[Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

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Re: [Revue] Le Bulletin scientifique de l’Arapi

#31 Message par Jean » samedi 19 décembre 2015 à 12:31

Le numéro 35 - été 35
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Re: [Revue] Le Bulletin scientifique de l’Arapi

#32 Message par Jean » dimanche 20 mars 2016 à 18:25

arapi001.jpg
Le bulletin scientifique de l'arapi - numéro 36- hiver 2015

sommaire
Editorial - Auteur p.4

Autisme et prématurité ?

Troubles du Spectre de l'Autisne chez l'enfant né prématurément / Olivier Baud 6
Rôle de la neuro-inflammationdans la physiopathologie des troubles autistiques / Pierre Gressens 11

Evolution des jeunes enfants

Evolution des jeunes enfants : ie la période périnatale à l'enfance / Benoist Schaal 15
L'autisme à toutes les étapes de la vie, « l'ESSENCE » d'un trouble aux multiples expressions /Christopher Gillberg 18

Processus d'apprentissage

Les chemins du développement cognitif observés en imagerie cérébrale / Olivier Houdé 22
Troubles de la coordination : apports des sciences cognitives / Caroline Huron 25

Autisme et adolescence
Autisme, adolescence et santé mentale / Mohammad Ghaziuddin 30
Comprendre la puberté en 2015, peut-on la moduler? / Agnès Linglart 32

Autisme et Vieillissement
Vieillissement :approche médicale et adaptative et implications dans l'autisme / Caroline Hommet 35
Neuropsychologie et neuroimagerie de la mémoire : études dans le vieillissement et dans l'autisme / Francis Eustache 39

Autisme et genre
Le genre : un facteur protecteur dans l'expression phénotypique de l'autisme ? / Amaia Hervàs 43
Variations génétiques dans l'étiologie de l'autisme / Jacob Vorstman 49

Aire de Broca et TMS
Les cerveaux miroirs et la région de Broca / Luciano Fadiga 53

Autisme et pharmacologie
Recueillir, utiliser et partager les données sur les patients : une base de données gérée par une association de familles/ Megan O'Boyle 57

Système nerveux entérique

L'apport de le Neurogastroentérologie aux maladies psychiatriques /Michel Neunlist et Hélène Boudin 51

Mécanismes cérébraux et thérapeutiques d'avenir

Mouvements anormaux psychomoteurs (stéréotypies, tics, TOC) : de la phénoménologie à la physiopathologie /Pierre Burbaud -66

Table ronde avec les associations de familles

Interactions des associations de familles et de la recherche, un compagnonnage vivant et fructueux / Animatrice : Dominique Donnet-Kamel 7O
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#33 Message par Jean » dimanche 20 mars 2016 à 19:35

BS N° 36 Université d'Automne Hiver 2015 - Editorial PASCALINE GUÉRIN

Aucun sujet autiste ne ressemble à un autre ; ses troubles se modifient soit en intensité, soit en nature et qualité tout au long de sa vie. Four dépasser ce truisme, il convient peut-être de revoir les principes de nos raisonnements diagnostique, d'une part, et de nos méthodologies d'abord du fonctionnement cérébral, d'autre part.

L'idée d'organiser cette 13ème édition de l'Université d'Automne autour du thème central « Le développement n'a pas d'âge » découlait de trois constats.

Premièrement, la délimitation critériologique proposée par les classifications internationales des maladies mentales, y compris dans la 5ème version pour le DSM, circonscrit le trouble autistique sans tenir compte des manifestations cliniques connexes qui peuvent appartenir à d'autres troubles neurodéveloppementaux, tels le Trouble Déficit de l'Attention/hyperactivité, les troubles spécifiques du langage et des apprentissages, les troubles de la coordination motrice. Pourtant des chevauchements entre ces entités nosographiques existent aussi bien sur le plan phénotypique que génotypique, et soulèvent la question de leur parenté physiopathologique, voire étiologique, mais aussi de leur communauté de réponses aux différentes approches thérapeutiques proposées. Si, de par son inadéquation d'ajustement aux codes conventionnels présidant aux interactions interindividuelles, le fonctionnement autistique constitue un handicap social pour le sujet qui en est porteur, ce sont surtout les dimensions cliniques qui lui sont associées retard intellectuel, épilepsie, troubles du langage, syndrome dysexécutif qui obèrent l'évolution comportementale, développementale et adaptative du sujet. La proposition de décrire, dès leur premier repérage, les particularités du développement du jeune enfant, non plus en se cantonnant à l'identification ('un diagnostic principal, en l'occurrence le trouble autistique, mais en recensant l'ensemble des troubles dysfonctionnels observés, est sûrement plus adaptée aux réalités cliniques rencontrées. D'où le concept plus élargi de troubles neurodéveloppementaux,combinant des troubles dysfonctionnels précocement symptomatiques, qui pourraient être rattachés, si considérés séparément, à telle ou telle entité nosographique, alors que leur présence simultanée ou séquentielle chez le même sujet ne devrait pas faire privilégier un diagnostic par rapport à un autre. Ce nouveau concept proposé par Christopher Gillberg sous la terminologie « ESSENCE » pour « Early Symptomatic Syndromes Eliciting a Neuropsychiatrie and a Neurodevelopmental Clinical Examination » permet sûrement de s'approcher de façon moins figée de la réalité clinique et ainsi d'envisager des designs d'études biocliniques plus proches de l'expression fonctionnelle de la combinaison des troubles observés, à distance d'un étiquetage diagnostique catégoriel trop restrictif.

Deuxièmement, le fonctionnement cérébral est sous la dépendance d'une cinquantaine de substances neurotransmettrices ou neuromodulatrices différentes. Mais l'organisation et la mise en œuvre des réseaux neuronaux de communication qui sous-tendent ce fonctionnement vont dépendre de nos gènes, nos entraînements, notre éducation et nos expériences de vie et sont ainsi en perpétuels remaniements. Aussi s'est imposée l'idée de s'intéresser, pour mieux comprendre les dysfonctionnements cognitifs observés dans l'autisme, aux études menées :
  • 1 soit sur des processus physiologiques comme les modifications pubertaires de l'adolescence,

    2 soit dans d'autres champs de la pathologie humaine,

Par exemple, les mouvements anormaux (tics, TOC, stéréotypies), souvent difficiles à distinguer les uns des autres sur le plan clinique isolément des autres symptômes qui les accompagnent, sont médiés par les mêmes régions corticales et sous-corticales, mais selon des circuits différents.

Autre exemple. Les études sur le vieillissement nous montrent que la précocité d'installation de la maladie d'Alzheimer dépendrait de la réserve cognitive antérieure du sujet, c'est-à-dire de son niveau d'éducation et d'entraînement cognitif, qui jouerait ainsi un rôle protecteur dans le déclin cognitif lié au vieillissement physiologique ou pathologique. De même, des régions cérébrales, sièges du traitement des fonctions les plus élaborées dites supérieures (cortex frontal) et de la mémoire (hippocampe, gyrus cingulaire) sont les zones qui restent les plus actives chez les personnes âgées, afin de compenser les fonctions traitées de manière automatique chez le sujet jeune par les régions cérébrales plus postérieures et en place plus tôt sur le plan de l'ontogenèse. Le cerveau est donc capable de revenir à des fonctionnements plus dédifférenciés et complexes malgré l'âge.

  • 3 soit sur les mécanismes inflammatoires, touchant en particulier la microglie,

système cellulaire assurant la défense immunitaire, la détoxication du cerveau su te à des affections bactériennes ou virales, mais aussi l'élagage neuronal et synaptique au cours du développement.

Ainsi des anomalies de la microglie seraient les marqueurs durables et identifiables après la naissance d'événements délétères, survenus durant la vie foetale et responsables de naissances prématurées puis de l'apparition ultérieure de troubles autistiques.

Troisièmement, l'étude du système nerveux entérique ouvre des perspectives innovantes pour l'étude du cerveau et la compréhension des troubles à traduction psychiatrique. L'organisation, la structure, la chimie du système nerveux entérique en font une réplique du système nerveux central, mais beaucoup plus accessible pour son exploration. L'intestin et le cerveau sont en communication constante, soit par voie sanguine, soit par voie nerveuse. Or, le système nerveux entérique est la première interface entre notre organisme et notre environnement via le microbiote (la flore intestinale), dont les modifications
induiraient des changements comportementaux significatifs et mesurables chez l'animal. D'où l'hypothèse qu'un dérèglement du microbiote pourrait déclencher, par augmentation de la perméabilité intestinale, des phénomènes inflammatoires et le passage de substances possiblement toxiques à la fois pour le système entérique et 1e système nerveux central du fait de leurs interconnexions. Dans le cadre de l'application de cette hypothèse à l'autisme, des corrélations entre anomalies du développement du cerveau et du système nerveux entérique ont été récemment observées chez l'animal. Par l'étude du système nerveux entérique, est escomptée la détection de biomarqueurs dans l'autisme plus facilement identifiables, car d'accès plus aisé, comme cela commence à être proposé pour des pathologies neurodégénératives telle la maladie de Parkinson.

Au total, le programme de cette université d'automne 2015 a tenté d'illustrer que les remaniements cérébraux sont constants en condition autant physiologique que pathologique (ce qui relève de la plasticité cérébrale), que le fonctionnement cérébral n'est pas fixé même avec l'âge, et que l'étude des troubles autistiques mérite peut-être de s'élargir au concept plus fonctionnel de troubles neurodéveloppementaux, dont les expressions sont variables et modulables selon l'âge, y compris sous l'effet des traitements pharmacologiques, des rééducations et de l'adaptation de l'environnement.

Pascaline Guérin Présidente du Comité Scientifique de l'arapi (2015).
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Re: [Revue] Le Bulletin scientifique de l’Arapi

#34 Message par Galatara » jeudi 7 avril 2016 à 6:03

Jean a écrit :BS N° 36 Université d'Automne Hiver 2015 - Editorial PASCALINE GUÉRIN
Décidément les bonnes nouvelles pleuvent. Je viens de réagir à l'article résumant l'intervention de Gillberg, et ne peux m'empêcher de me féliciter maintenant de voir qu'enfin des pistes, depuis longtemps mises en avant par les parents et pourtant méprisées, sont enfin considérées. Je pense notamment aux troubles digestifs, qui chez mon petit garçon, font la pluie et le beau temps sur son développement...


Modération (Tugdual) : Correction de balise.
Maman de 2 adorables p'tits gars : un "grand" de 9 ans, autiste typique (sévère, avec DI, suivant tant bien que mal le CE1), et un "petit grand" de 7 ans, HP.

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Re: [Revue] Le Bulletin scientifique de l’Arapi

#35 Message par Jean » vendredi 13 octobre 2017 à 19:43

le bulletin scientifique de l'arapi – numéro 39 – été 2017

sommaire


Editorial : Eric Willaye p.3

Conférence Internationale du SUSA

Une vision de la société de l'intérieur - Josef Schovanec - Magali Descamps p.5

L'inclusion scolaire en Italie : pour qui ? comment ? Annalisa Monti - Lucie Ducloux et Eloïse Tilquin p.7

Qualité de vie des personnes en situation de vulnérabilité
Claudia Claes, Louise Abraham, Joséphine Delmotte et Pauline Manteau p.10

L'insertion socio-professionnelle en Europe - Dirk Rombaut - Sarah Dewulf 14

Autisme et société - Eric Willaye - Sarah Lippinois 17

Autisme, Éthique et Société - Jean-Claude Ameisen - Marielle Weyland ...19

Inclusion scolaire au Québec : Pour qui ? Comment ? - Phillipe Tremblay -Chloé Godin 25

Autisme en Europe - Rutger Jan van der Gaag -Cécile Hoyos et Pauline Manteau 27

Textes complémentaires


Autisme : la maman est acquittée... - Gilbert Lelord 31

Plan d'action sur le trouble du spectre de l'autisme (2017-2022)[Québec] - Ghislain Magerotte 33

Présentation du quatrième plan autisme - René Cassou de Saint Mathurin 38

Rapport résumé des recherches sur l'inclusion scolaire en milieu ordinaire des enfants avec TSA - Jean-Louis Adrien 40

Journée scientifique de l'arapi pp.47-55
Problèmes soulevés par la définition des critères diagnostiques des différents troubles du développement – Pierre Defresne
Maquette proposée par le CRAIF pour la prise en charge dimensionnelle des Troubles du développement – Jacques Nadel
Rapport INSERM sur la déficience intellectuelle – René Tuffreau
Rapport INSERTRM : Implications sur les prises en charge des comportements problèmes : quelles influences du diagnostic ? - Eric Willaye
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Re: [Revue] Le Bulletin scientifique de l’Arapi

#36 Message par Jean » jeudi 13 septembre 2018 à 16:47

Le Bulletin scientifique de l'ARAPI n°40 : Autisme et environnements

Ce bulletin reprend les conférences de l'Université d'Automne de l'ARAPI, qui s'est tenue au Croisic en octobre 2017.
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ronnements

Image

Les numéros 35 à 38 sont désormais en ligne.
http://arapi-autisme.fr/publicationArapiL.php
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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#37 Message par Jean » mardi 8 octobre 2019 à 23:34

Je vais reprendre ci-dessous mes messages sur Facebook pour cette université d'automne 2019.

Publié hier :

Aujourd'hui commence la 15 ème université d'automne de l'ARAPI, association exceptionnelle dans le monde, regroupant depuis 36 ans professionnels et parents de personnes autistes.

La conférence inaugurale était donnée par le Pr Rutger Jan van der Gaag, d'Utrecht. Il a commencé en expliquant le travail réalisé par la Fondation Papageno Autisme dont il est président. Celle-ci a été fondé par un couple, dont le mari Jaap van Zweeden était chef d'orchestre. Aussi, puisque leur enfant autiste était non-verbal, ils lui ont appris à parler en chantant.

Jan van der Gag a alors présenté l'initiative Viavelum de deux jeunes d'Avignon, Thomas et Adrien, qui ont parcouru l'Europe à vélo pour monter un projet de restaurant solidaire. Ci-dessous les photos de leur passage à la maison Papageno. .

https://www.facebook.com/Viavelum-326416391095894/
où vous verrez où peut mener le scoutisme

https://www.jaapvanzweden.com/papageno.html
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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#38 Message par Jean » mardi 8 octobre 2019 à 23:35

9 interventions aujourd'hui à l'université d'automne de l'ARAPI.

Serafino Corti, qui s'est excusé d'être sans veste ni cravate, a brossé un historique de la notion de qualité de vie, Saint Augustin à l'appui; en commençant par 1901, avec ce qu'il a appelé le modèle carcéral, puis 1941 . IL a retracé la lutte des femmes d'anciens combattants de la seconde guerre mondiale aux USA qui se sont battues pour le droit à une vie digne. La période 1959/1969 évolue vers un modèle de normalisation, et depuis 1990, on surmonterait ce modèle ppur une individualisation plus conforme aux désirs dela personne.

L'exposé était richement illustré, parfois de façon étonnante avec un dessin qui serait de Picasso (avec une nonne qui a un enfant dans le s bras, celui-ci, hypothèse séduisante, pouvant être l'enfant de la nonne : on voit de tout chez les italiens)..

Delphine Corlay, de la Délégation Interministérielle Autisme - DIA, partait avec le lourd handicap de devoir présenter la place de la qualité de vie dans la stratégie autisme. Chance pour elle, le temps de débat était limité, parce qu'elle a eu le droit à une avalanche de questions inégalée ensuite. Elle a rappelé qu'il y avait 101 indicateurs de résultats et de dépenses dans la stratégie nationale, mais en notant que cela ne disait pas si la vie quotidienne avait changé. La DIA construit actuellement un outil de mesure de la satisfaction, qui ferait l'objet d'enquêtes périodiques. Elle constate la faille de la stratégie, pour recueillir les besoins des autistes non-verbaux.

Je ne discuterai pas bien sûr le constat de la DIA qu'il n'y a pas seulement des résistances au changement, mais aussi des refus assumés des RBPP.

Elle a indiqué un cadrage progressif des interventions par les professionnels, par exemple actuellement pour les psychologues, avec Bernadette Rogé, afin d'améliorer la prise en charge en libéral pour l'intervention précoce (financée parle forfait intervention précoce en cours de mise en place - dont j'ai cru comprendre par ailleurs qu'un financement supplémentaire était prévu en 2020).

DC a parlé de circuit structuré d'alertes, c'est-à-dire qu'elle compte sur les familles pour faire remonter encore une fois notamment auprès des ARS les dysfonctionnements.

Catherine Barthélémy va ensuite présenté de façon pédagogique la stratégie nationale pour l’intervention précoce.

Elle a présenté Paul OLIVIER, AVIESAN - Chef de projet Groupement d'Intérêt Scientifique Autisme et Troubles du NeuroDéveloppement

Le GIS vient d'être lancé le 3 octobre, et organise le 15 octobre ANDREW 1 - Autism and NeuroDevelopment Research Workshop 1

https://itneuro.aviesan.fr/index.php?pa ... 614&p=1615
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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#39 Message par Jean » mercredi 9 octobre 2019 à 0:00

Vincent Desportes a présenté ensuite comment, dans les troubles du neurodéveloppement, il était possible de mieux connaître la personne pour mieux l'accompagner.

Il est animateur national de la filière Défiscience, maladies rares du neurodéveloppement et membre du conseil national TND/autisme (?).

Il a présenté de façon vivante trois vignettes cliniques, pour des enfants qui ne marchaient pas à 18 mois et ne parlaient pas à 2 ans.

Il a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas banaliser les doutes des parents, même s'il n'était pas toujours possible à certains stades de fixer un diagnostic.

Il a donné l'exemple d'un enfant, pour lequel c'est seulement à 26 mois que le diagnostic de syndrome de Partington a pu être posé. Trop tard pour faire un conseil génétique aux parents, qui ont eu un deuxième enfant atteint.

Dans les 3 vignettes, il a montré l'association de plusieurs troubles, qui ne sont pas une sommation, mais une complexification (style 1+1 = 3).

Il a ensuite présenté l'outil d'aide au repérage précoce de risque de TND, dont le public cible est les médecins de première ligne, élaboré en 6 mois par un groupe de travail.

Il a noté que les étapes du carnet de santé (4,9,24 mois) ne sont pas toujours adaptés à ce repérage : plutôt 6, 12 mois etc.

"L'outil est non validé, il le sera au fil de l'eau de l'expérimentation dans les territoires."

Evidemment, je me demande comment un outil non validé peut faire l'objet d'une circulaire ministérielle (sur les plate-formes de coordination et d'orientation des TND). D'autant plus quand on lit que le M-CHAT est aujourd'hui discuté (voir traduction sur mon blog).
https://blogs.mediapart.fr/…/la-majorit ... -petits-au

Il a ensuite détaillé de façon intéressante les différentes étapes ou catégories de diagnostics (catégoriel, fonctionnel, étiologique ...).
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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#40 Message par Jean » mercredi 9 octobre 2019 à 0:19

L'intervention d'Eric Courchesne a été la plus étonnante.

Il vient de publier un article avec d'autres chercheurs il y a 15 jours dans Nature Neuroscience : https://www.nature.com/articles/s41593-019-0489-x

Elle a fait l'objet d'un article de Sciences et Avenir.
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/c ... ble_137523
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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#41 Message par lulamae » mercredi 9 octobre 2019 à 10:36

Jean a écrit :
mercredi 9 octobre 2019 à 0:19
L'intervention d'Eric Courchesne a été la plus étonnante.

Il vient de publier un article avec d'autres chercheurs il y a 15 jours dans Nature Neuroscience : https://www.nature.com/articles/s41593-019-0489-x

Elle a fait l'objet d'un article de Sciences et Avenir.
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/c ... ble_137523
Merci pour ces comptes-rendus, @Jean, c'est intéressant. Je note dans l'article en anglais que la WNT–β-catenin était en jeu aussi dans l'article WIKI sur le CHD8 qui m'a donné du mal.
Diagnostic au C3RP (Sainte Anne) le 31/07/2019 : indication d'autisme de haut niveau.

"We're all in the gutter, but some of us look at the stars." Oscar Wilde.

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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#42 Message par olivierfh » mercredi 9 octobre 2019 à 14:37

Jean a écrit :
mercredi 9 octobre 2019 à 0:19
L'intervention d'Eric Courchesne a été la plus étonnante.

Il vient de publier un article avec d'autres chercheurs il y a 15 jours dans Nature Neuroscience : https://www.nature.com/articles/s41593-019-0489-x

Elle a fait l'objet d'un article de Sciences et Avenir.
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/c ... ble_137523
Aussi indiqué dans le sujet "Recherches" avec une figure sur les corrélations.
TSA de type syndrome d'Asperger (03/2017) + HQI (11/2016).
4 grands enfants avec quelques traits me ressemblant, aucun diagnostic lancé.

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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#43 Message par Jean » mercredi 9 octobre 2019 à 19:05

Hier, Sandrine Le Sourn-Bissaoui, maître de conférences à Rennes II (et oui, il n'y a pas que Jean-Claude Maleval et ses épigones à Rennes II), et responsable du comité scientifique et technique du CRA de Bretagne, a présenté des études faites en Ile-de-France et en Bretagne, dans des unités d'enseignement maternel autisme (UEMA créés à partir du 3ème plan).

L'une DEVSCOL concerne 2 UEMA et un dispositif d'unité IME externalisée dans une école ordinaire dans le Morbihan (UDASEA, enfants un peu plus âgés 5-9 ans).

La thèse issue de cette étude est en ligne : "Inclusion scolaire et mise en place d’un accompagnement médico-psychologique précoce pour les enfants présentant un Trouble du Spectre de l’Autisme" par Gaëtan Briet
http://www.theses.fr/2019REN20020

A noter qu'un seul enfant sur 18 était verbal.

L'autre, le projet AUTISCOL, est en cours et concerne 78 enfants.

Le plus intéressant a été le rôle joué par les pairs neurotypiques. La rédaction d'un guide est en cours.

Son intervention a été suivie de celle de Bertrand Monthubert, pilote du projet Aspie Friendly, pour l'inclusion de personnes autistes dans l'enseignement supérieur, à la suite du rapport de Josef Schovanec sur l'emploi des personnes autistes. Il a donné plein d'exemples d'accompagnement, montrant les obstacles mais aussi les adaptations nécessaires et productives. A noter le rôle du DAEU diplôme d'accès aux études universitaires) pour ceux qui n'ont pas eu le bac et le rôle de la téléformation, la réflexion sur les examens.

https://aspie-friendly.fr/
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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#44 Message par Jean » mercredi 9 octobre 2019 à 21:55

Cet après-midi, table ronde traditionnelle de l'université d'automne de l'ARAPI, qui, rappelons-le, regroupe professionnels et parents. Elle était animée d'uen main de fer par Dominique Donnet-Kamel, parent du Comité scientifique de l'ARAPI.

Cela a permis aux présidentes des 2 grandes associations, Danièle Langloys pour Autisme France, et Christine Meignien pour Sesame Autisme, à Sophie Biette, représentante autisme à l'UNAPEI, de faire un tour d'horizon sur la question de la qualité de vie des familles, mais aussi des professionnels, en lien avec la politique de l'autisme. Donata Pagetti, d'autisme Europe, de la fédération italienne du handicap a donné un contre point international.
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Re: [Revue] Le bulletin scientifique de l'ARAPI

#45 Message par Jean » mercredi 9 octobre 2019 à 23:02

Ce matin, le Dr Hélène Vulser, responsable du centre de diagnostic et d'évaluation adultes de la Pitié Salpêtrière a planché sur "autisme et troubles mentaux à l'âge adulte".

Elle a développé le fait que le diagnostic à cet âge est plus difficile, à cause l'histoire du développement plus difficile (absence des parents, non coopération, biais de la mémorisation dans l'ADI), des comorbidités fréquentes pouvant masquer l'autisme, et des symptômes similaires, notamment les troubles de la personnalité ou les troubles des interactions sociales.

Pour ces derniers, j'ai été scotché d'entendre qu'ils concernaient 15 à 20% de la population générale. M^me çà, ce n'est pas un monopole des autistes !

Dans le diagnostic différentiel, il faut tenir compte du fait que l'ADOS le permet difficilement. Ainsi, dans la schizophrénie, il n'y a que 3 items différents de ceux ayant le diagnostic de TSA. Dans l'anorexie, 20% dépassent le seuil des TSA, mais c'est ramené à 8% après prise en compte de l'histoire développementale.

En fin de compte, dans son centre, 50% des adultes n'ont pas de TSA (cela peut monter à 90% dans d'autres centres).

Elle explique cela par la médiatisation du syndrome d'Asperger (explosion des demandes de diagnostic après émission en traitant), et par les tests sur Internet.

La demande de diagnostic exprime une revendication identitaire très forte. Cela se traduit par des inscriptions pour le diagnostic dans plusieurs centres et dans le privé, mais aussi dans le fait que certains apprennent les symptômes sur internet, qu'ils vont réciter ensuite lors de l’évaluation.

De plus en plus de centres demandent une évaluation psychiatrique avant le bilan. Le Dr Vulser admet que cela peut gêner d'authentiques personnes TSA.

Intérêts de cette évaluation :
- les troubles des interactions sociales sont présents dans d'autres troubles mentaux, largement supérieurs aux TSA;
- il y a une grande méconnaissance des diagnostics différentiels, car certains n'ont jamais consulté de psychiatre, et peuvent y trouver des réponses;
- cela permet de prendre en charge avant l'évaluation TSA une situation urgente, comme des idées suicidaires, ou une autre pathologie, comme la dépression (qui influence l'ADOS);
- cela permet une réorientation :
  • *pas de TSA;
    * TSA avec comorbidités.
Le centre de la Pitié accompagne les psychiatres dans cette période. Cela peut être des psychiatres de l'hôpital.

Dans la pratique, ce détour n'est pas un frein : si les personnes veulent une évaluation diagnostique TSA, les psychiatres feront quand même le mot pour le centre de diagnostic.

Le Dr Vulser développera ensuite sur l'impressionnant tableau des comorbidités ou troubles associés, suivant les définitions actuelles.

Elle parle de continuum chez les mères d'enfants TSA.

On connait désormais les risques de mortalité par suicide, mais elle pointe aussi le fait que les autistes avec déficience intellectuelle, il y a 22 fois plus de risque de mortalité du fait des troubles du comportement.

Pour l'addiction aux substances, elle considère que les études ne sont pas en faveur de la surreprésentation.

En conclusion, elle estime qu'au moment du diagnostic d'adultes TSA il faut :
- diagnostiquer systématiquement les comorbidités;
- évaluer le risque suicidaire;
- adapter l'évaluation.

Et si le diagnostic a été donné quand ils étaient enfants, il faut que les psychiatres adultes soient formés aux TSA.
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

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