Prévalence des troubles du spectre autistique

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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Manette
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#76 Message par Manette » mercredi 27 mai 2015 à 15:50

G.O.B, ton argumentaire mériterait d'être développé. Si cette scientifique défend des thèses qui peuvent légitimement surprendre, voire choquer, cela ne signifie pas pour autant qu'elle ait tort sur toute la ligne (ni qu'elle ait raison d'ailleurs). Dire qu'il y a un problème avec cette courbe follement ascendante de l'autisme, ce n'est pas en soi scandaleux, puisque c'est en gros ce que l'on constate, cela mérite juste qu'on s'y attarde un peu avec deux hypothèses en lice : celle que présente Jean à partir de l'étude "suédoise", sur l'augmentation des diagnostics, l'autre sur les facteurs environnementaux, défendus par de nombreux chercheurs, l'une n'excluant pas l'autre, et pouvant fort bien se combiner, dans des proportions qui pourraient d'ailleurs être très variables d'un pays à l'autre. La nocivité des vaccins en tant que tels n'est pas prouvée, elle est même en l'état actuel des connaissances écartée, mais en revanche il y a de sérieux doutes sur les adjuvants qui contiennent des dérivés au mercure (idem sur le mercure présent dans les amalgames dentaires par ex). Sur le sujet, une hypothèse qui n'a pas été démentie à ce jour, du moins à ma connaissance, est la sensibilité particulière de personnes dotées d'un certain patrimoine génétique (corrélé notamment à l'autisme) au mercure, ce qui est d'autant plus crédible que cela rejoint la question de l'hypersensibilité des personnes avec autisme à certaines autres substances, dont les médicaments (de manière avérée puisque les médecins les plus avertis préconisent de diminuer fortement la dose prescrite lorsqu'il s'agit d'un patient autiste). Cela ne veut pas dire qu'il faille dissuader les personnes, même si elles sont autistes, de se faire vacciner, mais il convient à mon avis de faire un bilan avantages / risques, et de proposer aux patients des vaccins dont les adjuvants sont de manière à peu près certaine sans risque (selon le principe de précaution).
Concernant la possibilité d'un conflit d'intérêt, là, je ne te suis pas du tout. La circonstance que l'auteure serait une militante anti-OGM ne la rendrait pas plus suspecte de charlatanisme. D'une part, ce sont peut-être ses recherches, qui l'amènent, justement, à avoir ce positionnement, d'autre part, il ne me semble pas que l'action anti-OGM (qui n'est pertinente, justement, que sur la base d'arguments scientifique) soit une activité lucrative, bien au contraire (fort risque d'être mis sur la touche de par la pression des lobbies) ce qui est une condition préalable pour qu'on puisse parler de conflit d'intérêt.

En revanche, il peut être intéressant de s'intéresser à l'auteur de l'article qui descend (et non "démonte" scientifiquement) cette auteure. Sur Orac, alias David Gorski, voici ce qu'on peut lire sur Wikipedia :

http://en.wikipedia.org/wiki/David_Gorski

1) Il s'agit d'un chirurgien oncologue, spécialiste du cancer du sein, quel lien avec la neurologie, l'autisme, et la toxicologie ?
2) Il s'agit (si on en croit wikipedia) d'un activiste, lui aussi, à savoir un des guerriers les plus acharnés contre les médecines alternatives et complémentaires. Certes, s'il s'agissait seulement de s'attaquer aux risques de dérive sectaire de pratiques pseudo-médicales prétendant guérir le cancer du sein (ou l'autisme), il serait parfaitement audible. Mais en l'occurrence, ce monsieur s'attaque à tout ce qui s'écarte de la médecine occidentale, celle-là même qui (de mon point de vue) est certes très performante dans l'interprétation de l'imagerie médicale et du traitement contre de nombreuses maladies organiques, mais a fait la preuve de son inefficacité totale dans la prise en charge de la plupart des désagréments en lien avec l'autisme - on non - (troubles anxieux par exemple). Certes, la science par la preuve, c'est bien ce que nous prônons tous, mais pour que la preuve puisse être apportée (ou pas), encore faut-il que les travaux scientifiques puissent avancer (y compris concernant le traitement diurétique controversé de l'autisme), sans aucun préjugé. Il semble ainsi que D.Gorski s'oppose, non seulement aux pratiques alternatives quelles qu'elles soient, mais aussi aux pratiques qui se veulent complémentaires dans le traitement classique des pathologies
3) par exemple, s'opposer à l'acupuncture me parait aussi absurde (et ethnocentrique) que d'affirmer que la terre est plate, d'autant que la médecine chinoise est pratiquée depuis des siècles et des siècles, alors qu'il y a seulement quelques siècles, le médecin de Molière prétendait soigner avec du latin. Les indiens d'Amazonie soignaient avec les plantes de la forêt, dont les principes actifs sont aujourd'hui récupérés par l'industrie pharmaceutique. L'évidence de la preuve, c'est peut-être le patient lui-même qui l'apporte en disant "je vais mieux" ; des pratiques ancestrales, qui se transmettent de génération en génération, me semblent autant dignes d'intérêt que la nouvelle molécule du moment du labo truc, à l'efficacité scientifiquement prouvée, jusqu'au moment ou un nouveau scandale style "Médiator" ne l'éclabousse. Ce que la médecine chinoise, par exemple, nous apprend, en tout cas, si j'ai bien compris (je n'ai pas creusé), c'est que l'être humain n'est pas qu'un lego composé de différents organes, mais un système, caractérisés par des flux, des fonctions, des communications entre les parties du tout, et des interactions entre le corps et l'esprit, entre ce tout et l'environnement. En matière d'autisme, cette approche fonctionnelle et globale est d'ailleurs capitale. Si elle était pratiquée, si des Mrs Gorski ne la dénigrait pas, les personnes avec autisme, les Asperger et les autres ne seraient plus expédiés (que) chez le psychiatre...

Attention, quand je parle d'approche fonctionnelle et globale, je ne remets pas en selle la psychanalyse :twisted: , par opposition aux TCC qui segmenteraient, traitant le symptôme au détriment du "tout" (prétentieux de leur part puisqu'ils ne prennent pas en compte le corps et la biologie). Au contraire, les TCC, comme l'acuponcture, ce serait un peu comme le développement durable "penser global, agir local", mais là il faudrait un autre long article pour développer le sujet !

La biodiversité s'est considérablement appauvrie sur la planète, de nombreuses espèces végétales et animales disparaissent, à un rythme préoccupant et s'accélérant. Que cet appauvrissement n'affecte pas l'être humain lui-même, ou que ce dernier ne s'adapte pas, via notamment une accélération des mutations génétiques semble difficile à soutenir. On ne peut pour autant, certes, affirmer avec certitude que l'autisme en particulier (voire l'ensemble des troubles neuro-développementaux) soient au cœur de ces bouleversements écologiques sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Mais je n'ai pas encore vu de ces "preuves scientifiques" faisant la démonstration convaincante du contraire.
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#77 Message par G.O.B. » mercredi 27 mai 2015 à 22:18

Manette a écrit :1) Il s'agit d'un chirurgien oncologue, spécialiste du cancer du sein, quel lien avec la neurologie, l'autisme, et la toxicologie ?
A en croire la biographie de Seneff, c'est une spécialiste en électronique et informatique, quel lien avec la neurologie, l'autisme, et la toxicologie ?

Et pas besoin d'avoir un BAC+8 en neurologie pour remettre en cause la méthodologie des différents graphiques de ses présentations. D'ailleurs dans la dernière édition ce n'est plus 2025 mais 2032...

Mais bon, son auditoire (selon sa bio encore), ce sont surtout des parents persuadés qu'il y a 100% de causes environnementales et 0% de cause génétique, et qui nie le sous diagnostic massif des décennies précédentes :
AUTISM IS A PREVENTABLE/TREATABLE BIOMEDICAL CONDITION. Autism is the result of environmental triggers. Autism is not caused by "bad" genes and the epidemic is not the result of "better" diagnosis. Source

Alors oui, peut être pas un conflit d'intérêt mais un gros biais d’influence, et je ne pense pas que ce soit la bonne façon de dénoncer les abus de Monsanto qui sont bien réels.
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#78 Message par Jean » jeudi 28 mai 2015 à 11:04

Manette a écrit :La nocivité des vaccins en tant que tels n'est pas prouvée, elle est même en l'état actuel des connaissances écartée, mais en revanche il y a de sérieux doutes sur les adjuvants qui contiennent des dérivés au mercure (idem sur le mercure présent dans les amalgames dentaires par ex).
Je ne crois qu'on puisse comparer la présence de mercure dans les amalgames dentaires - donc présents en permanence dans l'organisme - avec un adjuvant utilisé ponctuellement. Le mercure a été éliminé de la plupart des vaccins : cela n'a pas fait baisser la prévalence de l'autisme.

Sur la campagne actuelle : http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/24/v ... eux-259353
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#79 Message par Jean » jeudi 28 mai 2015 à 11:07

Il y a un sujet consacré aux Causes environnementales de l'autisme
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#80 Message par Manette » jeudi 28 mai 2015 à 23:56

Merci pour ces éléments. Petite précision : je crois que les avantages des vaccins les plus courants l'emportent très largement, en termes statistiques, sur les risques liés aux adjuvants et mes enfants sont vaccinés ! Ce qui ne m'empêche pas d'être prudente et de considérer que si des problèmes sont rapportés, il doivent être pris au sérieux et susciter, non pas la panique générale, mais des investigations complémentaires, sans parti pris.

J'aurais du effectivement aller voir moi aussi la biographie de Stéphanie Seneff. Elle est certes diplômée en électronique, mais c'est dans le domaine de l'intelligence artificielle, en lien avec la biophysique. En fait, aussi curieusement que cela puisse paraître, il me semble moi, qu'il y a un lien très intéressant avec le fonctionnement de l'intelligence autistique, et ses "bugs" (TOCs par exemple). Pour expliquer à des novices comment fonctionne mon fils, je compare ce fonctionnement avec des sortes de court-circuits électriques (lui-même utilise l'expression du bug informatique), et cela se recoupe assez bien avec des travaux scientifiques qui décrivent des sortes de gaines protéinées qui protègent les neurones (gaines altérées chez la personne autiste semble-t-il) de la même façon que les matériaux isolants isolent les fils électriques. D'après un Sciences et Vie récent sur le microbiote (il faudra que je retrouve le numéro), une rupture de l'équilibre de la flore intestinale entre "bonnes" et "mauvaises" bactéries se répercute sur la production des acides aminés qui permettent cette protection des neurones et des synapses (axe cerveau - intestins). Le microbiote peut voir son équilibre rompu pour toutes sortes de raisons, par exemple, l'abus d'antibiotiques pendant la petite enfance... Stéphanie Seneff incrimine, elle, le glyphosate, composant du roundup. Il semble d'après les sources Internet (à vérifier comme toute source) qu'elle étudie l'autisme depuis 7 ans, et qu'elle a obtenu des certifications complémentaires à sa formation initiale ainsi que dans le domaine de la nutrition. Elle semble donc apte à aborder sous cet angle de l'alimentation, la problématique de l'autisme, dans le cadre d'une vision pluridisciplinaire.

C'est une démarche crédible de mon point de vue, ayant récemment vu une émission (sur Arte je crois) qui faisait le bilan des dégâts (impressionnants) de cet herbicide sur la santé, malformations congénitales, troubles neurologiques... (le documentaire ne parlant même pas de l'autisme). Des éleveurs du Schlewig Holstein (Allemagne du Nord) voient leurs troupeaux de vaches décimées, et des malformations similaires à ces vaches commencent à apparaître chez des enfants argentins vivant dans des régions très rurales où l'on pulvérise à tout va cet herbicide dont l'augmentation de l'usage est directement lié à la culture de soja OGM. Un reportage, même d'Arte, même s'il a l'air très sérieux, ne doit certes pas être considéré comme parole d'évangile.... Mais les images sont quand même impressionnantes, et pour le moins, interpellent.

Il y a diverses sortes d'autisme, il y a sans doute diverses causes, mais les rechercher notamment en relation avec ce qui se passe au niveau de l'axe cerveau - intestin ne me semble pas a priori idiot, ne serait ce qu'ayant constaté cette relation souvent complexe qu'entretiennent nos proches autistes avec la nourriture...
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#81 Message par Manette » vendredi 29 mai 2015 à 19:00

Oups... Je devais être fatiguée...
La revue scientifique dont je parlais était le N° de janvier 2015 de "Pour la Science" sur "ces bactéries qui nous gouvernent", et l'élevage d'Allemagne du Nord, c'était des porcs (pas des vaches). Sans doute un Alzheimer précoce causé par tous ces herbicides que j'ai respirées pendant des décennies (là j'en rajoute :crazy: !).
En plus de cela comme ma mémoire me joue des tours, mon vocabulaire scientifique est très approximatif, donc le mieux est de se reporter à la source !
Quant au reportage (re)diffusé récemment sur Arte assez tard en soirée, je me demande si ce n'est pas "le Monde selon Monsanto", à vérifier également.
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#82 Message par Jean » mardi 6 octobre 2015 à 19:45

Les troubles autistiques en augmentation
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
Le 5 octobre 2015 à 16h40 Mis à jour le 5 octobre 2015 à 16h42

Elargissement des critères de diagnostic, plus grande sensibilisation des professionnels de santé et des parents, élévation de l’âge parental… ces facteurs expliquent en partie la progression de l’autisme depuis les années 1960-1970.
Pourquoi la fréquence des troubles autistiques grimpe-t-elle en flèche ces dernières décennies ? Quel est le rôle de facteurs environnementaux ? Petit à petit, les pièces du puzzle de l’autisme se mettent en place, mais ces questions, loin d’être élucidées, continuent à passionner et diviser les chercheurs.

Beaucoup de pays, dont la France, ne disposent pas de données fiables sur le nombre d’individus concernés, et son évolution dans le temps. Mais tous ceux qui s’y sont penchés retrouvent une augmentation de la prévalence de l’autisme depuis les années 1960-1970.

Les chiffres les plus fréquemment cités, et les plus impressionnants, sont ceux des centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), aux Etats-Unis. Ce réseau de surveillance évalue régulièrement, dans plusieurs Etats américains, la proportion des troubles autistiques chez les enfants de 8 ans, à partir de données administratives (recours aux dispositifs de soins et d’éducation spécialisée).

De 1 sur 5 000 en 1975, leur prévalence a augmenté de façon quasi exponentielle, passant à 1 sur 500 en 1995, 1 sur 166 en 2005, et désormais 1 sur 68, selon la dernière estimation, rendue publique en 2014.

Les garçons plus touchés


Les garçons sont quatre à cinq fois plus touchés que les filles. En pratique, ces diagnostics regroupent des atteintes très hétérogènes d’un patient à l’autre, dans leur présentation et leur sévérité.

Affolante à première vue, cette apparente épidémie s’explique en partie par plusieurs facteurs : élargissement des critères de diagnostic, plus grande sensibilisation des professionnels de santé et des parents, élévation de l’âge parental. Ces trois paramètres rendraient compte respectivement de 25 %, 15 % et 10 % de l’augmentation des cas, selon des travaux de Peter Bearman (sociologue à l’université Columbia de New York), publiés ces dernières années.

Plusieurs études, épidémiologiques mais aussi génétiques, ont ainsi établi que la paternité à un âge tardif accroît le risque d’autisme dans la descendance. L’âge maternel aurait aussi un rôle, mais dans l’autre sens : une vaste étude publiée en juin dans la revue Molecular Psychiatry constate ainsi un risque de troubles autistiques augmenté de 18 % chez les enfants de mères adolescentes, par rapport à ceux de femmes vingtenaires.

Reclassification diagnostique


Quant au poids des modifications des critères de diagnostic dans l’explosion des cas, il pourrait être bien supérieur aux 25 % avancés par Bearman, selon de nouveaux travaux. En analysant les bases de données de dispositifs d’éducation spécialisée aux Etats-Unis entre 2000 et 2010, une équipe de l’université de Pennsylvanie observe que la hausse du nombre de cas d’autisme est pratiquement contrebalancée par la baisse des cas de handicap mental. Ces chercheurs, qui ont publié leurs résultats en juillet dans l’American Journal of Medical Genetics, estiment que, chez les enfants de 8 ans, 59 % de l’augmentation des cas de troubles autistiques peuvent être imputés à cette reclassification diagnostique. La proportion serait même de 97 % chez les jeunes de 15 ans.

Nombre de spécialistes sont cependant convaincus que, même en tenant compte de ces paramètres, il y a une réelle augmentation des troubles autistiques, qui pourrait être en lien avec des facteurs d’environnement, combinés avec des traits génétiques. Ainsi, pour la biologiste Barbara Demeneix (Muséum national d’histoire naturelle de Paris), l’augmentation rapide de la fréquence des troubles neurodéveloppementaux, dont l’autisme, résulte en grande partie de l’exposition de la population, et notamment des femmes enceintes et des jeunes enfants, à des pollutions chimiques diffuses (supplément « Science & médecine » du 1er décembre 2014). Elle pointe en particulier un certain nombre de substances (PCB, dioxines, bisphénol A, composés bromés, pesticides…) susceptibles d’altérer les capacités cognitives ou le comportement d’enfants exposés in utero ou dans la petite enfance, en interférant avec le fonctionnement de la glande thyroïde.
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#83 Message par Jean » mardi 8 décembre 2015 à 14:20

13 novembre 2015
Le taux d'autisme touche 1 enfant sur 45
Etats-Unis -Le nombre d'autistes aux Etats-Unis a doublé en deux ans, dû principalement à un changement de méthode de détection.

L'autisme touchait 1 enfant sur 45 aux Etats-Unis en 2014, soit quasiment le double du taux sur la période 2011-2013, selon un récent recensement, mais ce bond s'explique d'abord par une redéfinition de la maladie et un changement de méthode.

Les dernières statistiques des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) publiées vendredi montrent que 2,24% des enfants américains ont été diagnostiqués autiste en 2014.

Sur la période 2011-2013, ils représentaient 1.25% des enfants américains (1 sur 80).

Manière de poser les questions

«Des changements importants sont survenus dans la manière de poser les questions» pour diagnostiquer cette maladie d'origine multifactorielle et largement génétique, a expliqué Katie Walton, une spécialiste de l'autisme à l'université de l'Ohio (nord).

«Les troubles du spectre autistique (TSA) englobent maintenant des symptômes bien plus larges que ce que nous appelions l'autisme par le passé donc je pense que (ces chiffres) englobent un nombre important d'enfants qui auraient reçu un diagnostic différent autrefois», a poursuivi la chercheuse, qui n'a pas participé au sondage des CDC.

Dans le sondage soumis à 11.000 parents, l'autisme ne figurait plus dans une liste de 10 maladies passées en revue. Les parents se voyaient demander si leur enfant souffrait d'un handicap intellectuel. En cas de réponse positive, on leur demandait alors si l'on avait diagnostiqué des TSA chez l'enfant ou une autre forme de retard du développement.

Reclassification

La prévalence des cas d'autisme aux Etats-Unis est passée de un pour 5000 en 1975 à un pour 150 en 2002 et un pour 68 en 2012, soit un triplement dans cette dernière période de dix ans.

Des chercheurs de Penn State University avaient déjà fait remarquer dans une étude parue en juillet dans l'American Journal of Medical Genetics que la manière de diagnostiquer expliquait cette hausse.

«Cet accroissement pourrait être attribué à une reclassification du diagnostic des troubles neurologiques de la plupart des enfants plutôt qu'à une explosion réelle des nouveaux cas d'autisme», avaient-ils conclu après avoir analysé des données d'enfants enregistrés dans des programmes d'éducation spécialisée pendant onze ans.

Aux côtés d'autres troubles

Interrogé sur les dernier chiffres des CDC, l'auteur principal de l'étude Santohosh Girirajan a estimé que la nouvelle approche des CDC constituait une amélioration.

«Plus de personnes sont diagnostiquées car l'autisme survient aux côtés d'autres troubles», a-t-il expliqué à l'AFP.

L'autisme est un trouble envahissant du développement qui se manifeste notamment par des difficultés à établir des interactions sociales et à communiquer. Il apparaît dans la petite enfance et persiste à l'âge adulte. (afp/nxp)
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#84 Message par bidouille » mardi 8 décembre 2015 à 14:31

J'ai lu je ne sais plus ou, que le fait qu'un enfant est diagnostiquer autiste aux états unis ouvre droit a toute sorte d'aide, auquel n'ont pas droit els enfant retardés, ce qui peux aussi expliquer cette évolution.
Maman bizarroïde d'un grand boud de 11 ans (EIP TDA) et d'un ptit bouyou de 9 ans Asperger TDAH.
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#85 Message par G.O.B. » mardi 8 décembre 2015 à 15:32

Le rapport en question : http://www.cdc.gov/nchs/data/nhsr/nhsr087.pdf

On voit bien page 4 que les chiffres sont stables depuis 2011 pour les enfants entrant dans la catégorie "TSA ou autre retard de développement", c'est donc seulement la définition du spectre qui change avec le nouveau questionnaire et non pas une épidémie...
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#86 Message par Ixy » mardi 8 décembre 2015 à 15:39

1 sur 45 :shock:
Etudiant en doctorat maths&info, 26ans. Je n'ai pas de diagnostic /!\
Ce que tu as la force d'être, tu as aussi le droit de l'être - Max Stirner

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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#87 Message par G.O.B. » mardi 8 décembre 2015 à 15:55

À noter que le ratio selon le sexe s'attenue : 1 garçon pour 3 et non plus 4 filles.
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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#88 Message par misty » mardi 8 décembre 2015 à 17:11

Ca, je pense que ça s'explique notamment par les avancées dont parle le dossier en cours de traduction, au sujet des femmes autistes et du diag... :roll:
*Diag TSA*

“Balance every thought with its opposition. Because the marriage of them is the destruction of illusion.”
"Actions prove who someone is, words just prove who they pretend to be."

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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#89 Message par zad » mardi 8 décembre 2015 à 17:47

follow the money ...
that's all folks
TSA :mryellow:

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Re: Prévalence des troubles du spectre autistique

#90 Message par G.O.B. » mardi 8 décembre 2015 à 18:26

had a écrit :follow the money ...
C'est à dire ?

--

Le communiqué d'Autism Speak est intéressant.

Selon eux, le chiffre officiel reste de 1/68 outre Atlantique bien que le pourcentage réel se situerait probablement autour de 1/50.
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