Imagerie cérébrale, scanner du cerveau (et Aspie quiz) ...

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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Tugdual
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Re: Aspie quiz et scanner du cerveau ...

#16 Message par Tugdual » samedi 28 avril 2018 à 16:02

FinementCiselé a écrit :[...] mais depuis bien avant c'est déjà probant (97% de fiabilité, bien supérieur aux outils statistique d'étude clinique disponible, on doit tourner aux environs des 65/70% de mémoire en méthode "traditionnelle" faux positif et faux négatifs inclus)
Non, ce n'est pas probant tel que tu le présentes, en comparant une précision
d'outils cliniques avec les 97% d'une unique étude sur un petit échantillon.
Les auteurs sont conscients des limitations de leur étude :
Study limitations a écrit : First, the current paradigm, requiring significant cooperation during thoughts about social
interactions, would be difficult to apply to participants with lower-functioning autism.
Second, it is not yet known whether this type of classification can differentiate autism
from other special populations, such as those with other developmental and neurological
disorders. Furthermore, it would be desirable to develop a neurosemantic screening battery
that contains a variety of items capable of evoking altered representations in a number
of psychiatric disorders, along with a classifier that accurately identifies the disorder
of individual participants.
----------
Premièrement, le paradigme actuel, qui exige une coopération importante au cours de
la réflexion sur les interactions sociales, serait difficile à appliquer aux participants
atteints d'autisme de fonctionnement inférieur. Deuxièmement, on ne sait pas encore si
ce type de classification peut différencier l'autisme d'autres populations spéciales, comme
celles qui présentent d'autres troubles du développement et troubles neurologiques.
De plus, il serait souhaitable de développer une batterie de dépistage neurosémantique
contenant une variété d'éléments capables d'évoquer des représentations altérées dans
un certain nombre de troubles psychiatriques, ainsi qu'un classificateur qui identifie avec
précision le trouble des participants individuels.
----------
Traduit avec DeepL.
Ça veut dire que le résultat ne concerne que le groupe de l'étude,
que ce groupe n'est pas représentatif de tous les autistes, et aussi
que rien ne dit que ce qui est testé spécifiquement lors de l'étude ne
serait pas tout autant discriminant pour d'autres types de différences ...

C'est très intéressant, très prometteur, mais il reste un sacré chemin
à parcourir avant que le processus soit suffisamment fiable pour
s'appliquer au premier venu, dans un objectif d'aide au diagnostic ...

La méta-analyse de 2012 rappelle un autre gros soucis des imageries :
The small sample size investigated in many studies along with
the use of liberal statistical thresholds also make it difficult to
draw firm conclusions from the research to date.
----------
La petite taille d'échantillon étudié dans de nombreuses études, de même
que l'utilisation de seuils statistiques peu exigeants rend également
difficile le fait de tirer des conclusions fermes de la recherche à ce jour.
----------
Traduit avec DeepL, "liberal = libéraux" me semble douteux ...
Plutôt : liberal threshold = seuil peu strict, peu exigeant, relâché.
Modifications :
  • 29/04/2018 : Ajout de la remarque sur "liberal".
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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Tugdual
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Re: Aspie quiz et scanner du cerveau ...

#17 Message par Tugdual » samedi 28 avril 2018 à 16:18

Trois documents généraux à propos des imageries cérébrales dans le cas
de l'autisme, évoquant les différences tant fonctionnelles que structurelles ...

1. Imagerie dans l’autisme infantile (2012) :
Spoiler : Extrait : 
La recherche en imagerie cérébrale dans l’autisme a pour but de mieux caractériser les corrélats anatomiques
et fonctionnels de l’autisme, tout en faisant des liens avec d’autres disciplines comme la génétique.

Ces dernières années, les études en imagerie dans l’autisme ont permis de mettre en évidence des anomalies
anatomiques et fonctionnelles dans les régions dites du « cerveau social » : cortex orbitofrontal, sillon temporal
supérieur (STS), gyrus fusiforme, amygdale [1]. Des résultats plus récents suggèrent également des anomalies
de la connectivité anatomique et fonctionnelle entre ces régions [2].

[...]

Conclusion

Les techniques d’imagerie participent à mieux comprendre la physiopathologie de l’autisme.

L’imagerie a montré qu’il existe des anomalies anatomiques et fonctionnelles dans les régions temporales
impliquées dans la cognition sociale, ainsi que des anomalies de la connectivité anatomique et fonctionnelle
entre les régions temporales et frontales.

Il existerait ainsi un substratum anatomique et fonctionnel susceptible de sous-tendre les anomalies de traitement
des messages sociaux environnants. Ces données permettent de faire un lien entre ces différences au niveau cérébral
et des comportements cliniques pertinents.

Cependant, ces résultats concernent des méthodes d’imagerie de pointe dite de recherche et ne sont pour l’instant
pas applicables à l’ensemble des sujets atteints d’autisme dans un cadre clinique plus général.

La mise en place des centres de ressources autisme régionaux à l’intérieur desquels les ressources des différentes
spécialités sont rendues disponibles nécessite la mise à disposition d’outils d’imagerie plus simples.

Il est à notre avis indispensable de réaliser une IRM chez tout enfant chez lequel un retard mental et/ou un autisme
est diagnostiqué. Il est indispensable en effet d’éliminer tout autisme secondaire à une malformation ou une lésion cérébrale.
2. À la recherche d’une atteinte cérébrale dans l’autisme : où en sommes-nous (2012) :
Spoiler : Extrait : 
[...]
Dès l’origine, Kanner lui-même a évoqué avec une quasi-certitude la présence d’anomalies dans la structure et
le fonctionnement du cerveau ; à l’inverse, certains auteurs ont par la suite distingué un autisme pur (d’origine
uniquement psychologique) de manifestations autistiques liées à des pathologies organiques [12]. Dans la mesure
où les signes cliniques de l’autisme sont très complexes, il n’est pas surprenant que de nombreuses hypothèses
aient été faites au cours des dernières décennies quant à la nature des lésions cérébrales possibles ; néanmoins,
et malgré les avancées majeures des neurosciences, les circuits en cause restent toujours hypothétiques. En fait,
et tel que le présenteront les paragraphes suivants, un grand nombre d’anomalies cérébrales ont été mises en
évidence dans les TED sans qu’elles soient pour autant retrouvées systématiquement. Nous verrons donc que
plusieurs études rapportent des modifications de l’organisation morphologique et physiologique du cerveau
et de son activité électrique. Par la suite, les études en imagerie fonctionnelle seront évoquées pour illustrer
la redistribution de l’activation corticale qui est observée dans la plupart des tâches et fonctions cognitives
(si ce n’est dans l’ensemble de celles-ci). Enfin, les anomalies morphologiques et fonctionnelles de la connectivité
cérébrale seront présentées au travers des études de connectivité utilisant l’IRM par tenseur de diffusion
(tractographie incluse), ou l’IRM fonctionnelle de connectivité.

[...]

Discussion et conclusion

Dans l’ensemble, les études structurelles et fonctionnelles révèlent une grande diversité des anomalies cérébrales,
que ce soit en terme de localisation, d’étendue, ou de nature (local/global ; substance blanche/grise ; cortical/sous-
cortical) dans les troubles du spectre autistique. Les principales anomalies mises en évidence sont en effet :
  • une réduction de l’épaisseur corticale ;
  • l’existence de tracés EEG épileptiformes (bien que les liens entre ces anomalies électriques et les symptômes
    autistiques restent à clarifier) ;
  • une diminution du recrutement des réseaux classiques, souvent associée à une activation de régions atypiques
    et suggérant un défaut d’activation et de modulation des réseaux classiques ;
  • des diminutions de connectivité morphologique et fonctionnelle.
Considérées dans leur ensemble, les données actuelles militent en faveur de l’hypothèse d’un réseau de connectivité
aberrant (au détriment de l’hypothèse d’un dysfonctionnement local). Toutefois, l’autisme devrait probablement être
considéré comme un « trouble distribué » à plusieurs niveaux (génétique, neuroanatomique, neurofonctionnel,
comportemental) plutôt que comme un « déficit localisé » [19]. Il ne faut pas oublier que la morphologie cérébrale ainsi
que la connectivité fonctionnelle sont dynamiques, et évoluent constamment dans un cerveau modulé également par
l’expérience. Dès lors, les interactions entre réseaux déficitaires et expériences altérées (du fait des défaillances des
réseaux) viennent compliquer les bases neurologiques de ce désordre en créant un profil « exponentiellement distribué ».
Devant ces phénomènes, des études avec des échantillons plus larges, des études longitudinales, ainsi que des approches
pluridisciplinaires sont nécessaires pour décrire de manière adéquate la variabilité dans les syndromes autistiques et
pour élucider les liens cerveau-comportement. En effet, plusieurs études cliniques récentes montrent des troubles
comportementaux, neurologiques, et fonctionnels divers rendant indispensable l’implication d’intervenants issus de
différentes disciplines (neuropédiatres, neuropsychologues, orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciens, cliniciens
et chercheurs…). Ceci semble d’autant plus nécessaire si l’on considère que la plupart des troubles neurodéveloppementaux
ne sont pas des encéphalopathies statiques mais sont plutôt des processus dynamiques représentant l’influence de
la génétique et de l’environnement sur les circuits neuronaux.
3. Autisme et connectivité cérébrale : contribution des études de neuroimagerie [...] (2014) :
Spoiler : Extrait : 
[...]
La première étude de connectivité dans l’autisme a maintenant 10 ans. Nous proposons ici une revue de la littérature
concernant la connectivité cérébrale dans l’autisme, et les liens avec les trois types de signes cliniques de ce trouble (figure 1).

[...]

Conclusion

Les études de connectivite cérébrale dans les TSA, depuis la formulation initiale de la théorie de la dysconnectivité
en 2004, apportent des résultats hétérogènes, mais unanimes quant à un traitement de l’information atypique.

Les études anatomo-pathologiques suggèrent que les connexions anatomiques sont augmentées au sein du lobe frontal,
tandis que les études en IRM fonctionnelle tendent à montrer le contraire. Cette différence pourrait être secondaire à
un trouble développemental de la mise en place de la connectivité dans l’autisme, et à une hétérogénéité des résultats
en fonction de l’âge.

Les études en IRMf proposent, de manière relativement cohérente, un réseau de connectivité marqué par une sous-
connectivité à longue distance, antéro-postérieure, associée à une sur-connectivité locale à prédominance postérieure,
qui serait une compensation physiopathologique. Les résultats en EEG et MEG, à l’état de repos, identifient une synchronisation
à longue distance généralement diminuée, avec des résultats à courte distance variables en fonction des gammes de fréquence.

Les déficits en communication et interactions sociales seraient ainsi l’expression d’un défaut global d’intégration de
l’information au sein des réseaux cérébraux spécialisés, tandis que la connectivité sous-corticale augmentée sous-tendrait
les troubles comportementaux. Ce schéma de connectivité suppose un trouble du développement cérébral précoce,
associant une dysconnexion des aires associatives frontales à une connectivité augmentée des noyaux gris centraux.

Permettre un recrutement efficient de ce réseau à longue distance, en mobilisant des capacités normalement sous-tendues
par des régions cérébrales antérieures, pourrait constituer un moyen d’intervention thérapeutique
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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WinstonWolfe
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Re: Aspie quiz et scanner du cerveau ...

#18 Message par WinstonWolfe » samedi 28 avril 2018 à 19:36

Tugdual a écrit :(*) : Traduit avec DeepL, "libéraux" me semble douteux ...
Dans ce contexte, il faut plutôt comprendre "liberal" comme "flexible", "variable" (sous-entendu "suivant les études").
(Diagnostiqué aspie en 2013, à 40 ans)

Je sème des cailloux, ils m'échappent des doigts,
Mais je prends bien garde qu'ils ne mènent à moi.

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Re: Aspie quiz et scanner du cerveau ...

#19 Message par Tugdual » samedi 28 avril 2018 à 19:40

Il me semble que ces mots sont trop neutres,
qu'il doit y avoir un peu du sens de "laxiste" ...
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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olivierfh
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Re: Aspie quiz et scanner du cerveau ...

#20 Message par olivierfh » samedi 28 avril 2018 à 20:30

Oui c'est exactement ça: liberal threshold = seuil peu strict, peu exigeant, relâché.
TSA de type syndrome d'Asperger (03/2017) + HQI (11/2016).
4 grands enfants avec quelques traits me ressemblant, aucun diagnostic lancé.

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Différences cérébrales, cerveau normal et cerveau Asperger

#21 Message par NewAsperger » jeudi 17 mai 2018 à 20:26

Bonsoir !

Je poste sur le forum afin de partager avec vous l'une des plus célèbres photos concernant ce sujet : les différences cérébrales entre un cerveau dit « normal » et un cerveau d'une personne atteinte du syndrome d'Asperger : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/ ... _brain.jpg

Comme vous pouvez le voir, chaque cerveau a une zone dix fois plus puissante que l'autre. Le cerveau dit « normal » a une zone concernant tout ce qui est entendu (voix humaines) dix fois plus puissante, tandis que dans le cerveau Asperger, quant à lui, c'est la zone concernant ce qui est vu qui est la plus importante.

Cela explique donc les meilleures capacités sociales des neurotypiques, et les moins bonnes capacités en interactions sociales des personnes Asperger. Les Asperger ne sont toutefois pas en reste, puisque leurs capacités leur permettant donc de procéder à ce qui est vu sont dix fois plus importantes, ce qui confère un avantage remarquable dans les domaines de l'ingénierie, de l'architecture, des mathématiques, des sciences ou du dessin.

Tout ceci explique donc les difficultés en théorie de l'esprit et impliquées dans l'intuition des autistes, et leurs grandes capacités dans les domaines précédemment mentionnés.

Je crée ce sujet car il me semble important d'en parler, et c'est en discutant de cela qu'on peut nous améliorer dans les domaines où nous sommes moins bons, en tant qu'autistes. Cela nous permet de comprendre que nos difficultés ont, en fait, une origine cérébrale, et d'y remédier.

Je suis à disposition pour des informations complémentaires.

Bien à vous.


Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (message unique).
Diagnostiqué en octobre 2016, j'habite en Suisse. Je suis impatient de côtoyer d'autres Aspie et de prendre part à cette vie en communauté.

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Re: Aspie quiz et scanner du cerveau ...

#22 Message par Tugdual » jeudi 17 mai 2018 à 20:36

Tu peux reprendre la discussion à ce niveau ...

:mryellow:
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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