[Écriture] Les enfants sauvages d'Asperger

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#1 Message par chill out » mardi 8 janvier 2019 à 0:24

Parce que l'écriture me compose intrinsèquement et parce que j'ai commencé cette série il y a plus de 10 ans et qu'elle est toujours en cours, je publierais ici l'intégralité des contes & légendes sur un thème qui me tient à coeur...
27 contes & légendes à ce jour avec d'autres en cours d'écriture qui viendront se rajouter...

Un texte chaque jour ou de temps en temps...
A suivre sur ce fil ou sur Facebook avec un peu d'avance...

L’ARAIGNÉE DU DESTIN

Un jour ici, un jour ailleurs, il n’est jamais dans l’instant, jamais dans le présent.
A la recherche d’un monde meilleur, d’un parfait univers, d’une terre promise, son esprit vagabonde inlassablement au gré des failles qui s’entrouvrent çà & là.
Perpétuel voyageur, infatigable chercheur de la flamme jadis perdue, jamais il n’abandonne.

Éperdument amoureux des mots, il tisse sur des pages vierges des messages qu’il dissémine, qu’il perd volontairement avec le fol espoir que l’un d’eux trouvera son chemin.
Des chemins de traverses, des sentiers improbables, des montagnes infranchissables, rien ne l’arrête, ne le décourage, ne le ralentit dans sa quête.
Voyageur au long cours, capitaine d’un navire parcourant les mondes connus, les terres inhabitées, les océans agonisants, il observe et guette une musique, une voix, un mot, un songe, une pensée, que sais-je encore… Un signe peut-être… Peut-être plus…

L’araignée du destin, seule compagne de ce navigateur, étire son fil de soie, parfois le casse mais toujours recommence.
L’abandon lui est inconnu tant son espoir est grand de tisser le fil absolu.
Ce fil de vie qui, au soir de son périple sera composé d’une multitudes d’instants, de sourires, de regards, de caresses, de rires enfantins et d’une union parfaite que deux êtres auront su composé par l’unique désir de s’aimer encore et toujours.

Quelque part, un autre fil de soie s’étire…
Une araignée du destin, seule compagne d’une navigatrice est à l’œuvre…
Je suis un enfant sauvage d'Asperger... Diagnostiqué à 47 ans.

Il est des personnes dont le seul talent est la normalité et d'être semblable au plus grand nombre...
Je n'ai de talent que celui d'être différent et de ne vouloir ressembler à personne...

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#2 Message par chill out » mardi 8 janvier 2019 à 19:33

L’ARBRE DE VIE

Les fils de soies de l’araignée du destin s’étirent seuls dans une direction inconnue…
Étrange sensation pour cette navigatrice, évidence naissante pour ce navigateur…
L’araignée du destin tisse encore et toujours sans jamais prendre de repos, tout au contraire.
Elle redouble d’effort, tisse des liens plus solides encore tandis que ces capitaines au long cours observent ce ballet de fil de soie.

Mille vagues, mille obstacles de pensées se dressent devant leurs navires mais ils font face, ils s’obstinent tous deux sans vouloir renonce, malgré les peurs naissantes qui les animent…
Deux amoureux de l’existence possédant une partie de l’arbre de vie qu’ils nourrissent de l’amour qu’ils portent à leur univers des possibles.

Long est ce chemin qui va les mener l’un à l’autre…
Longue est cette route de l’impossible pour rejoindre l’île ou leurs navires viendront s’échouer afin que ces deux êtres, navigateurs de l’impossible puissent enfin se retrouver…

Deux êtres imparfaits qui jamais n’auraient dû se séparer lors de la naissance de l’arbre de vie.
Deux êtres sensibles à la vie, à leur âme, vivant en hyper-conscience sur le point de revenir sur la terre où jadis naquit l’arbre de vie.
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#3 Message par chill out » mercredi 9 janvier 2019 à 22:17

L’ÎLE DE LA SÉRÉNITÉ

Le navire, toutes voiles dehors, file sur l’océan des mille univers…
Affrontant les tempêtes les plus terribles, les souffles de mille morts, le capitaine jamais ne se détourne de son cap.
Loin devant, une lueur éclaire l’horizon…
Les hommes raisonnables ne voient que la lumière du soleil mais lui sait…
Il distingue parfaitement cette aura qui se dessine dans ce lointain parfois si proche mais qui, toujours s’éloigne pour ne jamais être atteint.

À l’impossible nul n’est tenu parait-il…
Cet impossible, il le vaincra, il l’atteindra…
De par sa volonté, sa force, cette puissance qu’il fera émerger du plus profond de son âme, de son être, il fera toujours un pas de plus.
Renoncer serait accepté que la mort décide de son sort…
Sa vie lui appartient, son âme aussi, jamais il ne renoncera, d’une pichenette, il repousse cette idée…

Mille déferlantes tentent parfois de le faire sombrer mais jamais assez puissantes pour avoir raison de lui…
Mille souffrances parfois l’assaillent mais jamais suffisamment mortelles pour le faire sombrer…
De fausses utopies, parfois apparaissent sur sa route mais jamais assez réelles pour le détourner et le perdre définitivement…

Que d’épreuves inutiles pour l’empêcher d’atteindre le sens de la vie, que de mots inutiles prononcés pour lui faire détourner le regard…
Vaines croyances que d’imaginer l’empêcher d’avancer un seul instant et attendre qu’il cesse de lui-même son périple serait pure folie…

Il sait que le chemin sera sans doute éternel mais cela ne lui donne que l’envie de se battre toujours plus, tel un lion enragé dans une arène…
Cela ne fait que renforcer son désir de vivre pleinement, fougueusement, de parfois déchirer son enveloppe corporelle pour laisser hurler son âme au milieu de la nuit lorsque le navire franchit avec mille prouesses, les effleurements tranchants recouvrant la surface de l’eau…

Son destin se rapproche jour après jour…
Pas de chimères assez puissantes pour l’aveugler, briser son fil de pensée, annihiler ses espoirs, ses rêves, son utopie l’empêcher d’atteindre…
L’île de la sérénité…
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#4 Message par chill out » vendredi 11 janvier 2019 à 0:08

VOYAGEUR DU TEMPS

Naufragé des mondes, allongé au milieu de son radeau de fortune, sous le soleil brûlant d’une fin d’après-midi, le regard perdu aux confins de l’azur qui recouvre le toit du monde…
Ne sachant pas quel destin sera tien dans quelques jours, dans quelques heures, tu restes immobile, les bras en croix, les jambes écartés, le visage impassible…

Les vêtements en lambeaux, le corps blessé, ton âme toujours présente, intacte ne souffrant d’aucuns maux, ta volonté toujours tenace, ta rage de vivre encore présente…
Ton esprit voyage par-delà le visible, par-delà l’horizon, les mondes connus, les univers inconnus, toujours plus loin, toujours plus vite.

Cette île autrefois inaccessible lors de ton périple n’est aujourd’hui plus un but à atteindre.
La lutte contre les éléments est devenue inutile, ces hurlements contre les tempêtes jadis, n’ont plus lieu d’être…
La lutte est terminée et tu restes ainsi jusqu’à la nuit tombée, respirant à peine mais toujours vivant sur ce radeau de fortune…
Ton rêve vient de prendre fin, la nuit maintenant t’enveloppe et il est temps de quitter ce radeau… Dernier vestige de ton ancien monde.

Rassemblant tes dernières forces, tu te redresses et avances lentement vers le bord de cet amas de planches…
Encore un pas… Un seul et tout se terminera définitivement.
Avec une seconde d’hésitation, tu quittes ce qui était autrefois un puissant navire, un monde connu dans lequel tu naviguais avec force et détermination.

Refermant tes paupières à l’instant précis où tu franchis la frontière entre ton ancien monde et celui dans lequel tu t’apprêtes à t’enfoncer, le ciel se déchire lourdement dans un rugissement de tonnerre.

Te voilà maintenant sur L’île de la sérénité…
Un monde inconnu que tu prendras le temps de découvrir jour après jour, nuit après nuit.
Cette plage sera la frontière de ton nouvel univers et cette luxuriante forêt qui te fait face sera ton berceau… Pour cette première nuit…
Ton destin s’accomplit maintenant…
Va ! Files, voyageur du temps !
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#5 Message par chill out » samedi 12 janvier 2019 à 13:13

TRIPTYQUE (enfant, âme, Utopie)

L’été est passé depuis le naufrage de ce voyageur du temps
Nous sommes encore en automne, l’hiver ne sera là que dans un mois mais le froid est déjà mordant.
Il est de ces journées où l’impensable peut arriver.
La fin du monde pourrait survenir dans l’instant que la journée n’en serait pas moins belle.
Un de ces jours sans fin ou le temps peine à avancer, où chaque instant courbe sous le poids de l’âge du monde.

Il avance, cet homme sans nom, sans passé, sans avenir, incapable de vivre le présent, il avance dans le froid mordant de l’automne.
Le vent souffle. Froid, glacial, inexorable, cet automne présage peut-être d’un hiver venu d’un autre temps, d’une autre époque.

Cet homme en apparence dont l’esprit n’a jamais fait partie de cette humanité marche lentement comme n’importe quel autre humain ici-bas.

Derrière ce regard, se trouve un enfant ayant l’âge du monde, un enfant sauvage, une âme brûlée vive, un exilé d’utopie.
Chaque journée le rapproche de son but, une arche, un monde en construction dont il est le dessinateur.

Peu à peu, il permet à son enfant de goûter à la liberté pour ne plus avoir peur de grandir,
Peu à peu, il panse les plaies de son âme,
Peu à peu, il reconstruit Utopie.
Il le façonne, agrandit son univers des possibles, une projection astrale qui prend forme, se solidifie afin de devenir une réalité que son regard peut enfin contempler.

Mais tout ceci pourrait prendre fin en une fraction de seconde si l’imperfection venait à apparaître car de son seul désir, il reste l’unique architecte de ce destin qu’il tient entre ses mains.
Faire fuir l’enfant sauvage, raviver le bûcher, anéantir Utopie, ne serait que trop facile, ne sera peut-être un jour, qu’une réalité lorsque le but sera atteint.
Que serait cet enfant, cette âme, Utopie sans mère nourricière, sans Muse, sans partage.

Aussi loin que porte son regard, il garde l’espoir.
Sa Muse est en chemin…
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#6 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:20

ÉVOLUTION

L’astre solaire est au zénith de l’île située à la verticale de cette sphère flamboyante.
Nuls endroits n’est à l’abri de cette chaleur assourdissante et implacable.
Installé sur cette terre depuis plusieurs années après un heureux naufrage, il construit son utopie.
Créateur de monde, il érige le centre de l’univers au centre cette terre.
Le point zéro…

Composée de verre, cette tour infinie se zèbre de végétation.
Le centre de cette ligne verticale concentre le sens de sa vie.
Une énergie vitale aussi pure qu’une particule élémentaire.

Fougueux, passionné et doté d’une force de vie défiant la mort en chaque instant, il construit toujours plus haut cet arbre de vie.
Cette croissance sans limite destinée à ne vivre qu’un éphémère instant de vie est visible au-delà de l’océan mais inatteignable pour le commun des mortels.
Cette lueur qui s’échappe de son sommet reste visible par-delà les nuits les plus sombres.
Utopie longtemps érigé comme un rêve de fou existe de par son désir le plus absolu d’évolution.
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#7 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:20

RENAISSANCE

Trois longues et interminables années se sont écoulées depuis son arrivée sur cette île et Utopie prend forme au-delà de son esprit.
La vie se développe autour de la tour de verre.
Faune et flore s’épanouissent et se diversifie sans cesse au fil des saisons.
Le centre de l’île se compose d’une plate-forme circulaire recouverte d’un fin duvet de sable blanc immaculé et le sommet de la tour dont la lueur est toujours aussi flamboyante se désagrège lentement.
Les atomes s’étiolent peu à peu dans l’air environnant pour venir se déposer autour de la structure et prendre une nouvelle forme.

À mesure que la distance s’amenuise, l’assemblage qui autrefois fut l’incarnation de la perfection se craquelle, vieillit comme un arbre sur le point de s’éteindre.
Toujours aussi haut dans le ciel sombre des nuits les plus obscurs, l’édifice ne chancelle pas.
Son créateur assis au chevet de ce malade qui meurt peu à peu pour se transformer à ses pieds n’éprouve nulle tristesse de voir son œuvre se faner ainsi.

Trois années d’une longue attente pour enfin voir ce jour arriver avec tant de grâce.
Le terme de ce long voyage débuté par-delà les océans agonisants et les terres hostiles ne fût pas vain.
Ces araignées du destin qui depuis toujours tissaient leur fil de soie sans jamais abandonner, avaient cessées leur tâche.

Flamboyante lueur qui soudain, meurt en silence, associé au fracas de l’arbre de vie qui disparaît en nuage de poussière à mesure qu’il meurt à son tour.
Le duvet de sable s’est enrichi de la dernière particule élémentaire.
Il n’est plus rien à attendre, plus rien à espérer, à croire…

Dans un dernier élan, il s’enfonce dans le sable de cette plage foulé par son radeau.
Le bois craquelle, gémit puis s’apaisa soulagé par le sol meuble…
Le second navire tant attendu avait terminé sa quête à son tour et la distance qui les séparait n’était plus qu’un lointain souvenir.
Ces deux navigateurs de l’impossible s’étaient enfin retrouvés…

Deux êtres imparfaits qui jamais n’auraient dû se séparer lors de la naissance de l’arbre de vie.
Deux êtres sensibles à la vie, à leur âme, vivant en hyper-conscience revenu sur la terre où jadis naquit l’arbre de vie.
Ce lieu était marqué par les renaissances de ce duvet de sable blanc et de cette particule élémentaire qui s’érigeait à intervalles irréguliers en végétal mêlé de verre…

Un nouveau chapitre d’une existence commune s’ouvrait devant eux…
Les araignées du destin avaient accompli leur œuvre et pouvaient maintenant s’éteindre sereinement…
Cette plage est la frontière de leur nouvel univers et cette luxuriante forêt qui leur fait face sera leur berceau… Pour cette première nuit…
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#8 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:21

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE NOTRE VIE

L’histoire touche enfin à son terme après un périple qui aurait pu mille fois leur coûté la vie…
Tant d’années d’efforts, tant de croyances vaines, de fausses utopies, de rêves brisés, de douleurs pour vivre cette unique journée…
Cela valait-il vraiment la peine de passer la moitié d’une existence à espérer et à croire pour vivre cette simple journée ?
Renoncer n’aurait pas été honteux. Tant de femmes et d’hommes ont déposés les armes avant eux qu’ils auraient simplement rejoint la cohorte des anonymes…

Venus au monde dans deux univers différents, le destin avait prévu pour eux des fils de vies qui ne devaient jamais se croiser…

Que la gardienne du destin de l’humanité prenne plaisir à tisser des fils de vie à l’aide des araignées par jeu ou par soucis d’équilibre, il est parfois des fils qui s’envolent de l’écheveau et qui se renforcent pour ne plus pouvoir être brisés…
La gardienne se contente donc d’un simple coup de ciseaux avant que ceux-ci n’apparaissent sur le rouet.

Cette unique journée durant laquelle, se formait un infime mais indestructible fragment de roche semblable au métal n’était que le commencement d’une formidable épopée…

Aux regards des cohortes d’anonymes, ils n’étaient que des humains mais à leurs regards qui se croisaient avec tendresse, ils composaient déjà une mélodie commune.
Des pas côte à côte, des regards complices, des sourires entendus, une salle puis une autre avant de se rejoindre dans l’une d’entre elles…
Des regards qui se frôlent avec plus d’intensité, des mains qui s’effleurent avec une infinie tendresse, des doigts qui s’entrelacent, se serrent… toujours plus intensément…
Présent à cet instant précis, leurs fils de vies se sont entremêlés à jamais…

Virevoltant dans la pièce sous le regard de la gardienne du destin manipulant avec dextérité son rouet et son écheveau, ces fils du destin ne font plus qu’un, se contractant toujours plus sous l’intensité de cette passion inextinguible qui unit ces deux êtres.
Ces fils de soies d’une étincelante transparence qui fusionnent s’obscurcissent dans un éclat lumineux toujours plus intense.
Peu à peu, cette leur devient assourdissante par tant d’éclat pour former une matière nouvelle…
Un infime mais indestructible fragment de roche semblable au métal…
La fusion se termine et ce fragment créé forme désormais deux pierres distinctes…
Chacun d’eux portant en son sein, l’essence de vie de cette union avec une promesse commune…
Aujourd’hui, le premier jour du reste de notre vie…
Disparaissant dans l’obscurité, ils sont désormais seuls au monde…
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#9 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:21

AUTISTAN

Elles avaient le désir d’entrer dans l’univers de cet enfant sauvage, de ce guerrier de paix en s’affichant comme faisant partie des 0,01…
Ne sachant quel langage employer, elles prononçaient des mots inaudibles, incompréhensibles et s’agitaient en tous sens…
Elles se peignaient des rayures pour donner l’illusion de la différence, s’agaçaient de l’épreuve quelles s’imposaient…

Des femmes faisant partie de l’humanité, de cette norme écrasante mais souhaitant entrer dans la forêt immuable des enfants sauvages…

Lorsque parfois, elles se retrouvaient dans cet univers de différence, l’enfant sauvage qui les avait accueillis avec bienveillance disparaissait le temps d’un battement de paupière, d’un battement de cœur…

Plus un bruit, plus d’éclairs lumineux, de chants d’oiseaux, de feulements félins…
Ne restait alors qu’un désert végétal sans vie…

Les enfants sauvages sont ainsi… Insaisissables, insensibles aux illusions, aux folles promesses non tenues…
Leurs vies sont composées de tellement de rêves et d’espoirs qu’ils leur suffisent de fermer les yeux pour disparaître dans l’instant…
Laissant parfois un abysse après leur départ, leurs traces sont visibles durablement dans l’esprit de celles et ceux qu’ils ont croisé, qu’ils ont touché du regard…

Des tatouages invisibles semblables à des souvenirs persistants d’une utopie effleurée mais à jamais perdue…

Ces êtres sont parmi vous au quotidien et peut-être en croisez-vous tous les jours sans en soupçonner l’existence…
Des enfants, des adultes aux particularités follement présentes…
Le regard toujours acéré, tous les sens en alertes, ils possèdent cette capacité à s’isoler au milieu de la foule…
À se rendre invisible en étant malgré tout follement présent…
Captant le moindre son, le plus infime détail, les modifications émotionnelles des personnes présentes, ils absorbent sans filtre, sans discontinuer…

Certains humains ont créés un monde pour tenter de les capturer, les enfermer, les étudier…
Ils ont nommé cette prison « Autistan », le monde des autistes…
Les enfants sauvages sont insensibles à ces murs, à ces mots qui enferment…
Possédant un esprit en perpétuelle expansion, ils sont libres et voyageurs…
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#10 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:22

GENÈSE DE L’ENFANT SAUVAGE

Il était un enfant sauvage…
Très éloigné de ce temps d’aujourd’hui, vivait un enfant sauvage…
La société des hommes se construisait peu à peu, les campements grandissaient, les hommes et les femmes se rassemblaient pour former de grandes communautés.

Au sein de l’un de ces villages naissant, vivait un enfant qui ne se distinguait pas des autres garçons et filles au premier abord.
Il grandissait au sein d’une nombreuse fratrie et jouait comme tous les autres enfants.
Lors de ces interminables journées, il fuyait parfois le campement, seul, pour rejoindre la forêt durant des heures et explorer cet univers alors inconnu.
Les jours, les semaines, les mois et les années passèrent ainsi, durant lesquels cet enfant passait de plus en plus de temps à s’enfuir du campement.

Ces explorations l’emportaient toujours plus profondément au sein de ce nouvel univers vierge de toute humanité.
Ne rentrant que de plus en plus rarement au sein de sa communauté, il devenait étranger parmi les siens, qui pourtant l’accueillaient toujours à bras ouvert.
Ce monde dans lequel, il avait vu le jour n’était plus le sien.

Il sentait au fond de son être que sa place n’était plus ici…
Elle ne l’avait jamais été car son esprit voyageait plus rapidement et toujours plus loin mais d’une manière différente.
Il passait le plus clair de son temps à observer ces hommes et ces femmes, ces us et coutumes sans parvenir à en comprendre le sens.
Il ne comprenait plus, raréfiant ses échanges avec le reste de sa communauté…
Il s’isolait au sein des rassemblements, formant une aura le protégeant de tous dangers.

Sa disparition, lorsqu’elle se produisit, ne fut pas remarquée…
Il avait disparu loin d’ici au sein de la forêt…
Son esprit s’était envolé dans un autre univers…
Ce corps toujours présent parmi les siens, en activité constante avec les autres membres de la communauté n’était plus qu’une enveloppe charnelle agissant pour donner l’illusion d’une présence…

Cet enfant sauvage avait fui la société des hommes pour construire un monde meilleur… Un univers des possibles…
Cet enfant sauvage grandissait dans un corps devenant celui d’un adulte tandis que son esprit voyageait toujours plus loin, toujours plus rapidement… Ailleurs… Vers un monde meilleur… Une Terre sur laquelle, il se sentirait chez lui…
Une quête infinie qui depuis des millénaires, s’est transmise sans un écrit, sans trace visible…

La société des hommes de nos jours n’a que peu évolué mais ces enfants sont pour certains devenus inaccessibles car ayant fui au delà des frontières de la compréhension…
L’humanité les a nommés Autistes…
Ils sont des enfants sauvages…
Libres et voyageurs…
Ils sont présent physiquement mais en perpétuels voyages aux confins de la forêt…
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#11 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:23

L’ENFANT SAUVAGE

Il était un enfant sauvage et avait foi en un monde meilleur…
Il s’endormait chaque nuit en imaginant tous les futurs possibles…
Le froid mordant des hivers et l’âpreté des canicules n’entamaient en rien sa croyance chevillée au corps.
Son regard sombre et tranchant comme la lame d’un glaive étaient le reflet de son cœur.
Un cœur protégé au sein d’une gangue de granit noir.
Un cœur animé par l’amour et la passion mais invisible au plus grand nombre qui ne voyait qu’un enfant sauvage fuyant la société des hommes…
Cet enfant faisait un seul et même rêve chaque nuit…

Il rencontrait une enfant sauvage, qui comme lui, aurait foi en un autre monde, un monde meilleur…
Une femme enfant éprise de liberté à la voix douce mais mortelle par la pointe de ses mots.

Deux écorchés vifs ayant pour seul but de se retrouver pour vivre intensément l’amour de la vie…
Tous deux prêts à mourir l’un pour l’autre, à s’aimer comme jamais, à se détester parfois pour l’éternité mais ne s’éloignant jamais plus loin qu’un regard…

Un amour impossible dans l’esprit des hommes et des femmes sans vies et sans âmes qui essaient de les attirer afin de les déposséder de cette humanité et de cette liberté qu’ils ont reçu à la naissance…

Elle était une enfant sauvage et avait foi en un monde meilleur…
Elle s’endormait chaque nuit en imaginant tous les futurs possibles…
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#12 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:23

ILS SONT PARMI NOUS

Depuis l’aube de l’humanité, ils sont présents dans toutes les ethnies de notre planète.
À jamais dissimulé du regard du plus grand nombre leur univers demeure inconnu.
Voyageant toujours plus loin, toujours plus vite, leur évolution est constante et leur différence perceptible par celles et ceux qui possèdent également une particule élémentaire…

Leur incapacité à vivre le moment présent pour vivre l’urgence de l’instant et le futur qu’ils anticipent déjà les conduits irrémédiablement trop près de leur soleil interne.
De leur nature, ils en ont puisé la volonté de trouver le sens de la vie et parfois le sens de leur vie au prix du sommeil dans lequel, l’humanité s’est plongé.
Refusant cet apaisement nocturne, préférant l’éveil permanent, ils n’acceptent jamais la compromission au dépend de leur folle liberté, de leur fougue, de leur nature profondément ancrée dans chaque cellule de leur être…

Attentifs au moindre son, au plus infime rayon lumineux, au souffle de vie, ils disparaissent aussi rapidement qu’un battement de paupières au moindre danger, s’éloignant toujours plus loin des sociétés humaines et de leurs conventions normatives.
Jadis chassés, enfermés, mis au ban, ils sont aujourd’hui capables de se fondre dans leur environnement et de disparaître au milieu d’une foule en agissant par mimétisme…

De leur existence éphémère, ils bâtissent l’édifice les reliant à leur particule élémentaire et se cherchent inlassablement les uns les autres afin de s’unir dans l’absolu tant leur foi est demeurée intacte au fil des millénaires.

Venus au monde au sein de communautés qu’ils ne rejoindront jamais, ils sont des enfants sauvages et de cette singularité, ils ont suscités parmi l’humanité, de la peur, de l’envie, du désir, de la curiosité, de la haine…
De l’éclat de leur regard dont on se souvient toujours, on ne devine que trop tardivement qu’ils sont libres et voyageurs et toujours top loin pour être de nouveau croisé un jour…
Je suis un enfant sauvage d'Asperger... Diagnostiqué à 47 ans.

Il est des personnes dont le seul talent est la normalité et d'être semblable au plus grand nombre...
Je n'ai de talent que celui d'être différent et de ne vouloir ressembler à personne...

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#13 Message par chill out » mercredi 16 janvier 2019 à 22:24

L’ENFANT DES RÊVES

Tandis qu’un cri déchirait les dernières heures de la nuit, l’orage assourdissant se déchaînait autour de lui tandis que les éclairs embrasaient le ciel d’encre…
De sa folle naissance et de ces premières heures de vie, son destin, en cet instant si frêle, ne serait qu’une nouvelle page dans le grand livre des enfants sauvages.
Le compte à rebours était lancé à une folle vitesse et l’araignée du destin avait commencé son ouvrage de soie avant même que sa conscience ne s’éveille pleinement…

Cette particule élémentaire présente en lui le condamnerait inexorablement à l’exil, loin des siens, des sociétés humaines et de la folie guerrière des hommes.
Sa naissance était programmée depuis la nuit des temps mais son existence demeurerait toutefois incertaine jusqu’à son terme.

D’un regard acéré porté sur le monde, d’un fil de vie aussi fragile qu’une aile de papillon, il marcherait en équilibre entre deux univers au-dessus des abysses d’Artémis et de cette existence incertaine, de cette chute inéluctable au terme de son voyage, chaque minute aurait le temps d’une vie humaine.

Ne renonçant jamais et abandonnant perpétuellement au cœur des étoiles, chaque seconde vécue, il marcherait d’un pas incertain en direction de la mortalité à l’opposé de sa naissance.
De cette vie aussi incertaine soit-elle, il ferait naître le chaos, modifierait le cours du temps, accomplirait quelques-uns de ses rêves les plus fous et apprendrait la bienveillance et le renoncement en guise de résilience.

Du rêve des enfants sauvages, il ne serait que l’un des nombreux bâtisseurs.
D’une folie consciente ne laissant que ruines, destruction et douleurs impardonnables dans l’esprit de celles qui lui porterait un amour sincère, il garderait une cicatrice pour chaque blessure infligée.
Une symbolique d’utopie souvent approchée et détruite aussitôt d’un battement de cils par l’unique souhait d’une perfection impossible à atteindre.

Ses années de passage d’un monde à l’autre seraient intensément vécues et de sa folie de naissance, de sa différence, il serait un prisonnier et un geôlier indifférent aux douleurs de son monde d’adoption dont il refuserait les dogmes, les religions et les prédicateurs préférant se consumant jusqu’à son dernier jour…
De la folie des hommes naît la violence et de la folie des enfants sauvages, leur disparition au regard scrutateur du plus grand nombre, de ces hommes et ces femmes invisibles à leur regard et à leur âme.

Au terme de l’achèvement de ses 25568 révolutions terrestre, de ses rêves inaccomplis, il ne regretterait rien en se blottissant au cœur d’une étoile mourante…
Il ne serait qu’un parmi d’autres qui l’avaient précédé depuis l’originel et de tous ceux qui prendraient naissance après son ultime disparition, il ne serait que l’enfant des rêves…
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#14 Message par chill out » lundi 21 janvier 2019 à 22:45

L’ENFANT DU PARADOXE

De toutes les naissances​ de l’humanité, il est parfois des enfants sauvages…
Descendance naturelle de l’originel, ils façonnent leur destinée pour développer une particule élémentaire qui les composera pour le reste de leur vie…
Dès sa naissance, il fut un enfant épris d’une folle liberté
Dès ses premières années, il entreprit de forger son univers loin de cette famille qui l’avait accueillie sur Terre.
Il ne développerait pas de particule élémentaire propre à son destin mais issue de toutes celles qui avaient été au cours des millénaires.
Il serait le lien entre tous, l’historien de ses prédécesseurs, un conteur hors pair, un être en quête d’absolu…
De son regard, il scrutait l’horizon, pénétrait l’esprit des humains, accumulait des connaissances en toutes choses, consumait tous les enfants sauvages qui restait à son contact trop longtemps…
Capable de la plus grande bienveillance​ et de la destruction des mondes sans frémir pour en créer de nouveaux, sa quête fut l’une des plus mortelles, des plus inaccessibles…
De toutes les âmes qui eurent le courage de l’approcher, il fut preuve de bienveillance mais sa nature était trop forte, trop intense pour ne pas effrayer…
De son univers trop complexe, il suscitait souvent rejet et crainte.
Approcher cet enfant sauvage avec désinvolture et quitter son univers avec légèreté menait irrémédiablement à devoir en accepter la dîme.
De sa colère, pouvait naître la damnation, la fureur et la condamnation éternelle…
Sa quête était trop intense pour qu’il accepte la duperie…
Le sablier qu’il portait à la ceinture lui rappelait le temps qui lui était compté.
Que sa présence sur Terre devait se terminer bientôt…
Cet objet offert par l’araignée du destin avant sa venue au monde lui avait prédit 70 années tumultueuses…
Que sa quête durerait sa vie entière et que son succès ne serait pas assuré…
Il portait en son sein, le meilleur de l’enfant du soleil mais également la violence de l’enfant du tonnerre, ainsi que les vies des enfants sauvages depuis l’originel.
Son arbre de vie, dysharmonique était à l’image de son existence.
Mutilé par endroit, vigoureux à d’autres, verdoyant parfois…
Un arbre de vie est toujours à l’image d’un enfant sauvage.
Certains s’épanouissent durant plusieurs générations tandis que d’autres portent les stigmates des combats menés durant l’existence.
Il est de coutume chez les enfants sauvages de se faire tatouer une symbolique de vie…
Un signe distinctif, voir un message existentialiste qui les​ représente.
La coutume veut qu’un enfant sauvage qui viendrait à perdre la vie sans avoir accompli ce rite au cours de sa vie soit déchu de son existence vécue.
Son araignée du destin détruirait dans l’instant son fil afin qu’il ne reste aucune trace de lui… Aucun souvenir dans l’esprit des hommes…
Cet enfant porterait au jour de son dernier souffle le symbole de ses paradoxes…
De son existence sur terre, il entreprit d’œuvrer à une encyclopédique répertoriant tous les siens au travers d’intenses récits fussent-ils trop court…
De sa folie destructrice naîtrait l’ouvrage d’une vie…
De sa pureté originelle d’enfant sauvage, il consacrerait à sa quête sa vie entière…
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#15 Message par chill out » mardi 12 février 2019 à 23:44

L'ENFANT QUI REGARDAIT AU DELÀ DES MIROIRS

Il était une fois, un enfant…
Un enfant qui ressemblait à tous les enfants du monde… Enfin presque…
Il était toujours souriant, toujours prêt à rire et jouait en rêvassant.
Construisant des cabanes dans les arbres et des nichoirs pour les oiseaux sur les arbres les plus hauts, il passait tout son temps libre à jouer seul dans la forêt qui se trouvait derrière la maison.

Et lorsqu’il n’était pas en train de jouer, de fabriquer des cabanes, des nichoirs, de sauter dans les flaques les jours de pluie et de construire bateaux pour les déposer sur la rivière traversant le village, il restait assis devant le grand miroir qui se trouvait dans le grenier.
Ce miroir était immense.
Orné d’un cadre en bois sculpté poussiéreux et en fer forgé rongé par la rouille, il avait rejoint cet endroit sombre depuis des lustres.
Ce grenier était immense et l’on pouvait trouver des objets de toutes sortes ayant appartenu à des générations d’enfants avant lui.
Et ce grenier immense n’était rien à côté des autres pièces de la maison.
Une maison gigantesque composée de trois étages et d’un nombre de pièce à n’en plus finir.
Cette maison se trouvait au beau milieu d’une clairière…
Une de ces maisons de bois que l’on ne trouve nulle part ailleurs.
Âgée de deux cent ans, elle avait vu passer des générations d’enfants et l’intérieur n’avait presque pas changé.
Une immense porte d’entrée en chêne, lourde comme un rocher et grinçante à souhait.
Un vestibule immense avec un lustre de verre scintillant qui impressionnait tous les visiteurs, des tableaux des membres de la famille ayant vécu dans cette grande demeure depuis sa construction à nos jours, des bibelots aussi étrange qu’envoûtant, des trophées de chasse d’animaux sauvage aujourd’hui disparu, un immense tapis aux couleurs chatoyante recouvrant un parquet de bois ciré comme au premier jour.
Plusieurs portes donnaient sur cet immense espace sur lequel les visiteurs étaient accueillis à leur arrivée.
Un salon, plusieurs bibliothèque remplis d’ouvrages inestimables et deux autres donnant sur de long couloirs munis d’autant d’issues menant vers d’autres pièces.
Et comme dans toutes les grandes bâtisses, un escalier majestueux faisant face à l’entrée.
Large à souhait, recouvert d’un immense tapis qui recouvrait chaque marche et se séparant en sens opposés à mi-hauteur.
C’était une grande maison familiale comme on n’en trouve plus de nos jours.
Mais ce grenier qui surplombait cette bâtisse était sans aucun doute ce qui avait le plus d’attrait pour le seul enfant de la maison… En particulier le grand miroir…

Ainsi, il venait chaque jour s’asseoir devant et ne le quittait plus du regard durant des heures et des heures…
Il semblait tellement absorbé à le fixer ainsi, qu’il oubliait que le temps filait vite… Très vite...

On ne voyait pourtant que son propre reflet lorsque l’on portait son regard sur ce miroir mais, il semblait en admiration devant cet immense panneau de verre…
Son regard s’animait, il souriait, son visage s’illuminait et l’on pouvait lire un bonheur immense en lui.
Isolé dans ce monde fantastique et onirique, ce qu’il voyait dépassait l’imagination…
Au travers de ce miroir, il observait en réalité toutes les vies de ses ancêtres ayant séjourné dans cette maison et plus encore.
Ce miroir n’avait pas toujours trôné dans ce grenier sombre et poussiéreux, il eut auparavant une place de choix au milieu du grand salon, au-dessus de la cheminée de pierre.
Cet objet était chargé d’histoires, de joies, de drames, de rires, de confidences, de souvenirs de fêtes somptueuses et parfois de deuils mais aussi de musiques, de chants et de petits et grands secrets.
Ces souvenirs avaient été capturés par l’âme de ce miroir qui observait en silence depuis la construction de la maison…
Deux cent ans de souvenirs précieusement conservés à l’abri des regards les plus indiscrets.
Des milliers d’histoires emprisonnées pour toujours ne se dévoilant qu’à celles et ceux qui observaient le monde différemment.
Et ce miroir avait aussi plus que la vie des habitants de la maison à raconter…
Avant de prendre sa place au-dessus de la cheminée durant près de deux siècles, il avait traversé le monde, appartenu à de riches familles, à des empereurs, s’était retrouvé au fond des cales de bateaux pour travers les océans.
Au final personne n’aurait su dire l’âge de ce miroir…
Et tant qu’il n’était pas couvert, il observait et conservait les reflets d’un monde en perpétuelle évolution…

Cet enfant qui se retrouvait assis à le contempler avait un don particulier, il avait un secret bien gardé qu’il ne dévoilait à personne tant il avait peur qu’il disparaisse ou qu’on le lui dérobe…
Il était venu au monde avec un étrange don.
Des yeux étrangement clairs. Si clair qu’aucunes couleurs ne venaient les colorer…

On raconte souvent que les enfants naissent avec les yeux bleus.
Cet enfant avait le regard gris clair, un regard translucide qui ne distinguait aucune image.
Aveugle de naissance, il avait toutefois une particularité invisible au regard de tous.
Dès qu’il se retrouvait en face d’un miroir, il semblait fasciné et son regard s’animait, il souriait, il riait, avait aussi peur parfois…

Incompréhensible pour ses parents, son entourage, pour les médecins qui l’accompagnait.
Personne ne comprenait car bien que ne sachant s’exprimer durant ses premières années de vies, il restait mutique lorsque plus grand, les questions fusèrent pour comprendre ce qu’il semblait regarder dans ces objets qui n’affichaient que son reflet.
Peu à peu, les questions se furent moins pressantes, il ne répondrait pas, il ne dirait rien.
Son mutisme associé à cette absence de regard en faisait un enfant différent.
Seul la plupart du temps, isolé dans son monde, ses parents faisaient leurs possible pour lui apporter tout ce dont il avait besoin.
Ils le chérissaient et prenaient soin de lui comme aucuns autres parents au monde.
Ils avaient laissé leur seul enfant construire son propre univers…
Il était l’enfant qui regardait au delà des miroirs…
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