Délinquance et autisme

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Re: Délinquance et autisme

#211 Message par Controleur » samedi 9 mai 2020 à 22:29

Jean a écrit :
vendredi 8 mai 2020 à 17:24
Je vais publier sur les tueurs de masse et les interrogatoires.

J'ai eu des contacts, et je vais relancer quand le dossier sera plus complet.
Tu pourra aussi leur demander comment y'a eut amalgame entre le fait d'être autiste et d'être un tueur en série alors que Eliot Rodger n'a jamais été considéré comme autiste? Et accessoirement demander pourquoi le petit pujadas n'as jamais eut de recadrage de sa hierarchie quand il a insulté les autistes français?
Diagnostique autiste par le CRA en mars 2009

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Re: Délinquance et autisme

#212 Message par Jean » lundi 11 mai 2020 à 11:13

Justice 9 : Terrorisme du loup solitaire : vulnérabilités et risques dans l'autisme

Deux articles de Clare Allely, dont "Une analyse psychologique du cheminement vers la violence intentionnelle chez les tireurs de masse, Adam Lanza et Anders Breivik"

gillberg.blogg.gu.se Traduction de "Lone Wolf Terrorism : Vulnerabilities and Risks in Autism – GILLBERG’S BLOG" par Clare Allely -17 juillet 2017 et gillbergcentre.gu.se Traduction de "A Psychological Analysis of the Pathway to Intended Violence in Mass Shooters, Adam Lanza and Anders Breivik" par la chercheuse GNC Clare Allely 02 mars 2017
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... s-lautisme
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Re: Délinquance et autisme

#213 Message par Jean » mardi 12 mai 2020 à 14:04

Justice 10 : "Ma vie a été vécue derrière un écran invisible"

Dossier autisme, police et justice : deux témoignages de policiers britanniques autistes, membres de la National Police Autisme Association.

npaa.org.uk Traduction de "My life has been lived behind an unseen screen" | National Police Autism Association
npaa.org.uk Traduction de "Guest Blog: Autism and working in Hampshire Constabulary"
Blog des invités : L'autisme et le travail dans la police du Hampshire

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... -invisible
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Re: Délinquance et autisme

#214 Message par Jean » mercredi 13 mai 2020 à 16:22

Justice 11 : Les communautés en ligne radicales et leur attrait toxique pour les hommes autistes

Dossier autisme, police et justice . Les réseaux d'incels (célibataires involontaires) regrouperaient beaucoup d'hommes autistes. Analyse des motifs, des risques et des moyens pour y remédier.

spectrumnews.org Traduction de "Radical online communities and their toxic allure for autistic men" par Brendan Borrell / 13 mai 2020
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... s-autistes
crime scene.png
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Re: Délinquance et autisme

#215 Message par Jean » jeudi 14 mai 2020 à 1:12

Justice 12 : la police a besoin d'une formation pour interagir avec les autistes

Exemples de relations entre la police et des personnes autistes : nécessité d'une formation des policiers pour éviter que les interpllations dégénèrent !

spectrumnews.org Traduction de "Why police need training to interact with people on the spectrum"

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... s-autistes
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Re: Délinquance et autisme

#216 Message par Jean » samedi 30 mai 2020 à 18:31

Ce samedi 30 mai, Iyad Elhalak, un palestinien de 32 ans a été interpellé par des policiers qui pensaient qu’il portait un pistolet. Le jeune homme a pris la fuite donc les policiers ont tiré. Il est mort sur le coup.

Finalement, aucune arme n’a été découverte sur le corps du jeune homme qui s'avérait souffrir d’autisme. Selon sa famille, Iyad Elhalak n’a probablement pas compris ce que les policiers lui demandaient.

http://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20200 ... usalem-est
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Re: Délinquance et autisme

#217 Message par Jean » lundi 3 août 2020 à 18:40

La semaine dernière, un cas particulier a fait les manchettes pour de tristes raisons. Un individu de 32 ans, Jean-Luc Ferland, autiste, a été accusé du meurtre de sa mère, Suzanne Desjardins.

Ce cas, loin d'être le seul en son genre, nous ramène aux questions qui entourent notre système de justice quand l'accusé vit avec un TSA (Trouble du spectre de l'autisme).

De nombreuses questions se posent. Les personnes TSA sont-elles plus susceptibles de commettre un crime? Sont-elles plus vulnérables lorsqu'elles se retrouvent en prison? Les connaissances limitées en la matière ne permettent pas d'y répondre clairement.

Pas suffisamment de données sur le TSA chez l'adulte

Il n'y a pas suffisamment d'études qui ont été faites au sujet des individus atteints d'un TSA dans notre système de justice. Certaines études démontrent que des individus autistes pourraient être plus à risque de commettre des gestes criminels, à cause de certains de leurs comportements. Par exemple, une personne autiste qui est très sensible à son environnement et assujettie à une routine stricte, peut être fortement déstabilisée lorsque survient un changement imprévu.

Il est alors difficile de prévoir sa réaction, et en fonction du contexte, cette personne pourrait réagir violemment et blesser quelqu'un. On pourrait aussi imaginer une situation où la personne autiste blesse son interlocuteur, mais comme elle ne distingue pas bien le verbal du non-verbal, elle ne se rend pas compte de sa détresse et ne réagit pas. C'est cette difficulté entre autres qui impacte la capacité d'empathie de certaines personnes TSA. (Source : Troubles du spectre de l'autisme et système de justice pénal, Autisme.qc.ca)

Un autre problème par rapport à cette population (autistes) est que la très grande partie des données que nous avons sur eux portent sur l'enfance. Nous avons donc beaucoup plus d'informations sur les enfants TSA que sur les adultes. Or, plusieurs autistes sont laissés à eux-mêmes à l'âge adulte et c'est souvent à l'adolescence ou à l'âge adulte que ceux-ci se retrouvent à risque de commettre un geste criminel.

C'est pourquoi l'existence d'une fondation comme celle de Véro et Louis, qui crée des maisons pour les autistes adultes, est si importante et peut également avoir un impact sur le taux de criminalité chez les personnes atteintes, en leur permettant de vivre dans un environnement sécuritaire et encadré passé l'âge de 21 ans.

Arrestation d'une personne atteinte d'un TSA

Si vous avez déjà côtoyé des personnes vivant avec un TSA, vous pouvez facilement vous imaginer pourquoi celles-ci peuvent être déstabilisées lors d'une arrestation. Selon la gravité des atteintes ou comorbidités et la perception du monde qui les entoure, il peut être très difficile pour ces gens de traverser le processus judiciaire. Certains autistes sont non-verbaux et ne peuvent même pas répondre aux questions des policiers. D'autres pourraient avoir du mal à se rappeler ce qui s'est passé et répondre aux questions de manière erronée, sans en avoir l'intention. La personne arrêtée peut même être simplement incapable de fonctionner dans un milieu autre que son domicile, ce qui rend tout interrogatoire particulièrement complexe à réaliser. À l'opposé, il se peut qu'elle passe aux aveux sans réellement comprendre ce qui se passe, par simple désir de se montrer obéissante. (Source : Troubles du spectre de l'autisme et système de justice pénal, Autisme.qc.ca)

Tous ces éléments peuvent avoir de lourdes conséquences. C'est pourquoi il importe de continuer à se questionner sur la relation entre notre système judiciaire et les personnes autistes.

Ce qui détermine la responsabilité criminelle

Le problème, dans les cas où l'accusé est atteint d'un TSA, c'est qu'on associe la responsabilité criminelle à une intention coupable. Il peut donc être particulièrement complexe de déterminer et surtout de prouver que l'accusé souffrant d'un TSA était réellement conscient que son action était mauvaise ou criminelle.

Il faut déterminer si la perception de l'accusé peut être considérée comme pouvant alléger la peine, ou au contraire comme facteur aggravant. Si la défense est capable de prouver que l'accusé était dans l'impossibilité de savoir qu'il commettait un crime, on pourrait également envisager la défense de non-responsabilité criminelle.

Représenter une personne avec un TSA

En tant qu'avocat, pour représenter une personne atteinte d'un TSA, il est primordial de connaître la réalité de celle-ci. Les besoins particuliers de cette clientèle doivent être connus et bien compris par l'avocat de la défense afin de pouvoir la représenter adéquatement et équitablement. Il est parfois même complexe d'avoir accès à des experts médico-légaux qui sont familiers avec ces troubles, ce qui rend la défense encore plus difficile.

Finalement, pour la personne accusée elle-même, il peut s'avérer extrêmement difficile de comprendre le processus judiciaire qu'elle traverse. Son avocat doit être en mesure de la soutenir dans tout le processus et de l'outiller pour y faire face. En tant qu'avocate criminaliste, j’ai représenté des personnes vivant le trouble du spectre de l’autisme, aussi nommé autisme de haut niveau (asperger). Il est évident que je suis particulièrement touchée par ces causes et les défis qu'ils représentent.

Un jeune adulte condamné pour meurtre non-prémédité

On peut remonter à 2016 pour citer le cas de ce jeune adulte autiste de 22 ans qui a été accusé du meurtre prémédité de ses parents. Le drame s'était déroulé à Ottawa. Il s'était ensuite sauvé à Montréal pendant deux semaines, n'ayant plus aucune famille pour se mettre à sa recherche. Il avait fini par avouer son crime et se retrouver en prison.

Sans parents, frère ou sœur ni famille distante, c'est son avocat qui fût son seul lien avec le monde extérieur. L'accusé était atteint d'un TSA sévère, et éprouvait même de la difficulté à parler ou à se rappeler son nom. Imaginez alors comment il devait se sentir dans cette situation particulièrement déstabilisante.

En 2018, il a finalement plaidé coupable du meurtre non-prémédité de ses parents. Son procès avait été avorté suite à des dénonciations de supposées agressions sexuelles par son père. Il avouait quelques jours plus tard que celles-ci n'étaient que mensonges. Il a donc été condamné à la prison à vie. Dans ce cas en particulier, il a été jugé que l'état mental de l'accusé n'expliquait pas la violence du crime commis. Le fait qu'il ait menti en créant de fausses accusations pour échapper à son sort lui a également nui.

Un adolescent en attente de son procès


En février 2018, un adolescent autiste de 17 ans de Limoilou a tué sa mère de 49 ans, avec qui il demeurait un week-end sur deux. Le reste du temps, il vivait dans un centre d'hébergement avec des éducateurs spécialisés. Le crime fut violent ; il a poignardé sa mère à plusieurs reprises. Celle-ci est décédée à l'hôpital des suites de ses blessures.

L'adolescent a d'abord dû passer un examen psychiatrique qui l'a déclaré apte à subir son procès. Son avocat a ensuite demandé à ce qu'il subisse un examen sur la responsabilité criminelle. Le psychiatre consulté par la défense a déclaré qu'il ne pouvait pas être tenu criminellement responsable. Le psychiatre interrogé par la poursuite a quant à lui déclaré l'inverse.

Le procès de ce jeune homme devait avoir lieu à l'hiver 2020. Comme on sait que notre système de justice a connu une pause involontaire cet hiver, et bien que les activités judiciaires reprennent tranquillement et graduellement, il va sans dire que son procès a été repoussé, comme tant d'autres.

La Couronne a l'intention de réclamer une peine pour adulte, alors que l'accusé était mineur au moment du crime. Ceci peut faire la différence entre une peine maximale de 7 ans (système de justice pénale pour adolescent) et la prison à perpétuité (pour les adultes) dans le cas d'une condamnation pour meurtre au second degré. C'est un cas à suivre...

TSA et crime sexuel

Un autre cas, un autiste de 22 ans accusé de leurre informatique envers deux adolescentes. L'avocat de la défense a fait valoir que l'accusé a vécu de l'intimidation pendant toute sa jeunesse en raison de son TSA. La juge Chantal Pelletier a reconnu que l'accusé n'avait pas de déviance sexuelle et que c'était un cas particulier qui méritait d'être traité différemment. Elle en a conclu que c'est son état qui l'a amené à poser les gestes déplacés (à savoir, les conversations en ligne).

Bien qu'il ne se soit pas retrouvé en prison, il figure désormais au registre des délinquants sexuels pour le reste de ses jours. Il n'avait aucun antécédent judiciaire.

Vivre seule avec un "cas lourd" sans ressources


Dans le cas cité en début d'article, c'est il y a quelques jours seulement que l'accusé a comparu au palais de justice de Drummondville. La victime, la mère de l'accusé Jean-Luc Ferland, avait contacté les policiers la veille du drame car elle éprouvait des difficultés avec son fils autiste de 32 ans qui vivait avec elle. Elle souhaitait pouvoir le forcer à subir une évaluation psychiatrique. Elle n'a pas obtenu l'aide qu'elle demandait car il n'avait pas (encore) été violent avec elle et ne l'avait pas menacée, même si son comportement montrait des signes inquiétants.

Qui sait si elle n'aurait pas obtenu le soutien nécessaire, si elle avait eu à sa disposition de meilleures ressources pour les adultes autistes. Elle vivait seule avec son fils qui était considéré comme un "cas lourd" et elle ne recevait aucune aide. Mme Desjardins est décédée le lendemain de sa visite au poste de police.

En attendant son procès, M. Ferland demeure détenu puisqu'il fait face à une accusation de meurtre au deuxième degré. Le dossier sera entendu le 14 août prochain au palais de justice de Drummondville.

http://www.droit-inc.com/article27138-T ... -en-est-on
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Re: Délinquance et autisme

#218 Message par Jean » mercredi 26 août 2020 à 19:18

https://link.springer.com/article/10.10 ... 20-04663-5
Does a Person’s Autism Play a Role in Their Interactions with Police: The Perceptions of Autistic Adults and Parent/Carers
  • Cette étude visait à décrire l'impact des caractéristiques autistiques (caractéristiques essentielles de l'autisme et affections concomitantes) sur les interactions avec la police. Douze adultes autistes et 19 parents/soignants ont été interrogés sur leurs interactions avec la police au cours des cinq dernières années. L'analyse du contenu a permis de constater que dans la plupart des interactions (92,3 %), les caractéristiques autistiques ont été décrites comme ayant un rôle dans l'interaction avec la police, soit comme un facteur causal, soit plus souvent en affectant le déroulement de l'interaction. Dans ce dernier cas, l'impact était associé à des perceptions négatives de l'interaction. En échantillonnant un groupe plus représentatif en fonction de l'âge, du sexe, des capacités fonctionnelles et du contexte, cette étude donne un aperçu des facteurs qui sous-tendent l'insatisfaction déclarée de nombreuses personnes autistes à l'égard des interactions avec la police.
Si quelqu'un peut accéder au texte complet ..
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