Méthodes de prise en charge

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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Jean
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Méthodes de prise en charge

#1 Message par Jean » lundi 27 juillet 2009 à 11:57

Sur ce sujet, Karina Alt (de Léa pour Samy)vient de publier une analyse intéressante :
Les troubles du spectre autistique : de la science à l’obscurantisme sectaire
Extrait de l'introduction : Si les profils sont ainsi variés, les méthodes ou programmes d’intervention qui sont proposés aux personnes présentant des TSA le sont tout autant. Certains types d’intervention ou traitements véhiculent d’ailleurs des conceptions étiologiques de l’autisme qui leur sont propres, partielles voire en désaccord profond avec les derniers résultats de la recherche scientifique internationale.

Pourtant, des « Guides de bonnes pratiques » européens mais aussi internationaux existent et permettent de savoir exactement ce qui est efficace et validé scientifiquement dans l’intervention auprès des personnes atteintes de TSA. Ces guides proviennent d’experts internationaux qui ont évalué l’efficacité de chaque traitement proposé aux personnes atteintes de TSA (voir le détail dans la bibliographie donnée par le document d’Autisme Europe recopiée ci dessous). La DGAS (Direction Générale de l’Action Sociale) même, note dans son rapport sur les pratiques thérapeutiques proposées dans l’autisme : « Cela nous a conduit à décrire des pratiques largement utilisées en France mais paradoxalement n’ayant pas fait l’objet d’évaluations scientifiques et, d’autre part, des pratiques très peu ou non utilisées dans notre pays mais pour lesquelles nous disposons de nombreuses études sur leur niveau d’efficacité. » DGAS 2007
Plan :
  • 1 Traitements éducatifs et comportementaux
    1.1 ABA :
    1.2 P.E.C.S
    1.3 Le TEACCH
    1.4 Le Makaton
    2 Traitements pharmacologiques
    3 Traitements fondés sur les idéologies psychanalytiques n’ayant pas fait l’objet d’évaluation scientifique

    3 .1 Le packing
    3.2 La pataugeoire
    3.3 Le holding
    3.4 Les animaux (zoothérapies, équi-thérapies, etc.), les fermes thérapeutiques, la musico-thérapie, l’art thérapie…
    4 Méthodes pratiquées sans validation et en totale marginalisation
    4.1 L’Oxygénation Hyperbare ou HBOT
    4.2 Son Rise
    4.3 Le régime sans gluten ni caséine
    4.4 La méthode des 3I (ou Individuelle, Intensive, Interactive)
    4.5 La Communication facilitée (ou « psychophanie »)
    4.6 Méthode Feuerstein
    4.7 Méthode Padovan ou Réorganisation Neuro-Fonctionnelle
    4.8 l’Ostéopathie crânienne

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La pataugeoire : contenir et transformer les processus autis

#2 Message par Jean » lundi 27 juillet 2009 à 11:59

Une critique d'un livre sur la pataugeoire :
La pataugeoire : contenir et transformer les processus autistiques
de Anne-Marie Latour, Stéphane Pinchon, Pierre Delion (Préface), Pierre Lafforgue (Préface)
critiqué par Maya11367, le 26 juillet 2009

Atelier-pataugeoire – décryptage
Image

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#3 Message par Jean » lundi 27 juillet 2009 à 15:07

AU RENDEZ-VOUS DES USAGERS. Alibi ou mouvement de fond ?
La référence aux usagers paraît parfois à certains professionnels comme une démagogie ou une tentative d’embellissement d’un système qui serait surtout préoccupé de maîtrise des coûts.
Peut-être est-ce en partie vrai ? Peut-être est-il commode d’invoquer "l’usager au centre" quand justement c’est de gestion et d’organisation qu’on se préoccupe.
Mais examinons un instant l’hypothèse que la référence aux usagers (dans les textes officiels, dans les projets…) soit la trace d’une évolution beaucoup plus profonde qu’il ne paraît.
Prenons trois exemples qui n’ont pas grand-chose en commun : la préoccupation du handicap psychique, la "montée" de l’autisme, et en protection de l’enfance, le recours de plus en plus fréquent au placement éducatif dans la famille à la place de l’AEMO ou du placement en institution.
Dans ces trois cas les professionnels du travail social voient-ils à quel point leur émergence, leur officialisation en quelque sorte a été en fait préparée par de longs processus ? Dans lesquels les représentants des usagers étaient beaucoup plus influents que les professionnels de la santé, du médico-social et du social.
Les temps reviennent où les politiques publiques connaissent des soubresauts marqués par la demande des publics plus que par l’analyse des professionnels.
A ceux-ci d’en tirer des conclusions : en être ou non.
http://www.creai-bretagne.org/pdf/sur%20le%20vif_33.pdf

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#4 Message par nicolew » lundi 27 juillet 2009 à 22:15

Après avoir vu les films avec Titouan, je trouve que l'ABA a pas mal de similitudes avec la méthode employée avec Helen Keller, sourde et aveugle devenue écrivain. :lol: :lol:
J'avais vu un film au cinéma quand j'étais jeune, j'ai retrouvé des séquences sur youtube. Il y a même une séquence 'motivation avec gateau'
ici une séquence résumé et la biographie d'Helen.
http://www.youtube.com/watch?v=9byDotOH ... re=related
http://fr.wikipedia.org/wiki/Helen_Keller

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#5 Message par Jean » lundi 27 juillet 2009 à 22:37

vu que la séquence n'est pas en français, j'ai du mal à me faire une opinion.

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Certaines thérapies précoces efficaces

#6 Message par Jean » lundi 30 novembre 2009 à 20:42

Autisme: certaines thérapies précoces efficaces pour diminuer les symptômes
(AFP) – il y a 1 heure
WASHINGTON — Un nouveau traitement du comportement visant des enfants autistes dès l'âge de 18 mois a permis de nettement améliorer leur quotient intellectuel et leur capacité de s'exprimer et de communiquer socialement, selon une recherche publiée lundi.

"Il s'agit de la première étude contrôlée d'une thérapie intensive ciblant des enfants autistes ayant moins de deux ans et demi", souligne Geraldine Dawson, professeur de psychologie à l'Université de Washington à Seattle (nord-ouest), principal auteur de ces travaux parus dans la version en ligne du journal Pediatrics.

"Etant donné que l'Académie américaine de pédiatrie recommande que tous les enfants de 18 à 24 mois soient testés pour l'autisme, il est essentiel que nous puissions offrir aux parents des thérapies efficaces pour ces enfants", ajoute-t-elle dans un communiqué.

"En commençant des thérapies dès que le jeune enfant est diagnostiqué, nous espérons optimiser l'impact de ces interventions", a dit cette psychologue.

Cette approche baptisée "Early Start Denver Model" combine des méthodes d'enseignement fondées sur l'analyse du comportement appliqué (en anglais Applied Behavior Analysis ou ABA) à des techniques visant à développer une relation avec l'enfant. (...)
suite

http://pediatrics.aappublications.org/c ... 009-0958v1
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Jonquille57
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Re: Certaines thérapies précoces efficaces

#7 Message par Jonquille57 » mardi 1 décembre 2009 à 2:08

Encore faut-il diagnostiqué des enfants aussi jeunes !
Etant donné que l'Académie américaine de pédiatrie recommande que tous les enfants de 18 à 24 mois soient testés pour l'autisme,
C'est vraiment appliqué aux USA ?

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Re: Certaines thérapies précoces efficaces

#8 Message par Jean » samedi 5 décembre 2009 à 16:10

Comment obtenir un programme d’intervention précoce pour votre enfant autiste
Image
2 Décembre 2009 | US News - Nancy Shute

Bonnes nouvelles : il semble que les programmes d'intervention très précoce pour les enfants autistes aident vraiment. Mauvaises nouvelles : les services peuvent être difficiles à trouver et chers.

Les tout-petits qui ont participé à une étude contrôlée du Modèle « Early Start Denver » d'intervention précoce ont montré une amélioration des compétences linguistiques et du QI, par comparaison aux enfants qui n'ont pas reçu cette formation spécialisée, qui met l'accent sur les habiletés sociales et la communication. La thérapie intensive, qui comprenait 20 heures par semaine à la maison avec un thérapeute formé et du temps de travail supplémentaire avec les parents, a augmenté le QI des enfants de 18 points, comparativement à 7 points de QI chez les enfants ayant reçu un traitement plus standard.

Les chercheurs et les pédiatres pensent de plus que "le plus tôt sera le mieux» quand il s'agit de traitement de l'autisme, mais c'est la première fois que des preuves tangibles sont apportés qu’un travail intensif avec des enfants qui ont moins de 2 ½ contribue à réduire les déficits sociaux et de langage typiques de l'autisme. L'étude, réalisée sur 48 enfants âgés de 18 mois à 30 mois, a été publiée en ligne lundi, sur Pediatrics.Cela indique qu'il est encore plus important que les enfants soupçonnés d'avoir des troubles du spectre autistique obtiennent d’être évaluées et traitées le plus tôt possible. En 2007, l'American Academy of Pediatrics dit que tous les pédiatres devraient dépister les enfants présentant des symptômes de l'autisme à 18 ans et 24 mois, de sorte que le pédiatre de famille est un bon premier pas. Mais ne vous arrêtez pas là. "Le pédiatre peut dire, « Attendez et on verra" », explique Geraldine Dawson, un des auteurs de la nouvelle étude.

Dawson est conseiller scientifique en chef for Autism Speaks, une association de défense, et professeur-chercheur à l'University of North Carolina-Chapel Hill. "Je pense que l'une des choses que cette étude met en évidence est que les parents doivent vraiment prêter attention à leurs propres instincts et trouver un médecin qui écoute leurs préoccupations et ensuite prendre une orientation appropriés», dit-elle.

Si votre enfant est diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique, trouver et financer un traitement peut être une bataille. Voici l'itinéraire de base:

Trouver le programme d'intervention précoce de votre Etat, qui devrait vous aider à trouver et payer les traitements. La loi fédérale oblige les Etats à fournir des services d'intervention précoce pour les enfants ayant des retards de développement autour de 3 ans. Le National Dissemination Center for Children with Disabilities (Centre national de diffusion pour les enfants handicapés) a une base de données interrogeable qui vous mettra en relation avec le bureau des services d'intervention de votre Etat. Votre pédiatre peut également vous orienter vers le programme de votre Etat.

Exigez une évaluation de votre enfant le plus rapidement possible. L'évaluation multidisciplinaire et d'évaluation demandée par l’Etat est conçue pour observer le développement physique, cognitif, et social de votre enfant, puis décider si votre enfant a besoin d'une intervention précoce. L'évaluation est gratuite grâce au programme d'intervention précoce de l'État, mais l’attente peut être frustrante. Certains parents choisissent de payer eux-mêmes les évaluations plutôt que d'attendre. Autism Speaks, une association de défense, a un "100 jours Kit" conçu pour aider à accélérer le processus d'évaluation et de rendre moins douloureux les 100 premiers jours d’une famille, après avoir reçu un diagnostic de l'autisme.

Trouver un traitement dans votre région. Les services d'intervention précoce offerts varient beaucoup d'un État à l'autre. L’Individual Family Service Plan (le projet de service individuel pour la famille) créé à la suite de l'évaluation de votre enfant doit préciser quels services seront fournis à votre enfant et à sa famille et de dire ce que l'État aura à verser (ce qui varie d'un Etat à l'autre, aussi). Le National Professional Development Center on Autism Spectrum Disorders (Centre national professionnel de développement sur les troubles du spectre autistique) a une liste de traitements de l'autisme scientifiquement validés. La base de données America’s Autism Source de l’ Autism Society recensent les services par code postal, mais sa liste est loin d'être complète.

Demandez à d'autres parents comment ils ont obtenu les services dont leur enfant a besoin. Les parents qui l’ont fait sont des sources fabuleuses de conseils éprouvés et de soutien. Les groupes de soutien sur Internet et les listes de diffusion sont un bon endroit pour trouver les parents qui partagent vos préoccupations, qu'ils soient dans votre comté ou dans un autre pays. La liste de groupes du Children’s Disabilities Information est un bon endroit pour commencer à trouver les parents qui peuvent vous guider pour trouver la bonne aide pour votre enfant.

Voyez si votre Etat demande aux assureurs de payer pour le traitement de l'autisme. Quinze États ont adopté des lois qui exigent des assureurs qu’ils payent la thérapie d'intervention précoce lorsque les programmes de l'Etat ne le font pas. Il est également inclus dans les propositions de réforme de la santéau Congrès. Pour plus d'informations sur la couverture d'assurance santé, voir autismvotes.org.

Faîtes vous-même le traitement. Dawson et Sally Rogers ont écrit un livre, Le Modèle « Early Start Denver » pour les jeunes enfants autistes, que les parents peuvent utiliser eux-mêmes s’ils n'ont pas trouvé un thérapeute formé à la méthode.
Image
(Voici une vidéo d'une session de thérapie Early Start Denver [2minutes 50 - format MP4 - 26 mégaoctets]. Celà semble un jeu.)

Dawson recommande aussi « Mon enfant a-t-il de l’autisme? » de Wendy Stone comme un guide pour trouver rapidement de de bons services."Il y a des choses que les parents peuvent faire», dit Dawson. «Ces enfants très jeunes peuvent participer à une intervention d'une manière significative, et les parents peuvent apprendre ces stratégies."

Traduction par Google revue.
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Re: Certaines thérapies précoces efficaces

#9 Message par Jean » lundi 28 décembre 2009 à 18:35

Autisme: le traitement comportemental efficace dès 18 mois
Lindsey Tanner

CHICAGO le 28/12/2009—Un enfant autiste traité par thérapie comportementale dès l'âge de 18 mois et pendant deux ans voit ses symptômes s'améliorer de manière considérable, selon une nouvelle étude américaine qui vient conforter les tenants d'une prise en charge précoce de l'autisme.

L'étude était limitée -n'incluant que 48 enfants évalués à l'Université de Washington, mais ses résultats ont été si encourageants qu'elle a été étendue à d'autres sites, a souligné Geraldine Dawson, responsable scientifique de l'association "Autism Speaks" et ancienne enseignante à l'Université de l'Etat de Washington, conduit l'équipe de recherche.

Cette étude, financée par l'Institut national de santé mentale, est publiée sur le site en ligne du journal Pediatrics.

Jusque-là, le traitement précoce de l'autisme retenait l'attention des spécialistes tout en restant controversé, faute de preuves réelles de son efficacité. Cette étude est donc "une étape très importante", s'est félicité Tony Charman, spécialiste des méthodes éducatives pour l'autisme à l'Institut de l'Education de Londres.

Les spécialistes s'accordent de plus en plus sur l'importance d'un diagnostic le plus précoce de l'autisme. Et cette étude montre que la précocité est rentable dès lors qu'elle s'accompagne d'un traitement également précoce, estime Laura Schreibman, spécialiste de l'autisme à Université de Californie à San Diego.

Des enfants âgés de 18 à 30 mois, ont été désignés au hasard, certaines suivant un traitement comportemental particulier, d'autres suivant des traitements moins approfondis.

La thérapie choisie, le modèle "Early Start Denver", est très proche d'autres formes de traitement comportemental de l'autisme. Elle est axée sur les interactions sociales et la communication, deux domaines particulièrement difficiles pour nombre d'enfants autistes.

Par exemple, thérapeutes et parents vont de façon répétée tenir un jouet près du visage d'un enfant pour l'encourager au contact visuel, dont l'absence est fréquente dans l'autisme. Ou bien ils vont récompenser un enfant qui utilise des mots pour réclamer un jouet.

Dans le groupe spécialisé, les enfants avaient quatre heures de traitement avec un thérapeute cinq jours par semaine, sans compter les cinq heures hebdomadaires données par les parents eux-mêmes.

Au bout de deux ans, le QI des enfants a progressé de près de 18 points en moyenne dans le groupe spécialisé, contre sept points dans les autres groupes. Le language s'est aussi amélioré davantage dans le groupe spécialisé.

Après ces deux ans, près de 30% des enfants autistes de ce groupe ont été à nouveau diagnostiqués avec une forme un peu moins sévère d'autisme, contre 5% des autres. Aucun n'était considéré "guéri".

Ashton Faller a commencé le traitement spécialisé alors qu'il n'avait que deux ans. "Il n'avait acquis aucune forme de langage verbal, n'avait aucun contact visuel et était très renfermé", se souvient sa mère, Lisa.

En deux ans, Ashton a fait des progrès "surprenants", dit-elle. A près de six ans aujourd'hui, il est scolarisé en maternelle, et bien qu'il continue à avoir de légers retards, notamment dans le domaine relationnel, les gens ont du mal à croire qu'il est autiste, a-t-elle ajouté.
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Re: Certaines thérapies précoces efficaces

#10 Message par Jean » lundi 15 février 2010 à 22:23

Jeunes enfants d'âge préscolaire atteints d'autisme: preuve de l'efficacité de l'intervention précoce
Young preschoolers with autism: evidence for efficacy of early intervention
Remarques d'Dr Eric Fombonne Chaire de recherche en psychiatrie de l'enfant Université McGill Montréal, le 25 Janvier 2010 - publiées sur le site de l'éditeur
http://pediatrics.aappublications.org/c ... /125/1/e17

Dawson et ses collaborateurs ont publié une étude très importante qui fournit des indispensables éléments de preuve pour l'efficacité des interventions comportementales précoces pour les enfants d'âge préscolaire atteints de troubles du spectre autistique avant l'âge de 30 mois. Il y a eu beaucoup de spéculation et de conviction que plus l'intervention est précoce, meilleur est le résultat, mais des données solides à l'appui de cette hypothèse faisaient donc défaut jusqu'à présent.

Cette étude répond donc à un déficit de connaissances qui aura des larges répercussions pour la fourniture de services dans le monde. Non seulement l'étude fournit un traitement basé sur des preuves pour enfants d'âge préscolaire qui sont diagnostiqués à des stades de plus en plus précoces, mais il faudra également informer les praticiens sur les interventions qui sont nécessaires pour les enfants qui présentent des trajectoires de développement atypique sans respecter tous les critères des TSA, tels que les frères et sœurs d'autistes supposés [probands ?] qui sont à risque et sont maintenant fréquemment suivis dès le plus jeune âge.

Les points forts de cette étude sont nombreux. Les auteurs ont combiné les principes de l'analyse comportementale appliquée (ABA) avec des approches plus développementales et fondées sur les relation qui sont susceptibles d'être attrayantes pour un large communauté de professionnels en plus d'être plus conviviales pour la plupart des familles. Le projet était un essai clinique randomisé, avec un traitement manualisé , par des thérapeutes dûment formés, et l’exactitude de la délivrance du traitement était mesurée tout du long. En outre, le résultat a été mesuré en double aveugle sur deux points dans le temps en utilisant les mesures les plus modernes, normalisées, et une usure minimale après 2 ans d'intervention a été enregistrée.

Néanmoins, un certain nombre de questions surgissent à l'esprit à la lecture du manuscrit qui ont trait à la validité interne et externe des conclusions de l'étude.

Malgré une taille relativement petite de l'échantillon, les effets du traitement atteignent une signification statistique. Cependant, par rapport au groupe contrôle, les bénéfices cognitifs (2 / 3 du DD [SD]) dans le traitement expérimental étaient d’ampleur modérée. De même, les scores de Vineland dans le groupe expérimental indiquait certainement des gains de compétences en fonction de l'âge, mais comme les scores standards ne changeaient pas, il n'y avait pas de véritable rattrapage des taux de développement par rapport au développement en général des enfants. La plupart des gains apparaissaient attribuables à l'amélioration du langage avec d'autres domaines présentant des gains minimes et quelques baisses.

L'analyse statistique des données expérimentales a été menée sur ceux qui ont suivi complètement le traitement seulement alors qu'il aurait été utile d'inclure les 3 abandons du groupe de contrôle, en utilisant l'approche classique de la dernière d'observation rapportée [LOCF]. Bien qu’elle reste faible, le décrochage est survenu différentiellement à travers les modalités de traitement, et l’échantillon de relativement petite taille et l'ampleur des effets du traitement peuvent rendre les conclusions sensibles à cette analyse. En conséquence, les différences entre les deux interventions peuvent avoir été soit atténuées ou gonflées, selon sur le statut clinique des abandons au moment de la sortie de l'étude.

Ensuite, à l'exception de ceux obtenus dans les sessions de tests cognitifs, des mesures directes d'observation des enfants étaient limitées, notamment pour évaluer les résultats dans un cadre moins structuré. Ainsi, la plupart des mesures de résultats s'appuient sur les rapports des parents et, même si les évaluateurs étaient aveugles sur le statut de traitement, les parents ne pouvaient pas ignorer à quel groupe ils appartenaient. Des évaluations plus indépendantes et naturalistes [écologiques ?] des comportements des participants auraient renforcé la validité écologique de l'étude.
(à suivre)
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Re: Certaines thérapies précoces efficaces

#11 Message par Jean » dimanche 21 février 2010 à 19:28

suite des remarques d'E. Fombonne :

Curieusement, les gains rapportés dans le groupe expérimental étaient pour la plupart réalisés au cours de la première année de traitement, tandis que les améliorations ultérieures dans la deuxième année de traitement ont été beaucoup moins impressionnantes. Cela peut être qu’il y ait un âge critique où les effets du traitement sont maximaux, auquel cas la réponse au traitement dans le groupe EDSM devrait être plus importante chez les participants qui ont commencé le traitement plus tôt. Sinon, de vraies différences de durée d’administration du traitement peuvent avoir existé, soit parce que les objectifs et les méthodes de traitement seraient plus efficaces chez les jeunes enfants au début du traitement, soit parce que l'intensité du traitement se détériorerait au cours du temps. Ou encore, cela peut être que les mesures de résultats choisies sont dépendantes de l'âge dans leur sensibilité pour capter les changements. Enfin, des effets du traitement plus en sommeil ou décalés pourraient être envisagés, avec une possibilité de gains du traitement qui s’accroîtraient par la suite si un suivi naturel post-traitement devient disponible. Cette dernière possibilité est peut-être illustrée dans les 2 premières années actuelles de l'essai où les scores cognitifs / de langage ont fortement augmenté au cours de la première année, avec des améliorations du comportement adaptatif qui ont eu lieu uniquement dans l’année ultérieure. Ces hypothèses concurrentes peuvent probablement être analysées empiriquement bien que la taille de l'échantillon limitera cette possibilité.

Les sujets en traitement ont été randomisés entre les deux groupes, mais il y avait une différence notable dans l'intensité du traitement reçu dans les deux groupes. Si l'on additionne toutes les heures de traitement hebdomadaire pour chaque modalité, le groupe ESDM a reçu 36,7 heures par semaine de traitement à comparer aux 18,5 heures pour le groupe de contrôle. Par conséquent, il faut se demander si oui ou non les améliorations plus marquées dans le groupe expérimental reflétant les effets spécifiques du traitement avec la ESDM par opposition aux effets plus généraux, non spécifiques, est attribuable aux différences non maîtrisées dans le temps ou l'intensité du traitement.

Un examen plus poussé de la variance dans les mesures de résultats (échelle de Vineland, Mullen Scales of Early Learning - MSEL) dans le groupe Early Start Denver Model montre que, en dépit des variances égales entre les groupes au départ, la variance a été beaucoup plus importante dans le groupe expérimental lors du suivi de la première année pour la MSEL, et à celui des 2 ans pour les deux mesures. L'hétérogénéité beaucoup plus grande observée dans le groupe expérimental suggère que les intervenants et non intervenants dans le groupe expérimental devraient être davantage comparés afin d'identifier les facteurs de niveau individuel qui pourraient présager de la réponse au traitement ou servir de médiateur aux effets de traitement.

La dernière remarque concerne les limitations d'usage de la validité externe des études de cette nature. Comme c'est habituellement le cas dans bien d’essais cliniques contrôlés et randomisés, les enfants avec d'autres états co-morbides (épilepsie) ou des anomalies génétiques identifiées (X fragile) ont été exclus en vue d’accroître l'homogénéité de l'échantillon, l'hypothèse étant ici que les effets du traitement pourraient être autrement masqués par le bruit [parasites] dû à l’hétérogénéité. Toutefois, comme les résultats qui s’accumulent rapidement de nouveaux et différents gènes impliqués dans l'étiologie de l'autisme nous le disent, le groupe «idiopathique» [pour lequel on n'a pas encore pu attribuer de cause connue] d'enfants autistes est peu plausible de représenter un groupe pur, étiologiquement homogène. Par conséquent, les règles classiques d'exclusion pour les études de l'autisme, en particulier pour les études sur les traitements, devraient être réexaminées sans délai afin d'élargir l'univers dans laquelle les résultats peuvent être généralisés et d'éviter de laisser une proportion des enfants atteints de TSA en croissance rapide orphelins à partir des connaissances basées sur les preuves. Par ailleurs, inclure des enfants avec un plus large éventail d'anomalies génétiques peut s'avérer nécessaire dans les études de futurs traitements pour démêler la variabilité précitée dans la réponse au traitement, à condition que l'information génétique soit introduite dans la conception et l’analyse des essais cliniques randomisés.

Toutes les études ont des points qui nécessitent un examen plus approfondi et d'autres manuscrits importants sans doute découleront de cette étude critique. Inutile de le dire, l'étude fournit des informations importantes et immédiatement pertinentes sur le plan clinique, en particulier à un moment où le dépistage universel des TSA à 18 mois, a été proposé.

A voir également (beaucoup plus détaillé) un article de Michelle Dawson du 7 février 2010 :
http://autismcrisis.blogspot.com/2010/0 ... early.html

Le texte de l'étude :
http://extension.ucdavis.edu/unit/autis ... rogers.pdf
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Re: Méthodes de prise en charge

#12 Message par Jean » lundi 27 décembre 2010 à 20:42

Signalé par referentiel autisme
De l'importance de la vitesse? Une comparaison de l'efficacité de l’apprentissage par « facilité » ou par essais distincts pour l'enseignement des noms d’étiquettes aux enfants autistes

Cette étude a utilisé un modèle de traitement alternatif pour comparer l'efficacité de l'apprentissage par essais distincts (DTT) avec l’apprentissage par « facilité » (FT) pour l'acquisition, la généralisation du stimulus, et la mémorisation des noms d’étiquettes chez des enfants autistes. Quatre élèves en âge du primaire avec diagnostic d'autisme ont appris à marquer expressivement des noms en utilisant un format DTT et un format FT. Une comparaison entre les traitements du nombre total des noms retenus 6 semaines après l'intervention a également été réalisée afin de comparer la mémorisation. Les résultats de cette étude a montré que FT était supérieur à DTT dans tous ces domaines.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1 ... 5/abstract
Erica Holding, Melissa A. Bray, Thomas J. Kehle
Article first published online: 16 DEC 2010 DOI: 10.1002/pits.20535
Image

PS : j'ai du mal à trouver une traduction de Fluency Training. Fluency = maîtrise, facilité, aisance, fluidité etc...
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Re: Certaines thérapies précoces efficaces

#13 Message par Jean » dimanche 20 mars 2011 à 23:34

Dans l'interview de Bernadette Rogé - La Dépêche 18 mars 2011 :
Fait on des progrès en matière de dépistage ?

Ceci fait actuellement l'objet de nombreux travaux. A ce propos, le Ceresa et l'Université du Mirail vont accueillir en septembre Sally Rogers, un éminent chercheur du M I.N.D. Institute (Medical Investigation of Neurodevelopmental Disorders). Elle vient de Californie à Toulouse pour superviser la mise en place d'un programme innovant qu'elle a créé et qui permettrait de faire évoluer plus rapidement et plus en profondeur de jeunes enfants dépistés précocement.
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Re: Méthodes de prise en charge

#14 Message par Jean » samedi 26 mars 2011 à 18:33

ImageUn article dans "Pour La Science" d'avril 2011

Autisme, attention aux charlatans !

Le nombre d'enfants diagnostiqués autistes est en constante augmentation. Or aucun médicament efficace n'existe et seules les thérapies comportementales auraient un effet. Les parents se tournent vers des traitements douteux, souvent risqués.

Nancy SHUTE est journaliste en neurosciences et en santé de l’enfant.

Quand Jim Laidler et sa femme ont su que leur fils aîné était autiste, ils ont cherché de l'aide. Les neurologues leur avaient dit qu'ils ignoraient les causes de l'autisme et qu'ils ne pouvaient par conséquent pas faire de pronostic. Mais en recherchant sur Internet, les parents ont trouvé des dizaines de traitements « biomédicaux » promettant d'améliorer ou même de guérir leur fils qui ne pouvait ni parler, ni interagir socialement, ni contrôler ses mouvements.

Ils les ont alors essayés sur leur enfant. Ils ont testé la vitamine b6, le magnésium, les suppléments nutritionnels diméthylglycine et triméthylglycine, la vitamine a, les régimes sans gluten et sans caséine, l’hormone digestive sécrétine et la chélation, un traitement conçu pour éliminer le plomb et le mercure présents dans l’organisme. Ils ont même appliqué ces prétendues thérapies à leur second fils, lui aussi autiste.

La chélation ne sembla pas beaucoup aider. Il fut difficile d’identifier un... (début de l'article)
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père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

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Betta splendens
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Re: Méthodes de prise en charge

#15 Message par Betta splendens » samedi 26 mars 2011 à 21:52

oui je l'ai lue ce magazine,très intéressant

il y a déjà un moment,j'ai lue que l'on pouvais guérie certain l'autisme par une désintoxication au mercure,au début j'y ai crue

maintenant je sais que c'est impossible car "guérir" de l"autisme ça voudrais dire tout simplement devenir quelqu'un d'autre,et ça c'est impossible,et d’ailleurs j'ai pas envie.


il y a juste un détaille dans l'article avec lequel je n’adhère pas encore,c'est de tout mettre sur le dos de la génétique,même si c'est en très grande partie génétique(suffit de regarder certains membre de ma famille),je n’exclue pas qu'un facteur externe(complication a la naissance ou autre)puisse au moins aggraver l'autisme

par contre supprimer cette cause (si c'est possible)pour améliore les symptôme me semble utopique
Neuro-atypique (TSA) diagnostiquée à 21 ans, plusieurs soupçon de TSA dans la familles, un cousin diagnostiqué et 2 cousines en attentes de diagnostique.

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