[Écriture] Les enfants sauvages d'Asperger

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#1 Message par chill out » mardi 8 janvier 2019 à 0:24

Parce que l'écriture me compose intrinsèquement et parce que j'ai commencé cette série il y a plus de 10 ans et qu'elle est toujours en cours, je publierais ici l'intégralité des contes & légendes sur un thème qui me tient à coeur...
27 contes & légendes à ce jour avec d'autres en cours d'écriture qui viendront se rajouter...

Un texte chaque jour ou de temps en temps...
A suivre sur ce fil ou sur Facebook avec un peu d'avance...

L’ARAIGNÉE DU DESTIN

Un jour ici, un jour ailleurs, il n’est jamais dans l’instant, jamais dans le présent.
A la recherche d’un monde meilleur, d’un parfait univers, d’une terre promise, son esprit vagabonde inlassablement au gré des failles qui s’entrouvrent çà & là.
Perpétuel voyageur, infatigable chercheur de la flamme jadis perdue, jamais il n’abandonne.

Éperdument amoureux des mots, il tisse sur des pages vierges des messages qu’il dissémine, qu’il perd volontairement avec le fol espoir que l’un d’eux trouvera son chemin.
Des chemins de traverses, des sentiers improbables, des montagnes infranchissables, rien ne l’arrête, ne le décourage, ne le ralentit dans sa quête.
Voyageur au long cours, capitaine d’un navire parcourant les mondes connus, les terres inhabitées, les océans agonisants, il observe et guette une musique, une voix, un mot, un songe, une pensée, que sais-je encore… Un signe peut-être… Peut-être plus…

L’araignée du destin, seule compagne de ce navigateur, étire son fil de soie, parfois le casse mais toujours recommence.
L’abandon lui est inconnu tant son espoir est grand de tisser le fil absolu.
Ce fil de vie qui, au soir de son périple sera composé d’une multitudes d’instants, de sourires, de regards, de caresses, de rires enfantins et d’une union parfaite que deux êtres auront su composé par l’unique désir de s’aimer encore et toujours.

Quelque part, un autre fil de soie s’étire…
Une araignée du destin, seule compagne d’une navigatrice est à l’œuvre…
Je suis un enfant sauvage d'Asperger...
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#2 Message par chill out » mardi 8 janvier 2019 à 19:33

L’ARBRE DE VIE

Les fils de soies de l’araignée du destin s’étirent seuls dans une direction inconnue…
Étrange sensation pour cette navigatrice, évidence naissante pour ce navigateur…
L’araignée du destin tisse encore et toujours sans jamais prendre de repos, tout au contraire.
Elle redouble d’effort, tisse des liens plus solides encore tandis que ces capitaines au long cours observent ce ballet de fil de soie.

Mille vagues, mille obstacles de pensées se dressent devant leurs navires mais ils font face, ils s’obstinent tous deux sans vouloir renonce, malgré les peurs naissantes qui les animent…
Deux amoureux de l’existence possédant une partie de l’arbre de vie qu’ils nourrissent de l’amour qu’ils portent à leur univers des possibles.

Long est ce chemin qui va les mener l’un à l’autre…
Longue est cette route de l’impossible pour rejoindre l’île ou leurs navires viendront s’échouer afin que ces deux êtres, navigateurs de l’impossible puissent enfin se retrouver…

Deux êtres imparfaits qui jamais n’auraient dû se séparer lors de la naissance de l’arbre de vie.
Deux êtres sensibles à la vie, à leur âme, vivant en hyper-conscience sur le point de revenir sur la terre où jadis naquit l’arbre de vie.
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#3 Message par chill out » mercredi 9 janvier 2019 à 22:17

L’ÎLE DE LA SÉRÉNITÉ

Le navire, toutes voiles dehors, file sur l’océan des mille univers…
Affrontant les tempêtes les plus terribles, les souffles de mille morts, le capitaine jamais ne se détourne de son cap.
Loin devant, une lueur éclaire l’horizon…
Les hommes raisonnables ne voient que la lumière du soleil mais lui sait…
Il distingue parfaitement cette aura qui se dessine dans ce lointain parfois si proche mais qui, toujours s’éloigne pour ne jamais être atteint.

À l’impossible nul n’est tenu parait-il…
Cet impossible, il le vaincra, il l’atteindra…
De par sa volonté, sa force, cette puissance qu’il fera émerger du plus profond de son âme, de son être, il fera toujours un pas de plus.
Renoncer serait accepté que la mort décide de son sort…
Sa vie lui appartient, son âme aussi, jamais il ne renoncera, d’une pichenette, il repousse cette idée…

Mille déferlantes tentent parfois de le faire sombrer mais jamais assez puissantes pour avoir raison de lui…
Mille souffrances parfois l’assaillent mais jamais suffisamment mortelles pour le faire sombrer…
De fausses utopies, parfois apparaissent sur sa route mais jamais assez réelles pour le détourner et le perdre définitivement…

Que d’épreuves inutiles pour l’empêcher d’atteindre le sens de la vie, que de mots inutiles prononcés pour lui faire détourner le regard…
Vaines croyances que d’imaginer l’empêcher d’avancer un seul instant et attendre qu’il cesse de lui-même son périple serait pure folie…

Il sait que le chemin sera sans doute éternel mais cela ne lui donne que l’envie de se battre toujours plus, tel un lion enragé dans une arène…
Cela ne fait que renforcer son désir de vivre pleinement, fougueusement, de parfois déchirer son enveloppe corporelle pour laisser hurler son âme au milieu de la nuit lorsque le navire franchit avec mille prouesses, les effleurements tranchants recouvrant la surface de l’eau…

Son destin se rapproche jour après jour…
Pas de chimères assez puissantes pour l’aveugler, briser son fil de pensée, annihiler ses espoirs, ses rêves, son utopie l’empêcher d’atteindre…
L’île de la sérénité…
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#4 Message par chill out » vendredi 11 janvier 2019 à 0:08

VOYAGEUR DU TEMPS

Naufragé des mondes, allongé au milieu de son radeau de fortune, sous le soleil brûlant d’une fin d’après-midi, le regard perdu aux confins de l’azur qui recouvre le toit du monde…
Ne sachant pas quel destin sera tien dans quelques jours, dans quelques heures, tu restes immobile, les bras en croix, les jambes écartés, le visage impassible…

Les vêtements en lambeaux, le corps blessé, ton âme toujours présente, intacte ne souffrant d’aucuns maux, ta volonté toujours tenace, ta rage de vivre encore présente…
Ton esprit voyage par-delà le visible, par-delà l’horizon, les mondes connus, les univers inconnus, toujours plus loin, toujours plus vite.

Cette île autrefois inaccessible lors de ton périple n’est aujourd’hui plus un but à atteindre.
La lutte contre les éléments est devenue inutile, ces hurlements contre les tempêtes jadis, n’ont plus lieu d’être…
La lutte est terminée et tu restes ainsi jusqu’à la nuit tombée, respirant à peine mais toujours vivant sur ce radeau de fortune…
Ton rêve vient de prendre fin, la nuit maintenant t’enveloppe et il est temps de quitter ce radeau… Dernier vestige de ton ancien monde.

Rassemblant tes dernières forces, tu te redresses et avances lentement vers le bord de cet amas de planches…
Encore un pas… Un seul et tout se terminera définitivement.
Avec une seconde d’hésitation, tu quittes ce qui était autrefois un puissant navire, un monde connu dans lequel tu naviguais avec force et détermination.

Refermant tes paupières à l’instant précis où tu franchis la frontière entre ton ancien monde et celui dans lequel tu t’apprêtes à t’enfoncer, le ciel se déchire lourdement dans un rugissement de tonnerre.

Te voilà maintenant sur L’île de la sérénité…
Un monde inconnu que tu prendras le temps de découvrir jour après jour, nuit après nuit.
Cette plage sera la frontière de ton nouvel univers et cette luxuriante forêt qui te fait face sera ton berceau… Pour cette première nuit…
Ton destin s’accomplit maintenant…
Va ! Files, voyageur du temps !
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#5 Message par chill out » samedi 12 janvier 2019 à 13:13

TRIPTYQUE (enfant, âme, Utopie)

L’été est passé depuis le naufrage de ce voyageur du temps
Nous sommes encore en automne, l’hiver ne sera là que dans un mois mais le froid est déjà mordant.
Il est de ces journées où l’impensable peut arriver.
La fin du monde pourrait survenir dans l’instant que la journée n’en serait pas moins belle.
Un de ces jours sans fin ou le temps peine à avancer, où chaque instant courbe sous le poids de l’âge du monde.

Il avance, cet homme sans nom, sans passé, sans avenir, incapable de vivre le présent, il avance dans le froid mordant de l’automne.
Le vent souffle. Froid, glacial, inexorable, cet automne présage peut-être d’un hiver venu d’un autre temps, d’une autre époque.

Cet homme en apparence dont l’esprit n’a jamais fait partie de cette humanité marche lentement comme n’importe quel autre humain ici-bas.

Derrière ce regard, se trouve un enfant ayant l’âge du monde, un enfant sauvage, une âme brûlée vive, un exilé d’utopie.
Chaque journée le rapproche de son but, une arche, un monde en construction dont il est le dessinateur.

Peu à peu, il permet à son enfant de goûter à la liberté pour ne plus avoir peur de grandir,
Peu à peu, il panse les plaies de son âme,
Peu à peu, il reconstruit Utopie.
Il le façonne, agrandit son univers des possibles, une projection astrale qui prend forme, se solidifie afin de devenir une réalité que son regard peut enfin contempler.

Mais tout ceci pourrait prendre fin en une fraction de seconde si l’imperfection venait à apparaître car de son seul désir, il reste l’unique architecte de ce destin qu’il tient entre ses mains.
Faire fuir l’enfant sauvage, raviver le bûcher, anéantir Utopie, ne serait que trop facile, ne sera peut-être un jour, qu’une réalité lorsque le but sera atteint.
Que serait cet enfant, cette âme, Utopie sans mère nourricière, sans Muse, sans partage.

Aussi loin que porte son regard, il garde l’espoir.
Sa Muse est en chemin…
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