Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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freeshost
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#31 Message par freeshost » dimanche 4 décembre 2016 à 23:22

Mais ce que tu dis concerne le neutre ou l'inclusif ? Dans le lien Nouah, on distingue clairement le neutre (pour montrer que la personne est non binaire) de l'inclusif (pour ne pas indiquer le genre), distinction très importante, à mes yeux si je veux adapter mon langage à la personne, par exemple à une personne non binaire, selon qu'elle veuille que j'indique qu'elle est non binaire (en utilisant le neutre) ou pas (en utilisant l'inclusif).

Est-ce que les personnes qui utilisent le neutre et l'inclusif l'utilisent aussi pour des objets et des choses abstraites ? Ou font-elles peu de cas si l'on dit le braille, la mathématique, le cube, la toupie , le bras, la jambe ?

Il doit être intéressant de voir les langages inclusifs et neutres dans d'autres langues : espagnol, italien, allemand, etc. :mrgreen:
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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Jean
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#32 Message par Jean » dimanche 4 décembre 2016 à 23:40

Spoiler :  : 
Castiel a écrit : Jean : Tu as raison, je me rends compte que mon argument n'est pas valable. J'en avais l'intuition en l'écrivant, mais je l'ai quand même laissé. Mais mon pseudonyme n'est pas Castel. :? .
L'écriture semi-automatique de mon smartphone, c'est pas terrible. Surtout pour la cellule anti-nazie
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#33 Message par freeshost » lundi 5 décembre 2016 à 0:07

Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

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Moonygirl
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#34 Message par Moonygirl » lundi 5 décembre 2016 à 12:05

freeshost a écrit :Mais ce que tu dis concerne le neutre ou l'inclusif ? Dans le lien Nouah, on distingue clairement le neutre (pour montrer que la personne est non binaire) de l'inclusif (pour ne pas indiquer le genre), distinction très importante, à mes yeux si je veux adapter mon langage à la personne, par exemple à une personne non binaire, selon qu'elle veuille que j'indique qu'elle est non binaire (en utilisant le neutre) ou pas (en utilisant l'inclusif).

Est-ce que les personnes qui utilisent le neutre et l'inclusif l'utilisent aussi pour des objets et des choses abstraites ? Ou font-elles peu de cas si l'on dit le braille, la mathématique, le cube, la toupie , le bras, la jambe ?

Il doit être intéressant de voir les langages inclusifs et neutres dans d'autres langues : espagnol, italien, allemand, etc. :mrgreen:
De toute façon, il faut toujours s'adapter à la personne :) L'inclusif c'est bien en général, et si la personne a des accords particuliers elle te le fera savoir.
Je prends l'exemple de trois personnes non binaires que je connais personnellement, une utilise "il + accords au masculin", une autre "iel + accords au masculin", et la dernière "ol + accords inclusifs".

Ça donne:
Il est étudiant
Iel est étudiant
Ol est étudiant•e
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#35 Message par freeshost » lundi 5 décembre 2016 à 12:44

D'où l'importance d'apprendre ces différentes formes de langage. :mrgreen:
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#36 Message par freeshost » mercredi 4 janvier 2017 à 13:33

Mizton a écrit :Pour ce qui est du le/la, j'ai trouvé perso ma parade : j'écris .
Pour quels noms utilises-tu ?

- pour les animaux ? læ chat, læ souris [on ne sait alors pas son genre],
- pour les personnes (métiers, rôles) ? læ cinéaste, lae enseignanx [y compris si le mot suivant commence par une voyelle ?],
- pour les objets ? læ boîte, læ tournevis, læ guitare, læ violon [car les objets et les choses n'ont pas genre en soi],
- pour les abstractions ? læ mathématique, læ concept, læ temps, læ vitesse, læ dissonance cognitive, læ biais de confirmation, læ moitié, læ tiers, læ double, læ fraction, læ proton, læ théorème dal hauteur, læ conjecture de Syracuse,
- pour les pays, les cantons, les régions ou toute zone géographique ? læ France, læ Québec, læ canton dal Valais, læ département de Haute-Savoie, læ région PACA, læ Haïti [y compris les pays qui n'ont, actuellement, pas d'article devant ?], læ planète, læ continent, læ zone,
- pour les parties du corps ? læ gorge, læ nez, læ liquide céphalo-rachidien, læ cœur, læ vésicule biliaire,
- ...
:mrgreen:
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#37 Message par Rem 82 » mercredi 4 janvier 2017 à 13:37

Il y a un prénom célèbre qui commence comme ça :
Spoiler :  : 
Lætitia
Aspi.

Je pars d'ici :arrow:

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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#38 Message par freeshost » mercredi 4 janvier 2017 à 13:50

Tu as cité la joie (latine) !
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#39 Message par Mizton » vendredi 6 janvier 2017 à 13:44

Comme l'a dit Moonygirl, être de genre non-binaire n'implique pas nécessaire des accords au neutre (et ce pour diverses raisons propres à chacun-e).
Je le précisais dans un précédent message : le parlé au neutre ne concerne pas les objets, le genre grammatical n'a rien à voir avec le genre. Il concerne surtout le pluriel, et dés qu'on parle de personnes (donc les professions, oui).
"Læ", je l'utilise si je parle par exemple à quelqu'un-e, en disant "Seul-e læ docteur-e peut te prescrire ce dont tu as besoin", parce que je ne sais pas le genre de saon médecin.
Après évidemment si tu parles de TON médecin et qu'il s'avère être un homme, bah t'en parles au masculin ^^'

En espagnol, une des façons de parler au neutre c'est de remplacer les terminaisons genrées (-o et -a) par @. (comme le nom du documentaire trans "gueriller@s". L'arobase englobant visuellement le o et le a des terminaisons genrées.)
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#40 Message par freeshost » vendredi 6 janvier 2017 à 21:40

Mi amig@ se llama Antoni@. :mrgreen:

M'enfin, avant, je parlais surtout de l'inclusif, c'est-à-dire, la forme qui n'en dit rien sur le genre.

À ce que j'ai compris, le neutre montre que ce n'est ni cis-masculin ni cis-fémin, donc que c'est trans, alors que l'inclusif n'indique même pas si c'est cis ou trans, il inclut tout tout en en disant le moins. Et c'est l'inclusif que je cherche à utiliser.
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#41 Message par Mizton » vendredi 6 janvier 2017 à 22:02

On s'est mal compris.
Justement tout ce dont je parle depuis le début c'est de l'inclusif...
L'usage du neutre c'EST de l'inclusif, c'est un moyen de dégenrer la langue lorsqu'il n'y a pas à la genrer (c'est du féminisme, un moyen de se débarrasser du sexisme qui consiste à dire que "le masculin l'emporte sur le féminin", qui consiste à ne conjuguer les métiers qu'au masculin... ou les différencier (on dit toujours UN chirurgien mais UNE infirmière, ça en dit long....), à inclure les personnes qui se genrent au neutre, les personnes dont on ignore le genre, etc.

Si je dis que dans telle vidéo j'ai vu la silhouette de quelqu'un-e et qu'iel était habillé-e en vert... je parle pas pas d'une personne trans nécessairement, j'en sais rien qu'elle soit trans ou pas, je lui ai pas posé la question. Je parle d'une personne dont je ne connais pas et ne veux pas présumer le genre. Basta.

Il n'existe pas de langue qui indique spécifiquement qu'on "parle d'une personne trans", tout simplement parce que :
1) être trans n'est pas du tout synonyme de neutre. Je suis un mec ET je suis trans et tu me parles au masculin parce que c'est ce qui correspond à mon genre.
2) quand on ne sait pas le genre de quelqu'un, ou que le genre n'a pas d'intérêt dans la conversation, on ne parle pas d'une personne trans nécessairement, on parle d'une personne "quel que soit son genre". En disant "iel" j'indique que le genre de la personne dont je parle n'est pas pertinent dans ce que je raconte (ça évite les biais genrés dont on est abreuvé-e-s) OU que je ne le connais pas. J'indique pas que la personne n'est pas cis.

Faut pas croire hein, mais la plupart des personnes trans vivent dans le même monde que les personnes cis, et donc pour celles qui sont de genre-s non-binaire-s, elles n'ont pas bcp de choix au quotidien :
le masculin, le féminin, le neutre.
Ya des pronoms différents (ol, iel, ille, ielle, ul...) mais généralement en terme d'accord c'est vite limité, et réinventer une langue entièrement c'est juste pas viable pas pour le moment. Dans un premier temps, ce qui est utilisé c'est l'écriture neutre (dite féministe) qui est inclusive. C'est ce dont je parle depuis le début. ça c'est relativement facile et rapide à mettre en place.
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#42 Message par freeshost » vendredi 6 janvier 2017 à 22:11

Tout cela mérite d'être développée, que l'on en débatte sur divers forums, surtout sur des forum de langue française (dont je suis membre :mrgreen: ) ou sur des forums politiques - dont je suis membre :lol: .

Que les langues se délient, quitte à commettre délits (onctueux et délicieux). :)

Mon royaume pour unx chevalx !

Bon, sur ce, je me déconnecte avant de rentrer chez moi.
Modifié en dernier par freeshost le dimanche 8 janvier 2017 à 17:37, modifié 1 fois.
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#43 Message par Asriel » samedi 7 janvier 2017 à 14:10

Cela dit, ne pas l'utiliser ne veut pas forcément dire qu'on refuse l'inclusivité. Cela peut vouloir dire qu'on accorde, à ce moment-là, la valeur de neutre tant au féminin qu'au masculin. Personnellement, et pour éviter des ramifications langagières qui n'ont pas de sens étymologique bien défini, c'est ce que je fais autant que faire se peut.
En outre, ma position est en train d'évoluer sur la féminisation des noms de métier.
La règle du masculin l'emporte sur le féminin peut être remplacée par l'usage de l'un ou de l'autre à la discrétion de la personne.
Il n'y a qu'une seule vérité !
Aspie de 19 ans. 1型糖尿病。
Je suis un Dahu, étudiant en 2A à Sciences-Po.

Lien vers le serveur Discord Asperansa : https://discord.gg/Up8x9nU.
J'étais anciennement Castiel.

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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#44 Message par Mizton » samedi 7 janvier 2017 à 19:50

Certain-e-s remettent au goût du jour l'accord de proximité (accorder selon le genre grammatical du mot le plus proche de l'adjectif). Ce qui donne : "un navire et une planche à voile détruites".
Mais ce qui me déplait un peu avec cela, c'est qu'il est facile d'invisibiliser le féminin en s'arrangeant pour toujours mettre un mot masculin avant l'adjectif...
Le but d'une écriture neutre (et donc féministe) c'est justement de visibiliser le féminin, et d'affirmer que le "masculin neutre" n'existe pas. C'est justement un positionnement sexiste de la langue que de considérer le masculin comme étant "neutre" par défaut. Si on dit "les filles" ou "elles" pour parler d'un groupe avec une majorité de filles et quelques garçons, pour moi ça ne fairait que reproduire l'idée que "la majorité l'emporte". De plus ça reviendrait à dire qu'on connait (ou croit connaître) le genre de l'ensemble des personnes présentes (ce qui est rarement le cas), et ça invisibiliserait de fait les personnes de genre non-binaire qui pourraient se trouver dans le groupe. Sans parler du cas où dans le groupe il y aurait des garçons trans, ce qui reviendrait à les mégenrer, ce qui serait quelque peu (beaucoup) indélicat.

Je me demande comment tu peux communiquer en rendant perceptible par autrui le fait que l'usage du masculin/féminin dans tes phrases a valeur de neutre. Tu serais d'accord de développer ?
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Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#45 Message par Salicorne » dimanche 8 janvier 2017 à 2:40

Mizton a écrit :Je me demande comment tu peux communiquer en rendant perceptible par autrui le fait que l'usage du masculin/féminin dans tes phrases a valeur de neutre.
Généralement, les locuteurs francophones comprennent dans l'usage quotidien de leur langue que ce que l'on nomme improprement le genre grammatical "masculin" n'a une réelle valeur de masculin que dans un nombre réduit de cas. Le genre grammatical peut certes servir à marquer le sexe des êtres animés, mais sa fonction première n'est en réalité pas d'ordre sémantique.

En pratique, si un professeur dit : "Que ceux qui connaissent la réponse lèvent la main !", les élèves comprennent que cette phrase ne s'adresse pas uniquement aux garçons. Le professeur n'est nullement obligé, pour se faire comprendre, de préciser "celles et ceux".

La confusion entre le genre grammatical et le sexe a été opérée à partir du XVIIIème siècle :
Condillac a écrit :C’est la distinction des deux sexes qui a été le premier motif de la distinction des choses en deux genres ; et pour marquer cette différence jusque dans les noms, on leur a donné des terminaisons différentes suivant la différence des sexes, telles que lion, lionne, chien, chienne. En conséquence, on a dit : les noms, ainsi que les sexes, sont de deux genres.
Il n'y a pas de pression normative visant à imposer le genre grammatical "masculin" sur le genre grammatical "féminin". Le fonctionnement de la langue française du XXIème siècle est par essence asymétrique : le genre grammatical "féminin" est exclusif, le genre grammatical "masculin" ne l'est pas. Ce n'est pas un refus "d'inclusivité" ni une question de de sexisme, mais simplement une réalité d'usage.
  • Je pourrais parfaitement dire, en parlant d'un groupe de filles : "Ils sont en route vers Paris." si je ne souhaite pas mettre d'accent particulier sur le fait qu'il s'agit d'un groupe exclusivement composé de filles.
  • Je suis de sexe féminin, et il est écrit "Programmeur" sur mon curriculum vitae car j'estime que mon sexe n'a aucune importance et n'a pas besoin d'être précisé dans ce contexte. Je ne suis pas en défaveur de l'usage des termes féminisés, mais je souhaite avant tout mettre en avant mes compétences.
Dès lors qu'il n'existe que deux genres grammaticaux dans une langue, il se trouve une contrainte dans le choix du genre à utiliser lorsque l'on parle d'un ensemble d'individus. En français, le féminin demande souvent l'ajout d'un phonème (à l'oral) par rapport à une base "masculine". Il est donc plus économique pour les locuteurs de privilégier l'usage de la base dans les cas généraux. D'ailleurs, cet usage tend naturellement à se généraliser dans la langue orale, y compris dans les cas où l'accord attendu devrait être féminin :
Un homme politique français a écrit :Leur réaction est excessive et je crains qu’elle ne puisse pas être compris des Français.
Je me suis aperçue, suite à cette prise de conscience, que je ne faisais moi-même pas systématiquement l'accord du féminin à l'oral, et la raison n'est pas d'ordre identitaire. La langue orale ne dispose pas de règle fixe, elle suit sans cesse une dynamique de changement.

Vouloir influencer la langue en se basant sur des codes écrits m'apparait comme essentiellement politique. Ce que certains nomment pompeusement la "communication inclusive", est à mes yeux, bien au contraire, excluant pour tous les non-initiés à ce sociolecte basé sur une théorisation linguistique archaïque et contestable en bien des points. Ce code demande un effort supplémentaire pour le scripteur comme pour le lecteur. Il impose une désynchronisation de surcroît entre le code écrit et la langue orale. Enfin, il ne garantit aucunement une meilleure prise en considération des droits des individus. Le persan ne connait pas de genre grammatical, mais les iraniens sont, je pense, moins bien lotis que les français en matière de sexisme.

Prétendre que le "masculin neutre" n'existe pas est un contresens quand on observe les usages encore bien ancrés dans la langue française, ainsi que les nouveaux usages qui apparaissent. Je ne comprends pas du tout pourquoi les personnes diversement genrées ont un problème avec l'usage courant du genre "masculin", et préfèrent inventer des termes parfois insensés, comme "quelque-unes" au singulier. En quoi est-t-il présumant de dire "J'ai vu la silhouette de quelqu'un. Il se trouve que c'était une dame, quelqu'un que je connais." ?

Personnellement, je trouve que la diminution de l'usage du genre "féminin" serait plus avantageux pour tout le monde qu'une re-dualisation forcée du genre "masculin".
Bilan clinique évoquant un possible Syndrome d'Asperger

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