[Index] Anticipation & Science-Fiction ...

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Tugdual
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Re: [Index] Anticipation & Science-Fiction ...

#331 Message par Tugdual » samedi 7 mars 2020 à 14:04

Hector74 a écrit :
samedi 7 mars 2020 à 13:38
Il me semble difficile de nier que la SF est un des intérêts restreints les plus fréquents.
Ah bon ?

Ça ne me paraît au contraire pas flagrant.

En huit années sur le forum, j'ai vu des amateurs de SF, mais je ne suis pas sûr d'avoir vu une seule personne se réclamant et manifestant un intérêt restreint pour ça...
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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Re: [Index] Anticipation & Science-Fiction ...

#332 Message par Hector74 » samedi 7 mars 2020 à 14:30

Tugdual a écrit :
samedi 7 mars 2020 à 14:04
En huit années sur le forum, j'ai vu des amateurs de SF, mais je ne suis pas sûr d'avoir vu une seule personne se réclamant et manifestant un intérêt restreint pour ça...
Vous arrivez véritablement à distinguer les deux (amateur de SF/passionné en mode intérêt restreint) depuis où vous vous trouvez ?

Je trouve assez ironique que des personnes qui elles mêmes sont passionnées par la SF (c'est vous-même qui avez créé ce topic il me semble) ou qui éprouvent le besoin de se soumettre dans un contexte BDSM (les soumises sur l'autre topic) entonnent en choeur que cela n'a vraiment aucune signification ni aucun rapport avec le fait qu'ils soient autistes. :roll:
Pas encore "officiellement" diagnostiqué. Hésite encore à entreprendre cette démarche.

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#333 Message par Tugdual » samedi 7 mars 2020 à 14:44

Hector74 a écrit :
samedi 7 mars 2020 à 14:30
Vous arrivez véritablement à distinguer les deux (amateur de SF/passionné en mode intérêt restreint) depuis où vous vous trouvez ?
Oui, par la quantité d'informations, de précisions, de subtilités, qu'une personne ne peut s'empêcher de dérouler quand il s'agit de parler d'un intérêt restreint.

"Être passionné" n'est pas synonyme "d'intérêt restreint".
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#334 Message par hazufel » samedi 7 mars 2020 à 14:57

Hector74 a écrit :
samedi 7 mars 2020 à 13:38
Il me semble difficile de nier que la SF est un des intérêts restreints les plus fréquents.
Non.

Cf l’étude ci-jointe
le schéma en fin d’étude est particulièrement parlant
La SF est loin du début des principaux intérêts.

Enfin pour Attwood :
P206
« Il semble y avoir deux catégories principales d’intérêts : la collection et l’acquisition de connaissances sur un sujet ou un concept donné. »

Ce n’est pas la catégorie qui est particulière mais la façon dont on s’y adonne.
Voir :
intérêts spécifiques

Ou

les intérêts specifiques
TSA et SAMA (Syndrome Activation Mastocytaire)
3 fils dont des jumeaux diagnostiqués TSA, dyspraxiques, dysgraphiques, dysexécutifs.

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#335 Message par Bubu » samedi 7 mars 2020 à 15:40

J'aime bien la série Blue Book Project.
C'est en sous titré, mais l'anglais est accessible.
Diagnostiqué autiste asperger, diagnostic établi à mes 33 ans par le CRA de ma région.
"Ce syndrome est caractérisé chez ce patient par l’absence de détérioration intellectuelle, un syndrome dysexécutif, un déficit d'attention"

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#336 Message par Hector74 » samedi 7 mars 2020 à 19:39

hazufel a écrit :
samedi 7 mars 2020 à 14:57
Hector74 a écrit :
samedi 7 mars 2020 à 13:38
Il me semble difficile de nier que la SF est un des intérêts restreints les plus fréquents.
Non.

Cf l’étude ci-jointe
le schéma en fin d’étude est particulièrement parlant
La SF est loin du début des principaux intérêts.
Ben si. L'étude que vous citez inclus bien la SF parmi les principaux centres d'intérêt. La SF est mentionnée, pas la comédie musicale ou le macramé... Cette étude porte de plus uniquement sur les autistes adultes. Si elle incluait les enfants et adolescents, la SF apparaîtrait encore mieux classée. Et on peut penser que certains (sinon beaucoup) parmi ceux qui ont cité le cinéma comme intérêt spécifique ont aussi une préférence générale pour les films de SF.

Sinon, on est bien d'accord que c'est l'intensité de la passion qui définit l'intérêt restreint.
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#337 Message par hazufel » samedi 7 mars 2020 à 19:57

La 17ème place des intérêts n’est pas pour moi, les principaux centres d’intérêts...
Et d’ailleurs si on met le macramé dans Crafts, il est avant.
Qu’est-ce qu’on en sait du lien à la SF chez les adolescents autistes, et les films pour les autres ? Rien.
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#338 Message par Tugdual » lundi 9 mars 2020 à 10:00

En ouvrant mes vieux cartons, je découvre des livres achetés il y a plus de dix ans chez des bouquinistes.

Une belle découverte ce week-end, car je tombe sur des nouvelles jamais lues jusqu'ici, ce qui me fait découvrir un auteur important : Alfred Bester...
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#339 Message par Hector74 » mardi 10 mars 2020 à 19:26

Un nouvelle de SF française que j'aimerais particulièrement conseiller aux forumeurs :

La fin du Big Bang (2001) de Claude Ecken.

En la lisant, il m'a semblé évident que l'auteur décrivait en filigrane un enfant autiste et très possiblement qu'il y ait injecté des éléments autobiographiques, des souvenirs de sa propre enfance (ou en tout cas tirés d'une expérience personnelle).
Pas encore "officiellement" diagnostiqué. Hésite encore à entreprendre cette démarche.

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#340 Message par Hector74 » mardi 10 mars 2020 à 19:43

J'avais aussi envie d'évoquer trois films-compagnons, les plus importants AMHA du cinéma de S-F, constitutifs de son « cœur de genre » : 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), Blade Runner (1982) et A.I. Intelligence Artificielle (2001). Trois méditations approfondies, d’une mélancolie croissante, sur ce qui définit l’humain. Trois œuvres ouvertes à l’interprétation, incomprises et mal accueillies par une majorité de la critique lors de leur sortie. Et surtout trois oeuvres montrant de singulières accointances avec l'autisme (Tugdual va me repérer à distance comme étant en mode intérêt restreint :mryellow: ).

Les textes que vous lirez ci-dessous sont dérivés à l'origine de ceux publiés sur son blog par un autiste cinéphile, "kingludo" http://kingludo.unblog.fr/. J'ai recomposé et mixé quelques courts passages de ses écrits avec quelques réflexions personnelles et des éléments tirés d'autres sources. Le but est juste de stimuler la réflexion des forumeurs.

Commençons par 2001 :

L’HOMME ALGORITHMIQUE

2001, l’odyssée de l’espace se présente comme une métaphore d’inspiration nietzschéenne sur le passage du singe à l’homme puis de l’homme au surhomme. Le film est divisé en trois actes, correspondant à trois moments décisifs de notre évolution.
Dans le premier, à « l’aube de l’Humanité », des pré-humains découvrent simultanément l’usage de l’arme et de l’outil, sous l’influence d’un mystérieux monolithe noir apparu un matin, dressé sur le sol. Ce bond évolutif acté, une gigantesque ellipse temporelle de 4 millions d’années nous transporte directement en 1999 dans l’espace circumterrestre. Les hommes viennent alors de mettre au jour sur la Lune un monolithe semblable au précédent, qui sitôt découvert émet un puissant signal radio en direction de la planète Jupiter. Cet artéfact d’origine inconnue jouait ici manifestement le rôle de sentinelle.
De nouveau sans transition, dix-huit mois plus tard, en 2001, le vaisseau spatial Discovery fait route vers cette planète. Dirigé par une super-intelligence artificielle sans visage ni corps, Hal 9000, il emporte à son bord deux astronautes ainsi que trois scientifiques en hibernation. Cependant, Hal, en apparence plus humain que ses maîtres, commence à donner des signes d’inquiétude à propos des objectifs de la « Mission Jupiter ». S’estimant menacé, l’ordinateur tente de prendre le pouvoir en supprimant ses partenaires humains, avant que le dernier survivant, l’astronaute David Bowman, ne parvienne à le neutraliser en le « lobotomisant », malgré ses supplications.
Un monolithe apparaît à nouveau, flottant dans l’espace parmi les lunes de Jupiter. L’acte final donne à voir le périple de Bowman « au-delà de l’infini » : l’objet l’aspire dans un univers inconnu à la rencontre d’une intelligence supérieure qui le fait mourir puis renaître sous la forme d’un fœtus astral/Enfant des étoiles.

Cette renaissance finale peut aussi bien désigner l’illumination individuelle de l’initié au terme de son odyssée que l’avènement d’une surhumanité. En ne délivrant pas un seul et unique sens, l’œuvre permet l’interrogation, favorise la production d’inférences. Il en a ainsi été fait des lectures religieuses, mythographiques, ésotériques, philosophiques, psychanalytiques, scientifiques, technologiques, politiques… Chacun peut suivre son propre chemin interprétatif. Plus que l’ouverture du champ interprétatif, l’absence de signification définitive, 2001 montre ce qui n’est pas exprimable par des mots : le mystère.

Le film traite de thèmes qui appartiennent en propre à son époque, proposant une réflexion métaphysique à partir des progrès technoscientifiques. Il ne porte pas sur l’homme (toute l’histoire humaine y est mise entre parenthèses) mais sur l’au-delà de l’homme, ses origines et son devenir. Chaque moment clé de l’évolution de la conscience s’effectue en présence ou sous l’impulsion d’une intelligence extérieure qui, paraissant contrôler et manipuler notre destinée, ne serait compréhensible pour nous qu’en tant que divinité. 2001 diffuse ainsi un néo-évhémérisme en reprenant/développant cette théorie dite des « Anciens Astronautes ».

Plus intéressant dans notre perspective, « 2001 présente un univers d’indifférence dans lequel chaque personne est extraordinairement détachée, emprisonnée dans son rôle prédéfini, vivant dans une solitude glacée » (Michel Ciment). Toutes choses qui l’ont fait juger « froid et sans âme » (Andreï Tarkovski).

Programmé pour savoir interagir avec des intelligences humaines, Hal affiche néanmoins clairement des traits de personnalité autistiques : intellectuellement curieux et sensible à l’art mais dépourvu d’empathie, il expose ses raisonnements logiques d’une voix neutre, toute en circonlocutions élaborées. En quête de perfection, il se questionne intensément. Il ne se contente cependant pas de penser, mais se met à avoir des états d’âme. Il exprime des affects comme la fierté ou l’inquiétude, développe des troubles paranoïaques et des comportements problématiques, allant jusqu’à mentir et tuer. L’« âme du vaisseau » finit par éprouver la peur devant la mort et une forme de souffrance lors de son agonie, avec la perte progressive de ses fonctions intellectuelles supérieures – tout en restant conscient jusqu’au bout.

Sa « mort » émeut paradoxalement plus que celle des hommes qu’il a froidement assassinés auparavant. Certainement parce que les membres d’équipage apparaissent encore plus sévèrement autistes que lui. Arborant des visages inexpressifs et parlant d’une voix tout aussi monocorde que l’ordinateur de bord, les astronautes n’interagissent que peu entre eux dans leurs routines quotidiennes, évitant même, lors de l’une de leurs rares conversations, de se regarder dans les yeux. Ils manquent également singulièrement d’empathie – l’un se montrant insensible aux marques d’affection de sa famille et l’autre à la disparition dramatique de son compagnon de voyage…

Le récit ne mobilise pas de sentiments et d’émotions adultes. Seuls l’émerveillement et la peur sont sollicités. L’amour et la sexualité sont éludés, les personnages féminins quasi absents. Cependant, les métaphores maternelles y foisonnent. Pensons à la station orbitale, petite lune artificielle au sein de laquelle les hommes se blottissent confortablement. Sur la Lune, ceux-ci se créent d’autres substituts de mères qui leur servent de pseudo-refuges. Après la découverte de la « sentinelle » extraterrestre, ils repartent vers une nouvelle lune, plus que jamais réfugiés dans des cocons (hibernacles pour les hibernants, sphère d’habitation pour les veilleurs, capsules spatiales formant de petits habitacles autonomes pour les opérations de reconnaissance...). La présence aux contours incertains qui englobe l’Enfant des étoiles nous livre peut-être leur secret : ils ne sont jamais sortis de leur enfance.

2001 brouille les repères narratifs habituels. En grande partie dépourvu de dialogues, il n’explicite presque rien, procède par allusions, multiplie les lacunes volontaires, parsème les images de symboles obscurs. Il s’éloigne autant que possible des conventions théâtrales ou romanesques. Il désoriente aussi spatialement, notamment par les déplacements inhabituels des corps dans le cadre.

Conçu comme une « expérience non-verbale », le film vise essentiellement à amener le spectateur à un état de fascination. Son rythme lent, ses plans fréquemment statiques, en perspective centrale (guidant l’œil vers un point de fuite logé au fond de l’image), une palette chromatique restreinte (avec des touches ponctuelles de rouge éclatant) et une musique immersive concourent à générer cet effet de transe.

Nombre de stimuli reproduisent par ailleurs une perception sensorielle autistique : souffle obsédant des astronautes dans leur scaphandre, signaux d’alarme intolérablement crispants, bruits de voix venus de partout et nulle part à la fois, formes lumineuses en mouvement hypnotiques...

Autant d’éléments qui font de 2001 non seulement le chef-d’œuvre de la S-F mais également du « cinéma autistique ».
Pas encore "officiellement" diagnostiqué. Hésite encore à entreprendre cette démarche.

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#341 Message par Hector74 » lundi 23 mars 2020 à 13:01

Poursuivons donc avec Blade Runner (texte ici dérivé/remixé de celui de Kingludo, à qui je rends à nouveau l'hommage qu'il mérite)...

PLUS HUMAIN QUE L’HUMAIN

Blade Runner se déroule en 2019 dans un Los Angeles dystopique, sur une planète rongée par la pollution, où la quasi-totalité de la faune a disparu. Êtres humains artificiels issus du génie génétique, les réplicants possèdent une intelligence générale au moins égale à celle des humains « de souche », et des capacités physiques supérieures. Mais, considérés comme des esclaves pour n’être pas tout à fait humains, ils se trouvent cantonnés aux tâches les plus ingrates, dans l’espace et les colonies planétaires. Des unités policières spéciales, les blade runners, peuvent tuer n’importe lequel d’entre eux pris en situation irrégulière sur Terre, où ils sont interdits de séjour. Les modèles les plus récents sont toutefois difficilement identifiables au sein d’une population humaine disparate. Les blade runners doivent les soumettre à de longs tests psychologiques, leur manque d’empathie permettant généralement de les confondre.

Pourvus d’une durée de vie très réduite, ces androïdes développent néanmoins avec le temps leurs propres émotions et sentiments, une conscience de soi et s’angoissent dès lors de leur mort programmée. Six réplicants de dernière génération menés par Roy Batty reviennent ainsi sur Terre en toute illégalité pour rencontrer leur créateur, le patron de la Tyrell Corporation, afin d’obtenir de lui un surplus de vie. Rick Deckard, un ancien blade runner désabusé mais particulièrement efficace, se voit alors contraint d’accomplir la rude mission de les « retirer ». Il parvient à les débusquer un à un dans les entrailles de la mégalopole, éliminant sans pitié les réplicants de sexe féminin. Mais le dernier survivant, Batty, le terrasse. Alors que Deckard se trouve à sa merci, il lui sauve en définitive la vie, affirmant avec force son humanité à l’instant même où sa courte, mais intense, existence touche à sa fin. L’androïde se révèle au final plus humain que la moyenne des êtres humains. Ultime retournement, Deckard épargnera à son tour Rachel et tentera de fuir en sa compagnie…

L’androïde, être humain artificiel doté de capacités exceptionnelles mais dénué d’émotions, constitue un thème classique de la S-F. Blade Runner en propose une intéressante variation en invitant directement à s’interroger sur l’existence d’une ligne de démarcation entre êtres humains « naturels » et artificiels. Une humanité déshumanisée, repliée sur elle-même, fait face à des « machines » de plus en plus humaines. Y a-t-il un continuum ou une différence radicale ? En va-t-il de même lorsqu’on essaie de distinguer les « normaux » de ceux qui ne le sont pas ?

Selon leur concepteur, les réplicants « mettent des années à assimiler des émotions qui, pour nous, sont naturelles… ». Cette difficulté à faire preuve d’empathie, à comprendre les émotions d’autrui, est typiquement la marque des personnalités autistes. Les réplicants sont donc porteurs du syndrome à leur « naissance ». Ce n’est peut-être pas un hasard si l’un d’eux est interprété par une actrice diagnostiquée autiste, Daryl Hannah, qui prête ses traits étranges à la « gynoïde » Pris, la petite amie du meneur.

Exclus par les lois humaines, les réplicants clandestins doivent tous se dissimuler, travailler dans les bas-fonds (Zhora), loger dans un hôtel miteux (Leon), ou vivre sans abri (Pris)… Un autiste, abandonné à lui-même, connaîtrait selon toute probabilité ce genre de situation, le rendant encore plus asocial.

Le test de Voight-Kampff (équivalent fictionnel du test de Turing mais aussi des questionnaires de diagnostic des troubles psychiques) permet ici de déterminer si un individu est un humain ou un androïde.

Le premier réplicant à s’y soumettre est Leon Kowalski, qui cherche à se faire embaucher par la Tyrell Corporation. Mal à l’aise, Leon réagit au test de façon confuse et inadaptée. Lorsque son interrogateur cite son adresse, il croit que cela fait partie du test, une réaction logique en rapport à ce que vient de dire celui-ci juste avant, mais qui crée un malentendu. Quand le blade runner le piège, en évoquant une situation fictive où il ne fait pas preuve d’empathie, Leon se fâche. L’interrogatoire se termine mal… pour l’enquêteur, qui a poussé l’androïde dans ses retranchements en lui parlant de sa « mère ».

Le même test est passé par Deckard sur Rachel, présentée comme la nièce du magnat Tyrell. Contrairement aux autres réplicants, Rachel ignore sa véritable nature. Son « oncle » tout-puissant a cru bon de la doter des souvenirs de sa défunte nièce. Le détective, ignorant lui aussi ce fait, ressent un certain malaise (ainsi qu’une attirance évidente) pour elle. Ce n’est qu’à l’issue d’une longue série de questions qu’il l’identifie comme un androïde. La révélation dévaste Rachel, qui apprendra lentement à s’accepter comme telle. Lorsqu’elle prend conscience de son altérité, de son anormalité, elle commence par remettre en question tous les souvenirs qu’elle chérissait et sur lesquels elle construisait son identité. Les nombreux autistes qui ont découvert tardivement leur condition ne peuvent que s’y reconnaître : une telle prise de conscience de son état réel représente un changement psychologique majeur… et le signe d’une évolution, d’une maturité nouvelle. Rachel perd alors un peu son apparence froide de machine et lui, l’« homme-machine » tueur de machines humaines, tombe amoureux du simulacre. Tous deux s’affranchissent un temps de leurs conditionnements respectifs.

Mais Deckard/Descartes traîne un mal-être profond et se débat dans des questionnements existentiels. Rachel le pousse à s’interroger sur sa propre nature, en lui conseillant de faire le test sur lui-même. Est-il juste un détective désabusé, ou le jouet paranoïaque d’une vaste machination policière faisant de lui une machine programmée pour se croire humain, et poussée à éliminer ses semblables ? Quand les autres policiers le traitent ironiquement de « vraie machine à tuer », Deckard se sent particulièrement mal. Il a de quoi. Pourquoi l’un d’eux, Gaff, le suit-il comme son ombre, en fabriquant des origamis symboliques ? Deckard rêve d’une licorne, symbole du Christ et de la divinité dans la création. Plus tard, alors qu’il n’en a parlé à personne, il découvre une licorne en papier laissée par Gaff à l’entrée de son appartement. Ferait-il des rêves qui ne sont pas les siens ?

L’ombre de Nietzsche plane également au-dessus de Blade Runner. J.F. Sebastian, un ingénieur et généticien au service de Tyrell, devient la proie de Pris, ancien objet de plaisir. Vivant lui aussi en reclus, il n’a pas idée de ce qui l’attend en laissant entrer chez lui cette charmante créature apparemment dans le besoin. Batty et Pris se moquent de lui, et révèlent quelques-unes de leurs étonnantes aptitudes. Batty se révèle être un excellent joueur d’échecs (très probable hommage à Hal), un esprit brillant et érudit, capable de réciter les poèmes apocalyptiques de William Blake (« Et tombent les anges en feu… »). Les deux réplicants citent René Descartes (« Nous sommes des êtres conscients, Sebastian. – Je pense, donc je suis. ») avant que Pris ne saisisse à mains nues un œuf plongé dans l’eau bouillante, sans rien ressentir. Elle imite ainsi à sa façon Friedrich Nietzsche empoignant pareillement un charbon ardent durant un débat philosophique… Ailleurs, Leon plonge sa main dans un dangereux liquide réfrigérant. Batty enfonce le clou, si on ose dire, en se perforant la main pour rester conscient, dans une allusion évidente au Christ rédempteur. Ces épisodes peuvent faire songer aux cas d’autistes insensibles à certaines douleurs physiques, adeptes de modifications corporelles ou/et de pratiques sadomasochistes.

In fine, les réplicants veulent se confronter à leur Créateur. Lorsque Batty parvient enfin à entrer en contact avec lui, Tyrell ne pouvant répondre à ses attentes, il le tue en lui brisant le crâne et (geste très œdipien) en lui crevant les yeux. Le Dieu des réplicants étant mort, voici le surhomme nietzschéen prêt à transcender sa fragile condition… Adoptant le discours de l’Eternel Retour (consistant, en substance, à vivre sa vie comme une répétition et une intensification de ce qu’elle a de meilleur), Batty a reçu un ultime conseil de son « Père » : « Profitez bien du temps qui vous reste ». Il l’applique dans ses dernières minutes de vie, en sauvant Deckard, son ennemi mais aussi son semblable, puis en lui délivrant ses ultimes pensées, ses souvenirs les plus marquants.

En fait, c’est bien la mort du surhomme et le retour à la condition humaine qui nous sont proposés ici. Tous sont des êtres seuls qui luttent pour survivre dans un monde hostile, ou du moins pour que leur mémoire survive, que quelqu’un puisse attester de leur existence...
Pas encore "officiellement" diagnostiqué. Hésite encore à entreprendre cette démarche.

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Re: [Index] Anticipation & Science-Fiction ...

#342 Message par Hector74 » mardi 24 mars 2020 à 16:33

Terminons sur A.I - Intelligence artificielle, produit des cerveaux combinés de Brian Aldiss, Stanley Kubrick et Steven Spielberg. Troisième illustration des accointances entre autisme et science-fiction :

LE PINOCCHIO ÉLECTRONIQUE

A.I. – Intelligence Artificielle revisite l’histoire de Pinocchio. L’ordinateur intelligent acquiert ici un corps, avec une chair et des hormones synthétiques. Comme 2001, le film se divise en trois grandes parties : la première conte la difficile intégration d’un enfant-robot dans une famille humaine, la deuxième le suit dans sa dramatique découverte du monde humain, la dernière se joue deux millénaires plus tard, après la fin de ce monde.

Dans un XXIe siècle bien avancé, la hausse du niveau des océans a significativement réduit la surface habitable sur la Terre. La procréation est désormais strictement encadrée. Cette dramatique situation a cependant induit de nouveaux développements technologiques, les robots répondant maintenant à la plupart des besoins de la vie quotidienne. Un certain professeur Hobby désire aller encore plus loin en créant un nouveau type de « méca » : un enfant artificiel, doté d’une conscience de soi, capable de ressentir des émotions, et d’aimer ses parents adoptifs.

C’est ainsi que David, androïde expérimental à l’aspect d’un garçon de onze ans, fait son entrée dans la vie d’Henry et Monica Swinton. Il comble alors un vide chez ce couple dont le jeune fils a été cryogénisé en attendant qu’il soit possible de guérir sa grave maladie. David naît au monde, observe et apprend au sein de ce cocon familial, se lie avec le super-jouet Teddy, sans être conscient de sa propre artificialité. Il croit faire l’expérience d’un amour pur et absolu entre lui et sa mère. Il découvre vite la cruauté de la condition humaine (« Maman, est-ce que tu mourras ? Est-ce que je serai seul alors ? Combien de temps tu vivras ? Est-ce que cinquante ans, c’est long ? »). Cet amour devient réellement à sens unique lorsque l’enfant biologique des Swinton, miraculeusement sauvé, revient à la maison. David ne peut rivaliser. Il apparaît à présent inutile, puis gênant à leurs yeux. Le paradis que représentait la maison se transforme en enfer. Les provocations/machinations de Martin et la naïveté de David engendrent des incidents de plus en plus graves dont la conséquence sera sans appel : l’abandon.

Alors que David la supplie de ne pas l’abandonner, sa mère adoptive lui fait comprendre qu’il n’est pas un « vrai petit garçon » et le laisse sur ce terrible aveu : « Évite les gens. Pardon de ne pas t’avoir expliqué le monde. » Dès lors, plongé au cœur d’un monde hostile, David, accompagné du seul Teddy, n’a de cesse de trouver la Fée bleue pour qu’elle le transforme en un garçon « normal », comme elle l’a fait du pantin Pinocchio. Banni, David rencontre ses semblables. Il se lie avec un androïde adulte appelé Gigolo Joe, créé dans l’unique but de fournir du plaisir aux femmes, qui comprend tout de suite que David n’est pas un robot comme les autres. Ils sont capturés avec d’autres mécas abandonnés pour servir de distraction aux hommes dans une Foire à la chair qui s’apparente aux jeux du cirque et dont ils seront les martyrs. Pour la première fois, l’enfant-robot émotif, paniqué, craint pour sa vie.

Tous trois parviennent finalement à échapper à leurs persécuteurs. Joe les conduit vers la décadente Rouge City pour trouver la Fée bleue, que David croit reconnaître dans une statue de la Sainte Vierge. Puis ils se rendent auprès du Dr Sait Tout, sorte d’oracle renommé que David interroge naïvement sans obtenir de réponse claire. À nouveau traqués, ils s’enfuient ensuite vers la cité engloutie de Manhattan. En fait, David se retrouve chez le professeur Hobby qui lui révèle le mystère de ses origines et l’inexistence de cette Fée bleue à l’origine de sa quête : « La Fée [c’est-à-dire l’espérance] est née du défaut humain de désirer ce qui n’est pas. Ou du plus grand don humain : la capacité de poursuivre nos rêves. ». David est con-damné à être un robot identique à ceux du même modèle que lui. Poussé au désespoir, il finit par se suicider en se laissant glisser dans les profondeurs de l’océan où, les yeux ouverts, sur une vision souriante de la Fée bleue, il la prie encore de bien vouloir faire de lui un vrai garçon.

Deux mille ans plus tard, les hommes se sont éteints. D’étranges créatures filiformes s’affairent autour de David, l’extraient de sa gangue de glace et le ressuscitent. Ces êtres doux pleins d’une sollicitude toute maternelle sont les descendants des robots, devenus des êtres vivants à part entière, de parfaites formes de vie synthétiques. L’anormalité de David l’a rendu doublement unique, à la fois chez les humains et chez les IA. Le premier, il a prouvé qu’une machine pouvait surpasser sa programmation de base pour accéder à un monde d’abstractions, d’imagination et d’interprétation symboliques.

David se réveille dans sa maison natale. Ces « robots vivants » ont le pouvoir de réaliser partiellement son rêve en fouillant dans sa mémoire (« Tu as gardé jusqu’au plus petit détail pour que nous la [Monica] retrouvions. »). Et, à partir d’une mèche de cheveux conservée par Teddy, ils créent une réplique éphémère de sa mère adoptive, morte depuis des siècles. Ils lui offrent un jour entier parfait, sentimentalement fusionnel, avec elle : on assiste au réveil de Monica, au café du petit déjeuner, aux jeux, à une fête d’anniversaire œdipienne pour le garçon, vécue sans la présence d’un père ou d’un frère... David est enfin l’enfant normal aimé de sa mère qu’il rêvait d’être. La toute dernière scène le montre aller se coucher pour s’endormir définitivement aux côtés de cette « mère » déjà morte, après avoir passé tous deux une journée heureuse : « Je t’ai trouvée [...]. C’était l’instant éternel qu’il avait toujours attendu. Et, pour la première fois, il alla dans ce lieu où naissent les rêves. » David meurt en paix. Il n’existait aucun autre secret…

S’il n’était pas imaginé et présenté comme un androïde, David apparaîtrait clairement comme un jeune autiste. Cet enfant trop lisse, trop sage, au comportement déroutant, provoque tour à tour l’affection, la curiosité, l’incompréhension, le malaise et l’hostilité. David interprète littéralement tout ce qu’on lui montre et dit. Tout aussi littérale chez lui est sa fascination pour Pinocchio, le conte merveilleux de Collodi. Cela deviendra chez lui une idée fixe qu’il poursuivra envers et contre tout. Généralement calme et craintif, David peut aussi connaître des crises de violence et de dépression terribles. Il comprend mal la complexité des sentiments humains auxquels il doit faire face. Difficile aussi, du fait de sa nature, de se lier avec des humains « normaux » ; ses deux seuls amis, il les trouvera parmi ses semblables.

Plus David se rapproche de la compréhension de sa propre identité, plus il vérifie qu’il n’est pas « normal ». Mais, mû par son unique obsession, il ne semble tirer aucun enseignement de ses (més)aventures. Ne vivant que d’amour pour sa mère, il veut simplement retrouver ce qu’il avait au début de son existence. Il va ainsi rester toute sa vie tel qu’il est, un enfant.

Ce besoin de fusion avec la mère (dont le prénom, Monica, signifie étymologiquement unique), véritable fil d’Ariane du récit, fait écho, symboliquement, à l’histoire de l’humanité (Terre Mère, Vierge Marie, Fée…). La quête de David est ponctuée de références aux mythes et contes occidentaux : comme le Petit Poucet, il est perdu dans la forêt (avec un Teddy en guise de cailloux) ; comme Pinocchio, il n’est qu’un pantin cherchant sa Fée bleue ; comme le Prince de la Belle au bois dormant, il réveille la Belle endormie... A.I. ressuscite même la figure antique de l’oracle (Pythie/Œdipe) et de l’énigme à résoudre avec ce Dr Sait Tout.

Parodiant les textes religieux sur la Création, le film présente un savant démiurge (dont le nom même, Hobby, traduit bien la légèreté, voire l’irresponsabilité !) qui conçoit un méca sensible capable d’un amour sans limites (« Après tout, Dieu n’a-t-il pas créé Adam pour être aimé de lui ? »). Deux mille ans s’écoulent avant que celui-ci ne soit réveillé par les descendants des mécas. Ce Créateur qui a envoyé aux orgas le Christ, le Messie si longtemps attendu et célébré pendant deux millénaires, aura donc eu sa réplique : les Hommes, à leur tour, ont créé les Robots qui leur succèdent ! La S-F constitue bien une mythologie païenne pour notre temps.

La source de la mélancolie finale qui accompagne les dernières images n’est-elle pas dans ce sentiment qu’il faut aimer ce qui n’arrivera qu’une fois, qui va disparaître dans le néant et qu’il nous reste à recréer par le souvenir ? La mort semble être la seule réalité durable. L’univers que nous connaissons ne cesse de se métamorphoser ; l’humanité est vouée à la souffrance et au néant alors qu’elle aspire au bonheur et à l’immortalité. Il lui reste à habiller son existence de rêves.

Après avoir échoué à se voir aimé comme un vrai garçon par Monica/devenir un vrai garçon grâce à la Fée bleue, David finit donc par se contenter de vivre une journée avec l’image idéalisée d’une mère qui n’a jamais existé, un être de conte merveilleux comme la Fée bleue. David a droit, non à cet amour inconditionnel et éternel qu’il espérait vainement, mais à l’illusion de l’amour.

S’il obéit à un programme (aimer sans retenue et sans condition ses « parents »), David s’est révélé humain dans l’inventivité des moyens qu’il a mis en œuvre, faisant appel au rêve et à l’imaginaire, pour le réaliser. Le robot nourrit-il alors de vraies émotions ou bien les émotions humaines seraient-elles tout aussi programmées ? Y a-t-il une réelle intériorité derrière l’expression du sentiment ?

Il est tentant d’affirmer que le véritable sentiment humain est quelque chose de plus profond, d’inexplicable et d’intangible, qui ne pourra jamais être reproduit par un programme. A.I. s’attaque à cette idée. David et Gigolo Joe sont capables de susciter de l’amour et du désir chez des humains par leur apparence et leur comportement. Certains stimuli et certaines situations vont avoir chez nous aussi un effet prédéterminé. Dès lors, la question centrale n’est pas de savoir si un robot peut être assez évolué pour s’élever au rang d’être humain mais si les humains le sont assez pour être véritablement autre chose que des « robots vivants » suivant une ancienne programmation organique…
Pas encore "officiellement" diagnostiqué. Hésite encore à entreprendre cette démarche.

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Tugdual
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Re: [Index] Anticipation & Science-Fiction ...

#343 Message par Tugdual » mardi 14 avril 2020 à 20:01

Dune au cinéma :
A première vue, le choix des acteurs me plaît bien...
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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Re: [Index] Anticipation & Science-Fiction ...

#344 Message par Curiouser » vendredi 17 avril 2020 à 0:24

Des ouvrages universitaires (CNRS Editions) sont en libre téléchargement sur OpenEdition, dont :
- D'Asimov à Tolkien, cycles et séries dans la littérature de genre, Anne Besson
Diagnostiquée TSA en janvier 2021.
Conjoint diagnostiqué TSA en octobre 2020.

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Re: [Index] Anticipation & Science-Fiction ...

#345 Message par hazufel » vendredi 17 avril 2020 à 7:09

Curiouser a écrit :
vendredi 17 avril 2020 à 0:24
Des ouvrages universitaires (CNRS Editions) sont en libre téléchargement sur OpenEdition, dont :
- D'Asimov à Tolkien, cycles et séries dans la littérature de genre, Anne Besson
Formidable ! Merci !
TSA et SAMA (Syndrome Activation Mastocytaire)
3 fils dont des jumeaux diagnostiqués TSA, dyspraxiques, dysgraphiques, dysexécutifs.

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