqués TSA SDI.

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Re: EMDR

#24 Message par dcaius » vendredi 25 mai 2018 à 19:06

Tugdual a écrit :
lulamae a écrit :Je voudrais bien me réapproprier ma mémoire, et ça semble efficace en cas de SSPT [...]
lulamae a écrit :J'ai du mal à y croire, parce que j'ai un vrai blocage pour mes souvenirs d'enfance, [...]
À noter que les thérapies qui cherchent à traiter les SSPT n'ont pas pour
objectif de retrouver des souvenirs, mais de surmonter le traumatisme :
Très discutable.
Le traitement des stress post-traumatique se fait en trois étapes :
1) établissement de la sécurité de la personne traumatisée (se soustraire au danger, mettre en place des stratégies pour un mieux-être global)
2) remémoration des évènements traumatiques (poser des mots sur ce qu'il s'est passé)
3) intégration du trauma (l'évènement peut rester un sujet difficile, comme un deuil par exemple, et l'expérience traumatique peut avoir changé la personne, mais la vie reprend son cours et les symptômes ne mettent plus en difficulté grave de manière chronique)

Donc pour "surmonter un traumatisme", il est plus ou moins nécessaire de s'en souvenir un minimum, de "revisiter" le traumatisme pour en construire un récit. La mémoire traumatique est souvent partielle, notamment parce que nous avons deux formes de conscience de soi : une qui est ancrée dans le language et qui garde trace de soi dans le temps, le "soi autobiographique", et une qui est basée surtout sur des sensations physiques, la conscience de soi ancrée dans le présent moment après moment. Cette deuxième forme de conscience de soi peut être exprimée avec des mots également si nous nous sentons en sécurité et que nous ne sommes pas brusqués ; dans des cas de traumatismes, c'est beaucoup plus compliqué, c'est pour ça qu'on parle d'être "sans voix", "sidéré", etc.
Il est donc réducteur voir faux de dire que l'enjeu du soin en SSPT est de surmonter le traumatisme et non d'en retrouver le souvenir. Retrouver suffisamment de souvenirs pour faire sens de ce qui s'est passé est indispensable. Tous les détails ne reviennent pas forcément, bien sûr, et tout ne revient pas d'un coup. La mémoire connaît souvent des dysfonctions suite aux traumatismes, et par un mécanisme d'auto-protection, on peut enfouir des souvenirs et ne les retrouver que lorsque l'on est prêt-e à les déterrer, ou les retrouver à travers des flashbacks, des cauchemars, parfois de manière symbolique.

Quant aux faux souvenirs, il y a eu beaucoup de désinformation là-dessus, notamment pour faire taire les victimes de violences sexuelles : propager l'idée qu'essayer de se souvenir de ce qu'on a vécu comme abus dans un cadre thérapeutique peut résulter en la création de "faux souvenirs", c'est quand même une bonne combine pour discréditer la paroles des survivant-e-s de manière systématique.
Une psychiatre spécialisée dans les psychotraumatismes, le Dr. Muriel Salmona a expliqué tout ça en détail ici : https://twitter.com/memoiretrauma/statu ... 3113564160
Et elle donne le lien notamment d'une brochure conçue pour expliquer les mécanismes de l'amnésie traumatique, disponible gratuitement, ici.

Pour en revenir au sujet initial qui est l'EMDR : c'est quelque chose qui fonctionne en général extrêmement bien pour atténuer les SSPT liés à un traumatisme spécifique. Par exemple, quelqu'un-e qui a eu un accident de voiture peut retravailler sur des souvenirs précis et arriver à une rémission symptômatique impressionnante.
Dans le cas de ce qu'on appelle des traumas complexe (= traumatismes chroniques, par exemple expérience de captivité, relations abusives au long terme, maltraitances parentales, etc), c'est plus difficile parce qu'il y a une multitude de souvenirs traumatiques et que les symptômes peuvent être un peu différents. De plus, il y a certains cas où les souvenirs sont plus difficilement accessibles : quelqu'un-e qui a été gravement maltraité-e lorsqu'iel était un nourrisson n'en aura pas le souvenir verbalisé -- en revanche l'organisme en garde une trace, notamment sous forme de douleurs chroniques. On a aussi observé que des cas de maladies auto-immunes étaient plus susceptibles de se développer chez des victimes d'inceste, par exemple.
L'EMDR n'est pas pour autant inutile dans le cas de stress post-traumatique complexe (C-PTSD), mais on ne peut pas s'attendre aux mêmes résultats que pour un évènement traumatique isolé.
Quel que soit le type de traumatismes, il est très important que l'EMDR soit pratiqué dans une relation thérapeutique où la confiance est établie, sinon les résultats ne suivront pas.

Pour plus d'infos sur le stress post-traumatique, si vous lisez l'anglais, je recommande :
- Trauma and Recovery de Judith L.Herman : on trouve le pdf en ligne gratuitement très très facilement. C'est un livre qui explique particulièrement bien les différences entre stress post-traumatique (SSPT/PTSD) et stress post-traumatique complexe (SSPT-C/C-PTSD). Il y a de nombreux exemples de cas cliniques pour illustrer les concepts, l'histoire du diagnostic y est retracée (références à Charcot, Janet, Freud, les vétérans du Vietnam et les luttes féministes contre les violences faites aux femmes, ...) Le livre date des années 90 mais malheureusement, beaucoup de ce qui est préconisé en termes de bonnes pratiques thérapeutiques n'est pas suffisamment appliqué. C'est un ouvrage assez complet, peut-être un peu pointu mais je ne l'ai pas trouvé hermétique non plus.
The Body Keeps The Score, Besser Van Der Kolk, MD : une référence en terme de trauma, c'est un livre qui explique les mécanismes du stress post-traumatique de manière très éloquente. Différentes méthodes thérapeutiques sont expliquées, des neurosciences appliquées aux techniques de méditation de pleine conscience, c'est parfois assez pointu aussi mais j'ai quand même trouvé ça relativement clair et accessible. Là encore, des exemples de cas cliniques, des témoignages. Il y a beaucoup de ressources proposées à la fin du livre (sitographie/bibliographie).
It's Not You, It's What Happened To You, Christine Courtois : un livre très court qui explique les différents types de traumas, une bonne base.
Why Does He Do That?, Lundy Bancroft : celui-ci étudie plus particulièrement les violences conjugales et les comportements des abuseurs. L’auteur a travaillé avec énormément d’hommes violents et repéré des schémas, des façons de fonctionner et de réfléchir… Cela dit, ça tombe pas non plus dans l’écueil « je fais une liste réductrice de comportements problématiques sur la base de mon expérience personnelle avec un contexte insuffisant ».C'est un excellent livre que je recommande vivement à toute personne ayant connu une relation abusive (que ce soit physique, sexuel ou émotionnel).
The Narcissistic Family, Stephanie Donaldson-Pressman & Robert M. Pressman : Ce livre explique les fonctionnements d’un système familial narcissique et de ses conséquences. Par « système familial narcissique », on entend une famille au sein de laquelle les besoins des enfants ne sont pas (ou pas suffisamment) pris en compte, et où l’enfant doit se concentrer sur les besoins et envies des parents (ce qu’on appelle dans certains cas la parentification). Les mécanismes dysfonctionnels de ce type de familles sont remarquablement bien expliqués, illustrés par de nombreuses anecdotes. Pour des personnes souffrant de stress post-traumatique suite à des violences ou négligences parentales/familiales c'est vraiment une référence.
Complex PTSD : From Surviving To Thriving, Pete Walker : Ma recommandation n°1 pour toute personne ayant un stress post-traumatique complexe. L'auteur est un thérapeute et un survivant de CPTSD et ça se sent dans la manière dont il écrit. Il y a des ressources très aidantes, notamment pour gérer les flashbacks émotionnels. Certains conseils s’adressent aux thérapeutes, mais ce n’est pas le cas de la majorité du livre, ce qui m’a particulièrement plu ; la plupart des livres spécialisés que j’ai lus étaient écrits pour des soignants et c’était donc un peu plus délicat d’y trouver mon compte. Ce livre est un outil particulièrement rassurant lorsqu’on est très vulnérable et qu’on se sent perdu avec les différents symptômes du C-PTSD, ça aide à trouver du sens et des repères. De nombreuses ressources sont disponibles gratuitement sur le site de Pete Walker, ici : http://pete-walker.com/ et j'en ai traduit une partie avec son accord que vous pouvez trouver ici : https://dcaius.fr/blog/tag/pete-walker/
Je suis une personne autiste de 26 ans.

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Re: EMDR

#25 Message par Tugdual » vendredi 25 mai 2018 à 19:49

dcaius a écrit :Le traitement des stress post-traumatique se fait en trois étapes : [...]
Tout à fait.
dcaius a écrit :Donc pour "surmonter un traumatisme", il est plus ou moins nécessaire de s'en souvenir un minimum, de "revisiter" le traumatisme pour en construire un récit.
Je suis d'accord, il s'agit bien de "revisiter" le traumatisme,
mais pas d'en "retrouver" le souvenir au sens de "refoulé"
tel que défini par les thérapies de mémoire retrouvée.
dcaius a écrit :Il est donc réducteur voir faux de dire que l'enjeu du soin en SSPT est de surmonter le traumatisme et non d'en retrouver le souvenir.
Si, l'objectif est bien de surmonter le traumatisme, et
les étapes que tu décris ci-dessus n'en sont que le moyen.

La plupart des personnes qui ont vécu un traumatisme ne
l'ont pas oublié, bien au contraire. Ou bien il est trop présent,
ou bien elles le répriment (auquel cas il n'est pas oublié), et
plus rarement il y a amnésie, plutôt en cas de choc cérébral.
dcaius a écrit :Quel que soit le type de traumatismes, il est très important que l'EMDR soit pratiqué dans une relation thérapeutique où la confiance est établie, sinon les résultats ne suivront pas.
Et il faut surtout que les étapes ci-dessus soient gérées.

Trop insister sur la seconde étape, ou négliger la troisième,
peuvent avoir des conséquences néfastes pour le patient.
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Re: EMDR

#26 Message par dcaius » vendredi 25 mai 2018 à 20:45

Tugdual a écrit :
dcaius a écrit :Le traitement des stress post-traumatique se fait en trois étapes : [...]
Tout à fait.
dcaius a écrit :Donc pour "surmonter un traumatisme", il est plus ou moins nécessaire de s'en souvenir un minimum, de "revisiter" le traumatisme pour en construire un récit.
Je suis d'accord, il s'agit bien de "revisiter" le traumatisme,
mais pas d'en "retrouver" le souvenir au sens de "refoulé"
tel que défini par les thérapies de mémoire retrouvée.
dcaius a écrit :Il est donc réducteur voir faux de dire que l'enjeu du soin en SSPT est de surmonter le traumatisme et non d'en retrouver le souvenir.
Si, l'objectif est bien de surmonter le traumatisme, et
les étapes que tu décris ci-dessus n'en sont que le moyen.

La plupart des personnes qui ont vécu un traumatisme ne
l'ont pas oublié, bien au contraire. Ou bien il est trop présent,
ou bien elles le répriment (auquel cas il n'est pas oublié), et
plus rarement il y a amnésie, plutôt en cas de choc cérébral.
dcaius a écrit :Quel que soit le type de traumatismes, il est très important que l'EMDR soit pratiqué dans une relation thérapeutique où la confiance est établie, sinon les résultats ne suivront pas.
Et il faut surtout que les étapes ci-dessus soient gérées.

Trop insister sur la seconde étape, ou négliger la troisième,
peuvent avoir des conséquences néfastes pour le patient.
Oui, comme tu le dis il est important que les étapes soient gérées. Elles ne se déroulent pas forcément de manière parfaitement linéaires et d'un individu à l'autre ce qui est nécessaire en termes d'intensité, de temps, de modalités de soins (médicaments ou non, etc) peut varier. Le livre de Judith Herman est très intéressant d'un point de vue "erreurs à ne pas faire" dans le traitement du SSPT, y a pas mal d'exemples concrets.

Je crois que le terme "surmonter" me faisait tiquer parce que souvent les gens associent cela au fait d'oublier et de "passer à autre chose", ce qui au final mène à de la répression. Si l'on entend par "surmonter" le processus de recovery, alors on est d'accord, c'est bien l'objectif, que l'on atteint notamment par le fait de se remémorer les traumatismes.

L'amnésie est moins rare qu'il peut n'y paraître ; je parle d'amnésie au sens large, incluant l'amnésie temporaire et sélective. Il est extrêmement commun de se rappeler après des années d'un détail qu'on avait mis de côté, ou d'avoir une conversation avec quelqu'un-e qui nous rappelle quelque chose qui nous est familier et juste mais qu'on avait complètement occulté.
Pour donner un exemple précis, une amie qui a la trentaine a récemment pris connaissance de certaines histoires d'abus sexuels qui concernaient des membres de sa famille. Il se trouve qu'elle avait été au courant quand elle était adolescente, car la victime s'était confiée à elle et elle était proche de la victime et du perpétrateur. Quand toute cette affaire est ressortie, elle ne se souvenait pas du tout d'avoir été au courant : aucun souvenir des conversations. L'histoire ne l'a pas surprise comme si elle lui était vaguement familière, mais tous les souvenirs précis avaient été occultés.
Pas forcément besoin de choc cérébral physique pour qu'il y ait une amnésie ou des troubles de la mémoire. C'est vraiment très très courant à différents degrés dans des cas de violences sexuelles (mais pas seulement, il me semble).
Mais là aussi je crois qu'il s'agit d'un malentendu sur les termes utilisés : l'oubli temporaire est une forme d'amnésie. Un souvenir réprimé est souvent temporairement oublié, inaccessible.
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Re: EMDR

#27 Message par Siobhan » lundi 28 mai 2018 à 0:36

Si j'ai bien compris, le reproche majeur fait à l'EMDR est la place majeure qu'elle accorde à une sorte de fouille sustématique de la mémoire du patient, à la recherche d'éventuels traumatismes, étant considéré qu'il y en aurait forcément de ces traumatismes cachés dans la mémoire, ou presque forcément, selon la théorie de l'EMDR.

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Re: EMDR

#28 Message par Tugdual » lundi 28 mai 2018 à 9:50

Le premier point qui lui est reproché est que l'EMDR marche
même quand on enlève le decorum (mouvements oculaires),
ce qui invalide les hypothèses sur laquelle elle repose.

On peut donc raisonnablement déduire que l'EMDR fonctionne,
quand elle est correctement conduite et intègre les trois étapes
détaillées ci-dessus, étapes qui ne lui sont pas exclusives ...

Mais un praticien qui pratique l'EMDR va-t-il bien la conduire ?

C'est la question, et le second reproche, quand on voit que l'EMDR
est une formation courte, très souvent proposée par des centres
qui proposent aussi bien la PNL que l'hypnose Ericksonienne ...

Formé dans un centre qui met sur le même plan ces différentes
pratiques, un praticien peut facilement se retrouver à trop insister
sur la deuxième étape de la thérapie (la remémoration), avec
le risque d'induction de faux souvenirs et ses conséquences ...

Dans ces conditions, il me semble plus judicieux de s'orienter d'abord
vers des thérapeutes qui utilisent des thérapies à la fois évaluées
comme efficaces, et aussi dont le contenu théorique tienne la route ...

Modifications :
  • 28/05/2018 : Orthographe.
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Re: EMDR

#29 Message par Siobhan » lundi 28 mai 2018 à 10:28

Tugdual a écrit :Le premier point qui lui est reproché est que l'EMDR marche
même quand on enlève le decorum (mouvements oculaires),
ce qui invalide les hypothèses sur laquelle elle repose.

On peut donc raisonnablement déduire que l'EMDR fonctionne,
quand elle est correctement conduite et intègre les trois étapes
détaillées ci-dessus, étapes qui ne lui sont pas exclusives ...

Mais un praticien qui pratique l'EMDR va-t-il bien la conduire ?

C'est la question, et le second reproche, quand on voit que l'EMDR
est une formation courte, très souvent proposée par des centres
qui proposent aussi bien la PNL que l'hypnose Ericksonienne ...

Formé dans un centre qui met sur le même plans ces différentes
pratiques, un praticien peut facilement se retrouver à trop insister
sur la deuxième étape de la thérapie (la remémoration), avec
le risque d'induction de faux souvenirs et ses conséquences ...

Dans ces conditions, il me semble plus judicieux de s'orienter d'abord
vers des thérapeutes qui utilisent des thérapies à la fois évaluées
comme efficaces, et aussi dont le contenu théorique tienne la route ...
Merci pour ton résumé Tugdal
(ex-MudBloodKnowItAll)

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Re: EMDR

#30 Message par dcaius » lundi 28 mai 2018 à 13:06

MudBloodKnowItAll a écrit :Si j'ai bien compris, le reproche majeur fait à l'EMDR est la place majeure qu'elle accorde à une sorte de fouille sustématique de la mémoire du patient, à la recherche d'éventuels traumatismes, étant considéré qu'il y en aurait forcément de ces traumatismes cachés dans la mémoire, ou presque forcément, selon la théorie de l'EMDR.

Me trompe-je ?
L'EMDR est un outil qui n'est pas fait pour être utilisé dans n'importe quel cas, face à n'importe quelle personne qui rencontre des problèmes. C'est plutôt utilisé quand il y a des vécus traumatiques, l'outil a été conçu pour ça.
Personnellement, je n'ai pas grand chose à reprocher à l'outil en soi, c'est surtout le fait de le présenter comme la panacée que je trouve agaçant (mais cette remarque peut s'appliquer à beaucoup de modalités de soin). Pour certaines personnes, le résultat de quelques séances d'EMDR sera une rémission totale des symptômes de stress post-traumatique ou presque ; dans le cas de traumas complexes au long terme, ce n'est pas si simple, et je pense donc qu'il faut faire attention dans la manière dont on présente l'EMDR comme un remède absolu aux SSPT.
Les faux souvenirs, je persiste à dire que c'est souvent un épouvantail utilisé pour faire taire les victimes de violence, cf mon post d'au-dessus.
Je suis une personne autiste de 26 ans.

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