médication

Discussions portant plutôt sur le point de vue des parents d'enfants autistes ou Asperger, par exemple : j'ai un problème avec mon enfant, que puis-je faire ?
Message
Auteur
Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 19774
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère

Re: médication

#61 Message par Jean » vendredi 26 avril 2019 à 22:20

On ne peut se contenter de généralités sur les médicaments.

L'évolution d'un traitement (y compris son arrêt) doit se faire sous contrôle médical.

Pour l'Abilify, article d'aujourd'hui du Journal International de Médecine
.
Le switch vers l’Abilify : pas si dangereux ?

L’aripiprazole (Abilify®) est arrivé sur le marché des antipsychotiques en 2004. Comme toute nouvelle molécule, elle a naturellement suscité l’enthousiasme, et cela d’autant plus que son mécanisme d’action particulier (agoniste partiel des récepteurs dopaminergiques) promettait un profil de tolérance intéressant, que ce soit sur le plan métabolique, la sédation, ou la symptomatologie négative.

Au cours des années 2000, cliniciens et patients ont douloureusement fait l’expérience d’épisodes de décompensation après relais vers l’aripiprazole. Pour expliquer ce phénomène, on suppose que les patients traités depuis longtemps par de fortes doses d’antagonistes dopaminergiques présentent une hyper-régulation des récepteurs D2, l’aripiprazole venant ensuite embraser ces nombreux récepteurs sensibilisés. Pourtant, l’aggravation après introduction de l’aripiprazole n’a pas été mise en évidence dans les essais contrôlés randomisés ou les études de cohorte. L’objectif de la présente étude, publiée dans JAMA Psychiatry, était d’évaluer ce risque dans une plus large cohorte.

Pas plus d’aggravation après relais vers l’aripiprazole

A partir de la base de données CPRD (Clinical Practice Research Datalink), les auteurs ont extrait l’ensemble des patients de plus de 13 ans ayant reçu une prescription d’aripiprazole entre 2005 et 2015 (Parkinson et Alzheimer exclus) en remplacement d’un autre antipsychotique. Chaque sujet était apparié avec un patient ayant bénéficié d’un autre switch. Le critère de jugement était un critère composite d’échec du traitement psychiatrique dans l’année suivant la prescription, que ce soit du fait d’une hospitalisation en psychiatrie, un suicide ou un geste auto-agressif.

Sur les 229 000 patients ayant reçu un nouvel antipsychotique durant cette période, les auteurs ont pu identifier 1 643 switches vers l’aripiprazole, appariés à 1 643 autres switches. Le relais vers l’aripiprazole n’était pas associé à une augmentation du risque d’évènement psychiatrique par rapport au relais vers un autre antipsychotique (Hazard Ratio : 0,87 ; intervalle de confiance à 95 % 0,71-1,06). Un surrisque n’était pas davantage retrouvé en considérant uniquement le risque de suicide, d’hospitalisation, ou de geste auto-agressif, ou encore en ne prenant en compte que les patients souffrant de schizophrénie. De même, le risque n’était pas augmenté pour les patients recevant des posologies d’antipsychotiques plus importantes avant l’aripiprazole.

Restons prudents !


Cette étude n’a pas pu confirmer ce que l’expérience clinique a paru révéler. Si ces données sont rassurantes, la prudence impose de rester particulièrement attentifs lors du passage d’un antipsychotique à l’aripiprazole. En effet, pour les patients issus de la cohorte CPRD la prescription émanait de leur médecin généraliste. Ainsi, les patients pris en charge exclusivement par des psychiatres, et présentant une pathologie instable, n’étaient pas inclus dans l’étude. De même, l’étude ne précisaient pas quelles précautions étaient employées pour réaliser le changement du traitement (hospitalisation et/ou longue période de chevauchement). Enfin, on ne peut exclure qu’au fil des années, les praticiens aient réservé l’aripiprazole aux patients les moins sévères (même si ce biais est en principe atténué par l’appariement des patients).

Dr Alexandre Haroche
Référence
Montastruc F et coll. : Association of Aripiprazole With the Risk for Psychiatric Hospitalization, Self-harm, or Suicide. JAMA Psychiatry, 2019; 76: 409–417.
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

Avatar du membre
hazufel
Modératrice
Messages : 3223
Enregistré le : vendredi 17 mars 2017 à 15:06

Re: médication

#62 Message par hazufel » vendredi 26 avril 2019 à 22:45

Il n’est pas mentionné qu’il y ait eu de patients autistes dans l’étude.
« Jean » a écrit : Ainsi, les patients pris en charge exclusivement par des psychiatres, et présentant une pathologie instable, n’étaient pas inclus dans l’étude.
Seraient-ils dans ces patients là ? Qui n'étaient pas inclus dans l’étude ?
Diagnostiquée TSA type Asperger,
3 fils dont des jumeaux diagnostiqués TSA type Asperger.

biscotte45
Nouveau
Messages : 7
Enregistré le : vendredi 26 avril 2019 à 19:16

Re: médication

#63 Message par biscotte45 » vendredi 26 avril 2019 à 23:56

Merci pour vos réponses; effectivement ce n'est pas rassurant de lire ces études (et en plus c'est complexe) mais pour l'instant je ne sais pas comment faire ni comment réagir, on n'aura pas de diagnostique clair avant au moins un an du coup comment peut on l'aider, je ne sais pas vers qui me tourner. Que peut il prendre pour l'aider à enlever toutes ces idées noires qu'il a dans la tête; il me parle d'esprits qui lui disent des choses, il entend des voix !. bref je suis un peu démuni et du coup j'écoute peut être bêtement la pédopsychiatre.
maman d'un ado de 15 ans en cours de diagnostique.

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 19774
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère

Re: médication

#64 Message par Jean » samedi 27 avril 2019 à 8:12

hazufel a écrit :
vendredi 26 avril 2019 à 22:45
Il n’est pas mentionné qu’il y ait eu de patients autistes dans l’étude.
« Jean » a écrit : Ainsi, les patients pris en charge exclusivement par des psychiatres, et présentant une pathologie instable, n’étaient pas inclus dans l’étude.
Seraient-ils dans ces patients là ? Qui n'étaient pas inclus dans l’étude ?
L'étude est en libre accès : https://jamanetwork.com/journals/jamaps ... le/2722562
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

Avatar du membre
WinstonWolfe
Modérateur
Messages : 3926
Enregistré le : dimanche 8 décembre 2013 à 17:40
Localisation : Deuxième étage
Contact :

Re: médication

#65 Message par WinstonWolfe » samedi 27 avril 2019 à 8:39

Jean a écrit :
samedi 27 avril 2019 à 8:12
L'étude est en libre accès : https://jamanetwork.com/journals/jamaps ... le/2722562
Malheureusement non, juste le résumé.
(Diagnostiqué aspie en 2013, à 40 ans)

Je sème des cailloux, ils m'échappent des doigts,
Mais je prends bien garde qu'ils ne mènent à moi.

Avatar du membre
lepton
Modérateur
Messages : 2466
Enregistré le : samedi 17 décembre 2016 à 19:19

Re: médication

#66 Message par lepton » samedi 27 avril 2019 à 8:47

biscotte45 a écrit :
vendredi 26 avril 2019 à 23:56
il me parle d'esprits qui lui disent des choses, il entend des voix !
A-t-il toujours entendu ces voix, ou bien est-ce apparu récemment ?

Quoi qu'il en soit, il ne faut jamais arrêter ou diminuer un traitement sans avis médical...
Diagnostiqué TSA/Asperger.

biscotte45
Nouveau
Messages : 7
Enregistré le : vendredi 26 avril 2019 à 19:16

Re: médication

#67 Message par biscotte45 » samedi 27 avril 2019 à 8:52

non c'est depuis 1 an à peu près, avant il n'avait jamais parlé de ça
on ne va pas arrêter le traitement tout de suite on va continuer, il va être suivi par un infirmier au cmp ça va peut être l'aider en plus de la psychologue
maman d'un ado de 15 ans en cours de diagnostique.

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 19774
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère

Re: médication

#68 Message par Jean » samedi 27 avril 2019 à 9:14

WinstonWolfe a écrit :
samedi 27 avril 2019 à 8:39
Jean a écrit :
samedi 27 avril 2019 à 8:12
L'étude est en libre accès : https://jamanetwork.com/journals/jamaps ... le/2722562
Malheureusement non, juste le résumé.
J'avais raccourci le lien :
https://jamanetwork.com/journals/jamaps ... d=66034407
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

Répondre