Votre avis sur la psychanalyse?

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Eva36
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#286 Message par Eva36 » vendredi 6 octobre 2017 à 22:13

- En 1980, toutes les références freudiennes ont été retirées du DSM III pour leur absence de scientificité.
- La psychanalyse a fait l’objet d’un rapport de l’INSERM en 2004 qui démontre qu’elle est sans efficacité sur le plan thérapeutique.
- Elle a aussi été désavouée en 2010 par la Haute Autorité de Santé pour sa fausse prétention à pouvoir soigner l’autisme !
La psychanalyse a été condamnée pour ne pas être une science, pour cause, elle n'a jamais prétendu en être une, sauf par Freud qui l'avait espéré sans y parvenir.
Inutile de se sentir agressé, je ne prétends pas qu'elle ne fait pas de tort.
Autrey a écrit :Résumé de la psychanalyse ?
Tout ça est vrai, je n'ai pas dit le contraire. Sauf la "misogynie" qui n'est plus d'actualité, mais l'a été, en effet.

Il est vraiment inutile que vous preniez une opinion théorique pour une agression personnelle.
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aufildesjours
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#287 Message par aufildesjours » samedi 7 octobre 2017 à 7:03

Eva36 a écrit :
Sauf la "misogynie" qui n'est plus d'actualité, mais l'a été, en effet.
Il est hélas possible de soutenir qu'elle est encore parfaitement misandre (cf théorie de l'étayage, des pulsions, des relations d'objets, des pulsions d'attachement).

Françoise Dolto : « il est dans l'ordre des choses qu'un père ne s'occupe pas de son enfant bébé : ce n'est pas le rôle d'un homme. ».

Aldo Naouri : « Tout enfant a trois pères : un père géniteur, un père social / et un père fonctionnel, celui qui remplit la fonction de père. Ces trois pères peuvent n’en faire qu’un. Ou pas. / la présence réelle, effective, du père aux cotés de l’enfant n’est pas absolument indispensable. / c’est une fonction, disons atomisable. N’importe qui peut la remplir (un oncle, un professeur, un ami de la famille, une grand-mère même...) … ».

Donald W. Winnicott : « Dans ce contexte, je laisse de côté les relations père-nourrisson parce que je parle de phénomènes primaires, ceux qui concernent la relation du nourrisson à sa mère ou au père, qui n'est qu'une autre mère. ».

Jacques Lacan précisait que le père se doit d’être : « en retrait des premières appréhensions affective de l’enfant ».

Voilà ce qu'on enseigne encore dans les universités françaises : « Stade phallique (vers 4 ans) : Jusque-là le père était vécu comme une mère auxiliaire. / quand le père réel est inexistant, le rôle paternel est tenu par tout ce qui sépare la mère de l’enfant, que ce soient le travail dans la journée, un membre de la famille… etc. / il faut que la fonction du père soit reconnue par la mère, puis par l'enfant. / Cette fonction paternelle doit exister dans l'esprit de la mère dés le début. ».

Ainsi, la psychanalyse contribue chaque année au fait que 20% des enfants du divorce ne voient plus du tout leur père et au suicide d'environ 1000 pères de famille suite à ces désastres familiaux. La psychanalyse constitue un risque majeur de santé publique.

Vous prétendez qu'elle n'est plus misogyne... On ne pourra jamais le vérifier puisque les adeptes de cette fausse science refusent toute évaluation. Mais c'est déjà une bonne chose de reconnaître qu'elle l'a été.
La grande diversité des religions pose question quant aux vérités qu’elles énoncent. Il en va de même pour les théories psychanalytiques (Rillaer).
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#288 Message par Tugdual » samedi 7 octobre 2017 à 8:51

Eva36 a écrit :La psychanalyse a été condamnée pour ne pas être une science, pour cause, elle n'a jamais prétendu en être une, sauf par Freud qui l'avait espéré sans y parvenir.
Et c'est bien le problème : refusant le statut de Science,
elle refuse toute évaluation sérieuse, et ce n'est pas
acceptable pour une discipline dont l'objet est le soin.
Bilan le 24/09/2014 : non-Aspie, juste trouble de la communication sociale ...

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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#289 Message par Eva36 » samedi 7 octobre 2017 à 11:56

Ne faites pas attention, je suis un peu stupide avec mes intérêts restreints. Je n'avais pas vraiment réalisé que c'en était un. Toutes mes excuses, ce n'est pas le lieu :?
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#290 Message par Autrey » samedi 7 octobre 2017 à 12:53

Eva36 a écrit :Ne faites pas attention, je suis un peu stupide avec mes intérêts restreints. Je n'avais pas vraiment réalisé que c'en était un. Toutes mes excuses, ce n'est pas le lieu :?
Si c'est le lieu, chacun ses intérets restreints même si le tien ne laisse pas indifférent sur ce forum ! :mryellow:
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#291 Message par Eva36 » samedi 7 octobre 2017 à 13:02

Autrey a écrit :
Eva36 a écrit :Ne faites pas attention, je suis un peu stupide avec mes intérêts restreints. Je n'avais pas vraiment réalisé que c'en était un. Toutes mes excuses, ce n'est pas le lieu :?
Si c'est le lieu, chacun ses intérets restreints même si le tien ne laisse pas indifférent sur ce forum ! :mryellow:
C'est gentil, mais non ce n'est pas le lieu. Votre point de vue est pratique, et "pratiquement", c'est le bon. Seulement mon intérêt est uniquement théorique, donc rien à voir.

C'est un peu comme si je disais que vous devriez vouloir caresser un scorpion sous prétexte que je m'intéresse aux scorpions :crazy:
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#292 Message par Autrey » samedi 7 octobre 2017 à 13:14

Eva36 a écrit :
Autrey a écrit :
Eva36 a écrit :Ne faites pas attention, je suis un peu stupide avec mes intérêts restreints. Je n'avais pas vraiment réalisé que c'en était un. Toutes mes excuses, ce n'est pas le lieu :?
Si c'est le lieu, chacun ses intérets restreints même si le tien ne laisse pas indifférent sur ce forum ! :mryellow:
C'est gentil, mais non ce n'est pas le lieu. Votre point de vue est pratique, et "pratiquement", c'est le bon. Seulement mon intérêt est uniquement théorique, donc rien à voir.

C'est un peu comme si je disais que vous devriez vouloir caresser un scorpion sous prétexte que je m'intéresse aux scorpions :crazy:
Je ne caresserai pas un scorpion mais tu as raison de défendre ton point de vue au milieu de cette marée psychanalitico-scpetique !

(image : scorpion de Mandchourie)
Fichiers joints
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#293 Message par aufildesjours » samedi 7 octobre 2017 à 13:25

Eva36 a écrit :Votre point de vue est pratique, et "pratiquement", c'est le bon. Seulement mon intérêt est uniquement théorique, donc rien à voir.
Dans les meilleures universités nord-américaines, on n’enseigne plus la psychanalyse dans les départements de psychologie (Harvard, Stanford, État de Pennsylvanie, Yale, Wisconsin, Oxford, etc.). On y enseigne les TCC, la psychologie du développement et autres disciplines validées : http://www.nytimes.com/2007/11/25/weeki ... cohen.html

L'avenir de la psychanalyse n'est pas dans la psychiatrie même si une partie de son bagage repose sur le bon sens. La majorité des dogmes freudiens sont de l'époque de Freud. Et Freud falsifiait ses écrits pour qu'ils coïncident avec ses pseudo-théories. Lorsque les dogmes freudiens sont attaqués par la psychologie scientifique, systématiquement ses protagonistes mettent en avant des systèmes de défense, et/ou inventent de nouvelles pseudo-théories sorties de leur chapeau qu'ils disent vraies tant que les psychologues scientifiques n'auront pas démontré qu'elles sont fausses. Lacan disait que la psychanalyse est un délire scientifique. Il ajoutait également qu'il n'y a pas de progrès (comprendre progrès scientifique). Lacan a tourné sa cuti après qu'il se soit fait traiter de charlatan par Noam Chomsky en 1975. Comme quoi, une bonne douche froide peut avoir son efficacité.

L'avenir de la psychanalyse est dans l'art, la poésie, la littérature... D'ailleurs, Lacan le disait lui-même : je suis un poète.
La grande diversité des religions pose question quant aux vérités qu’elles énoncent. Il en va de même pour les théories psychanalytiques (Rillaer).
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#294 Message par Zebra3 » jeudi 12 octobre 2017 à 0:26

@Tugdual, ok, donc pour résumer on n'est sûr de pas grand chose.
Mais on est à peu près d'accord finalement, même si on l'exprime différemment :P
Anahata a écrit :Bonjour, je suis épatée de voir qu'il existe quelqu'un qui voit et est arrivé aux mêmes questionnements. (borderline, perversion narcissique etc) même déduction pour mon père. Et d'autres personnes qui ont compté aussi.tout pareil. C'est ouf. Heureusement que la théorie du SA est venue aplanir tout ça parce que je me voyais dans un champ miné !
Ah oui, cool de trouver quelqu'un qui a fait le même cheminement :bravo: Les grands esprit se rencontrent :P
Je pense que ça vient d'une profonde empathie et d'une profonde croyance en la bonté originelle de l'être humain (avant que la dure réalité ne lui pollue l'esprit), aboutissant sur un refus d'accepter que ces personnes (c'était mon père et mon 1er amour, ce n'est pas comme si j'avais eu affaire à des mafieux ou des trafiquants de drogue ayant perdu toute morale :?) pouvaient volontairement m'avoir fait souffrir de la sorte.
Anahata a écrit :J'ai compris aussi que le déni de réalité et l'arrogance étaient des éléments que l'on pouvait inclure dans le Tsa. Ça aide ! Car quand on voit la théorie sur la perversion narcissique c'est juste horrible quoi. Ils sont présentés comme des meurtriers psychiques conscients. Quelle horreur ! Je sais pas si vrai, je sais pas si ça existe mais moi quand je vois que je suis capable d'aimer l'un ou l'autre c'est là que je remets en question ces théories fumeuses pour ma propre expérience. Après... qui sait, peut-être que ça existe
Le générique des dents de la mer serait idéal là 'lol'
C'est clair, même réflexion. C'est les récits de victimes qui me faisaient m'interroger, le fait que ça me parlait par rapport à ce que j'ai vécu quand la nana m'a rayé de sa vie, ce sentiment d'avoir eu affaire à quelqu'un qui fonctionnait différemment, qui n'avait pas de "réciprocité humaine", en gros sur un mode autistique.
Après pour les PN en particulier, certains ont peut-être une certaine maîtrise d'eux-même (ça les différencierait peut-être des borderlines), de leur faux-self. Mais comme leur esprit serait donc défaillant de façon innée sur tout ce qui concerne les interactions humaines, forcément les comportements sont pour le moins inadaptés.
D'une certaine manière ce serait des individus qui seraient arrivés à une certaine forme de stabilité en étant totalement détachés des affects et dans le contrôle total de l'autre, c'est assez triste tout ça :? .

Dans les récits il y a notamment le fait que le PN se "révèle" souvent après le mariage ou une naissance. J'ai encore lu récemment que l'amour et la rage trouveraient leur origine au même endroit du système limbique, alors c'est juste moi qui théorise mais on peut imaginer que les connexions cérébrales déconnent, que ce qui devait être de l'amour soit ressenti en rage, etc. Si on ajoute à ça un inné autistique (lacunes de théorie de l'esprit, alexithymie, psychorigidité) et un acquis inadapté aboutissant sur des années d'incompréhension du monde social, la condition de PN a pu "mijoter" pendant des années. Ce serait tragique en fait :( .

D'où mes questionnements sur l'autisme qui se poserait en théorie globale d'explication des troubles de la personnalité :
Ce serait une base autistique innée sur laquelle se pose un acquis forcément inadapté, et suivant la teneur et le mélange des deux ça donnerait tel ou tel trouble.

Comme on parle de spectre autistique et que j'ai un esprit visuel, j'imagine facilement un dégradé du blanc au noir où d'un côté ce serait NT l'autre TED, avec un seuil à un endroit définissant le diagnostique, mais ça n'empêche pas que le spectre soit continu.
Et en imaginant le spectre de la lumière avec les UV et infra-rouges aux extrémités (représentant par exemple autisme de bas niveau et autisme de haut niveau), ça donne déjà une image plus parlante de la complexité de la chose.
Et en ajoutant des dimensions ça l'est encore plus : On peut passer le spectre en 2D, comme une rose des vents, où le centre serait "la norme" et plus on s'éloigne de l'origine, plus on tend vers tel ou tel trouble lorsqu'on passe un seuil.
Et en complexifiant encore, en 3D, on aurait un amas vers l'origine représentant la majorité de la norme, et en s'éloignant sur tel ou tel axe on tend vers tel ou tel trouble (la concentration dans le repère serait grosso-modo une courbe de Gauss).
Et en complexifiant encore on passe en 4D, 5D, 6D (autant que nécessaire pour représenter la complexité de l'esprit humain) et là ça devient mathématique :crazy: et il est temps d'aller au lit :lol:
Statut : Proche d'éventuel(s) aspie(s). Personnellement, peut-être "doué". Pas de démarche de diagnostic pour moi dans l'immédiat.

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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#295 Message par FinementCiselé » jeudi 18 janvier 2018 à 1:23

Zebra3 a écrit :Dites, si la psychanalyse — avec la théorie de l’objet — a majoritairement tord, l’autisme se pose-t-il alors comme approche globale pour expliquer une grosse partie des problèmes psy lorsqu’il n’y a pas de traumatisme ?

En gros, alors que la psychanalyse cherchait à expliquer la majorité des troubles par l’acquis (mauvais traitements, rapport mère/enfant non adapté, etc…) l’autisme de haut niveau au sens large (pas seulement asperger) expliquerait ces mêmes problèmes par l’inné ?
Si oui pourquoi conserver le DSM et le CIM ?
Si non, où s’arrête et où commence l’autisme ? Et les troubles psys qui ne seraient pas de l’autisme ?

Par exemple, j’ai pu lire que la seule différence ou presque entre certains aspies et des personnes borderline pouvait être le fait que l’aspie est inné (signes précoces chez l’enfant) alors que le borderline est acquis, mais les manifestations peuvent être les mêmes. Faut-il en déduire que ce sont les mêmes processus qui ont lieu dans le cerveau ? Si oui, entre des difficultés acquises de façon prénatale et des difficultés acquises dans l’enfance, franchement, quelle différence ?
Moi-même j’ai longtemps pensé que mon père avait une tendance borderline (borderline introverti, sans les tendances suicidaires ou les conduites à risque, mais avec la dépendance affective, les sautes d’humeur, les effondrements émotionnels, etc) pour finalement en venir à penser qu’il serait aspie non diagnostiqué.
Idem pour une nana qui m’a fait beaucoup de mal, semble-t-il sans s’en rendre compte, et dont tout ce que je sais peut correspondre à des traits autistes.

Et la névrose hystérique, qu’en penser ? J’ai lu à propos de l’hystérie des symptômes comme des crises, que l’imaginaire peut imprégner la réalité, qu’il peut y avoir une attitude soit enfantine, soit masculine, et plus précisément une attitude particulière concernant les relations (séduction sans rapport sexuel, attitude aboutissant au fiasco du partenaire), ou encore le partenaire qui perd de son intérêt une fois « acquis ».
Autant de « traits » qu’on pourrait probablement trouver chez des aspies, voir par exemple le sujet sexualité où des aspies décrivent comment ils perdent rapidement l’intérêt pour les relations sexuelles après un début de relation tonitruant.
D’ailleurs, on a longtemps cru que le SA concernait en grande majorité les hommes, jusqu’à ce qu’on se rende compte que les femmes sont sous-diagnostiquées. Faut-il penser que de nombreuses femmes légèrement aspies seraient diagnostiquées à tord comme des hystériques ? (ou des maniaco-depressives ou autre)

J’ai mentionné le trouble borderline, je me demande même si l’on ne pourrait pas faire un lien entre autisme et perversion narcissique. Certains aspies, avec lacunes de théorie de l’esprit, s’adaptent à leurs difficultés par la stratégie du « déni et de l’arrogance » telle que décrite par Tony Attwood (arrogance, inflexibilité, réponse à une douleur morale par une douleur physique, rancune qui peut aboutir à rechercher une vengeance pendant des années), une description qui semble pouvoir correspondre à un comportement manipulateur de PN qui emmerde son ex-conjoint des années durant.
A moins qu’on soit dans un tableau psychopathique pour la perversion narcissique. Mais je note néanmoins que la France est le seul pays (à ma connaissance) où l’on parle de « perversion narcissique » (aux US on ne parle que du trouble narcissique), et quasiment le seul pays où la psychanalyse est si forte, et l’autisme ni mal connu… pourrait—on y voir un lien de cause à effet ?
Pourrait-il y avoir moins de PN dans les pays où l’autisme est diagnostiqué précocement ?

Une autre « stratégie » d’adaptation d’un autiste qui s’ignore est la dépression… Faut-il en conclure que la dépression peut-être — dans une certaine proportion du moins — d’origine autistique ? Ou plus généralement génétique ?

Et l’anorexie ou la boulimie, combien de personnes ont un suivi médical qui ne met pas le doigt sur l’autisme sous-jacent ?

Et les psychoses, faut-il « simplement » se dire que c’est similaire à l’autisme (des dysfonctionnements cérébraux), mais en bien plus grave ?

J’ai pu lire qu’il y aurait une incidence génétique au trouble borderline, ainsi que dans la schizophrénie, est-on grosso-modo en train de découvrir qu’il y a une incidence génétique dans la plupart des problèmes psys ?

Vous voyez où je veux en venir ? On a placé un « curseur » qui définit ou non si une personne est autiste parce qu’on est comme ça nous les humains, on a besoin de repères, de seuils, de limites, de catégories, mais l’autisme est un spectre, alors faut-il considérer que ce spectre est bien plus large que ce qu’englobe le diagnostique, et que de nombreuses personnes qui ne présentent pas suffisamment de traits autistiques pour ne serait-ce qu’envisager le diagnostique présentent néanmoins des traits autistiques qui les font « tomber » dans les autres troubles ? (borderline, hystérie, bipolaire, dépressif, etc)

Par ailleurs, je sais que la nuance n’est pas forcément le fort des autistes, aspies compris, et je peux comprendre la colère des autistes envers la psychanalyse, mais je pense que vous n’avez pas la bonne attitude pour faire passer votre point de vue : En parlant de la psychanalyse comme d’une secte, de fumisteries, d’un gourou détraqué etc, vous êtes simplement ultra-polarisant, et ce n’est pas comme ça que vous ferez changer d’avis quelqu’un qui a cru aux théories psychanalytiques depuis des années.
Moi-même en arrivant sur ce forum, je venais de passer 3 années de ma vie à lire des sites psy pour comprendre le comportement de la nana sus-mentionnée, en partant de rien, en n’ayant à la base aucune connaissance en psycho. Je commençais à peine à avoir un avis en arrivant ici où l’on me dit que tout ça n’est que de la foutaise, c’était déjà difficile à encaisser.
Alors imaginez quelqu’un qui a fait une fac de psycho, qui a eu son master, puis qui a exercé des années en se basant sur les théories psychanalytiques, ou qui a même pu se diversifier avec les TCC, s’entendre soudainement dire que ce en quoi il a cru pendant des années n’a aucun fondement, qu’il s’est planté toutes ces années : C’est presque une sorte de deuil de soi-même.
Alors je ne sais pas si Freud était véritablement un escroc, mais faites attention à ne pas avoir une lecture anachronique de la psychanalyse. A l’époque, où l’on croyait encore à des tas de choses autrement plus saugrenues, c’était peut-être une façon louable de vouloir expliquer les troubles de la personnalité, même si aujourd’hui les neurosciences semble donner tord à la psychanalyse sur de nombreux points. Pour faire un parallèle, à une époque l’esclavage était « normal », le machisme était « normal », l’antisémitisme était « normal », etc etc…

Mais dans le cas d’une personne non autiste ayant des difficultés psychologiques, peut-être dues à un traumatisme (un manque d’affection latent et peu visible pouvant être un traumatisme), la psychanalyse reste indiquée non ?
Des années de manque d’affection, ou d’un traitement peu valorisant, c’est un conditionnement, et sans causer un trouble forcément profond, ça peut vraiment inhiber un individu, et il faudra du temps pour qu’il s’ouvre à nouveau, et c’est dans ces cas là, notamment, que l’interaction avec un psy est nécessaire, le psy donnant à la personne inhibée l’expérience d’un rapport humain plus neutre, plus adapté, plus valorisant, en faisant prendre conscience à la personne de ce qui était négatif dans son éducation familiale.
Est-ce qu’on appelle ça psychanalyse ? TCC ? Je ne sais pas trop, j’appelle ça « analyser son passé, son éducation, son chemin de vie, avec quelqu’un qui a un regard neutre et objectif, pour en trouver les lacunes et les corriger » et ça je pense que c’est aussi valable pour les autistes, dans la mesure où ils peuvent se remettre en question (pour certains ça semble vraiment compliqué).
Tu confond psychanalyse et définition d'un trouble mental.
Chaque trouble a une définition précise et vérifiable au niveau clinique. Et la clinique est précise.

La psychiatrie n'est pas la psychanalyse et la psychanalyse n'est pas la psychiatrie.

PS : l'autisme, c'est pas un fourre-tout.
PPS : la psychiatrie est le seul domaine de la médecine où le médecin prenant en charge le patient peut lui mentir pour sa thérapeutique. (Oui oui, des personnes sont diagnostiquées avec certains troubles alors qu'ils sont autre chose)
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Meddio
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Psychanalyse ?

#296 Message par Meddio » lundi 2 avril 2018 à 0:43

Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (début).


Bonjour,

La psychanalyse semble être ce dont tout le monde se défie.

Une fois posé le postulat selon lequel elle n'éclaire en rien un diagnostic d'autisme, peut on dire qu'elle est bonne à jeter ?

Cela me semble discutable pour au moins deux raisons :

1) Si elle est obsolète, elle reste l'un des courants de pensée majeurs du XXe siècle et est un outil de choix pour comprendre comment nous sommes arrivés au monde dans lequel nous vivons - se demander comment hier fut interprété pour comprendre où en est aujourd'hui (jetterait-on Platon car plus personne ne croit en Zeus ? Newton est-il rejeté car ses théories sont dépassées ?)

2) Si elle n'est pas pertinente pour un diagnostic de l'autisme, peut-être l'est-elle pour d'autres choses (C'est une aberration que d'essayer de jouer du piano avec des gants : les gants sont-ils pour autant bons à jeter ?)

Il me semble que la psychanalyse implique aussi (surtout ?) une étude des structures et des symboles en tant que représentations mentales et imaginaires et donc n'allant pas de soi. Elle porte donc principalement son intérêt sur le langage, ce qui peut être intéressant dans le cadre de l'autisme - hors du diagnostic bien sûr.

Pourquoi est-elle si mal vue - au-delà des thèses de Bettelheim qui n'est pas, à lui tout seul, la psychanalyse, ou des psychanalystes de comptoirs ou des clichés du style "asseyez-vous dans le divan ... Racontez moi-votre enfance ... Oui ! C'est à cause de la [ musique type ouverture de Turandot] place du père !" ?
Diagnostiqué SA et HPI

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Re: Psychanalyse ?

#297 Message par V4V » lundi 2 avril 2018 à 1:46

Dès les premières années, la psychanalyse (j'abrégerai en "psykk", mot si bien trouvé... :twisted: ) a été bâtie sur des mensonges, c'est un fait historique avéré et démontré par des historiens justement, lesquels ont travaillé en pleine objectivité. Freud a falsifié ses résultats et projeté ses propres délires et névroses dans une théorie fumeuse qui, rappelons-le, a toujours et reste fort justement considérée comme une pseudo-science, au même titre que l'astrologie, la graphologie etc... Elle n'a aucune scientificité ni réfutabilité (cf Karl Popper en particulier). Freud était cocainomane aussi, ce qui n'arrange rien à la recevabilité de ses idées... Enfin, on sait aussi que Freud était a ce point attiré par l'argent que c'est lui qui a instauré et instillé l'idée que le fait que le patient paie avant de commencer chaque séance faisait partie du processus de guérison, alors qu'en fait il craignait surtout que le patient se suicide en cours d'analyse et que le praticien qu'il était ne puisse alors être payé... :shock:

Ses successeurs n'ont rien amélioré, bien au contraire, ils ont prospéré en amenant chacun leur propre masturbation intellectuelle au mieux inutile, au pire nocive, tels Lacan qui à la fin de sa vie a déclaré lors d'une interview que la psykk était "une escroquerie", Bettelheim en effet avec son délire de "mère-réfrigérateur" et toute la nocivité que cela a engendré dans le diagnostic et plus encore dans la prise en charge des autistes ainsi que la culpabilité jetée aux parents, Klein no comment je préfère ne pas manquer de respect à une femme... Et bien d'autres encore. Pour arriver aux adeptes du packing, dénoncée par l'ONU comme une torture ; j'aimerais bien les voir tout ces psykk à poil emmaillotés dans des draps à 5 degrés, on verrait s'ils apprécient ce qu'ils préconisent bien au chaud dans leur cabinet ! :evil:

Dois-je rappeler que cela fait maintenant bien longtemps que tous les pays civilisés du monde ont banni la psykk, aux regrettables exceptions de la France et de l'Argentine ? Il y a bien une raison, non ?

Quand je vois des personnes en être à 10 ans de psykk, ne pas avoir avancé d'un iota et juste enrichi leur praticien, je trouve cela juste pathétique... Je n'ai pas besoin d'un an pour savoir si la thérapie proposée est efficace ou pas.

Je suis optimiste : la psykk mourra à petit feu, étouffée par elle-même, ses délires, ses contradictions, son inutilité absolue et sa vénalité. Et comme beaucoup je n'irai pas pleurer sur sa tombe.

C'est un forum, on peut amener ses idées et discuter. Mais la psykk c'est indéfendable, a fortiori sur un forum d'autistes. :naugty:
Modifié en dernier par V4V le samedi 5 mai 2018 à 20:01, modifié 1 fois.
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Re: Psychanalyse ?

#298 Message par hazufel » lundi 2 avril 2018 à 8:50

Il y a déjà un sujet sur ce thème, votre avis sur la psychanalyse.
Sinon je suis personnellement de l’avis de V4V


Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (fin).
Diagnostiquée TSA Asperger.
3 fils dont des jumeaux diagnostiqués TSA de type Asperger.

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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#299 Message par Tugdual » lundi 2 avril 2018 à 9:26

Quand après un siècle, une discipline n'a toujours pas de corpus théorique
ni d'évaluations satisfaisants, il est grand temps de passer à autre chose.

S'obstiner à utiliser de mauvais outils en matière de soin est intellectuellement
malhonnête, et médicalement néfaste pour les patients, qui auraient pu bénéficier
d'autres outils plus efficaces. Pour un scientifique, c'est simplement injustifiable.

La place de la psychanalyse est dans les cours d'histoire de la psychiatrie.
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Re: Votre avis sur la psychanalyse?

#300 Message par Meddio » lundi 2 avril 2018 à 11:15

Bonjour,

Je crois avoir compris :

1) Si l'on considère la psychanalyse comme une science : elle n'a pas sa place (et là je suis entièrement d'accord, pour moi ça relève plus d'un courant philosophique, mais je le trouve quand même intéressant dans l'histoire du début du XXe siècle)

2) Si l'on considère la psychanalyse comme une pratique concrète visant à aider les gens ayant des différences : je n'en sais rien, je ne peux pas parler car je n'ai jamais mis les pieds chez un psychanalyste (je parlais avant tout des textes plutôt que de la pratique et de ses praticiens)

3) Maintenant si l'on considère que dans l'histoire des idées, elle a contribué à nous faire réaliser qu'aucune structure sociale ne va de soi (cf. Totem et tabou) ou que tout n'était que symbole et représentation - peut-être influencée par la phénoménologie avec laquelle elle a évolué - ou que les religions font partie d'un système structurel visant à maintenir artificiellement tout le monde dans une même forme de norme (cf. L'Avenir d'une illusion), ou à faire rentrer dans l'idée de tous que nous n'avons pas une totale conscience des choses, ce qui aujourd'hui semble être une évidence admise par tous (cf Leçons d'introduction à la psychanalyse), peut-être peut-on y trouver un peu d'intérêt encore aujourd'hui.

Je ne veux pas faire du "pathos" qui n'a rien à faire dans un argumentaire, mais ça vous permettra peut-être de mieux comprendre mon point de vue : pendant longtemps, je n'ai eu que la psychanalyse pour tenter de m'expliquer à moi-même (en tant que corpus de textes et non de praticiens bien sûr) et même si ça n'a pas suffi (sinon, je n'aurais pas entrepris un processus de diagnostic SA qui est venu répondre à tout ce que la psychanalyse avait laissé de lacunaire), je garde un certain attachement pour certaines idées que j'y ai trouvées et qui m'ont semblé intéressantes.

Maintenant je comprends que :

- Beaucoup ont souffert de ces pratiques de la part des praticiens (et moi aussi en CMPP étant enfant où ma mère, en plus d'être "souvent absente", est qualifiée "d'instable" par exemple, où "la place du père" est aussi remise en cause, mais je fais le distinguo entre les textes et la psychanalyse de comptoir des praticiens)
- Si l'on attend quelque chose d'empirique, on peut toujours attendre (entièrement d'accord mais je n'attends rien d'empirique de Platon non plus, et selon moi, la psychanalyse relève plus d'un courant philosophique - d'ailleurs, la tripartition du moi est très proche du cavalier et de ses chevaux blanc et noir que l'on trouve dans le Phèdre de Platon)
- [là c'est une plaisanterie] Johnny Cash était aussi cocaïnomane et ça ne l'a pas empêché de faire quelques chansons agréables

Je comprends que c'est un sujet sensible mais je ne peux pas m'empêcher et c'est pour ces sujets de réflexion aussi qu'un forum est intéressant

PS : je m'excuse d'avoir créé une discussion pour rien et remercie d'avoir déplacé mon message.
Diagnostiqué SA et HPI

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