Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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Bloat
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#61 Message par Bloat » lundi 23 avril 2018 à 15:15

Benoit a écrit :
Bloat a écrit :Comme rappelé :
Ca fait deux fois qu'on me rappele un truc que je n'ai pas écrit.
Non, je rappelle ce qu'a écrit dcaius, c'est inscrit dans l'intitulé de la citation.
Benoit a écrit :Ouais, les Etats-Unis ont une attitude totalement objective sur leurs camps de re-concentration dans leur pourtant courte histoire coloniale (Philippines) ou leur façon de traiter les "ennemis japonais" sur leur sol pendant la guerre.
Ce qui n'a aucun rapport avec la relation entre Asperger et les crimes nazis...
Benoit a écrit :l'article exclu totalement que H. Asperger ait été un nazi ou qu'il ait quoique ce soit de similaire entre lui et Mengele. (lequel a perduré dans ses convictions pendant toute sa vie).
« Nazi » dans le sens « membre du parti nazi », non, on le savait depuis toujours ; dans le sens « affinités certaines avec l'idéologie nazie », si et justement, c'est l'objet de l'article !

(Au passage je rappelle qu'il y a deux publications simultanées mais bien différentes dans leur portée :
  • le livre grand public d'Edith Sheffer Asperger’s Children où l'autrice utilise les liens entre Asperger et les Nazis pour décrédibiliser le diagnostic établi par Asperger et en profite pour l'exclure de l'autisme ; il faut remettre ce dernier point dans le contexte social particulier de l'autisme aux Etats-Unis où, pour simplifier, deux camps s'affrontent sur la façon de considérer et traiter les personnes autistes ;
  • l'article scientifique, c'est-à-dire soumis à comité de lecture, d'Herwig Czech dans le Journal of Molecular Autism, The child must be an unbearable burden to her mother. Hans Asperger, National Socialism and Race Hygiene in WWII Vienna. où l'auteur décrit les liens entre Asperger et les Nazis et conclue que, d'après lui, ces liens (quelle que soit leur gravité) ne doivent pas être utilisées pour renommer le syndrome.

De toute manière, « syndrome d'Asperger » est une appellation en voie de disparition, désuète aux Etats-Unis depuis le dernier DSM-5 et très probablement dans le reste du monde quand la CIM-11 sera publiée.)
Modifié en dernier par Bloat le lundi 23 avril 2018 à 15:27, modifié 1 fois.
diagnostiqué « trouble du spectre de l'autisme sans déficit intellectuel [...] associé à un profil cognitif haut potentiel »

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Benoit
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#62 Message par Benoit » lundi 23 avril 2018 à 15:26

Personnellement, la raison qui pourrait me géner d'employer le terme Asperger c'est sa vision "utilitaire" des personnes autistes Asperger, qui n'est pas sans rappeler certains questionnements actuels sur la question de "l'éducation" des autistes.

D'après ma compréhension de l'article, il a gardé cette vision "objectiviste" toute sa vie.

Si on pouvait faire en sortie que cette "polémique" permet que tout le monde ait à l'esprit cette question de l'"utilité" des autistes, et le fait que raisonner en ces termes constitue un problème toujours aujourd'hui, ça serait bien.
Ce qui n'a aucun rapport avec la relation entre Asperger et les crimes nazis...
Pas plus que ta référence avec la France, terre de résistants...
La question de la mémoire se pose partout, l'Histoire est écrite par ceux qui sont en position de l'écrire.
« Nazi » dans le sens « membre du parti nazi », non, on le savait depuis toujours ; dans le sens « affinités certaines avec l'idéologie nazie », si et justement, c'est l'objet de l'article !
L'idéologie nazie comme tu dis, elle n'était pas circonscrite au parti nazi à l'époque, H. Asperger était un produit de son temps, pas un saint, mais pas un monstre non plus.
On a toujours en France une association dont le but est d'erradiquer les gênes de l'autisme, je ne pense pas qu'on les accuse de nazisme.
De toute manière, « syndrome d'Asperger » est une appellation en voie de disparition, désuète aux Etats-Unis depuis le dernier DSM-5 et très probablement dans le reste du monde quand la CIM-11 sera publiée.)
J'en doute fortement.
Identifié Aspie (広島, 08/10/31) Diagnostiqué (CRA MP 2009/12/18)

話したい誰かがいるってしあわせだ

Être Aspie, c'est soit une mauvaise herbe à éradiquer, soit une plante médicinale à qui il faut permettre de fleurir et essaimer.

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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#63 Message par Flower » lundi 23 avril 2018 à 15:56

Même dans le sens "affinités certaines avec l'idéologie nazie", l'étude n'aboutit pas à un résultat clair. Probablement parce que cette idéologie ne s'est pas construite dans un vide complet mais dans un contexte où certaines idées étaient courantes même parmi des gens qui n'étaient pas nazis. En particulier en ce qui concerne la gestion du handicap. Et il avait des membres du parti nazi qui n'étaient en fait pas nazis mais qui n'avaient pas le choix. A part pour ceux qui étaient particulièrement visibles et ceux qui ont commis des atrocités (comme Mengele), il est très difficile de séparer ce qui venait du contexte général et ce qui relevait d'une réelle adhésion à l'idéologie nazie jusque dans ses extrêmes. Il est très probable que la plupart des gens n'étaient même pas vraiment conscients du contenu exact de cette idéologie, ils ne voyaient que les belles promesses. Et ensuite, beaucoup ne voulaient pas voir et avaient peur.
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.

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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#64 Message par Meddio » mardi 24 avril 2018 à 15:07

Réédité avec la référence exacte :

"Je me souviens que quelqu'un avait mentionné, il y a bien des années, que Hans Asperger avait dit que les adultes avec un trouble autistique de la personnalité pouvaient devenir des décrypteurs talentueux de codes, leurs aptitudes en mathématiques et en cryptographie pouvant être appréciées par les agences de renseignement militaire. Dans son article publié en 1938, Hans Asperger s'élevait contre la loi nazie pour la "prévention des maladies héréditaires chez notre descendances". Il semble que son idée était d'éviter que les enfants avec un trouble autistique de la personnalité ne soient arrachés à leurs parents et tués, cela en soulignant leurs compétence et donc en mettant en avant l'atout qu'ils pouvaient représenter pour l'armée. Il était certainement un homme courageux pour défier la doctrine nazie.

Il y a quelque années, lorsque j'ai rencontré à Zurich sa fille, Maria, je lui ai demandé s'il était vrai qu'il avait fait ces remarques sur la cryptographie, elle m'a répondu d'un oui emphatique. Elle a aussi expliqué qu'il était considéré comme suspect par les autorités nazies. J'ai expliqué à Maria que ses commentaires étaient remarquablement astucieux et que pendant la Seconde Guerre mondiale, les services de renseignement britanniques avaient tiré vénéfice des particularités du Syndrome d'Asperger que présentaient les mathématiciens ayant contribué à décrypter le code allemand Enigma. Leur contribution à l'achèvement du conflit était inestimable."*

Voilà, pour le passage auquel je faisais allusion.




*Le Syndrome d'Asperger Guide complet, Attwood, p. 404
Diagnostiqué SA et HPI

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Jean
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#65 Message par Jean » mercredi 2 mai 2018 à 21:26

Why Did It Take So Long to Expose Hans Asperger's Nazi Ties?

Suspicions dogged the autism researcher for years, but they were largely unverifiable, until now.

John Donvan Apr 25, 2018

https://www.theatlantic.com/science/arc ... es/558872/
Spoiler : Article original : 
Why Did It Take So Long to Expose Hans Asperger's Nazi Ties?

Suspicions dogged the autism researcher for years, but they were largely unverifiable, until now.

At least no one ever put up a prominent statue to Hans Asperger, so we are spared the scene where they bring in the crane to drag another historical figure down from his pedestal. But essentially, that is what has just happened to Asperger, the Austrian pediatrician who lent his name to the syndrome that recognized autistic traits in verbally fluent individuals who demonstrate superior intelligence and creativity. As the current issue of the scholarly journal Molecular Autism makes clear in specific detail, Asperger, who lived and worked in wartime Vienna, not only went along with the Nazi project to murder disabled children—in some ways, he facilitated it, putting his expert’s signature on documents that dispatched such children to facilities where they were murdered. The new, novella-length study by the medical historian Herwig Czech answers many of the questions that have dogged Asperger for decades, except for one: why it took so long for the story to come out in full.

Two things have protected Asperger’s reputation up till now. The first was a geographical and language barrier. Asperger, who lived between 1906 and 1980, never published in English, and spent almost no part of his professional life outside of Austria. This mundane fact proved critical. Starting at the conclusion of World War I—when scientists from Belgium, France, and the United Kingdom shut out their German and Austrian peers from Western European conferences, journals, and the like—the German language began to lose its position as a lingua franca of science and research. English started to take over. Moreover, following World War II, there was a taint to virtually all Nazi-era medical scholarship, owing to the disgusting and well-documented ethical breaches associated with some of the research conducted. This unquestionably dampened international discussion of Asperger’s ground-breaking 1944 paper, in which he wrote about four intellectually capable but socially struggling Austrian boys and for the first time described the syndrome that he called “autistic psychopathy.”

For the next four decades, that paper went virtually unnoticed and was minimally cited in the main centers researching autism, which were located in Britain and the United States. It was only in 1981 that the influential British psychiatrist Lorna Wing drew attention to it. Wing was just then beginning to develop the now familiar concept of the autism spectrum, and saw Asperger’s account of autistic psychopathy as an important demonstration of autistic traits in a wider range of individuals than previously documented. Historically, the autism label had been used more narrowly, applied to individuals profoundly challenged in areas like learning, communication, or self-care. For the sake of discussion around the Austrian’s work, she also urged adoption of a less jarring name for it: Asperger’s syndrome.

Thus did the syndrome become famous, but not the man, who died the year before Wing told a wider world about his work, and about whom that wider world knew essentially nothing. In that vacuum, just a few people in the English-speaking world began asking questions.

One of the earliest was Eric Schopler, a psychologist at the University of North Carolina who had been running an innovative education program there for autistic people since 1971. Schopler was an immigrant, having fled Europe as a child with his Jewish family, and among the first English speakers to raise suspicions about Asperger—though he never made a compelling case for them. In the late 1980s, he was openly maligning the quality of Asperger’s work, while making cloaked suggestions that Asperger was, at a minimum, a Nazi sympathizer. Influential among autism experts into the early 2000s, Schopler apparently never made any real effort to substantiate his suspicions. Yet his comments stirred up a cloud of rumors, and others started asking questions.

Following Schopler was the Yale psychologist Fred Volkmar, another major figure in the autism field. In 1993, he was on the committee appointed to investigate whether Asperger’s syndrome merited inclusion in the Diagnostic and Statistical Manual—the main reference book used for coding mental diagnoses. The committee was trying to judge the syndrome’s clinical validity. But Volkmar told me in an interview that he was also concerned about the reputation question, since there was honor attached to being named in the DSM. He made a transatlantic phone call to the only person he knew who had ever met Asperger—Lorna Wing—and asked her point blank whether she knew anything about Asperger being a Nazi. Wing was shocked at the question, and, although she had only met Asperger once, for tea and conversation, she apparently felt compelled to vouch for him. She, too, did not actually have much information, but she knew him to be a religious man, and shared that with Volkmar. As exculpating evidence, it was thin, but there was no known evidence on the other side. In 1994, when a new edition of the DSM appeared, Asperger’s syndrome was listed in it.

A few years later, a second Yale psychologist, Ami Klin—who now leads the Marcus Autism Center at Children’s Healthcare of Atlanta and Emory University School of Medicine—attempted a more comprehensive investigation, ahead of copublishing an academic book to be titled Asperger Syndrome. Klin went as far as reaching out to various archives and research centers in Germany and Austria, and shared that correspondence with me for my research. “We would like to be able to write that he was a benevolent doctor,” he wrote to one historian. “But we are not sure of that.” The answer that came back from that same historian was ambivalent: Records were hard to come by, and while Asperger certainly worked and survived in a Nazi-dominated professional environment—which should be grounds for caution—he never joined the Nazi party, and there was no evidence implying he’d been personally involved in its immoral enterprise. Klin went with the benefit of the doubt, and published a book whose foreword, written by Asperger’s daughter, described Asperger’s “lifelong interest in and his curiosity about all living creatures,” and his opposition to Nazi determinism.

In 2016, along with my coauthor Caren Zucker, I published a social history of autism that laid out the story of people asking these questions, and the lack of clear answers. But we also explored a corollary development: the growing popularity of a version of Asperger that was the complete opposite of the possible Nazi sympathizer Eric Schopler had been whispering about. This story asserted that Asperger, far from working with Nazis, was secretly working against them, and was actively saving vulnerable children’s lives. This narrative, which proved amazingly durable in the absence of confirmable facts to back it up, was the second thing shielding Asperger’s reputation.

This version of Asperger was built with just a few available data points. Those included comments made about Asperger’s virtue by his children as adults; praise for his character by people who worked with him long after the war years; a line from a talk he once gave concerning challenged children, in which he asserted that “not everything that falls out of line” need be considered “inferior”; and, most critically, Asperger’s own testimony in a 1974 interview, in which he said that he twice had close calls with gestapo.

But making this narrative work also required a certain selective memory. In some early public statements Asperger made, he sounded unmistakably enthusiastic about what was going on in Nazi medicine and genetics. In 1938, months after Austria was welded to Hitler’s Germany, Asperger gave a public talk in which he hailed the new era, and embraced the principle that “the Volk is more important than any single individual”—the central tenet of fascism. Further, he expressed support for the regime’s goal “to prevent the passing on of diseased heredity,” which was how the Nazis justified euthanasia of disabled people.

These statements alone might seem fatal to the hero story, but some argued that Asperger was only saying those things to throw the Gestapo off the scent. This transformation of a Vienna pediatrician into a wily resistance figure—credited by one writer with making “deft chess moves” against the Nazis—was enormously appealing. It gave professionals working in the autism field an inspiring forebear, and was also an attractive characterization for people given the Asperger’s diagnosis, many of whom, since the late 1990s, had been building a kind of pride movement in response to lifetimes of rejection, bullying, and isolation. The Asperger resistance story wasn’t crucial to fighting the condition’s stigma, but it didn’t hurt—it was a nice add-on for those who sometimes spoke of their “Aspie pride.”

I found it appealing too, and in the first draft of my book’s short chapter on Asperger’s past I described the resistance narrative as standing up to “a fair-minded analysis,” in the absence of solid countervailing evidence.

Then, in the spring of 2014, six or so months before my deadline, I got a call from Jeremiah Riemer, the freelance translator I’d asked to check the English translation I was using to quote Asperger’s writing in German. Riemer asked me if I’d ever heard of Herwig Czech—the historian whose work has just appeared in Molecular Autism. It seems my friend, frankly suspicious of the hero narrative (which he said had a great deal to do with being a Jew well acquainted with the history of postwar patterns of Austrian denial of responsibility), had googled around in German, and come across an interview Czech gave to an Austrian newspaper raising questions. I had never heard of Czech, but we were to become well acquainted over the next two years, as he gradually shared with my coauthor and me most of the details that he has now made public in full.
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At the start, I found it difficult to accept what he was telling us over email and Skype calls: that Asperger, after examining numerous disabled children, had signed documents recommending their placement in the pseudo-hospital called Am Spiegelgrund, where, his follow-up work showed, they had been murdered. With my coauthor, I flew to Vienna, where Czech laid out the documents, showed us Asperger’s signature, and walked us around the grounds of Am Speigelgrund and into the building where the marked children waited to die—a place that was the more chilling for actually looking like an ordinary ward.

Here, at last, was a researcher who bridged the language barrier, and knew his way around an archive. Czech was able to provide what had been missing before: minute, documentable detail, which made clear that the hero story was a fantasy.

Zucker and I included Czech’s findings on Asperger in our book, but it did not deal a lethal blow to the myth. Out on press tour, we found that most reviewers and interviewers representing general audiences were far more interested in other aspects of autism’s history than the character of one distant Austrian, and unfamiliar with the resistance narrative anyway. Among those more directly connected to autism, we encountered some who were stunned and dismayed, but we also got pushback from people who charged us with sensationalism, fabrication, and Nazi baiting. Quite reasonably, some thought it better to withhold judgement until Czech’s work was peer-reviewed and fully published.

Now that it has been, this does appear to be, at long last, Hans Asperger’s crane moment. But the disgrace of the man’s actions does not negate the value of his clinical insights, nor does it reflect negatively, in the slightest way, on individuals who were at one time given the Asperger’s diagnosis. I say “at one time” because the DSM dropped Asperger’s in 2013, for being clinically problematic in practice. The change shifted most Asperger’s-diagnosed individuals into an updated and broader diagnosis called “autism spectrum disorder.” Since then, most (but not all) of the people I know with the old diagnosis have stopped using it, instead calling themselves, simply, “autistic.” Which, given what we’ve now learned, may be just as well.
Spoiler : Article traduit par DeepL : 
Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour exposer les liens nazis de Hans Asperger ?

Les soupçons ont poursuivi le chercheur sur l'autisme pendant des années, mais ils étaient largement invérifiables, jusqu'à présent.

Au moins personne n'a jamais mis en place une statue proéminente à Hans Asperger, de sorte que nous sommes épargné la scène où ils amènent la grue pour traîner une autre figure historique de son piédestal. Mais c'est essentiellement ce qui vient d'arriver à Asperger, le pédiatre autrichien qui a donné son nom au syndrome qui reconnaissait les traits autistiques chez les personnes qui parlent couramment et qui font preuve d'une intelligence et d'une créativité supérieures. Comme l'indique clairement le numéro actuel de la revue scientifique Molecular Autism, Asperger, qui a vécu et travaillé en temps de guerre à Vienne, n'a pas seulement suivi le projet nazi d'assassiner des enfants handicapés - d'une certaine manière, il l'a facilité, en apposant la signature de son expert sur les documents qui envoyaient ces enfants dans les établissements où ils ont été assassinés. La nouvelle étude de l'historien médical Herwig Czech répond à de nombreuses questions qui préoccupent Asperger depuis des décennies, à l'exception d'une seule : pourquoi il a fallu tant de temps pour que l'histoire soit publiée dans son intégralité.

Jusqu'à présent, deux choses ont protégé la réputation d'Asperger. La première était une barrière géographique et linguistique. Asperger, qui a vécu entre 1906 et 1980, n'a jamais publié en anglais et n'a passé presque aucune partie de sa vie professionnelle en dehors de l'Autriche. Ce fait banal s'est avéré critique. À partir de la fin de la Première Guerre mondiale - lorsque les scientifiques de Belgique, de France et du Royaume-Uni ont exclu leurs pairs allemands et autrichiens des conférences, revues, etc. d'Europe occidentale - la langue allemande a commencé à perdre sa position de lingua franca de la science et de la recherche. L'anglais a commencé à prendre le relais. De plus, après la Seconde Guerre mondiale, presque tous les travaux de recherche médicale de l'ère nazie ont été entachés, en raison des manquements éthiques répugnants et bien documentés associés à certaines des recherches effectuées. Cela a sans aucun doute freiné la discussion internationale sur le document d'Asperger de 1944, dans lequel il a écrit sur quatre garçons autrichiens intellectuellement capables mais qui luttent socialement et a décrit pour la première fois le syndrome qu'il a appelé "psychopathie autiste".

Pendant les quatre décennies suivantes, ce document est passé pratiquement inaperçu et a été très peu cité dans les principaux centres de recherche sur l'autisme, qui se trouvaient en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Ce n'est qu'en 1981 que l'influente psychiatre britannique Lorna Wing a attiré l'attention. Wing commençait à peine à développer le concept désormais familier du spectre autistique, et considérait le récit d'Asperger sur la psychopathie autistique comme une importante démonstration de traits autistiques chez un plus grand nombre de personnes que ce qui avait été documenté précédemment. Historiquement, l'étiquette de l'autisme avait été utilisée de façon plus étroite, appliquée à des personnes profondément handicapées dans des domaines comme l'apprentissage, la communication ou l'autosoins. Pour le bien de la discussion autour du travail de l'Autrichienne, elle a également encouragé l'adoption d'un nom moins contraignant : Le syndrome d'Asperger.

C'est ainsi que le syndrome est devenu célèbre, mais pas l'homme, qui est mort l'année avant que Wing ne parle de son travail à un monde plus large, et sur qui ce monde plus large ne savait essentiellement rien. Dans ce vide, seules quelques personnes dans le monde anglophone ont commencé à poser des questions.

L'un des plus anciens était Eric Schopler, psychologue à l'Université de Caroline du Nord, qui y dirigeait un programme d'éducation novateur pour les personnes autistes depuis 1971. Schopler était un immigrant, ayant fui l'Europe lorsqu'il était enfant avec sa famille juive, et l'un des premiers anglophones à se méfier d'Asperger - bien qu'il n'ait jamais fait valoir un argument convaincant en leur faveur. À la fin des années 1980, il dénigrait ouvertement la qualité de l'œuvre d'Asperger, tout en laissant entendre qu'Asperger était, à tout le moins, un sympathisant nazi. Influent parmi les experts de l'autisme jusqu'au début des années 2000, Schopler n'a apparemment jamais fait de réels efforts pour étayer ses soupçons. Pourtant, ses commentaires ont fait naître un nuage de rumeurs, et d'autres ont commencé à poser des questions.

Après Schopler, le psychologue de Yale Fred Volkmar, une autre figure majeure dans le domaine de l'autisme. En 1993, il faisait partie du comité chargé de déterminer si le syndrome d'Asperger méritait d'être inclus dans le Manuel diagnostique et statistique - le principal ouvrage de référence utilisé pour coder les diagnostics mentaux. Le comité essayait de juger de la validité clinique du syndrome. Mais Volkmar m'a dit dans une interview qu'il était également préoccupé par la question de la réputation, puisqu'il y avait l'honneur d'être nommé dans le DSM. Il a fait un appel téléphonique transatlantique à la seule personne qu'il connaissait qui avait jamais rencontré Asperger-Lorna Wing- et lui a demandé à bout portant si elle savait quelque chose sur le fait qu'Asperger était un Nazi. Wing a été choquée par la question et, bien qu'elle n'ait rencontré Asperger qu'une seule fois, pour le thé et la conversation, elle s'est apparemment sentie obligée de se porter garante pour lui. Elle aussi n'avait pas beaucoup d'informations, mais elle savait qu'il était un homme religieux et l'a partagé avec Volkmar. Comme preuve à décharge, elle était mince, mais il n'y avait pas de preuve connue de l'autre côté. En 1994, lorsqu'une nouvelle édition du DSM est apparue, le syndrome d'Asperger y figurait.

Quelques années plus tard, une deuxième psychologue de Yale, Ami Klin - qui dirige maintenant le Marcus Autism Center at Children's Healthcare d'Atlanta et l'Emory University School of Medicine- a tenté une enquête plus approfondie, avant de co-publier un livre académique intitulé Asperger Syndrome. Klin est allé jusqu'à s'adresser à divers centres d'archives et de recherche en Allemagne et en Autriche, et a partagé cette correspondance avec moi pour mes recherches. "Nous aimerions pouvoir écrire qu'il était un médecin bienveillant ", a-t-il écrit à un historien. "Mais nous n'en sommes pas sûrs." La réponse de ce même historien était ambivalente : Les documents étaient difficiles à obtenir, et bien qu'Asperger ait certainement travaillé et survécu dans un environnement professionnel dominé par les nazis - ce qui devrait être un motif de prudence - il n'a jamais rejoint le parti nazi, et il n'y avait aucune preuve qu'il avait été personnellement impliqué dans son entreprise immorale. Klin alla avec le bénéfice du doute et publia un livre dont l'avant-propos, écrit par la fille d'Asperger, décrivait l'intérêt et la curiosité d'Asperger pour toutes les créatures vivantes et son opposition au déterminisme nazi.

En 2016, avec ma coauteure Caren Zucker, j'ai publié une histoire sociale de l'autisme qui raconte l'histoire de personnes qui posent ces questions et le manque de réponses claires. Mais nous avons également exploré un développement corollaire : la popularité croissante d'une version d'Asperger qui était le contraire du sympathisant nazi possible, Eric Schopler. Cette histoire affirmait que Asperger, loin de travailler avec les nazis, travaillait secrètement contre eux et sauvait activement la vie d'enfants vulnérables. Ce récit, qui s'est avéré étonnamment durable en l'absence de faits confirmables, était la deuxième chose qui protégeait la réputation d'Asperger.

Cette version d'Asperger a été construite avec seulement quelques points de données disponibles. Il s'agit notamment de commentaires sur la vertu d'Asperger par ses enfants en tant qu'adultes ; de louanges pour son caractère par des gens qui ont travaillé avec lui longtemps après la guerre ; d'une phrase d'un discours qu'il a déjà donné au sujet des enfants en difficulté, dans lequel il a affirmé que "tout ce qui tombe en dehors de la ligne ne doit pas être considéré comme "inférieur" ; et, ce qui est plus critique, le témoignage d'Asperger lui-même dans une interview de 1974, dans laquelle il a dit qu'il a eu deux fois des contacts étroits avec la gestapo.

Mais la réalisation de ce travail narratif exigeait aussi une certaine mémoire sélective. Dans certaines des premières déclarations publiques faites par Asperger, il semblait indubitablement enthousiaste au sujet de ce qui se passait dans la médecine et la génétique nazies. En 1938, quelques mois après que l'Autriche ait été soudée à l'Allemagne d'Hitler, Asperger a donné une conférence publique dans laquelle il a salué la nouvelle ère, et a embrassé le principe que " le Volk est plus important que n'importe quel individu " - le principe central du fascisme. En outre, il a exprimé son soutien à l'objectif du régime " d'empêcher la transmission de l'hérédité malade ", qui était la manière dont les nazis justifiaient l'euthanasie des personnes handicapées.

Ces seules déclarations peuvent sembler fatales à l'histoire du héros, mais certains ont fait valoir qu'Asperger ne disait ces choses que pour jeter la Gestapo hors de l'odeur. Cette transformation d'un pédiatre viennois en un personnage de résistance rusé - crédité par un écrivain qui a fait des "coups d'échecs adroits" contre les nazis - était extrêmement séduisante. Il a donné aux professionnels travaillant dans le domaine de l'autisme un ancêtre inspirant, et a également été une caractérisation attrayante pour les personnes ayant reçu le diagnostic d'Asperger, dont beaucoup, depuis la fin des années 1990, avaient construit une sorte de mouvement de fierté en réponse à des vies de rejet, d'intimidation et d'isolement. L'histoire de la résistance d'Asperger n'était pas cruciale pour combattre la stigmatisation de la maladie, mais elle n'a pas fait mal - c'était une belle addition pour ceux qui parlaient parfois de leur "fierté d'Aspie".

J'ai trouvé cela attrayant aussi, et dans la première ébauche du court chapitre de mon livre sur le passé d'Asperger, j'ai décrit le récit de la résistance comme étant à la hauteur d'une " analyse équitable ", en l'absence d'une solide preuve compensatoire.

Puis, au printemps 2014, environ six mois avant la date limite, j'ai reçu un appel de Jeremiah Riemer, le traducteur indépendant que j'avais demandé de vérifier la traduction anglaise que j'utilisais pour citer les écrits d'Asperger en allemand. Riemer m'a demandé si j'avais déjà entendu parler de Herwig Czech, l'historien dont le travail vient de paraître dans le domaine de l'autisme moléculaire. Il semble que mon ami, franchement méfiant à l'égard du récit du héros (qui, selon lui, avait beaucoup à voir avec le fait d'être un juif bien au courant de l'histoire de l'après-guerre du déni de responsabilité de l'Autriche), avait cherché sur Google en allemand, et il est tombé sur une interview donnée par un Tchèque à un journal autrichien qui soulevait des questions. Je n'avais jamais entendu parler du tchèque, mais nous devions faire connaissance au cours des deux années suivantes, car il a progressivement partagé avec mon coauteur et moi-même la plupart des détails qu'il a rendus publics.

Au début, j'ai eu du mal à accepter ce qu'il nous disait par courriel et par Skype : Asperger, après avoir examiné de nombreux enfants handicapés, avait signé des documents recommandant leur placement dans le pseudo-hôpital Am Spiegelgrund, où son travail de suivi a montré qu'ils avaient été assassinés. Avec mon coauteur, j'ai pris l'avion pour Vienne, où le tchèque a déposé les documents, nous a montré la signature d'Asperger, et nous a promenés sur le terrain d'Am Speigelgrund et dans le bâtiment où les enfants marqués attendaient de mourir - un endroit qui était le plus effrayant pour ressembler à une salle ordinaire.

Voici enfin un chercheur qui a franchi la barrière de la langue et qui connaissait son chemin dans les archives. Le tchèque a été en mesure de fournir ce qui manquait auparavant : des détails minutieux et documentables qui indiquaient clairement que l'histoire du héros était une fantaisie.

Zucker et moi avons inclus les conclusions de Czech sur Asperger dans notre livre, mais cela n'a pas porté un coup mortel au mythe. En tournée de presse, nous avons constaté que la plupart des critiques et des intervieweurs représentant le grand public s'intéressaient beaucoup plus à d'autres aspects de l'histoire de l'autisme que le personnage d'un Autrichien lointain, et qu'ils ne connaissaient pas le récit de la résistance de toute façon. Parmi ceux qui sont plus directement liés à l'autisme, nous avons rencontré des gens qui ont été stupéfaits et consternés, mais nous avons aussi été repoussés par des gens qui nous ont accusé de sensationnalisme, de fabrication et d'appât nazi. Assez raisonnablement, certains pensaient qu'il valait mieux ne pas porter de jugement jusqu'à ce que les travaux du Tchèque soient examinés par des pairs et entièrement publiés.

Maintenant qu'il l'a été, cela semble être, enfin, le moment de la grue de Hans Asperger. Mais la disgrâce des actions de l'homme ne nie pas la valeur de ses intuitions cliniques, ni ne reflète négativement, de la moindre manière, sur des individus qui ont été à un moment donné le diagnostic d'Asperger. Je dis "à un moment donné" parce que le DSM a laissé tomber le syndrome d'Asperger en 2013, pour être cliniquement problématique dans la pratique. Le changement a transformé la plupart des personnes diagnostiquées par Asperger en un diagnostic actualisé et plus large appelé " trouble du spectre autistique ". Depuis lors, la plupart (mais pas toutes) des personnes que je connais avec l'ancien diagnostic ont cessé de l'utiliser, au lieu de s'appeler, simplement, "autiste". Ce qui, compte tenu de ce que nous avons appris, est peut-être aussi bien.
Modération (Tugdual) : Ajout de l'article et de sa traduction (pour test).
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#66 Message par Jean » jeudi 3 mai 2018 à 0:36

Pourquoi cela a-t-il été si long d'exposer les liens nazis de Hans Asperger?
Des soupçons ont pesé sur le chercheur en autisme pendant des années, mais ils étaient en grande partie invérifiables, jusqu'à maintenant.
Image
Un mémorial pour les enfants assassinés à « Am Spiegelgrund », y compris les patients de Hans Asperger Ronald Zak / AP
John Donvan
25 avril 2018

Au moins, personne n'a jamais érigé une statue d'Hans Asperger, alors nous sommes épargnés de la scène où on apporte la grue pour faire glisser une autre figure historique de son piédestal. Mais essentiellement, c'est ce qui vient d'arriver à Asperger, le pédiatre autrichien qui a prêté son nom au syndrome qui reconnaît les traits autistiques chez les individus verbaux qui font preuve d'intelligence et de créativité supérieures. Asperger, qui vécut et travailla en temps de guerre à Vienne, ne se contenta pas de suivre le projet nazi d'assassinat d'enfants handicapés. Il le facilita d'une certaine façon. En signant les documents qui ont envoyé ces enfants dans des établissements où ils ont été assassinés. La nouvelle étude de l'historien de la médecine Herwig Czech répond à de nombreuses questions qui ont hanté [le syndrome d'] Asperger pendant des décennies, à l'exception d'une : pourquoi il a fallu si longtemps pour que l'histoire soit publiée dans son intégralité.
Deux choses ont protégé la réputation d'Asperger jusqu'à maintenant. La première était une barrière géographique et linguistique. Asperger, qui a vécu entre 1906 et 1980, ne publia jamais en anglais et ne passa presque aucune partie de sa vie professionnelle en dehors de l'Autriche. Ce fait banal s'est avéré critique. À partir de la fin de la Première Guerre mondiale - lorsque des scientifiques de Belgique, de France et du Royaume-Uni ont exclu leurs homologues allemands et autrichiens des conférences, journaux et autres journaux d'Europe occidentale - la langue allemande a commencé à perdre sa position de lingua franca [langue de communication] de la science et de la recherche. L'anglais a commencé à prendre le dessus. De plus, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, la quasi-totalité des scientifiques médicaux de l'ère nazie ont été contaminés par les violations dégoûtantes et bien documentées de certaines recherches. Cette discussion internationale incontestablement modeste de l'article révolutionnaire de 1944 d'Asperger, dans lequel il écrit au sujet de quatre garçons autrichiens intellectuellement capables mais socialement en difficulté, et pour la première fois a décrit le syndrome qu'il a appelé «psychopathie autiste».
Au cours des quatre décennies suivantes, cet article est passé presque inaperçu et a été peu cité dans les principaux centres de recherche sur l'autisme, situés en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Ce n'est qu'en 1981 que l'influente psychiatre britannique Lorna Wing a attiré l'attention sur le sujet. Wing commençait alors à développer le concept désormais familier du spectre de l'autisme, et voyait dans la psychopathie autistique d'Asperger une démonstration importante des traits autistiques chez un plus large éventail d'individus que ce qui avait été documenté auparavant. Historiquement, l'étiquette d'autisme avait été utilisée plus étroitement, appliquée à des personnes profondément remises en cause dans des domaines comme l'apprentissage, la communication ou les soins personnels. Pour la discussion autour du travail de l'autrichien, elle a également demandé l'adoption d'un nom moins choquant: le syndrome d'Asperger.
C'est ainsi que le syndrome devint célèbre, mais pas l'homme, qui mourut l'année précédant la présentation par Wing d'un monde plus large au sujet de son travail, et à propos de qui ce monde plus vaste ne savait essentiellement rien. Dans ce vide, quelques personnes dans le monde anglophone ont commencé à poser des questions.
L'un des premiers était Eric Schopler, psychologue à l'Université de Caroline du Nord, qui dirigeait depuis 1971 un programme d'éducation novateur à l'intention des personnes autistes. Schopler était un immigrant, ayant fui l'Europe enfant avec sa famille juive, et parmi les les premiers anglophones à soulever des soupçons sur Asperger, bien qu'il n'ait jamais fait d'arguments convaincants pour cela. À la fin des années 1980, il dénigrait ouvertement la qualité du travail d'Asperger, tout en faisant des suggestions dissimulées selon lesquelles Asperger était, au minimum, un sympathisant nazi. Influent parmi les experts de l'autisme au début des années 2000, Schopler n'a apparemment jamais fait de véritable effort pour étayer ses soupçons. Pourtant, ses commentaires ont soulevé un nuage de rumeurs, et d'autres ont commencé à poser des questions.
Après Schopler était le psychologue de Yale, Fred Volkmar, autre figure majeure dans le domaine de l'autisme. En 1993, il faisait partie du comité chargé d'examiner si le syndrome d'Asperger méritait d'être inclus dans le Manuel diagnostique et statistique - le principal ouvrage de référence utilisé pour coder les diagnostics mentaux. Le comité essayait de juger de la validité clinique du syndrome. Mais Volkmar m'a dit dans une interview qu'il était également préoccupé par la question de la réputation, car il y avait un honneur attaché à être nommé dans le DSM . Il fit un appel transatlantique à la seule personne qu'il connaissait qui avait jamais rencontré Asperger - Lorna Wing et lui demanda si elle savait quoi que ce soit à propos d'Asperger comme étant un nazi. Wing a été choquée par la question et, bien qu'elle n'ait rencontré Asperger qu'une fois, pour le thé et la conversation, elle s'est sentie obligée de se porter garante de lui. Elle aussi n'avait pas beaucoup d'informations, mais elle savait que c'était un homme religieux, et elle partageait cela avec Volkmar. Comme preuve disculpatoire, c'était mince, mais il n'y avait aucune preuve connue de l'autre côté. En 1994, lorsqu'une nouvelle édition du DSM est parue, le syndrome d'Asperger y était répertorié.
Quelques années plus tard, un deuxième psychologue de Yale, Ami Klin - qui dirige maintenant le Marcus Autism Center de la Children's Healthcare d'Atlanta et l'école de médecine Emory University - tente une enquête plus complète avant de publier un livre intitulé Asperger Syndrome . Klin est allé jusqu'à divers centres d'archives et de recherche en Allemagne et en Autriche, et a partagé cette correspondance avec moi pour mes recherches. "Nous aimerions pouvoir écrire qu'il était un médecin bienveillant", écrit-il à un historien. «Mais nous n'en sommes pas sûrs.» La réponse de ce même historien était ambivalente: il était difficile d'obtenir des documents, et Asperger a certainement travaillé et survécu dans un environnement professionnel dominé par les nazis, ce qui devrait être une source de prudence. - Il n'a jamais rejoint le parti nazi, et il n'y avait aucune preuve impliquant qu'il avait été personnellement impliqué dans son entreprise immorale. Klin partit avec le bénéfice du doute et publia un livre dont l'avant-propos, écrit par la fille d'Asperger, décrivait «l'intérêt de toute une vie pour Asperger et sa curiosité pour toutes les créatures vivantes» et son opposition au déterminisme nazi.
En 2016, avec mon co-auteur Caren Zucker, j'ai publié une histoire sociale de l'autisme qui présentait l'histoire des personnes posant ces questions, et le manque de réponses claires. Mais nous avons aussi exploré un développement corollaire: la popularité croissante d'une version d'Asperger qui était le contraire de l'éventuel sympathisant nazi qu'Eric Schopler avait chuchoté. Cette histoire a affirmé qu'Asperger, loin de travailler avec les nazis, travaillait secrètement contre eux et sauvait activement la vie des enfants vulnérables. Ce récit, qui s'est avéré incroyablement durable en l'absence de faits confirmables à l'appui, était la deuxième chose qui protégeait la réputation d'Asperger.
Cette version d'Asperger a été construite avec seulement quelques données disponibles. Cellesx-ci comprenaient des commentaires faits sur la vertu d'Asperger par ses enfants devenus adultes; louange pour son caractère par des gens qui ont travaillé avec lui longtemps après les années de guerre; une ligne d'un discours qu'il a donné un jour concernant les enfants défiés, dans lequel il a affirmé que "tout ce qui tombe hors de la ligne" doit être considéré comme "inférieur"; et, surtout, le propre témoignage d'Asperger dans une interview en 1974, dans lequel il a dit qu'il avait eu deux fois des appels difficiles avec la Gestapo.
Mais faire fonctionner ce récit exigeait aussi une certaine mémoire sélective. Dans certaines des premières déclarations publiques d'Asperger, il avait l'air indubitablement enthousiaste de ce qui se passait dans la médecine et la génétique nazies. En 1938, quelques mois après que l'Autriche fut annexée à l'Allemagne hitlérienne, Asperger donna une conférence publique dans laquelle il salua l'ère nouvelle et embrassa le principe que «le Volk est plus important que n'importe quel individu» - le principe central du fascisme. En outre, il a exprimé son soutien à l'objectif du régime «empêcher la transmission des maladies héréditaires», ce qui était la raison pour laquelle les nazis justifiaient l'euthanasie des personnes handicapées.
Ces déclarations à elles seules peuvent sembler fatales pour l'histoire des héros, mais certains ont soutenu qu'Asperger ne faisait que dire ces choses pour rejeter la Gestapo. Cette transformation d'un pédiatre viennois en une figure rusée de la résistance - crédité par un écrivain de faire des «mouvements habiles d'échecs» contre les nazis - était extrêmement attrayante. Il a donné aux professionnels travaillant dans le domaine de l'autisme un ancêtre d'une bonne inspiration, et a également été une caractérisation attrayante pour les personnes ayant reçu le diagnostic d'Asperger, dont beaucoup, depuis la fin des années 1990, construisaient une sorte de mouvement de fierté en réponse aux moments de rejet, d'harcèlement et d'isolement. L'histoire de la résistance d' Asperger n'était pas cruciale pour combattre le stigmate de la condition, mais cela ne faisait pas de mal - c'était une belle addition pour ceux qui parlaient parfois de leur «fierté d'Aspie».
Je l'ai trouvé attrayant aussi, et dans la première ébauche du petit chapitre de mon livre sur le passé d'Asperger, j'ai décrit le récit de cette résistance comme correspondant à une «analyse impartiale», en l'absence de preuves compensatoires solides.
Puis, au printemps 2014, six mois avant ma date limite, j'ai reçu un appel de Jeremiah Riemer, le traducteur indépendant à qui j'avais demandé de vérifier la traduction en anglais que j'utilisais pour citer les écrits d'Asperger en allemand. Riemer m'a demandé si j'avais déjà entendu parler de Herwig Czech, l'historien dont le travail vient de paraître dans Molecular Autism . Il semble que mon ami, franchement soupçonneux du récit héroïque (qui, selon lui, a beaucoup à voir avec le fait d'être un Juif connaissant bien l'histoire des schémas de responsabilité autrichiens d'après-guerre), a fait des recherches en allemand et a pris connaissance de l'interview que Czech a donné à un journal autrichien soulevant des questions. Je n'avais jamais entendu parler de Czech, mais nous devions nous familiariser au cours des deux prochaines années, en partageant petit à petit avec mon co-auteur et moi-même la plupart des détails qu'il a maintenant rendus publics.
Au début, j'ai eu du mal à accepter ce qu'il nous disait par e-mail et via les appels de Skype : Asperger, après avoir examiné de nombreux enfants handicapés, avait signé des documents recommandant leur placement dans le pseudo-hôpital appelé Am Spiegelgrund, où le travail l'a démontré, ils avaient été assassinés. Avec mon coauteur, je me suis envolé pour Vienne, où Czech a présenté les documents, nous a montré la signature d'Asperger et nous a promenés dans le bâtiment d' Am Speigelgrund et dans le bâtiment où les enfants marqués attendaient de mourir r,essemblant en fait à une salle ordinaire.
Voici enfin un chercheur qui a franchi la barrière de la langue et qui a su se frayer un chemin dans les archives. Czech a été en mesure de fournir ce qui avait manqué auparavant : des détails minutieux, documentables, qui ont clairement montré que l'histoire du héros était un fantasme.
Dans notre livre, Zucker et moi avons inclus les découvertes de Czech sur Asperger, mais cela n'a pas porté un coup mortel au mythe. En tournée de presse, nous avons constaté que la plupart des critiques et des intervieweurs représentant le grand public étaient beaucoup plus intéressés par d'autres aspects de l'histoire de l'autisme que le personnage d'un lointain autrichien et qu'ils ne connaissaient pas le récit de la résistance. Parmi ceux qui sont plus directement liés à l'autisme, nous en avons rencontré quelques-uns qui étaient stupéfaits et consternés, mais nous avons aussi été repoussés par des gens qui nous accusaient de sensationnalisme, de fabrication et d'appâts nazis. Assez raisonnablement, certains ont pensé qu'il valait mieux retenir son jugement jusqu'à ce que le travail de Czech soit revu par des pairs et entièrement publié.
Maintenant que cela l'a été, cela semble être, enfin, le moment de tordre le cou de Hans Asperger. Mais le déshonneur des actions de l'homme ne nie pas la valeur de ses intuitions cliniques, ni ne reflète négativement, de quelque façon, les individus qui ont eu à un moment donné le diagnostic de syndrome d'Asperger. Je dis «en même temps» parce que le DSM a abandonné le syndrome d'Asperger en 2013, pour être cliniquement problématique dans la pratique. Le changement a déplacé la plupart des personnes diagnostiquées par Asperger dans un diagnostic étendu et plus large appelé «trouble du spectre autistique». Depuis lors, la plupart (mais pas toutes) des personnes que je connais avec l'ancien diagnostic ont arrêté de l'utiliser, en s'appelant simplement "Autiste". Ce qui, compte tenu de ce que nous avons maintenant appris, peut être tout aussi bien.

https://www.theatlantic.com/science/arc ... es/558872/
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#67 Message par Jean » mercredi 1 août 2018 à 19:59

La traduction de l'article d'Herwig Czech

29 pages (sans notes et références)
czech Asperger traduction.pdf
(482.28 Kio) Téléchargé 30 fois
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#68 Message par Siobhan » mercredi 1 août 2018 à 21:08

Je trouve le titre original du livre d'Edith Sheffer, qui semble avoir son importance dans cette polémique, "Asperger's Children: The Origins of Autism in Nazi Vienna", répugnant et très tendancieux.

Il me semble qu'on peut facilement lire ce titre de manière débile comme si cela disait : "Les autistes, rejetons et enfants d'Hans Asperger, sont des vestiges de l'allemagne autriche (edit, pardon) nazie".

Et le fait qu'il y ait eu ne serait-ce qu'une petite place laissée dans ce titre pour que l'ont puisse faire cette interprétation me donne envie de gerber.

https://edithsheffer.com/aspergers-children/
Modifié en dernier par Siobhan le mercredi 1 août 2018 à 21:33, modifié 1 fois.
(ex-MudBloodKnowItAll)

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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#69 Message par Siobhan » mercredi 1 août 2018 à 21:30

(désolé, rajout sous forme de double post : )

Sans compter le résumé du livre qui est fait sur le site d'edith Sheffer, lui aussi extrèemement tendancieux je trouve :

source : https://edithsheffer.com/aspergers-children/
A groundbreaking exploration of the chilling history behind an increasingly common diagnosis.

Hans Asperger, the pioneer of autism and Asperger syndrome in Nazi Vienna, has been celebrated for his compassionate defense of children with disabilities. But in this groundbreaking book, prize-winning historian Edith Sheffer exposes that Asperger was not only involved in the racial policies of Hitler’s Third Reich, he was complicit in the murder of children.

As the Nazi regime slaughtered millions across Europe during WWII, it sorted people according to race, religion, behavior, and physical condition for either treatment or elimination. Nazi psychiatrists targeted children with different kinds of minds―especially those thought to lack social skills―claiming the Reich had no place for them. Asperger and his colleagues endeavored to mold certain “autistic” children into productive citizens, while transferring others they deemed untreatable to Spiegelgrund, one of the Reich’s deadliest child-killing centers.

In the first comprehensive history of the links between autism and Nazism, Sheffer uncovers how a diagnosis common today emerged from the atrocities of the Third Reich. With vivid storytelling and wide-ranging research, Asperger’s Children will move readers to rethink how societies assess, label, and treat those diagnosed with disabilities.
(je vais essayer de faire une traduction de ce texte avant pas trop longtemps)

Voici la traduction :
Une fracassante retranscription de la glançante histoire qui se cache derrière un diagnostique de plus en plus répandu.

Hans Asperger, pionner de l'autisme et du syndrome d'Asperger dans la Vienne nazie, a été longtemps acclamé pour sa défense compatissante des enfants handicapés. Mais dans ce livre fracassant, l'historienne primée Edith Sheffer révèle qu'Asperger était non seulement engagé dans les politiques raciales du troisième Reich d'Hitler, il fût complice de meurtres d'enfants.

Alors que le régime nazi massacrait des millions de personnes dans toute l'Europe pendant la seconde guerre mondiale, il séparait les personnes selon leur race, leur religion, leur comportement, et leur condition physique pour traitement ou élimination. Les psychiatres nazis ciblèrent des enfants avec des psychés en dehors des normes - en particulier ceux manquant de capacités sociales - arguant que le Reich n'avait pas de place pour eux. Asperger et ses collègues entreprirent de façonner certains enfants "autistes" pour en faire des citoyens productifs, tout en transférant les autres jugés non-traitables vers Spielgelgrund, l'un des centres d'extermination d'enfants les plus meurtriers du Reich.

Pour la première fois, dans une histoire fouillée des liens entre l'autisme et le nazisme, Sheffer met à jour comment un diagnostic aujourd'hui commun émergea des atrocités du troisième Reich. Doté d'une narration vivante et de larges bases issues de recherches, "Asperger's Children" amènera les lecteurs à repenser àla manière dont les sociétés évaluent, étiquettent, et traitent ceux diagnostiqués comme étant handicapés.
edit 2 (rajout) : Article de Maxfield Sparrow et Steve Silberman (déjà cité dans ce fil de discussion du forum il mee semble) à propos de l'article scientifique d'Herwig Czech et du livre de Edith Sheffer qui semblent au coeur du débat actuel sur les liens entre Hans Asperger et le nazisme.http://www.thinkingautismguide.com/2018 ... utism.html
Modération (Jean) : Traduction https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... eurologies
(ex-MudBloodKnowItAll)

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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#70 Message par Jean » jeudi 2 août 2018 à 1:43

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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#71 Message par Jean » vendredi 3 août 2018 à 16:43

Début de la traduction : sous cette forme, il y a aussi les documents et les liens vers mes notes et les références (avec traduction automatique)

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ne-nazie-1

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ne-nazie-2
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#72 Message par alexis » vendredi 3 août 2018 à 17:15

Jean a écrit :La traduction de l'article d'Herwig Czech

29 pages (sans notes et références)
czech Asperger traduction.pdf
Je trouve intéressant dans cette recherche l'analyse du regard des théories nazies sur des thèmes comme l'intelligence. Par exemple, la mise en avant de l'intelligence pratique (ou celle du sens sociale) ou détriment de l'intelligence abstraite (capacité à résoudre des problèmes complexes). Ce qui valorise les individus dans la norme et relègue toute divergence au statut d'handicapé mental, que ce soit les déficients mentaux sévères, mais aussi toute forme de marginalité comme les personnalités créatives, les asociaux, et donc les autistes inadaptés à la vie sociale bien qu'ayant des hauts QI ou des talents remarqués dans un domaine ou une discipline académique (par ex , musique, dessin, calcul, etc).
Ce qui est aussi intéressant, c'est que certains de ces arguments sont encore couramment utilisés aujourd'hui sans que l'on fasse aucun lien avec une idéologie que l'on rejette pourtant en bloc de manière unanime. Comme par exemple, certaines méthodes éducatives intensives d'accompagnement proposé aux autistes, qui ne visent qu'à combler leur lacunes en compétences sociales au chausse-pied, pour leur permettre d'avoir une vie à peu près comme tout le monde.
Ce qui fait froid dans le dos aussi, c'est la manière dont les innovations scientifiques récentes de l'époque notamment la génétique, et le rôle de l'hérédité dans les troubles mentaux, ont été exploités pour justifier les stérilisations de personnes handicapés puis leurs meurtres, au service du conformisme et de l'intolérance vis à vis de la différence.
C'est sûr qu'à la lecture de ce rapport, les autistes ont besoin davantage d'être acceptés et protégés, et non d'être éduqués.
Je pense que ça pourrait être bien de garder le nom d'asperger. Pas pour rendre hommage à un héros qu'il n'est pas. Mais plutôt pour rappeler à une part de nos contemporains que l'intolérance des nazis dans le passé, vis-à-vis de la différence, est encore bien présente dans les mentalités actuelles. Un devoir de mémoire, qui indique clairement les enjeux et menaces qui planent. Une sorte de rappel que la science des troubles mentaux et plus ou moins liée avec le développement de la civilisation industrielle où chacun doit prouver son utilité pour avoir le droit d'exister. Et que l'étiquette "autiste" est apparue dans un contexte sombre où des gens biens intentionnés au service indirect du nazisme cherchaient à établir la frontière entre ce qui est tolérable et ce qui ne l'est pas et devrait de disparaître.
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#73 Message par Jean » dimanche 5 août 2018 à 18:45

Hans Asperger, national-socialisme et «hygiène de la race» dans la Vienne nazie / 3

Le comportement d'Asperger face à des enfants juifs. Hans Asperger et la politique nazie d'hygiène de la race.

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ne-nazie-3

Hans Asperger, national-socialisme et «hygiène de la race» dans la Vienne nazie / 4

Le transfert de patients à l'établissement d'euthanasie Spiegelgrund. La comparaison entre les diagnostics d'Hans Asperger et ceux de cet établissement.

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ne-nazie-4
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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#74 Message par Jean » lundi 6 août 2018 à 17:10

Fin de l'article Molecular Autism


Hans Asperger, national-socialisme et «hygiène de la race» dans la Vienne nazie / 5

Hans Asperger dans les années d'après guerre. Conclusion de l'article d'Herwig Czech.

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ne-nazie-5
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

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Re: Hans Asperger : Le Docteur et les Nazis

#75 Message par Jean » vendredi 10 août 2018 à 17:55

Hans Asperger a-t-il activement aidé le programme d'euthanasie nazi?

Les éditeurs et les réviseurs de l'article d'Herwig Czech expliquent l'importance de son article, ainsi que celui d'Edith Sheffer, à partir d'archives en partie inédites. Le rôle de collaborateurs juifs d'Hans Asperger a été aussi mis en valeur. Tout cela permet désormais d'avoir une meilleure information sur l'apparition de l'autisme, ce qui était inconnu de Lorna Wing lorsqu'elle baptisa le "syndrome d'Asperger".

Editorial de "Molecular Autism" par Simon Baron-Cohen, Ami Klin, Steve Silberman et Joseph D. Buxbaum

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... nasie-nazi
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

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