[Film] Le Goût des merveilles (Eric Besnard)

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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#31 Message par Lilette » dimanche 20 décembre 2015 à 11:10

Jean a écrit :Commentaire de Martine Peyras sur FB :
Bon je sàis pas combien de personnes pour Star Wars mais pour le monde des merveilles on était.....8...
On est 7 ici :roll:

Et donc édit 2h après :
Allez le voir. Il est vraiment beau, beaucoup de poésie comme dit Loup, les images sont superbes, j'ai vraiment adoré.
J'ai rigolé souvent, même eu les larmes aux yeux à force de pleurer (pas de tristesse !), bref un film à voir :)
Et les jeux de lumière dans les arbres :love:
TSA.

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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#32 Message par Jean » mardi 22 décembre 2015 à 13:18

"Le Goût des merveilles" : un film au goût amer. L'autisme en France n'est pas une comédie
Publié le 22-12-2015 - Par Hugo Horiot Comédien, réalisateur, écrivain

LE PLUS. Dans "Le Goût des merveilles", en salles depuis le 16 décembre, Benjamin Lavernhe, pensionnaire de la Comédie Française, incarne Pierre, autiste Asperger. Une thématique rare au cinéma français, mais malheureusement encore mal traitée, regrette Hugo Horiot, qui a lui-même a été un enfant autiste Asperger.
Édité et parrainé par Rozenn Le Carboulec
Image

86% des Français ne considèrent pas la recherche concernant l’autisme comme une priorité. 37% des Français pensent, à tort, que l’autisme est un trouble d’ordre psychologique. En France, 650.000 personnes se trouvent dans le spectre autistique. En France, seuls 10% des adultes autistes sont diagnostiqués et 80% des enfants autistes sont déscolarisés, contrairement à de nombreux pays dans le monde où ils sont, pour la plus part, à l’école.

Concernant la façon dont les autistes sont représentés au cinéma ou à la télévision, de nombreux personnages se situant dans le spectre autistique figurent, souvent en premier rôle, dans diverses productions étrangères : "Mozart and the whale", "As good as it gets", "Adam", "The story of Luke", "Social network", "Temple Grandin", "Sherlock", "Rain Man", "The girl with the dragon tattoo", "All about Steve", "True Detective (saison 2)", "Prison Break"...

À l’image de la méconnaissance de la France concernant l’autisme, la représentation de personnages porteurs du syndrome est relativement absente des productions audiovisuelles françaises.

"Le Goût des Merveilles" : encore des clichés sur l'autisme

Aujourd’hui, en France, l’autisme se trouve à l’affiche au cinéma, dans la comédie romantique "Le Goût des Merveilles".

Ceci est plutôt une bonne chose, la représentation ou la référence à l’autisme (1% de la population) étant généralement absentes du cinéma français.

Toutefois, et c’est bien dommage, l’interprétation de l’acteur Benjamin Lavernhe, pensionnaire à la Comédie Française, ne sort pas vraiment des clichés et n’apporte aucune vision nouvelle de l’autisme, se limitant à quelques gros traits, censés représenter une idée figée de l’apparence de ce syndrome, bien encrée dans les lieux communs. Parallélisme des membres et raideur du corps, ton monocorde, l’acteur se cantonne ainsi à une limitation, l’empêchant d’explorer diverses palettes, couleurs et épaisseurs potentielles de son personnage.

Benjamin Lavernhe aurait dû consulter d'autres chercheurs

Benjamin Lavernhe s’en est référé, entre autres, aux travaux de Tremple Grandin, et de Josef Schovanec, personnalités autistes célèbres et incontournables, qui apportent un témoignage et un éclairage précieux concernant le spectre autistique.

On regrettera néanmoins, concernant le regard des chercheurs, que la principale référence de l’acteur (du moins, la seule citée en interview), ne soit autre que la psychologue psychanalyste Chantal Lheureux-Davidse, qui ne prend quasiment pas en compte les avancées scientifiques en la matière. Madame Chantal Lheureux-Davise figure également dans la Liste noire des formations sur l’autisme 2014/2015.

En effet, dans sondiplôme universitaire, sont encore étudiées des notions comme "L’autisme à carapace. Angoisses de vidage, d’intrusion, d’anéantissement, d’effondrement. Vécus d’arrachement" ou bien "Articulation des soins pour le bébé à risque autistique en lien avec la famille". Or c’est bien cette vision de l’autisme, s’en référant toujours aux travaux de Bettelheim et aux croyances psychanalytiques, qui engendre les 50 retard de notre pays concernant l’accompagnement de l’autisme.

Ces croyances donnent d’ailleurs lieux, dans certains cas extrême et sous couvert de recherche clinique, au pires des dérives, telles que le "packing".

J’aurais été ravi, si j’avais été sollicité, d’orienter l’acteur vers les travaux de chercheurs compétents et reconnus concernant l’autisme, prenant en compte les avancées scientifiques et prompts à mettre à jour leurs connaissances à la lumière de la communauté scientifique internationale tels Jaqueline Nadel, le Docteur Éric Lemonnier ou encore le Dr Monica Zilbovicius.

La réalité de l'autisme en France n'a rien d'une comédie

Néanmoins, on peut noter que le personnage se trouve en constant danger d’enfermement, en raison de sa différence incomprise et méconnue.

La présence de l’univers judiciaire (hasard ou volonté du scénariste ?) est en effet plus que pertinente pour rendre compte de la réalité que doivent affronter, en France, les dizaines de milliers de familles concernée par l’autisme.

En même temps que de (nombreuses ?) personnes iront voir cette comédie romantique dédiée à l’autisme et à la différence, Maryna Z. mère de Timothée D., autiste, arrêtée jeudi 17 décembre par la police irlandaise, suite à une demande de la police française passera probablement les fêtes de Noël sous les verrous. Celle-ci, comme tant d’autres, n’avait pas trouvé d’autre alternative que de fuir la France avec son fils, afin de lui éviter un retour certain à l’hôpital psychiatrique. Conséquence directe d’une décision de justice, pour ne pas dire une erreur judiciaire, qui malgré le communiqué de presse de l’Onu adressé à la France, persistait à demander à cette mère d’institutionnaliser son enfant.

Aussi, à tous ceux qui iront voir ce film et qui, je l’espère, passeront un agréable moment, n’oubliez pas ceci : la réalité de l’autisme en France n’a rien d’une comédie et s’apparente encore moins aux merveilles.
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#33 Message par Benoit » mardi 22 décembre 2015 à 13:37

Jean a écrit : LE PLUS. Dans "Le Goût des merveilles", en salles depuis le 16 décembre, Benjamin Lavernhe, pensionnaire de la Comédie Française, incarne Pierre, autiste Asperger. Une thématique rare au cinéma français, mais malheureusement encore mal traitée, regrette Hugo Horiot, qui a lui-même a été un enfant autiste Asperger.
Dans un article visant à corriger certaines idées reçues, cette façon de présenter (bien que syntaxiquement correcte) m'ennuie, parce que la formulation peut prêter à croire qu'un enfant autiste Asperger peut devenir autre chose qu'un adulte autiste Asperger.

C'eut été bien de commencer par dissiper ce possible malentendu.
Identifié Aspie (広島, 08/10/31) Diagnostiqué (CRA MP 2009/12/18)

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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#34 Message par Lilette » mardi 22 décembre 2015 à 13:49

+1 Benoît, et je trouve que ça décribilise l'article.
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#35 Message par Jean » mardi 22 décembre 2015 à 13:52

Il est possible de poster des remarques sur le site. Il faut bien se rendre compte que le chapeau n'est pas maîtrisé par la personne qui écrit l'article.
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#36 Message par Benoit » mardi 22 décembre 2015 à 14:06

C'est un peu dommage que le chapeau soit fait comme ça, on pouvait sans doute exprimer la même chose (qu'il a écrit un livre sur son enfance Asperger) sans le formuler de façon étrange. (On peut s'interroger sur la connaissance qu'à la journaliste du sujet. Ca vaudrait peut être le coup de le lui dire sur son twitter).

Je pense que ce n'est pas trahir un secret que de dire qu'Hugo prépare la suite de son livre, qui sera sans nul doute l'occasion de préciser les choses.
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#37 Message par Ixy » mardi 22 décembre 2015 à 14:19

Ce qui importe c est le contenu et je pense que Hugo L a dit les choses qu il fallait :bravo:
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#38 Message par Jean » mardi 22 décembre 2015 à 14:54

Une critique du film
http://www.leblogducinema.com/critiques ... les-82348/

http://www.leparisien.fr/cinema/critiqu ... 377251.php

https://informations.handicap.fr/art-ci ... p[quote]De son côté, pour enrichir son scénario et rester au plus près de la vérité, Éric Besnard s'est abondement documenté. « Il se trouve que, pour des raisons familiales, l'autisme est un sujet que je connaissais un peu, explique-t-il. Ma femme étant psychologue, elle a elle-même travaillé avec des enfants autistes. Elle m'a raconté des anecdotes qui ont retenu mon attention ». Au fil de ses recherches, le réalisateur s'est rendu compte qu'une personne avec un syndrome d'Asperger pourrait lui permettre de travailler sur les thèmes qui lui tenaient à cœur.

Sous le pseudo de Missbobby, un spectateur commente : « Le Goût des merveilles est un conte moderne où la différence n'est pas synonyme de handicap. Elle est même érigée comme un atout, il suffit juste de la percevoir comme telle. Un vent de fraîcheur qui pousse les autres à voir le monde différemment, à s'arrêter sur les détails et à appréhender la vie comme la nature sait si bien nous l'offrir tous les jours... »[/quote]
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#39 Message par Jean » mardi 22 décembre 2015 à 14:58

l'équipe du film "le goût des merveilles" au festival du film de Sarlat
L'équipe du film "le goût des merveilles" présente au festival du film de Sarlat. Eric Besnard le réalisateur et ses 2 acteurs Virginie Efira et Benjamin Lavernhe répondent aux questions de France Bleu Périgord avant la projection de ce long-métrage en avant-première au cinéma Le Rex.
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#40 Message par Rudy » mardi 22 décembre 2015 à 15:15

Les enjeux des défenses autistiques sont mis en lumière à partir de suivis d'enfants autistes en psychothérapie analytique.

L'enfant autiste évite la rencontre qui le submerge pour conserver paradoxalement un lien idéal aux autres mais sans leur présence. Perdant la notion d'altérité, sa pensée n'est plus reliée à son moi corporel et il est confronté à des angoisses catastrophiques d'effacement. Il ne renonce pas pour autant à une recherche d'émerveillement.

Il se réfugie dans une pensée métaphorique peu différenciée, clivée des éprouvés corporels, dans laquelle il met en mouvement des traces de perceptions hétérogènes en quête de résonance.

Pour lutter contre des angoisses d'anéantissement, la recherche de fantasmes de scènes des origines pour se sentir exister, le rend particulièrement attentif à toute métaphore de rencontre, qu'elle soit d'animaux, d'objets, de substances, d'espaces, de bruits ou qu'elle soit figurée par des mouvements en va-et-vient.
Je n'ai pas du tout compris la partie en gras... Quelqu'un peut traduire en plus... concret?
Pas diag.

Bilans cognitifs: Pré-diagnostiquée Asperger léger à modéré.
Psychiatre: Troubles évoquant TSA + dys associés et anxiété. Préconisation CRA.
1er entretien avec le CRA effectué. En attente...

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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#41 Message par Benoit » mardi 22 décembre 2015 à 15:43

Il ne faut pas chercher à comprendre, c'est du galimatia psychanalytique sans valeur (et absolument aucun message concrêt).
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#42 Message par Loup » mardi 22 décembre 2015 à 23:46

Je trouve que Horiot -et quelques personnes sur facebook que j'ai pu lire- mélangent trop de choses, pour moi, ce n'est pas spécialement un film sur l'autisme, c'est un prétexte comme dit la critique plus haut. :innocent:
Certes, c'est un film plein de bons sentiments (mais en même temps, bah, c'est bien aussi ce genre de film), mais surtout très poétique et je l'ai apprécié pour ça.
29 ans, autiste cru 2013, Brest. AVS, artiste, diplômé des Beaux-Arts de Lorient. Propriétaire d'un Loup intérieur et dérapeur de réalité. ⚥
"Sire, sire, on en a gros!"

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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#43 Message par Loup » mercredi 23 décembre 2015 à 12:36

Critique sur un blog:
Stop à la polémique sur les comédies qui parlent de l’autisme !
http://www.lepetitprinceadit.com/go%C3% ... merveilles

Suite à la lecture du texte d’Hugo Horiot qui considère que le film « Le goût des merveilles » est encore une série de clichés sur l’autisme, je me permets de répondre : stop à la polémique.


De temps en temps, des scénaristes s’intéressent à l’autisme, et décident de faire un film sur le sujet. On se souvient tous de Rain Man, qui a eu le mérite de montrer au grand jour ce qui était caché de tous : l’autisme. Et désormais, le sujet revient de manière sporadique sur le Grand Ecran. Mais quelle levée de bouclier à chaque fois… la question de la légitimité hante les films qui parlent de l’autisme, dès que l’on aborde le sujet de l’interprétation et du scénario.

Vous souvenez-vous quand Pascal Duquenne a interprété « Le Huitième Jour » ? Personne ne l’a trouvé « pas assez trisomique » pour jouer ce rôle qui lui a rapporté quand même le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. Il était légitime. C’était incontestable.

Aujourd’hui Hugo Horiot fustige Benjamin Lavernhe, pour son interprétation de Pierre, autiste asperger dans « Le goût des merveilles », parce qu’il ne s’est pas assez bien renseigné sur l’autisme (pourtant il s’est inspiré de Joseph Schovannec et Temple Grandin, excusez du peu) et que finalement il n’en délivre qu’un cliché.

Alors rappelons un peu : oui, il n’y a pas que des aspergers dans le spectre, effectivement. On parle de spectre autistique, et ça va évidemment de l’autiste non verbal qui étale encore ses excréments sur les murs à 18 ans au comédien talentueux qui voyage et poste des selfies sur les réseaux sociaux en train de prendre du bon temps à New York, comme Monsieur Horiot.

Le spectre est donc LARGE.

Alors comment ne pas tomber dans les clichés ? Chaque individu est différent, se comporte différemment, est une personne à part entière avant même d’être autiste, ce qui en fait toute sa richesse et sa singularité. Comment représenter en un film tout ce panel de comportements ? Impossible. Ne demandons donc pas l’impossible.

Alors on peut se poser la question de la légitimité. Comment un comédien, qu’il soit de la Comédie Française ou non, peut-il interpréter correctement un autiste sans connaître véritablement l’autisme de l’intérieur ? Mais de quel autisme parle-t-on, au juste ? Il y a tant d’autismes… Serait-ce plus légitime que ce soit un comédien autiste comme Hugo Horiot qui prenne ce rôle ? Oui, cela parait logique… sauf que… Mr Horiot ne serait-il pas obligé de surjouer son rôle ? Je veux dire, au vu de ses interviews que j’ai pu regarder de lui, il n’a pas DU TOUT l’air autiste… alors on fait comment ? Quel autisme voudrait-il jouer ? Parce que si l’on prend l’autisme de Mr Horiot aujourd’hui, c’est comme celui de mon fils, Le Petit Prince : pas très spectaculaire, pas de quoi en faire un film.

Bref, pas la peine de continuer, vous avez compris le fond de ma pensée, que je vais résumer ici : on parle de l’autisme, dans un film, une comédie, c’est déjà pas mal. Je souhaite que petit à petit, cela permette d’ouvrir l’esprit des gens à se dire que la différence est une richesse et pas une exclusion. Et tant pis pour le cliché, et tant pis que ce soit encore un asperger dont on parle, l’important est vraiment ailleurs. Cessons de systématiquement décrier les initiatives qui sont menées par les non autistes !
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#44 Message par Lilette » mercredi 23 décembre 2015 à 12:44

Très Bon article :bravo:
Modifié en dernier par Lilette le mercredi 23 décembre 2015 à 18:08, modifié 1 fois.
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Re: [Film] Le Goût des merveilles, Eric Besnard

#45 Message par misty » mercredi 23 décembre 2015 à 18:00

Je n'ai pas le temps de dire tout ce que cela m'inspire, mais je pense qu'il n'est pas étonnant de voir des réactions pareilles sur un sujet pareil.
Je ne connais pas personnellement H.Horiot, mais je suppose que ce qui l'énerve, au fond, c'est la méconnaissance de l'autisme, plus que le jeu de cet acteur qui fait certainement ce qu'il peut. :innocent:

Moi aussi, franchement, ça m'énerve qu'on soit obligés de faire des films (forcément caricaturaux car manque d'informations circulantes) pour que les gens ouvrent les yeux là dessus. Bien sûr que c'est positif que le sujet soit mis sur le tapis, mais moi ce que je voudrais c'est trouver de l'aide...
Je regarderais ce film à l'occasion, mais je ne me jette pas dessus car je ne vois qu'un lien très éloigné avec moi, et mon vécu quotidien.

Bref, je comprends la polémique (mais je pense qu'elle concerne plus le fond que la forme), mais c'est vrai qu'il faut encourager ce genre de choses malgré ce qu'on en pense, souvent... :roll:

edit: j'ai oublié: le cinéma maintenant, c'est pour faire du fric. L'autiste qu'on voit au ciné, c'est celui qui fera entrer les gens dans la salle de ciné (donc évidemment il correspond à l'"autiste qu'on aime voir", celui que l'on connaît déjà plus que bien)
*Diag TSA*

“Some lose all mind and become soul, insane.
Some lose all soul and become mind, intellectual.
Some lose both and become accepted.”

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