Autismes et automutilations

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Manichéenne
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Re: Autismes et automutilations

#46 Message par Manichéenne » mercredi 21 novembre 2018 à 23:04

Oui, c'est aussi de l'automutilation.
Mais non, la question n'est pas stupide.
Diagnostiquée Autiste Asperger et TDA.
Mère de 3 enfants : fils Aîné TDAH et TSA, cadet TSA de type Asperger.

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TheTrucker
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Re: Autismes et automutilations

#47 Message par TheTrucker » mercredi 21 novembre 2018 à 23:28

Enogit a écrit :
mercredi 21 novembre 2018 à 22:53
Merci pour vos témoignages. Par contre on parle d'automutilation aussi quand on se mord, se griffe ou se cogne la tête ? Ma question peut paraître stupide je sais.
Je ne sais pas trop où se trouve la limite en fait... j'ai tendance a penser qu'à partir du moment où on se fait mal ça en est mais j'imagine que les définitions officielles ou médicales sont différentes et plus précises.
Tout est encore très confus pour moi...

(Edit: je n'avais pas vu la réponse de Manichéenne)
Détectée HP en décembre 2017 suite au passage du test WAIS IV.
Pré-diagnostic par le psychologue du CRA de ma région en avril 2018 pour un trouble du spectre autistique.
Sur liste d'attente pour le diagnostic officiel courant 2020.
J'ai 41 ans.

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Manichéenne
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Re: Autismes et automutilations

#48 Message par Manichéenne » jeudi 22 novembre 2018 à 14:03

Définition du DSM5 (ancienne traduction personnelle depuis l'anglais) :
Automutilation Non Suicidaire
Critères proposés
A. Pendant l’année précédente, l’individu a eu, sur 5 jours ou plus, des comportements intentionnels endommageant la surface de son corps de manière à provoquer des saignements, des hématomes, ou de la douleur (par exemple : coupures, brûlures, coups, frottements excessifs), avec l’intention de ne provoquer qu’une blessure physique mineure ou modérée (pas d’intention suicidaire).
Note : L’absence d’intention suicidaire a soit été énoncée par l’individu, soit peut être présumée par les engagements répétés de l’individu dans un comportement dont l’individu sait, ou à appris, qu’il ne devrait pas mener au décès.

B. L’individu pratique le comportement d’automutilation avec une ou plusieurs des attentes suivantes :
1. Pour obtenir du soulagement d’un sentiment négatif ou d’un état cognitif.
2. Pour résoudre une difficulté interpersonnelle.
3. Pour provoquer un état de ressenti positif.
Note : Le soulagement, ou la conséquence, attendu est ressenti pendant ou peu après la blessure, et l’individu peut montrer des signes comportementaux suggérant une dépendance au fait de recommencer régulièrement.

C. L’automutilation intentionnelle est associée avec au moins un des critères suivants :
1. Difficultés interpersonnelles, ou sentiments ou pensées négatifs, tels que dépression, anxiété, tension, colère, détresse généralisée, sentiment de culpabilité, survenant dans une période précédant immédiatement l’acte d’automutilation.
2. Avant de s’engager dans l’acte, une période de préoccupation difficile à contrôler au sujet du comportement prévu.
3. Des pensées fréquentes au sujet de l’automutilation, même sans passage à l’acte.

D. Le comportement n’est pas socialement significatif (par exemple : piercing corporel, tatouage, rituel culturel ou religieux) et n’est pas restreint à arracher une croûte ou à se ronger les ongles.

E. Le comportement ou ses conséquences provoque une détresse ou une interférence cliniquement significative dans des domaines interpersonnel, académique, ou d’autres domaines de fonctionnements importants.

F. Le comportement ne survient pas exclusivement pendant des épisodes psychotiques, délirants, une intoxication, ou un sevrage. Chez les individus présentant un désordre neurodéveloppemental, le comportement ne fait pas partie d’un ensemble de stéréotypies répétitives. Le comportement n’est pas mieux expliqué par un autre trouble mental ou condition médicale (par exemple : trouble psychotique, trouble du spectre autistique, handicap intellectuel, syndrome de Lesch-Nyhan, trouble de mouvement stéréotypé avec automutilation, trichotillomanie [s’arracher les poils et les cheveux], trouble d’excoriation [s’écorcher]).

Caractéristiques diagnostiques
La caractéristique essentielle de l’automutilation non suicidaire est que l’individu s’inflige de manière répétée des blessures de surface, superficielles bien que douloureuses. Plus communément, l’intention est de réduire des émotions négatives, telles que tension, anxiété, et sentiment de culpabilité, et/ou de résoudre une difficulté interpersonnelle. Dans certains cas, la blessure est perçue comme une punition méritée. L’individu rapporte souvent une sensation immédiate de soulagement au cours de l’acte. Quand le comportement survient fréquemment, il peut être associé à une impression d’urgence et de besoin, le schéma comportemental résultant ressemblant alors à une addiction.
(…)
Ce qui distingue l'automutilation non suicidaire des autres cas d'auto-agressivité, ce n'est pas l'acte lui-même mais la raison pour laquelle il est fait. Coupures, griffures ou autre chose, c'est pareil, ce qui compte c'est que c'est fait intentionnellement pour calmer des émotions ou sortir d'une situation.
Diagnostiquée Autiste Asperger et TDA.
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Re: Autismes et automutilations

#49 Message par Enogit » jeudi 22 novembre 2018 à 20:23

Merci beaucoup à vous deux, je vois mieux ce dont on parle. Je ne m'étais jamais posé la question de cette manière en fait parce que ça me paraissait normal de se faire mal (légèrement) quand on stresse surtout.
Démarche de (pré)diagnostic lancée (02/2019)
Soupçonnée de SA par un psychiatre (10/2018), diagnostiquée HQI (2013)

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Manichéenne
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Re: Autismes et automutilations

#50 Message par Manichéenne » samedi 9 février 2019 à 12:12

Suicide, automutilation : Instagram et Facebook vont supprimer les contenus explicites
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2 ... 08996.html

Pas trop tôt...
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Autrey
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Re: Autismes et automutilations

#51 Message par Autrey » dimanche 10 février 2019 à 11:31

Je m'automutile en situation de stress, en ce moment c'est lié à mon travail.
Je m'arrache la peau autour des ongles, cela s'appelle la autophagie ou dermaphagie, je le fais depuis petite et n'ai jamais réellement cessé de la faire.
C'est moins spectaculaire de se taper la tête sur des mûrs mais il est vrai que ce n'est pas joli visuellement.
Diagnostiquée récemment, à la quarantaine passé. :geek:
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PaterFamilias
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Re: Autismes et automutilations

#52 Message par PaterFamilias » lundi 11 février 2019 à 14:05

Autrey a écrit :
dimanche 10 février 2019 à 11:31
Je m'arrache la peau autour des ongles, cela s'appelle la autophagie ou dermaphagie, je le fais depuis petite et n'ai jamais réellement cessé de la faire.
Bonjour Autrey,

Mon cadet, 12 ans, qui est très probablement HPI et peut-être Aspie, se fait ce genre de mutilation depuis quelques semaines, ce qui, bien sur, m'inquiète beaucoup (il ne veut pas aller voir un psy, donc c'est compliqué).
Quelles sont les situations qui font que cette autophagie devient plus présente, et quelles sont celles qui font, au contraires, ça se calme ?
Premières démarches en cours
HPI d'après ma psy, père de deux HPI (un en cours de diag Aspie)

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Manichéenne
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Re: Autismes et automutilations

#53 Message par Manichéenne » lundi 11 février 2019 à 14:42

Réponse courte : le stress.
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Sid
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Re: Autismes et automutilations

#54 Message par Sid » vendredi 5 avril 2019 à 8:19

Autrey a écrit :
dimanche 10 février 2019 à 11:31
Je m'automutile en situation de stress, en ce moment c'est lié à mon travail.
Je m'arrache la peau autour des ongles, cela s'appelle la autophagie ou dermaphagie, je le fais depuis petite et n'ai jamais réellement cessé de la faire.
C'est moins spectaculaire de se taper la tête sur des mûrs mais il est vrai que ce n'est pas joli visuellement.
Bonjour Autrey, je fait ca depuis très jeune aussi. La douleur semble soulager un stress, une angoisse, ...
40ène, pré-diagnostiqué

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Re: Autismes et automutilations

#55 Message par Ogam » samedi 6 avril 2019 à 0:54

par Sid » vendredi 5 avril 2019 à 8:19
Autrey a écrit : ↑
dimanche 10 février 2019 à 11:31
Je m'automutile en situation de stress, en ce moment c'est lié à mon travail.
Je m'arrache la peau autour des ongles, cela s'appelle la autophagie ou dermaphagie, je le fais depuis petite et n'ai jamais réellement cessé de la faire.
C'est moins spectaculaire de se taper la tête sur des mûrs mais il est vrai que ce n'est pas joli visuellement.

Bonjour Autrey, je fait ca depuis très jeune aussi. La douleur semble soulager un stress, une angoisse, ...
Bonsoir, la seule fois où je me suis fait de l'auto-mutilation a été lors d'un stage de recherche de 6 mois (validant le master) en région parisienne au début des années 2010. J'avais deux co-directeurs qui ne s'entendaient absolument pas, qui me donnaient des ordres contraires. Ils m'ont laissés en plan pendant 1 mois (mois de juillet) et m'avaient prévenu début août qu'il fallait revoir tous mes résultats et en plus on me demandait d'utiliser des modèles mathématiques inadaptés dans le contexte du stage, simplement pour satisfaire la curiosité (malsaine?) de mon directeur de mémoire.

Le stress était tellement fort que j'avais des tremblements, la boule au ventre à aller sur mon lieu de travail au point d'avoir des pensées suicidaires (se jeter du sixième étage du lieu de travail). Je n'ai jamais voulu passer à l'acte mais pour supporter la douleur, je me coupais les veines au couteau de cuisine sur le lieu de travail (j'avais mal mais bizarrement, cela me soulageait).

Depuis ce stage et jusqu'à Aujourd'hui, je n'ai plus jamais fait d'auto-mutilation car j'ai la chance d'être bien entouré et de pouvoir prendre du recul grâce à la musique et à la danse.
En cours de diagnostique au CRA depuis l'envoi du dossier en décembre 2018 et suspicion d'autisme asperger grâce à des psychologues spécialisés.

Clovis
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Re: Autismes et automutilations

#56 Message par Clovis » samedi 6 avril 2019 à 8:13

Après lecture du DSM je n'ai pas de certitudes... Bien que j'ai clairement une relation entre détresse émotionnelle intense et douleur infligée pour me calmer.

Enfant je me suis beaucoup pincé fortement ou gratté, il m'arrivait aussi de frapper le dos de ma main contre un gros mur de pierre.

Aujourd'hui il m'arrive, à la place, de m'auto-infliger des coups de poings dans le ventre... Ça a l'avantage de ne pas faire trop de bruit, je ne veux pas que ma femme puisse se rendre compte de ça...

Je fais ça quand j'ai l'impression que je vais littéralement exploser, quand je suis submergé.
Pré-diagnostic en cours (mai-juin 2019), réflexion entamée sur démarches de diagnostic officiel

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lulamae
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Re: Autismes et automutilations

#57 Message par lulamae » mardi 7 mai 2019 à 17:26

Il est possible d'anticiper des conduites d'auto-mutilation chez l'enfant autiste
provoquées par l'hypersensibilité sensorielle


BY NICHOLETTE ZELIADT / 3 MAY 2019


Les nourrissons autistes montrant des réactions disproportionnées à la vue, aux sons et aux textures présentent des risques de se faire du mal lorsqu'ils seront de jeunes enfants.

Les chercheurs ont présenté les résultats inédits d'une recherche en ce sens aujourd'hui à la conférence de l' International Society for Autism Research 2019.

« Lorsque vous repérez un enfant qui présente un de ces types de comportement sensoriels de bonne heure, vous savez qu'il s'agit d'enfants qu'il nous faudrait observer attentivement, en raison du risque de comportements d'auto-mutilation, » annonce Adele Dimian, étudiante de troisième cycle au laboratoire de recher hes de Jason Wolff, à l'Université du Minnesota à Minneapolis, alors qu'elle exposait les résultats de la recherche.

Comme nous l'indique Mme Dimian, 25 % environ des enfants autistes se blessent en se cognant la tête sur des surfaces dures, en se piquant la peau, en se mordant ou en se pinçant. Par ailleurs, une fois que l'habitude est prise, il n'est pas facile de les soigner, nous dit-elle.

Ses collègues et elle-même ont donc recherché des facteurs prédictifs pour les auto-mutilations. Ils ont traité des données concernant 149 « bébés d'une fratrie » - des enfants qui risquaient plus de présenter des signes d'autisme, parce qu'ils avaient un frère ou une sœur plus âgé(e) entrant dans le spectre.

Aux étapes des 12, 24 et 36 mois, leurs parents ont complété des questionnaires évaluant leur sensibilité sensorielle, leur recherche sensorielle et comportements répétitifs ; ceux-ci incluaient des comportements d'auto-mutilation, ainsi que des comportements moteurs comme le flapping. En outre, les chercheurs ont évalué les capacités cognitives de ces enfants, au moyen du test appelé le « Mullen Scales of Early Learning » (l'Echelle d' Apprentissage Précoce de Mullen). Ils ont diagnostiqué autistes 41 de ces enfants à 3 ans.

L'exposition aux blessures :
39 % de ces bébés ont commencé à s'auto-mutiler à 12 mois ; ce chiffre est descendu à 35 % des enfants de 24 mois, puis 22 % des enfants de 36 mois. Les bébés de ces fratries, qui avaient été eux-mêmes diagnostiqués autistes, présentaient quatre fois plus de risques que les autres de s'auto-mutiler.

Environ la moitié de ces bébés de 12 mois se comportaient de la manière la plus courante pour se blesser : « ils se cognaient la tête contre une surface ». Ce comportement a régressé avec l'âge chez ceux qui n'étaient pas autistes, mais il a persisté chez ceux atteints du TSA.

« Il est important que nous soyons vigilants sur ces comportements, plutôt que d'attendre qu'ils disparaissent avec le temps », recommande Mme Dimian.

D'autres formes d'auto-mutilations, telles le fait de se piquer la peau et de se gratter ont empiré avec l'âge chez les enfants autistes. « Comme le développement moteur des enfants devient plus perfectionné, nous devrions nous attendre à voir apparaître des formes différentes d'auto-mutilation », nous confirme Mme Dimian.

Les chercheurs ont recouru à une analyse statistique pour identifier quels sont, à 12 mois, les facteurs qui permettent de prédire qu'un enfant risquera de s'auto-mutiler à 36 mois. Les comportements moteurs répétitifs constituent l'indicateur le plus marqué, car il augmente les risques d'auto-mutilation de 96 %. Parmi les autres indicateurs, on trouve un score faible sur l'Echelle de Mullen, ou l'absence de réaction aux stimuli sensoriels.

Mme Dimian conclut que ses collègues et elle ont la volonté d'utiliser ces éléments pour établir les facteurs de risques de l'auto-mutilation, afin d'aider les cliniciens à en prévenir l'apparition.

https://www.spectrumnews.org/news/senso ... -children/
sensory sensitivity may forecast traduction.odt
(25.28 Kio) Pas encore téléchargé
Diagnostic TSA en cours à l'hôpital Sainte-Anne depuis juillet 2018 ; recherches génétiques à l'hôpital Necker (éventuel SED) ; HPI en 2016.

"We're all in the gutter, but some of us look at the stars." Oscar Wilde.

Maedhros
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Re: Autismes et automutilations

#58 Message par Maedhros » dimanche 26 mai 2019 à 23:22

Je ne suis pas du tout suicidaire et je ne me scarifie pas, mais quand je ressent une pression trop intense je me mords et dans les cas vraiment extrêmes je me cognes la tête, après je me sens tellement mal j’ai l’impression d’être folle, la dernière fois était quand j’ai cru avoir perdu un dessin car le fichier était corrompu... le dessin est une activité très importante pour moi et c’était mon meilleur dessin du moment.
Enfant et adolescente il m’arrivait de me taper la tête dans les murs quand mes émotions stress ou autre étaient trop intense mais je ne le fais plus.
Également je me suis rendue compte que je flappe quand je suis stressée.
je ne sais pas si ça se fait aussi chez les tda ou si c’est juste moi qui ait un problème :/
Suspicion de TSA. Au final, penche plus sur un TDA.

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