Colloque international à l’Institut Pasteur

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
Répondre
Message
Auteur
Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 19709
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère

Colloque international à l’Institut Pasteur

#1 Message par Jean » vendredi 22 mai 2009 à 21:02

Colloque international à l’Institut Pasteur - “Anticiper notre futur pour l’autisme” - ProAid Autisme
Le 16 juillet 2009, Colloque international à l'Institut Pasteur "Anticiper notre futur pour l'autisme" avec les conférences de Joaquin Fuentes, Thomas Bourgeron et Bob Hendren qui est le président de l'Académie Américaine de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent.
Le colloque est gratuit mais une inscription à l'adresse autisme16juillet2009@pasteur.fr est requise pour des raisons d'organisation.
“Les avancées et les nouveaux défis de la recherche sur la génétique de l’autisme”
Professeur Thomas Bourgeron,
“Les recherches de l’institut M.I.N.D. (Medical Investigation of Neurodevelopmental Disorders): interaction gènes et
environnement dans l’étiologie de l’autisme”

Professor Robert L. Hendren,
“Soutien et traitements novateurs dans l’autisme”
Docteur Joaquin Fuentes, Chief of Child & Adolescent Psychiatry, Policlínica Gipuzkoa, Scientific Advisor, GAUTENA, San Sebastian, Spain
http://proaidautisme.org/articles/Collo ... ramme5.pdf

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 19709
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère

Re: Colloque international à l’Institut Pasteur

#2 Message par Jean » lundi 21 décembre 2009 à 22:02

Extrait du compte-rendu par Sophie Biette dans la dernière lettre de l'ARAPI :

1 Quelles sont les causes de l'autisme ?

Le Pr. Thomas Bourgeron aborde « les avancées et les nouveaux défis de la recherche sur la génétique de l'autisme ». La prévalence des TSA est de 1/150 à 1/200. L'autisme se définit sur des critères comportementaux : déficit des interactions sociales, atteintes diverses du langage, stéréotypies et intérêts restreints.

Les mutations identifiées dans l'autisme sont nombreuses, et les gènes candidats encore plus nombreux. Actuellement il y a presque un gène identifié par chercheur et chacun ne serait responsable que pour moins d'1 % des cas ! Certains osent encore avancer qu'un test génétique de l'autisme serait envisageable. C'est actuellement faux.

Au cours du développement, les protéines sont impliquées dans le processus qui permet aux neurones de se diviser, de se différencier, de migrer, puis de se connecter. Une simple mutation (un changement de base sur les quelques 3.2 milliards de paires qui composent le génome) peut modifier le code génétique et donc la protéine codée, perturbant sa fonction biologique et son rôle dans le développement cérébral... ou n'avoir aucun effet.

A 24 mois on assiste à un feu d'artifice de connexions entre les neurones. Pendant cette synaptogénèse le rôle des protéines est crucial. Des recherches portent sur une « voie » :les gènes identifiés dans l'autisme codent les protéines neurexine, neuroligine, shank... toutes les trois impliquées dans l'échafaudage, le maintien et le fonctionnement des connexions synaptiques. Ainsi des perturbations diverses pourraient dévier différemment un même trajet. Par exemple, si vous voyagez de Paris à Nantes, que vous soyez bloqués au Mans ou à Angers vous n'arriverez pas à destination comme prévu, mais les détours que vous prendrez et leurs conséquences seront différents.

Le Pr. Robert Hendren présente les recherches de l'Institut MIND (Sacramento, Califomia). Créé il y a 11 ans par 5 familles, cet Institut a pour mission de trouver les causes de l'autisme et de définir les meilleurs traitements pour tous les troubles neurodéveloppementaux. Actuellement 50 chercheurs y travaillent sur plus de 65 études interdisciplinaires.

Les théories diverses avancées sur les causes de l'autisme rendent difficile une bonne synergie dans le travail. Selon les chercheurs l'autisme est le résultat d'un désordre cérébral d'origine génétique, selon les parents américains les dysfonctionnements seraient dus à des effets environnementaux. Enfin, plus personne ne devrait penser que les parents en sont la cause. Un rejet hostile, même inconscient, ne peut « créer un autisme » de toute pièce. La persistance de cette croyance ces dernières années est l'une des plus grandes erreurs de la médecine ; elle a compromis l'avenir de nombreux enfants et de leurs parents et retardé les recherches.

L'augmentation de la prévalence s'explique par les modifications des critères diagnostiques apportées en 1994 et par une connaissance plus large et plus fine des signes cliniques. Peut être les médecins sur-diagnostiquent-ils, ne voulant prendre aucun risque de retard de la prise en charge précoce, aujourd'hui seule considérée efficace aux Etats-Unis. Cependant dans certaines régions, comme la Californie, l'augmentation est telle (+ 1 200 %) que la recherche s'intéresse à la toxicité de l'environnement qui pourrait agir sur l'identité génétique.

Des agressions liées à l'environnement sont déjà connues, il s'agit, par exemple, de contaminations pendant la grossesse : infectieuses comme la rubéole, médicamenteuses comme le « valproate » ou la « thalidomide ».Le MIND poursuit les recherches en ce sens : on peut citer des études de lien entre pollutions industrielles ou agricoles et autisme. Des recherches cherchent à préciser les effets des toxines environnementales : dérèglement de l'oxydation des cellules, manque de méthylation, anomalies métaboliques, déficiences nutritionnelles et du système immunitaire. D'autres études sont menées sur l'effet de médications sur l'ARN (acide ribonucléique : copie d'une région de l'un des brins de l'ADN), c'est ce qui s'appelle la pharmacogénomique.

Quel traitement pour l'autisme ?

Actuellement les thérapies du comportement très progressives, basées sur la relation avec l'enfant, sont les mieux validées et les plus avancées pour l'autisme. On peut citer 1'ABA, TEACCH, DiscreteTrials Training, Pivotal Response Training, Floor Time et le Modified Denver Model. Une approche complète et intégrée de l'intervention implique l'évaluation et le traitement des désordres associés. Il est ainsi important de tenir compte des troubles médicaux associés : problèmes gastro-intestinaux, épilepsies, anomalies métaboliques. Aussi certains médicaments peuvent avoir une certaine utilité pour agir notamment sur l'impulsion. Les traitements biomédicaux alternatifs (compléments nutritifs, régimes, chélation.. .) bien qu'utilisés, ne bénéficient d'aucune preuve d'effets positifs hormis quelques témoignages.

L'exposé du Dr Joaquim Fuentes (Gautena, Espagne) porte sur les « Soutiens et traitements novateurs dans l'autisme ».Nous disposons de bons outils pour diagnostiquer l'autisme, mais nous ne pouvons aider la personne que si nous avons évalué sa « carte sensorielle », ses capacités d'attention, de symbolisme et de reconnaissance des états mentaux des autres. Quelles que soient les recommandations publiées pour la pratique de l'intervention (en 1999 celui de l'American Academy of Child and Adolescent Psychiatry ; en 2001 celui du National Research Council, USA ; en 2007 celui de Pediatrics, Clinical Reparts Identification Management ; en 2007, le guide espagnol des traitements), toutes concluent de la même façon, mais le fossé est colossal entre ce que nous connaissons et ce que nous pratiquons dans la vie réelle.

Ainsi ne sont pas recommandés : les prises de vitamines, l'Intégration Auditive, 1'Intégration Sensorielle, les psychothérapies de type psychanalytique, les régimes sans gluten et sans caséine.

Sont recommandés :
  • · certains traitements médicamenteux : les SSRI (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) et les psychostimulants (stimulation de la vigilance),
    · TEACCH et les stratégies éducatives élaborées sur le mode des thérapies comportementales (behavioral treatment),
    · les modes de communication alternative et augmentative.
Ces outils existent pour réduire le fossé entre connaissances et pratiques. Ainsi l'autonomie est améliorée grâce aux interventions comportementales, la communication est encouragée en s'appuyant sur les compétences (souvent visuelles) de l'enfant et le programme TEACCH propose d'aménager un environnement « amical ». Ces trois approches partagent la structuration tellement nécessaire aux progrès et au confort des personnes autistes.
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

Répondre