Délinquance et autisme

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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Re: Délinquance et autisme

#211 Message par Controleur » samedi 9 mai 2020 à 22:29

Jean a écrit :
vendredi 8 mai 2020 à 17:24
Je vais publier sur les tueurs de masse et les interrogatoires.

J'ai eu des contacts, et je vais relancer quand le dossier sera plus complet.
Tu pourra aussi leur demander comment y'a eut amalgame entre le fait d'être autiste et d'être un tueur en série alors que Eliot Rodger n'a jamais été considéré comme autiste? Et accessoirement demander pourquoi le petit pujadas n'as jamais eut de recadrage de sa hierarchie quand il a insulté les autistes français?
Diagnostique autiste par le CRA en mars 2009

Si vi pacem, para bellum

Traduction Latine: Si tu veux la paix, prépare la guerre

Contrôleur des finances publiques 2ème classe en trésorerie municipale.

Adepte de la médecine chinoise.

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Re: Délinquance et autisme

#212 Message par Jean » lundi 11 mai 2020 à 11:13

Justice 9 : Terrorisme du loup solitaire : vulnérabilités et risques dans l'autisme

Deux articles de Clare Allely, dont "Une analyse psychologique du cheminement vers la violence intentionnelle chez les tireurs de masse, Adam Lanza et Anders Breivik"

gillberg.blogg.gu.se Traduction de "Lone Wolf Terrorism : Vulnerabilities and Risks in Autism – GILLBERG’S BLOG" par Clare Allely -17 juillet 2017 et gillbergcentre.gu.se Traduction de "A Psychological Analysis of the Pathway to Intended Violence in Mass Shooters, Adam Lanza and Anders Breivik" par la chercheuse GNC Clare Allely 02 mars 2017
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... s-lautisme
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Re: Délinquance et autisme

#213 Message par Jean » mardi 12 mai 2020 à 14:04

Justice 10 : "Ma vie a été vécue derrière un écran invisible"

Dossier autisme, police et justice : deux témoignages de policiers britanniques autistes, membres de la National Police Autisme Association.

npaa.org.uk Traduction de "My life has been lived behind an unseen screen" | National Police Autism Association
npaa.org.uk Traduction de "Guest Blog: Autism and working in Hampshire Constabulary"
Blog des invités : L'autisme et le travail dans la police du Hampshire

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... -invisible
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Re: Délinquance et autisme

#214 Message par Jean » mercredi 13 mai 2020 à 16:22

Justice 11 : Les communautés en ligne radicales et leur attrait toxique pour les hommes autistes

Dossier autisme, police et justice . Les réseaux d'incels (célibataires involontaires) regrouperaient beaucoup d'hommes autistes. Analyse des motifs, des risques et des moyens pour y remédier.

spectrumnews.org Traduction de "Radical online communities and their toxic allure for autistic men" par Brendan Borrell / 13 mai 2020
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... s-autistes
crime scene.png
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Re: Délinquance et autisme

#215 Message par Jean » jeudi 14 mai 2020 à 1:12

Justice 12 : la police a besoin d'une formation pour interagir avec les autistes

Exemples de relations entre la police et des personnes autistes : nécessité d'une formation des policiers pour éviter que les interpllations dégénèrent !

spectrumnews.org Traduction de "Why police need training to interact with people on the spectrum"

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... s-autistes
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Re: Délinquance et autisme

#216 Message par Jean » samedi 30 mai 2020 à 18:31

Ce samedi 30 mai, Iyad Elhalak, un palestinien de 32 ans a été interpellé par des policiers qui pensaient qu’il portait un pistolet. Le jeune homme a pris la fuite donc les policiers ont tiré. Il est mort sur le coup.

Finalement, aucune arme n’a été découverte sur le corps du jeune homme qui s'avérait souffrir d’autisme. Selon sa famille, Iyad Elhalak n’a probablement pas compris ce que les policiers lui demandaient.

http://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20200 ... usalem-est
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Re: Délinquance et autisme

#217 Message par Jean » lundi 3 août 2020 à 18:40

La semaine dernière, un cas particulier a fait les manchettes pour de tristes raisons. Un individu de 32 ans, Jean-Luc Ferland, autiste, a été accusé du meurtre de sa mère, Suzanne Desjardins.

Ce cas, loin d'être le seul en son genre, nous ramène aux questions qui entourent notre système de justice quand l'accusé vit avec un TSA (Trouble du spectre de l'autisme).

De nombreuses questions se posent. Les personnes TSA sont-elles plus susceptibles de commettre un crime? Sont-elles plus vulnérables lorsqu'elles se retrouvent en prison? Les connaissances limitées en la matière ne permettent pas d'y répondre clairement.

Pas suffisamment de données sur le TSA chez l'adulte

Il n'y a pas suffisamment d'études qui ont été faites au sujet des individus atteints d'un TSA dans notre système de justice. Certaines études démontrent que des individus autistes pourraient être plus à risque de commettre des gestes criminels, à cause de certains de leurs comportements. Par exemple, une personne autiste qui est très sensible à son environnement et assujettie à une routine stricte, peut être fortement déstabilisée lorsque survient un changement imprévu.

Il est alors difficile de prévoir sa réaction, et en fonction du contexte, cette personne pourrait réagir violemment et blesser quelqu'un. On pourrait aussi imaginer une situation où la personne autiste blesse son interlocuteur, mais comme elle ne distingue pas bien le verbal du non-verbal, elle ne se rend pas compte de sa détresse et ne réagit pas. C'est cette difficulté entre autres qui impacte la capacité d'empathie de certaines personnes TSA. (Source : Troubles du spectre de l'autisme et système de justice pénal, Autisme.qc.ca)

Un autre problème par rapport à cette population (autistes) est que la très grande partie des données que nous avons sur eux portent sur l'enfance. Nous avons donc beaucoup plus d'informations sur les enfants TSA que sur les adultes. Or, plusieurs autistes sont laissés à eux-mêmes à l'âge adulte et c'est souvent à l'adolescence ou à l'âge adulte que ceux-ci se retrouvent à risque de commettre un geste criminel.

C'est pourquoi l'existence d'une fondation comme celle de Véro et Louis, qui crée des maisons pour les autistes adultes, est si importante et peut également avoir un impact sur le taux de criminalité chez les personnes atteintes, en leur permettant de vivre dans un environnement sécuritaire et encadré passé l'âge de 21 ans.

Arrestation d'une personne atteinte d'un TSA

Si vous avez déjà côtoyé des personnes vivant avec un TSA, vous pouvez facilement vous imaginer pourquoi celles-ci peuvent être déstabilisées lors d'une arrestation. Selon la gravité des atteintes ou comorbidités et la perception du monde qui les entoure, il peut être très difficile pour ces gens de traverser le processus judiciaire. Certains autistes sont non-verbaux et ne peuvent même pas répondre aux questions des policiers. D'autres pourraient avoir du mal à se rappeler ce qui s'est passé et répondre aux questions de manière erronée, sans en avoir l'intention. La personne arrêtée peut même être simplement incapable de fonctionner dans un milieu autre que son domicile, ce qui rend tout interrogatoire particulièrement complexe à réaliser. À l'opposé, il se peut qu'elle passe aux aveux sans réellement comprendre ce qui se passe, par simple désir de se montrer obéissante. (Source : Troubles du spectre de l'autisme et système de justice pénal, Autisme.qc.ca)

Tous ces éléments peuvent avoir de lourdes conséquences. C'est pourquoi il importe de continuer à se questionner sur la relation entre notre système judiciaire et les personnes autistes.

Ce qui détermine la responsabilité criminelle

Le problème, dans les cas où l'accusé est atteint d'un TSA, c'est qu'on associe la responsabilité criminelle à une intention coupable. Il peut donc être particulièrement complexe de déterminer et surtout de prouver que l'accusé souffrant d'un TSA était réellement conscient que son action était mauvaise ou criminelle.

Il faut déterminer si la perception de l'accusé peut être considérée comme pouvant alléger la peine, ou au contraire comme facteur aggravant. Si la défense est capable de prouver que l'accusé était dans l'impossibilité de savoir qu'il commettait un crime, on pourrait également envisager la défense de non-responsabilité criminelle.

Représenter une personne avec un TSA

En tant qu'avocat, pour représenter une personne atteinte d'un TSA, il est primordial de connaître la réalité de celle-ci. Les besoins particuliers de cette clientèle doivent être connus et bien compris par l'avocat de la défense afin de pouvoir la représenter adéquatement et équitablement. Il est parfois même complexe d'avoir accès à des experts médico-légaux qui sont familiers avec ces troubles, ce qui rend la défense encore plus difficile.

Finalement, pour la personne accusée elle-même, il peut s'avérer extrêmement difficile de comprendre le processus judiciaire qu'elle traverse. Son avocat doit être en mesure de la soutenir dans tout le processus et de l'outiller pour y faire face. En tant qu'avocate criminaliste, j’ai représenté des personnes vivant le trouble du spectre de l’autisme, aussi nommé autisme de haut niveau (asperger). Il est évident que je suis particulièrement touchée par ces causes et les défis qu'ils représentent.

Un jeune adulte condamné pour meurtre non-prémédité

On peut remonter à 2016 pour citer le cas de ce jeune adulte autiste de 22 ans qui a été accusé du meurtre prémédité de ses parents. Le drame s'était déroulé à Ottawa. Il s'était ensuite sauvé à Montréal pendant deux semaines, n'ayant plus aucune famille pour se mettre à sa recherche. Il avait fini par avouer son crime et se retrouver en prison.

Sans parents, frère ou sœur ni famille distante, c'est son avocat qui fût son seul lien avec le monde extérieur. L'accusé était atteint d'un TSA sévère, et éprouvait même de la difficulté à parler ou à se rappeler son nom. Imaginez alors comment il devait se sentir dans cette situation particulièrement déstabilisante.

En 2018, il a finalement plaidé coupable du meurtre non-prémédité de ses parents. Son procès avait été avorté suite à des dénonciations de supposées agressions sexuelles par son père. Il avouait quelques jours plus tard que celles-ci n'étaient que mensonges. Il a donc été condamné à la prison à vie. Dans ce cas en particulier, il a été jugé que l'état mental de l'accusé n'expliquait pas la violence du crime commis. Le fait qu'il ait menti en créant de fausses accusations pour échapper à son sort lui a également nui.

Un adolescent en attente de son procès


En février 2018, un adolescent autiste de 17 ans de Limoilou a tué sa mère de 49 ans, avec qui il demeurait un week-end sur deux. Le reste du temps, il vivait dans un centre d'hébergement avec des éducateurs spécialisés. Le crime fut violent ; il a poignardé sa mère à plusieurs reprises. Celle-ci est décédée à l'hôpital des suites de ses blessures.

L'adolescent a d'abord dû passer un examen psychiatrique qui l'a déclaré apte à subir son procès. Son avocat a ensuite demandé à ce qu'il subisse un examen sur la responsabilité criminelle. Le psychiatre consulté par la défense a déclaré qu'il ne pouvait pas être tenu criminellement responsable. Le psychiatre interrogé par la poursuite a quant à lui déclaré l'inverse.

Le procès de ce jeune homme devait avoir lieu à l'hiver 2020. Comme on sait que notre système de justice a connu une pause involontaire cet hiver, et bien que les activités judiciaires reprennent tranquillement et graduellement, il va sans dire que son procès a été repoussé, comme tant d'autres.

La Couronne a l'intention de réclamer une peine pour adulte, alors que l'accusé était mineur au moment du crime. Ceci peut faire la différence entre une peine maximale de 7 ans (système de justice pénale pour adolescent) et la prison à perpétuité (pour les adultes) dans le cas d'une condamnation pour meurtre au second degré. C'est un cas à suivre...

TSA et crime sexuel

Un autre cas, un autiste de 22 ans accusé de leurre informatique envers deux adolescentes. L'avocat de la défense a fait valoir que l'accusé a vécu de l'intimidation pendant toute sa jeunesse en raison de son TSA. La juge Chantal Pelletier a reconnu que l'accusé n'avait pas de déviance sexuelle et que c'était un cas particulier qui méritait d'être traité différemment. Elle en a conclu que c'est son état qui l'a amené à poser les gestes déplacés (à savoir, les conversations en ligne).

Bien qu'il ne se soit pas retrouvé en prison, il figure désormais au registre des délinquants sexuels pour le reste de ses jours. Il n'avait aucun antécédent judiciaire.

Vivre seule avec un "cas lourd" sans ressources


Dans le cas cité en début d'article, c'est il y a quelques jours seulement que l'accusé a comparu au palais de justice de Drummondville. La victime, la mère de l'accusé Jean-Luc Ferland, avait contacté les policiers la veille du drame car elle éprouvait des difficultés avec son fils autiste de 32 ans qui vivait avec elle. Elle souhaitait pouvoir le forcer à subir une évaluation psychiatrique. Elle n'a pas obtenu l'aide qu'elle demandait car il n'avait pas (encore) été violent avec elle et ne l'avait pas menacée, même si son comportement montrait des signes inquiétants.

Qui sait si elle n'aurait pas obtenu le soutien nécessaire, si elle avait eu à sa disposition de meilleures ressources pour les adultes autistes. Elle vivait seule avec son fils qui était considéré comme un "cas lourd" et elle ne recevait aucune aide. Mme Desjardins est décédée le lendemain de sa visite au poste de police.

En attendant son procès, M. Ferland demeure détenu puisqu'il fait face à une accusation de meurtre au deuxième degré. Le dossier sera entendu le 14 août prochain au palais de justice de Drummondville.

http://www.droit-inc.com/article27138-T ... -en-est-on
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Re: Délinquance et autisme

#218 Message par Jean » mercredi 26 août 2020 à 19:18

https://link.springer.com/article/10.10 ... 20-04663-5
Does a Person’s Autism Play a Role in Their Interactions with Police: The Perceptions of Autistic Adults and Parent/Carers
  • Cette étude visait à décrire l'impact des caractéristiques autistiques (caractéristiques essentielles de l'autisme et affections concomitantes) sur les interactions avec la police. Douze adultes autistes et 19 parents/soignants ont été interrogés sur leurs interactions avec la police au cours des cinq dernières années. L'analyse du contenu a permis de constater que dans la plupart des interactions (92,3 %), les caractéristiques autistiques ont été décrites comme ayant un rôle dans l'interaction avec la police, soit comme un facteur causal, soit plus souvent en affectant le déroulement de l'interaction. Dans ce dernier cas, l'impact était associé à des perceptions négatives de l'interaction. En échantillonnant un groupe plus représentatif en fonction de l'âge, du sexe, des capacités fonctionnelles et du contexte, cette étude donne un aperçu des facteurs qui sous-tendent l'insatisfaction déclarée de nombreuses personnes autistes à l'égard des interactions avec la police.
Si quelqu'un peut accéder au texte complet ..
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Re: Délinquance et autisme

#219 Message par Jean » jeudi 12 novembre 2020 à 23:35

lactualite.com
L'autisme pourrait se retrouver au coeur de la défense d'Alek Minassian

TORONTO — Un psychiatre engagé par les avocats de l’homme accusé d’avoir perpétré l’attaque au camion bélier à Toronto en 2018 a déclaré jeudi qu’Alek Minassian avait une «façon de penser autiste» gravement déformée.

Dans ce premier aperçu des preuves que les avocats de l’accusé entendent présenter lors de son procès pour meurtre, le tribunal a appris qu’un médecin ayant interrogé l’homme de 28 ans avait conclu qu’il n’était pas psychotique, mais qu’il avait un processus de réflexion similaire à la psychose.

Alek Minassian a admis devant le tribunal avoir planifié et mené l’attaque du 23 avril 2018, qui a fait 10 morts et 16 blessés sur un trottoir très fréquenté de Toronto.

Il a plaidé non coupable à 10 chefs de meurtre au premier degré et à 16 chefs de tentative de meurtre et plaide la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Son équipe de défense n’a pas encore expliqué la nature du trouble mental dont M. Minassian aurait souffert à l’époque et qui aurait fait en sorte qu’il n’aurait pas compris que ce qu’il faisait était mal.

Mais l’avocat de la Couronne Joe Callaghan a donné un aperçu de certaines des preuves que la défense pourrait soulever, en lisant un rapport préparé par un psychiatre engagé par les avocats de l’accusé. Le ministère public souhaite avoir accès à l’intégralité de l’enregistrement vidéo et audio de l’entrevue de ce psychiatre avec Alek Minassian, ainsi que celles menées par d’autres médecins.

«Dans l’ensemble, nous avons eu l’impression que malgré le fait qu’il n’était pas psychotique, sa façon de penser autiste était gravement déformée, semblable à la psychose», lit-on dans le rapport.

M. Minassian a nié avoir eu des symptômes apparentés à un trouble psychotique, comme des hallucinations visuelles et auditives, note le rapport. «Cependant, son processus de réflexion était très concret et rigide.»

Le rapport indique qu’Alek Minassian semblait être «déconcerté» par certaines questions et qu’il n’aurait alors pas répondu, ou aurait fourni «des réponses à côté de la question avec des détails superflus ou hors sujet».

La cour avait précédemment appris que lors d’un long entretien avec la police, M. Minassian avait déclaré que l’attaque était un châtiment contre la société parce qu’il était un puceau solitaire qui croyait que les femmes ne coucheraient pas avec lui.

Puisque l’accusé a présenté une défense de non-responsabilité criminelle, il incombe au ministère public de prouver sa culpabilité hors de tout doute raisonnable.

L’avocat de M. Minassian tentera de prouver, selon la prépondérance des probabilités, qu’il est plus probable qu’improbable que l’accusé avait un trouble mental ayant eu un impact sur ses actions au point où il n’a pas compris que ce qu’il faisait était mal.

D’anciens camarades de classe d’Alek Minassian ont déclaré à La Presse Canadienne qu’il était atteint d’un trouble du spectre de l’autisme, une condition neurologique qui perturbe le fonctionnement du cerveau.

Selon Autisme Canada, les personnes autistes peuvent avoir du mal à entrer en relation avec les autres, ont parfois de la difficulté à communiquer, ont certains comportements répétitifs et manifestent de l’intérêt pour un nombre limité d’activités.

Mais de nombreux groupes liés à l’autisme soulignent que les personnes autistes sont beaucoup plus susceptibles d’être victimes d’intimidation et de violence que d’en commettre.

La juge qui préside le procès Minassian, qui se déroule par vidéoconférence, doit déterminer s’il convient d’accéder à une requête de la Couronne déposée mercredi, qui demande l’accès à environ 30 heures d’entretiens que l’accusé et sa famille ont eus avec les médecins de la défense, ainsi que plus de 100 pages de notes liées à ces entretiens.

«La Couronne a le droit de recevoir le dossier complet de ces entrevues existantes», a fait valoir Me Callaghan.

Une transcription des entretiens avec les médecins ne suffira pas, a-t-il estimé. «Il est clair qu’ils (les avocats de la défense) s’appuient sur la manière dont les réponses et la présentation de M. Minassian ont contribué à façonner des parties critiques de leur argumentaire», a dit Me Callaghan.

Boris Bytensky, l’avocat de M. Minassian, a affirmé que la Couronne avait en main les rapports des médecins qui résument leurs conclusions et leurs opinions sur l’état d’esprit de l’accusé, mais que la vidéo et l’audio complets des entretiens, ainsi que les notes médicales, sont protégés par le privilège relatif au litige.

Me Bytensky a fait valoir que si les médecins ont enregistré leurs entretiens avec M. Minassian, ils ne les ont pas utilisés comme source d’informations, ni ne les ont regardés ou écoutés à nouveau. Par conséquent, ils s’apparentent aux notes de la défense, a-t-il dit.

Si la juge Anne Molloy se range du côté de la Couronne, il y aura probablement un délai dans le déroulement du procès pour que la Couronne et ses témoins experts puissent examiner les documents.
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Re: Délinquance et autisme

#220 Message par Jean » mercredi 18 novembre 2020 à 10:22

journaldequebec.com
Attaque de Toronto: Alek Minassian n’a montré aucun remords, selon son père
Agence QM

Alek Manissian n’a jamais manifesté de remords ou présenté des excuses après l’attaque au camion-bélier à Toronto qui a fait 10 morts et 16 blessés en avril 2018, a avoué lundi son père au troisième du procès du jeune homme de 28 ans.

Alek Minassian qui a voué avoir planifié l’attaque à la camionnette a plaidé non coupable de 10 chefs de meurtre au premier degré et de 16 chefs de tentative de meurtre.

Lors de son témoignage à la barre, Vahe Minassian a révélé que son fils à qui il rendait régulièrement visite en prison a reçu un diagnostic de trouble envahissant du développement, une sorte d’autisme, depuis l’âge de 5 ans.

L’autisme constitue d’ailleurs le seul diagnostic en jeu pour la défense d’Alek, selon ses avocats.

Lors d’une visite, Alek a dit à son père qu’il attendait avec impatience le procès afin que «tout le monde sache que je n’ai rien fait de mal», a indiqué M. Minassian, selon ce qu’a rapporté lundi Global News.

«Au fil du temps, cela m’a amené à croire qu’il n’a pas compris vraiment ce qui s’est passé», a dit le père d’Alek.

Il a affirmé que son fils était souvent taquiné à l’école, sans qu’il soit affecté visiblement, mais Alek avait des difficultés certaines.

Le jour de l’attaque, en ce jour fatidique du 23 avril, Vahe Minassian ne doutait pas que son fils allait commettre l’irréparable, alors qu’il postulait pour un emploi.

«J’étais dans un état de choc et de confusion. Je n’arrêtais de me demander comment est-ce possible», a-t-il dit.

Après le témoignage de Vahe Minassian, la Couronne devrait contre-interroger les témoins.
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Re: Délinquance et autisme

#221 Message par Jean » jeudi 26 novembre 2020 à 0:38

Osime Brown: 55 députés soutiennent les appels à arrêter l’expulsion d’un homme gravement autiste
https://news-24.fr/osime-brown-55-deput ... t-autiste/

Des dizaines de députés ont soutenu les appels à mettre fin à l’expulsion d’un homme gravement autiste qui a été emprisonné à l’adolescence après avoir été reconnu coupable d’avoir volé un téléphone portable.

Le groupe multipartite de 55 députés a signé une motion de début de journée demandant au Home Office de suspendre son projet de rapporter Osime Brown, 21 ans, à la Jamaïque, un pays dans lequel il n’a pas mis les pieds depuis l’âge de quatre ans.

La motion, parrainée par six politiciens libéraux démocrates, SNP et travaillistes, «note les paroles de la mère d’Osime selon lesquelles s’ils l’expulsent, il mourra» et soulève des inquiétudes quant à sa condamnation et à l’automutilation infligée derrière les barreaux.

Brown, un résident britannique né en Jamaïque, a reçu un avis de renvoi du gouvernement en août 2018 sur la base d’une série d’infractions criminelles qu’il a commises à l’adolescence. Le plus grave était le vol d’un téléphone portable, mais les avocats se sont déclarés préoccupés par le rôle de la loi controversée sur les entreprises communes dans l’affaire et un ami de Brown a témoigné qu’il n’était pas directement impliqué dans le crime.

Plus de 100 000 personnes ont signé une pétition appelant à l’arrêt de l’expulsion de Brown et certains partisans ont organisé une manifestation devant le ministère de l’Intérieur.

Les députés représentant les travaillistes, les démocrates libéraux, le Parti vert, le SNP, Plaid Cymru, le DUP et le Parti social-démocrate et travailliste ont signé la motion de début de journée présentée par les députés pour appeler officiellement à un débat à la Chambre.

Joan Martin, la mère d’Osime, a dit L’indépendant: “C’est phénoménal et très édifiant pour nous parce que nous savons que nous ne nous battons pas seuls. Nous avons beaucoup de gens merveilleux et attentionnés qui nous soutiennent et cela me donne de l’énergie”.

Layla Moran, députée libérale d’Oxford West et d’Abingdon et l’un des six auteurs de la motion, a ajouté: << Nous avons besoin de justice pour Osime Brown et sa famille. L'environnement hostile des conservateurs est profondément préjudiciable et l'expulsion d'Osime vers la Jamaïque serait tout à fait faux.

«Ce gouvernement devrait prendre soin d’Osime, ne pas mettre une personne autiste, dyslexique, ayant des troubles d’apprentissage et le SSPT en danger réel. Je suis avec tous mes collègues qui ont signé la motion aux Communes.

Brown a été emprisonné en vertu de la loi sur les infractions communes en 2015 pour avoir volé un téléphone portable. Sa peine de cinq ans d’emprisonnement a déclenché la révocation automatique de son autorisation de séjour illimitée, qui a été accordée après que lui et sa famille sont arrivés en Angleterre de la Jamaïque à l’âge de quatre ans.

Le psychopédagogue John T. Hall, qui a été chargé par la mère de Brown de mener un examen de son fils, a déclaré que ce serait “un acte de pure folie de faire ce que propose le ministère de l’Intérieur, car les conséquences pour Osime ne seraient pas seulement la vie. – changeant dans une direction très négative, mais potentiellement mortelle ».

Pendant son incarcération au HMP Stocken à Rutland, sa santé mentale et physique s’est détériorée, avec une augmentation des dépressions et de l’automutilation, ainsi que le développement d’une maladie cardiaque.

Mme Martin a accusé la prison de ne pas l’avoir aidé avec son autisme ou ses problèmes de santé mentale.

Le ministère de l’Intérieur a précédemment déclaré que ce serait un commentaire «inapproprié» sur son cas «pendant que les procédures judiciaires sont en cours.»
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Re: Délinquance et autisme

#222 Message par Jean » jeudi 26 novembre 2020 à 15:56

Justice 16 : Pourquoi la formation à l'autisme pour la police ne suffit pas
La formation des services de police à l'autisme est nécessaire, mais elle n'est pas suffisante en général. Revue des problèmes rencontrés.

spectrumnews.org Traduction de "Why autism training for police isn’t enough" par Elissa Ball, Jaclyn Jeffrey-Wilensky / 26 novembre 2020
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... suffit-pas
PoliceTrainingJHK1-844.jpg
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Re: Délinquance et autisme

#223 Message par Jean » lundi 30 novembre 2020 à 15:21

Justice 17 : Former les premiers intervenants à reconnaître l'autisme peut permettre d'éviter des tragédies

Les personnes autistes sont vulnérables, et peuvent réagir négativement à des intervenants comme les pompiers, les policiers ou ambulanciers. Les premiers intervenants doivent être préparés et équipés pour aider les personnes souffrant de troubles neurologiques du développement afin de garantir que les rencontres sont sûres et ne s'aggravent pas.

spectrumnews.org Traduction de "Training first responders to recognize autism may avert tragedies" par Viola Cheung, Carol Weitzman / 29 mai 2018
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... e-lautisme
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Re: Délinquance et autisme

#224 Message par Jean » vendredi 4 décembre 2020 à 19:05

Justice 18: Pour les adolescents autistes, les problèmes de comportement augmentent le risque d'accrochage avec la police

Une étude examine les liens entre les problèmes de comportement à l'école, les hospitalisations pour des problèmes psychiatriques et les interventions policières ou judiciaires chez les jeunes autistes. "Cela se produit surtout au début de l'adolescence, alors qu'ils sont encore à l'école, et c'est là que nous devrions très probablement cibler les interventions et les systèmes de soutien"

spectrumnews.org Traduction de "For teens with autism, behavioral issues boost risk of police run-ins" par Hannah Furfaro / 11 janvier 2018
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... -la-police

Justice 19 : La ville de New York lance un programme pilote pour que des professionnels de la santé comportementale répondent aux appels de santé mentale sans avoir recours à des policiers armés

Plusieurs villes américaines, dont New-York, veulent éviter des interventions policières dans des situations d'urgence, en faisant intervenir des professionnels de santé mentale. Avec un exemple à Philadelphie d'un homme noir en crise abattu par la police.

insider.com Traduction de "New York City is launching a pilot program to have behavioral health professionals respond to mental health calls without armed police officers"
Haven Orecchio-Egresitz - 11 novembre 2020

La police savait que Walter Wallace Jr. souffrait d'une crise de santé mentale et s'est rendue chez lui trois fois le jour où il a été tué par balle - et a ri de sa famille à un moment donné, a déclaré sa mère
Ashley Collman - 28 octobre 2020
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... -policiers
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Re: Délinquance et autisme

#225 Message par Jean » vendredi 4 décembre 2020 à 22:06

Justice 20 : Une estimation de la prévalence des troubles du spectre autistique dans la population d'un établissement pénitentiaire

Une étude de 2012 a évalué à 4,4 % le nombre de personnes autistes dans un établissement pénitentiaire américain, une surreprésentation qui interroge. Voir aussi des études néerlandaise ou norvégienne.

Open Access Journal of Forensic Psychology Traduction de "An estimate of the prevalence of autism-spectrum disorders in an incarcerated population" - Janvier 2012
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... itentiaire
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