Inclusion scolaire / Loi de la confiance

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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lulamae
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Re: Loi école de la confiance

#16 Message par lulamae » vendredi 24 mai 2019 à 12:21

hazufel a écrit : Chercher les bons avocats, les trouver, pouvoir les payer, se rapprocher des assos qui sont en contact avec certains. Pour beaucoup de gens c'est hors de portée, parce que ça parait trop complexe et lourd. C'est malheureusement pour ça que trop de mômes finissent en Ulis ou en IME... :(
Oui, je pensais à ça justement. Quel boulot pour les assos, il faut être partout et il y a peu d'acquis, beaucoup à faire, il faut être sur tous les fronts. :innocent:

J'ai connu un gamin asperger, en 6ème - il était brillant, se passionnait pour l'astronomie, et avait participé dans un cours sur un conte à partir d'une constellation. Des années plus tard, j'ai rencontré son AVS dans la rue, et j'ai eu de ses nouvelles : il était en IME, ça n'allait pas, et il avait décliné. Ca m'a beaucoup peinée, j'ai eu un sentiment de gâchis terrible. :cry:
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hazufel
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Re: Loi école de la confiance

#17 Message par hazufel » vendredi 24 mai 2019 à 12:53

Justement un article toujours très pertinent sur l'inclusion en classe ordinaire, sur Comprendre l'autisme :

Les classes inclusives pour les enfants autistes

"Les enfants autistes ayant de plus faibles capacités cognitives montrent une amélioration plus importante de leurs compétences cognitives lorsqu’ils sont placés dans des classes avec des enfants typiques plutôt que dans des groupes composés uniquement d’enfants autistes. Les chercheurs ont présenté des résultats non publiés lors de la réunion internationale sur la recherche en autisme de 2017 à San Francisco, en Californie."

Et pour rejoindre ce qui était dit dans Juste pour gueuler :

"Selon Samantha Crabbe, coordinatrice de la recherche clinique à l’Université de Pennsylvanie, peu de recherches ont été menées sur les facteurs qui influent sur le choix des écoles par les parents pour leurs enfants.

Ceci est particulièrement critique pour les familles dans les districts scolaires urbains tels que Philadelphie, dit-elle. Les parents qui vivent dans des zones défavorisées ou qui appartiennent à une classe socio-économique inférieure risquent de ne pas disposer des informations ou des ressources nécessaires pour juger en connaissance de cause du meilleur type de classe pour leur enfant.

Crabbe a constaté que les mères moins scolarisées sont plus susceptibles de s’appuyer sur des opinions d’experts que sur leur propre jugement pour faire le choix d’une école pour leur enfant."

Traduction de Inclusive classes are best option for some children with autism , Spectrum News, Hannah Furfaro, May 2017
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Re: Articles divers sur les TSA

#18 Message par olivierfh » vendredi 24 mai 2019 à 13:06

olivierfh a écrit :
mercredi 22 mai 2019 à 13:23
Rien n'est fait car après le Sénat le texte revient à l'Assemblée nationale, on va voir
Finalement l'amendement a été retiré par Laure Darcos, la sénatrice Les Républicains qui en était à l'origine:
Après une tentative d'exclusion de l'école des élèves handicapés, reculade du Sénat

Laure Darcos sur twitter avant-hier 22 mai :
j'ai demandé au rapporteur du Projet de loi pour une École de la Confiance de déposer un amendement de suppression en vue de la commission mixte paritaire
TSA de type syndrome d'Asperger (03/2017) + HQI (11/2016).
4 grands enfants avec quelques traits me ressemblant, aucun diagnostic lancé.

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Re: Loi école de la confiance

#19 Message par hazufel » vendredi 24 mai 2019 à 13:15

On a fait coup double, je l’ai citée à la page précédente ;-)

Lettre ouverte de l’association Toupi :
ecole de la confiance - letter aux parlementaires.

Et celle d’handicap & scolarité : école de la confiance - école de la souffrance
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Re: Loi école de la confiance

#20 Message par Flower » samedi 25 mai 2019 à 12:21

Tant mieux si c'est retiré, c'est mieux je pense.
Spoiler : 
Pour avoir déjà rédigé des amendements, il y a tout un art du flou - et en même temps, parfois on se bat sur un mot...
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Re: Loi école de la confiance

#21 Message par hazufel » mercredi 10 juillet 2019 à 8:24

La loi Blanquer expliquée par Toupi (Association d'information et de soutien pour l'inclusion des personnes atteintes de handicap cognitif)

Loi Blanquer / handicap

À voir si ce qui est écrit est suivi dans les faits...
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Re: Loi école de la confiance

#22 Message par lulamae » mercredi 10 juillet 2019 à 10:05

C'est intéressant cette analyse, notamment (pour moi) par rapport à la mutualisation des AESH.

Il peut annoncer aussi une chose et que la politique de la MDPH fasse que cela se passe autrement au moment de l'attribution de l'aide humaine. Que les établissements se retrouvent face à une sorte de fait accompli - souplesse et flexibilité sont aussi une manière en langue de bois politique d'exprimer "gérer des moyens insuffisants" (on donne moins de moyens et on essaie de les rendre plus extensibles). :?

En tout cas, c'est bien aussi que les effectifs ULIS soient pris en compte dans les classes ordinaires, pour éviter un sureffectif. C'est sûrement en partie une des raisons qui décourageaient certains profs d'essayer d'inclure régulièrement les élèves.
Spoiler : 
A noter que le fonctionnement très à la mode, voire imposé par les chefs d'établissement, des classes en îlots tend à adapter dans la classe et le contenu de l'enseignement cette mutualisation qui permet de faire plus avec autant... Ca peut être bien d'un point de vue pédagogique, mais pas pour toutes les disciplines, toutes les activités, et pas de manière forcée ni permanente, en enjoignant les profs de lire un bouquin ou de "regarder leurs collègues qui le font déjà" pour s'y mettre fissa. Ben moi, aucun collègue n'a jamais su m'expliquer ce qu'il en retirait à part "être dans le moov". Les gens se mettent subitement à redécouvrir des trucs vieux de 30-40 ans, et foncent dans l'expérimentation sans rien y comprendre eux-mêmes, et une fois qu'on a ces gens-là, on peut mettre la pression sur les autres de faire pareil.

J'ai remarqué que l'AESH se mettait ainsi justement à une table à part et s'occupait des différents enfants qu'elle aidait (la dernière sur mon poste en 2018 en avait quatre). Si on fait ça tout le temps, où est l'inclusion ???
Et quand ce n'était pas le cas, il y avait conflit entre les élèves obligés de travailler en groupe (et donc évalués pour le groupe et non le travail individuel) et les élèves seuls de l'ULIS, qui au mieux se mettaient à l'écart et refusaient d'interférer, au pire faisaient suer les autres. Et le prof se retrouvait pris entre 8-9 îlots pas forcément plus indépendants.
J'aimais le faire de temps en temps, pour un travail justifié et motivant (écrire par exemple), mais pas tout le temps, ni contrainte et forcée.


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Re: Loi école de la confiance

#23 Message par Flower » mercredi 10 juillet 2019 à 11:54

Spoiler : 
De toute façon, les travaux de groupe au collège/lycée, c'était une plaie parce qu'il y en avait toujours qui essayaient de profiter du travail des autres. A chaque fois je me retrouvais dans un groupe de 4 où on n'était que deux à faire le boulot. Une fois j'ai fini par le signaler au prof, qui avait heureusement déjà remarqué et en avait tenu compte dans la notation - qui était aussi censée refléter l'implication de tous les membres du groupe.
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Re: Loi école de la confiance

#24 Message par lulamae » mercredi 10 juillet 2019 à 13:06

Flower a écrit :
mercredi 10 juillet 2019 à 11:54
Spoiler : 
De toute façon, les travaux de groupe au collège/lycée, c'était une plaie parce qu'il y en avait toujours qui essayaient de profiter du travail des autres. A chaque fois je me retrouvais dans un groupe de 4 où on n'était que deux à faire le boulot. Une fois j'ai fini par le signaler au prof, qui avait heureusement déjà remarqué et en avait tenu compte dans la notation - qui était aussi censée refléter l'implication de tous les membres du groupe.
Spoiler : 
Oui, les bons élèves bosseurs finissent par fournir le travail parce qu'ils veulent avoir une bonne note. Les profs sont censés équilibrer ces groupes, mais ça ne résout pas vraiment le problème, parce que la pression sociale au collège tire plutôt les élèves vers le bas que le contraire.
Je suis pour favoriser l'entraide et la collaboration, mais comme ça c'est très artificiel, et depuis les compétences c'est encore pire.
Pour des travaux où le groupe apporte un plus et montre aux élèves qu'ils ont à y gagner, c'est utile, sinon, c'est même contre-productif, ça risque de les en dégoûter encore plus.
En français, les travaux utiles étaient de l'ordre de : écrire une histoire longue en cherchant les idées ensemble, puis en se partageant les étapes de l'histoire, puis faire un recueil, faire des panneaux d'expo, écrire un texte théâtral pour le jouer, etc...
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Re: Loi école de la confiance

#25 Message par hazufel » lundi 2 septembre 2019 à 7:04

En ce jour de rentrée, je pense bien à tous les enfants en situation de handicap, à leur famille et à l’angoisse qui les étreint souvent, l’un comme l’autre.

Propos d’Aspieconseil pour des données chiffrées :
« Depuis quelques années, on nous vante la scolarisation pour tous et pourtant la réalité est toute autre puisque plus de 10 000 enfants sont sans AVS (issu de l'enquête parlementaire) et pour beaucoup d'entre eux sont donc non scolarisés. A cela s'ajoutent des enfants sans solution ou en IME qui n'ont pas ou peu de scolarisation (sans doute plus de 100 000). Cette année est complexe, des AESH ne sont pas encore affectées et d"autres qui déclarent déjà que les PIAL ne respectent pas les notifications. »

À cela s’ajoute des échanges Twitter de profs hier, se demandant combien de « cas lourds » ils allaient récoltés et pour lesquels ils allaient devoir jouer les éducateurs spé...

Je souhaite bon courage aux profs bienveillants qui sauront accompagner tous les enfants sans distinction, avec leurs peu de moyens mais avec tout leur cœur.

Je suis bien triste pour ces enfants et la situation en France.
Je leur souhaite bon courage.
Spoiler : 
Pour la première année scolaire, mes fils ne sont absolument pas stressés. Tout est prêt, sur la table du salon, avec les cahiers du cned, dès la rentrée.
Si votre enfant n’a pas d’avs à la rentrée malgré la notification MDPH vous pouvez l’indiquer ici :
ma rentrée - unapei
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Re: Loi école de la confiance

#26 Message par hazufel » mardi 24 septembre 2019 à 7:35

Une petite vidéo pour l’inclusion des jeunes enfants, de Phantom (pour comprendre l’autisme) :

https://comprendrelautisme.com/video-su ... s-enfants/

C’est court mais donne bien toutes les facettes souvent rencontrées, et le potentiel d’inclusion de tous les enfants.
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Re: Inclusion scolaire / Loi de la confiance

#27 Message par Ogam » lundi 7 octobre 2019 à 21:31

par hazufel » lundi 2 septembre 2019 à 7:04
En ce jour de rentrée, je pense bien à tous les enfants en situation de handicap, à leur famille et à l’angoisse qui les étreint souvent, l’un comme l’autre.

Propos d’Aspieconseil pour des données chiffrées :
« Depuis quelques années, on nous vante la scolarisation pour tous et pourtant la réalité est toute autre puisque plus de 10 000 enfants sont sans AVS (issu de l'enquête parlementaire) et pour beaucoup d'entre eux sont donc non scolarisés. A cela s'ajoutent des enfants sans solution ou en IME qui n'ont pas ou peu de scolarisation (sans doute plus de 100 000). Cette année est complexe, des AESH ne sont pas encore affectées et d"autres qui déclarent déjà que les PIAL ne respectent pas les notifications. »

À cela s’ajoute des échanges Twitter de profs hier, se demandant combien de « cas lourds » ils allaient récoltés et pour lesquels ils allaient devoir jouer les éducateurs spé...

Je souhaite bon courage aux profs bienveillants qui sauront accompagner tous les enfants sans distinction, avec leurs peu de moyens mais avec tout leur cœur.

Je suis bien triste pour ces enfants et la situation en France.
Je leur souhaite bon courage.

Spoiler :

Si votre enfant n’a pas d’avs à la rentrée malgré la notification MDPH vous pouvez l’indiquer ici :
ma rentrée - unapei
Chère hazufel,
je suis complètement d'accord avec toi, car je suis professeur des écoles même si en arrêt pour dépression. Ce qui me paraît abominable
dans la situation actuelle dans les écoles, c'est qu'on demande une application stricto sensu de la loi de 2005 sans les moyens humains (AESH, Maîtres spécialisés du rased, enseignants spécialisés dans les classes pour accompagner les différentes formes de handicaps) et les moyens matériels (matériels adaptés, places suffisantes en classes Ulis ...).

Il serait également nécessaire que les classes aient des effectifs à taille humaine avec 16-20 élèves pour permettre :
  • une meilleure attention pour l'enseignant avec les élèves en situation de handicap.
  • une meilleure capacité à individualiser les supports d'un cours en fonction des difficultés et des capacités de l'élève.
  • Permettre d'avoir plus de temps à consacrer à l'élève en situation de handicap car arithmétiquement,il est clair qu'avoir 8 à 10 élèves de plus dans une classe implique moins de possibilités pour pouvoir s'occuper de l'élève (ou des élèves en situation de handicap).
Malheureusement ce que j'ai listé ci-dessus a un coût que l'Education Nationale ne semble pas pouvoir (ou vouloir) prendre en charge et cherche au contraire à réduire les frais. Il n'est pas rare ainsi de se retrouver avec une classe avec 28-30 élèves, du double niveaux, 4 à 5 personnes en situation de handicaps (reconnus ou non par la MDPH) et donc pouvant ou non être suivis individuellement par une AESH.

Ces AESH sont payés une misère par rapport à leur importance dans la classe et au travail fourni (740 euros net par mois pour 24 h de travail/semaine sans compter les réunions, l'administratif, l'échange avec les parents et les formations (théoriquement 60 heures pour survoler et gérer les différents types de handicap ), ont un emploi précaire et peuvent très bien se retrouver sans renouvellement de poste au bout de deux-trois ans alors que l'AESH avait toutes les compétences pour continuer et le travail réalisé pouvant être salué par l'ensemble de l'équipe éducative. D'ailleurs, cette année a eu lieu un recrutement important d'AESH auprès des DASEN (Direction Académique des Services de l'Education Nationale).
Ces AESH embauchés peuvent se retrouver sans affectation car ils vont servir un pool de réserve en cas de besoin (alors que les élèves en situation de handicap se retrouvent sans accompagnateur à la rentrée), je pense surtout que c'est pour mettre en avant la communication du ministère de l'EN qui embauche et forme des dizaines de milliers d'AESH afin de tenir les engagements sur l'accueil des élèves en situation de handicap (et surtout la com' du genre: "Avant, l'enfant devait attendre d'aller à l'école pour trouver un AESH alors que maintenant il va pouvoir y aller sans crainte puisque l'AESH l'attend déjà"). Je pense d'ailleurs que cette absence d'affectation doit permettre au ministère d'économiser de l'argent car pas d'affectation = pas de paye.

D'ailleurs, j'ai un ami qui vit dans le même département que moi et qui souhaitait ne plus être professeur des écoles pour devenir AESH (diagnostiqué tardivement autiste à l'âge adulte, il ne supportait plus le bruit, les cris, la pression de la responsabilité de veiller à la sécurité des enfants de la classe ,à chaque instant tout seul, et avoir l'impression de se retrouver seul dans une fosse aux lions que représentent les élèves de la classe) et qui s'est vu reprocher par l'inspectrice de l'éducation nationale qui menait l'entretien que puisqu'il ne sait pas gérer une classe de 30 élèves, il ne peut pas gérer un élève en situation de handicap (alors que ses collègues, ATSEM, etc, lui reconnaissent des qualités indéniables pour pouvoir enseigner comme la patience, la pédagogie ...).

Aujourd'hui, pour des questions de coûts, de réaffectations du personnel accompagnant ..., on se retrouve dans une situation où le professeur (non-formé bien sûr à la gestion des différents types de handicaps) se retrouve souvent à gérer une classe de 28-30 élèves avec plusieurs élèves en situation de handicaps, sans aide, devant jouer à la fois le rôle d'éducateur, de gendarme, de psychologue, d'assistant-social, d'infirmier, d'enseignant-spécialisé, d'informaticien, d'animateur, de sportif, de musicien, de scientifique, de pompier de service...). D'ailleurs dans certaines académies comme Versailles ou Créteil, comme il y a une perte des vocations pour passer le concours et devenir enseignant (il y a dans d'ailleurs des concours supplémentaires dans ces académies), on embauche des enseignants contractuels et qui pour certains n'ont jamais touché à une classe : je suis sûr que les élèves en situation de handicap seront bien accompagnés et épaulés.

Le professeur des écoles (qui fait quasiment 6 ou 7 métiers en même temps) et qui travaille en moyenne 45 h par semaine, payé 35 (avec les journées de classe, les réunions, les rencontres avec les parents, la préparation de la classe ainsi que des séances et séquences, des corrections de cahiers, des réunions entre équipes pour la réalisation de PPS pour les élèves reconnus par la MDPH ...) et sans la reconnaissance (mais aussi la confiance et la bienveillance) de certaines familles (qui peuvent ne pas supporter que certains enfants en situation de handicap soient dans la classe de leur(s) enfant(s)), de la hiérarchie (inspecteurs de l'éducation nationale ou principal/proviseur qui pour certains peuvent être harcelants ou bien ne cherchent pas à protéger les employés qu'ils ont à leurs charges) ou même de certains collègues (à qui on devrait apprendre les définitions de travail d'équipe, altruisme, l'intérêt général, solidarité, esprit d'équipe au lieu d'égoïsme, intérêt particulier, la jalousie, l'esprit de compétition, la traîtrise avec la bonne vieille méthode du coup de poignard dans le dos).

Avec tout cela, je pense que M. Blanquer mérite un tonnerre d'applaudissements pour avoir permis aux enseignants, aux directeurs d'écoles, aux parents, aux enfants (avec ou sans handicap) de retrouver la confiance dans l'institution qu'est l'Ecole de la République et ce n'est pas certaines mauvaises langues (disant que le travail s'est terriblement dégradé, que les moyens sont tellement dérisoires que les enseignant payent avec leur propre argent les supports pédagogiques sur internet ou impriment avec leur propre imprimante les supports de cours, que le salaire est déplorable car au bout de 30 ans de métier on arrive autours de 3000 euros par mois et que le jeune professeur avec un bac + 5 en poche ne touche que 1 500 euros par mois, qu'il n'y a jamais eu autant d'arrêts de travail ou de suicides pour des dépressions ou encore des harcèlements ou suite à des traumatismes lors de coups portés envers le fonctionnaire, que certains stagiaires rapportent que leurs supérieurs hiérarchiques leur expliquent qu'ils ne travaillent que pour l'argent) qui pourront saper le moral de ce grand ministre de l'Education National et qui considérait d'ailleurs que le mot-clé pour la rentrée 2019 était REUSSITE (https://www.liberation.fr/france/2019/0 ... h_1747563 )
En cours de diagnostique au CRA depuis l'envoi du dossier en décembre 2018 et suspicion d'autisme asperger grâce à des psychologues spécialisés.

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Re: Inclusion scolaire / Loi de la confiance

#28 Message par lulamae » lundi 7 octobre 2019 à 22:21

@Ogam, je te remercie pour cette présentation magistrale de la situation actuelle à l'école, pour les élèves en situation de handicap, et pour les enseignants.

Je n'enseigne plus depuis un an et demie, donc mes souvenirs remontent à loin, et tant mieux. Dans la dernière année, j'ai connu exactement ce que tu décris, en tant que prof de français au collège :
Ogam a écrit : Aujourd'hui, pour des questions de coûts, de réaffectations du personnel accompagnant ..., on se retrouve dans une situation où le professeur (non-formé bien sûr à la gestion des différents types de handicaps) se retrouve souvent à gérer une classe de 28-30 élèves avec plusieurs élèves en situation de handicaps, sans aide, devant jouer à la fois le rôle d'éducateur, de gendarme, de psychologue, d'assistant-social, d'infirmier, d'enseignant-spécialisé, d'informaticien, d'animateur, de sportif, de musicien, de scientifique, de pompier de service...). D'ailleurs dans certaines académies comme Versailles ou Créteil, comme il y a une perte des vocations pour passer le concours et devenir enseignant (il y a dans d'ailleurs des concours supplémentaires dans ces académies), on embauche des enseignants contractuels et qui pour certains n'ont jamais touché à une classe : je suis sûr que les élèves en situation de handicap seront bien accompagnés et épaulés.

Le professeur des écoles (qui fait quasiment 6 ou 7 métiers en même temps) et qui travaille en moyenne 45 h par semaine, payé 35 (avec les journées de classe, les réunions, les rencontres avec les parents, la préparation de la classe ainsi que des séances et séquences, des corrections de cahiers, des réunions entre équipes pour la réalisation de PPS pour les élèves reconnus par la MDPH ...) et sans la reconnaissance (mais aussi la confiance et la bienveillance) de certaines familles (qui peuvent ne pas supporter que certains enfants en situation de handicap soient dans la classe de leur(s) enfant(s)), de la hiérarchie (inspecteurs de l'éducation nationale ou principal/proviseur qui pour certains peuvent être harcelants ou bien ne cherchent pas à protéger les employés qu'ils ont à leurs charges) ou même de certains collègues (à qui on devrait apprendre les définitions de travail d'équipe, altruisme, l'intérêt général, solidarité, esprit d'équipe au lieu d'égoïsme, intérêt particulier, la jalousie, l'esprit de compétition, la traîtrise avec la bonne vieille méthode du coup de poignard dans le dos).
J'avais auparavant pas mal travaillé avec le PE responsable de l'ULIS pour intégrer des élèves en classe de 6e et 5e. J'en ai eu un bon aperçu, mais c'était déjà il y a longtemps, et le système ne s'était pas autant dégradé.
Par la suite, j'ai connu la classe de 6e à 29 élèves, dont 3 en situation de handicap non accompagnés, deux ne sachant pas lire, et 5 élèves allophones dans la même classe !
J'ai fini par jeter l'éponge quand, la dernière année, et sur un nouveau poste, la Principale m'a déconsidérée, désavouée sur la parole de parents qui ne supportaient pas que je mette un mot sur le carnet ou que je sépare leur petit chéri de la copine avec qui il bavardait bruyamment. Elle n'a tenu aucun compte de mes antécédents - bonne notation, conscience professionnelle reconnue, et de l'avis des inspectrices qui m'avaient visitée en cours, ma volonté de ne laisser aucun élève "au bord du chemin".
Pour tout dire, elle me ressortait des commérages de son fils que j'avais dans ma classe (la totale !) et se servait de ce qu'il lui disait pour m'enfoncer.

Aujourd'hui, je fais le secrétariat d'un inspecteur de maternelle, et je vois de l'autre côté ce que ça donne, ce que l'on attend des profs des écoles, des directeurs d'école, et je me dis que ça ne va pas en s'arrangeant. L'inspecteur est bienveillant, je pense qu'il n'enfonce pas les jeunes profs, mais je vois passer les circulaires, je vois les référentiels de compétences attendus des profs, dans ce fameux langage abscons pédagogico-administratif - ça fait peur. :shock:

C'est toujours le même problème : il vaudrait mieux un esprit de solidarité et de compréhension entre les différentes parties pour mieux fonctionner en attendant, mais le décalage entre les besoins et les moyens alloués est un gouffre sidérant. C'est un peu la même chose que dans la fonction publique hospitalière, et c'est le public qui trinque.
Je crois que plus les profs sont consciencieux et désireux d'aider les élèves, plus ils sont et vont être en souffrance dans un système qui de surcroît use à merveille de la double injonction paralysante, méthode de manipulation redoutable s'il en est.
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Re: Inclusion scolaire / Loi de la confiance

#29 Message par hazufel » lundi 7 octobre 2019 à 22:49

Ogam, je sais tout ce que tu cites et j’admire le courage exemplaire d’enseignants comme toi.
Je lis des exemples un peu partout et en suis consternée chaque jour.
Je suis révoltée qu’on vous laisse vous éreinter jusqu’à un point de non retour qui n’est plus tolérable.

Je ne me bats pas contre l’école mais contre ceux qui la dirigent mais ne connaissent absolument rien du quotidien des enseignants, des élèves et du personnel des écoles.

Courage.
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Re: Inclusion scolaire / Loi de la confiance

#30 Message par Ogam » lundi 7 octobre 2019 à 23:19

par lulamae » lundi 7 octobre 2019 à 22:21
@Ogam, je te remercie pour cette présentation magistrale de la situation actuelle à l'école, pour les élèves en situation de handicap, et pour les enseignants.

Je n'enseigne plus depuis un an et demie, donc mes souvenirs remontent à loin, et tant mieux. Dans la dernière année, j'ai connu exactement ce que tu décris, en tant que prof de français au collège :

Aujourd'hui, je fais le secrétariat d'un inspecteur de maternelle, et je vois de l'autre côté ce que ça donne, ce que l'on attend des profs des écoles, des directeurs d'école, et je me dis que ça ne va pas en s'arrangeant. L'inspecteur est bienveillant, je pense qu'il n'enfonce pas les jeunes profs, mais je vois passer les circulaires, je vois les référentiels de compétences attendus des profs, dans ce fameux langage abscons pédagogico-administratif - ça fait peur. :shock:

C'est toujours le même problème : il vaudrait mieux un esprit de solidarité et de compréhension entre les différentes parties pour mieux fonctionner en attendant, mais le décalage entre les besoins et les moyens alloués est un gouffre sidérant. C'est un peu la même chose que dans la fonction publique hospitalière, et c'est le public qui trinque.
Je crois que plus les profs sont consciencieux et désireux d'aider les élèves, plus ils sont et vont être en souffrance dans un système qui de surcroît use à merveille de la double injonction paralysante, méthode de manipulation redoutable s'il en est.
Je te remercie pour ton message lulamae.
je pense comme toi que les enseignants qui ne sont pas carriéristes, qui n'ont pas l'habitude de sortir la boîte à cirage et la brosse à reluire pour cirer à neuf les chaussures du supérieur hiérarchique et qui n'a pour intérêt principal que de permettre à tous les enfants (avec handicap ou non) de s'en sortir et qui s'impliquent énormément dans leur métier et dans leurs cours vont connaître beaucoup plus de difficultés vis à vis de leurs collègues ou de la hiérarchie, ce que je trouve triste car c'est l'enfant qui finit par en pâtir.

Je pense que professeur (des écoles, de collège et de lycée) est un métier dur : physiquement et moralement. La charge de travail est importante et la responsabilité est énorme : faire réussir tous les élèves. Cependant, on peut se rendre compte qu'il y a un décalage entre la vision de "l'Ecole inclusive et de la confiance" des supérieurs hiérarchiques (inspecteurs académiques de circonscriptions et inspecteurs généraux, IA-DASEN, le recteur d'académie et le ministre) et la vision de cet école vue au quotidien par les acteurs du terrain. Cet écart de perception va se creuser de plus en plus au fil des années et je pense que les enfants de cette génération risquent de sérieusement en souffrir.

J'espère vraiment que je me trompe mais tel que je voie les choses, je pense qu'on va devoir encore quelques années pour se retrouver sur les podiums des études PISA ou de l'OCDE avec en France, une école égalitaire, inclusive où l'enfant va progresser à son rythme (indépendamment du milieu socio-culturel des parents), que les enfants en situation de handicap se retrouvent inclus comme dans les pays scandinaves, en Italie ou en Allemagne.
J'espère aussi que les enfants autistes seront mieux accompagnés, scolarisés et auront un enseignement adapté à leurs spécificités de penser et de fonctionner (et surtout arriver à un taux d'inclusion de ces élèves qui arrivent autour de 80 à 100 %, ce qui implique une réforme en profondeur digne de ce nom). Et qu'enfin, la société prenne exemple sur l'inclusion des enfants autistes (et des enfants en situation de handicap de manière générale) pour que nous ne retrouvions pas avec des adultes autistes qui se retrouvent sur le carreau (2 % des adultes autistes sont salariés (chiffre retrouvé dans une étude de l'IFOP de mars2018)).

Cependant, tout cela demande des moyens pour atteindre ces objectifs. Est-ce que le ministre de l'EN, le gouvernement, le premier ministre et surtout le président de la République, ont l'ambition d'investir dans l'enseignement français pour permettre d'arriver à ces objectifs : je l'espère (car je suis de nature optimiste et candide).
En cours de diagnostique au CRA depuis l'envoi du dossier en décembre 2018 et suspicion d'autisme asperger grâce à des psychologues spécialisés.

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