Aromantique / aromantisme

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RedMacbeth
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Re: Aromantique / aromantisme

#61 Message par RedMacbeth » mardi 23 juin 2020 à 19:16

Dehlynah a écrit :
mardi 23 juin 2020 à 9:07
Bref j'étais loin des discours et des idéologies, désolée, je me situais sur un autre plan, enfin je crois.
Oui, c'était juste de l'incompréhension entre plusieurs personnes, ce n'est pas grave (je pense) !

Ace est effectivement pour Asexuel, mais tu le prononce bien, puisque le diminutif vient de la langue anglaise. En tout cas, c'est notre prononciation dans mon groupe d'ami-e-s.
La grossesse modifie tellement de choses, je ne suis pas surprise. Pour le moment pour moi, rien de nouveau niveau sexualité. Il faut dire que les nausées n'aident pas ! Je suppose qu'il y a une histoire d'hormones dans mon absence de libido, mais ce serait plus parce que tout notre corps est régi par les hormones, non ? Endorphine, sérotonine,... c'est la chimie de l'être humain ? Ou je me plante complètement et je retourne à mon bac L ? :lol:
Dehlynah a écrit :
mardi 23 juin 2020 à 9:07
on en a besoin, pour pouvoir dire et affirmer "ben oui, une catégorie de personne ressent, vit comme ça, basta"
C'est tout à fait ça ! Ca m'a fait un bien fou de pouvoir m'expliquer mon identification très forte à des personnages masculins et ma dysphorie de genre par la non-binarité, de me trouver en tant qu'individu, et aussi de comprendre qu'être Ace... ben c'était pas dramatique, et ça ne venait pas d'un traumatisme d'enfance. La vraie difficulté, ça a été de s'accorder avec mon conjoint qui lui ne l'est pas, et de faire des compromis.
lulamae a écrit :
mardi 23 juin 2020 à 7:35
PS : Je ne suis pas d'une génération familière de ces notions LGBTQ+, mais j'essaie beaucoup de connaître et de comprendre. Et mes filles (15 et 17 ans) savent très bien me faire remarquer quand j'ai fait une remarque "sexiste" (apparemment je fais souvent d'après elles des généralisations abusives sur les rôles homme/femme). C'est un prisme utile pour penser, ça aide à revoir les idées préconçues qu'on a. J'aime bien apprendre et débattre avec elles à partir de ça (et la K-pop, où il se pose beaucoup de questions philosophiques, on ne croirait pas, comme ça ).
Ca me rappelle quand on a dû éduquer ma maman sur la bisexualité, avec mon petit frère, et quand on continue à protester sur les remarques qu'elle peut faire en se trompant ! C'est toujours agréable d'avoir des discussions et de comprendre le point de vue de l'autre. Même si elle a parfois des phrases et des mots maladroits, elle nous explique d'où ils viennent et comment on parlait quand elle-même avait vingt ans.
Dire que plus tard, ce seront mes petits bouts qui m'éduqueront !
Officiellement diagnostiquée avec un Trouble du Spectre Autistique.
Trouble Anxieux
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Dehlynah
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Re: Aromantique / aromantisme

#62 Message par Dehlynah » mercredi 24 juin 2020 à 11:14

RedMacbeth a écrit :
mardi 23 juin 2020 à 19:16
Dehlynah a écrit :
mardi 23 juin 2020 à 9:07
Bref j'étais loin des discours et des idéologies, désolée, je me situais sur un autre plan, enfin je crois.
Oui, c'était juste de l'incompréhension entre plusieurs personnes, ce n'est pas grave (je pense) !

Ace est effectivement pour Asexuel, mais tu le prononce bien, puisque le diminutif vient de la langue anglaise. En tout cas, c'est notre prononciation dans mon groupe d'ami-e-s.
La grossesse modifie tellement de choses, je ne suis pas surprise. Pour le moment pour moi, rien de nouveau niveau sexualité. Il faut dire que les nausées n'aident pas ! Je suppose qu'il y a une histoire d'hormones dans mon absence de libido, mais ce serait plus parce que tout notre corps est régi par les hormones, non ? Endorphine, sérotonine,... c'est la chimie de l'être humain ? Ou je me plante complètement et je retourne à mon bac L ? :lol:
Dehlynah a écrit :
mardi 23 juin 2020 à 9:07
on en a besoin, pour pouvoir dire et affirmer "ben oui, une catégorie de personne ressent, vit comme ça, basta"
Oui merci Red Mac Beth - tiens pour toi - une série d'émissions sur le sentiment amoureux, et aujourd'hui ...Shakespeare

https://www.franceculture.fr/emissions/ ... -juin-2020

J'ai relu, et en effet je crois que j'ai été maladroite, et que ce que j'ai écrit pouvait être caution à des mésinterprétations pour des personnes militantes. Mais je déteste tellement être incomprise (parce que c'est tellement courant) du coup je veux bien qu'on m'explique.

Alors qu'en fait, pour ce qui est d'intellectualiser, je pensais plus au fait que dans une société cartésienne, on nomme ou circonscrit des phénomènes avec des termes psycho etc. alors que ces phénomènes SONT.
Après les circonscrire de manière précise c'est sortir des appellations liées aux pathologies " anormal" " fou", "psychotique" je peux pas m'empêcher de faire le lien avec les TSA, avant j'étais "anormale" " folle" (j'ai été traîtée ainsi) et bien NON. L'appellation TSA nous fait entrer dans un champ certes mais plus complexe, plus JUSTE.
De même que les appellations ARO, ACE etc.

En fait c'est une amie de longue date qui m'a fait découvrir toutes ces catégories (tout en découvrant le Polyamour) et elle a été très enthousiaste de ces découvertes, voire soulagée.
Une autre amie m'a dit il y a peu " voilà je sais: je suis un mec dans un corps de femme - qui aime les mecs" ( après avoir vu le film
Une femme danoise
) ça m'a pas étonnée ( j'avais quelques indices) et je trouve génial qu'on puisse dire ça ( à peu près) tranquillement maintenant, enfin elle me l'a dit à moi, je pense que certains pourraient la renvoyer à une anormalité, une pathologie justement.
Je dirais que la société nous oblige à circonscrire ces phénomènes dans des catégories précises vu qu'elle rejette en bloc ce qui est considéré comme minoritaire, hors norme, "bizarre".
Ainsi on circonscrit tout en sortant des critères de normalité imposés par la société.

Ahh pour la grossesse, en fait je parlais de ma deuxième grossesse (et les derniers mois beaucoup plus sereins, parce que oui la fatigue, les nausées, ça bloque un peu tout), pour la la première, ça a été le calme plat, j'étais tellement angoissée de toute façon...
Ah pour les hormones , d'ailleurs, un psychiatre m'a sorti, parce que je lui parlais d'une professionnelle qui s'était énervée " C'est les hormones" je lui ai dit " c'est sexiste!" ( c'est sorti tout seul), lui " non c'est pas sexiste de mentionner une donnée réelle" "Oui sauf quand on balance ça que pour les femmes, comme si elles se laissaient dominer par leurs hormones, alors que les hommes répondent AUSSI à des mécanismes neuro chimiques mais on en parle pas, comme par hasard !'"
TSA (diagnostic en 2019 par psychiatre spécialisé) - troubles anxio-dépressifs

Babù
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Re: Aromantique / aromantisme

#63 Message par Babù » jeudi 25 juin 2020 à 15:45

RedMacbeth a écrit :
mardi 23 juin 2020 à 0:38
Pour Babu, je conçoit que ça puisse être difficile de se découvrir Aromantique. J'ai eu une période de panique en me découvrant Ace, d'autre en ont en se découvrant homo. Il faut parfois du temps pour accepter.
Mais dans tout les cas, tu ne seras pas seul, tu ne seras pas monstrueux, et tu ne seras pas une horrible personne. Il faudra apprendre à t'accepter ainsi, si tel est le cas, et je pense que tu trouveras du soutien sur ce sujet, parmi celleux qui sont concerné-e-s.
Je te remercie pour ton message :) Ta compréhension me touche :kiss:
Trouble du Spectre Autistique de type Asperger diagnostiqué par mon psychiatre à 32 ans en Décembre 2018.

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Re: Aromantique / aromantisme

#64 Message par Babù » mercredi 1 juillet 2020 à 12:02

J'ai une question: est-ce qu'une personne aromantique peut être Queer-Platonique?
Queer-platonique
Ces personnes ont des relations, pas vraiment sentimentales, mais qui se traduisent par une amitié très forte, au delà de ce qu’on peut appeler une amitié « normale », sans pour autant que cela soit de l’amour.
source: https://www.neonmag.fr/androsexuel-skol ... 07947.html

Je demande parce que pour moi, l'amitié est très importante (difficile de se faire de vrai(e)s ami(e)s)... Pourtant, quand j'étais avec mon ex, je voulais que notre relation soit plus qu'amicale, donc romantique (sans pour autant éprouver physiquement le sentiment romantique). Ma relation a eu lieu deux ans avant que je ne reçoive le diagnostic.
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Re: Aromantique / aromantisme

#65 Message par Babù » dimanche 5 juillet 2020 à 11:47

Bonjour.

Je relance le sujet pour savoir s'il y a des témoignages de personnes aromantiques qui sont en couples? Si oui quel type de relation est-ce: platonique, queer-platonique, sexfriend?, autre? (sans que cet autre soit du romantisme)? Votre partenaire a-t-il/elle ressenti des sentiments dit "romantique" à votre égard? Comment le gérez-vous ou l'avez-vous géré? Comment vous vivez cette relation?

Je fais pleins de recherche mais je n'arrive pas à trouver des témoignages qui puissent m'indiquer q'une personne aromantique puisse vraiment être en couple. je me dit que c'est totalement impossible qu'un(e) aro puisse y être, car dans l'inconscient collectif, couple=relation romantique=sentiments romantiques=amour romantique.

On va me dire que l'aro peut avoir une relation platonique, mais il vu qu'il n'y a pas de désir charnel, si l'aromantique en a, il/elle ne pourra pas se contenter du platonique, alors il/elle ira dans la relation type sexfriend. Mais là encore, ce type de relation ne se base que sur le sexe et si le désir ou l'envie n'y est plus, c'est fini. À court ou moyen terme ça peut le faire peut-être, mais pas à (très) long terme à mon avis. Alors il reste quoi? le Queer-Platonique? On en revient au point de départ.
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Glaciell
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Re: Aromantique / aromantisme

#66 Message par Glaciell » dimanche 5 juillet 2020 à 13:11

Babù,

Je te réponds en fonction de mon sentiment personnel mais c'est à prendre avec précaution car je ne sais pas si je suis aromantique (le concept reste flou pour moi, et je ne sais pas non plus comment on fait la différence entre "être amoureux" et "apprécier la compagnie d'une personne sympathique"). On m'a souvent dit que "quand on est amoureux, on le sait". :innocent:

J'ai été une fois en couple, avec quelqu'un qui travaillait la plupart du temps en mer, dans les pôles.
Donc, le "problème" ne se posait que lors des retrouvailles, qui étaient peu nombreuses et de courte durée.

Déjà, à l'époque, j'avais conscience que seule une situation de ce genre pouvait me convenir.
Babù a écrit :
dimanche 5 juillet 2020 à 11:47
Je relance le sujet pour savoir s'il y a des témoignages de personnes aromantiques qui sont en couples? Si oui quel type de relation est-ce: platonique, queer-platonique, sexfriend?, autre? (sans que cet autre soit du romantisme)? Votre partenaire a-t-il/elle ressenti des sentiments dit "romantique" à votre égard? Comment le gérez-vous ou l'avez-vous géré? Comment vous vivez cette relation?
Je ne vais pas pouvoir répondre clairement à la question. À l'époque, j'avais la pression de la "normalité", je me rendais compte que je ne fonctionnais pas comme on aurait attendu que je fonctionne. Je cherchais donc des façons de répondre aux attentes qu'on avait de moi, je me sentais "en faute" de diverger par rapport à la norme et tout ce que je voulais c'était que ça ne se voie pas. Je me disais que mes émotions étaient emprisonnées, que je n'arrivais pas à les laisser sortir, qu'il fallait que je travaille sur moi pour y arriver car c'était pas normal. À aucun moment je n'ai pensé qu'il pouvait être tolérable d'être moi-même.
Donc, je me préparais psychologiquement aux retrouvailles, j'essayais me raconter des histoires pour me mettre "en condition", je m'imaginais une musique comme dans les films, quand les gens se retrouvent après une longue séparation. Bref, je faisais marcher mon imaginaire, je me répétais le scénario jusqu'au moment des retrouvailles et même après. J'essayais de me créer une "ambiance" qui me fasse me sentir comme il aurait fallu que je me sente. Ça a toujours été très difficile car la réalité me rattrapait rapidement, je "perdais" mes sentiments, mes émotions, je voyais juste une personne, que j'appréciais certes, mais qu'il fallait que je serre dans mes bras alors que ce n'était pas forcément l'envie que j'avais à ce moment-là. Marcher côte à côte les cheveux aux vents m'aurait mieux convenu. Mais là encore, je me disais que je "buggais", que c'était évident que c'était la chose à faire, et que l'autre n'avait pas à souffrir de mes bugs. Je devais réparer ou au moins contourner mes bugs. Et c'était faux de penser que je n'étais pas contente des retrouvailles, non, j'étais contente... mais il me fallait le montrer de la façon "conventionnelle", sinon tout était mal interprété... J'ai eu beaucoup de reproches : pas assez démonstrative, pas assez expressive, trop "sérieuse"... je ressentais une pression constante et je m'en voulais énormément que mon "extérieur" montre des choses contraires à ce qui se passait à l'intérieur... C'était une bataille contre moi-même permanente. C'était pareil pour l'intimité, c'était l'enfer, j'essayais de m'imaginer une ambiance comme pour le reste, de me documenter aussi (j'avais hélas gardé en tête un "conseil" lu quelque part : "il faut parfois se forcer un peu", "l'appétit vient en mangeant"), bref c'était pas hyper efficace.
À noter que j'avais déjà entendu un peu parler de l'asexualité (pas encore l'aromantisme) mais c'était une idée que je chassais rapidement de mon esprit car à l'époque ça aurait été une catastrophe pour moi, l'échec ultime après 20 ans à lutter pour arriver à "la norme", l'anéantissement de tout espoir que mon image soit un jour celle que j'espérais qu'elle soit, bref, un drame. Aujourd'hui mon regard a bien changé, je vois à quel point je me torturais et me faisais du mal et j'ai fait le deuil de cette image parce que je sais qu'elle m'aurait rendue malheureuse, et je suis épuisée rien qu'à repenser à tous les efforts que j'aurais dû continuer à fournir en permanence.

Donc, pour répondre à la question : je me forçais en permanence à correspondre à ce que je pensais être la norme. J'étais triste lors des séparations mais tellement soulagée aussi. Je n'avais pas conscience de me forcer ou d'aller contre ma nature. Pour moi je réparais des erreurs (mes bugs de fonctionnement intérieur) et c'était normal de le faire, de toute façon c'est ce que j'avais appris à faire depuis la maternelle et je me suis construite en me sentant honteuse chaque fois que je laissais entrevoir que je divergeais.
Diagnostiquée à 37 ans "TSA sans déficit intellectuel ni altération du langage", avec un HPI. (Nov. 2020)
Une fille de 12 ans HPI (2018) et TSA (Déc. 2020). Forte suspicion de TDAH associé (2021).

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Re: Aromantique / aromantisme

#67 Message par Babù » lundi 6 juillet 2020 à 21:26

Glaciell a écrit :
dimanche 5 juillet 2020 à 13:11
On m'a souvent dit que "quand on est amoureux, on le sait". :innocent:
Pas facile de le savoir vraiment. Pour moi c'est une réponse magique, genre c'est évident donc c'est idiot de poser la question... :roll:

Ton témoigne est très précieux. Il est super intéressant et très instructif sur ce que tu as vécu et le déchirement intérieur illustrant le conflit entre l'Être et le Paraitre...
À noter que j'avais déjà entendu un peu parler de l'asexualité (pas encore l'aromantisme) mais c'était une idée que je chassais rapidement de mon esprit
À l'heure actuelle, est-ce que tu te considère comme asexuelle aromantique ou comme l'un des deux? Est-ce que cette "révélation" t'a permise de te libérer ou de t'effondrer?
Trouble du Spectre Autistique de type Asperger diagnostiqué par mon psychiatre à 32 ans en Décembre 2018.

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Glaciell
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Re: Aromantique / aromantisme

#68 Message par Glaciell » mardi 7 juillet 2020 à 1:18

Babù a écrit :
lundi 6 juillet 2020 à 21:26
À noter que j'avais déjà entendu un peu parler de l'asexualité (pas encore l'aromantisme) mais c'était une idée que je chassais rapidement de mon esprit
À l'heure actuelle, est-ce que tu te considère comme asexuelle aromantique ou comme l'un des deux? Est-ce que cette "révélation" t'a permise de te libérer ou de t'effondrer?
Personnellement je me considère asexuelle. Pour l'aromantisme, je ne suis pas toujours certaine de bien saisir tout ce que cette notion recouvre, donc je ne me prononce pas. De plus, je ne suis pas certaine de ce que signifie "être amoureux", j'ai du mal à différencier avec le fait d'apprécier une personne, j'ai eu une ou deux amitiés "intenses" qui sont pour moi le lien le plus fort que j'ai pu créer avec quelqu'un (de la compréhension, de la confiance), je ne sais pas bien catégoriser tout ça.
Babù a écrit :
lundi 6 juillet 2020 à 21:26
Est-ce que cette "révélation" t'a permise de te libérer ou de t'effondrer?
Pendant longtemps, l'idée ne me plaisait pas, donc je zappais la question en espérant ne pas être concernée (pour les raisons que j'ai expliquées plus haut : à l'époque l'objectif de ma vie était de parvenir à atteindre "la norme"). J'avais besoin de croire que tout ça pouvait éventuellement m'arriver un jour (dans les films ça avait l'air chouette). M'admettre asexuelle c'était reconnaître que tout un style de vie qui me semblait "valorisant" ne serait jamais le mien. J'ai préféré le déni, mais je crois qu'à ce moment-là j'avais besoin du déni parce que j'étais pas du tout prête à accepter de me retrouver encore une fois marginalisée et en minorité (c'est pas le meilleur bagage quand on ne pense qu'à être reconnue "normale" :lol: )... Aujourd'hui je dirais que "cette révélation m'a permis de me libérer" (pour répondre à ta question), mais je ne sais pas si on peut dire que la révélation a "entraîné" la libération à proprement parler. Je crois qu'au bout d'un moment j'ai juste dû me rendre à l'évidence et accepter les choses telles qu'elles sont, et ça m'a apporté un grand soulagement parce que j'ai compris qu'à partir de là, j'arrêtais de courir après quelque chose dont je ne voulais pas vraiment et qui était source d'inquiétude ("la vie de couple, est-ce que j'y arriverai vraiment ?" "comment ça pourra se passer ? " "est-ce que je réussirai à avoir mon espace perso ?" "est-ce que je tiendrai le coup sur le long terme ?"... en fait, rien que quand j'y pensais, j'envisageais déjà toutes les astuces à mettre en place pour réussir mon "rôle" dans un couple et contrer mes "inaptitudes"... un jour j'ai fini par réaliser que j'espérais un truc qui était pour moi épuisant et stressant).
Mais bon... je suis pas rapide, le cheminement m'a pris une dizaine d'années quand même :innocent: et je ne me cherche pas vraiment d'étiquette en fait.
Diagnostiquée à 37 ans "TSA sans déficit intellectuel ni altération du langage", avec un HPI. (Nov. 2020)
Une fille de 12 ans HPI (2018) et TSA (Déc. 2020). Forte suspicion de TDAH associé (2021).

Zia .
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Re: Aromantique / aromantisme

#69 Message par Zia . » vendredi 16 octobre 2020 à 12:07

J'ai une question bête, et je redoute d'être légèrement hors sujet, mais je me lance:
Est-il possible d'être partiellement aromatique et/ou asexuel?
Par exemple de l'être dans certaines situations/périodes, et de ne plus l'être dans d'autres.

Pour ma part j'ai toujours été une adepte des relations fantasmés, sans avoir besoin de les concrétiser (les histoires dans ma tête suffisent largement à combler mes besoins). J'ai souvent été en couple... Parce qu'il le fallait (recherche de conformité). Je ne peux avoir de désir sexuel pour qui que ce soit tant qu'il n'y a pas eu une longue relation amicale avant (besoins de m'habituer à la présence, à la proximité, au toucher, sinon ça me dégoûte - beurk). J'ai l'impression que toute relation sociale est susceptible de comporter un enjeux sexuel, ce qui impose une vigilance extrême sur les messages implicite que je suis susceptible d'émettre malgré moi (il est déjà arrivé qu'on pense que j'étais en train de séduire alors que pas du tout - imaginez la prise de tête permanente). Et même après 12ans de couple avec mon compagnon (qui est à la fois mon amant, mon meilleur ami, et un membre de ma famille proche à mes yeux) il m'arrive d'avoir des périodes assez longues où je n'ai plus de désir et/ou je ne me sens plus "amoureuse" (les deux n'étant pas lié nécessairement).

Sinon je suis tout simplement frigide ^^
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SA évoqué par psychologue (non spécialisée)
Hypothèse confirmée par neuropsy

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KoaKao
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Re: Aromantique / aromantisme

#70 Message par KoaKao » vendredi 16 octobre 2020 à 13:36

Oui c'est possible.

Pour le fait d'être partiellement asexuel. Il me semble que ça s'appelle la demi-sexualité.
Je ne m'y connais pas trop sur le sujet. En ce qui me concerne je ne suis pas du tout attiré par le sexe. Mais il me semble que le fait d’établir une relation et vouloir coucher qu'après seulement bien connaître le personne existe bel et bien et porte le nom de demi-sexualité.
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