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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 11:29 
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Enregistré le: Samedi 28 Mars 2015 à 19:52
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Note: je sais que cette question puisse être un peu problématique.

Question issue d'un article traduit ici: http://www.txy.fr/blog/2013/09/16/ya-t- ... -de-genre/

Extrait:

Citation:
le phénomène dont on parle le moins dans le monde de l’autisme (et dans la grande communauté de la santé mentale), c’est la plus grande prévalence des Troubles du Spectre Autistique (TSA) chez les personnes Transgenres par rapport à la population générale. Cette tendance, documentée dans des dizaines d’études de cas et d’études de prévalence, entraîne une certaine incertitude quant à la statistique de quatre-garçons-pour-une-fille et soulève des questions sur l’autisme et l’identité de genre.

En 2012, une étude menée par une équipe de scientifiques britanniques a révélé qu’un groupe d’individus non diagnostiqués sur le spectre autistique, les personnes transgenres femme-homme (FtM) ont plus de traits autistiques que les personnes transgenres homme-femme (MtF) ou les hommes et femmes cisgenres. Une autre étude, qui portait sur les enfants et les adolescents admis dans une clinique d’identité de genre aux Pays-Bas, a découvert que près de 8 % des sujets ont été également diagnostiqués autistes. Ce chiffre est presque quatre fois plus élevé que le nombre de personnes ayant un TSA dans la population générale, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Le chercheur turc, N. M. Mukaddes, suggère que ce chiffre pourrait même être faible, en indiquant que les personnes avec des niveaux de langage moindres peuvent être dans l’incapacité de communiquer leurs sentiments d’insatisfaction avec leur sexe assigné.

[...]

Cependant, cette théorie a été critiquée parce qu’elle était basée sur une « genralité peu convaincante de certaines capacités ou aptitudes chez l’homme”, notèrent Timothy Krahn et Andrew Fenton. Krahn et Fenton sont allés encore plus loin en suggérant que cette théorie peut de manière non intentionnelle favoriser les hommes dans les diagnostics, réduisant de ce fait l’accès aux services par les femmes présentant des symptômes de TSA.

Ressource: the Center for Gender, Sexuality and HIV Prevention at the Ann & Robert H. Lurie Children’s Hospital of Chicago


Je profite de cet article vis à vis d'une question que je me posais depuis un certain temps de ce que les psychiatres appellent "dysphorie de genre". Explication.

J'ai reçu cet écueil (dysphorie de genre - trouble du genre) par deux psychiatres. J'ai compris pour le premier qui était plus contextuel, mais le second m'a beaucoup étonné. J'expliquais en fait que depuis enfant:

-Je ne supportais pas le port des robes/jupes et autres vêtements féminins (trop collant, trop de matière désagréable et pas très pratique à porter). J'étais plutôt garçon manqué.
-Je n'adhérais pas aux principes de rôle sociaux déterminé pour les hommes et les femmes, qui est pour moi source de restriction d'épanouissement pour un individu et incohérente.

De ce fait, je ne me suis jamais restreinte à remplir à un rôle de fille ou de garçon, mais suis toujours allée vers ce qui me semblait le plus sain pour moi. Le rôle du garçon me semblait plus "facile" à assimiler (basé sur les stéréotypes): vêtement pratique, coiffure pratique, pas de maquillage, pouvoir pratiquer n'importe quel sport, pouvoir être "aventureuse", pouvoir être bonne partout, ne pas avoir à faire le ménage, augmenter ma collection de voiture... pouvoir avoir des "amoureuses" aussi, entre autre.

Je n'ai jamais trouvé ça particulièrement anormal. En revanche, on me prenait souvent pour un garçon, les enfants se moquaient de moi... et entre autre, j'ai entendu "trouble du genre" par les psychiatres. Hors aujourd'hui, je peux dire que je ne me sens pas particulièrement "homme", mais que je suis juste à l'antipode des normes sociales des femmes.... et?

Et alors j'ai été très étonnée qu'on me parle de "dysphorie de genre". Mais je me demandais surtout "En quoi ces particularités n'auraient aucun lien avec l'autisme?". Et je pensais ça en partie parce que:

-Non compréhension des normes sociales (le fait de porter des robes n'a rien de "naturel").
-Intérêts spécifiques "sortant de la norme".
-Axé sur le pratique plus que sur l'apparence ou l'esthétisme.
-Ne pas être influencé par la mode ni la suivre...

Et ce genre de choses. Déjà de base, j'ai beaucoup de mal à comprendre qu'on puisse dire à une personne qu'elle a une "dysphorie de genre" alors qu'elle ne se sent pas homme, mais n'adhère simplement pas aux stéréotypes féminins (mais ça, c'est mon côté féministe). Mais en plus, je ne comprends pas pourquoi l'autisme n'aurait pas de lien sur ce principe de ne pas adhérer à ces stéréotypes.

Pour être claire sur mes intentions : je ne pose pas cette question parce que je veux prouver que je suis autiste (je n'en ai care de prouver quoique ce soit, et au pire, ça pourrait être simplement une co-morbidité), mais plutôt parce que j'ai vraiment du mal à cerner la limite entre non adhérence aux normes sociales "normée" pour les autistes, et non adhérence aux normes sociales "normée" pour les transsexuels dans la question du genre, et que je trouve le lien pourtant logique.

Alors évidemment, la transsexualité, ça vient bien au delà d'un problème de fond avec son genre, c'est une identification à part entière.

Vous sentez vous concernés par cette problématique?

_________________
Pas diag.

Bilans cognitifs: Pré-diagnostiquée Asperger léger à modéré.
Psychiatre: Troubles évoquant TSA + dys associés et anxiété. Préconisation CRA.
1er entretien avec le CRA effectué. En attente...


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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 11:43 
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Forcené

Enregistré le: Mercredi 28 Août 2013 à 13:26
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Rudy a écrit:
Note: je sais que cette question puisse être un peu problématique.

Question issue d'un article traduit ici: http://www.txy.fr/blog/2013/09/16/ya-t- ... -de-genre/

Extrait:

Citation:
le phénomène dont on parle le moins dans le monde de l’autisme (et dans la grande communauté de la santé mentale), c’est la plus grande prévalence des Troubles du Spectre Autistique (TSA) chez les personnes Transgenres par rapport à la population générale. Cette tendance, documentée dans des dizaines d’études de cas et d’études de prévalence, entraîne une certaine incertitude quant à la statistique de quatre-garçons-pour-une-fille et soulève des questions sur l’autisme et l’identité de genre.

En 2012, une étude menée par une équipe de scientifiques britanniques a révélé qu’un groupe d’individus non diagnostiqués sur le spectre autistique, les personnes transgenres femme-homme (FtM) ont plus de traits autistiques que les personnes transgenres homme-femme (MtF) ou les hommes et femmes cisgenres. Une autre étude, qui portait sur les enfants et les adolescents admis dans une clinique d’identité de genre aux Pays-Bas, a découvert que près de 8 % des sujets ont été également diagnostiqués autistes. Ce chiffre est presque quatre fois plus élevé que le nombre de personnes ayant un TSA dans la population générale, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Le chercheur turc, N. M. Mukaddes, suggère que ce chiffre pourrait même être faible, en indiquant que les personnes avec des niveaux de langage moindres peuvent être dans l’incapacité de communiquer leurs sentiments d’insatisfaction avec leur sexe assigné.

[...]

Cependant, cette théorie a été critiquée parce qu’elle était basée sur une « genralité peu convaincante de certaines capacités ou aptitudes chez l’homme”, notèrent Timothy Krahn et Andrew Fenton. Krahn et Fenton sont allés encore plus loin en suggérant que cette théorie peut de manière non intentionnelle favoriser les hommes dans les diagnostics, réduisant de ce fait l’accès aux services par les femmes présentant des symptômes de TSA.

Ressource: the Center for Gender, Sexuality and HIV Prevention at the Ann & Robert H. Lurie Children’s Hospital of Chicago


Je profite de cet article vis à vis d'une question que je me posais depuis un certain temps de ce que les psychiatres appellent "dysphorie de genre". Explication.

J'ai reçu cet écueil (dysphorie de genre - trouble du genre) par deux psychiatres. J'ai compris pour le premier qui était plus contextuel, mais le second m'a beaucoup étonné. J'expliquais en fait que depuis enfant:

-Je ne supportais pas le port des robes/jupes et autres vêtements féminins (trop collant, trop de matière désagréable et pas très pratique à porter). J'étais plutôt garçon manqué.
-Je n'adhérais pas aux principes de rôle sociaux déterminé pour les hommes et les femmes, qui est pour moi source de restriction d'épanouissement pour un individu et incohérente.

De ce fait, je ne me suis jamais restreinte à remplir à un rôle de fille ou de garçon, mais suis toujours allée vers ce qui me semblait le plus sain pour moi. Le rôle du garçon me semblait plus "facile" à assimiler (basé sur les stéréotypes): vêtement pratique, coiffure pratique, pas de maquillage, pouvoir pratiquer n'importe quel sport, pouvoir être "aventureuse", pouvoir être bonne partout, ne pas avoir à faire le ménage, augmenter ma collection de voiture... pouvoir avoir des "amoureuses" aussi, entre autre.

Je n'ai jamais trouvé ça particulièrement anormal. En revanche, on me prenait souvent pour un garçon, les enfants se moquaient de moi... et entre autre, j'ai entendu "trouble du genre" par les psychiatres. Hors aujourd'hui, je peux dire que je ne me sens pas particulièrement "homme", mais que je suis juste à l'antipode des normes sociales des femmes.... et?

Et alors j'ai été très étonnée qu'on me parle de "dysphorie de genre". Mais je me demandais surtout "En quoi ces particularités n'auraient aucun lien avec l'autisme?". Et je pensais ça en partie parce que:

-Non compréhension des normes sociales (le fait de porter des robes n'a rien de "naturel").
-Intérêts spécifiques "sortant de la norme".
-Axé sur le pratique plus que sur l'apparence ou l'esthétisme.
-Ne pas être influencé par la mode ni la suivre...

Et ce genre de choses. Déjà de base, j'ai beaucoup de mal à comprendre qu'on puisse dire à une personne qu'elle a une "dysphorie de genre" alors qu'elle ne se sent pas homme, mais n'adhère simplement pas aux stéréotypes féminins (mais ça, c'est mon côté féministe). Mais en plus, je ne comprends pas pourquoi l'autisme n'aurait pas de lien sur ce principe de ne pas adhérer à ces stéréotypes.

Pour être claire sur mes intentions : je ne pose pas cette question parce que je veux prouver que je suis autiste (je n'en ai care de prouver quoique ce soit, et au pire, ça pourrait être simplement une co-morbidité), mais plutôt parce que j'ai vraiment du mal à cerner la limite entre non adhérence aux normes sociales "normée" pour les autistes, et non adhérence aux normes sociales "normée" pour les transsexuels dans la question du genre, et que je trouve le lien pourtant logique.

Alors évidemment, la transsexualité, ça vient bien au delà d'un problème de fond avec son genre, c'est une identification à part entière.

Vous sentez vous concernés par cette problématique?


Il est communément admis que l'autiste prévaux sur TOUT le reste : tout le reste peut être une co-morbidité associé a l'autiste.
Pour une raison simplissime : tu es autiste dès ta naissance. Tu peut ne pas être le reste. Reste qui pourrait venir par évolution, ou par répercussion de ton autisme.
Edit pour précision : ça n'exclu pas d'être "le reste" pour d'autres raisons que l'autisme. Ce n'est pas exclusif. Mais l'autisme peut expliquer de part justement cette inadhérence naturelle aux stéréotypes et une théorie de l'esprit défaillante, une modification contextuelle des orientations de vie (peut importe se qu'elles seraient).

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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 12:10 
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FinementCiselé a écrit:
Il est communément admis que l'autiste prévaux sur TOUT le reste : tout le reste peut être une co-morbidité associé a l'autiste.
Pour une raison simplissime : tu es autiste dès ta naissance. Tu peut ne pas être le reste. Reste qui pourrait venir par évolution, ou par répercussion de ton autisme.
Edit pour précision : ça n'exclu pas d'être "le reste" pour d'autres raisons que l'autisme. Ce n'est pas exclusif. Mais l'autisme peut expliquer de part justement cette inadhérence naturelle aux stéréotypes et une théorie de l'esprit défaillante, une modification contextuelle des orientations de vie (peut importe se qu'elles seraient).


D'accord, pour être sûre d'avoir compris: On le dissocie parce que le reste se détermine et évolue à partir de l'environnement, avec lequel il entre en contact, donc notamment que: la déficience sociale de la personne autiste est "acquise" de naissance donc directement en lien, de même que "l'inadhérence naturelle aux stéréotypes", en revanche, la dysphorie de genre se développe à partir de son environnement (la modification contextuelle des orientations de vie)?

Mais je me demande: pour une personne autiste transsexuelle (comme j'en ai déjà rencontré), sa transsexualité est elle, dans les faits, indépendante de son autisme, ou son autisme a-t-elle impacté sur cette orientation? Ou encore, la dysphorie de genre s'exprime-t-elle différemment chez une personne autiste, d'une personne NT (de sources différentes)?

Si oui, pourquoi ne parle-t-on pas de cette co-morbidité?

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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 12:28 
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Rudy a écrit:
D'accord, pour être sûre d'avoir compris: On le dissocie parce que le reste se détermine et évolue à partir de l'environnement, avec lequel il entre en contact, donc notamment que: la déficience sociale de la personne autiste est "acquise" de naissance donc directement en lien, de même que "l'inadhérence naturelle aux stéréotypes", en revanche, la dysphorie de genre se développe à partir de son environnement (la modification contextuelle des orientations de vie)?

Mais je me demande: pour une personne autiste transsexuelle (comme j'en ai déjà rencontré), sa transsexualité est elle, dans les faits, indépendante de son autisme, ou son autisme a-t-elle impacté sur cette orientation? Ou encore, la dysphorie de genre s'exprime-t-elle différemment chez une personne autiste, d'une personne NT (de sources différentes)?

Si oui, pourquoi ne parle-t-on pas de cette co-morbidité?


On ne parle pas de la dissociation : on en sait rien, on a juste constaté que. Il faudrait faire plus d'études sur le sujet pour savoir si oui, ou non ça peut être une co-morbidité. Et encore, chaque cas serait différent, comme pour la dépression associée a l'autisme :
-Il y a des états dépressifs inhérent a l'autisme, comme pour la même personne, ces états dépressifs peuvent ne pas être associés en co.
La déficience provient de la déficience cognitive et la difficulté d'association d'idées sous-jacente : l'association comportement de la personne/adéquation n'existe pas, ou se se fait de manière différente. Lié a des problèmes neuro (sur saturation des liens entre groupes neuro en chlore d'après Lemonier, par exemple). En résulte une difficulté a la création de stéréotypes, d'ou l'inadhérence ...
De fait, la dysphorie peut provenir d'un apprentissage (plus facile d'être habiller en pantalon pour bouger, osef du caractère social que ça renvoi). Ou bien d'une modification contextuelle, ou bien être un choix préférentiel (mais il reste associé dans une certaine propension au perceptif).

La non conformité au sexe biologique c'est plus complexe puisqu'elle peut aussi être d'origine biologique (multi chromosomes X/Y), choix parentaux dans le cadre d'hermaphrodisme, de paramètres environnementaux sans interactions psych (empoisonnements aux PCP par exemple). Mais l'autisme peut avoir un impact (comme vu au dessus).

On ne parle pas de toutes les co-morbidités dans l'autisme parce que la totalité du comportement d'un individu peut être expliqué par l'autisme, les co-morbidités pourraient se faire avec quasiment la totalité des troubles, modifications, différences, possible et imaginable. Et surtout, si on considère les dysphories et/ou orientations sexuelles comme n'étant pas des troubles, ce ne sont pas des co-morbidités stricto sensu.

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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 12:31 
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Messages: 24221
Localisation: CH
Une personne autiste ne va pas forcément développer une dysphorie de genre. Bon, je ne connais pas les statistiques.

Si l'autisme est un facteur favorisant la dysphorie de genre, ce qui reste à montrer, j'imagine qu'il ne doit en être qu'un facteur parmi d'autres.

J'aurais plutôt tendance à penser que l'autisme peut favoriser une pensée queer et/ou une pensée qui ne donne de genre (notamment masculin et féminin) ni aux activités, ni aux rôles (sociaux), ni aux attitudes, ni aux comportements, ni à tout autre attribut (social).

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Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)


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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 13:25 
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Messages: 1462
Localisation: Un peu au sud.
Ci-joint un article que j'ai traduit à la demande de Jean, traitant du sujet.

1er article : Vivre entre les genres.
Vivre entre les genres


Les personnes trans’ et autistes vivent leur genre en marge des attentes de la société, ou rejettent totalement la distinction hommes-femmes. Nombreux sont ceux qui réinventent alors la manière de définir leur identité, et ce que ça signifie d’être autiste.

Par Deborah RUDACILLE, 13 avril 2016.
Diagnostic, science et société.

I. Introduction.

Assis près d’un ruisseau texan un après-midi, Ollie, 6 ans, se tourna vers sa mère et lui dit : « Maman, je pense que je suis à moitié garçon, et à moitié fille. ».

La mère d’Ollie, Audrey, ne fut pas particulièrement surprise de ce commentaire (Audrey et les autres parents de cet article ont souhaité que nous n’utilisions que leurs prénoms afin de protéger la vie privée de leurs enfants). À l’âge de deux ans, Ollie avait dessiné des « trucs pailletés et tutus ». Dans un magasin de chaussures, quand il avait trois ans, Ollie avait refusé d’enfiler ses habituelles chaussures marron pour des roses, déclarant avec empathie : « J’ai besoin d’habits de toutes les couleurs ». Après cela, Audrey dit que dès qu’ils allaient dans un magasin, elle le laissait choisir ses vêtements, peu importe la couleur qu’il voulait, même s’ils provenaient du rayon « garçon » ou « fille ». À 5 ans, Ollie commença à se déguiser à la maison, et se mit peu après à porter des robes en public.

« C’était effrayant, parce que nous vivions au Texas et je ne savais pas ce qui se passerait quand il serait dehors. » Selon Audrey.

Les parents d’Ollie se demandèrent si la neutralité de son identité sexuelle – comportement qui ne rentrait, ni dans les normes masculines, ni dans les normes féminines – pouvait avoir un rapport avec son autisme. Ollie avait eu un diagnostic posé avec un trouble sensoriel à l’âge de deux ans : une extrême sensibilité aux sons, à la lumière, à la texture de quelques aliments ou à certaines sensations de tissus qui pouvaient faire défaillir des enfants comme lui. Il avait aussi des difficultés pour s’endormir et pour le rester. Il faudra plus de quatre ans à ses parents pour trouver un médecin qui reconnaisse les symptômes classiques du syndrome d’Asperger ; intelligence supérieure à la moyenne combinée à des déficits sociaux, des déficits communicatifs et des intérêts restreints (Ollie fut diagnostiqué autiste Asperger avant que le diagnostic ne soit absorbé dans la large catégorie du trouble du spectre autistique en 2013).

Audrey ne pensait pas que l’autisme ait été à l’origine des goûts d’Ollie pour la couleur rose, ou de la volonté de porter des robes, mais elle se demanda si son extrême logique d’enfant pouvait assimiler le fait qu’aimer ces choses signifiait qu’il n’était pas un vrai garçon – « étant donné que « ce sont les règles de la société » », dit-elle. Son mari, qui sert dans l’armée américaine, pensait qu’à cause de l’autisme d’Ollie, l’enfant ne pouvait pas comprendre qu’un garçon, s’habillant avec des vêtements de fille, n’était pas socialement acceptable.

Les parents d’Ollie ne sont pas seuls à cogiter sur cette énigme. Une poignée d’études au cours des cinq dernières années – et une série de rapports remontant jusqu’à 1996 – montrent un lien entre l’autisme et la variation du genre. Les gens qui se sentent dans une détresse importante parce que leur identité sexuelle diffère de leur sexe biologique – un sentiment connu sous le nom de troubles de l’identité du genre – présentent un taux d’autisme plus élevé que prévu. De même, les gens qui présentent un autisme semblent avoir un taux de troubles de l’identité sexuelle plus élevé que dans la population générale.

Entre 8 et 10% d’enfants et d’adolescents vus dans les cliniques spécialisées sur la question de l’identité sexuelle dans le monde entier, correspondent aux critères du diagnostic de l’autisme, selon des études effectuées ces cinq dernières années, tandis que à peu près 20% présentent des traits autistiques tels que les capacités sociales réduites et les compétences de communication, ou les intérêts restreints et les attentions aux détails. Certains cherchaient un traitement pour leur trouble de l’identité sexuelle, sachant déjà – ou soupçonnant un autisme, mais la majorité des personnes de ces études n’ont jamais recherché ou reçu des diagnostics d’autisme. De surcroît, à peu près le même nombre de nés-garçons et filles semblent être affectés – ce qui est surprenant, étant donné que dans la population en général, l’autisme concerne plus souvent les garçons.

À ce stade précoce de la recherche sur le lien entre l’autisme et les troubles de l’identité sexuelle, il demeure beaucoup d’inconnues – par exemple, si l’identité sexuelle se développe différemment chez les personnes atteintes d’autisme. Ce manque d’information pose problème aux cliniciens et aux familles qui veulent faire de leur mieux pour les enfants transgenres.

L’association de l’autisme et de la dysphorie du genre ne représente pas seulement un double-défi, mais « une multiplication de défis », selon John Strang, un pédiatre neuropsychologue à la Children’s National Health System à Washington D.C., et auteur en 2014 d’un article de journal sondant le taux de troubles de l’identité sexuelle parmi les enfants autistes.

Les personnes atteintes de ces troubles ont besoin de se débarrasser de nombreuses difficultés pour vivre à l’aise dans le monde. Ils doivent articuler une identité en désaccord avec leur anatomie sexuelle, et les attentes sociales de leur sexe biologique, planifier et exécuter leur changement de sexe, et faire face à l’incompréhension et l’hostilité totale, comme s’ils naviguaient sur un territoire périlleux entre les sexes.

« Cela implique beaucoup de transitions, de flexibilité et d’autodéfense » commente Strang. « Ce sont tous les domaines les plus fragiles, pour les personnes atteintes d’autisme. ».

Dans le même temps, les autistes ont des caractéristiques qui peuvent rendre ce processus facile, rajoute-t-il. Ils tendent à être moins inquiets sur ce que pensent les autres, et se sentent moins concernés par leur statut social ou leur réputation.

À 9 ans maintenant, Ollie corrobore cette affirmation. Il a enduré les moqueries, le harcèlement et la perte de ses amis et camarades de classe ; il a eu à laisser tomber certaines activités, telles que le taekwondo, parce que ses professeurs ou les parents d’autres étudiants étaient mal-à-l’aise avec l’affirmation de son identité sexuelle. Il voit un conseiller pour l’aider à faire face à la façon dont les autres le traitent parfois. « Cela me fait faire des cauchemars, par moments. », dit-il. Il a aussi rendez-vous chaque semaine avec des spécialistes de l’autisme pour s’occuper de ses sensibilités sensorielles, de sa fine motricité, et de son processus auditif.

Un soir d’hiver, chez lui avec sa mère, son chien et son chat, Ollie est occupé avec des Lego Star Wars, simulant une bataille entre les Stormtroopers et l’alliance Rebelle. Il porte un pantalon de survêtement rose, avec une rayure rose foncée pailletée, et une barrette rose. « Je ne suis pas censé être pressé dans une boîte, je suis déjà dedans. » Fit-il. « Je suis un entre-deux, et je suis à l’aise dans l’entre-deux. ».

II. Recoupement du diagnostic.

Au cours de la dernière décennie, les transgenres ont développé de nouveaux moyens d’exprimer leur perception de soi. Alors que beaucoup s’identifient comme transsexuel ou transgenre, certains d’entre eux s’appellent eux-mêmes « genderqueer » ou « non-binary » (NDT, expressions intraduisibles renvoyant au genre neutre). Le taux d’autismes et de traits autistiques semblent être en hausse dans ceux qui s’identifient comme genderqueer. Comme Ollie, ces personnes considèrent généralement qu’ils ne se sentent, ni pleinement masculin, ni pleinement féminin, et rejettent explicitement la notion de deux sexes incompatibles. Le mot « trans’ » est souvent utilisé pour inclure toutes ces identités et l’expression « genre affirmé » amènent alors à traduire cette perception de soi.

Photo par J.M. Giordano.
Se trouver : Jes Grobman, autiste, était initialement terrifiée à l’idée de considérer qu’elle pouvait aussi être trans’. Aujourd’hui, ces deux aspects sont une part de son identité.

Même si de nombreuses personnes trans’ optent pour changer leurs corps avec des hormones ou des opérations, d’autres – particulièrement ceux qui s’identifient comme genderqueer ou non-binaires – peuvent adopter un nom et un prénom qui reflète au mieux leur perception d’eux-mêmes, sans physiquement changer leur corps (Ollie a brièvement essayé d’utiliser une variante féminine de son prénom et de son pronom, mais il sentait que quelque chose clochait, alors il est revenu sur son choix).

Comme l’autisme, les causes de la dysphorie du genre sont peu connues. Des facteurs biologiques tels que les prédispositions génétiques, l’exposition prénatale aux hormones, aux toxines environnementales, et divers facteurs sociaux et psychologiques ont été supposés, mais aucun n’a pu être confirmé.
Comme l’autisme, la dysphorie du genre est hétérogène, ce qui signifie qu’il n’y a pas qu’un profil ou qu’un comportement commun à tous ceux qui s’identifient comme trans’.

Seules les récentes recherches ont commencé à systématiquement explorer le lien entre les troubles de l’identité sexuelle et l’autisme ; la première étude à estimer la convergence de ces deux états fut ainsi publiée il y a juste six ans. Elle incluait 231 enfants et adolescents qui avaient été renvoyés à la Gender Identity Clinic of the Vrije University Medical Center à Amsterdam, entre avril 2004 et octobre 2007. Les chercheurs avaient trouvé un taux d’autisme parmi les enfants de 7,8%, dix fois plus haut que dans le taux du reste de la population. Parmi les adolescents de l’échantillon, la fréquence était encore plus élevée, à 9,4%.

Un autre groupe constata l’année dernière que plus de la moitié des 166 jeunes enregistrés au Gender Identity Development Service, une clinique britannique spécialisée à Londres, entre décembre 2011 et juin 2013, présentaient des caractéristiques du spectre autistique, mesurées par le Social Responsiveness Scale, un outil de dépistage de l’autisme. De ce nombre, près de la moitié de ceux qui ont eu un résultat de haut niveau, n’avaient pas estimé l’être.

Strang commente qu’il ne fut pas surpris par ces résultats. Formé en tant que spécialiste de l’autisme, il avait essayé plusieurs autres spécialisations pour son stage de médecine, y compris dans des cliniques du genre, où il avait déjà remarqué des similitudes. « Dès que possible, j’ai commencé à faire des évaluations, et je me suis senti comme revenu dans les cliniques spécialisées sur l’autisme. » Rajoute-t-il.

Inspirés par une étude néerlandaise, Strang et ses collègues s’approchèrent de cette prévalence depuis un autre angle. Au lieu de mesurer l’incidence d’autisme parmi les enfants et adolescents présentant une dysphorie du genre, ils ont évalué la variation du genre – défini pour un enfant comme le fait de « vouloir être de l’autre sexe » – chez les enfants autistes. « Nous avons trouvé un taux qui était 7,5x plus élevé que prévu. », selon Strang.

Les chercheurs n’ont pas d’explications, mais ils essaient d’établir quelques théories. Tout d’abord, les enfants autistes pourraient être moins au courant des restrictions sociales qu’impliquent une variation de leur genre. Ensuite, la sorte de pensée noir-ou-blanc caractéristique des autistes pourrait conduire les personnes présentant un autisme léger ou modéré, à croire qu’ils ne sont pas de leur sexe biologique. Enfin, il pourrait y avoir une connexion biologique entre l’autisme et les troubles de l’identité sexuelle.

Ce ne sont que des hypothèses, même la théorie selon laquelle l’identité du genre peut se dérouler différemment chez les autistes – il n’y a que trop peu de données pour la démontrer ou la réfuter.

III. Alliance Rebelle
.

Jeb Grobman, 23 ans, est une trans’ autiste, qui est moins concernée par les liens autistes/trans’ que par la construction d’une société qui ne réfute pas la différence. Diagnostiquée Asperger à 11 ans, Grobman remarque que plusieurs de ses amis et connaissances trans’ont aussi un diagnostic d’autisme. « Je pense qu’il y a beaucoup de connexions entre les autistes et les trans’. » Dit-elle. « Je suis probablement plus amie avec des autistes trans’, qu’avec juste des trans’. ».

Pourtant, il a fallu longtemps à Grobman, pour trouver une communauté où elle se sentait comprise. Tout au long de son enfance à Chicago, elle était isolée et seule. « Au collège, je n’avais pas d’amis. Au lycée, je passais chaque pause-déjeuner à la bibliothèque, pour lire. ». Le collège fut particulièrement infernal, ajoute-t-elle : « J’étais harcelée et persécutée. ».

Elle commença à sortir de sa coquille à 16 ans, quand elle se fit des amis dans un groupe de jeunes juifs. Mais ce ne fut que lorsqu’elle entra à l’université américaine de Washington D.C., qu’elle commença avec hésitation à explorer ce qu’elle appelait le « sentiment du genre » – en admettant envers elle-même et auprès des autres qu’elle ne s’était jamais vraiment sentie garçon, sans vraiment saisir exactement ce que cela signifiait. « J’étais capable de le formuler, plus comme une chose intellectuelle. » Commente-t-elle. « Comme, qu’est-ce vraiment que le genre ? ».

L’idée qu’elle puisse être également trans’ l’intriguait et la terrifiait. Depuis deux ans, elle a oscillé entre une exploration et une répression de ces sentiments. « J’étais très, très effrayée. Les témoignages de femmes trans’ me faisaient peur. » Se souvient-elle. « J’avais toujours compris qu’en gros, cela me tuerait, que je serais un paria, une malade, et une déséquilibrée, et que j’allais perdre toutes les personnes qui m’étaient chères. Ce pourquoi j’ai essayé de le réprimer au fond de moi. ».

Grobman s’est battue contre l’anxiété et la dépression, qui sont des choses communes chez les transgenres et les autistes. « Pour moi, c’est impossible de séparer ma transitude (NDT, trans-ness être trans au sens de concept) et mon autisme de mes tendances dépressives et anxieuses. » Affirme-t-elle. Elle était également très contradictoire sur ses sentiments à propos de son diagnostic d’autisme : « Je me sentais, très, très honteuse à ce propos, et j’ai essayé de le cacher auprès des autres. ».

Ce ne fut que lorsqu’elle commença à explorer sa trans’ identité en construisant plusieurs amitiés avec d’autres membres de cette communauté, que Grobman fut finalement capable « d’éliminer toute honte et tout stigmate, et d’embrasser sa condition d’autiste. ». Elle attribue cela à la confiance qu’elle a développée en parlant aux gens à propos du fait d’être trans, et d’être accepté pour ce qu’elle est, sans avoir à cacher le moindre aspect de son identité.

Au début, Grobman résista à l’identification homme-femme, et demanda à sa famille ainsi qu’aux autres, d’utiliser un pronom neutre pour la nommer : « iels / they » et « elleux / them ». Ses parents la soutinrent sur ce point, dit-elle. Mais en novembre 2013, au milieu d’une dispute, sa maman lui dit : « Je refuse de parler de toi avec « iels / they ». Réalise ce que tu es, et sois-le. ».

Ce fut, selon Gromban, « l’une des choses les plus importantes que quiconque ne m’ait jamais dit, mais aussi une des choses les plus blessantes que quiconque ne m’ait jamais dit. » Elle décida alors d’adopter cette affirmation en guise de devise, et commença à utiliser les pronoms féminins ainsi que la prise d’œstrogènes peu après.

Avant d’obtenir sa licence en décembre dernier, Grobman aida à fonder un groupe de soutien et de plaidoyer baptisé DC Trans Power. En février, elle aida à écrire une déclaration commune aux côtés de groupes LGBT et d’associations pour les droits des handicapés suite au décès ce mois-là de Kayden Clarke, un garçon trans’ et autiste de 24 ans, qui fut abattu par la police à son domicile de Mesa, dans l’Arizona, après avoir passé un appel de détresse au commissariat pour prévenir de son geste. La police prétend que Clarke a brandi un couteau, et qu’ils ont tiré en état de légitime défense. Clarke avait posté des vidéos émouvantes sur YouTube avant sa mort, décrivant les défis auxquels il devait farce face, en tant que personne autiste, recherchant à démarrer un traitement hormonal. Un thérapeute l’avait informé qu’il ne pouvait pas commencer la prise de ses hormones jusqu’à ce que son autisme soit « soigné », affirma Clarke, dans une assertion qui le remplit de désespoir.

La déclaration, co-écrite par Grobman et posté sur le site internet Autistic Self Avocacy Network, tacle la prise en charge défaillante et inégale du traitement médical de la dysphorie de Clarke, le précipitant dans une crise qui le conduisit directement à la mort. Les personnes atteintes d’autisme et d’autres troubles du développement mental sont souvent confrontés à une résistance quand il s’agit de chercher une transition liée aux soins médicaux, les activistes parlent alors d’une forme de discrimination. « Les identités sexuelles des personnes autistes sont réelles, et doivent être respectées. » Ecrivent-ils.

Grobman voit en le décès de Clarke, un assassinat, de la même manière qu’elle voit dans le suicide des personnes trans’, une conséquence de la discrimination et des préjugés, un assassinat. « Le système entier est complice de leurs morts. » Affirme-t-elle.

« Je suis un entre-deux, et je suis à l’aise dans l’entre-deux. » Ollie, 9 ans.


IV. Ne causer de tort à personne.

Les cliniciens qui travaillent au contact des trans’ autistes, disent que même si certains individus rencontrent des difficultés dans la transition [hormonale, NDT], les services médicaux ne sont pas toujours à blâmer. Les normes sanitaires promulguées par la World Professionnel Association for Transgender Health ne barrent pas la route des personnes autistes atteintes d’autres troubles du développement à l’accès des traitements, y compris hormonaux et chirurgicaux.

« Les critères qui s’appliquent à toute autre personne à la recherche de soins médicaux trans’, seraient également applicables aux personnes sur le spectre [autistique]. » Déclare Katherine Rachlin, une psychologue clinicienne qui a travaillé pendant 25 auprès d’adultes transgenres à New-York City, et qui est co-auteur d’un article sorti en 2014 sur la concomitance de l’autisme et de la dysphorie du genre. « Ont-ils informé les requérants ? Est-ce qu’ils comprennent parfaitement les procédures des traitements médicaux qu’ils demandent ? »

Même les personnes autistes les plus touchées peuvent répondre à ces critères, affirme Rachlin, qui siège au conseil d’administration du World Professionnel Association for Transgender Health. « Mon expérience m’a montré que même si leurs déficits interpersonnels sont sévères, ils se sentent encore plus à l’aise quand ils peuvent affirmer le genre qu’ils souhaitent, peu importe ce qui se passe dans leur vie. ».

Les autistes ont parfois des difficultés à voir leurs besoins satisfaits par les personnels de santé, dû à leurs déficits sociaux et communicatifs associés à l’autisme, rajoute Rachlin : ils peuvent ne pas honorer leur rendez-vous, par exemple. « Cela ne veut pas nécessairement dire que les professionnels les discriminent sur base de leur autisme. », commente-t-elle.

En outre, ceux qui luttent pour comprendre que d’autres ont des croyances, des désirs et des perspectives qui diffèrent des leurs – une altération de la « théorie de l’esprit » commune aux autistes – peuvent ne pas comprendre que d’autres ne les voient pas de la même manière qu’eux se perçoivent. Une personne autiste peut ne pas réaliser que, par exemple, pour être vu par les autres comme une femme, il faille ajuster leur coiffage et leur apparence. Quelques patients de Rachlin ne veulent pas progresser vers ces petites étapes, insistant justement sur le fait qu’ils se fichent de ce que pensent les autres, alors même qu’ils expriment une grande détresse à ne pas être reconnu comme légitime dans l’affirmation de leur genre. Certains se plaignent également d’un isolement, et d’une profonde solitude, refusant d’assister à certaines situations sociales, même à des événements liés aux trans’, par exemple les groupes de soutien.

Pourtant, elle prévient que, parfois, ce qui ressemble à de l’autisme peut en réalité, se confondre avec les troubles de l’identité sexuelle. « Une grande partie de l’expérience des trans’ peut ressembler à l’expérience du spectre autistique. » Dit-elle.
Les gens qui ne veulent pas socialiser avec les personnes de même sexe semblent n’avoir que peu de compétences sociales, par exemple ; ils peuvent aussi se sentir tellement mal-à-l’aise avec leur corps qu’ils en négligent leur apparence. « Cela peut parfois être grandement atténué si vous donnez à ces personnes un soutien approprié pour exprimer leur identité sexuelle. », confirme-t-elle.

D’autres sont d’accords avec cette vision. Une étude de 2015, menée par des chercheurs du Boston Children’s Hospital, rapportèrent que 23,1% des jeunes présentant une dysphorie du genre dans une clinique spécialisée, avait un possible, probable, très probable syndrome d’Asperger, tel que mesuré par l’Asperger Syndrome Diagnostic Scale, bien que quelques-uns avaient déjà un diagnostic établi. Au vu de ces résultats, les chercheurs recommandent un dépistage de l’autisme systématique dans les cliniques du genre.

Mais ils notent également que certains symptômes, tels que le sentiment d’être isolé, sont associés à ces deux conditions. Les autres symptômes, incluant de ne pas maintenir le contact visuel, et de passer beaucoup de temps en ligne, selon Amy Tishelman, professeur-adjoint de psychologie à Harvard Medical School, sont pris en compte dans l’étude. Même la préoccupation pour le genre peut être analogue aux intérêts restreints de l’autisme.

Thishelman pense qu’un meilleur dépistage et de meilleurs outils de diagnostics, ainsi que des discussions plus détaillées avec les proches lors des séances avec les spécialistes, sont nécessaires pour les enfants qui ont, à la fois un autisme, et une dysphorie du genre. « Nous devons développer ces interventions qui pourront les aider à agir plus facilement dans les situations sociales. ».

La résistance de certains parents à ce double-diagnostic présente en outre des défis. À la Children’s National à Washington D.C., quelques parents d’enfants traités pour dysphorie du genre étaient réticents à accepter que leur enfant puisse également présenter une forme d’autisme, confirme Strang.
Inversement, les parents d’enfants et d’adolescents auparavant diagnostiqués autistes, se demandent si ce qui a l’air d’une dysphorie du genre pourrait n’être qu’un simple intérêt restreint qui disparaîtra avec le temps. « Les parents nous disent que pour certains enfants, l’identité sexuelle peut n’être qu’une fixation éphémère, comme les trains l’ont été à un moment. » Rajoute Tishelman. « Il peut y avoir une hésitation à l’idée de permettre la transition sexuelle à leurs enfants à cause de cela. ».

« Une grande partie de l’expérience trans’ peut ressembler à l’expérience du spectre. » Katherine Rachlin.


V. Choix difficiles.

Kathleen et Brad, parents d’un adolescent Asperger, furent sidérés quand Jazzie (le surnom de Brad pour sa fille), vers 14 ans, a dit au conseiller scolaire, et à sa mère, qu’elle était trans’ et qu’elle voulait commencer une thérapie hormonale afin d’amorcer une transition physique pour devenir une fille. Jazzie a été diagnostiquée Asperger à l’âge de 3 ans. Ses parents, particulièrement Kathleen, avaient mené une guerre sans fin avec l’administration et les enseignants de l’école public pour qu’elle puisse obtenir les mandats légaux des adaptations de services dont elle avait besoin.

Du point de vue de ses parents, l’annonce de Jazzie est sortie de nulle part. Ils furent réservés quant à l’approbation d’interventions médicales irréversibles, telles que la thérapie hormonale, dans le cas où cette question d’identité sexuelle ne soit qu’une fixation passagère. « [Jazzie] n’avait jamais dit « Je me sens comme ça depuis des années. » ou qu’elle l’avait ressentie depuis l’école primaire. », explique Kathleen.

Mais pour Jazzie, c’était comme si ses parents étaient « idiots », et refusaient de la croire. Elle passa la plupart de ses 15 et 16 ans à ressentir de la rancune. « Je me sentais comme si le temps m’était compté, comme si mon corps se détruisait lui-même, et que vous ne me laissiez pas le réparer. » Dit-elle maintenant, à 18 ans.

Jazzie commença à prendre des hormones et d’utiliser un prénom et un pronom féminin lors de sa dernière année de lycée, quand elle avait dix-sept ans. « J’ai l’impression que si j’avais commencé plus tôt, j’aurais été plus moi-même. Mais maintenant, depuis que j’ai commencé si tard, c’est plus difficile de devenir physiquement ce que j’aurais dû être. » Dit-elle. « Je suis plus quelqu’un de demi-formé, que ce que je devrais être physiquement. ».

Brad attribue le fait que Jazzie pense que ses parents auraient dû savoir pour sa dysphorie du genre, à son syndrome d’Asperger. La difficulté des personnes autistes réside parfois dans la compréhension des pensées et des émotions des autres, il était ainsi difficile pour elle de saisir que ses parents ne pouvaient pas avoir connaissance de quelque chose d’aussi évident à ses yeux, bien qu’elle n’ait jamais extériorisé ses sentiments sur la dysphorie du genre. « Elle pensait que nous aurions dû le savoir. » Dit Brad. « Mais nous avions essayé de l’amener à le dire. » Après avoir aidé un collègue de travail à gérer sa transition de sexe au travail il y a plus de vingt ans, Brad était mieux informé que de nombreux parents au sujet du processus, mais comme sa femme, il a préféré procéder avec prudence.

Rétrospectivement, Brad et Kathleen peuvent identifier de nombreux incidents qui auraient pu sous-entendre une dysphorie du genre pendant l’enfance – comme au moment où ils ont trouvé Jazzie, vers 6 ans, sous le lit en train de porter des collants. Kathleen a ensuite constaté que Jazzie avait caché un de ses vieux collants dans un tiroir de bureau, mais elle avait supposé que Jazzie les portait parce qu’ils procuraient un confort sensoriel du même type que les combinaisons de plongée qu’elle pouvait porter parfois à l’école.

Pendant ce temps, Jazzie insiste sur le fait qu’elle a connu la dysphorie du genre depuis la petite enfance. « Ie sentais que je n’étais pas un garçon. » Affirme-t-elle maintenant. « Mais ce fut qu’au collège que je commençai à ressentir une grande détresse à ce sujet. » Elle fait des recherches Google relatifs au genre et à ses variations depuis qu’elle a 8 ou 9 ans, dit-elle.

Une fois que les parents de Jazzie furent sûrs que ce n’était pas qu’une obsession temporaire, ils l’aidèrent à faire glisser doucement sa transition à l’école, en en parlant avec les enseignants, conseillers d’orientation et administrateurs. Ils savaient déjà comment la défendre à sa place ; leur expérience avec l’autisme les avait préparés à ce niveau défi.

Les parents de Nathalie, 5 ans, ne font qu’entamer ce voyage. Renvoyée à la clinique de l’autisme à la Children’s National quand elle avait moins d’un an en raison de retards de développement, Natalie a montré des signes de non-conformité à son identité sexuelle dès le plus jeune âge. Lorsque leur grand-mère a pris la famille en croisière, et a fourni les costumes de capitaine miniature pour tous les enfants, ses frères se pavanaient fièrement autour de la cabine quand on leur disait à quel point ils étaient beaux. Nathalie, autour de ses 4 ans, fondit alors en larme, en disant : « Je ne veux pas être beau, je veux être jolie. ». Cette année, à Halloween, elle a insisté pour être habillée comme la Reine Elsa du film Disney « La Reine des Neiges ».

Le père de Nathalie surveilla son développement avec anticipation. « J’avais compris quelque chose depuis ses un an et demi. » Dit-il. Le choix de Natalie des jouets et jeux de fantasy, son style de jeu et ses manières pointaient toutes vers la féminité, avant même qu’elle ne soit capable d’articuler son identité sexuelle avec des mots. Cela le perturbait, il raconte : « Je voulais qu’elle soit un garçon. » Pendant un an, les deux parents se sont tenus tête, mais face à un enfant récalcitrant et profondément malheureux, « finalement, j’ai dit : « OK, sois une fille. » ».

Depuis lors, Natalie a été beaucoup plus heureuse, selon lui. Lui et sa partenaire travaillent encore aux détails de la transition de Natalie, et à son nouveau nom et prénom pour l’école, affrontant également leurs propres sentiments devant ce défi. Prendre une décision en son nom, en soutenant et en plaidant sa cause à l’école et dans la communauté, est plus difficile encore en raison du manque de données sur les liens entre la dysphorie du genre et les spectres de l’autisme. « En ce moment, nous prenons nos repères en fonction d’elle. », commente son père, « Elle est encore en train de trouver son espace. ».

Photo.
Proximité : Grobman, ici avec sa partenaire, Lane Balassie, est maintenant une activiste pour les droits des transgenres. Nombre de ses amis sont aussi des trans’ autistes.

Pour le moment, bien que la science fournisse peu d’aide aux parents d’enfants comme Natalie, les choses pourraient bientôt changer. Jusqu’à présent, toutes les études publiées sur la concomitance de l’autisme et de la dysphorie du genre ont été des études de cas, ce qui confirme que les deux conditions apparaissent ensemble plus souvent qu’on ne l’attendait. Dans l’espoir d’élever la question à un niveau supérieur, Strang a contacté tous ceux qui avaient publié une étude sur ce phénomène, ainsi que des experts de toutes les cliniques de genre dans le monde. Pendant les deux dernières années, un groupe s’est constitué et a discuté de leurs expériences et de leurs théories en ligne. Il en est ressorti une prise de position commune, et un ensemble de lignes directrices pour le diagnostic, le traitement et le soutien de toutes les personnes atteintes de dysphorie du genre et de troubles du spectre autistique, ce qui pourrait peut-être empêcher, qu’à l’avenir, les cas cliniques mal compris conduisent des gens comme Kayden Clarke au désespoir.

Strang espère que l’étude pourra être publiée dans les six prochains mois. « Ces enfants ont besoin de soutien. » Dit-il.

En mars, les législateurs de la Caroline du Nord votèrent une loi interdisant les personnes trans’ des salles de bain et des vestiaires qui ne correspondent pas au sexe de leur certificat de naissance. Pour les personnes trans’ atteintes d’autisme, qui sont souvent socialement naïf et ignorant dans la manière dont ils sont perçus par les autres, ce genre de lois peuvent présenter une menace réelle de confrontation pour laquelle ils sont mal équipés. Le groupe de travail de Strang aide alors les enfants et les adolescents dans leur programme à traiter ce genre de défis. « Nous sommes focalisés sur la sécurité. » Affirme Strang. « C’est ce que cela signifie, d’être trans’, dans différentes communautés. » L’autisme peut créer des angles morts autour de ces questions, dit-il, mais lui et ses collègues reconnaissent ses qualités, comme une grande capacité de concentration.

Grobman voit les aspects de l’autisme comme partie intégrante de son efficacité en tant que militante. Son intense focalisation sur les droits des trans’ et des handicapés peut être une obsession de n’importe n’importe qui, admet-elle, mais contrairement à son obsession d’enfant avec Pokémon, celle-ci n’est pas triviale. Vivre avec la menace d’être intimité(e), agressé(e), stoppé(e)s quand on va dans les « mauvaises » toilettes, cela génère une anxiété constante. Gromban dit qu’elle se sent poussée à travailler pour un changement de société, qui fera du monde un lieu de paix pour les personnes comme Ollie, Natalie, Jazzie et elle-même. « Nous devons créer une compréhension et une validité de l’expérience trans’-autiste. » dit Grobman. « Vous vous battez pour votre propre existence. ».

Ollie semble partager cette croyance. Immergé dans la lutte entre l’Alliance Rebelle et l’Empire Galactique, sur sa table de salle à manger, il répète un commentaire fréquemment, semblant être une subtile référence aux défis auxquels il fait face : « Ils ont besoin de renforts ! » dit-il. « Ceci est la dernière escouade de troupes, et ils essaient de survivre. »

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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 14:53 
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Je ne sais pas trop à partir de quel moment on parle de "dysphorie de genre", mais Tony Attwood évoque aussi le fait que les filles aspies auraient tendance à avoir un côté "garçon manqué" assez important.

En même temps, il est socialement plus acceptable d'être une fille pas très "féminine" voire "garçon manqué" que dans le sens inverse. Du coup il peut être plus facile d'être une fille même si on ne s'identifie pas avec les stéréotypes du genre. Une fille aux cheveux courts qui porte des pantalons et s'intéresse aux voitures, "bah ça arrive, elle est un peu garçon manqué, ce n'est pas grave". Alors que pour le garçon qui veut porter des jupes et jouer aux poupées, la réaction va plutôt être "mais ce n'est pas pour les garçons, ça!"

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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 15:59 
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Je m'excuse d'avance si mes propos vous semblent hors-sujet, mais j'ai des choses que je souhaiterais exprimer là-dessus car je fais beaucoup de recherches sur la sexualité, les archétypes de genre et les comportements qui en découlent, et c'est un sujet qui me passionne depuis longtemps même si je ne trouve pas toujours les mots ni la façon d'intervenir "correcte" (et m'abstiens donc le plus souvent). :?

Plusieurs choses:

-A titre personnel, le terme même de "dysphorie de genre" me pose problème, ainsi que la "pathologisation" de tout ce qui semble dévier de la norme en termes de sexualité, ou d'identité sexuelle. Ce n'est pas un jugement, ni une invitation à débat houleux, juste une opinion.

-Le fait de faire des statistiques au sujet de comportements liés aux TSA me semble boiteux pour 2 raisons: 1/ la fiabilité variable des statistiques sur l'autisme et les autistes, dûe à plein de facteurs souvent évoqués ici; 2/ le fait que ces comportements ne soient souvent étudiés que ou surtout en lien justement avec les TSA. Ca me rappelle un peu le "souci" avec l'étude des synesthésies (=> quand on se penchera un peu plus sur ces particularités hors TSA, ça aidera peut-être un peu à ne pas systématiquement les y lier).

-Beaucoup de spécialistes de la question s'accordent sur l'idée que les concepts d'homosexualité, genre sexuel strict et autres cloisonnements serait dûs au christianisme. Dans la plupart des civilisations passées (pour ce qu'on en sait, évidemment) l'étude des moeurs sexuelles se résume à 2 "intervenants": l'actif et le passif. Le genre ne semble pas trop avoir d'importance, et l'identité sexuelle peut apparaître floue voire très floue. Personne ne semblait tergiverser sur ces questions là jusqu'aux chrétiens. :innocent:
=> Chez les Vikings (ben oui... :mryellow: ) on parle d'"ergi". Ca a été vulgarisé comme "efféminé" mais la vraie idée derrière est la non-masculinité (certains dont je fais partie trouvent la nuance de taille, même si elle a tendance à "passer à l'as").
C'est une particularité qu'on retrouvait dans les sociétés scandinaves de l'époque, souvent liées à des hommes qui pratiquaient le "seidr" (grossièrement traduit "sorcellerie", bref...) et qui a l'arrivée du christianisme s'est "transformée" en homosexualité ou déviance de l'identité sexuelle normée.
=> En Polynésie, les "raerae" et les "mahu" sont une forme d'acceptation culturelle totale de cette sorte de "3ème sexe". Ils sont partie intégrante de la société, étaient déjà là lors de la découverte de l'archipel par les navigateurs européens, et personne ne "pathologise" ça. Ca existe, c'est tout...

On pourrait citer d'autres exemples, car sur ce coup-là c'est souvent notre société judéo-chrétienne qui semble atypique.

Je considère donc, à titre perso, que tout ce qui a trait à l'identité sexuelle tient plus des codes sociaux que d'une quelconque "composante interne". Si l'autisme va de pair avec la perplexité face aux codes sociaux, il n'est pas impossible que ce soit lié, en effet.
Maintenant, qui peut dire ce qui se passerait si les non-autistes arrivaient à vivre leur identité sexuelle en dehors des codes sociaux actuels et locaux? N'y aurait-il pas plus de statistiques sur les non-autistes et ce qu'ils appellent "dysphorie de genre"? Cela changerait-il quelque chose à l'identité sexuelle "brute" de ces personnes? Ou uniquement à leur vision de celle-ci?

Pour revenir vers ce que tu disais, Rudy,
Rudy a écrit:
-Je ne supportais pas le port des robes/jupes et autres vêtements féminins (trop collant, trop de matière désagréable et pas très pratique à porter). J'étais plutôt garçon manqué.

Je suis vraiment complètement ce qu'on appelle un "garçon manqué", pourtant je porte beaucoup de robes et de jupes même si c'est venu très très tard, et j'ai aussi des caractéristiques féminines (surtout depuis que je suis un peu obsédée par les "gender studies" et ce qui gravite autour) . Je n'ai jamais compris le rapport, je crois, ni pourquoi l'un empêcherait l'autre.

Rudy a écrit:
-Je n'adhérais pas aux principes de rôle sociaux déterminé pour les hommes et les femmes, qui est pour moi source de restriction d'épanouissement pour un individu et incohérente.

Moi non plus et je ne vois pas du tout où est le problème.

C'est sur ces 2 choses que se sont basées ces histoires de "dysphorie de genre" te concernant?

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MessagePosté: Vendredi 29 Juillet 2016 à 18:49 
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Merci pour vos réponses, que j'ai toute lu attentivement et qui m'aide à faire évoluer ma réflexion sur le sujet. Et aussi pour l'article traduit! :) Je suis contente d'avoir ouvert ce sujet, j'avais peur de poser une question idiote, mais il y a des réponses très intéressantes.

Citation:
Je ne sais pas trop à partir de quel moment on parle de "dysphorie de genre"


C'est justement là, je pense, que j'ai du mal à faire la différence. Pour moi, c'était dans le fait de s'identifier au sexe opposé.

Citation:
Une fille aux cheveux courts qui porte des pantalons et s'intéresse aux voitures, "bah ça arrive, elle est un peu garçon manqué, ce n'est pas grave". Alors que pour le garçon qui veut porter des jupes et jouer aux poupées, la réaction va plutôt être "mais ce n'est pas pour les garçons, ça!"


Oui, le port du pantalon et les cheveux courts ont été "normalisé", tandis que le port de la jupe pour les garçons, la seule référence "normée", sont des vêtements spécifiques, souvent traditionnel. :|

Citation:
Je m'excuse d'avance si mes propos vous semblent hors-sujet, mais j'ai des choses que je souhaiterais exprimer là-dessus car je fais beaucoup de recherches sur la sexualité, les archétypes de genre et les comportements qui en découlent, et c'est un sujet qui me passionne depuis longtemps même si je ne trouve pas toujours les mots ni la façon d'intervenir "correcte" (et m'abstiens donc le plus souvent). :?


@misty: Ce n'est pas du tout hors sujet, et tu as bien fait d'intervenir :) . Je ne répondrais que sur les sujets que je connais:

Citation:
-A titre personnel, le terme même de "dysphorie de genre" me pose problème, ainsi que la "pathologisation" de tout ce qui semble dévier de la norme en termes de sexualité, ou d'identité sexuelle. Ce n'est pas un jugement, ni une invitation à débat houleux, juste une opinion.


C'est un débat assez courant dans la question de la transsexualité. Je ne souhaite pas dire de bêtises, mais, il me semble qu'on a maintenu cette "pathologisation" non pour sa stigmatisation, mais du fait qu'il y a intervention médicale (traitements, opération chirurgicale). Ce qui permet aux personnes trans d'être remboursée, entre autre. La sortir complètement de ce système, ce serait prendre le risque pour ces personnes de ne pas être pris en charge, ce serait considéré comme un "soin de confort", alors que c'est un mal être.

Mais tout comme toi, je me demande:

Citation:
Maintenant, qui peut dire ce qui se passerait si les non-autistes arrivaient à vivre leur identité sexuelle en dehors des codes sociaux actuels et locaux?


Parce qu'en fait, il m'arrive de me demander si les transsexuels opéreraient ce changement s'il n'existait pas ces codes. J'avais regardé un documentaire (sur les trans), dont l'un disait que, s'ils n'existaient pas, il n'aurait pas été amené à le faire. Mais comme on ne peut généraliser un cas à tout le monde, je me demandais si c'était valable pour tous. Donc c'est une question à se poser.

Citation:
Beaucoup de spécialistes de la question s'accordent sur l'idée que les concepts d'homosexualité


Bon, je ne reviendrai pas sur ce point que j'ai déjà évoqué dans un autre sujet. :mrgreen:

Citation:
C'est sur ces 2 choses que se sont basées ces histoires de "dysphorie de genre" te concernant?


Oui, mais c'est aussi peut-être visuel:

Citation:
Je suis vraiment complètement ce qu'on appelle un "garçon manqué", pourtant je porte beaucoup de robes et de jupes même si c'est venu très très tard, et j'ai aussi des caractéristiques féminines (surtout depuis que je suis un peu obsédée par les "gender studies" et ce qui gravite autour) . Je n'ai jamais compris le rapport, je crois, ni pourquoi l'un empêcherait l'autre.


J'ai peut-être moins de "caractéristiques féminines" que toi, je tombe dans "l'androgynie". Visuellement, les gens me confondent avec un jeune garçon. Que j'ai les cheveux longs, ou plus courts, que je porte des robes ou non, donc, le problème n'est pas là. J'ai juste des traits et formes plus masculins qu'une femme "lambda". Je pense qu'il y a quelque chose qui tient de l'hormonal, mais, je ne suis pas allée le vérifier parce que, dans les faits, ça ne m'intéresse pas, je suis comme je suis. Mais comme toi, je ne vois pas pourquoi être "garçon manqué" empêcherait l'autre. Je ne porte pas de robes ou de jupes, mais le fait d'en porter ne me dérange pas dans le fond. Dans le sens où je ne l'associe pas aux genres féminins, mais plutôt au fait que je trouve ça vraiment très désagréable à porter. Il m'arrive très bien de porter des vêtements "féminins", mais ce sont des matières amples et qui me sont agréables. Bref, je n'ai aucun problème avec la connotation genré d'un vêtement, c'est réellement au niveau sensoriel.

Ou bien il a fait un lien avec la norme, ou j'ai réellement une "dysphorie de genre", je n'en sais rien... En tout cas, je ne m'identifie pas à un garçon (au delà de tous les stéréotypes). Ce fut le cas quand j'étais plus jeune parce que, comme il est décrit plus haut dans les témoignages, je voyais en "noir et blanc", donc, je pensais que j'étais un garçon, c'était plus facile à comprendre pour moi. Mais pour avoir étudier la question du féminisme et du genre, je sais que ce ne sont que des stéréotypes auxquels je n'adhère pas, dans mon cas en tout cas, et je me sens bien femme.

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Pas diag.

Bilans cognitifs: Pré-diagnostiquée Asperger léger à modéré.
Psychiatre: Troubles évoquant TSA + dys associés et anxiété. Préconisation CRA.
1er entretien avec le CRA effectué. En attente...


Modifié en dernier par Rudy le Samedi 30 Juillet 2016 à 0:08, modifié 1 fois.

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misty a écrit:
Rudy a écrit:
-Je ne supportais pas le port des robes/jupes et autres vêtements féminins (trop collant, trop de matière désagréable et pas très pratique à porter). J'étais plutôt garçon manqué.

Je suis vraiment complètement ce qu'on appelle un "garçon manqué", pourtant je porte beaucoup de robes et de jupes même si c'est venu très très tard, et j'ai aussi des caractéristiques féminines (surtout depuis que je suis un peu obsédée par les "gender studies" et ce qui gravite autour) . Je n'ai jamais compris le rapport, je crois, ni pourquoi l'un empêcherait l'autre.

Peux-tu, du coup, m'expliquer ce qui est un "garçon manqué" ? C'est vrai que cette expression m'a toujours paru un peu floue, et puis je n'ai jamais cherché à la comprendre plus que ça. Mais ton intervention me met encore plus de flou sur ma vision du terme "garçon manqué" du coup :lol:

Sinon, sujet assez interessant, je n'apporterais certainement pas grand chose de plus, simplement je suis un n-iem exemple de fille autiste qui s'habille jogging t shirt et sweat large, basket, et qu'on prend pour un garçon 1 fois sur 3 :mryellow: Donc a force d'en croiser (c'est vrai que j'ai l'impression que beaucoup d'autistes fille ne rentre pas dans les "clichés" féminins), j'ai l'impression que y'a quand même un petit lien :mryellow:

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MessagePosté: Samedi 30 Juillet 2016 à 0:05 
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bézèdach44 a écrit:
Sinon, sujet assez interessant, je n'apporterais certainement pas grand chose de plus, simplement je suis un n-iem exemple de fille autiste qui s'habille jogging t shirt et sweat large, basket, et qu'on prend pour un garçon 1 fois sur 3 :mryellow: Donc a force d'en croiser (c'est vrai que j'ai l'impression que beaucoup d'autistes fille ne rentre pas dans les "clichés" féminins), j'ai l'impression que y'a quand même un petit lien :mryellow:


Bienvenue au club des Femmes Non Identifiées :wink: !

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MessagePosté: Samedi 30 Juillet 2016 à 0:19 
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J'appuie les propos de Rudy concernant la dysphorie du genre en tant que pathologie.
Toutefois, je tiens également à notifier que la dysphorie du genre est un trouble du même ordre que le Syndrome d'Asperger, le terme "pathologie" est plutôt maladroit. C'est une situation de handicap, dès lors qu'elle puise sa source dans un trouble de l'identité sexuelle. Cela n'est pas lié à l'orientation sexuelle ; il n'y a pas la notion de "handicap" (au sens qui empêche de, qui atteint à) dans le fait d'être homo/hétéro/bisexuel.
C'est un trouble en cela que ce n'est pas une maladie, ni une pathologie. Il y a effectivement un problème d'adéquation au niveau du sexe biologique, et du sexe sociétal.
C'est peut-être là que les choses se compliquent ; ce trouble existe, comme le Syndrome d'Asperger, parce qu'il ne peut pas s'adapter avec aisance aux normes sociétales.
Si celles-ci étaient réfutées, et s'il était reconnu qu'elles soient abstraites et non fondées en raison, cette classification n'aurait plus de sens, puisqu'il n'y aurait même plus d'homme et de femme au sens culturel.
Par surcroît, la classification en tant que trouble vient du fait qu'elle se ressent dès l'enfance, et pas parce qu'on préfère uniquement jouer culturellement avec d'autres.

Du reste, la corrélation avec l'autisme s'arrête là à mon sens, tout le reste étant au mieux une comorbidité, au pire une coïncidence.

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MessagePosté: Samedi 30 Juillet 2016 à 11:52 
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Pour la dysphorie de genre, je pense que oui. Comme l'a dit misty, il faut se demander si il n'y aurait pas autant de transsexuel NT qu'autiste s'ils étaient plus prompt à assumer leur identité sexuelle. Pour ce qui est des autistes transsexuels, on peut se poser la question de:

Citation:
Mais l'autisme peut expliquer de part justement cette inadhérence naturelle aux stéréotypes et une théorie de l'esprit défaillante, une modification contextuelle des orientations de vie (peut importe se qu'elles seraient).


En revanche, la coïncidence est difficile à envisager. Ce serait plutôt qu'il y a une corrélation, mais qu'elle ne tient pas nécessairement de l'autisme. Ce serait davantage porté sur des études cliniques, à savoir comment se manifeste cette dysphorie de genre chez une personne autiste, et comment elle se manifeste chez un NT. Il me semble que la nuance se trouverait plutôt ici. Ou à l'inverse, est-ce que les NT ayant une dysphorie de genre sont moins influencés par les codes sociales qu'un individu "lambda", ce qui donnerait davantage de traits autistiques à ce type de population (sans nécessaire qu'ils soient autiste). Mais pour aller dans ce sens, il faudrait observer cliniquement tous les groupes de personnes ayant une déficience sociale par rapport à la norme dans les études menés avec les transsexuels. Visiblement, l'étude a aussi été mené pour les TDAH mais je n'ai pas trouvé plus si ce n'est:

Citation:
Children and teens with autism spectrum disorder (ASD) or attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD) are much more likely to express a wish to be the opposite sex compared with their typically developing peers, new research shows. But at least 1 expert is sceptical.

http://www.medscape.com/viewarticle/822077


Mais le scientifique en question est sceptique donc. En revanche, une question intéressante:

Citation:
"Does a response of 'wishes to be the opposite sex' mean a little girl likes to play with trucks and a boy likes playing with dolls, or does it mean a child is uncomfortable with his or her gender and wants to be the opposite sex?"


Je n'ose pas traduire parce que, je suis très mauvaise à ce jeu là. :mryellow: En tout cas, je pense la première hypothèse plus probable (même s'il doit y avoir les deux dans le cas d'autiste qui s'avérerait effectivement transgenre.

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MessagePosté: Samedi 30 Juillet 2016 à 13:20 
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Bézèdach44 a écrit:
Peux-tu, du coup, m'expliquer ce qui est un "garçon manqué" ? C'est vrai que cette expression m'a toujours paru un peu floue, et puis je n'ai jamais cherché à la comprendre plus que ça. Mais ton intervention me met encore plus de flou sur ma vision du terme "garçon manqué" du coup :lol:

En fait je ne suis pas sûre de vraiment comprendre cette expression non plus :mryellow: .
Mais je constate qu'elle est souvent utilisée pour me décrire, hier soir encore on était avec des copains de mon copain et il leur a dit: "on dirait pas comme ça mais en fait elle c'est un mec, dedans". A mon ancien boulot, je ne sais pas combien de fois on m'a présentée à des nouveaux en disant la même chose (genre: ce n'est pas parce qu'elle a l'air d'une fille que c'en est une :shock: ).
Je suppose que c'est le fait de m'intéresser à des choses considérées comme masculines par beaucoup de gens, et aussi que j'ai un raisonnement très logique qui laisse souvent l'émotionnel de côté. Je suis aussi très crue, il n'y a pas grand chose qui me choque, je me moque assez de mon apparence... Ce sont plus ou moins les éléments que j'ai identifiés comme pouvant éventuellement mener les autres à ce raisonnement concernant ma personne.
Cela dit, je peux évidemment me tromper, et comme j'ai du mal à concevoir ce que c'est d'être une "femme-qui-rentre-dans-leurs-cases" à l'intérieur, je pense que j'aurais toujours du mal à évaluer mon soi-disant décalage.

Concernant les fringues, j'étais assez masculine jusqu'à ce que j'aie ma fille, mais ensuite il y a un ensemble de choses qui ont fait que ça a changé de façon assez extrême. Mais si je me suis "féminisée" au niveau vestimentaire, c'est quand même autour de codes assez spéciaux liés à mes centres d'intérêt, et du coup ça ne m'empêche pas de ne jamais être vraiment raccord avec ce que j'observe autour de moi.
Je crois que c'est un peu lié à l'âge aussi, car les filles de 18/20 ans qui sont dans l'extrême féminité me mettent assez mal à l'aise (sans parler des encore plus jeunes :sick: ). J'ai plus l'image des actrices italiennes de la grande époque, comme Anna Magnani, et je rapproche vraiment la féminité "femelle" de l'expérience de la vie, de ses hauts et de ses bas, de l'idée d'avoir "de la bouteille" que ce soit dans l'intimité ou en dehors...

Et surtout, le fait que dans un sens j'ai semblé "changer d'apparence", puisque aujourd'hui on ne dirait probablement plus de moi que j'ai l'air d'une "vagabonde" (ce que ma mère a beaucoup entendu) ne m'a absolument pas fait sortir des critères du "garçon manqué" puisque je l'entends encore malgré mes robes à fleurs. :mryellow:

Castiel a écrit:
Toutefois, je tiens également à notifier que la dysphorie du genre est un trouble du même ordre que le Syndrome d'Asperger, le terme "pathologie" est plutôt maladroit. C'est une situation de handicap, dès lors qu'elle puise sa source dans un trouble de l'identité sexuelle. Cela n'est pas lié à l'orientation sexuelle ; il n'y a pas la notion de "handicap" (au sens qui empêche de, qui atteint à) dans le fait d'être homo/hétéro/bisexuel.
C'est un trouble en cela que ce n'est pas une maladie, ni une pathologie. Il y a effectivement un problème d'adéquation au niveau du sexe biologique, et du sexe sociétal.
C'est peut-être là que les choses se compliquent ; ce trouble existe, comme le Syndrome d'Asperger, parce qu'il ne peut pas s'adapter avec aisance aux normes sociétales.

Je ne suis pas d'accord avec ça. Je ne sais pas si j'aurais un diag officiel un jour mais je peux dire aujourd'hui que dans ce qui "m'handicape" au quotidien il y a surtout une sorte de faille dans le système de réception de données qui fait que je suis quasi-perpétuellement désorientée. Je ne pense pas qu'il y ait ce genre de faille dans les troubles liés à l'identité sexuelle. De même que ce "repli constant" probablement lié aux soucis sensoriels et/ou aux centres d'intérêts envahissants.
La souffrance vient je pense du fait que je voudrais faire des choses (notamment niveau social et relationnel) que je n'ai pas forcément les compétences de faire, ou qui me sont vraiment très compliquées ou énergivores au point d'être dévastatrices. L'acceptation ou pas de la société n'y change pas grand chose à mon avis.

Je suis d'accord avec l'argument de Rudy concernant le changement de sexe ou autre qui peut ainsi être pris en charge, mais pas avec ça.

Citation:
"Does a response of 'wishes to be the opposite sex' mean a little girl likes to play with trucks and a boy likes playing with dolls, or does it mean a child is uncomfortable with his or her gender and wants to be the opposite sex?"

Ca, c'est bien le genre de truc qui me fait hurler! L'identité sexuelle, c'est très long à construire, je trouve ridicule de parler de ça pendant l'enfance surtout si c'est pour s'appuyer sur le fait de jouer à la poupée ou aux camions :roll:
Ca fait partie du développement sexuel normal de l'être humain de s'interroger sur la possibilité d'être de l'autre sexe, chaque personne porte en elle des caractéristiques masculines et féminines, et c'est tellement plus compliqué et plus riche que ça!
Et je me demande: ces personnes qui "wishes to be the opposite sex" veulent-elles vraiment être de l'autre sexe ou être conformes à ce que la société leur renvoie de l'autre sexe?
Et le "child who is uncomfortable with his/her gender", c'est avec son genre qu'il est inconfortable ou avec ce qu'il en perçoit au niveau culturel ou environnemental?
Comment savoir? Surtout aussi jeune (puisqu'il est question de "child")?

Foutre un peu la paix aux gens, les laisser être ce qu'ils sont, et laisser les enfants devenir ce qu'ils deviendront, c'est possible aussi je pense. :innocent:

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MessagePosté: Samedi 30 Juillet 2016 à 18:23 
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Enregistré le: Samedi 28 Mars 2015 à 19:52
Messages: 1101
misty a écrit:
Je ne suis pas d'accord avec ça. Je ne sais pas si j'aurais un diag officiel un jour mais je peux dire aujourd'hui que dans ce qui "m'handicape" au quotidien il y a surtout une sorte de faille dans le système de réception de données qui fait que je suis quasi-perpétuellement désorientée. Je ne pense pas qu'il y ait ce genre de faille dans les troubles liés à l'identité sexuelle. De même que ce "repli constant" probablement lié aux soucis sensoriels et/ou aux centres d'intérêts envahissants.
La souffrance vient je pense du fait que je voudrais faire des choses (notamment niveau social et relationnel) que je n'ai pas forcément les compétences de faire, ou qui me sont vraiment très compliquées ou énergivores au point d'être dévastatrices. L'acceptation ou pas de la société n'y change pas grand chose à mon avis.

Je suis d'accord avec l'argument de Rudy concernant le changement de sexe ou autre qui peut ainsi être pris en charge, mais pas avec ça.


En fait, la notion de handicap est un peu ambigüe dans ce contexte, ça me semble à double tranchant. Pour pouvoir le déterminer comme handicap, il faudrait pouvoir définir le trouble comme "une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant.". Dans le cas où on considère le trouble comme étant une altération d'un de ces domaines, il correspond à un handicap. Si on le considère comme n'étant pas une altération d'au moins un de ces domaines, il n'en est pas (au sens de la loi). Pourtant, le handicap est aussi considéré comme handicap au regard de la situation auquel le handicap se confronte, puisqu'il représente une "limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison", qui fait aussi partie de la définition du handicap. Ce pourquoi on parle de "personne en situation de handicap" et non "personne handicapée".

Je pense qu'on peut le considérer au moins comme un handicap social actuellement. Lorsqu'une personne transsexuel doit par exemple montrer sa carte d'identité, mais que son état civil ne correspond pas à son identité sexuelle, ça peut mettre cette personne dans une situation très handicapante. Mais il ne me semble pas que ça soit reconnu par la MDPH?

Citation:
Et je me demande: ces personnes qui "wishes to be the opposite sex" veulent-elles vraiment être de l'autre sexe ou être conformes à ce que la société leur renvoie de l'autre sexe?
Et le "child who is uncomfortable with his/her gender", c'est avec son genre qu'il est inconfortable ou avec ce qu'il en perçoit au niveau culturel ou environnemental?
Comment savoir? Surtout aussi jeune (puisqu'il est question de "child")?

Foutre un peu la paix aux gens, les laisser être ce qu'ils sont, et laisser les enfants devenir ce qu'ils deviendront, c'est possible aussi je pense. :innocent:


Ce sont aussi des questions que je me pose. :|

Et en dehors de ça, les transsexuels ressentent assez tôt leur incompatibilité avec leur corps (ou rôle social associé), en tout cas, les témoignages vont dans ce sens. Mais, comme toi, ça me semble un peu précoce pour poser ce type de questions à des enfants de façon générale.

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