Manque de flexibilité chez les parents ...

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Jean
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Manque de flexibilité chez les parents ...

#1 Message par Jean » vendredi 11 décembre 2009 à 18:52

Etude des profils cognitifs chez les apparentés de personnes avec autisme : hypothèse d'un manque de flexibilité cognitive
GOUSSE (Véronique), STILGENBAUER (J.-L.), DELORME (R.), MOUREN (M.-C.), MICHEL (G.), LEBOYER (M.)
Annales médico-psychologiques

Sept tests cognitifs appartenant aux trois domaines explorés dans l'autisme -fonctions exécutives, cohérence centrale et théorie de l'esprit- ont été proposés à 58 apparentés (39 parents, 19 frères et soeurs) de personnes avec autisme, comparativement à 34 témoins appariés sur l'âge, le sexe et le niveau socio-économique. Trois analyses en composantes principales révèlent que les apparentés sont significativement moins performants que les témoins sur l'ensemble des tests ; de même l'existence d'un profil cognitif spécifique aux apparentés tendrait d'un manque de flexibilité cognitive. Ces résultats sont discutés au regard de la littérature et de la spécificité d'un déficit de la flexibilité dans l'autisme.
http://www.em-consulte.com/article/230191
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Jonquille57
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Re: Manque de flexibilité chez les parents ...

#2 Message par Jonquille57 » mercredi 6 janvier 2010 à 0:35

Jean, au risque de te paraître inculte, puis-je te demander ce m'expliquer cette phrase : "l'existence d'un profil cognitif spécifique aux apparentés tendrait d'un manque de flexibilité cognitive."

J'ai cherché un peu avec Google, mais je dois bien avouer que cela reste un peu flou... :oops:

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Jean
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Re: Manque de flexibilité chez les parents ...

#3 Message par Jean » mercredi 6 janvier 2010 à 22:11

Le titre était provocateur.

Le résumé étant ce qu'il est (ce n'est même pas une traduction de ma part - ce qui aurait "justifié" la lourdeur de la rédaction), quelques extraits :
Le poids des facteurs génétiques dans les troubles autistiques est maintenant clairement établi ; cependant, les limites symptomatiques de ces troubles demeurent encore incertaines. La notion de « phénotype large » a ainsi été proposée afin de souligner l’existence, chez les apparentés de l’enfant atteint, d’anomalies qualitativement similaires mais quantitativement moindres, dans un ou plusieurs des trois domaines touchés par le syndrome – la communication, la socialisation et les intérêts restreints et/ou répétitifs. De même, les études actuelles s’appuient sur l’identification de traits de vulnérabilité ou « endophénotypes » chez les apparentés de personnes atteintes. Les endophénotypes sont les marqueurs-traits d’une susceptibilité a` la maladie et sont par définition héréditaires, développementalement stables et indépendants de l’état clinique.
L'étude rappelle ensuite les traits spécifiques au focntionnment "cognitif" des autistes :
  • - les fonctions exécutives (FE), où des difficultés ont été très fréquemment observées en flexibilité, en planification et en productivité;
    - la théorie de l’esprit « Theory of Mind » (ToM), où des déficits ont été mis en évidence dans la perception des états mentaux et la capacité a` interagir avec autrui ;
    - enfin, des compétences préservées sont également observées dans la cohérence centrale (CC), où des stratégies de focalisation accrues sur les détails permettent aux patients d’obtenir – dans certaines tâches – des résultats égaux, voire parfois même supérieurs à ceux des témoins.
L'étude a comparé les résultats de tests cognitifs d'un groupe témoin (NT) avec des parents et la fratrie d'enfants autistes. Plusieurs différences apparaissent entre les apparentés et les NT. Ce qui n'est pas nouveau [un exemple cité dans la discusison : "Baron-Cohen et Hammer (1997) ont montré que les parents d’enfants autistes avaient plus de difficultés que les témoins à lire les émotions dans le regard sur des photographies qui leur étaient présentées.."]

Les auteurs estiment qu'il y a une certaine cohérence dans les processus cognitifs (façon de raisonner) des apparentés, caractérisée par un manque de flexibilité : un fonctionnement identique ne s'adaptant pas au type de tâches.
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

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Jean
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Re: Manque de flexibilité chez les parents ...

#4 Message par Jean » mardi 19 janvier 2010 à 20:54

Les mécanismes neuronaux de l'empathie chez les adolescents atteints de troubles du spectre autistique et leurs pères.

Un déficit dans l'empathie a été maintes fois décrit chez des individus atteints de troubles du spectre autistique (TSA), et aussi, quoique moins marqué, dans leurs familles non atteintes. Ici, nous avons cherché à étudier les mécanismes neuronaux de l'empathie dans les TSA, et à explorer les corrélations des contributions familiales à l'empathie. En utilisant l'imagerie par résonance magnétique, 15 garçons atteints de TSA, 11 pères d'adolescents atteints de TSA, et deux groupes témoins comparables pour l'âge et le QI (n = 15 garçons au développement typique et leurs pères (n = 9)) ont été étudiés lors d'une tâche d'empathie. Des visages avec des émotions ont été présentés et les participants étaient invités à en déduire l'état émotionnel du visage (autre-tâche) ou à juger de leur propre réaction émotionnelle à ce visage (auto-tâche). Lors de l'attribution des émotions à soi et à l'autre, le Groupe TSA a montré une activation du gyrus fusiforme diminuée par rapport aux groupes contrôles. L'activité neuronale dans le gyrus fusiforme est inversement liée à des déficits sociaux chez les sujets atteints de TSA. En outre, lorsque les sujets TSA déduisaient leurs propres réponses émotionnelles aux visages, ils ont montré moins de réactions conformes et l’activité du gyrus frontal inférieur a diminué. Bien que les pères des enfants TSA ont obtenu des résultats supérieurs sur une échelle d’auto-évaluation des symptômes de l'autisme par rapport aux pères témoins, leur performance pour la tâche n’a pas été diminuée. Toutefois, neurologiquement, les pères des enfants atteints ont également montré une diminution de l'activation du gyrus fusiforme quand ils déduisaient les émotions des autres. Les anomalies partagées dans l'activation du gyrus fusiforme chez les adolescents concernés et les parents du premier degré suggèrent que ce dysfonctionnement constitue un écart fondamental dans les TSA. En outre, les résultats fournissent la preuve que l’un et l’autre, les mécanismes neuronaux anormaux du visage et miroirs sont impliqués dans les faiblesses d'empathie dans les TSA.

Greimel E, Schulte-Ruther M, Kircher T, Kamp-Becker I, Remschmidt H, Fink GR, Herpertz Dahlmann-B, Konrad K. Neural mechanisms of empathy in adolescents with autism spectrum disorder and their fathers [Les mécanismes neuronaux de l'empathie chez les adolescents atteints de troubles du spectre autistique et leurs pères.] Neuroimage. Janvier 2010 r 1; 49 (1) :1055-65.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19647799
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