[Livre] Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents (Patfawl)

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misty
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Re: [Livre] Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents (Patfawl)

#16 Message par misty » jeudi 28 mars 2019 à 19:47

Benoit a écrit :
jeudi 28 mars 2019 à 14:03
Ca revient un peu à l'une des questions posées à Josef lors de la dernière conférence.

Quand des parents tuent leur enfant, c'est monstrueux.

Mais s'il était autiste, là tout à coup le regard change, c'est limite perçu comme une circonstance atténuante, vous savez c'était dur pour eux, ils n'en pouvaient plus, etc.
Même dans le cas d'un chien méchant, je ne crois pas qu'il y a ce genre de retournement.

L'Asan (aux USA) a lourdement manifesté sur la question là bas. Ici, personne n'en parle, sauf à la conférence justement, merci à la personne (autiste?) qui a posé la question.
Je pense qu'il y a une sorte d'hypocrisie institutionnalisée, qui consiste à tout faire pour que des drames arrivent, puis à déplorer ces drames. Tout est fait pour que les autistes représentent des bombes à retardement pour la société: on ne sait pas quand ça va péter ni si ce sont les gosses ou les parents qui craqueront en premier, par contre ce qui est sûr c'est qu'il y aura du dégât et du gros.
Je pense que l'histoire de plaindre les parents c'est un faux problème, parce que depuis le temps que les jérémiades de géniteurs d'autistes remplissent les librairies et temps de parole des médias, si ça avait dû changer quelque chose je pense que ce serait fait. Et depuis longtemps.
A côté de ça tu as les psys les plus influents (genre Rufo, justement) qui revendiquent fièrement le fait de ne pas diagnostiquer les enfants, et de laisser en gros les familles se démerder avec des âneries autoritaristes dépassées depuis 30 ans. Comme ça au moins c'est réglé.

Mais c'est ok parce qu'en France, pleurer on sait faire ya aucun souci. On est super pour les marches blanches aussi, mais bon les solutions ça on sait pas faire parce qu'il y a des trucs qu'on peut pas prévoir. Ben non. C'est quand même très étonnant qu'un enfant dont on a nié la détresse absolue et à qui on a imposé un dressage idiot devienne un adulte agressif et/ou auto-destructeur.
Comme c'est étonnant qu'en collant les troubles mentaux et problèmes d'addictions sous le tapis pendant que les lobbys de l'alcool s'en donnent à coeur joie, on se retrouve avec un féminicide tous les 2 jours. :innocent:

Alors les faits divers sont toujours l'occasion de se poser plein de questions, soi-disant, sauf qu'au final il n'y a jamais personne qui se demande pourquoi des gens très fragiles, pas du tout informés ni accompagnés se retrouvent à devoir gérer dans un isolement absolu des enfants en détresse extrême.
Ou pourquoi des individus délirants bourrés au dernier degré se baladent dans la nature en mode incontrôlable, alors qu'il y a 250 personnes au courant des "problèmes psychologiques" mais que tant que la nana n'est pas à la morgue il ne se passe rien parce qu'"on ne parle pas de ces choses là".

Dans une société où tout ce qui concerne la santé mentale passe pour un gros mot (à tel point que les pros eux-mêmes évitent les termes exacts), je ne vois pas tellement d'autre possibilité pour la population que de dire "oh c'est triste" et de larmoyer devant les "combats de parents d'enfants autistes" à la TV début avril avant de reprendre une activité normale comme ils disent au Groland. :geek:

J'ai évoqué la BD parce qu'elle me semble juste un moyen de limiter les dégâts dans une certaine frange de population. Sinon, c'est un schéma qui s'auto-nourrit puisque les gosses sont de plus en plus difficiles et les parents de plus en plus en perdition. Et là effectivement, les conditions sont réunies pour les plaindre de manière universelle car vraiment ces enfants-là sont un fardeau et blablablablabla...
*Diag TSA*

“Some lose all mind and become soul, insane.
Some lose all soul and become mind, intellectual.
Some lose both and become accepted.”

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Benoit
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Re: [Livre] Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents (Patfawl)

#17 Message par Benoit » jeudi 28 mars 2019 à 20:20

Il y a probablement un peu de cela, à partir du moment où une personne ne fait pas "les efforts pour s'intégrer" (oui c'est à elle de le faire, non on s'en fout qu'elle en soit capable ou pas) elle mérite ce qui va lui arriver.
Identifié Aspie (広島, 08/10/31) Diagnostiqué (CRA MP 2009/12/18)

話したい誰かがいるってしあわせだ

Être Aspie, c'est soit une mauvaise herbe à éradiquer, soit une plante médicinale à qui il faut permettre de fleurir et essaimer.

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freeshost
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Re: [Livre] Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents (Patfawl)

#18 Message par freeshost » jeudi 28 mars 2019 à 20:40

Un peu de prophétie auto-réalisatrice pour nourrir une sorte de biais rétrospectif ? :mrgreen:
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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Re: [Livre] Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents (Patfawl)

#19 Message par misty » jeudi 28 mars 2019 à 21:11

Ben c'est surtout que tout ce qui concerne les troubles psy semble faire bugger une grosse partie de la population, et lui enlever toute capacité de raisonnement cohérent. Ils ne peuvent pas raisonner en termes de "la personne est capable ou pas capable de" puisque le temps de réflexion semble limité, sous peine de griller leurs neurones avec ces sujets dignes de Satan (je ne plaisante qu'à moitié). Faut vite parler d'autre chose, penser à autre chose sinon ça fait trop peur.

Du coup, dès que tu t'engages sur ce terrain tu es sûr d'entendre des trucs plus débiles les uns que les autres (un peu comme dans Le discours de Fabcaro, quand il évoque sa dépression à sa mère et qu'elle lui répond de boire du jus d'orange :lol: ). La génétique a bon dos aussi: "ah oui, ça c'est de famille hein, son grand-père était alcoolique aussi, son oncle..." => à ce compte là effectivement autant ne pas s'arrêter en si bon chemin: on va rester les bras croisés à le regarder foutre sa vie et celle de son entourage en l'air, et préparer sa cirrhose tranquilou en disant que c'est bien triste tout ça! C'est très pragmatique comme raisonnement, un peu comme si on te disait que tu peux bien aller à la neige en maillot de bain parce que c'est l'hiver et de toute façon ya des virus qui traînent. Mais là il est question de soucis psychiques, donc les âneries les plus stratosphériques ont toute leur place, c'est normal et souhaitable à condition de changer de sujet presto. :|

Quand les gens seront capables de vraiment regarder ces choses là sans dire/penser Allah y ster comme on dit en arabe, on pourra un peu avancer. D'ici là, je raisonne juste en termes de limitation de conséquences néfastes...
*Diag TSA*

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