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Re: L'oreille absolue

Posté : jeudi 28 février 2019 à 18:39
par Bubu
Dans les cours de musique, en particulier en cours de formation musicale, on entraîne l'oreille à reconnaître les intervalles.
On nous apprend l'oreille relative donc.


N'empêche qu'il y a certains élèves qui n'en ont pas besoin, de cette oreille relative. (Voire ne l'apprennent pas).
Ce sont des magiciens ! :mryellow: On leur balance une note, et comme ça, directement et l'air de rien, ils te disent quelle note c'est....
Oh, les salauds ! :mrgreen: C'est assez impressionnant !

(Mais je ne vais pas vous saouler en vous répétant encore les inconvénients de l'oreille absolue)

On est passé par bien des caps. :innocent:
A l'époque médiévale, au Moyen-Age, la musique était réservée au Clergé, à un usage Religieux.
C'était en gros le chant Grégorien.
Seuls les hommes (ou adolescents masculins) pouvaient chanter.

Et ils chantaient à l'unisson.
La polyphonie n'existait pas.
(Tout le monde chantait la même chose)
Sauf que : :sick:
Les adultes n'ont pas la même tessiture que les enfants mâles.

Donc ils ne chantaient pas tous à l'unisson, mais à l'octave.
Et l'octave à été le premier intervalle accepté comme juste, même au Moyen-Age.

Après est venue la quinte, mais c'est beaucoup plus tardif et c'était le début de la polyphonie.

Après est arrivée la tierce consonante. Il a fallu du temps aussi.
Car au début, c'était un intervalle dissonant. (Si on devait le juger aujourd'hui on dirait pareil).
Je ne suis pas sûr, mais je pense que cette tierce était entre ce que l'on différencie aujourd'hui comme tierce Majeure, et tierce mineure.
Entre les deux. Et sans compter la quinte du loup, en fin de cycle des quintes, qui réveillerait les morts tant elle est fausse.
C'est le problème, on ne retombe pas sur ses pieds en accordant de la sorte. Ce qui suggère que l'accord occidental est fondamentalement biaisé. Bref.
Car tout était accordé via quintes successives. C'est l'accort Pythagoricien.
Et une tierce dans ce tempérament sonne faux. Mais vraiment !

(En fait il est impossible de trouver une manière parfaite d'accorder un instrument occidental.
Il faut faire des compromis tout le temps et partout.
Tolérer des battements un peu partout).

Encore plus tardivement, on a fini par théoriser les accords par étant à la base des superpositions de tierces.

Et c'est un florilège !
Qui apparaît à la Renaissance !
Apparition de la 9ème, de dissonances entres accords, etc ...
Je n'ai pas eu la chance de beaucoup étudier cette musique (à part la jouer),
mais sachez que c'est un langage beaucoup plus riche au niveau musical que même ce que l'on écoute aujourd'hui.
Des richesses harmoniques voire contrapuntiques inégalables par rapport aux 3 accords de guitare qui font un tube aujourd'hui ! :innocent:

:kiss:

Re: L'oreille absolue

Posté : vendredi 1 mars 2019 à 17:42
par Bubu
Un ouvrage génial est celui de :
Jesper Boje Christensen, basé sur des sources d'époques.
C'est pour apprendre la basse continue. Pour clavier du XVIIIème siècle.

En gros on y apprend l'art de la basse continue.

Une basse et un soprane sont imposés, et au claviériste, via des chiffrages, de combler le vide entre les deux et d'accompagner.

Mais cet ouvrage va plus loin que cela car il explique la conduite des voix.
(Comment éviter les quintes parallèles, de monter sur la septième de dominante, etc, etc).

Personnellement je n'ai sans doute étudié que le quart de l'ouvrage.

Au delà d'un cours sur la basse continue, c'est, je crois, un cours d'Harmonie.

Re: L'oreille absolue

Posté : dimanche 3 mars 2019 à 16:34
par Bubu
Ça n'a plus rien à voir avec l'oreille absolue.
Mais il faut savoir que jusqu'au 18è siècle, les interprètes avaient une liberté énorme.
Pour les préludes non mesurés, on n'indiquait même pas les rythmes. Un ensemble de rondes. On indiquait juste les phrases grâce à des liaisons.
Ce qui est très difficile à réaliser. Il faut soit-même créer les rythmes !
Pour le continuo (la basse continue), on mettait juste des chiffres. L’interprète les jouant comme ça lui convenait.
JJ Froberger ou Frescobaldi indiquent des rythmes dans leurs pièces, mais ce n'est que symbolique. Pour expliquer quand il faut accélérer et quand se poser.
Par contre la pédagogie nous force à d'abord jouer en respectant rigoureusement ces rythmes.
A l'interprète de trouver un juste équilibre.

C'est ça qui était génial à cette époque. L'interprète était vraiment un interprète. Pas un perroquet.



Après ce mode de fonctionnement était lié au fait qu'il n'y avait pas encore d'imprimeries de Musique.

Re: L'oreille absolue

Posté : mercredi 20 mars 2019 à 20:59
par Bubu
Quand on est un enfant élève, même sans savoir ce qu'est l'oreille absolue, on essaie de tricher.
On essaie de prendre comme référence la note la plus basse que l'on est capable de chanter. Ou la plus élevée, pour déduire la note.
Car le chant est important, cela permet de restituer dans les deux sens avec l'écoute, la reconnaissance des intervalles.
Mais ça ne marche pas. :lol:

Après il y a aussi des adultes qui se morfondent dans l'écoute du la avec comme espoir de mémoriser la fréquence.
Mais ça ne marche pas non plus.

Bref, l'oreille absolue ne se développe qu'à un très très jeune âge.
Après c'est foutu.

(Mais c'est une mauvaise méthode)