[Illustré] Les petites victoires (Yvon Roy)

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hazufel
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Re: [BD] les petites victoires

#31 Message par hazufel » jeudi 26 juillet 2018 à 14:18

Manichéenne a écrit : Quelques raisons :
-il ne reste pas beaucoup de temps et d'énergie pour en parler.
-En étant autiste ce n'est pas simple de communiquer, de se mettre en avant, d'avoir un discours qui plait... (et il faudrait déjà le vouloir...)
-Parler publiquement de ses enfants me semble compliqué. Ils ne peuvent pas savoir les répercussions que ça aura sur eux, il est difficile de trouver les limites de ce qui peut être révélé, et l'accord donné par un enfant, surtout très jeune, à son parent ne me semble pas avoir beaucoup de valeur.
-il plane toujours la peur du jugement négatif et/ou des services sociaux. Si on doit être honnête sur les défis du quotidien et notre handicap ça peut être mal interprété par certains.
Je suis d'accord, et m'en aperçois un peu plus chaque jour. Ils ne sont pas non plus mentionnés dans les ouvrages de référence, ou très peu, et c'est un peu dommage je trouve. Pour nous aider nous, à mieux en parler.
Ensuite, il y a pour les parents une obligation de s'occuper correctement de leurs enfants, et de soins le cas échéant.
C'est en effet très important. Et le plus difficile dans le cas présent est de savoir définir les limites. Même en étant autiste, nos enfants ne sont pas nous, et juger des besoins / préconisations nécessaires en fonction des solutions proposées, est loin d'être simple. Enfin je trouve.
En tant que parent, c'est par contre très difficile de savoir ce qui est le mieux pour son enfant, comment lui présenter les choses, comment obtenir son avis et qu'en faire.
Faut-il forcer un enfant à dire bonjour, après tout ce n'est qu'un code social... mais s'il ne s'y plie pas, il peut y avoir des répercussions importantes qu'un petit ne comprend pas encore. Même en tant qu'autiste, je doute souvent sur ce qui est vraiment le mieux. C'est facile quand on est adulte de se dire qu'on accepte sa différence et qu'on aurait préféré ci ou ça.
Est-ce qu'une fois devenu grand un enfant va reprocher à ses parents de lui avoir fait prendre de la Ritaline, ou au contraire de ne pas lui avoir permis d'être scolarisé normalement ?
C'est très important ce que tu soulèves, parce que c'est notre questionnement quotidien en tant que parents, et c'est bien le plus difficile à gérer, je trouve. Choisir ce qui est le mieux. Pour qui, pour quoi ?
J'ai aussi une légère sensation de malaise quand j'entends qu'il faut laisser les autistes parler par eux-mêmes, mais que dans le même message on parle des parents sans en être...
Idem. Déjà en tant que parent d'enfant "standard" ça m'a toujours dérangée mais en tant que parent d'enfants différents, c'est pire...
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dcaius
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Re: [BD] les petites victoires

#32 Message par dcaius » jeudi 26 juillet 2018 à 14:50

Manichéenne a écrit :.
Quelques raisons :
-il ne reste pas beaucoup de temps et d'énergie pour en parler.
-En étant autiste ce n'est pas simple de communiquer, de se mettre en avant, d'avoir un discours qui plait... (et il faudrait déjà le vouloir...)
-Parler publiquement de ses enfants me semble compliqué. Ils ne peuvent pas savoir les répercussions que ça aura sur eux, il est difficile de trouver les limites de ce qui peut être révélé, et l'accord donné par un enfant, surtout très jeune, à son parent ne me semble pas avoir beaucoup de valeur.
-il plane toujours la peur du jugement négatif et/ou des services sociaux. Si on doit être honnête sur les défis du quotidien et notre handicap ça peut être mal interprété par certains.

Des témoignages de parents autistes, il y en a quelques uns ("Asperger et fière de l'être", témoignages sur l'AFFA...). La plupart sont très positifs, probablement pour améliorer l'image de l'autisme. Il me semble que ça manque un peu de nuances...
Je suis pas en train de reprocher aux parents autistes de pas en parler, hein. Je souligne qu'on met systématiquement en avant les parents allistes validistes. Il y a des parents autistes qui s'expriment (par exemple Reynaud, en effet), mais on les écoute moins car c'est moins vendeur. Les histoires inspirantes avec un regard alliste sont favorisées. C'est un problème de représentation, un problème collectif, pas individuel. Et on voit bien en effet avec l'affaire Rachel en France que les parents autistes peuvent être mis en danger.
Manichéenne a écrit : Au sujet de la vidéo plus haut, globalement elle est bien mais il y a tout de même une partie du message qui me dérange.
Le consentement d'un enfant autiste ? Oui, sur le principe, très bien. Le message a l'air de vraiment défendre les autistes.
Et donc le monsieur n'aurait pas dû donner de traitement pour le TDAH sans l'accord de son fils. Il avait quel âge ? Quelles étaient ses capacités de compréhension et de communication ? Quel était l'impact du TDAH vs les risques du traitement ? Est-ce que le même message passerait pour du diabète ou de l'asthme ?
"Han, le méchant parent qui donne un traitement à son enfant dont on ignore s'il est d'accord pour le prendre !". Sérieusement ?
D'abord le TDAH ça peut être grave et dangereux, et en tant que parent on s'en prend déjà vraiment plein la tête pour avoir osé donner un traitement, pas besoin d'en rajouter.
Ensuite, moi je passe du temps à expliquer mes choix à mes fils, et à les modifier légèrement (les choix) en fonction de leurs retours, mais honnêtement je reste la personne qui prend la décision à la fin.
Parce que si on demande à un enfant autiste de 6 ans s'il est d'accord pour aller voir un inconnu qui lui fera une prise de sang, ce sera non. Même en cas de risque vital, il risque de ne pas vraiment être d'accord.
Le consentement réel de l'enfant, ça implique déjà de pouvoir lui présenter des informations neutres, et ensuite qu'il sache lui-même évaluer la balance bénéfice/risque.
Ensuite, il y a pour les parents une obligation de s'occuper correctement de leurs enfants, et de soins le cas échéant.
Si un enfant autiste a une hypersélectivité alimentaire, bien sûr qu'il ne faut pas le forcer à tous les repas à manger comme tout le monde, mais on ne peut pas non plus accepter de ne le nourrir exclusivement de betteraves. Pour une question de santé, pas de jugement social.

Si un ado refuse de continuer un suivi, un traitement ou une directive et qu'il ne se met pas en danger ni dans l'illégalité, c'est très bien ainsi.
En tant que parent, c'est par contre très difficile de savoir ce qui est le mieux pour son enfant, comment lui présenter les choses, comment obtenir son avis et qu'en faire.
Faut-il forcer un enfant à dire bonjour, après tout ce n'est qu'un code social... mais s'il ne s'y plie pas, il peut y avoir des répercussions importantes qu'un petit ne comprend pas encore. Même en tant qu'autiste, je doute souvent sur ce qui est vraiment le mieux. C'est facile quand on est adulte de se dire qu'on accepte sa différence et qu'on aurait préféré ci ou ça.
Est-ce qu'une fois devenu grand un enfant va reprocher à ses parents de lui avoir fait prendre de la Ritaline, ou au contraire de ne pas lui avoir permis d'être scolarisé normalement ?

J'ai aussi une légère sensation de malaise quand j'entends qu'il faut laisser les autistes parler par eux-mêmes, mais que dans le même message on parle des parents sans en être...
Alors. Y a beaucoup de choses là. Ce qu'on a cherché à mettre en avant particulièrement, c'est qu'alors que le père décrit en détail la conception de l'enfant, ses discussions de défonce avec ses potes, sa dépression à l'annonce du diag, à aucun moment il ne montre de discussion à propos du consentement avec son fils, ce qui nous paraît assez grave car les personnes autistes sont vulnérables aux abus.
Mon point de vue sur les médicaments n'est pas un point de vue anti-médicaments, qu'on soit clair. Ce que je dis c'est que ce serait important d'impliquer davantage les enfants dans le processus. Il y a un fossé entre faire un enfant-roi et ignorer complètement le consentement et l'avis du gosse. Ce à quoi je pensais c'est : une discussion pour les expliquer les enjeux du traitement, lui expliquer que c'est une aide pour l'attention, s'assurer qu'on utilise des mots qu'il comprend. Lui expliquer aussi que comme tous les médocs ça peut avoir des effets secondaires, que c'est normal mais que c'est intéressant d'y être attentif pour qu'on puisse y remédier si besoin. Comme ça l'enfant ne panique pas si d'un coup il a des vertiges ou les yeux qui vrillent (ça ce serait le cas pour des anxios ou des médocs antipsychotiques, je prends les exemples au hasard). C'est particulièrement important dans le cas de qqun qui a des différences sensorielles, on peut être coupé de son corps facilement, surtout quand on est enfant.
Perso on m'a donné un traitement lourd à l'adolescence sans jamais m'en expliquer les effets ou me donner le choix, alors que c'était un traitement profondément inadapté à mes soucis de santé. J'étais assommée le matin à cause du médicament et je m'entendais dire que c'était juste que j'étais paresseux-se et que je me couchais pas assez tôt. Je l'ai cru pendant presqu'une décennie. Aucun médecin n'a jugé bon de m'informer des effets secondaires, d'y prêter une attention quelconque. On m'a poussé dans le cadre familial à prendre les médicaments, sous-entendant que si je le faisais pas j'allais mourir comme un autre membre de ma famille. Donc mon point de vue là-dessus est assez tranché, peut-être plus que la moyenne : c'est important d'informer les enfants dès que possible, de leur faire comprendre qu'iels peuvent parler des effets des médicaments, et de soi-même être informé sur la molécule utilisée. Notre but dans cette vidéo n'était pas du tout de promouvoir un discours anti-médicaments, mais de souligner que le consentement est important dans ce cadre-là aussi pour les personnes psychiatrisées (la critique s'étend aux majeur-e-s à qui on fait de la rétention d'informations aussi).
Et alors, franchement. S'il faut attendre d'être parent pour l'ouvrir sur les maltraitances quand on a subi soi-même des maltraitances, où va-t-on. Je prétends pas savoir empiriquement toutes les difficultés que rencontrent les parents. Mais ça va pas m'empêcher de faire des critiques constructives quand des parents ont des discours et des actes validistes. Valoriser la parole des concerné-e-s est importante, mais je ne soutiens pas non plus un sophisme tel que "Les concerné-e-s ont toujours raison". Certain-e-s autistes ont des discours que je ne soutiens absolument pas (masculinistes, validistes, etc). Par ailleurs, comme tu l'as dit, c'est pas toujours évident pour les parents autistes de parler de parentalité et d'autisme. On a cherché ici à relayer les réflexions des parents autistes qu'on connaît. Je trouve la critique super hors-sujet.
Je suis une personne autiste de 26 ans.

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Manichéenne
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Re: [BD] les petites victoires

#33 Message par Manichéenne » jeudi 26 juillet 2018 à 15:53

dcaius a écrit :Je suis pas en train de reprocher aux parents autistes de pas en parler, hein.
Je ne sais pas pourquoi cette remarque puisque je répondais à hazufel...
Je souligne qu'on met systématiquement en avant les parents allistes validistes.
Je le vois en sens inverse : les parents non autistes sont plus nombreux, et ont nettement plus de capacités et de volonté pour être mis en avant.
Pour dire qu' "on" les met plus en avant, ou qu' "on" n'écoute moins les parents autistes, il faudrait encore que les deux groupes soient comparables par ailleurs. Ce n'est pas le cas.
Des parents autistes qui s'expriment publiquement, il y en a peu, et ils y sont généralement moins compétents. Ca demande tellement d'énergie que j'ai du mal à concevoir comment on peut à la fois être une personnalité publique, être autiste, s'occuper d'enfants autistes, avoir de quoi tenir financièrement. (Une seule exception à mon sens, voir le blog de The Autist, et tout ce qu'elle fait par ailleurs).
Il y a des parents autistes qui s'expriment (par exemple Reynaud, en effet), mais on les écoute moins car c'est moins vendeur.

Ou alors parce qu'elle n'a rien d'intéressant à dire ? cf le sujet sur son livre.

Ce à quoi je pensais c'est : une discussion pour les expliquer les enjeux du traitement, lui expliquer que c'est une aide pour l'attention, s'assurer qu'on utilise des mots qu'il comprend. Lui expliquer aussi que comme tous les médocs ça peut avoir des effets secondaires, que c'est normal mais que c'est intéressant d'y être attentif pour qu'on puisse y remédier si besoin.
Rien ne dit que ça n'a pas été fait.
Mais sur le fond je suis d'accord.
Seulement là, il ne s'agit pas de consentement, mais d'information.

Notre but dans cette vidéo n'était pas du tout de promouvoir un discours anti-médicaments, mais de souligner que le consentement est important dans ce cadre-là aussi pour les personnes psychiatrisées (la critique s'étend aux majeur-e-s à qui on fait de la rétention d'informations aussi).
Alors c'est malheureux que le sujet soit justement parti d'un cas aussi particulier que la Ritaline, pour lequel il est plus fréquent de lutter pour réussir à obtenir une prescription (hospitalière et sécurisée). une grande partie des médecins, des psychanalystes ou même des gens qui n'ont rien à voir avec le sujet dramatise les effets secondaires ou en inventent.

Une fois encore, est-ce que le sujet du consentement serait traité de la même manière pour une pathologie autre ? C'est là aussi que le discours peut mener à renforcer la distinction entre médecine psy et médecine générale.
Si dans la BD il avait signalé que son fils est asthmatique et prend de la Ventoline, est-ce qu'il y aurait eu quelqu'un pour se demander si l'enfant est consentant et informé ?
Et alors, franchement. S'il faut attendre d'être parent pour l'ouvrir sur les maltraitances quand on a subi soi-même des maltraitances, où va-t-on.
Ce n'est pas ce que j'ai écrit. Merci de ne pas déformer mes propos.
Mais ça va pas m'empêcher de faire des critiques constructives quand des parents ont des discours et des actes validistes.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'en partant d'un bon fond, le message qui passe est autre.
Les critiques ne sont pas toutes constructives, et les comportements reprochés ne sont pas systématiquement validistes, surtout une fois transposés à des personnes n'ayant pas l'âge ni les capacités de compréhension et d'expression pour un consentement éclairé.
Etant un parent autiste d'un enfant autiste que j'ai mis sous traitement pour son TDAH, je t'affirme que ta critique n'est pas constructive mais blessante.
Diagnostiquée Autiste Asperger et TDA.
Mère de 3 enfants : fils Aîné TDAH et TSA, cadet TSA de type Asperger.

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misty
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Re: [BD] les petites victoires

#34 Message par misty » jeudi 26 juillet 2018 à 20:04

hazufel a écrit :C'est en effet très important. Et le plus difficile dans le cas présent est de savoir définir les limites. Même en étant autiste, nos enfants ne sont pas nous, et juger des besoins / préconisations nécessaires en fonction des solutions proposées, est loin d'être simple. Enfin je trouve.
Je suis d'accord, et en tant que parent (d'enfant à priori pas autiste même si atypique) je suis "obsessionnelle du recul". Une des choses que j'apprécie le plus dans mon suivi c'est l'aide à la parentalité, et avant ça j'avais étudié en profondeur les étapes du développement de l'enfant. Je trouve que le fait d'être parent implique d'aller chercher des infos en dehors de soi parce que, même dans le cas où l'auteur aurait été un spécialiste de la prise en charge de l'autisme, il manquerait d'objectivité. C'est évident, et c'est l'un des aspects de la BD que je trouve le plus effrayant (pour l'exemple que ça donne).
dcaius a écrit :Ce qu'on a cherché à mettre en avant particulièrement, c'est qu'alors que le père décrit en détail la conception de l'enfant, ses discussions de défonce avec ses potes, sa dépression à l'annonce du diag, à aucun moment il ne montre de discussion à propos du consentement avec son fils, ce qui nous paraît assez grave car les personnes autistes sont vulnérables aux abus.
C'est ce que je trouve dommage dans la vidéo, qui à mon avis aurait pu être bien plus pertinente. Ce dont tu parles au sujet des descriptions en détail que fait le père, je pense que c'est un tout autre problème.
A ma 1ère lecture de la BD, la façon dont le père se décrit/se représente m'a parue presque pathologique ="ouah quel caïd! quel génie! quel tombeur! qu'est-ce qu'il est cool, il fume des pétards, joue au billard avec son pote, picole et tout et tout!" (limite il manque les posters de tuning dans le salon pour compléter le tableau :roll: )
Il y a plein de trucs complètement inutiles qui sont là juste pour le mettre en valeur, genre les nanas qui lui sourient ou le regardent passer (quel intérêt?), sa "dépression" qui ne semble évoquée que pour le côté "je suis un survivor moi, t'as vu?" car il n'y a rien de factuel... Sans même parler de l'autisme, son fils semble faire partie du décor alors que le livre est censé parler de lui. Je doute que ce soit en se concentrant sur le côté égotrip que les choses avancent sur la question de l'autisme (qui n'a rien à voir avec ça, et qui semble juste un prétexte finalement).

Du coup, vos arguments dans la vidéo ne sont pas forcément mauvais mais je trouve que ça reste vraiment en surface. J'ai pris le temps d'essayer d'expliquer à mikkel pour le coup de la poussière, parce que je sais que c'est un papa qui essaie de faire au mieux et que sans des explications détaillées et précises ce n'est pas simple... Et vous mettez cet épisode dans la catégorie "plutôt pas grave" alors qu'on a aucune indication concrète de la façon dont le gosse a vécu le truc, et que comme je le disais pour l'avoir vécu, c'est vraiment quitte ou double.

L'histoire de regarder dans les yeux, non seulement c'est abusif mais ce n'est pas tant une histoire de code social. C'est un problème cognitif: si on me force à regarder tout le monde dans les yeux ça veut dire que je ne pourrais jamais avoir aucune interaction où je comprends ce que la personne me dit. Le papa peut obliger/entraîner son fils à fixer le regard, mais il ne forme pas le cerveau à trier à la fois les informations visuelles et les données audio. Pour moi c'est nettement plus embêtant que de vouloir coller à un impératif social: en faisant ça on retire à l'enfant toutes les chances d'intégrer correctement le discours de son interlocuteur tout en donnant l'impression inverse à la personne qui parle au petit. Pour compliquer des relations sociales déjà compliquées, on fait difficilement mieux... :innocent:

Je maintiens que si ce film sort ce sera peut-être une ouverture pour sortir les poubelles efficacement/clairement. Si vous voulez vraiment essayer de lutter pour qu'il n'y ait pas de film, je pense qu'il y a des arguments plus constructifs à mettre en avant.
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Re: [BD] les petites victoires

#35 Message par mikkel » jeudi 26 juillet 2018 à 21:43

Bonjour Misty,

"J'ai pris le temps d'essayer d'expliquer à mikkel pour le coup de la poussière"

Je pense avoir bien compris le sens de ton explication. J'y ai beaucoup repensé et j'ai essayé de te faire une réponse mais je ne suis pas arrivé à réunir toutes mes idées... C'est un sac de noeuds dans ma tête.
En tout cas, tu as mis le doigt sur quelque chose qui me travaille depuis plusieurs mois et c'est compliqué encore pour le moment.
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Re: [BD] les petites victoires

#36 Message par misty » jeudi 26 juillet 2018 à 22:35

Je comprends, pas de souci. En fait, ça ressemble sans doute à "ah tiens, voilà la donneuse de leçons" mais c'est juste que j'ai une relation vraiment compliquée avec mes parents à cause de ce genre de choses, notamment parce qu'ils vivent très mal certaines attitudes (et leurs conséquences, surtout) qu'ils ont eues en croyant bien faire à l'époque. En tant que mère je ne souhaite pas ce style d'obstacles dans ma relation avec ma fille, donc j'essaie d'exprimer des choses que je pense aidantes car je suis aussi "de l'autre côté". Je sais que je peux être percutante voire rude, mais même en essayant de faire attention il y a des choses qu'il ne m'est pas trop possible de dire autrement.

Je me doute que tu vis des choses très compliquées avec ton fils, beaucoup doivent effectivement te travailler pas mal donc je ne suis pas surprise qu'il te soit difficile de faire un retour (qui n'est pas obligatoire, de toute façon :) ). Bien que je ne sois pas vraiment une flèche concernant les mp, si jamais un jour je peux t'aider sur un point que tu ne souhaites pas évoquer publiquement, n'hésite pas je le ferais.

Désolée si ce que j'ai dit t'a remué en tout cas, j'espère qu'il en sortira quelque chose de positif au final.
*Diag TSA*

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Re: [BD] les petites victoires

#37 Message par freeshost » vendredi 27 juillet 2018 à 0:56

À propos de validisme / capacitisme, j'en touchai brièvement mot ici.

Je soupçonne ce capacitisme de nourrir des complicités peu avouables (du moins, peu avouées) avec une certaine désirabilité sociale par procuration ("Mon enfant est très désirable socialement, a beaucoup de qualité, donc mois aussi !").

Ailleurs (sur une messagerie Slack), avec d'autres personnes spectro-autistes, j'expliquais :
Le capacitisme, en bref, consiste à discriminer socialement des personnes qui manquent ou manqueraient d'aptitudes qui seraient marques de normes sociales.

Un des effets et de croire que, pour accepter une personne, il faut forcément lui trouver des aptitudes (qui compenseraient des manques d'autres aptitudes).

Est méritocratique toute pensée qui ne récompense que les personnes qui sont ou seraient méritantes.
J'essayais tout de même d'équilibrer la balance (le débat) entre égalitarisme et méritocratie ; tous deux peuvent devenir des extrémismes. Mais qu'est-ce que le mérite ? [Non, je ne l'ai pas encore lu. Mais je pourrais l'ajouter à ma liste d'attente. :mrgreen: ]

Bon, sans vouloir trop dévier vers des questions de philosophie :lol: , je pense qu'il est bénéfique de parler des forces et des faiblesses de chaque personne, des deux côtés de la balance.

Et ne nous soumets pas à la tentation du validisme, ce petit diable malin. :mrgreen:

Au fait, qu'entends-tu pas "parents allistes" ? Par allisme ?

Au fait, dans la vidéo, dcaius, tu portes la paire de lunette ou un chandail d'Iron Maiden ? Qui est l'autre personne ? :mrgreen:

Bon, bref, je n'ai pas lu cette bande dessinée et ne la mettrai pas dans ma liste d'attente. :lol: (Ou éventuellement pour la mettre dans la cour des boucs émissaires, des mauvais élèves. Mais ce n'est pas mon genre de politique. :lol: )

Je suis aussi d'avis de donner la possibilité à chaque personne (autiste ou non autiste) de décider si elle accepte ou refuse d'appliquer chaque norme sociale (au cas par cas). Bien sûr, le tout au fur et à mesure du développement des savoirs, des aptitudes et des savoir-faire de la (jeune) personne.

En fait, vous dites "le monde est validiste". Il y a donc bien, à la base, une réflexion sociétale. [Et mettre de la psychologie cognitive et sociale, de la psychiatrie et de philosophie humaniste à l'école obligatoire. :mrgreen: ]
misty a écrit :A ma 1ère lecture de la BD, la façon dont le père se décrit/se représente m'a parue presque pathologique ="ouah quel caïd! quel génie! quel tombeur! qu'est-ce qu'il est cool, il fume des pétards, joue au billard avec son pote, picole et tout et tout!"
À lire ta description, j'imagine un gars qui veut montrer qu'il est intégré et cool. La désirabilité sociale donne le sein au besoin d'appartenance. :lol: Ce qui est moins cool et plus désintégrant, c'est que ça donne l'impression qu'il attache plus d'importance à son capital social, qu'il croit, à tort, élever en exhibant son intégration à un groupe, et donc aux normes sociales de ce groupe, qu'aux ressentis et aux avis de son enfant. L'enfant, un outil de capitalisation sociale ?

L'apparence sociale plus importante que la prise en compte des ressentis de l'enfant [autiste] ?
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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Re: [BD] les petites victoires

#38 Message par dcaius » vendredi 27 juillet 2018 à 12:14

misty a écrit :C'est ce que je trouve dommage dans la vidéo, qui à mon avis aurait pu être bien plus pertinente. Ce dont tu parles au sujet des descriptions en détail que fait le père, je pense que c'est un tout autre problème.
A ma 1ère lecture de la BD, la façon dont le père se décrit/se représente m'a parue presque pathologique ="ouah quel caïd! quel génie! quel tombeur! qu'est-ce qu'il est cool, il fume des pétards, joue au billard avec son pote, picole et tout et tout!" (limite il manque les posters de tuning dans le salon pour compléter le tableau :roll: )
Il y a plein de trucs complètement inutiles qui sont là juste pour le mettre en valeur, genre les nanas qui lui sourient ou le regardent passer (quel intérêt?), sa "dépression" qui ne semble évoquée que pour le côté "je suis un survivor moi, t'as vu?" car il n'y a rien de factuel... Sans même parler de l'autisme, son fils semble faire partie du décor alors que le livre est censé parler de lui. Je doute que ce soit en se concentrant sur le côté égotrip que les choses avancent sur la question de l'autisme (qui n'a rien à voir avec ça, et qui semble juste un prétexte finalement).

Du coup, vos arguments dans la vidéo ne sont pas forcément mauvais mais je trouve que ça reste vraiment en surface. J'ai pris le temps d'essayer d'expliquer à mikkel pour le coup de la poussière, parce que je sais que c'est un papa qui essaie de faire au mieux et que sans des explications détaillées et précises ce n'est pas simple... Et vous mettez cet épisode dans la catégorie "plutôt pas grave" alors qu'on a aucune indication concrète de la façon dont le gosse a vécu le truc, et que comme je le disais pour l'avoir vécu, c'est vraiment quitte ou double.

L'histoire de regarder dans les yeux, non seulement c'est abusif mais ce n'est pas tant une histoire de code social. C'est un problème cognitif: si on me force à regarder tout le monde dans les yeux ça veut dire que je ne pourrais jamais avoir aucune interaction où je comprends ce que la personne me dit. Le papa peut obliger/entraîner son fils à fixer le regard, mais il ne forme pas le cerveau à trier à la fois les informations visuelles et les données audio. Pour moi c'est nettement plus embêtant que de vouloir coller à un impératif social: en faisant ça on retire à l'enfant toutes les chances d'intégrer correctement le discours de son interlocuteur tout en donnant l'impression inverse à la personne qui parle au petit. Pour compliquer des relations sociales déjà compliquées, on fait difficilement mieux... :innocent:

Je maintiens que si ce film sort ce sera peut-être une ouverture pour sortir les poubelles efficacement/clairement. Si vous voulez vraiment essayer de lutter pour qu'il n'y ait pas de film, je pense qu'il y a des arguments plus constructifs à mettre en avant.
Merci pour ton retour. Hésite pas à laisser un commentaire sous la vidéo pour développer tout ça. Je pense qu'on a essayé 1) d'être diplomates et de faire des critiques constructives et pas juste d'être en colère, même si on l'est 2) de faire rapidement parce qu'on voulait pas attendre deux semaines, donc j'entends tout à fait que c'est loin d'être parfait.
Manichéenne a écrit :Rien ne dit que ça n'a pas été fait.
Mais sur le fond je suis d'accord.
Seulement là, il ne s'agit pas de consentement, mais d'information.
Je trouve qu'une grande partie de ton message relève de chipoter sur la manière dont je dis les choses et ça me fatigue passablement donc je vais pas répondre à tout en détail. En gros ce que je voulais dire c'est : la parole des allistes est plus volontiers relayée que celle des parents autistes parce que ça permet une identification aux allistes. Je pense que c'est pas le seul facteur qui joue évidemment. Bref.
Je suis plutôt d'accord, j'ai pas trouvé le livre de Reynaud terriblement intéressant.

"Rien ne dit que ça n'a pas été fait" : comme on le dit dans la vidéo, si l'auteur trouvait ça important et l'avait fait, on peut gager qu'il aurait mis ça en avant plutôt que ses délires de défonce. Mais bon, vu son sens des priorités en général, on peut lui accorder le bénéfice du doute, oui.
Le problème de l'information et celui du consentement sont étroitement liés : on parle pas de consentement éclairé pour rien.
Manichéenne a écrit :Une fois encore, est-ce que le sujet du consentement serait traité de la même manière pour une pathologie autre ? C'est là aussi que le discours peut mener à renforcer la distinction entre médecine psy et médecine générale.
Si dans la BD il avait signalé que son fils est asthmatique et prend de la Ventoline, est-ce qu'il y aurait eu quelqu'un pour se demander si l'enfant est consentant et informé ?
Il ne mentionne pas verbatim la Ritaline, on peut effectivement supposer que c'est le médicament dont il parle, mais souvent c'est aussi des antipsychotiques qui sont prescrits aux enfants autistes.
Non, en effet, le sujet du consentement n'est pas traité de la même manière selon qu'on soit psychiatrisé-e ou non, parce que quand on est psychiatrisé-e on s'entend dire qu'on n'a pas toute sa tête même si on est hors crise et tout à fait conscient de ce qu'il se passe. Il y a une différence entre médecine générale et psychiatrie. La classification psychiatrique se base sur des trucs bancals une grande partie du temps. La validité scientifique d'une grande partie des classif est remise en question, notamment par des psychiatres (cf Allen Frances et ses critiques du DSM-5 par exemple).
En fait, si la Ventoline était un médoc qui risquait de mettre en péril la santé de quelqu'un au très long terme (nécessitant une dialyse par exemple), oui, je pense que ce serait intéressant de le dire. Cela dit, il me semble qu'il est impossible pour quelqu'un d'asthmatique de survivre sans Ventoline ? Le problème est donc différent.
Manichéenne a écrit :
Et alors, franchement. S'il faut attendre d'être parent pour l'ouvrir sur les maltraitances quand on a subi soi-même des maltraitances, où va-t-on.
Ce n'est pas ce que j'ai écrit. Merci de ne pas déformer mes propos.
Bah alors relis-toi avant d'écrire des messages passif-agressifs parce que ce que j'ai compris c'est "Tu parles de laisser la parole aux concerné-e-s mais tu parles de parentalité sans être parent, c'est hypocrite". C'est un peu facile de dire un truc, et quand quelqu'un réagit de répondre "Oh mais non tu déformes mes propos". Assume.

Par ailleurs, pour être clair-e. Je ne dis pas que c'est une maltraitance de donner à son enfant un traitement. Si tu t'es sentie personnellement attaquée je sais pas quoi te dire, ce que je disais n'a rien à voir avec ça. Je dis que la manière dont on présente la médication d'enfants mineurs gagnerait à être plus axée sur la discussion avec l'enfant, notamment la discussion autour des effets secondaires, du consentement, etc. Et je pense que cette remarque est générale : un enfant qui a besoin de médication pour un problème purement somatique, ce sera sans doute intelligent de lui expliquer les causes, les effets, et de l'encourager à discuter des effets secondaires s'il en a.
freeshost a écrit : Au fait, qu'entends-tu pas "parents allistes" ? Par allisme ?

Au fait, dans la vidéo, dcaius, tu portes la paire de lunette ou un chandail d'Iron Maiden ? Qui est l'autre personne ? :mrgreen:
Je rejoins tes remarques sur la question du mérite, je vois souvent une injonction à "compenser" pour les personnes handies.

Une personne alliste est une personne qui n'est pas autiste ! Le terme vient d'un texte satirique écrit par une personne autiste, lisible ici : http://www.fysh.org/~zefram/allism/allism_intro.txt

Je suis la personne à lunettes :)
Je suis une personne autiste de 26 ans.

http://dcaius.fr/blog

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Re: [BD] les petites victoires

#39 Message par olivierfh » vendredi 27 juillet 2018 à 13:22

dcaius a écrit :un texte satirique écrit par une personne autiste, lisible ici : http://www.fysh.org/~zefram/allism/allism_intro.txt
It is too early in the study of allism for precise diagnostic criteria to be agreed. However, the following symptoms are considered relevant.
In all cases, symptoms should be visible before age three years.
  1. marked reliance on the use of multiple nonverbal behaviours such as eye-to-eye gaze, facial expression, body postures, and gestures to express things that could readily be expressed verbally
  2. emotion echolalia (mirroring the emotional expressions of others)
  3. in play, a lack of curiosity about the physical properties of objects
  4. apparently inflexible adherence to specific nonfunctional social routines or rituals
  5. persistent preoccupation with emotionally expressive parts of people, especially faces
  6. a tendency to be distracted from one object or activity of interest by the parallel presentation of an alternative stimulus
Pas mal, ça fait penser aux critères du site ISNT (Institute for the Study of the Neurologically Typical, 1998). :lol:
(Bien sûr, "alliste" est pour plaisanter et "neurotypique" est déjà utilisé sérieusement.)
Ma présentation - HQI (11/2016), TSA de type syndrome d'Asperger (03/2017).
4 enfants avec légers traits Asperger, le cadet surtout, aucun diagnostic lancé.

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Re: [BD] les petites victoires

#40 Message par freeshost » vendredi 27 juillet 2018 à 13:25

Ça me fait penser au syndrome neurotypique. :lol:

Bon, pas sûr que j'emploierai régulièrement des termes comme alliste, déjà que je n'emploie pas beaucoup le mot neurotypique.
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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Re: [BD] les petites victoires

#41 Message par olivierfh » vendredi 27 juillet 2018 à 13:40

freeshost a écrit :Ça me fait penser au syndrome neurotypique. :lol:
C'est le même (traduction française de l'ISNT).
Ma présentation - HQI (11/2016), TSA de type syndrome d'Asperger (03/2017).
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Re: [BD] les petites victoires

#42 Message par misty » vendredi 27 juillet 2018 à 13:44

FH a écrit :À lire ta description, j'imagine un gars qui veut montrer qu'il est intégré et cool. La désirabilité sociale donne le sein au besoin d'appartenance. :lol: Ce qui est moins cool et plus désintégrant, c'est que ça donne l'impression qu'il attache plus d'importance à son capital social, qu'il croit, à tort, élever en exhibant son intégration à un groupe, et donc aux normes sociales de ce groupe, qu'aux ressentis et aux avis de son enfant. L'enfant, un outil de capitalisation sociale ?
C'est vraiment exactement ça. Ce qui renforce cette impression, c'est le discours en interview, comme la citation dont il a été question plus haut. Ce qui vient en 1er c'est le fait que son fils, à 13 ans, ait sa petite amie. Le discours n'est pas "il est heureux", mais "il colle à mes codes à moi" (= j'ai besoin d'un enfant qui peut plaire). L'importance qu'il accorde au regard des autres est flagrante, tant dans l'interview que dans la bd (il y a même une vignette où il se dessine en coq) .

Exemple cette vidéo (warning: il faut pouvoir supporter le côté "en cachette", et d'autres couleuvres dures à avaler dont "il faut écouter les gens que je n'ai pas écoutés" :? ):


Je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle avec une autre bd à thème "vécu parental", même si le thème est différent (trisomie). C'est Ce n'est pas toi que j'attendais, de F.Toulmé. En plus du titre que je trouve vraiment excellent et très touchant de sincérité, la bd est truffée de détails précis, qui dégagent une authenticité totale à mes yeux. L'inverse de ce que j'ai ressenti en lisant les "victoires". Et c'est celle là que je voudrais voir adaptée en film.

De manière générale, il y a ces derniers temps un "lâcher d'autistes" en littérature. Le rôle prépondérant reste celui de faire-valoir: dans un roman qui rencontre un très grand succès actuellement, il y a un petit garçon autiste qui permet à l'héroïne, mère d'une gamine, de s'entendre servir des "votre fille doit être exceptionnelle, d'habitude il ne laisse pas les gens approcher" et autres friandises sucrées. On est contents pour elles, mais le gamin, à part son papa-très-courageux-qui-fait-des-choix courageux (lui, il a quelques lignes), c'est un détail insignifiant, qui hurle juste de temps en temps pour montrer à quel point il est "sauvage" :roll: .
dcaius a écrit :Hésite pas à laisser un commentaire sous la vidéo pour développer tout ça.
Heu oui mais non :mryellow: Si tu veux reprendre une vision que j'ai exprimée c'est ok, par contre youtube et les réseaux sociaux ce n'est pas mon truc du tout.

Au sujet de l'idée de parler de la parentalité sans être parent, je ne pense pas immédiatement à l'hypocrisie mais surtout au fait que la possibilité d'être écouté et pris au sérieux est (très) moindre en tant que non-concerné. J'ai un peu "pratiqué" certains milieux de parents d'autistes, et souvent c'est la mise au tapis d'entrée, dans ce cas. Les retours qui sont faits peuvent être envisagés de manière constructive, aussi.
*Diag TSA*

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Re: [BD] les petites victoires

#43 Message par freeshost » vendredi 27 juillet 2018 à 13:52

Ah ! Oui ! Je ne retrouvais plus la page. Marrant, ce site (l'ISNT). :mrgreen:

En ce qui concerne le partage des vidéos en ligne, il y a PeerTube. [Je n'ai pas essayé car je ne fais pas de vidéos, éventuellement de cascades lors de mes pérégrinations touristiques.]
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Re: [BD] les petites victoires

#44 Message par Manichéenne » vendredi 27 juillet 2018 à 14:50

dcaius a écrit :Je trouve qu'une grande partie de ton message relève de chipoter sur la manière dont je dis les choses et ça me fatigue passablement donc je vais pas répondre à tout en détail.
Oui, je sais que je m'exprime mal, et que quand j'essaie d'être moins brusque et directe on m'accuse de chipoter et d'avoir une communication passive-agressive.
Moi aussi je fais l'effort de ne pas reprendre tout ce que tu dis.
En gros ce que je voulais dire c'est : la parole des allistes est plus volontiers relayée que celle des parents autistes parce que ça permet une identification aux allistes. Je pense que c'est pas le seul facteur qui joue évidemment. Bref.
C'est ton avis, pas le mien, tu l'affirmes comme si c'était une vérité.

Je n'aime pas ton utilisation de "allistes" qui me rappelle les dérives de l'utilisation de "NT" auparavant sur ce forum. La modération (pas moi) avait dû faire une mise au point.
Regrouper des gens en groupe selon des caractéristiques, et surtout en deux groupes opposés à grand renfort de généralisation, ça ne fait pas avancer.
Il y a des gens sympas/compétents/respectueux et d'autres qui ont une grosse tendance à la discrimination, chez les autistes et les non autistes

"Rien ne dit que ça n'a pas été fait" : comme on le dit dans la vidéo, si l'auteur trouvait ça important et l'avait fait, on peut gager qu'il aurait mis ça en avant plutôt que ses délires de défonce. Mais bon, vu son sens des priorités en général, on peut lui accorder le bénéfice du doute, oui.
Tu tombes dans le procès d'intention, et c'est ça qui nuit à ton message à mon avis.
Le problème de l'information et celui du consentement sont étroitement liés : on parle pas de consentement éclairé pour rien.
Oui, mais tu utilises régulièrement un terme à la place de l'autre, alors qu'il n'y a une implication entre les deux qui n'est pas bijective.
Donc tu reproches ouvertement aux parents de ne pas tenir compte du consentement d'un enfant qui ne peut l'exprimer, alors qu'en fait tu voulais seulement qu'ils l'informent.

Non, en effet, le sujet du consentement n'est pas traité de la même manière selon qu'on soit psychiatrisé-e ou non, parce que quand on est psychiatrisé-e on s'entend dire qu'on n'a pas toute sa tête même si on est hors crise et tout à fait conscient de ce qu'il se passe.
Pour le TDAH, c'est l'inverse : on s'entend dire qu'il ne faut surtout pas prendre/donner de traitement parce que c'est vouloir changer la personne, prendre des risques, abuser de la chimie pour un enfant qui bouge beaucoup comme tous les enfants, etc.
Le TDAH est nié, contrairement à la majorité des troubles psy qui mènent directement à la psychophobie.
Alors moi je trouve que c'est un des rares trucs positifs que j'entends sur cette BD : il considère que le TDAH n'est pas un simple trait de personnalité et qu'il peut aider son enfant pour ça.
Bien sûr que je m'oppose à sa manière de forcer son fils à "surmonter" l'autisme. Mais il ne faut pas tout jeter pour autant.

En fait, si la Ventoline était un médoc qui risquait de mettre en péril la santé de quelqu'un au très long terme (nécessitant une dialyse par exemple), oui, je pense que ce serait intéressant de le dire. Cela dit, il me semble qu'il est impossible pour quelqu'un d'asthmatique de survivre sans Ventoline ? Le problème est donc différent.
NON, le problème n'est pas différent.
Mon fils s'est mis en danger de mort des centaines de fois avant d'avoir son traitement.
Un TDAH majeur, c'est un enfant qui peut à n'importe quel moment se mettre à courir pour traverser une route à forte circulation, parce qu'il a vu un truc de l'autre côté. Il peut courir pour aller sur les rails du train parce qu'il en a vu un approcher. Il va monter se mettre debout sur le rebord de la fenêtre. Il va prendre un grand couteau pour jouer. Il va sauter depuis une hauteur sans vérifier ce qui est en bas (du verre). Il va oublier systématiquement chaque consigne et chaque mise en garde, et agir impulsivement sans jamais pouvoir réfléchir avant.
C'est ne pas pouvoir le laisser seul une minute pendant des années, être sur le qui-vive à chaque petite ballade de 10 minutes dans un village tranquille.
Mais comme c'est un trouble "psy", on se demande s'il en a vraiment besoin, on blâme les parents qui ne sont pas capables d'élever un enfant, on critique la surmédication, la mode américaine, on accuse de filer des calmants ou des drogues.
Pour l'asthme, c'est vrai que tout le monde sait que c'est dangereux et que la Ventoline n'a aucun effet indésirable et s'administre sans difficulté.
Pour le TDAH, les gens n'en savent rien, mais critiquent.
Pour d'autres maladies, dont les traitements ont des effets secondaires importants, personne ne se pose la question. Un enfant qui subit une chimio pour un cancer, il me semble que personne ne se pose la question de l'information ou du consentement.
Pour une dépression, qui est une maladie potentiellement mortelle et en tout cas très handicapante et cause de souffrances importantes, on dit aux gens de se bouger, mais de ne pas voir un psy ni prendre de traitement parce qu'ils "ne sont pas fous".
Alors moi, c'est là aussi que je dénonce la différence entre troubles psy et les autres. Pas seulement sur la surmédication, mais sur la difficulté à faire reconnaître qu'un traitement est tout aussi valable, une maladie toute aussi réelle et grave quand elle est "dans la tête".
Il y a cette contradiction apparente entre les gens qui ont un pied dans le système psychiatrique et se voient prescrire des traitements lourds parfois inadaptés, et ceux qui auraient bien besoin d'aide mais à qui on refuse la réalité de leur trouble.
Manichéenne a écrit :
Et alors, franchement. S'il faut attendre d'être parent pour l'ouvrir sur les maltraitances quand on a subi soi-même des maltraitances, où va-t-on.
Ce n'est pas ce que j'ai écrit. Merci de ne pas déformer mes propos.
Bah alors relis-toi avant d'écrire des messages passif-agressifs parce que ce que j'ai compris c'est "Tu parles de laisser la parole aux concerné-e-s mais tu parles de parentalité sans être parent, c'est hypocrite". C'est un peu facile de dire un truc, et quand quelqu'un réagit de répondre "Oh mais non tu déformes mes propos". Assume.
J'assume, tu déformes mes propos. Je te dis que tu n'as pas à parler à la place des parents, et tu dérives sur la maltraitance alors que ce n'était pas dans mon message.
Par ailleurs, je te prierai de te baser sur le fond de mon message et d'éviter de juger la forme, surtout si tu n'es pas plus capable que moi de maîtriser le ton que tu emploies.
Par ailleurs, pour être clair-e. Je ne dis pas que c'est une maltraitance de donner à son enfant un traitement.
Non, tu dis que c'est une maltraitance de ne pas s'assurer de son consentement. En partant d'un exemple où il est probable que l'enfant ne peut pas le donner.
Alors peut-être que j'aurai dû naturellement comprendre qu'il ne s'agissait pas de consentement mais de discussion et d'information. Pour moi un terme ne remplace pas un autre, et s'il y avait un implicite je ne l'ai pas compris.
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Re: [BD] les petites victoires

#45 Message par dcaius » vendredi 27 juillet 2018 à 15:36

Manichéenne a écrit :
dcaius a écrit :En gros ce que je voulais dire c'est : la parole des allistes est plus volontiers relayée que celle des parents autistes parce que ça permet une identification aux allistes. Je pense que c'est pas le seul facteur qui joue évidemment. Bref.
C'est ton avis, pas le mien, tu l'affirmes comme si c'était une vérité.
Ok, vu.
Manichéenne a écrit :Je n'aime pas ton utilisation de "allistes" qui me rappelle les dérives de l'utilisation de "NT" auparavant sur ce forum. La modération (pas moi) avait dû faire une mise au point.
Regrouper des gens en groupe selon des caractéristiques, et surtout en deux groupes opposés à grand renfort de généralisation, ça ne fait pas avancer.
Il y a des gens sympas/compétents/respectueux et d'autres qui ont une grosse tendance à la discrimination, chez les autistes et les non autistes
... Alors là pour le coup c'est vraiment de l'interprétation de mes propos. Faire un constat sur des phénomènes sociaux =/= faire une attaque ad hominem sur chaque individu appartenant à un groupe.
On se permet de nous pathologiser et de nous désigner avec "troubles autistiques" et autres. Personnellement je ne considère pas que les autres soient malades mais j'aime bien donner un nom précis à ce dont je parle pour éviter les confusions, d'où le terme "alliste". En rien je ne sous-entend que chaque personne alliste est à diaboliser. J'ai des ami-e-s allistes, blablabla. En fait je suis un peu éberluée de devoir enfoncer cette porte ouverte de "tou-te-s les allistes ne sont pas des tortionnaires malveillant-e-s". Bientôt je vais devoir préciser que j'apprécie la compagnie de certains hommes parce que j'ai abordé des thèmes féministes ? Franchement je suis blasée. Evidemment qu'il y a des gens respectueux et réfléchis et le contraire un peu partout. D'ailleurs, il y a des personnes autistes avec qui je suis en fort désaccord politique. Bref. Je n'ai jamais utilisé alliste comme une insulte. Je ne suis pas responsable du fait que les gens soient sur la défensive par rapport à ça.
Manichéenne a écrit :
"Rien ne dit que ça n'a pas été fait" : comme on le dit dans la vidéo, si l'auteur trouvait ça important et l'avait fait, on peut gager qu'il aurait mis ça en avant plutôt que ses délires de défonce. Mais bon, vu son sens des priorités en général, on peut lui accorder le bénéfice du doute, oui.
Tu tombes dans le procès d'intention, et c'est ça qui nuit à ton message à mon avis.
Mokay, j'entends la critique mais je reste sur mes positions sur ce point précis, je trouve que ses priorités sont moisies et que le message qu'il fait passer pourrait être plus réfléchi.
Manichéenne a écrit :
Le problème de l'information et celui du consentement sont étroitement liés : on parle pas de consentement éclairé pour rien.
Oui, mais tu utilises régulièrement un terme à la place de l'autre, alors qu'il n'y a une implication entre les deux qui n'est pas bijective.
Donc tu reproches ouvertement aux parents de ne pas tenir compte du consentement d'un enfant qui ne peut l'exprimer, alors qu'en fait tu voulais seulement qu'ils l'informent.
... Je crois avoir exprimé suffisamment clairement ce qui était important pour moi à ce niveau-là, franchement, flemme de revenir dessus. Pour toute prise de médicament je pense que la personne qui les prend doit être impliquée dans le processus de décision le plus possible, et impliquée dans des discussions afin que ça soit bien vécu et que des effets secondaires puissent être remarqués si besoin.
Non, en effet, le sujet du consentement n'est pas traité de la même manière selon qu'on soit psychiatrisé-e ou non, parce que quand on est psychiatrisé-e on s'entend dire qu'on n'a pas toute sa tête même si on est hors crise et tout à fait conscient de ce qu'il se passe.
Pour le TDAH, c'est l'inverse : on s'entend dire qu'il ne faut surtout pas prendre/donner de traitement parce que c'est vouloir changer la personne, prendre des risques, abuser de la chimie pour un enfant qui bouge beaucoup comme tous les enfants, etc.
Le TDAH est nié, contrairement à la majorité des troubles psy qui mènent directement à la psychophobie.
Alors moi je trouve que c'est un des rares trucs positifs que j'entends sur cette BD : il considère que le TDAH n'est pas un simple trait de personnalité et qu'il peut aider son enfant pour ça.
Bien sûr que je m'oppose à sa manière de forcer son fils à "surmonter" l'autisme. Mais il ne faut pas tout jeter pour autant.

Manichéenne a écrit :
En fait, si la Ventoline était un médoc qui risquait de mettre en péril la santé de quelqu'un au très long terme (nécessitant une dialyse par exemple), oui, je pense que ce serait intéressant de le dire. Cela dit, il me semble qu'il est impossible pour quelqu'un d'asthmatique de survivre sans Ventoline ? Le problème est donc différent.
NON, le problème n'est pas différent.
Mon fils s'est mis en danger de mort des centaines de fois avant d'avoir son traitement.
Un TDAH majeur, c'est un enfant qui peut à n'importe quel moment se mettre à courir pour traverser une route à forte circulation, parce qu'il a vu un truc de l'autre côté. Il peut courir pour aller sur les rails du train parce qu'il en a vu un approcher. Il va monter se mettre debout sur le rebord de la fenêtre. Il va prendre un grand couteau pour jouer. Il va sauter depuis une hauteur sans vérifier ce qui est en bas (du verre). Il va oublier systématiquement chaque consigne et chaque mise en garde, et agir impulsivement sans jamais pouvoir réfléchir avant.
C'est ne pas pouvoir le laisser seul une minute pendant des années, être sur le qui-vive à chaque petite ballade de 10 minutes dans un village tranquille.
Mais comme c'est un trouble "psy", on se demande s'il en a vraiment besoin, on blâme les parents qui ne sont pas capables d'élever un enfant, on critique la surmédication, la mode américaine, on accuse de filer des calmants ou des drogues.
Pour l'asthme, c'est vrai que tout le monde sait que c'est dangereux et que la Ventoline n'a aucun effet indésirable et s'administre sans difficulté.
Pour le TDAH, les gens n'en savent rien, mais critiquent.
Pour d'autres maladies, dont les traitements ont des effets secondaires importants, personne ne se pose la question. Un enfant qui subit une chimio pour un cancer, il me semble que personne ne se pose la question de l'information ou du consentement.
Pour une dépression, qui est une maladie potentiellement mortelle et en tout cas très handicapante et cause de souffrances importantes, on dit aux gens de se bouger, mais de ne pas voir un psy ni prendre de traitement parce qu'ils "ne sont pas fous".
Alors moi, c'est là aussi que je dénonce la différence entre troubles psy et les autres. Pas seulement sur la surmédication, mais sur la difficulté à faire reconnaître qu'un traitement est tout aussi valable, une maladie toute aussi réelle et grave quand elle est "dans la tête".
Il y a cette contradiction apparente entre les gens qui ont un pied dans le système psychiatrique et se voient prescrire des traitements lourds parfois inadaptés, et ceux qui auraient bien besoin d'aide mais à qui on refuse la réalité de leur trouble.
Je vois, je pense que j'avais en tête le fait que théoriquement, il est davantage possible d'aménager un environnement pour un souci de TDAH que pour un souci d'asthme, mais en fait c'est pas très pragmatique de ma part. Merci pour cet éclairage et mes excuses pour le raccourci de ma part.
Pour ce qui est de la différence entre troubles psy et les autres soucis de santé, je vois ce que tu veux dire je crois, mon intention n'était absolument pas de minimiser le handicap que cela peut constituer -- j'en sais quelque chose. C'est plus l'autorité des institutions psychiatriques, leur crédibilité d'un point de vue scientifique et d'un point de vue efficacité de certains soins (notamment quand c'est basé sur une coercition retraumatisante) que je remets en question. Mais on est d'accord que minimiser les TDAH ou autre souci sous prétexte que c'est "dans la tête", c'est aberrant, et c'est pas du tout mon propos. Je comprends mieux ce que tu disais précédemment.
Manichéenne a écrit :J'assume, tu déformes mes propos. Je te dis que tu n'as pas à parler à la place des parents, et tu dérives sur la maltraitance alors que ce n'était pas dans mon message.
Par ailleurs, je te prierai de te baser sur le fond de mon message et d'éviter de juger la forme, surtout si tu n'es pas plus capable que moi de maîtriser le ton que tu emploies.
Mokay, je comprends que tu réagissais au fait que j'aborde le sujet des maltraitances. Pour moi ça allait de pair, parce que c'est pour ça qu'on a fait la vidéo. On a souligné qu'il y a des éléments qui nous paraissaient ok et d'autres qui étaient dangereux (forcer l'enfant à faire un câlin, déplacer les meubles à son insu). Pour moi, encourager un enfant à céder à un contact physique sous prétexte que ça nous fait plaisir, c'est placer un précédent dangereux pour son avenir et c'est de la maltraitance. Déplacer des meubles pendant qu'il dort pour le déstabiliser délibérement sans lui expliquer quoique ce soit, pareil.
Cela étant dit, je suis tout à fait d'accord que les parents seront plus pertinents que moi sur certains points (par exemple les TDAH comme tu en parlais plus haut), ou en tous cas apporteront un éclairage nécessaire. J'ai d'ailleurs proposé de relayer anonymement la parole de parents s'iels le souhaitaient. Après, bah, je prétends pas tout savoir, mais je vais pas éviter de donner mon avis sur une parentalité dysfonctionnelle juste parce que je ne suis pas moi-même parent. Sur ce sujet je me positionne en tant que concerné-e de l'autre côté (des enfants).
Manichéenne a écrit :
Par ailleurs, pour être clair-e. Je ne dis pas que c'est une maltraitance de donner à son enfant un traitement.
Non, tu dis que c'est une maltraitance de ne pas s'assurer de son consentement. En partant d'un exemple où il est probable que l'enfant ne peut pas le donner.
Alors peut-être que j'aurai dû naturellement comprendre qu'il ne s'agissait pas de consentement mais de discussion et d'information. Pour moi un terme ne remplace pas un autre, et s'il y avait un implicite je ne l'ai pas compris.
[/quote]

Je pense que j'étais probablement pas suffisamment clair-e là-dessus, au temps pour moi. Je pense que c'est important de chercher le consentement de la personne le plus possible,, de discuter et d'informer, oui. Je pose la question de si ça a été fait à ce moment-là, parce que globalement l'auteur est super centré sur lui-même et ne demande pas beaucoup son avis à l'enfant.

(Bon, par ailleurs, mes excuses si j'étais très sec-he, je fatigue et j'ai sans doute répondu assez impulsivement par moments.)
Je suis une personne autiste de 26 ans.

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