Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Soline34
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Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

#1 Message par Soline34 » dimanche 19 mai 2024 à 19:19

Bonjour,
L’objet de mon post concerne plusieurs élèves lycéennes autres que ma fille pour lesquelles je n’ai pas trouvé, en tant que professeur, de solution idéale dans ma pratique. Et je me dis qu’un regard extérieur de personnes neuro atypiques pourrait peut être me donner des pistes pour l’avenir si j’étais confrontée à de telles situations.

La première lycéenne est à présent étudiante. Nous la nommerons Pétunia.
Pétunia était dans un grand lycee avec plus de 35 élèves par classe. Pour celles et ceux qui ont quitté le lycée depuis plus de 5 ans, il faut savoir qu’à chaque heures de cours les élèves se retrouvent dans des groupes différents dès la classe de première. En gros la notion de « groupe classe » est tres fictive pour les premières et terminales générales.
En première Pétunia faisait régulièrement des crises d’angoisses quand elle devait rentrer en cours. Des fois je pouvais lui proposer d’aller dans une autre salle quand il y en avait des inoccupées pas loin. Mais c’était loin d’être l’idéal: déjà c’était interdit et je devais me couper en deux pour pouvoir et suivre la classe et aider Pétunia pour qu’elle avance dans son travail. Autant dire que ça ne fonctionnait pas (à part pendant les DS).
Des fois je lui proposais de travailler sur la galerie: c’était un peu plus pratique mais c’était pas non plus optimal. Et enfin des fois elle était vraiment en crise et n’arrivait plus à communiquer. Dans ces cas là je la laissais dans le couloir, porte ouverte et allais voir toutes les cinq minutes/dix minutes comment elle allait: la plupart du temps elle n’était pas en état de suivre le cours mais elle allait au suivant. Une fois ses parents sont venus la chercher. Bon globalement, même si c’était régulier, la plupart du temps elle était capable d’être dans la salle. L’année scolaire suivante, c’est mon collègue qui l’avait et malheureusement de ce que j’en sais elle a manqué une bonne partie de l’année parce qu’aller dans une salle de cours blindée avec des camarades qui changent toutes les heures c’était trop pour elle d’après ce que j’ai compris. Malgre ça elle a eu son bac avec mention, et j’espère qu’elle a pu poursuivre ses études à la fac.
Ma question c’est: qu’est ce qu’on aurait pu mettre en place pour que la scolarité de Pétunia ne soit pas tant impactée? Vous allez me dire « moins d’élèves par classe, et pas des élèves qui changent sans arrêt ». Ça c’est trivial, mais c’est au ministère que ça se joue. Avant d’avoir Pétunia en classe je trouvais vraiment que c’était une hérésie ce fonctionnement et ce nombre d’élèves, mais pour Pétunia je trouve que l’institution était même maltraitante.

Ma seconde élève que nous appellerons Aglaë ne communique qu’en hochant ou secouant légèrement de la tête avec les professeurs (avec ses parents elle communique de manière classique). Du coup pour Aglaë, seules les questions fermées étaient possibles. Dans l’ensemble l’année s’est très bien passée mais uniquement parce qu’elle comprenait tout toute seule (je passais juste voir régulièrement si les réponses aux questions de l’exercice s étaient juste ou fausses. Quand elles étaient fausses (rarement) je traitais la question devant elle. Mais je n’avais aucun moyen de savoir si j’avais bien détecté le noeud du problème. Il n’y a que les deux derniers cours où ça n’a pas fonctionné: la première fois elle a caché son écran pour ne pas que je lise, du coup je n’ai pas su quoi faire. La seconde elle devait présenter un exposé(donc pour elle la consigne s’était de rédiger à l’écrit chez elle, et de venir seule dans la salle pour que je lui pose des questions sur son écrit et qu’elle y réponde à l’écrit: )ça n’a pas fonctionné. Je n’ai pas su la rassurer et je ne sais vraiment pas comment rattraper le coup; et surtout si j’ai une autre élève comme Aglaë dans les années à venir, je ne saurais pas quoi faire pour lui enseigner quelque chose. Aglaë a appris parce qu’elle est brillante dans ma discipline; mais elle a appris seule.

Si les situations de Pétunia et Aglaë vous rappellent des choses que vous avez vécu en tant qu’élèves et si vous avez trouvé des solutions ou voyez des solutions ou des débuts de solutions je suis preneuse. Selon mon point de vue, l’éducation nationale, malgré ce qu’elle affiche, ne fait que tolérer parce qu’elle y est obligée la présence d élèves autistes et ne va pas se casser la tête pour trouver des solutions. Je crois même que c’est pire que ça: il y a quelques années j’ai participé à une formation pour inclure les élèves autistes en classe. Il était question de la primaire, à l’extrême rigueur du collège, mais à croire qu’être lycéen et autiste c’est même pas envisageable même pour des formateurs de l’éducation nationale. Remarquez que c’est aussi le cas pour beaucoup d’élèves « à besoins particuliers ». Pour le lycée, c’est un peu « bah on fait une action sociale en les incluant ». Ben non désolée, on a des élèves en classe en filière générale, l’ambition c’est de les mener aux études supérieures et qu’ils y réussissent.
Merci à vous pour vos réponses. N’oubliez pas que je suis neuro typique, pleine de préjugés certainement, et j’espère n’avoir heurté personne. Si je suis complètement à côté de la plaque, merci de me le signaler en gardant à l’esprit que je fais de mon mieux. Et surtout, si vous avez des solutions pour l’avenir me les faire partager que je puisse être utile dans les années à venir si je me trouve confrontée à des situations similaires
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#2 Message par user3571 » dimanche 19 mai 2024 à 20:05

Soline34 a écrit : dimanche 19 mai 2024 à 19:19 Bonjour,
L’objet de mon post concerne plusieurs élèves lycéennes autres que ma fille pour lesquelles je n’ai pas trouvé, en tant que professeur, de solution idéale dans ma pratique. Et je me dis qu’un regard extérieur de personnes neuro atypiques pourrait peut être me donner des pistes pour l’avenir si j’étais confrontée à de telles situations.

La première lycéenne est à présent étudiante. Nous la nommerons Pétunia.
Pétunia était dans un grand lycee avec plus de 35 élèves par classe. Pour celles et ceux qui ont quitté le lycée depuis plus de 5 ans, il faut savoir qu’à chaque heures de cours les élèves se retrouvent dans des groupes différents dès la classe de première. En gros la notion de « groupe classe » est tres fictive pour les premières et terminales générales.
En première Pétunia faisait régulièrement des crises d’angoisses quand elle devait rentrer en cours. Des fois je pouvais lui proposer d’aller dans une autre salle quand il y en avait des inoccupées pas loin. Mais c’était loin d’être l’idéal: déjà c’était interdit et je devais me couper en deux pour pouvoir et suivre la classe et aider Pétunia pour qu’elle avance dans son travail. Autant dire que ça ne fonctionnait pas (à part pendant les DS).
Des fois je lui proposais de travailler sur la galerie: c’était un peu plus pratique mais c’était pas non plus optimal. Et enfin des fois elle était vraiment en crise et n’arrivait plus à communiquer. Dans ces cas là je la laissais dans le couloir, porte ouverte et allais voir toutes les cinq minutes/dix minutes comment elle allait: la plupart du temps elle n’était pas en état de suivre le cours mais elle allait au suivant. Une fois ses parents sont venus la chercher. Bon globalement, même si c’était régulier, la plupart du temps elle était capable d’être dans la salle. L’année scolaire suivante, c’est mon collègue qui l’avait et malheureusement de ce que j’en sais elle a manqué une bonne partie de l’année parce qu’aller dans une salle de cours blindée avec des camarades qui changent toutes les heures c’était trop pour elle d’après ce que j’ai compris. Malgre ça elle a eu son bac avec mention, et j’espère qu’elle a pu poursuivre ses études à la fac.
Ma question c’est: qu’est ce qu’on aurait pu mettre en place pour que la scolarité de Pétunia ne soit pas tant impactée? Vous allez me dire « moins d’élèves par classe, et pas des élèves qui changent sans arrêt ». Ça c’est trivial, mais c’est au ministère que ça se joue. Avant d’avoir Pétunia en classe je trouvais vraiment que c’était une hérésie ce fonctionnement et ce nombre d’élèves, mais pour Pétunia je trouve que l’institution était même maltraitante.

Ma seconde élève que nous appellerons Aglaë ne communique qu’en hochant ou secouant légèrement de la tête avec les professeurs (avec ses parents elle communique de manière classique). Du coup pour Aglaë, seules les questions fermées étaient possibles. Dans l’ensemble l’année s’est très bien passée mais uniquement parce qu’elle comprenait tout toute seule (je passais juste voir régulièrement si les réponses aux questions de l’exercice s étaient juste ou fausses. Quand elles étaient fausses (rarement) je traitais la question devant elle. Mais je n’avais aucun moyen de savoir si j’avais bien détecté le noeud du problème. Il n’y a que les deux derniers cours où ça n’a pas fonctionné: la première fois elle a caché son écran pour ne pas que je lise, du coup je n’ai pas su quoi faire. La seconde elle devait présenter un exposé(donc pour elle la consigne s’était de rédiger à l’écrit chez elle, et de venir seule dans la salle pour que je lui pose des questions sur son écrit et qu’elle y réponde à l’écrit: )ça n’a pas fonctionné. Je n’ai pas su la rassurer et je ne sais vraiment pas comment rattraper le coup; et surtout si j’ai une autre élève comme Aglaë dans les années à venir, je ne saurais pas quoi faire pour lui enseigner quelque chose. Aglaë a appris parce qu’elle est brillante dans ma discipline; mais elle a appris seule.

Si les situations de Pétunia et Aglaë vous rappellent des choses que vous avez vécu en tant qu’élèves et si vous avez trouvé des solutions ou voyez des solutions ou des débuts de solutions je suis preneuse. Selon mon point de vue, l’éducation nationale, malgré ce qu’elle affiche, ne fait que tolérer parce qu’elle y est obligée la présence d élèves autistes et ne va pas se casser la tête pour trouver des solutions. Je crois même que c’est pire que ça: il y a quelques années j’ai participé à une formation pour inclure les élèves autistes en classe. Il était question de la primaire, à l’extrême rigueur du collège, mais à croire qu’être lycéen et autiste c’est même pas envisageable même pour des formateurs de l’éducation nationale. Remarquez que c’est aussi le cas pour beaucoup d’élèves « à besoins particuliers ». Pour le lycée, c’est un peu « bah on fait une action sociale en les incluant ». Ben non désolée, on a des élèves en classe en filière générale, l’ambition c’est de les mener aux études supérieures et qu’ils y réussissent.
Merci à vous pour vos réponses. N’oubliez pas que je suis neuro typique, pleine de préjugés certainement, et j’espère n’avoir heurté personne. Si je suis complètement à côté de la plaque, merci de me le signaler en gardant à l’esprit que je fais de mon mieux. Et surtout, si vous avez des solutions pour l’avenir me les faire partager que je puisse être utile dans les années à venir si je me trouve confrontée à des situations similaires
Pétunia semble t'il cannalisait mal son anxiété. Difficile pour moi de dire ce qu'il aurait fallut faire. Les écrans n'avaient pas la place qu'ils ont aujourd'hui et la notion de classe était beaucoup plus préponderante que celle dite de groupe. Ah oui le respect de la consigne, du cadre de travail dans une classe, pas d'aménagements hormis un tiers temps. Beaucoup de travail personnel qu'il a fallut compléter avec une organisation plus méthodique (classeurs rangés, une couleur par matière, assiduité de travail de fer) et aussi de l'hygiène de vie (alimentation au top, suffisament d'endorphine par la course à pied, la natation, le vélo pour le sommeil). Sans mélatonine je faisais beaucoup beaucoup de relaxation, j'avais de la sieste tout les midis avec une serviette bleue sur mes yeux. La terminnale je m'en souviens je voulais absolument avoir le bac avec une mention et mon ticket d'entrée en classe prépa. Les choeurs de l'armée rouge ont été necessaire avant de me remettre au travail. Je me disais toujours "allez camarade, on lâche pas, on ne se replit pas".

La classe si je puis dire, je voulais la paix . Rompre avec les années noires de harcélement scolaire, le viol, les tentatives de meurtres par strangulation, les maltraitances du corps enseignant, me faire confiance. Ne pas capituler.

Aglaé avait une manière d'apprendre à elle qui lui permettait de travailler en totale autarcie.

Chaque élève possède ses forces et ses faiblesses. Certains auront besoin de protocoles et seront compatibles avec un enseignement classique. D'autres pour aboutir au résultat escomptés devront faire autrement.

Vous touchez de prêt les limites de l'inclusion telle que votre ministère de tutelle l'envisage et la promut. Mais nous touchons à un probléme de politique complexe . L'inclusion fut voté le 3 février 2005. Le principe était noble, mais l'application du principe généreux: peut mieux faire.

Je connais une jeune trentenaire: elle était hier photographe, l'armée de l'air française va en faire une lieutenante. Elle ne dira jamais qu'elle est autiste pour que ses qualités militaires n'en soient pas amoindries. Elle devra porter le glaive dans les airs.
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Re: Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

#3 Message par Wasp1 » lundi 20 mai 2024 à 1:18

Bonjour,

Déjà merci pour ce post qui ouvre sur une problématique récurrente : la relation à l'enseignement des personnes neuro atypiques. Qui est souvent problématique et vécu douloureusement.

Je suis agréablement surprise de voir à quel point vous vous impliquée dans la recherche de solutions et du bien-être de vos élèves et de votre fille. Merci pour ce que vous faîtes. Votre pratique est déjà exemplaire à mes yeux, car va dans le bon sens. Vous êtes à la recherche de solutions et d'améliorations. Et c'est déjà une démarche que beaucoup ne débutent pas.

Je ne peux malheureusement pas vous apportez de solutions car chaque personne est différente et il n'y a pas une formule magique.
Mais des pistes de reflexions subjectives... Peut-être que la patience, l'écoute et la bienveillance peuvent ouvrir des portes qui permettront d'établir un lien de confiance où l'échange peut se faire. Votre capacité à donner envie à l'élève neuroatypique de s'ouvrir se construit pas à pas. Ce que vous faites déjà d'ailleurs.
La hiérarchisation professeur/élève que l'on retrouve en France peut aussi selon moi créer une barrière invisible. Où l'on n'ose pas demander de l'aide par peur...

Ce qui m'aurait aidé dans ma scolarité c'est que je puisse ressentir ou percevoir que mon professeur ne suppose pas des choses sur moi et me laisse l'opportunité d'expliquer mes besoins à mon rythme sans me brusquer. Les neuro atypiques sont souvent maltraités et une méfiance peut se créer. Nous montrez qu'on peut avoir confiance en vous. Créer un pont. Ne pas forcez ou brusquer les choses. Prendre notre défense quand des propos ou des comportements sont inappropriés.

Merci pour votre contribution.
Au plaisir d'échanger avec vous.

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Re: Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

#4 Message par user3571 » lundi 20 mai 2024 à 7:20

Le premier devoir de l'enseignant: la sûreté de son élève. Quand l'élève atypique est insulté, harcellé, le professeur doit pas laisser le choix: signalement direct et soutien indefectible de son élève.

Je le dit et le répète : un enseignant coupable de non assistance à personne en danger ( ici un élève autiste traité regulièrement de mongolien, trisomique, débile, ostracisé) est un traitre de France.

J'aurais voulu voir des enseignants monter au créneau, menacer de faire intervenir le juge et devant l'insubordination des élèves faire intervenir tout de suite la police nationale. la seule force capable de suffisament de coercition pour que les harceleurs/harceleuses se soumettent enfin à une autorité légitime. Et si sa propre hierarchie ne veux pas le soutenir et bien on fait pression sur l'inspecteur d'académie trop lâche. On le soumet à la pression populaire pour qu'il cède.



Au lieu de ça c'était l'autoritarisme, le laisser aller qui a amené de ma part à me défendre tout seul. Au lycée les manquements et la stigmatisation du corps enseignant technique ont tellement été graves que j'ai été obligé de signaler les faits anonymement au procureur de la république en corrèze à brive la gaillarde. J'assume!



C'était ça ou alors sinon quelque chose de pire: faire ma propre justice.

2°) Directives très claires. Robocop en a quatres fixés par l'ocp.

Il aurait fallu les miennes pour que ca fonctionne.

Deuxième devoir de l'enseignant: liberté pédagogique! Résister à la tyrannie de ceux et celles qui veulent l'entraver!

J'en aurai voulu en voir des plus combatifs. Et je les aient eut dans le privé, en prépa et aussi en ZEP.
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Re: Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

#5 Message par Soline34 » lundi 20 mai 2024 à 8:50

En réponse à Wasp1. Merci beaucoup.
Le souci c’est que je n’ai aucune idée mais alors aucune idée de ce que pense/voudrait Aglaë. Je propose parfois un peu maladroitement (« Aglaë, j’ai l’impression que…si tu préfères tu peux… ») mais comme Aglaë reste immobile sans rien faire de plus j’en déduis que je me suis trompée et que ce n’est pas ça sa préoccupation ou qu’en tout cas la solution que je propose n’est pas adaptée.
Pour Pétunia c’était plus simple car je la voyais bien plus régulièrement dans la semaine et du coup elle arrivait à dire ce dont elle avait besoin sur le moment.

En réponse à contrôleur. Pour ce que j’en sais, Pétunia n’était pas du tout harcelée ou moquée. Les autres étaient parfois déroutés par quelques unes de ses attitudes mais leur étonnement était au pire indifférent au mieux bienveillant. Elle avait quelques copines que je n’avais pas en classe mais qui semblaient gentilles et leurs relations semblaient saines pour ce que j’en voyais.
Pour Aglaë: elle n’interagit pas non plus avec ses pairs. Du coup elle reste seule aux récréations, entre midi et deux. Elle n’est pas harcelée je pense, mais elle doit certainement souffrir de ne pouvoir communiquer. Une fois le délégué de sa classe m’avait demandé s’il devait lui dire bonjour ou non. Je lui ai dit que oui, que même si elle ne pouvait pas lui répondre et qu’elle ne manifestait pas de réaction elle serait certainement contente. En fait je n’en sais rien mais je me dis qu’au pire Aglae y sera indifférente et au mieux ça lui fera plaisir.
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#6 Message par user3571 » lundi 20 mai 2024 à 15:01

Soline34 a écrit : lundi 20 mai 2024 à 8:50 En réponse à Wasp1. Merci beaucoup.
Le souci c’est que je n’ai aucune idée mais alors aucune idée de ce que pense/voudrait Aglaë. Je propose parfois un peu maladroitement (« Aglaë, j’ai l’impression que…si tu préfères tu peux… ») mais comme Aglaë reste immobile sans rien faire de plus j’en déduis que je me suis trompée et que ce n’est pas ça sa préoccupation ou qu’en tout cas la solution que je propose n’est pas adaptée.
Pour Pétunia c’était plus simple car je la voyais bien plus régulièrement dans la semaine et du coup elle arrivait à dire ce dont elle avait besoin sur le moment.

En réponse à contrôleur. Pour ce que j’en sais, Pétunia n’était pas du tout harcelée ou moquée. Les autres étaient parfois déroutés par quelques unes de ses attitudes mais leur étonnement était au pire indifférent au mieux bienveillant. Elle avait quelques copines que je n’avais pas en classe mais qui semblaient gentilles et leurs relations semblaient saines pour ce que j’en voyais.
Pour Aglaë: elle n’interagit pas non plus avec ses pairs. Du coup elle reste seule aux récréations, entre midi et deux. Elle n’est pas harcelée je pense, mais elle doit certainement souffrir de ne pouvoir communiquer. Une fois le délégué de sa classe m’avait demandé s’il devait lui dire bonjour ou non. Je lui ai dit que oui, que même si elle ne pouvait pas lui répondre et qu’elle ne manifestait pas de réaction elle serait certainement contente. En fait je n’en sais rien mais je me dis qu’au pire Aglae y sera indifférente et au mieux ça lui fera plaisir.
On dirait que les nouvelles générations ont oublié cette terminologie stigmatisante( le fait de dire à un autiste que c'est un gogol) .
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#7 Message par Soline34 » lundi 20 mai 2024 à 15:34

Je n’ai pas très bien compris ce que tu voulais dire Contrôleur..
Aglaë est HPI en plus d’être autiste.
Pour Pétunia je ne me souviens plus du tout mais elle devait avoir une intelligence au moins dans la moyenne supérieure.
Encore une fois je n’ai jamais surpris d’insultes ou de moqueries les concernant, mes collègues non plus. Je pense que d’autres élèves nous auraient alertés si tel avait été le cas (je ne dis pas que tous son des anges mais il y a beaucoup de « gentils » dans la classe d’Aglaë même s’il y a aussi des « petits caïds ». Et les « gentils » s’en s’opposer directement aux autres nous ont averti de moqueries sur un autre élève )
Après, bien souvent le harcèlement scolaire se fait en douce on est d’accord. Mais là ce serait gros, comme tout le monde est hyper vigilant sur quelques élèves dont Aglaë, je pense que personne ne prendrait ce risque. Mais je me trompe peut etre
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Re: Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

#8 Message par user3571 » lundi 20 mai 2024 à 16:55

Soline34 a écrit : lundi 20 mai 2024 à 15:34 Je n’ai pas très bien compris ce que tu voulais dire Contrôleur..
Aglaë est HPI en plus d’être autiste.
Pour Pétunia je ne me souviens plus du tout mais elle devait avoir une intelligence au moins dans la moyenne supérieure.
Encore une fois je n’ai jamais surpris d’insultes ou de moqueries les concernant, mes collègues non plus. Je pense que d’autres élèves nous auraient alertés si tel avait été le cas (je ne dis pas que tous son des anges mais il y a beaucoup de « gentils » dans la classe d’Aglaë même s’il y a aussi des « petits caïds ». Et les « gentils » s’en s’opposer directement aux autres nous ont averti de moqueries sur un autre élève )
Après, bien souvent le harcèlement scolaire se fait en douce on est d’accord. Mais là ce serait gros, comme tout le monde est hyper vigilant sur quelques élèves dont Aglaë, je pense que personne ne prendrait ce risque. Mais je me trompe peut etre
C'est une école que vous n'avez peut être pas vécu dans votre chair.

Et je pense plus que ca tient aussi de la configuration de la classe.

https://www.leparisien.fr/essonne-91/es ... 319459.php

Je vous declassifie mon journal de sixième.

Du temps ou Nicole Belloubet Friet était rectrice de l'académie de Limoges.

un dessin vaut mieux qu'un discours incompréhensible.

Et encore il faut savoir que y'en avait un autre plus violent ou des soldats de l'otan marchaient en train de tirer sur les élèves au hasard.
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#9 Message par Soline34 » lundi 20 mai 2024 à 19:32

Je ne trouve pas le smiley « choquée » et « triste ».
Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu réactions: vous explicitez clairement ce que vous subissez d’une part, d’autre part vous faites clairement référence à une tuerie de masse. Et c’était en 6eme!!! Je crois que n’importe lequel de ces deux éléments aurait fait réagir « tout le monde ».

De manière générale, j’aurais tendance à dire sans que ce soit systématique que potentiellement le harcèlement se développe plus facilement au collège qu’au lycée à cause du manque de maturité et du comportement grégaire des pré-adolescents. Ça se calme en partie quand ils grandissent, du moins pour une partie. Ça ne signifie pas que le harcèlement n’existe pas au lycée, bien évidemment.

A l’heure actuelle, il y a en général au moins 3 élèves à besoins particuliers dans les classes. Je ne dis pas que tous sont toujours socialement intégrés par leurs pairs (encore que c’est la majorité : je suis souvent obligée de leur demander de l’indiquer sur leur copie, notamment pour les tiers temps, je n’y pense pas systématiquement ce n’est pas écrit sur le visage) mais ça se passe plutôt bien. J’aurais tendance à penser que les élèves que l’ont choisi comme victime sont plutôt ceux qui n’attirent pas l’attention du prof (donc pas ceux concernés par un PAP, un PPS ou un PAI), non pas au nom d’une quelconque vertu mais parce que les harceleurs se feraient vite démasquer.
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Re: Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

#10 Message par user3571 » mardi 21 mai 2024 à 4:22

Soline34 a écrit : lundi 20 mai 2024 à 19:32 Je ne trouve pas le smiley « choquée » et « triste ».
Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu réactions: vous explicitez clairement ce que vous subissez d’une part, d’autre part vous faites clairement référence à une tuerie de masse. Et c’était en 6eme!!! Je crois que n’importe lequel de ces deux éléments aurait fait réagir « tout le monde ».

De manière générale, j’aurais tendance à dire sans que ce soit systématique que potentiellement le harcèlement se développe plus facilement au collège qu’au lycée à cause du manque de maturité et du comportement grégaire des pré-adolescents. Ça se calme en partie quand ils grandissent, du moins pour une partie. Ça ne signifie pas que le harcèlement n’existe pas au lycée, bien évidemment.

A l’heure actuelle, il y a en général au moins 3 élèves à besoins particuliers dans les classes. Je ne dis pas que tous sont toujours socialement intégrés par leurs pairs (encore que c’est la majorité : je suis souvent obligée de leur demander de l’indiquer sur leur copie, notamment pour les tiers temps, je n’y pense pas systématiquement ce n’est pas écrit sur le visage) mais ça se passe plutôt bien. J’aurais tendance à penser que les élèves que l’ont choisi comme victime sont plutôt ceux qui n’attirent pas l’attention du prof (donc pas ceux concernés par un PAP, un PPS ou un PAI), non pas au nom d’une quelconque vertu mais parce que les harceleurs se feraient vite démasquer.
J'ai demandé au rectorat des explications . Les archives ne sont conservées que pendant 20 ans. Ensuite bon , je ne sais pas si Madame la ministre actuelle se souvient elle même de cette histoire.

Quoique remarquez je peux toujours lui écrire à son éminence.
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#11 Message par Soline34 » mardi 21 mai 2024 à 8:05

Je ne sais pas quoi vous dire. Je doute que les recteurs lisent eux mêmes les courriers et je ne sais pas qui avait fait le signalement au rectorat (vos parents? L’un de vos professeurs?)

Une fois que vous avez été diagnostiqué et que le harcèlement a cessé (pendant vos études supérieures si j’ai bien compris), avez vous pu suivre sereinement des études? Qu’est ce qui aurait pu vous aider dans cette entreprise et que vos professeurs ont mis en place ou auraient pu mettre en place?
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Re: Solution « la moins mauvaise » pour une lycéenne TSA

#12 Message par hazufel » mardi 21 mai 2024 à 9:21

Pour ta question initiale Soline, je trouve que ce que tu as tenté avec ces élèves est tout à ton honneur, au milieu de la jungle terrible qu'est l'EN aujourd'hui, dans les contraintes qu'on vous fait vivre.

As-tu déjà imaginé ou tenté communiquer par écrit avec ses élèves, pour qu'elles puissent ainsi peut-être poser leurs idées, leurs choix, même par billets très courts ? L'expression écrite est souvent bien plus prolixe, surtout dans ces milieux très anxiogènes.
Un de mes fils répond souvent "je ne sais pas", pour cela, comme tu le mentionnes, je tente et les pros qui le suivent également, de rester en questions fermées, ou de lui proposer plusieurs choix possibles, qu'il puisse en "prendre un", sans avoir à le sortir de rien, mais parfois, j'essaie de lui ouvrir un peu plus le chemin pour qu'il puisse l'arpenter seul dans sa pensée et l'expression de celle-ci (c'est d'ailleurs celle-ci qui lui est difficile, des pensées complexes, il n'en manque pas).
Mais il y a chez lui, un fort souci d'activation (tu peux aller voir le fil des fonctions exécutives pour en savoir plus sur leur impact), et c'est souvent assez laborieux pour qu'il arrive à exprimer un choix, alors qu'il est une personne avec de fortes convictions, qui savent très bien s'exprimer, lorsqu'il n'est pas confronté aux choix.

Je ne sais pas s'il y a de recettes miracles, sinon celles que tu appliques, c'est à dire l'écoute, et se renseigner sur le fonctionnement d'un trouble pour au moins, ne pas entrer en confrontation avec les plus grandes difficultés.
Malheureusement j'entends que c'est très compliqué dans les classes aujourd'hui :-(
Spoiler : 
Et ce que tu dis ne me fera pas passer du cned au lycée sur site pour mes fils...
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#13 Message par Soline34 » mardi 21 mai 2024 à 12:46

Pour ce qui est d’Aglaë j’avais proposé cette solution mais ça n’a pas fonctionné. J’espère que ça fonctionnera pour son épreuve de fin d’année avec l’examinateur…
(Pour Pétunia, il n’y avait pas de complication majeure pour communiquer autres que les conventions sociales parfois; mais comme rapidement j’ai su qu’elle était aspie, je pouvais prendre le recul nécessaire)

Pour tes fils: mon lycée cumule les « bienfaits «  de la réforme, sa situation démographique d’une métropole et à les défauts de ses qualités: le choix des enseignements pour les élèves est très riche (ce qui est super!)mais ça accentue la destruction du groupe classe comme on l’entendait avant.
Ma fille est dans un autre établissement vraiment super dans son projet et sa pédagogie et elle s’y épanouit.
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#14 Message par hazufel » mardi 21 mai 2024 à 12:52

Soline34 a écrit : mardi 21 mai 2024 à 12:46 Pour ce qui est d’Aglaë j’avais proposé cette solution mais ça n’a pas fonctionné. J’espère que ça fonctionnera pour son épreuve de fin d’année avec l’examinateur…
Il faut espérer qu'il soit à l'écoute, et ce n'est pas forcément simple, même quand on le souhaite.
Soline34 a écrit : mardi 21 mai 2024 à 12:46Pour tes fils: mon lycée cumule les « bienfaits «  de la réforme, sa situation démographique d’une métropole et à les défauts de ses qualités: le choix des enseignements pour les élèves est très riche (ce qui est super!)mais ça accentue la destruction du groupe classe comme on l’entendait avant.
Ma fille est dans un autre établissement vraiment super dans son projet et sa pédagogie et elle s’y épanouit.
C'est formidable pour ta fille :bravo:
Spoiler : 
Quant à mes fils, ce n'est vraiment pas envisageable pour dans un an. Je ne veux pas les voir retomber dans les terreurs qu'ils ont vécues petits. Mais merci !
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#15 Message par Soline34 » mardi 21 mai 2024 à 12:57

Pour Aglaë: je n’ai pas pu lui faire passer sa présentation de projet à l’écrit pour la partie questions. Je n’ai pas réussi à communiquer ou à comprendre la situation. Du coup j’angoisse un peu pour elle…bien sûr je ne vais pas lui en parler.

Pour tes fils: j’ai envie de dire, tant qu’une méthode fonctionne faut pas lâcher;)
Pour ma fille c’était effectivement soit ce lycée soit le cned (qui aurait été une erreur parce qu’aucun de ses deux parents n’auraient pu l’accompagner ou alors difficilement)
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