Articles divers sur les TSA

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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Jean
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Re: Articles divers sur les TSA

#1156 Message par Jean » mercredi 26 juin 2019 à 0:08

Je me suis fait avoir par une fakenews, suivant laquelle Greta Thunberg voyait le CO2 sortir des cheminées.

J'ai haussé les épaules, en me disant que l'hypersensorialité de personnes autistes avait bon dos. Greta, elle pousse le bouchon, un peu loin, me suis-je dit.

Et bien, on est bien obligé d'admettre qu'il n'y a pas que les personnes autistes qui ont du mal avec le second degré et les métaphores. Les neurotypiques aussi apparemment.

Pour une fois que Libération n'écrit pas de conneries sur l'autisme ! Un article à ne pas oublier.

Quand je lis que Greta Thunberg est manipulée, je sais que les personnes qui le disent ne connaissent pas les personnes autistes avec leurs intérêts spécifiques .Et il n'est pas nécessaire d'attendre 16 ans !

Il y a longtemps que j'ai pu constater que les jeunes autistes sont assez rigides en matière d'écologie. Et pas parce que le candidat à la présidentielle était Ma-mère !

https://www.liberation.fr/checknews/201 ... re_1725226
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Kalevipoeg
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Re: Articles divers sur les TSA

#1157 Message par Kalevipoeg » mercredi 26 juin 2019 à 7:29

Comment ça les autistes sont un peu rigides en matière d'écologie ?!
Au contraire, je crois que ceux qui détruisent la nature et nuisent à la biodiversité devraient être enfermés dans des prisons aux murs végétalisés.

Et les gardiens de prison seraient des lions, des sangliers ou des loups.
Et pourquoi la cour de promenade ne serait pas une partie boisée également lieu de vie d'animaux sauvages (lapins, renards etc.) ? Il y aurait des plantes mellifères et des abeilles, bourdons viendraient butiner.

Si les détenus changeaient de cadre de vie, s'ils apprenaient à respecter la nature à son contact, est-ce qu'ils changeraient leur façon de considérer la société extérieure une fois libérés ? Et-ce que cela amènerait une réflexion chez eux ?
C'est peut-être naïf, mais quitte à enfermer des gens, est-ce qu'on ne pourrait pas essayer de les inciter à devenir plus respecteux de la nature ?
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Jean
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Re: Articles divers sur les TSA

#1158 Message par Jean » jeudi 27 juin 2019 à 13:41

Sur la communauté bretonne des wikipédiens :
viewtopic.php?f=8&t=5503&p=438195#p438195
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Re: Articles divers sur les TSA

#1159 Message par Lilette » jeudi 27 juin 2019 à 13:42

Quand je lis que Greta Thunberg est manipulée, je sais que les personnes qui le disent ne connaissent pas les personnes autistes avec leurs intérêts spécifiques .Et il n'est pas nécessaire d'attendre 16 ans !
L'un n'empêche pas l'autre, tu peux très bien être autiste & manipulé, d'autant plus d'ailleurs.
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Jean
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Re: Articles divers sur les TSA

#1160 Message par Jean » jeudi 27 juin 2019 à 13:43

Kalevipoeg a écrit :
mercredi 26 juin 2019 à 7:29
Comment ça les autistes sont un peu rigides en matière d'écologie ?!
Au contraire, je crois que ceux qui détruisent la nature et nuisent à la biodiversité devraient être enfermés dans des prisons aux murs végétalisés.
C'est bien ce type de r"action que je qualifiai d'un peu rigide". Clairement une litote.
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Re: Articles divers sur les TSA

#1161 Message par lulamae » jeudi 27 juin 2019 à 14:52

Jean a écrit :
jeudi 27 juin 2019 à 13:41
Sur la communauté bretonne des wikipédiens :
viewtopic.php?f=8&t=5503&p=438195#p438195
Spoiler : 
@Jean, je t'ai envoyé deux messages pour la traduction, dont un avec les deux derniers textes du dossier sur Jim Sinclair. Ils sont dans la boîte d'envoi depuis hier midi. Il y a un problème avec ta boîte de MP ?
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Re: Articles divers sur les TSA

#1162 Message par misty » jeudi 27 juin 2019 à 19:28

Jean a écrit : Il y a longtemps que j'ai pu constater que les jeunes autistes sont assez rigides en matière d'écologie.
Je pense que certains symptômes autistiques rejoignent complètement le souci environnemental (qui est des plus rationnels, alors que le déni généralisé s'explique par des facteurs émotionnels, voire un raisonnement émotionnel extrême).
A la lecture de l'article, je pense que c'est ce qu'a voulu dire sa mère "elle voit ce qu'on ne veut pas voir".

En tout cas, cette histoire illustre bien les dégâts que peuvent faire des traductions approximatives.
*Diag TSA*


"You, sent out beyond your recall,
go to the limits of your longing.
Embody me.
Flare up like a flame
and make big shadows I can move in.
Let everything happen to you: beauty and terror.
Just keep going. No feeling is final..."

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Re: Articles divers sur les TSA

#1163 Message par Kalevipoeg » jeudi 27 juin 2019 à 20:00

Jean,
Mon message était ironique... Les autistes sont un peu rigides sur les questions environnementales, certes, mais ils peuvent aussi avoir un chouilla d'auto-dérision...
L'idée de "prison verte", c'était juste pour me marrer... et si ça ne fait rire que moi... ben tant pis.
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Re: Articles divers sur les TSA

#1164 Message par Siobhan » jeudi 27 juin 2019 à 21:35

misty a écrit :
jeudi 27 juin 2019 à 19:28
(...)
En tout cas, cette histoire illustre bien les dégâts que peuvent faire des traductions approximatives.
Voire le danger des traductions tout court, si l'on considère qu'une traduction est probablement (par essence je dirais), toujours approximative.
(ex-MudBloodKnowItAll)

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Re: Articles divers sur les TSA

#1165 Message par lulamae » lundi 1 juillet 2019 à 11:54

Dossier Spectrum News sur la publicité mensongère de chiropracteurs annonçant pouvoir traiter l'autisme (voire le guérir ! :shock: ) :

Mise au point sur la chiropraxie comme traitement pour l’autisme
Certains chiropracteurs annoncent dans leurs publicités pourvoir soigner l’autisme, mais il n’existe aucune preuve pour étayer cette prétention.
de Paul Benedetti, Wayne MacPhail / 12 Juin 2019


Bradley n’avait que 2 ans quand ses problèmes de communication persistants ont débouché sur un diagnostic d’autisme.
Sa mère, Jayme Frear, a réajusté son régime alimentaire et son mode de vie. Son oncle, qui exerce le métier de chiropracteur, a proposé que le petit essaie des soins chiropratiques. Sa mère annonce que cela a produit un effet remarquable sur le bien-être de son fils. Bradley a maintenant 10 ans et s’en sort bien dans sa classe d’école élémentaire traditionnelle, ajoute-t-elle. « Notre fils est passé de l’état d’enfant qui ne communiquait pas à ce qu’il est aujourd’hui. »

Bradley n’est pas le seul à avoir été apparemment transformé par ces consultations. Sa mère, qui était alors infirmière, est devenue si convaincue par leur valeur qu’elle a modifié son parcours professionnel. Elle a suivi une formation pour devenir elle-même chiropractrice et reçoit maintenant de temps en temps, dans sa clientèle de Floride, des enfants autistes pour des douleurs musculo-squelettiques. Mais de nombreux chiropracteurs mentionnent dans leur publicité qu’ils peuvent soigner les traits autistiques en manipulant la colonne vertébrale ; certains ont même inventé leurs propres techniques dont l’efficacité n’est pas prouvée, bien qu’ils prétendent pouvoir grâce à elles « corriger l’autisme ».

De nombreux parents sont attirés par ces traitements, qui peuvent coûter plus de 50 $ (environ 45 euros) par séance. D’après une estimation de 2015, environ 88% des enfants sur le spectre autistique aux Etats-Unis ont utilisé des médecines alternatives complémentaires. Parmi les choix de médecines alternatives exercées par des praticiens pour un public d’enfants aux Etats-Unis, la cure chiropratique est la plus courante, selon un Rapport Statistique de la Santé Nationale de 2008.

Peu de recherches ont été menées pour évaluer les bienfaits de la chiropraxie sur les autistes. Une revue systématique portant sur la littérature médicale en 2016 n’a trouvé qu’un seul recueil de cas, 11 rapports de cas individuels et une étude clinique comprenant 14 participants, mais sans sujets contrôles. Les chercheurs qui ont compilé cette revue ont jugé cette étude unique de piètre qualité, et le rapport dans le recueil de cas « insuffisant ». Même si les rapports de cas décrivaient tous un bénéfice, les chercheurs déclarent que les preuves sont trop rares et légères pour être fiables. Une analyse menée en 2010 a abouti à la même conclusion : « sécurité peu concluante, efficacité peu concluante : à déconseiller », ont formulé les auteurs.

On ne peut supposer que les preuves soient susceptibles d’être présentées dans un avenir proche. Les experts signalent qu’aucune explication plausible ne rend compte de la façon dont les traitements chiropratiques seraient à même d’avoir un quelconque effet sur l’autisme. « Si j’entendais un parent me dire que c’était ce qu’ils recherchaient pour leur enfant, je n’hésiterais pas à leur dire que c’est une absurdité », affirme Susan Lewis, présidente du comité consultatif pour le groupe militant Autisme Canada. « Vous ne changerez pas la fonction du cerveau en déplaçant des plaques de suture ou des plaques crâniennes, ou en abaissant le voile du palais, ou tout autre chose qu’ils pourraient promouvoir », dit-elle. « Il n’y a pas de preuve que ces pratiques fassent aucun bien – et au mieux vous aurez de la chance que cela ne vous fasse pas de mal. »

De vrais croyants :
Comment exactement les chiropracteurs en sont-ils venus à avoir cette idée que faire bouger des vertèbres modifierait l’évolution d’un trouble tel que l’autisme ?

L’explication remonte aux premiers jours de la profession. La chiropraxie a été inventée vers la fin des années 1800, par Daniel David Palmer, un ancien épicier et un « magnétiseur » profondément religieux. Palmer souscrivit au « vitalisme », une philosophie épousant la croyance qu’une force vitale anime tous les êtres vivants. Il affirma que cette force, qu’il nomme « Innée », est versée par les mains de Dieu dans le corps, via les nerfs passant par la colonne vertébrale. Il dit que cette force gardait le corps en bonne santé. Et il enseigna que des blocages dans la colonne, ou « subluxations », pouvaient détériorer ce flux et entraîner des maladies. Selon Palmer, les chiropracteurs sont capables de supprimer les subluxations en ajustant les vertèbres sur la colonne vertébrale, pour permettre au corps de se soigner lui-même de n’importe quoi, depuis la surdité jusqu’aux maladies cardiaques.

La médecine courante a considérablement avancé depuis l’époque de Palmer, mais les idées vitalistes, pré-scientifiques, ont continué à prospérer au sein de la communauté chiropratique. Rien moins que 30% des chiropracteurs de notre époque contemporaine aux Etats-Unis exercent fièrement selon la tradition vitaliste. En tant que tels, ils ont une vision de l’autisme comme un trouble parmi des dizaines, qu’ils peuvent traiter en « enlevant les blocages ».

Ces chiropracteurs ne se tiennent pas seulement en marge de ce domaine. Clifford Haddick – ancien président et actuel membre du conseil de régulation qui supervise plus de 5 000 chiropracteurs dans l’Ontario, au Canada – est un vitaliste à tous crins. Lors d’un discours adressé aux chiropracteurs à Atlanta, il s’est glorifié du succès qu’il avait obtenu en soignant des enfants atteints de retards du développement : « Nous faisons venir ces enfants. Cela fait neuf mois qu’ils font de l’orthophonie et ils savent dire trois mots, et après seulement quatre ou cinq ajustements répartis sur environ deux ou trois semaines, leur thérapeute dit : ‘ je ne comprends pas ce qui se passe ; ils commencent à construire des phrases.’ Voilà ce qu’est la chiropraxie ! Voilà ce qu’est la chiropraxie ! »

Son public a applaudi avec enthousiasme, mais tout le monde n’est pas adepte. Le militant de santé publique Ryan Armstrong a déposé une plainte formelle contre Hardick en 2017 auprès du Collège des Chiropracteurs de l’Ontario, alléguant que ce dernier employait une « publicité mensongère et inappropriée », entre autres plaintes. (Il ne nomme pas spécifiquement l’autisme dans la plainte.) Mais dans une décision rendue en mai, le Collège a conclu qu’il n’y avait aucun lieu de sanctionner Hardick. (Hardick n’a pas donné suite à des demandes renouvelées de commentaires.) Malgré tout, la plupart des experts estiment que de telles anecdotes n’emportent pas l’adhésion de la recherche : « Nous ne disposons d’aucune preuve actuelle permettant d’établir des déclarations solides et saines », déclare Katherine Pohlman, scientifique en recherche clinique à l’Université de Parker à Dallas, Texas, qui étudie la sécurité et l’efficacité des traitements chiropratiques.

Certains chercheurs en chiropraxie reconnaissent que les preuves sont maigres, mais continuent à recommander de courts essais d’ajustements pour les enfants autistes, à condition que le praticien adopte la transparence quant au manque de preuves et ne revendique rien quant à une guérison. (De nombreux enfants autistes ont des problèmes de démarche et d’autres problèmes moteurs.) Mais cela en demande trop peu quant aux preuves, regrette Timothy Caulfield, professeur de droit et de santé à l’Université de l’Alberta à Edmonton. « Il peut être tentant de dire : ‘Bon, j’ai entendu dire que ça marchait pour certains’ parce que c’est plus facile que de dire ‘Aucune bonne preuve clinique n’étaye cette pratique’, explique Caulfield. « Mais la loi – et l’éthique clinique – exigent que [les chiropracteurs] soient honnêtes avec leurs patients. »

« Si j’entendais un parent me dire que c’était ce qu’ils recherchaient pour leur enfant, je n’hésiterais pas à leur dire que c’est une absurdité », Susan Lewis.

C’est d’autant plus important auprès des parents qui ne sont que trop désireux d’y croire. Plus les parents sont anxieux, plus grands seront les risques qu’ils se tournent vers des méthodes comme les pseudo-sciences », déclare Anne Borden, qui a un fils autiste de 9 ans, et a fondé la Campagne contre les Faux Remèdes à l’Autisme. « Et puis, il y a toute cette culture de parents d’enfants autistes qu’ils trouvent dans les groupes de soutien et les cafés discussion. Aucun n’est convenablement encadré ; les parents se regroupent et ils partagent ensemble toutes ces stupidités sur les pseudo-sciences. »

En particulier, ces parents vont se focaliser sur les résultats positifs plus que sur les aspects négatifs possibles du traitement. En 2016, la revue de la littérature médicale existante sur le traitement chiropratique de l’autisme n’a fait état d’aucune mention de faits défavorables, mais cela ne signifie pas qu’il n’y en avait pas, disent les chercheurs.

Même si les risques étaient de zéro, il n’en reste pas moins qu’aucune explication plausible ne justifie qu’une manipulation vertébrale parvienne à soigner l’autisme chez les enfants. Et pourtant, une industrie entière a jailli pour combler ce vide. Par exemple, Wellness Media (le Média du Bien-Être) a publié une brochure intitulée « Autisme et Chiropraxie ». Le langage utilisé dans cette brochure est convaincant et pourrait paraître légitime à des lecteurs qui ont des connaissances approximatives en sciences : « En corrigeant les subluxations, votre chiropracteur aidera à restaurer l’équilibre du système nerveux et… aidera à réduire les symptômes comportementaux associés, tout en accroissant simultanément la fonction digestive et immunitaire par une activité accrue du système nerveux parasympathique. »

Des sites promotionnels de la chiropraxie, comme Upper Cervical Marketing ou Upper Cervical Awareness fournissent également de la pseudo-science toute faite pour des chiropracteurs qui tentent de vendre leurs services : « Les vertèbres atlas (C1) et axis (C2) sont placées en un endroit du corps qui a un effet sur le reste du corps, depuis une fonction correcte du tronc cérébral à la libre circulation du sang jusqu’au cerveau » dit une publication sur Upper Cervical Awareness. « Si vous ou un de vos proches en souffre [de l’autisme], il peut être sensé de prévoir une consultation chez un chiropracteur cervical supérieur. » De telles firmes de marketing et de conseil conçoivent des sites internet où figurent des articles et des rapports de cas que les chiropracteurs utilisent pour étayer leurs prétentions.

Faire acheter de la pseudoscience :
Roger Turner, chiropraticien d’environ 70 ans, installé à Barrie dans l’Ontario, formule des affirmations encore plus audacieuses : Turner annonce dans sa publicité qu’il peut « corriger » l’autisme à l’aide le sa « méthode Turner ». Il dit avoir soigné au moins 4 000 enfants et formé 1 400 chiropracteurs à sa méthode durant les 15 années écoulées.

Turner centre sa technique éponyme sur le crâne, arguant du fait que le processus de la naissance ou des blessures dans la petite enfance peuvent endommager l’espace entre la boîte crânienne et le cerveau, ce qui diminue l’approvisionnement disponible de sang et de liquide céphalo-rachidien. Il avance que la cause première de l’autisme et d’autres troubles neuro-développementaux pourrait résider dans un mauvais alignement des plaques crâniennes.

Turner indique une énumération fantaisiste d’autres facteurs de la condition, y compris des infections à levures, la nocivité des métaux lourds, la nourriture passée au micro-ondes et un environnement ‘toxique’ généralisé. Mais le « facteur le plus important, celui à côté duquel la plupart des protocoles de traitement passent, c’est la capacité du cerveau à fonctionner sans interférence », évoque-t-il.

Turner a donné une description de ses premiers traitements à des enfants autistes en juillet 2008 dans Canadian Chiropractor, magazine commercial pour les chiropracteurs praticiens. Les pleurs inconsolables d’une enfant ont cessé après son premier ajustement crânien, au grand soulagement de la famille, écrit-il dans l’article. Après trois semaines d’ajustements, l’enfant de 7 ans avait acquis le contrôle de ses fonctions intestinales et n’avait plus besoin de porter de couches. « C’est là que nous avons vu notre premier renversement grâce au recours aux ajustements crâniens », écrit encore Turner. Il remarquait que les parents de 16 autres enfants autistes s’étaient également inscrits après avoir entendu parler de ce progrès.

Deux ans plus tard, Sandy Hart-Lehmann a emmené son fils de 9 ans, Christopher, consulter Turner. Aujourd’hui, elle reconnaît s’être sentie dupée après avoir dépensé au moins 5 000 dollars canadiens (environ 3 700 dollars $ - soit 3 363,50 euros) dans les soins promulgués par Turner durant un an et demie sans aucun résultat. Elle dit qu’à cette époque elle essayait tout ce qui était possible pour aider son fils, agissant par « pur désespoir et terreur ».

Les visites chez Turner se sont arrêtées quand Christopher lui-même a refusé la thérapie. « ‘Non, pas le Dr T, disait-il”, comme Mme Hart-Lehmann le rappelle. C’était la toute première fois que son fils, qui est paisible et docile, refusait un traitement. Aujourd’hui, Christopher, qui a 19 ans, aime la cuisine gastronomique et les vacances en croisière, et il est ardent collectionneur de monster trucks en maquettes. Il termine le lycée, poursuit l’orthophonie et le régime et commence la transition vers les services pour adultes.

En réponse au commentaire de Mme Hart-Lehmann, Turner a formulé : « Nous sommes là pour aider les enfants. Malheureusement, nous n’obtenons pas 100% de réussite avec tout le monde. Personne ne le peut. »
Malgré tout, Turner a toujours de nombreux adeptes. Un de ses anciens étudiants, Michael Fiske, dit avoir vu six enfants autistes dans sa clientèle californienne, et quatre d’entre eux ont commencé à parler après le traitement. Lors d’un entretien téléphonique, il a décrit une jeune fille de dix ans non verbale qu’il soignait : « Il y a eu ce changement stupéfiant et immédiat où sa personnalité tout entière a changé soudainement : elle est devenue joyeuse, heureuse, exubérante, elle s’est mise à me regarder dans les yeux, a saisi ma main, montrait du doigt des objets différents dans la pièce et communiquait avec moi… C’est une des expériences les plus saisissantes que j’aie eues dans ma vie. »

“La loi – et l’éthique clinique – exige que [les chiropracteurs] soient honnêtes avec leurs patients. » Timothy Caulfield.

Fiske traite également un enfant de six ans du nom de Brayden, qui a reçu un diagnostic d’autisme à 18 mois, et a commencé à consulter Fiske il y a deux ans. Alors, Brayden ne prononçait que 10 mots, et était suivi en orthophonie, ergothérapie et analyse du comportement appliqué, explique sa mère, Carrie Malinoff. Après la première séance du traitement - durant laquelle Fiske a réalisé ce qu’elle appelle « des pressions sur la tête » - Brayden est devenu plus calme ; après la deuxième et la troisième visites, son vocabulaire a augmenté rapidement, dit-elle.

Au début, Brayden suivait une thérapie intensive, voyant Fiske quatre fois par semaine, deux fois par jour, à 60 $ (52 euros) l’heure. Aujourd’hui, il le voit environ une fois par semaine. Malgré les autres thérapies que Brayden a suivies, Mme Malinoff est convaincue que c’est Fiske qui a changé les choses : « en faisant bouger les os et en enlevant la pression du cerveau, tout en permettant à tous les liquides de circuler correctement », énonce-t-elle, faisant en cela écho au langage du site internet de Fiske. « Sans cela, Brayden ne serait pas allé aussi loin, ni aussi vite. »

En l’absence d’aucune étude scientifique rigoureuse, des parents comme Mme Malinoff ne peuvent faire la distinction entre l’efficacité d’un traitement et une simple corrélation, l’effet placebo ou un biais de confirmation : les praticiens veulent croire que leurs traitements aident, et les parents veulent instamment voir leurs enfants aidés. « C’est un fait bien connu que les voeux pieux font voir aux parents des choses que les autres ne voient pas », déclare Joe Schwarcz, directeur du Mc Gill University Office for Science and Society de Montréal. « La question à se poser est si des observateurs impartiaux remarquent l’amélioration. »

Jusqu’à maintenant, bien qu’aucune preuve ne démontre avec clarté que la chiropraxie peut aider les enfants autistes, cela n’a pas dissuadé de nombreux parents d’y recourir. Non plus que cela n’a empêché les chiropracteurs ou les cabinets de marketing pour la chiropraxie de promouvoir leurs services auprès des jeunes gens sur le spectre et de leurs familles. Jayme Frear reconnaît savoir que la chiropraxie ne soigne pas l’autisme directement. « Nous ne soignons rien », dit-elle. Son fils Bradley continue pourtant à recevoir un traitement régulier.

Source :
https://www.spectrumnews.org/features/d ... nt-autism/

Liens internes :
Site de Jayme Frear, mère de Bradley :
https://newjourneychiropractic.com/our-team
Vidéo de Roger Turner, prétendant soigner l’autisme :
https://www.youtube.com/watch?v=bVVN6XQfx8U
Etude sur la prévalence des médecines alternatives et complémentaires :
https://www.sciencedirect.com/science/a ... 6715000483
Etude sous forme de revue des parutions chiropratiques :
https://chiro.org/research/ABSTRACTS/Cl ... tion.shtml
Etude de 2010 :
https://link.springer.com/content/pdf/1 ... 010.05.002
Susanne Lewis :
https://medgen.med.ubc.ca/person/suzanne-lewis/
Site Autisme Canada :
https://autismcanada.org/#home-row-1
Etude sur la tradition vitaliste dans la chiropraxie :
https://bmccomplementalternmed.biomedce ... 6882-14-51
Clifford Hardick :
https://hardickchiropractic.com/about-us/
Ryan Armstrong :
http://www.ryarmst.com/
Katherine Pohlman :
https://www.parker.edu/parker-research- ... a-pohlman/
Problèmes de marche et autre problèmes moteurs dans l’autisme :
https://www.spectrumnews.org/features/d ... in-motion/
Timothy Caulfield :
https://www.ualberta.ca/law/faculty-and ... -caulfield
Campagne Tweeter contre les fausses cures de l’autisme :
https://twitter.com/AgainstCures
Brochure Wellness Media “autism et chiropraxie :
https://www.wellnessmediaresources.com/ ... chure.html
Sociétés de marketing pour la chiropraxie :
https://uppercervicalmarketing.com/resources/
https://uppercervicalawareness.com/
Même source, sur l’autisme :
https://uppercervicalawareness.com/symp ... lp-autism/
Autre publication chiropraxie et autisme :
https://www.vertebralsubluxationresearc ... iterature/

Autres publications internes à la chiropraxie :
https://www.vertebralsubluxationresearch.com/
Roger Turner :
https://turnerwellness.com/
Description de la technique de Roger Turner dans Canadian Chiropractor :
https://www.canadianchiropractor.ca/tec ... style-1136
Michael Fiske :
https://whiteoakchiropractic.com/
Controverse sur les thérapies de l’autisme les plus courantes (dossier « deep dive » sur SN) :
https://www.spectrumnews.org/features/d ... n-therapy/
Joe Schwarcz :
https://www.mcgill.ca/oss/joe-schwarcz-phd-director
Fichiers joints
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[2019/06/25] Rencontre avec le député Philippe Berta (MODEM) - Assemblée Nationale (Paris)

#1166 Message par Kiri30 » mercredi 3 juillet 2019 à 18:50

Bonjour,

Je découvre cela sur le web "Confrontation avec le député Philippe Berta (Modem) suite au 2 avril", qui a eu lieu le 25 juin à l’Assemblée Nationale.

Et je n'en ai cru pas mes oreilles. Pour les pressés, voici la fin :
On a recentré au final sur les savoirs expérientiels (second essai) des personnes autistes à mettre dans la recherche, et qu’il y a aussi des autistes scientifiques. D’un air perplexe « je n’en connais pas ».

On a finit là dessus, nos positions sont définitivement irréconciliables.
Partagez!
Je partage !

Le contexte : Philippe Berta — Wikipédia.


Modération (Tugdual) : Fusion de sujets (message unique).
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#1167 Message par Tugdual » jeudi 4 juillet 2019 à 10:12

Une anecdote comme on aimerait en voir plus souvent :
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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#1168 Message par Jean » vendredi 5 juillet 2019 à 9:46

Kalevipoeg a écrit :
jeudi 27 juin 2019 à 20:00
Jean,
Mon message était ironique... Les autistes sont un peu rigides sur les questions environnementales, certes, mais ils peuvent aussi avoir un chouilla d'auto-dérision...
L'idée de "prison verte", c'était juste pour me marrer... et si ça ne fait rire que moi... ben tant pis.
Je n'avais pas détecté le second degré, mais çà me faisait rire quand même car je trouvais assez autistique ce point de vue radical. :P
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Re: Articles divers sur les TSA

#1169 Message par Siobhan » vendredi 5 juillet 2019 à 13:59

Spoiler : 
Kalevipoeg a écrit :
mercredi 26 juin 2019 à 7:29
Comment ça les autistes sont un peu rigides en matière d'écologie ?!
Au contraire, je crois que ceux qui détruisent la nature et nuisent à la biodiversité devraient être enfermés dans des prisons aux murs végétalisés.

Et les gardiens de prison seraient des lions, des sangliers ou des loups.
Et pourquoi la cour de promenade ne serait pas une partie boisée également lieu de vie d'animaux sauvages (lapins, renards etc.) ? Il y aurait des plantes mellifères et des abeilles, bourdons viendraient butiner.

Si les détenus changeaient de cadre de vie, s'ils apprenaient à respecter la nature à son contact, est-ce qu'ils changeraient leur façon de considérer la société extérieure une fois libérés ? Et-ce que cela amènerait une réflexion chez eux ?
C'est peut-être naïf, mais quitte à enfermer des gens, est-ce qu'on ne pourrait pas essayer de les inciter à devenir plus respecteux de la nature ?
Sur ce sujet-là, je te conseille de regarder ce qui se fait de bien dans la conseption et le fonctionnements de prisons scandinaves.

D'autre part, il existe des fermes-prisons (plus ou moins) où les prisonniers peuvent petre formés à devenir par exmple ouvriers agricoles, qui fonctionnent bien (sur ce thème-ci, je conseille fort le récent film "Névada")
(ex-MudBloodKnowItAll)

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Jean
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Re: Articles divers sur les TSA

#1170 Message par Jean » mardi 9 juillet 2019 à 17:06

Une mise en garde salutaire sur ce "grand oral".

Cela me fait penser à ce guichetier de la Poste, sorti en tête des 500 candidats à une formation en développement informatique. La sélection finale comportait 3 oraux individuels, et un travail de groupe. L'appel à la bienveillance du jury pour tenir compte de l'autisme du candidat n'était pas très utile : le travail de groupe a été catastrophique. Élimination donc de ce candidat trop brillant.

La DRH de la Poste a cependant cherché une solution. L'écart entre les capacités démontrées dans les tests en ligne et la sélection finale était trop grand. Et il fallait bien reclasser notre postier.

L'école a accepté sans difficultés de délivrer la formation intégralement à distance pendant plus de 7 mois. Plus compliqué de faire admettre le télétravail ensuite dans le service informatique, mais en fin de compte, l'intégration s'est faite sur la base de 4 jours de télétravail.
Le Grand oral du bac 2021 : une mécanique d’exclusion des étudiants autistes

https://cle-autistes.fr/le-grand-oral-d ... -autistes/
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

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