[Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

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Salicorne
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être - Alexandra Reynaud

#16 Message par Salicorne » mardi 29 août 2017 à 10:45

Manichéenne a écrit :Elle est fière, ça c'est sûr. Y compris de sa théorie comme quoi il y aurait un continuum entre autisme sévère, syndrome d'Asperger et THQI. :shock: :?
En même temps, est-ce réellement "sa" théorie ? Je ne veux pas dire que la théorie est bonne, mais qu'elle est souvent évoquée.

Quand je me suis informée sur le syndrome d'Asperger, je ne connaissais rien au sujet du HQI. Parmi les personnes qui m'ont parlé du syndrome d'Asperger et qui pensaient éventuellement être concernées, je me suis aperçue avec le recul que certaines pouvaient aussi bien correspondre à un profil de HQI. Sur le forum aussi, les discutions sur ce sujet ont eu et ont encore du succès. Comment l'expliquer ?

Si les uns disent que la frontière entre autisme sévère est trouble avec celle de l'autisme de haut niveau, que d'autres renchérissement en disant qu'elle est trouble entre l'autisme de haut niveau et le syndrome d'Asperger, puis que l'on admet qu'elle peut être trouble entre syndrome d'Asperger et profil HQI, alors on obtient une forme de continuum dont il est difficile de sortir si on oublie la réalité de l'écart de vie qui existe entre un autiste sévère et un simple HQI.

Le problème, je crois, est que tout dans la vie est continuum. L'être humain crée des catégories parce qu'elles l'aident à penser, qu'il en a besoin pour construire la science. La réalité ne procède pas par bonds, il y a un continuum entre soleil et grain de sable, entre végétal et animal, etc. Aux extrémités, les différences peuvent apparaître criantes, mais il ne semble pas toujours facile de les théoriser de manière exhaustive.
Bilan clinique évoquant un possible Syndrome d'Asperger

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misty
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être - Alexandra Reynaud

#17 Message par misty » mardi 29 août 2017 à 17:30

Salicorne a écrit :Quand je me suis informée sur le syndrome d'Asperger, je ne connaissais rien au sujet du HQI. Parmi les personnes qui m'ont parlé du syndrome d'Asperger et qui pensaient éventuellement être concernées, je me suis aperçue avec le recul que certaines pouvaient aussi bien correspondre à un profil de HQI. Sur le forum aussi, les discutions sur ce sujet ont eu et ont encore du succès. Comment l'expliquer ?
Parce que selon par exemple une pro avec qui j'en ai parlé, le SA et le HQI sont presque aussi méconnus l'un que l'autre, ce qui donne libre cours à plein de théories plus ou moins boiteuses. Selon cette même personne, ce serait amplifié par le fait que, si les 2 ont des causes internes très différentes au niveau cognitif, leurs manifestations extérieures sont souvent interprétées comme proches.
Je crois qu'il y a un effet "coup de projecteur/sujet vendeur" aussi, car le SA est considéré par certains psychiatres comme proche de la bipolarité et surtout de la schizophrénie, mais on en parle déjà beaucoup moins (ça doit être un peu moins sexy sur le papier :geek: )
*Diag TSA-Daimonas-Ravenclaw-Syndrigast-Aléthiométriste-SlayVega*

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hazufel
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être - Alexandra Reynaud

#18 Message par hazufel » jeudi 31 août 2017 à 17:24

Je l'ai lu et il ne m'a rien apporté. Comme l'a dit Manichéenne, je n'aime pas non plus le corps trop gros qui gonfle la pagination (et donc le prix de vente). Je n'aime pas ces méthodes. Je n'y ai vu qu'un long regard nombriliste sur ses talents, sans ouverture vers ce qu'est la difficulté du lien à l'autre.
J'ai lu tous les livres de Josef Schovanec. J'ai été bouleversée par le premier que j'ai lu, Je suis à L'Est, le lisant d'une traite. Y ai découvert qu'on pouvait être décalé d'une autre réalité bien normée. Qu'il s'agissait d'un autre référentiel, et que ce n'était pas une tare mais une manière d'être. J'y ai appris le regard de l'autre, le décalage ressenti (et que je vivais sans mettre un nom dessus), et les possibilités liées à ce genre de tempérament.
Dans le livre d'Alexandra Reynaud, je n'ai absolument rien appris et suis sortie vide et déçue de ma lecture.
Diagnostiquée TSA Asperger.
3 fils dont des jumeaux diagnostiqués TSA de type Asperger.

kepchut
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être - Alexandra Reynaud

#19 Message par kepchut » lundi 11 septembre 2017 à 6:10

Manichéenne a écrit :On m'a prêté le livre, je l'ai lu...
J'ai détesté. Mais vraiment. :innocent: J'ai eu du mal à finir.
Il n'y a rien dans ce texte. C'est court, simple, écrit gros, avec quelques fautes de français qui restent ("un monde dont on est étranger" :shock: )...
Mais il n'y a pas de contenu. Elle nous prouve qu'on peut être THQI, Aspie, et ne rien avoir à dire.
Elle généralise sur plusieurs points qui ne me correspondent pas du tout.
J'apprends avec consternation que les aspergirls ont l'avantage de pouvoir se maquiller pour améliorer leur apparence sociale. Que les vrais problèmes sont les hypersensibilités tandis qu'elle semble ignorer les hyposensibilités. Bon, je n'ai pas le livre avec moi là, mais il y aurait beaucoup de point sur lesquels j'aurai eu envie d'en discuter avec l'auteur, où j'aurai voulu nuancer.
Certaines de ses caractéristiques n'ont à mon avis rien à voir avec le SA mais sont tout de même présentées comme telles, comme le fait de ne pas apprécier manger et de ne voir ça que comme une fonction de "nourrissage" (sic).
Un shutdown pour elle, c'est d'être énervée et mépriser les gens quand elle est dans un supermarché.
Elle est fière, ça c'est sûr. Y compris de sa théorie comme quoi il y aurait un continuum entre autisme sévère, syndrome d'Asperger et THQI. :shock: :?
Elle ne se sent pas handicapée, elle a une vie routinière qui lui convient... Tant mieux pour elle. Elle a aussi des certitudes bien ancrées, et je me demande sincèrement combien d'autistes elle a rencontré, si elle a pris le temps d'échanger avec d'autres, si elle a la moindre idée de la diversité du spectre.
Pour faire partie du groupe fb depuis plusieurs années, je peux dire qu'elle interagit peu avec les autres. Ça me dérange bcp même. Les seuls interactions sont :
- reprendre les autres dès lors qu'on affirme des choses sur le parcours de diag, les pec, toute chose qui ne va pas dans son sens
- publier des articles, republier les articles anciens et promotion +++ du livre

Voilà, aucun échange réel, pas de partage véritable.
Ce me donne l'impression de surfer sur la vague business du SA dans rien apporter aux autres.

Sinon, j'ai adoré je suis né un jour bleu de Daniel Tammet.
Mais ça ne m'étonnerait pas que ça laisse les NT de marbre...

neigeetlumières
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être - Alexandra Reynaud

#20 Message par neigeetlumières » lundi 23 octobre 2017 à 10:15

Salut les amis moi je n'ai pas encore fini ce livre, j'ai reconnu quelques similitudes entre sa vie passée et la mienne. Mais je précise bien, quelques !

Et c'est tout. Moi aussi quelque chose me contrarie dans cet ouvrage, alors même que je ne l'ai pas encore terminé. Voilà ce que j'en pense même si je n'ai pas pu lire en détail tous vos commentaires (désolée pourtant le détail c'est ma vie, mais manque de temps car je suis lente en tout)...

Je pense la même chose que vous à propos de cette "fierté" dont elle parle, qui revient beaucoup, comme si c'était mieux d'être comme ça que d'être "normal". Revendiquer comme elle fait c'est bien, mais on a pas forcément la confiance en soi qui va avec. :?

Et il y d'autres choses qu'elle évoque, que je ne comprends pas. Je ne suis pas à haut potentiel, je mets souvent du temps à comprendre. Je suis vraiment lente en tout...Elle utilise quand même des expressions imagées qui me posent problème à moi...J'appelle cela du jargon poétique.

Moi je souffre (et là aussi, je ne dois pas être la seule, je pense à vous aussi !) d'un trouble anxio-dépressif chronique qui me pourrit la vie, alors que j'ai tout pour être heureuse...J'essaie de le canaliser au maximum car ma petite famille - dont mon fils, autiste - doit être préservée de tout ça ! C'est bien de se battre, mais il y a des fois où on voudrait faire une pause aussi ! L'idéal ce serait quand même de ne rien avoir du tout et d'être comme tout le monde. C'est mon point de vue.

Moi Je suis loin d'être "fière" d'être aspie, le titre du bouquin ne me plaît pas...C'est plutôt le contraire, c'est un manque de confiance en moi maladif qui entraîne une anxiété difficile à vivre...et de l'épuisement quasi-permanent.

Pour moi l'auteure parle de son expérience seule du coup c'est trop subjectif...Certes on n'est différents des autres, mais on est différents entre nous aussi, même si on partage des difficultés communes ! Ca donne l'impression comme vous semblez l'avoir dit qu'elle ne tient pas compte de toutes nos particularités, qu'elle nous oublie, en somme...Comme si sa vérité était la nôtre. A moins que ça soit involontaire de sa part.


Petit mot concernant Josef Schovanec et son livre "Je suis à l'est" :

- je l'ai feuilleté, il m'a semblé voir un passage où il a parlait de violences physiques (les verbales, n'en parlons pas bien sûr) et ça m'a bloqué pour la lecture...A l'école primaire j'en ai subies, et pas des moindres, des soi-disant camarades (représailles je n'ai jamais su pourquoi) et d'un instituteur compris ! Je n'étais qu'une fillette...C'est trop difficile pour moi d'y repenser...

- à moi, mon petit nom à l'école à un moment donné, et bien c'était "A l'ouest". Et même plus tardivement au travail on me l'a dit, là aussi, textuellement : "mais vous êtes complètement à l'ouest, ma parole !". Propos d'un chef de service pas vraiment bienveillant...Ca doit vous parler à vous aussi, tout ça...Mais bon, ce titre de livre m'amuse un peu.

A bientôt :) :)
Mariée, TSA diagnostiqué en 2017, maman d'un petit garçon avec TSA de haut niveau

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Lixing
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#21 Message par Lixing » jeudi 21 décembre 2017 à 21:07

Je l'ai acheté et lu, puis j'ai regretté de l'avoir acheté et je l'ai revendu (sans regrets pour le coup). C'est rare que je ne garde pas un livre, je crois même que c'est le premier livre dont je me sépare volontairement depuis que je suis en âge d'avoir ma propre bibliothèque.
Pourtant c'est via son blog que j'ai découvert le SA au féminin, via son groupe Facebook que j'ai pu découvrir une communauté dans laquelle je me suis pour la première fois réellement senti partie prenante, j'ai gagné là bas des amis, une plus grande force pour entamer un parcours diagnostique (bon aujourd'hui je ne m'y sens plus à ma place mais c'est un autre sujet). Donc quand j'ai vu son deuxième livre en librairie (j'avais zappé le premier) je me suis dit "Why not ?" OK le prix m'a fait tiquer (je l'ai trouvé un poil cher pour un livre de sa catégorie) mais bon je me suis lancé.

Et comment dire...
Spoiler : Mon opinion : 
Je n'ai pas aimé. Du tout. Déjà, si on a lu les articles de ses blogs on a plus ou moins lu tout le contenu du livre (c'est quand même dommage de débourser de l'argent pour lire un truc qui est gratuit sur Internet) et j'ai trouvé qu'elle n'allait pas assez au fond des choses. Pour une primo lecture sur le SA ça peut être intéressant, quand on a déjà épluché la littérature sur ce sujet on a juste l'impression de perdre son temps. Je n'étais pas d'accord avec tout ce qu'elle énonçait. Entre autres sa vision du continuum mais aussi sa vision des CRA. Clairement elle est pro "diagnostic made in CRA" ce qui en soi est pertinent et pour quelqu'un qui veut se lancer dans un diagnostic c'est intéressant de donner des infos mais pour le coup j'ai trouvé que ça manquait d'objectivité. Selon le bouquin, aller dans un CRA c'est la panacée, la seule VRAIE bonne solution pour un VRAI diagnostic. Le libéral on peut bien sûr mais c'est pas top... Hors en fonction du CRA auquel on est rattaché on peut ne pas partager ce point de vue. Personnellement si j'avais compté sur le CRA de mon coin je n'aurais jamais eu mon diagnostic, un parcours en libéral a été pour moi la seule voie valable et je n'ai pas l'impression d'avoir un diagnostic en carton sous prétexte que je ne suis pas allé dans un CRA. Elle se base uniquement sur son parcours (réussi en CRA donc) mais ne prend pas en compte la pluralité des parcours diagnostiques. Dans la même idée je trouvais que son livre se voulait porteur de vérité absolue sur le SA, son diagnostic, son vécu. Dérangeant.
En clair si des gens me demandent conseils de livres témoignages sur le SA, je choisirais plutôt "Je suis à l'Est" de Josef Schovanec, "Je suis né un jour bleu" de Daniel Tammet ou encore "Ma vie d'autiste" de Temple Grandin mais pas celui là.
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TiZ
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#22 Message par TiZ » vendredi 22 décembre 2017 à 19:59

Je n'ai pas lu le livre mais il ne me donne pas envie, déjà rien qu'avec le titre.
J'ai lu certains articles de son blog, mais je trouve que c'est trop commercial, à systématiquement inclure des liens affiliés au milieu des articles, etc.
Comme toi Lixing, je trouve qu'elle a une vision un peu trop "fermée", et qu'elle cherche plus à faire des ventes qu'autre chose.
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#23 Message par Lixing » samedi 23 décembre 2017 à 2:06

TiZ a écrit :Je n'ai pas lu le livre mais il ne me donne pas envie, déjà rien qu'avec le titre.
J'ai lu certains articles de son blog, mais je trouve que c'est trop commercial, à systématiquement inclure des liens affiliés au milieu des articles, etc.
Comme toi Lixing, je trouve qu'elle a une vision un peu trop "fermée", et qu'elle cherche plus à faire des ventes qu'autre chose.
Le problème c'est que son blog (les deux en fait) est devenu une vitrine de son business, qu'elle fasse la promotion de ses livres dessus bon... Pourquoi pas ? Ca serait dommage de s'en priver mais que ça ne serve plus qu'à ça c'est dommage. Et inintéressant.
Et j'ai l'impression qu'elle met plus facilement en avant les articles de son "réseau" au détriment parfois de leur intérêt profond.
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#24 Message par FidjiTiwi » samedi 23 décembre 2017 à 11:04

Je l'ai lu, et j'ai été déçue aussi. Elle généralise son expérience personnelle. Je trouve aussi que ça reste très simpliste. Ca a été ma première lecture sur le sujet, et j'en suis sortie avec le sentiment que je n'étais sûrement pas asperger, puisque je n'avais pas exactement le même vécu qu'elle.
Maman de R (17 ans), N (15 ans, HPI, extra terrestre) et A (5 ans, qui nous pose question).

THPI, phobique sociale. Asperger évoqué par ma psy TCC.
Contact pris avec le CRA. Le dossier sera examiné en mars.

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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être - Alexandra Reynaud

#25 Message par Nanouille » samedi 23 décembre 2017 à 12:56

hazufel a écrit :Je n'y ai vu qu'un long regard nombriliste sur ses talents, sans ouverture vers ce qu'est la difficulté du lien à l'autre (...) Dans le livre d'Alexandra Reynaud, je n'ai absolument rien appris et suis sortie vide et déçue de ma lecture.
Pareil! Tu as mis les mots sur l'impression que j'ai eue de son livre sans arriver à la décrire :).
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#26 Message par scorame » jeudi 28 décembre 2017 à 15:47

asperger et fier de l'être :lol: ......... c'est pas un cadeau lol :yawn:

pour les gens non autiste c'est une tare :crazy: (j'ai encore lue un article d'un cas en entreprise ou le mec neurotypique dis < c'est pas un cadeau pour nous> , donc il faut rien dire si cela se voie pas :innocent: , une société ou les gens sont en manque de valorisation inutile d'en rajouter .

j'ai pas lue ce livre , vos pérégrinations sont trop long à lire :innocent:
jnnjn

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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être - Alexandra Reynaud

#27 Message par Zebra3 » vendredi 29 décembre 2017 à 1:37

Salicorne a écrit :Le problème, je crois, est que tout dans la vie est continuum. L'être humain crée des catégories parce qu'elles l'aident à penser, qu'il en a besoin pour construire la science. La réalité ne procède pas par bonds, il y a un continuum entre soleil et grain de sable, entre végétal et animal, etc. Aux extrémités, les différences peuvent apparaître criantes, mais il ne semble pas toujours facile de les théoriser de manière exhaustive.
Totalement d’accord :bravo: :bravo: :bravo: .
Si on imagine (pure vue de l’esprit) un spectre autistique allant de zéro à 100 (imaginez un dégradé du blanc au noir), et un seuil de « diagnostique officiel » mettons à 70, alors la personne ayant 65 va être recalée au diag, pour autant dans son vécu elle se sentira peut-être bien plus proche d’un aspie que d’un NT (sera-t-elle grise ? Ou bien rayée noir et blanc ? Genre « zebrée » ? Une zone zèbre de 50 à 70 ? :wink: ).
On peut bien sûr avancer le fait qu’il y a des aspies HPI et des aspies non HPI, ou des NT HPI et non HPI, et donc réfuter la possibilité d’un continuum, perso je me dis que le cerveau est en 3D, que son organisation structurelle peut donc être atypique en 3D, et qu’il faut donc peut-être réfléchir à un continuum en 3 dimensions.
Si on met en abscisse un axe NT <> autiste et en ordonnée un axe LowQI <> HQI, on est déjà en 2D. Mais pour peu qu’il y ait une corrélation entre degré d’autisme et QI (en imaginant que les spécificité de structure cérébrale auraient tendance à affecter les deux), les 2 axes auraient tendance à se rapprocher.
Et il faut voir aussi que faire des connexions, des continuums, c’est un peu le fonctionnement de base d’un esprit HPI… n'en déplaise à Tugdual :lol: :lol: :lol:

Perso j’ai bien aimé ce livre.
Bon c’est clair qu’il est autocentré. Elle ne parle que de son cas (bon ok, elle fait quelques généralités abusives). Mais je suppose qu’il faut le prendre comme ça : un témoignage personnel. Libre à d’autres aspies de faire un livre pour amener d’autres facettes. La BD de Julie Dachez m’avait donné un peu le même feeling : Une bonne part de la BD concerne l’environnement de travail en open space et le diag du CRA, mais pour une personne en questionnement n’ayant jamais été confrontée à cet environnement et n’étant pas encore en démarche diagnostique, de nombreuses pages ne vont pas lui parler, même si les pages « relationnelles » (copain, amis) peuvent parler à tous.
Et il est possible qu’on observe souvent une certaine fierté chez les individus HQI, une facilité de compréhension, une rapidité de réflexion qui pousse vers cette fierté.
L’aspie HQI peut donc trouver dans le HQI une sorte de compensation partielle aux difficultés dues au SA, voir l’intellect comme une sorte de « refuge », un moyen d’avoir — pour une fois — l’ascendant sur les autres.

C’est peut-être aussi parce que ces témoignages sont récents dans le paysage littéraire français. Ceux qui écrivent se décrivent presque comme des « rescapés », aussi bien Alexandra Reynaud vis à vis du psy qui n’avait pas pris sa mère au sérieux (lui évitant à l'époque une prise en charge peut-être plus destructrice que bienfaitrice), que Julie Dachez qui était en galère avant son diag, d’où également pour les 2 une sorte de sacralisation du diag made in CRA.
Le SA gagnant en visibilité (un peu), des associations et groupes de travail se structurant (j'espère), peut-être qu’à l’avenir les aspies diagnostiqués dans l’enfance ou l’adolescence (ou des chercheurs & universitaires) pourront sortir des livres plus « observateurs », plus érudits du SA, moins personnels.

D’une certaine manière, peut-être que ces ouvrages s’adressent plus aux NT qu’aux aspies, ou aux personnes en questionnement qu’aux personnes déjà diagnostiquées.

Un truc que j’aime bien, c’est qu’elle montre que c’est possible (suivant son SA), d’être une mère épanouie. Je ne serais pas étonné que des femmes aient peur de passer le diag (ou de faire la moindre démarche en ce sens) de peur d’être ensuite forcément considérée comme inapte à être mère. J’ai par ailleurs déjà lu un avis d’une femme disant qu’elle n’aurait probablement pas eu d’enfant si elle avait eu connaissance de son SA :( .

Je pense aussi que j’ai bien aimé ce livre parce que je trouve que son profil correspond pas mal (le déni en moins) à la nana très probablement aspie que j’avais rencontrée. Ce côté fier, parfois un peu arrogant... Ce paradoxe d'une personne à la fois altruiste et égocentrique, hypersensible et peu empathique.
C’est vrai que ça manque clairement dans ce livre : Les ressentis d’un aspie qui se sait aspie, c’est bien, mais les ressentis et comportements d’un aspie dans l’ignorance ou le déni, c’est autre chose.

Ce que je reproche aussi c’est que comme elle est aspie et HPI, on ne sait jamais si ce qu’elle décrit se rapporte à l’un ou l’autre (par exemple lorsqu’elle décrit — de façon assez arrogante tout en se sentant coupable de ces pensées — les gens au supermarché, enchainant ensuite sur le fait que certains malmènent leurs enfants. Je suis devenu hypersensible depuis que je suis sorti du faux-self et au moindre enfant qui pleure mon esprit part tout seul en boucle en s’imaginant que le gamin est peut-être maltraité, et il me faut 15-30 minutes pour penser à autre chose, au point que j’ai envie de passer le moins de temps possible dans ces lieux publiques, idem l’autre jour dans la salle d’attente du médecin où un père parlait à sa fille sans aucune tendresse perceptible. Je me sens oppressé dans un monde de gros bourrins).

Berdol, j'ai encore fait une thèse... :oops:
Statut : Proche d'éventuel(s) aspie(s) TDA/H. Personnellement, probable tendance TDA, doué, zébré :mryellow: . Pas de démarche de diagnostic pour moi dans l'immédiat.

Lilette
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#28 Message par Lilette » vendredi 29 décembre 2017 à 11:50

Je pense aussi que j’ai bien aimé ce livre parce que je trouve que son profil correspond pas mal (le déni en moins) à la nana très probablement aspie que j’avais rencontrée. Ce côté fier, parfois un peu arrogant... Ce paradoxe d'une personne à la fois altruiste et égocentrique, hypersensible et peu empathique.
C’est vrai que ça manque clairement dans ce livre : Les ressentis d’un aspie qui se sait aspie, c’est bien, mais les ressentis et comportements d’un aspie dans l’ignorance ou le déni, c’est autre chose.
Un jour tu penses parler d'autre chose ou pas ?
TSA.

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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#29 Message par TiZ » samedi 30 décembre 2017 à 9:50

Une bonne part de la BD concerne l’environnement de travail en open space et le diag du CRA, mais pour une personne en questionnement n’ayant jamais été confrontée à cet environnement et n’étant pas encore en démarche diagnostique, de nombreuses pages ne vont pas lui parler, même si les pages « relationnelles » (copain, amis) peuvent parler à tous.
Je ne suis pas d'accord avec toi quand tu dis que la BD parle principalement du diag au CRA : Il y a 5 pages qui parlent d'abord de sa rencontre avec un psy qui pose un pré-diagnostic, et ensuite 7 pages qui parlent du CRA, donc elle évoque quand même les deux situations. Et connaissant bien Julie, non, elle ne sacralise pas le diag made in CRA.
Personnellement, je n'ai jamais travaillé en open space / dans un environnement de travail comme celui qu'elle décrit, et pourtant, ça m'a parlé. A l'inverse, les pages où il est question notamment du copain ne m'ont pas parlées, n'ayant jamais eu de relation amoureuse.
Donc je crois que ça dépend de chacun.
les ressentis et comportements d’un aspie dans l’ignorance ou le déni, c’est autre chose.
Mais comment une personne qui ne se sait pas aspie ou ne veut pas l'admettre pourrait-elle parler comme si elle l'était ? :crazy:
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Zebra3
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Re: [Livre] Asperger et fière de l'être (Alexandra Reynaud)

#30 Message par Zebra3 » dimanche 31 décembre 2017 à 2:05

Lilette a écrit :Un jour tu penses parler d'autre chose ou pas ?
Les 95% du reste de mon message parlent d'autre chose.
Pour être simplement factuel, peut-être que ton TSA fait que tu ne t'en rends pas compte mais c'était pour moi une crise existentielle majeure (avec un deuil compliqué = quand le deuil ne se fait pas puisque la disparue est vivante), qui marque une cassure nette dans ma vie et dont je ne suis pas encore remis, il est donc logique que j'y fasse souvent référence, même des années après.
Pour faire une comparaison, je pourrais éventuellement dire que la rencontre de cette nana a été dans ma vie l'équivalent de ce que la prise de conscience de ton TSA (ou le diag) a été dans la tienne : Une étape majeure de ton existence, avec des côtés positifs et négatifs, mais qui change la vie. Et tout comme toi tu parles d'autisme presque tous les jours sur ce forum, moi je mentionne cette nana de temps en temps (puisque même si ce n'est pas un forum dédié à elle, tout porte à croire qu'elle est autiste, et c'est aussi à cause d'elle que j'ai atterri sur ce forum).
TiZ a écrit :Je ne suis pas d'accord avec toi quand tu dis que la BD parle principalement du diag au CRA : Il y a 5 pages qui parlent d'abord de sa rencontre avec un psy qui pose un pré-diagnostic, et ensuite 7 pages qui parlent du CRA, donc elle évoque quand même les deux situations. Et connaissant bien Julie, non, elle ne sacralise pas le diag made in CRA.
Personnellement, je n'ai jamais travaillé en open space / dans un environnement de travail comme celui qu'elle décrit, et pourtant, ça m'a parlé. A l'inverse, les pages où il est question notamment du copain ne m'ont pas parlées, n'ayant jamais eu de relation amoureuse.
Donc je crois que ça dépend de chacun.
Je t'avouerais que j'ai un peu sabré la rédaction de cette partie de ma réponse car j'y faisais simplement référence sans que ce soit le sujet exact de ce fil... Du coup j'ai rédigé de mémoire et ai fait un peu trop de sous-entendus... sur un forum aspie, ça ne passe pas :P J'ai hésité à éditer mon message pour enlever le "tous" par exemple, ben j'aurais dû :lol: .
C'est l'impression que m'a laissé la BD, probablement accentuée par l'apparition des couleurs lors du passage sur le CRA, mais quand on lit le forum, il semble que plusieurs CRA ne sont pas à la hauteur.
Et quand on voit que la vie d'un individu peut-être changée ou non sur la base du degré de compétence du CRA, ça la fout mal :| .
Tiens moi non plus je n'ai jamais eu de relation amoureuse, et je ne suis même plus certain d'en vouloir :roll: .
TiZ a écrit :Mais comment une personne qui ne se sait pas aspie ou ne veut pas l'admettre pourrait-elle parler comme si elle l'était ? :crazy:
[/quote]

:lol: On est d'accord, la tournure de ma phrase porte à confusion, limite ne veut rien dire. Je sous-entendais une personne qui l'aurait finalement admis et qui parlerait de son comportement passé, ou un récit détaillé de comportements observés. Attwood en parle mais pas vraiment dans le guide du SA, il faut plutôt chercher des interviews ou regarder de nombreuses vidéos. En fait :roll: , je crois surtout que j'aurais aimé trouver un livre décrivant les comportements de mon père et de la nana que j'ai mentionnée. J'ai plus qu'à écrire un livre :lol:
Statut : Proche d'éventuel(s) aspie(s) TDA/H. Personnellement, probable tendance TDA, doué, zébré :mryellow: . Pas de démarche de diagnostic pour moi dans l'immédiat.

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