Pervers narcissique et Asperger

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Asriel
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Pervers narcissique et Asperger

#1 Message par Asriel » samedi 30 avril 2016 à 16:24

Bonsoir,

Je me permets d'ouvrir ce sujet après plusieurs recherches sur le forum, qui risque de faire doublon avec celui créé en 2015 par un ancien contributeur, mais qui posait une question somme toute assez différente de la mienne ; un Aspie peut-il être pervers narcissique ?
Ce qui n'est pas ma question.

Je souhaitais apporter un témoignage-contribution-questions sur ce sujet qui m'a intéressé à mes dépens.
En avril 2014, j'ai rencontré sur un forum un homme de 25 ans qui faisait du RP sur forum, et qui m'a dragué à plusieurs reprises, par des conversations, des débats, des petits jeux sur mes intérêts restreints (à l'époque, Margaret Thatcher, je ne connaissais pas encore Zelda).
J'avais 15 ans à l'époque. Je ne souhaitais pas d'une relation avec cette personne. Pourtant, cela a fini par se faire, parce qu'elle m'avait convaincu logiquement de considérer cet écart d'âges comme dérisoire.
J'étais administrateur de ce forum RP que je tenais depuis 2012, et à partir de ce moment, tout s'est effondré. Je n'avais déjà pas beaucoup d'amis, alors j'ai commencé par les perdre, un à un, et à l'époque, je n'étais pas diagnostiqué, seulement soupçonneux d'une différence (que je pensais être la sociopathie, en l'occurrence).
Avec beaucoup de talents et de mensonges, elle a donc réussi à me faire croire que le monde entier était, très rationnellement, contre moi, parce que j'étais quelqu'un de mauvais --> un sociopathe pervers narcissique, en outre, et en parallèle, elle disait aux autres que j'étais un malade duquel il fallait se tenir le + éloigné.
Je vais passer les détails glauques qui n'intéressent personne parce qu'ils relèvent de la pédopornographie, en disant qu'elle m'a même poussé à démissionner de mon forum (qui était et continue d'être assez peuplé, par 150 personnes actives, ce qui était pour moi un marqueur de stabilité sociale apaisant).
Les conséquences ont été dévastatrices ; j'ai perdu dix kilos, et je me suis senti dépendant et sujet à quelqu'un qui m'intéressait (un intérêt restreint qui, selon ma neuropsychologue, est dû au fait que mes attentes ne cessaient de croître parce qu'elle s'y adaptait tout le temps).
Ah et si je dis "elle", c'est parce qu'en fait j'ai appris que c'était une femme, en janvier 2015. J'ai commencé les démarches de diagnostic peu après.

Cela a duré presque un an, où, grâce à deux personnes (mon copain actuel + ma meilleure amie actuelle), j'ai pu réaliser la merde dans laquelle j'étais, et dire "merde" à cette personne qui me trompait, me dénigrait, me mentait, m'humiliait, m'enregistrait, etc. Elle criait tout le temps "au pervers narcissique" d'ailleurs, se disant en guerre contre ces gens alors qu'elle l'était elle-même (bien que je ne peux pas le prouver avec un truc médical, seulement avec toutes les données que j'ai compilées à son sujet).
De là, plusieurs choses.

--> J'ai récupéré mon forum.
--> J'ai prévenu toutes les personnes qui m'avaient lâché de ce qu'était cette personne, juste avec des historiques de conversation. Peu m'ont cru, alors même qu'elle les dénigrait explicitement.
--> J'ai eu de lourds syndromes post-traumatique parmi lesquels une forte paranoïa et une peur de l'abandon prononcée.

Pour l'anecdote, elle m'avait dit en septembre 2014 qu'il était certain que je ne sois pas autiste, que de toute façon, elle en avait marre des gens qui s'inventaient des maladies. Un an et demi plus tard, j'ai toujours autant envie d'envoyer mes résultats à cette connasse sadique. :mrgreen: .
Elle m'a créé notamment un Syndrome de l'Imposteur qui fait que je ne me sens plus légitime dans quoi que ce soit, tant elle tenait à me prouver que j'étais banal, inintéressant, et profondément "mauvais".

Mais enfin peu importe, les questions qui en découlent et qui font de ce sujet, non pas un fil personnel mais un fil collectif, sont les suivantes :
--> Avez-vous déjà rencontré un pervers narcissique ?
--> Trouvez-vous que les personnes autistes soient plus susceptibles (avec les surdoués et les dépressifs) à être victimes de ce genre de personnes de par notre naïveté ?
--> N'est-ce pas "étrange" compte-tenu du fait que notre logique est censé nous "protéger" des considérations émotionnelles par lesquelles ils s'en prennent aux gens ?
--> Est-il logique de dire que lorsqu'on a rencontré un pervers narcissique d'aussi près, on soit en mesure de les éviter dorénavant ? (J'ai mis fin à quatre relations, deux personnelles et deux via mon forum que j'ai bannis en raison d'histoires similaires, soit envers des proches, soit envers des utilisateurs, soit envers des tentatives contre moi).

Le plus "comique" dans cette Histoire, c'est que toutes les personnes que j'ai suspectées d'être perverse narcissique ont tenu la même phrase envers moi, sans se connaître, sans que je ne donne d'indices : "Un jour, tu finiras par souffrir" ou "causer ta perte" (pour la variante).
J'ai presque mis cette phrase comme une alerte écarlate d'un danger imminent envers moi.

Un sujet un peu long, un peu dense, qui, j'espère, ne fait pas trop doublons et sur lequel il pourra y avoir une réciprocité (je le souhaite).
Autistes ou pas, diagnostiqués ou pas, toutes les interventions me paraissent légitimes.
Il n'y a qu'une seule vérité !
Aspie de 19 ans. 1型糖尿病。
Je suis un Dahu, étudiant en 2A à Sciences-Po.

Lien vers le serveur Discord Asperansa : https://discord.gg/Up8x9nU.
J'étais anciennement Castiel.

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Tsaag Valren
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#2 Message par Tsaag Valren » samedi 30 avril 2016 à 18:46

Bonjour Castiel,

Je me permet de te répondre, car j'ai un peu étudié la question. Il me semble que la notion de pervers narcissique est d'origine psychanalytique, également très proche de celle de psychopathe et de sociopathe. Je te renvoie à cette vidéo du Psylab qui définit ça très bien : https://www.youtube.com/watch?v=tpT9ADfqj0Y

Dans cette même vidéo, il est expliqué que les psychopathes/sociopathes/pervers narcissique ont une empathie bien particulière : ils seraient dépourvue d'empathie affective (la capacité à ressentir les émotions) et sur-efficients en empathie cognitive (la capacité à les interpréter). Ils donnent les sources dedans, je ne te les remet pas. Tu as déjà dû deviner que dans l'autisme, c'est plutôt l'inverse.

Une source scientifique si tu veux creuser : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1 ... 2/abstract.
Celle-ci en parle aussi : http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1 ... yTfPvmLSUk.

--> J'ai déjà rencontré un (sûr), peut-être deux pervers narcissiques. Et bien qu'il serait très présomptueux de ma part de sortir une statistique à partir de deux cas, je pense que les personnes autistes sont plus susceptibles d'être victimes de ce genre de personnes pour les raisons définies plus haut, mais également par leur tendance à ne pas envisager la possibilité du mensonge et/ou de la tromperie (c'est ce que j'appelle depuis peu la règle sociale n°0, dite règle sociale Dr House : tout le monde ment !)

--> Je pense que celà n'a rien d'étrange. C'est un peu comme en neuromarketing, une torpille qui passerait sous ta ligne de flottaison sans que tu puisses la voir. Si tu n'envisages pas la possibilité du mensonge et de la tromperie parmi tes premières possibilité, tu laisses passer la torpille et tu ne te rends compte des dégâys causés qu'au moment où tu commences à couler. Il y a sans doute beaucoup d'autres paramètres à prendre en compte.

--> Oui, je pense qu'avoir été victime d'un pervers narcissique te permet de repérer plus facilement les grands traits de leurs comportement et de t'en prémunir la fois suivante. ce n'est qu'une variante de l'apprentissage humain ;)

Bien à toi,
Pré-diagnostiquée Asperger par trois spécialistes (dont Laurent Mottron). Toujours en attente du CRA.

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Chatnoir
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#3 Message par Chatnoir » samedi 30 avril 2016 à 21:03

J'ai beau avoir des capacités cognitives normales, enfin un peu supérieures à la normale, et donc une capacité d'analyse importante, quand il s'agit d'émotions/sentiments, j'ai 14 ans d'âge mental, d'où ma vulnérabilité face à certaines personnes manipulatrices (homme ou femme), surtout dans le domaine amoureux/amical/voir plus. Clairement je me suis fait b..sée dans tous les sens du termes certaines fois. :roll:
Mais bon, comme le dit Tsaag Valren, on apprend.
Pas vite me concernant, mais on apprend à être plus prudent.
Aspie, 36 ans, diagnostiquée le 10/09/14 au centre expert FondaMental de Créteil, Hôpital Chennevier-Montdor, rattaché au CRAIF

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Salicorne
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#4 Message par Salicorne » samedi 30 avril 2016 à 21:16

Bonsoir Castiel,

Pendant un an j'ai fréquenté une personne qui était en situation de "supériorité" vis à vis de moi et d'un grand nombre d'autres personnes. J'ai pu observer la souffrance que provoquait subrepticement cette personne autour d'elle (peurs, perte de vitalité, pleurs), et j'ai également fait les frais de ses manigances du fait de mon statut un peu particulier cette année là. Cela a été très difficile à vivre, mais cela n'a pas eu de conséquences aussi malheureuses que celles que tu rapportes dans ton témoignage, car ma famille m'a aidé à lui faire face et que nous étions très nombreux à nous méfier d'elle, ce qui m'a permis de garder une distance relative. J'ai d'ailleurs appris que cette personne changeait régulièrement de ville à cause des problèmes qu'elle récoltait auprès des familles.

Concrètement, cette personne a vu que je n'étais pas intégrée parmi les autres, et elle s'est servie de ce constat pour me faire culpabiliser et me faire du chantage, en s'appuyant notamment sur des arguments qui me tenaient à cœur puisqu'ils étaient en lien direct avec l'une de mes principales préoccupations de l'époque. L'année suivante, j'ai pu en parler à une psychologue qui m'a dit que cette personne avait un profil de "pervers narcissique". Cela m'a beaucoup aidé à tourner la page, car elle m'a expliqué que faire du mal faisait partie de sa "structure de pensée". C'était un concept tout nouveau pour moi qui n'avais jamais envisagé qu'une autre personne puisse penser de manière aussi divergente.

Je pense que les personnes autistes sont sûrement, de manière générale, des victimes plus faciles à cause de leur naïveté sociale (de la même manière qu'elles sont plus facilement victimes de harcèlement social), mais cela doit beaucoup varier en fonction de leur degré "d'indépendance" par rapport aux considérations sociales. En effet, si une personne n'a que faire du jugement des autres et ne se montre pas très réceptive aux chantages (par exemple, parce qu'elle est très ancrée dans ses habitudes, ou que le chantage est exprimé de manière trop subtile), un pervers aura forcément moins d'emprise. Pour être victime, il faut d'abord manifester un intérêt suffisant pour le pervers, être engagé émotionnellement parlant, et il faut parfois être capable de décoder les sous-entendus et les suggestions indirectes.

Pour ce qui est d'être moins vulnérable à l'avenir face à un potentiel pervers narcissique, je pense que tout le monde est capable d'apprendre de ses expériences et de se montrer plus méfiant. Cela ne veut bien sûr pas dire qu'on ne peut pas être à nouveau victime, surtout si on est dans une situation de fragilité ou que l'on n'est pas heureux dans la vie.
Bilan clinique évoquant un possible Syndrome d'Asperger

L'espion du coin
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#5 Message par L'espion du coin » samedi 30 avril 2016 à 23:33

Hormis ma scolarité au collège et au lycée (surtout secteur pro... ) où c'était blindé de manipulateurs...
Je pense en avoir connu 2...

Le premier vivait à la campagne...
Il était ésotéricien à fond les manettes, et sa maison était blindée de vierges Marie... (Marie étant une divinité vénérée chez les Babylonniens sous le nom d'Ishtar, ou Astarté, et chez les Baltes sous le nom de Laima... )
Le sol d'entrée de sa maison était recouvert d'un symbole évident portant combinant la croix ansée Egyptienne, représentant l'immortalité, et le reste évoquant les symboles de la rose et de la croix... : c'était un Rosicrucien...

Leur animal fétiche est le Phénix, l'oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres...
Ce sont des magiciens...

Devant mes parents, et devant ma faiblesse, il parlait, pour me qualifier, des petits sapins qui, dans sa forêt, "refusent" de pousser... qu'il est "contraint" d'arracher...
(Marine Le Pen l'aurait dit de manière plus franche... )
Seule ombre au tableau... : le parasitisme naturel que j'ai omis de mentionner, pourtant largement présent et contournant justement la loi du plus fort...

La première pensée que j'ai eu concernait la Franc-Maçonnerie, et à vrai dire, je ne m'étais pas tout-à-fait trompé... !
:mryellow:

Un compteur-conducteur de calèches a beau s'appeler J-C, quand il sème ses symboles partout, on a vite fait de le reconnaître...
Il disait qu'il me ferait grimper dans les hauteurs de sa maison... : je n'ai pas bronché et il ne l'a jamais fait... !

Un autre bonimenteur nettement plus Catho qui s'appelait J-M vivait lui aussi à la campagne...
Il faisait les vêpres et tout le tralala qu'un bon Catho tradi se DOIT de faire...
Il disait comprendre que je n'aille pas à la messe, mais très vite il m'a interrogé sur le pourquoi du comment et ce primitif m'a dit que le protestantisme sans communion que je fréquentais était une secte... sauf que communion et Protestantisme sont antagonistes par nature... et que lui était anti-Protestant... !

Il était pervers à souhait, dénigrait sa femme de manière quasi-continue, faisait très souvent référence au sexe, me posait des questions gênantes et intimes, m'interrogeait sur l'avis des membres de ma famille à son sujet, me séquestrait à moitié, en se servant de moi pour "faire jaser le village" et m'empêchait de sortir le soir... et je passais des semaines entières avec sa cruche de femme et ce satyre de personnage...

Il voulait vivre chez nous, dans la grange ou le jardin... en me demandant de demander à mes parents si ce serait possible...
Il voulait conserver mes dessins en ôtage, pour dire à son beau-père et laisser jaser le village, voire aux deux factrices qu'il y avait quelqu'un chez lui... Un élève... ou plutôt un fils... bref...

Je lui servais de faire-valoir et de gardien pour sa voiture pour éviter qu'un gang de motards lui crève les pneus pendant qu'il va faire ses courses...
Ce timbré prétendait être d'ascendance royale...
Il nettoyait son argent et puait à plein nez la javel... : j'ai l'impression qu'il se lavait avec...

Des zones de ma région que j'évite comme la peste, si ce n'est plus... !
:mryellow:
Syndrome d'Asperger Diagnostiqué

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Benoit
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#6 Message par Benoit » lundi 2 mai 2016 à 16:01

--> Trouvez-vous que les personnes autistes soient plus susceptibles (avec les surdoués et les dépressifs) à être victimes de ce genre de personnes de par notre naïveté ?
--> N'est-ce pas "étrange" compte-tenu du fait que notre logique est censé nous "protéger" des considérations émotionnelles par lesquelles ils s'en prennent aux gens ?
Je vais essayer de formuler une petite expérience scientifique:

Echantillon A: une personne autiste adulte ayant fait l'expérience de son incapacité (ineptitude ?) sociale et cherchant vainement à y remedier par tout les moyens pour tout un tas de raisons (volonté d'être accepté, incompréhension sur le fait d'être utilisée mais incapable d'inversé le rapport d'échange, etc...)

Echantillon B: une personne complètement neurotypique donnant l'apparence de maîtriser les situations sociales et faisant preuve de persuasion pour le démontrer.

Protocole expérimental: Au bout de combien de temps le papillon (éch. A) va t il être irrémédiablement attiré par la lumière. (éch. B) ?
Question supplémentaire: Est-que le papillon va continuer à aller se brûler les ailes même en connaissance de cause ?

A mon avis, il n'y a absolument rien d'"étrange" là dedans.
Identifié Aspie (広島, 08/10/31) Diagnostiqué (CRA MP 2009/12/18)

話したい誰かがいるってしあわせだ

Être Aspie, c'est soit une mauvaise herbe à éradiquer, soit une plante médicinale à qui il faut permettre de fleurir et essaimer.

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Re: Pervers narcissique et Asperger

#7 Message par Enora12 » samedi 14 mai 2016 à 19:32

.........................................
Modifié en dernier par Enora12 le lundi 20 mai 2019 à 15:19, modifié 1 fois.
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#8 Message par AsperGuerre » samedi 21 mai 2016 à 19:38

Après avoir lu ton message au moment du post, je me suis rendue compte de plein de choses même si j'avais déjà conscience de certaines avant. J'aurais du mal à en parler là, mais si tu veux en savoir plus je peux toujours.

Les manipulateurs/trices, c'est clair que c'est une réalité. Et comme je t'ai dit je me rends compte de rien jusqu'à ce que quelqu'un d'extérieur (ce qui n'est arrivé qu'une fois) me le dise.

Je ne sais pas si ça peut t'aider, mais j'avais hésité à répondre et voilà, je ne saurais pas compter le nombre d'histoires du genre, mais il y en a eu quelques unes marquantes, ne sachant pas distinguer le mensonge, l'ironie. Souvent, on pense juste que je suis bête.
Clémentine, 20 ans. TSA - diagnostiquée le 19/10/2017 à l'hôpital Albert-Chenevier.

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Re: Pervers narcissique et Asperger

#9 Message par Enora12 » dimanche 22 mai 2016 à 10:02

........................
Modifié en dernier par Enora12 le lundi 20 mai 2019 à 15:11, modifié 1 fois.
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#10 Message par Anarchy » mercredi 25 mai 2016 à 0:06

J'ai connue une personne (à laquelle je fais référence dans ma présentation) mais que je ne qualifierai pas comme sociopathe, pas à ce point là, même si elle est pas du genre compatissante avec les autres. (ce que j'ai connu est bien moins pire que toi, voir de tous les messages ici.)

En fait, c'était ma "meilleure amie", jusqu'à ce début d'année. J'avais changé d'école pour raisons pratiques, elle ne m'a pas suivi. C'est lors d'une sortie avec elle (J'avais prévu les endroits où aller, je déteste sortir à l'aveuglette) que j'ai tilté. Je pouvais plus voir cette personne. Je voulais plus lui parler. Je voulais plus répondre au téléphone quand elle m'appelait ( ma phobie du téléphone était revenu, je sursautais à chaque fois que j'entendais ma sonnerie et je cachais mon téléphone sous mon oreiller pour l’étouffer). Puis j'ai fini par ne plus répondre à ses appels, ne plus répondre à ses SMS, l'ignorer. Et j'ai affreusement bien fait.
C'est comme si petit à petit, la mémoire me revenait. Déjà, je commençais de moins en moins à l'apprécier, car je découvrais sa vraie nature : une égoïste. Elle s'était disputé avec une amie au commun, avait refusé de me dire pourquoi, de m'expliquer, alors qu'elle "complotait" (cf le Joker) allègrement avec une autre amie, Mais moi, je ne pouvais pas comprendre, et quand j'essayais de discuter avec l'amie en commun pour arranger les choses, l'autre méchante m'engueulait, pas tout le temps, mais je devais pas "oser" trop. Elle se radoucissait exprès, pour donner l'air de me dominer et de me réprimander gentiment. Une fois elle m'a même poussé contre une grille de mon école pour m'engueuler. Quant à l'amie en commun avec laquelle elle s'est disputée, elle a renoncé quand elle s'est cassé le bras en allant chez mon ancienne meilleur amie pour lui parler. D'ailleurs, cette dernière s'en est allègrement foutu. Même lorsque la mère de "l'amie en commun" avait utilisé une autre fille comme intermédiaire pour appeler mon ancienne meilleur amie, s'inquiétant du fait que sa fille ne rentre pas. En fait, c'était un voisin qui l'avait emmené à l'hôpital, mais c'est une autre histoire. Ce que je veux démontrer, c'est le peu d'empathie qu'elle a eu pour une personne qui voulait se réconcilier avec elle. Même lorsque sur Viber je lui ai dit qu'elle s'était cassée le bras, elle a dit qu'elle s'en foutait, je voulais savoir ce qu'elle lui avait fait alors, mais elle a rien voulu dire. Je pouvais pas comprendre après tout. Hein ?

Maintenant que nous avons posé les bases du personnage de ma perverse narcissique, je vais développer ce que personnellement elle m'a fait. Comme toi Castiel, elle me faisait culpabiliser de me penser Asperger. Je me souviens pas des termes exacts, mais en gros, comme toi, je m'inventais quelque chose pour me sentir spécial, que je devais plus penser à ELLE.

Et là j'en reviens à ta deuxième question, bien que je n'aie pas de diagnostique, oui, clairement. Elle me manipulait, et me faisait croire que les gens étaient jaloux de notre amitié et allaient me dire qu'elle me traitait comme son petit chien. Et comme une niaise, je l'ai cru. J'ai décrypté mes souvenirs et découvert, que oui, j'avais été son petit chien, et la flûte que je lui avais acheté pour son anniversaire c'était juste un chien chien qui rapportait le bâton.
Ma deuxième impression fut confirmé par des amies qui avaient été avec moi classe. Tout le monde savait que je me faisais manipuler, mais personne n'avait osé me le dire. Je les comprends, j'avais déjà envoyé une trousse à la tronche d'une fille qui avait insinué que je l'imitait (enfin, une fille -une super amie actuelle- m'avait dit qu'elle disait que je l'imitais, elle ne pouvait pas prévoir ma réaction) rassurez vous, seule fois où j'ai fait preuve de violence contre autrui.
Elle utilisait sa vie ultra dur etc pour me faire taire. Comme si j'avais vécu tellement moins qu'elle que je comprenais rien à la vie et que je devais laisser la déesse m'apprendre, par exemple, je voulais éviter une certaine fille avec qui j'avait essayé de devenir amie avec toute la maladresse du monde, je lui ai dit que c'était la personne qu'il m'avait le plus fait souffrir -me reniant qu'à moitié, ecoutant les rumeurs sur moi. Elle a soupiré et tourné les yeux en l'air, par exaspération et m'a dit : Tu n'as rien vu ma pauvre. Donc, je devais me taire, et je n'avais pas le droit d'avoir des problèmes. Et oh, combien de fois sortait-elle l'argument de "tu n'as rien vécu" pour me faire taire ? Trop à mon goût, mais je l'ai réalisé tellement tard...

Et le pire, c'est quand j'ai tilté que je la voulais plus comme amie. Je me haïssais, je me mordais, me tapais. Je pouvais même pas pleurer tellement j'étais effondrée. C'était car je réalisais pas tout de suite ce qu'elle m'avait fait, elle avait bien fait son boulot, faut dire ! Il y avait des raisons de la lâcher, comme le fait qu'elle voulait gâcher mon bonheur dans mon nouveau lycée, et qu'elle me culpabilisait de me penser Aspi, qu'elle s'en fiche d'une amie qui s'est cassée le bras en voulant se réconcilier avec elle.
ça a mis du temps à partir. J'ai perdu un peu plus la capacité à retenir les visages (qui était pas mal avant, sauf la mentalisation, mais qui est devenu désastreuse, avec 1-2-3 semaines pour apprendre mes nouveaux camarades)
Donc, si cela vous fait toujours aussi mal, essayez quelque chose de magique: écrivez une lettre !
Pas pour l'envoyer à la personne, mais pour la déchirer. Faites le plusieurs fois s'il le faut, mais écrivez tout ce que vous ressentez, que ce soit meurtrier ou grossier, puis jetez-la au toilettes, brûlez la, mangez là (je l'ai fait avec une petit partie, je l'avoue) et apprenez de vos erreurs, mais ne restez pas paranoïaque.
Encore plus difficile d'oublier cette personne, me débarrasser de la paranoïa qui résulta de la relation.
Bonne chance à tous.
Présente un tableau clinique d'Autiste Asperger selon son Neurpsychologue, mais difficile d'établir un diagnostic au vu de mes capacités de compensation sociales.
Sinon, trouble anxieux généralisé.

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Rudy
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#11 Message par Rudy » dimanche 29 mai 2016 à 12:20

Tu connais mon expérience à ce sujet. Je ne vais rien ajouter de plus si ce n'est que:

Si on considère que les autistes passent plus de temps à faire des rencontres sur internet que dans la vie réelle, le risque peut être aussi considérablement plus élevé selon moi, catégorie Aspie/NT confondu d'ailleurs. Sur internet, il est facile de se faire passer pour n'importe qui. On a une maîtrise que l'on n'a pas IRL. On peut prendre le temps de. On peut s'inventer une vie que l'autre n'ira probablement jamais fouiller (sauf quand l'autre a une passion pour les recherches :mryellow: ) tant qu'il ne le rencontre pas sur le long terme, IRL. C'est déjà difficile de percevoir le mensonge face à face, à l'écrit, ça me semble encore plus compliqué. D'ailleurs, il faut prendre garde à ce qu'on laisse sur internet parce que, c'est très facile de trouver des renseignements sur quelqu'un qui traîne souvent sur le net, particulièrement les forums, même sans savoir son nom ni la ville où il habite.

Je dirai que d'une façon générale, il faut se méfier d'internet, et des gens qui se trouvent derrière l'écran.
--> Est-il logique de dire que lorsqu'on a rencontré un pervers narcissique d'aussi près, on soit en mesure de les éviter dorénavant ?
Je pense que le pourcentage de chance de les éviter est augmenté, oui. Parce qu'on se méfie beaucoup plus. D'ailleurs, peut-être qu'on se méfie tellement qu'on met des personnes qui ne sont pas forcément perverses narcissiques, mais qu'on soupçonne assez, dans cette catégorie. Pour ma part, pendant un moment, ça a tourné vers la paranoïa. Par contre, je pense que rien n'assure que j'éviterai tous les pervers narcissiques. J'ai une méfiance élevée, cela dit, je suis toujours incapable de discerner quand quelqu'un ment ou se joue de moi et on se paie toujours autant ma tête. Je ne fais que retrouver des bribes de phrases ou d'actes qui se sont reproduis dans le passé, comme ces phrases que tu as retrouvé chez d'autres et qui t'ont fait sonné l'alarme. Passé ce contexte, je suis à leur merci.
Pas diag.

Bilans cognitifs: Pré-diagnostiquée Asperger léger à modéré.
Psychiatre: Troubles évoquant TSA + dys associés et anxiété. Préconisation.
En cours d'évaluation au CRA.

elina888
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#12 Message par elina888 » vendredi 1 juillet 2016 à 17:32

Castiel a écrit :Mais enfin peu importe, les questions qui en découlent et qui font de ce sujet, non pas un fil personnel mais un fil collectif, sont les suivantes :
--> Avez-vous déjà rencontré un pervers narcissique ?
--> Trouvez-vous que les personnes autistes soient plus susceptibles (avec les surdoués et les dépressifs) à être victimes de ce genre de personnes de par notre naïveté ?
--> N'est-ce pas "étrange" compte-tenu du fait que notre logique est censé nous "protéger" des considérations émotionnelles par lesquelles ils s'en prennent aux gens ?
--> Est-il logique de dire que lorsqu'on a rencontré un pervers narcissique d'aussi près, on soit en mesure de les éviter dorénavant ? (J'ai mis fin à quatre relations, deux personnelles et deux via mon forum que j'ai bannis en raison d'histoires similaires, soit envers des proches, soit envers des utilisateurs, soit envers des tentatives contre moi).

[...]

Autistes ou pas, diagnostiqués ou pas, toutes les interventions me paraissent légitimes.
Comme déjà raconté, j'en ai rencontré un.

Et ce qui est frappant, c'est la sérénité qu'il m'a apportée au tout début, un apaisement... Normal : cette personne était vide, vide de toute émotion. Je ne ressentais rien de ce qu'elle ressentait, ce qui me détendait beaucoup (en temps normal je ressens tout ce que les autres personnes ressentent : leur anxiété, énervement, froideur, gêne, fatigue, ou en positif : joie, excitation..., ce qui est extrêmement fatiguant voire stressant, car souvent j'adapte ma façon d'être à ce ressenti).
Dans ma situation, je peux concevoir que côtoyer une telle personne aussi rassurante soit attirant.

Je suis "surdouée", et je me pensais assez intelligente (j'étais présomptueuse plutôt ^^) pour voir le piège qu'il me tendait. Et bizarrement, je l'ai vu, senti, ressenti (malaise, maux de ventre,...). Je voyais son petit jeu, en le sentant ambigu, et j'ai continué à me croire plus forte que lui.
Je m'éloignais de mon compagnon, alors que cette personne n'était en rien un de mes modèles d'attirance (peu d'entretien de lui-même, fumeur, goûts musicaux à ch***, infantilisant, peu de valeurs pour oser m'aborder alors que j'étais en couple...).
Ma naïveté, mon grand défaut. Alors que j'intellectualisais toute la situation, il a su en tirer profit, et blesser le peu d'estime que j'avais de moi, et pire encore, blesser à vif mon compagnon, ma famille.

Je pense que ces personnes sont très fortes car elles n'ont pas de scrupules, pas de remords par rapport à ce qu'elles font subir aux gens. Pour elles, c'est "bien" car cela leur apporte de bonnes choses à elles. Elles sont tellement ambiguës que l'on y trouve - entre guillemets - notre compte, et qu'elles parviennent à nous vider de notre substance, de notre bon sens.

Pour ce qui est de les éviter, je pense que c'est comme tout, encore plus quand on est autiste je pense (je me pense autiste sans être diagnostiquée, peut-être que je fais fausse route) : il me faut faire l'erreur au moins une fois pour ne plus la refaire. Ça fait tellement de mal qu'on est plus vigilant, qu'on repousse le moindre petit "truc" se rapprochant du mauvais comportement que l'on cherche à éviter, peut-être à tort. En tout cas nous avons nos raisons.
Inscrite sur liste d'attente du CRA début 2016 (attente prévue : 3 ans)
Diagnostiquée HPI (2012)
HPI confirmée par le CRA en janvier 2018.

:shock: Vous avez dit "Bizarre" ? :mryellow:

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Manichéenne
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#13 Message par Manichéenne » lundi 21 mai 2018 à 19:15

Modération : déplacement de 4 messages.
Diagnostiquée Autiste Asperger et TDA.
Mère de 3 enfants : fils Aîné TDAH et TSA, cadet TSA de type Asperger.

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Siobhan
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Re: Pervers narcissique et Asperger

#14 Message par Siobhan » lundi 21 mai 2018 à 19:29

https://fr.wikipedia.org/wiki/Perversion_narcissique

Je vous conseille de lire ou de feuilleter le bouquin du "créateur" du concept de perversion narcissique Paul-Claude Racamier ("les pervers narcissiques"), un chef-d'oeuvre (ironie) de littérature psychanalytique.
(ex-MudBloodKnowItAll)

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Re: Pervers narcissique et Asperger

#15 Message par FinementCiselé » lundi 21 mai 2018 à 22:00

Ouai enfin, va falloir arrêter le bashing sur la psychanalyse surtout quand on ne sait pas de quoi on parle. Parce que justement la psychanalyse est très performante pour les troubles de la personnalité, c'est peut être même le seul truc pour laquelle elle a des résultants probants. Nonobstant toutefois les théories fumeuses sur l'origine des problèmes, une analyse en elle même fait très bien le job pour corriger des défauts de personnalité puisque par définition ce sont des défauts de personnalité (captain obvious). Et que c'est à la personne de se remettre en question.

Bref. Merci de ne pas véhiculer des choses qui sont tout simplement fausses.
Aspie "cru 2014".

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