[Index] Féminisme : Pour parler des droits des femmes

Pour les gens qui ont simplement envie de discuter sans souhaiter faire passer d'information particulière.
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Tugdual
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#226 Message par Tugdual » vendredi 18 décembre 2020 à 13:55

Séries télévisées :
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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#227 Message par Tugdual » mercredi 23 décembre 2020 à 11:49

TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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#228 Message par Tugdual » mercredi 13 janvier 2021 à 12:29

TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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#229 Message par Tugdual » samedi 20 février 2021 à 10:19

TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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#230 Message par Tugdual » lundi 8 mars 2021 à 11:38

TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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Bubu
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#231 Message par Bubu » samedi 13 mars 2021 à 15:05

Je ne veux choquer personne.
La femme n'est pas l'égale de l'homme. Sinon on n'aurait pas ce propos.
Mais la femme est au moins égale à l'homme, au moins, en droits et en compétences.
Cette dichotomie entre hommes et femmes est détestable.
Ce n'est pas parce qu'une femme est incapable de porter un sac de ciment de 50 kg, qu'elle n'a pas son mot à dire.
Et je rajoute que je ne suis pas capable de le faire moi-même. :mrgreen:
(Car il y a des nanas sévèrement burnées qui y arrivent !)
Diagnostiqué autiste asperger, diagnostic établi à mes 33 ans par le CRA de ma région.
"Ce syndrome est caractérisé chez ce patient par l’absence de détérioration intellectuelle, un syndrome dysexécutif, un déficit d'attention"

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freeshost
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#232 Message par freeshost » lundi 10 mai 2021 à 19:50

La Norvège devient la première équipe unisexe.
AFP

Lundi 10 mai 2021 à 19h35

La Fédération norvégienne a annoncé la fusion de ses équipes nationales féminine et masculine.

La Norvège, grande nation du saut à skis, a annoncé lundi la fusion de ses équipes nationales masculine et féminine au sein d’une équipe unisexe, une avancée pour l’égalité des sexes dans une discipline qui reste discriminatoire.

Cette nouvelle équipe nationale mixte sera plus resserrée avec 12 athlètes, sept hommes et cinq femmes, dont les stars masculines Halvor Egner Granerud et Robert Johansson et féminines Maren Lundby et Silje Opseth.

Avant le début de saison, ces athlètes s’entraînent et se préparent généralement ensemble, sans distinction de sexe.

Initiative plébiscitée

«L’idée derrière cela, c’est de mettre en évidence la façon dont on travaille et dont on a décroché les résultats qu’on a eus ces derniers temps ensemble dans une communauté où garçons et filles se sont presque toujours entraînés ensemble», a déclaré le directeur sportif de la sélection, Clas Brede Brathen, lors d’un point de presse.

L’initiative a été applaudie sur les réseaux sociaux, qui y voient une avancée en matière de parité même si femmes et hommes continueront de concourir dans des catégories distinctes.

«L’équipe nationale de saut à skis est depuis longtemps montée en première ligne pour la parité dans le sport et fait un nouveau pas cette année en fusionnant les équipes nationales en une seule. Un signal fort!» s’est félicité Sebastian Langvik-Hansen, journaliste chez Eurosport.

Avec Tande

Signe que du chemin reste à parcourir, la Fédération internationale de ski (FIS) prive toujours les femmes d’une participation à des épreuves de vol à skis (spécialité disputée sur des tremplins plus longs), au grand dam d’athlètes, comme Maren Lundby, qui militent en ce sens depuis des années.

L’équipe nationale norvégienne, qui concourra en 2021-2022, compte aussi dans ses rangs Daniel André Tande, victime d’une très lourde chute à Planica (Slovénie) en mars et placé pendant plusieurs jours dans un coma artificiel.
Bonne nouvelle ! :)
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Diagnostiqué autiste en l'été 2014 :)

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#233 Message par freeshost » mardi 11 mai 2021 à 20:36

Steaksisme - La "bouffe" est-elle sexiste ?
Corine Goldberger

Publié le 19/04/2021 à 16:29

Rien n’échappe aux injonctions genrées dans l’alimentation, du repas de famille au restaurant en amoureux ou entre copains. Après "Faiminisme", la journaliste Nora Bouazzouni met à nouveau les pieds dans le plat, dans son nouveau livre, "Steaksisme"*. Interview.

Pourquoi le végétarisme est il perçu comme un régime dévirilisant ? Pourquoi les femmes des pubs jouissent-elles en mangeant un yaourt, le plus souvent allégé d'ailleurs ? Pourquoi "avoir une bonne descente" est valorisé quand on est un homme et inversement quand on est une femme ? Nora Bouazzouni s’attaque aux questions de genre et au sexisme alimentaire dans son dernier livre, Steaksisme*.

Entretien.

Marie Claire : Comment avez-vous pris conscience des injonctions genrées dans l’alimentation ?

Nora Bouazzouni : Dès l’enfance. Je n’ai pas oublié les remarques de la boulangère : "C’est pour toi le pain au chocolat ? Deux minutes dans la bouche, deux ans sur les hanches ! Tu sais ça ?". Est-ce qu’on dit ce genre de chose aux garçons ?! Et puis en faisant les courses avec maman ou papa, on découvre très vite dans les rayons les produits allégés, biscuits, yaourts "Sveltesse", "Taillefine", cornflakes "spécial K". Leur marketing envoie le même message aux femmes : "Avec moi, tu ne grossiras pas". Ça aussi ça fait entrer dans les têtes l’idée qu’une femme ne devrait pas manger la même chose qu’un homme, et surtout faire attention.

À 11 ans, je lisais des magazines féminins pour jeunes filles. Ils parlaient tout le temps de régimes, de "bikini body". Pour être prête pour l'été, il fallait manger des salades à gogo. Petite, je connaissais déjà l’apport calorique d’une pomme. Demandez-le à un garçon, à un homme… Très tôt, les filles font des calculs d'apothicaire pour compenser les apports caloriques : "J'ai mangé du chocolat donc ce soir, je mange juste un fruit ou rien".

Est-ce qu’on nourrit les filles et les garçons de la même façon ?

D’après des enquêtes, les hommes mangent deux fois plus de viande rouge que les femmes et ça commence tôt. La viande rouge évoque la force, donc le pouvoir et la performance. L’anthropologue Françoise Héritier a raconté comment dans sa famille, pendant la seconde guerre mondiale, les femmes restaient debout, coupaient le pain, servaient la viande aux hommes et mangeaient les restes. Mais dans les familles d’aujourd’hui, ce qui est frappant, c’est qu’on surveille très tôt les quantités prises par les filles ("tu en as déjà repris deux fois !"), et on ne se prive pas de morigéner celles qui grossissent, beaucoup plus que les garçons, qu’on ressert davantage.

L'alimentation commence à changer à l’adolescence. Elle est évidemment différente selon qu'on vit en zone urbaine ou à la campagne, selon la catégorie socioprofessionnelle des parents, selon les traditions familiales… C’est multifactoriel.

À l'adolescence, les filles commencent à manger moins que les garçons. C’est d’ailleurs là que certaines peuvent commencer à développer des troubles du comportement alimentaire, puisque l'injonction à la minceur est extrêmement forte chez les filles, beaucoup plus que pour les garçons, et qu’elle commence de plus en plus tôt. Des experts des troubles du comportement alimentaire, témoignent qu’ils voient des fillettes de 8 ans se mettre d’elles-mêmes au régime.

Les représentations des femmes, avec le body positive, l’acceptation et la valorisation de tous les corps, évoluent certes, mais très lentement. Le rôle des mères à table est important dans la différenciation entre l’alimentation des filles et des garçons. Beaucoup de femmes ne veulent pas transmettre leur peur de grossir à leur fille, mais finalement elles fliquent leur assiette.

Manger gras et sucré en public, pour une femme, c’est une sorte de faute de goût ?

C’est manger beaucoup, sans compter les calories, qui est une véritable transgression pour une femme. En prime, grossir est très dévalorisant, ça déclasse (alors que chez un homme, ça dévirilise, mais ça fait passer le gros pour un épicurien quand il est riche). Car chez une femme, la minceur fait partie du capital culturel, c’est un symbole de réussite.

Ainsi l’anorexie touche majoritairement des filles issues de milieux aisés. Ce qui est socialement admis, c’est la cool girl, la fille qui adore regarder des matches de foot avec ses potes mecs, en mangeant des pizzas et en buvant de la bière tout en faisant un 36. Ses copains disent d’elle qu’elle n’est « pas chiante », parce qu'elle n'est pas en régime permanent (comme les autres). Elle a surtout la chance d'avoir un métabolisme qui lui permet de manger des donuts et des frites sans prendre un kilo. Et peut-être que, par ailleurs, elle fait beaucoup de sport, ou bien a un trouble du comportement alimentaire, mais ses copains ne le savent pas.

La règle implicite, c’est : quand on est grosse, on ne mange pas gras en public. Alors que quand on est mince, on peut se le permettre puisqu’on garde un corps normé, désirable par les hommes ou par la société.

Hommes et femmes ont-ils un point de vue différent sur leur assiette ?

Oui, les femmes privilégient la qualité sur la quantité, la diététique, le bénéfice santé, ne mangent pas ce qu’elles veulent, se rationnent voire s’affament quand leur corps n’est pas normé.

Plus hédonistes, les hommes privilégient une nourriture qui cale l’estomac, et procure du plaisir, sans compter les calories. Avoir "un bon coup de fourchette" et "une bonne descente", est valorisé, alors que c’est mal vu chez une femme, parce que c’est une pratique masculine. La masculinité revendique un appétit vorace, débridé, voir transgressif.

Exemple, le challenge O’tacos : tous les jeudis, la chaîne, qui attire une clientèle plutôt masculine, (comme les kebabs) offrait un gigatacos de 2,5 kilos à ceux qui réussissaient à l’engloutir en moins de 2 heures. De nombreux internautes se sont filmés en train de relever le défi, une vraie performance en effet, comme s’il était valorisant, viril, de gagner cette lutte entre eux et ce monstrueux sandwich ultra-calorique bourré de viandes, et dégoulinant de fromage, sans oublier les frites et la sauce. Tous des hommes, flattés dans leur masculinité par un marketing se moquant de la soupe de légumes de maman… Alors que chez les femmes, ce qui est valorisant, c’est de picorer, de manger sain et léger.

Comment ce sexisme dans l’alimentation se manifeste t-il dans le couple hétéro ?

D’abord, la charge mentale de l’alimentation est encore portée par les femmes, qui font majoritairement la cuisine : gérer le frigo, penser à renouveler ce qui manque, assumer seule la responsabilité de nourrir correctement les enfants pour être une bonne mère. Le conjoint peut se montrer extrêmement exigeant, se plaindre de la monotonie de la cuisine de sa femme, alors qu’il ne lève pas le petit doigt pour partager la préparation du repas. C’est l’inspecteur des travaux finis.

La femme est parfois forcée de cuisiner un plat différent pour le conjoint parce qu’il est hors de question que Monsieur mange des légumes vapeur. Lui : "Je ne veux pas de ta bouffe allégée de gonzesse". Elle : "mais moi, je refuse de manger de la barbaque, des spaghettis et des patates sautées cinq fois par semaine !"

Il y a aussi ces femmes qui renoncent à manger sainement parce qu'elles n'ont pas le temps de faire plusieurs plats différents pour elles, le mari et éventuellement les enfants encore à la maison en rentrant de leur travail. Tout ça est source de tensions, voire de violences. C’est aussi aux femmes qu’incombe la responsabilité de penser une cuisine sans gras, sans sucre, sans sel quand le conjoint a du diabète, de l’hypertension, du cholestérol… Conjoint qui va râler de toutes façons parce que lui rêve d’une entrecôte frites sauce béarnaise.

Et pourtant, cuisiner, quand il y a du plaisir et de la reconnaissance chez ceux qui mangent, ce n’est pas une corvée, ce n’est pas consentir à conforter le patriarcat, c’est du plaisir. Au contraire, le sexisme en cuisine, c’est aussi ne jamais faire de compliments à la cuisinière, voire de manger en silence. Parce que voir sa conjointe, sa mère aux fourneaux toute l’année, c’est normal. Alors qu’on s’extasie quand un homme cuisine, parce que c’est souvent exceptionnel. Comme aux beaux jours, quand l’homme gère le barbecue, et que les amis lui donnent une médaille. "Tes côtelettes sont incroyables !". C’est peut-être pour valoriser leurs savoir-faire invisibilisés que tant de femmes photographient fièrement leurs plats et les postent sur Instagram, pour recueillir des commentaires et des likes.

L’assiette a-t-elle un genre dès le premier rendez vous au restaurant ?

Oui, car non seulement on doit tenir une conversation, avoir l'air désirable, intéressant.e, mais au moment de commander se jouent des choses liées à la classe, au genre. On est en représentation, et il s’agit de se montrer performant.e, sans savoir ce que l’autre attend en réalité.

En tant que femme hétérosexuelle avec quelques rondeurs, est-ce que commander une entrecôte frites avec sauce risque de me rendre moins désirable ? "Elle mange comme un mec celle-là !". Ou bien : "Aaaah, une bonne vivante, ça fait plaisir !". N’oublions pas qu’on parle d’"appétit sexuel"… Une bonne vivante rassure, donne l’impression d’aimer les "plaisirs de la chair" alors qu’une frugale peut inquiéter, avec sa petite salade sans sauce.

Lui de son côté se demande peut-être ce qu’elle va penser s’il choisit un "cocktail de fille" aux lychees décoré avec un petit parasol, plutôt qu’un whisky ou une bière, plus virils. Et doit-il gouter le vin en premier, comme le veut la tradition, alors qu’il n’y connaît rien ? Sans compter la tenue à table. Si je décortique ces gambas avec les doigts, je passe pour une fille qui ne connaît pas les codes et les bonnes manières, ou juste une amatrice de fruits de mer ?

Un.e végan et un.e viandard.e peuvent-ils cohabiter ?

Cela me semble improbable qu’un.e vegan supporte un conjoint qui se régale de steaks ou d’andouillette à la maison, des symboles de la souffrance animale. Il y a des convictions fortes incompatibles, irréconciliables. Mais pourquoi pas. Il y a des gens de gauche et de droite qui cohabitent. Le coeur a ses raisons. Ce qui est intéressant, c'est la commensalité, le partage joyeux du repas. En France, on partage encore beaucoup les repas en famille, ados compris. Aux États-Unis, c'est l'inverse. Les gens mangent souvent seuls, chacun dans sa chambre, devant la télé, dans son bureau devant son ordinateur, dans sa voiture.

Vegan ou viandard.e, sans gluten, zéro sucre, sans gras, sans sel, casher, hallal… Ça devient compliqué de manger tous ensemble, non ?

Je ne mange plus de mammifères depuis mes 14 ans, et mes amis l’ont souvent oublié. Chaque fois qu'on m’invitait, on me disait : "Attends…qu’est-ce que tu manges pas déjà ?" Alors je répondais : "Je mange uniquement ce qui a des plumes et des écailles". Et quand j’arrivais, je les découvrais tout gênés : ils avaient mitonné un boeuf bourguignon...

Je crois que faire plaisir aux autres, quand on invite, c’est prendre en compte, leurs particularités philosophiques, religieuses, sans compter leurs problématiques de santé, leurs allergies. Un dahl de lentilles ou un combo de légumes peuvent mettre tout le monde d’accord. On peut aussi faire un buffet où chacun compose son assiette en fonction de ses préoccupations alimentaires. Prendre soin des autres en les nourrissant, c’est une preuve d’amour.

*Steaksisme, de Nora Bouazzouni, éditions Nouriturfu
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#234 Message par freeshost » lundi 14 juin 2021 à 16:01

Dénoncer le harcèlement sexuel, un parcours de combattante
Aline Bassin

Publié lundi 14 juin 2021 à 12:44
Modifié lundi 14 juin 2021 à 12:44

Depuis le 1er juillet 1996, la loi sur l’égalité protège femmes et hommes contre le harcèlement sexuel et la discrimination sur le lieu de travail. Après vingt-cinq ans d’application, le bilan se révèle très mitigé

Le 14 juin 1981, le principe de l’égalité entre hommes et femmes est inscrit dans la Constitution. Dix ans plus tard, jour pour jour, la première grève des femmes réclame son application, et la loi sur l’égalité entre en vigueur en 1996. «Le Temps» revient sur cette révolution lente

Le mouvement #MeToo a libéré la parole sur la thématique du harcèlement. Les récentes accusations de mauvaise gouvernance portées à l’encontre de la compagnie Béjart ou de la marque horlogère Patek Philippe ont rappelé que la souffrance au travail dépasse largement le champ des dérapages d’ordre sexuel. Dans le droit suisse, ces derniers disposent toutefois d’un traitement juridique à part puisque, depuis le 1er juillet 1996, ils relèvent de la loi sur l’égalité. Les pressions d’ordre psychologique devront être appréhendées par le biais du Code des obligations et de la loi sur le travail, l’employeur ayant le devoir de protéger l’intégrité personnelle de ses effectifs.

Echecs devant les juges

Cet impératif vaut évidemment aussi pour une femme victime d’allusions, d’atteintes ou d’attouchements à caractère sexuel sur son lieu de travail. L’article 4 de la loi sur l’égalité renforce encore ces dispositions: le législateur juge discriminatoire «tout comportement importun de carac­tère sexuel ou tout autre comportement fondé sur l’appartenance sexuelle, qui porte atteinte à la dignité de la personne sur son lieu de travail». L’article de loi insiste en particulier sur «le fait de proférer des menaces, de promettre des avantages, d’imposer des contraintes ou d’exercer des pressions de toute nature sur une personne en vue d’obtenir d’elle des faveurs de nature sexuelle».

Le propos est limpide. Au fil de la pratique, les avocats et autres experts des questions de genre ont toutefois déchanté. Publiés ces dernières années, plusieurs rapports établis par la chercheuse Karine Lempen ont enfoncé le clou. En analysant les verdicts des tribunaux, la professeure à l’Université de Genève a constaté que sept procès sur dix étaient perdus par la partie plaignante au niveau fédéral. Le taux monte même à 82,8% à l’échelon cantonal. «Les tribunaux paraissent souvent ne pas avoir compris que l’intention d’obtenir des faveurs sexuelles n’est pas nécessaire pour retenir l’existence d’un environnement de travail hostile et donc d’un harcèlement sexuel au sens de la loi», conclut l’experte.

«Nous, nous sommes relativement désillusionnées.» Juriste au sein du Bureau de l’égalité du canton de Fribourg, Anouchka Chardonnens ne cache pas que ces statistiques n’ont fait que confirmer les expériences vécues sur le terrain.

Déjà avant d’en arriver au stade du jugement, de nombreux écueils vont jalonner la voie empruntée par une victime de harcèlement. Le principal est régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits de l’homme et de la femme: «C’est à la personne victime de prouver qu’elle subit du harcèlement sexuel, ce qui est très difficile, souligne Anouchka Chardonnens. Il faut par exemple que quelqu’un ait été témoin ou qu’elle puisse montrer des e-mails compromettants pour prouver cette atteinte.»

Alléger le fardeau de la preuve

En conclusion de ses travaux, Karine Lempen a demandé de réexaminer l’opportunité d’étendre l’allègement du fardeau de la preuve pour ce type de délit. Sans succès à ce stade. En 2019, le Conseil national a refusé une motion déposée par Mathias Reynard (PS/VS) en ce sens. Déjà prévu dans d’autres cas, ce mécanisme permet de présumer une discrimination pour autant que la personne qui s’en prévaut la rende vraisemblable. Le droit européen le préconise pour le harcèlement sexuel, ce qui a incité la France et l’Allemagne à adapter leur législation.

Le renforcement du droit des organisations représente la deuxième revendication émise par l’experte. Car si les données penchent en défaveur des victimes présumées de harcèlement, elles cachent une autre barrière dissuasive: la charge financière que va représenter une action. Même si la loi prévoit une procédure simplifiée – pas de frais de justice à l’échelon cantonal –, les frais d’avocat resteront à la charge de la plaignante.

Selon Karine Lempen, neuf plaignantes sur dix auront déjà quitté ou perdu leur emploi au moment du verdict. Même si, rappelle Anouchka Chardonnens, «la personne est protégée durant toute la durée de la procédure et les six mois qui suivent sa clôture».

Les statistiques pour cerner le phénomène restent lacunaires en Suisse. Il faut remonter en 2007 pour apprendre que 28,3% des femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel au moins une fois dans leur vie.
Programme de la grève de ce lundi 14 juin 2021 en Suisse
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