Bernard Golse sur l'autisme

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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Jean
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Bernard Golse sur l'autisme

#1 Message par Jean » dimanche 2 août 2009 à 18:56


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jakesbian
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#2 Message par jakesbian » dimanche 2 août 2009 à 19:41

c'est ce qu'on appelle une intro...

j'aimerais tant le croire :roll: ...
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Jean
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#3 Message par Jean » dimanche 2 août 2009 à 19:58

il y a des suites sur Dailymotion, mais je ne les ai pas pas entendues encore.

Je ne suis pas convaincu sur la notion de "vulnérabilité" considérée comme secondaire.

nicolew
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#4 Message par nicolew » dimanche 2 août 2009 à 23:54

"Le lobe temporal supérieur, reflet du fonctionnement autistique lui-même"
: Est-ce à dire que le stade de la vulnérabilité est déjà dépassé si une image révèle des anomalies anatomiques ou fonctionnelles?
Autres travaux et communications
Communication présentée le 10 février 2009
Pour une approche intégrative de l’autisme infantile (le lobe temporal supérieur entre neurosciences et psychanalyse)
COMMUNICATION
Pour une approche intégrative de l’autisme infantile :
le lobe temporal supérieur entre neurosciences et psychanalyse
.
Mots-clés : Trouble autistique. Cognition. Technique d’imagerie par résonance magnétique nucléaire. Lobe temporal.
Psychanalyse
Bernard GOLSE* et Laurence ROBEL**
RESUME
Le lobe temporal supérieur se trouve aujourd’hui au coeur des réflexions en matière d’autisme infantile, trouble
psychopathologique qui représente la forme majeure d’échec de l’accès à l’intersubjectivité (d’où l’impossibilité d’intégrer le
fait que l’autre existe en tant qu’autre). Ce processus d’accès à l’intersubjectivité semble impliquer fortement le lobe temporal
supérieur, du fait des différentes fonctions qui s’y trouvent localisées : reconnaissance des visages, reconnaissance de la voix
humaine, analyse des mouvements d’autrui et surtout articulation des différents flux sensoriels émanant de l’objet et
permettant que celui-ci puisse être ressenti comme extérieur à soi-même. Au moment où l’approche psychanalytique des
troubles autistiques et les données cognitives récentes se rejoignent pour faire de l’intersubjectivité le fruit du « mantèlement »
ou de la comodalisation des flux sensoriels en provenance des objets, des études récentes en neuroimagerie cérébrale
révèlent des anomalies anatomiques et fonctionnelles du lobe temporal supérieur chez les enfants autistes. Un dialogue est
donc désormais possible entre ces différentes disciplines, laissant espérer une approche intégrative de l’autisme infantile dans
laquelle le lobe temporal supérieur pourrait occuper une place centrale, non pas forcément comme lieu d’une hypothétique
cause primaire de l’autisme, mais plutôt comme maillon intermédiaire et comme reflet du fonctionnement autistique lui-même.
* Pédopsychiatrie, Hôpital Necker-Enfants Malades, Inserm U669, UMR-S0669 - PARIS
** Pédopsychiatrie, Consultation autisme, Hôpial Necker-Enfants Malades – PARIS
Tirés à part : Professeur Bernard GOLSE, même adresse
12/02/2009

dans la conclusion de la conférence: une phrase ambigüe :
C'est l'éthique entière du pays qui est derrière ça. Si on abandonne les enfants malades mentaux à des techniques ré-adaptatrices et éducatrices simplistes peu couteuses et totalement inefficaces, on abandonne quelque chose de la psychopathologie, c'est-à-dire que l’on abandonne quelque chose d’un regard sur la construction de l’être humain.

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jakesbian
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#5 Message par jakesbian » lundi 3 août 2009 à 10:51

je suis aussi peu convaincue que toi, jean;

c'est un peu vrai, ce qu'il dit... mais çà met l'entourage de l'enfant autiste dans une culpabilité de défiscience éducative un peu simpliste.

pour lui, l'enfant ne naît pas autiste... il le devient.
"petits bouts par petits bouts... les bouts étant mis bout à bout."
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#6 Message par nicolew » lundi 3 août 2009 à 19:05

J'ai la même analyse.
Même les particularités du lobe temporal ne sont pas considérées comme cause mais comme conséquence.
On ne connait pas quelles sont les techniques adaptatives sont visées dans la conclusion de cette conférence.

Pendant ce temps là, on ne cherche pas développer les capacités des enfants.

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Jean
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#7 Message par Jean » lundi 3 août 2009 à 21:33

nicolew a écrit :dans la conclusion de la conférence: une phrase ambigüe :
C'est l'éthique entière du pays qui est derrière ça. Si on abandonne les enfants malades mentaux à des techniques ré-adaptatrices et éducatrices simplistes peu couteuses et totalement inefficaces, on abandonne quelque chose de la psychopathologie, c'est-à-dire que l’on abandonne quelque chose d’un regard sur la construction de l’être humain.
Est-ce que cette conclusion vise l'autisme spécifiquement ? Apparemment. Mais B. Golse réduit l'autisme à 5 pour 10.000 - et non 1 sur 166.

En ce qui concerne le coût, on ne peut pas dire sérieusement que le développement de ces nouvelles techniques sont peu onéreuses : c'est pour celà qu'il faut la bataille des associations pour les faire financer.

Sur le blog du psychanalyste Michel Balat, il y a un sujet :
Sur ABA et TEACCH, par Mileen Janssens
samedi 30 mai 2009
L'auteur écrit :
Ce n’est pas que je veuille répondre à la place de Pierre Delion à la question que vous posez, mais je présente quelques éléments dont j’ai parlé avec lui. M. Janssens
http://www.balat.fr/spip.php?article608

Il montre que P. Delion accepte de recommander ABA, TEACCH, PECS, Floortime... C'est quand même éloigné des propos de B. Golse.

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#8 Message par emmanuel_dubrulle » mardi 4 août 2009 à 10:09

Est-ce que cette conclusion vise l'autisme spécifiquement ? Apparemment. Mais B. Golse réduit l'autisme à 5 pour 10.000 - et non 1 sur 166.
1 sur 166 c'est pour l'ensemble des TED:s, et en ratissant large, c'est d'aillieurs le chiffre qu'Eric Fombonne avait présenté au congrès d'autisme France en 2005.

5 pour 10.000 (1 sur 2000) cela correspond aux chiffres pour l'autisme dit "classique" - syndrome de Kanner.

Pour le Syndrome d'asperger Lorma Wing parle (en 1989) d'1,8 pour 10.000

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#9 Message par nicolew » mardi 4 août 2009 à 14:20

Dans le début de la conclusion, il commence par parler de l'évolution dans les années 70, la psychiatrie traitait le sujet et sa souffrance physique alors qu'il y a actuellement une demande de réduction des symptômes, pour les tocs, l'hyperactivité...etc.
Ensuite, il rappelle que l'on ne trouvera pas un gène de l'autisme demain matin.
Puis quelques considérations sur les menaces qui planent sur la pédopsychiatrie.
Et c'est ensuite que vient cette phrase. Elle ne s'adresse pas exclusivement à l'autisme.
Mais, dans la mesure où ces techniques ne sont pas citées, et qu'il vient de parler de réduction des symptômes, on peut supposer qu'il vise des techniques qui réduisent les symptômes en general, mais personne n'a le droit de se dire accusé.
Il s'agit d'une insinuation, pas d'une accusation officielle.

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#10 Message par jakesbian » mardi 4 août 2009 à 16:22

à la base, ce qu'il dit est trés intéressant;

mais, dans une famille où il y a plusieurs enfants, un enfant développant l'autisme serait un enfant plus vulnérable que les autres... et qui n'aurait pas été pris en charge de la bonne manière .

comme un enfant diabétique qu'on aurait nourri de la même façon que les autres... entraînant la déclaration de la maladie.

c'est ce que j'ai compris et que j'entendais par culpabilité .

autrement dit, "culpabilité par ignorance" .

nous avons des enfants autistes légers et on peut se dire qu'on aurait pu faire quelque chose... mais, imagine les parents d'enfants autistes plus profonds... ils seraient révoltés de l'entendre.
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#12 Message par jakesbian » dimanche 9 août 2009 à 12:03

merci nicole,

c'était important de tout voir:

# il nous donne une image plus positive de la pédopsychiatrie;

# l'idée que celle ci ait une grande marge d'évolution;

# qu'elle est trés dépendante de la société du moment;

# il a de l'humour;

# sa vision des psychotropes me plait bien;

je m'interroge, par contre, toujours, sur ce que peut être la prévention de l'autisme... dans le sens où, beaucoup de parents décrivent leur enfant comme ayant été un bébé sage, facile et souriant... se transformant brutalement à un âge donné;

dans ce cas, comment repèrer la souffrance de l'enfant et y palier?
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Jean
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#13 Message par Jean » dimanche 9 août 2009 à 20:49

Le discours de BG est subtil, mais je me demande sur quoi se basent ses théorisations.

Il parle de 10 à 15% de dépressions maternelles après la naissance. Rien à voir avec les 5 (maxi) pour 10.000 d'autisme qu'il admet.

Et il y a peu de temps (2/3 ans), je l'ai entendu dire que la dépression maternelle était responsable de l'autisme, mais qu'elle restait la plupart du temps inaperçue ???

Sur la base de quelles études peut-il tirer ces conclusions ? Sur la base de la "clinique" dira-t-il, c'est-à-dire l'observation de ses patients, mais sans aucune vérification possible.

Lors de la journée de l'ARAPI à Tours en avril, les études présentées indiquaient qu'il n'était pas possible de détecter l'autisme avant 12/14 mois. Cela, tant sur la base de l'observation que sur la base des IRM.

Ce qui ne veut pas dire que des parents ne peuvent pas s'interroger.

L'accent mis sur cette dépression conduit à cibler la mère. Certes, il dit qu'il ne faut pas la considérer comme coupable, car celà ne permet pas de collaborer. Je pourrais traduire par : "responsable, mais pas coupable".

Il y a un terrain génétique. Celà est la cas aussi pour le cancer. Mais un cancer du poumon se développe en quelques dizaines d'année ensuite en relation avec la consommation de tabac.

Pour l'autisme, cela se manifeste très très vite. Quand il est question de causes "environnementales", cela a "l'avantage" pour certains de pouvoir y mettre les relations avec les parents - la mère étant presque exclusivement visée. Mais cela peut aussi être les conditions physiques d'une partie de la grossesse, les conditions de l'accouchement.

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nathaliehamidi
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#14 Message par nathaliehamidi » lundi 10 août 2009 à 8:34

Personnellement, ça me rend folle qu'on essaie de me remettre tout sur le dos. Je voulais mon enfant, je l'ai eu pile poil quand nous l'avons décidé, j'ai eu une grossesse fantastique, il est né à terme, je n'ai pas fait de dépression, j'ai eu la chance de garder ma nièce avant d'avoir mon fils et j'étais préparée.

Tout s'est merveilleusement bien passé, alors pourquoi ça serait ma faute?
Zut! :x
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#15 Message par Mars » lundi 10 août 2009 à 10:01

Tu viens rejoindre le clan des anti-freud ? Nous sommes nombreuses et déterminées .
Chez nous le papa a pris un congé parental de quelques mois, il paraît que, dans ce cas, c'est lui la "maman" :x
Atypique sans être aspie. Maman de 2 jeunes filles dont une aspie.

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