Sur le plan professionnel....

Pour les personnes qui souhaitent échanger, partager, trouver du soutien, dans l'attente du diagnostic.
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Zebrizebra666
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Sur le plan professionnel....

#1 Message par Zebrizebra666 » samedi 23 mars 2024 à 2:36

Bonjour,

Je me sens complètement perdue. Mes difficultés de communication me posent des problèmes récurrents au travail:
- je comprends mal les implicites / non dits
- j'ai une bonne mémoire à long terme mais mauvaise mémoire à court terme
- je peux prendre ce qu'on me dit au sens littéral
- j'ai du mal a comprendre voire même je ne comprends pas du tout les attentes latentes professionnelles ou sociales; ce qui est interprété comme de l'insubordination, refus, mauvaise volonté...
- j'ai une lenteur d'exécution: certains mettront 1 sec quand j'en met 4.
- je reçois toutes les informations en même temps, mais faire un tri est compliqué: je lague, je me trompe souvent de priorités, je m'organise difficilement
- je ne me sens jamais très l'aise dès le départ, je fais souvent des "blancs" dans les conversations, je ne réponds pas toujours systématiquement
- je n'arrive pas a répondre à une attaque ou propos injustifié de manière adaptée.
- je ne repère pas directement la manipulation. Je lis donc des livres sur le sujet.
- j'ai le regard fuyant ou dans le vide
- pour une analyse je repère tous les détails mais j'ai du mal a faire la synthèse

Bref, le comble pour une autiste, est de travailler dans le social: travail d'équipe, rapports hiérarchiques, codes, organisation, rapidité... Sont autant d'exigences qui me fatiguent.

Je viens de passer 5 entretiens infructueux et je suis fatiguée. Je suis sans cesse en train de me demander ce que j'ai fait, pas fait... Je me triture la tête, je subis des ascenseurs émotionnels intenses... Et j'ai un constant sentiment d'échec qui amenuise ma confiance en moi.

Y'a t-il comme moi d'autres personnes qui travaillent dans le social tout en étant autistes ? Avez-vous trouvé le travail qui vous convient ? Vous êtes vous reconvertis ? Je suis complètement désespérée, triste, car mes qualités ne sont pas reconnues, c'est a dire mes qualités humaines. Je me sens comme un boulet, rejetée,... J'ai l'impression de toujours faire des erreurs, être maladroite... Quand ce n'est pas socialement, c'est le timing....

Je me demande si je dois en parler à un entretien d'embauche, en sachant que je n'ai pas de diagnostic officiel.
Diagnostiquée TSA, 25/06/2024

"un espace à eux, une certaine liberté dans le travail, pas de contrainte sociales trop fortes."

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Aspergillus
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#2 Message par Aspergillus » samedi 23 mars 2024 à 11:00

Bonjour,

Je ne suis pas diagnostiqué autiste (pour le moment :?: ). Toutefois je me retrouve dans certaine de vos difficultés, je me permets donc de partager avec vous quelques éléments que j'utilise.
Pour situer le contexte (sans trop dévoiler ma vie privée), j'ai poste à responsabilité avec 6 personnes en management direct et environ 60 à 80 personnes en management indirect. Je suis sollicité en permanence de toute part sur toutes thématiques. Je dois faire en sorte de satisfaire tout le monde dans les délais soit en faisant soit en faisant faire ce qui implique alors d'autres délais et d'autres contraintes en plus.
Pour essayer d'avoir l'impression de m'en sortir(*), je me raccroche au rationnel. Je tiens un carnet de bord (perpétuel) avec tout ce que je fais, ce que je dois faire et je fais des tableaux pour classer les tâches par ordre de priorité.

Aspergillus

(*) D'après ce que j'ai compris, le ressenti de ce que je vis est très différent de la perception que je produit chez les autres. Pour faire un peu caricatural, je souffre pour donner un résultat dont je ne suis pas satisfait. Les autres voient quelque chose de bien et efficace pour moi, c'était dans la douleur.
Non diagnostiqué.
En questionnement.

Zebrizebra666
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#3 Message par Zebrizebra666 » samedi 23 mars 2024 à 23:01

Est-ce que le fait d'avoir une très bonne organisation vous permet de gérer voire supprimer la pression ? Le management a certains points communs avec le social sans pour autant être complètement identique. Je n'arrive pas a adapter très bien mon comportement avec différents rapports hiérarchiques, même quand je fais beaucoup d'efforts il semblerait que je tombe souvent a côté, surtout avec des gens que je ne connais pas. Dès qu'il y a un comportement standard attendu, je fais des erreurs sociales. Parfois c'est le contraire, j'applique un standard alors que ce qui est attendu c'est que je m'adapte à l'exception... Les interactions sociales sont pour moi comme une jungle. Dès qu'il y a plus de 2 ou 3 individus, je me perds !
Diagnostiquée TSA, 25/06/2024

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Aspergillus
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#4 Message par Aspergillus » dimanche 24 mars 2024 à 13:53

Zebrizebra666 a écrit : samedi 23 mars 2024 à 23:01 Est-ce que le fait d'avoir une très bonne organisation vous permet de gérer voire supprimer la pression ?
Supprimer la pression, non mais ça permet de réduire significativement (ça reste en fonction de la saisonnalité des activités, il y a toujours des périodes plus difficiles que d'autres).
Zebrizebra666 a écrit : samedi 23 mars 2024 à 23:01 Le management a certains points communs avec le social sans pour autant être complètement identique. Je n'arrive pas a adapter très bien mon comportement avec différents rapports hiérarchiques, même quand je fais beaucoup d'efforts il semblerait que je tombe souvent a côté, surtout avec des gens que je ne connais pas. Dès qu'il y a un comportement standard attendu, je fais des erreurs sociales. Parfois c'est le contraire, j'applique un standard alors que ce qui est attendu c'est que je m'adapte à l'exception... Les interactions sociales sont pour moi comme une jungle. Dès qu'il y a plus de 2 ou 3 individus, je me perds !
Je vais dire un truc qui peux paraître bête mais as-tu essayé de toujours demander : "Quel est l'attendu précis ?"
Tu connais l'acronyme SMART (Spécifique Mesurable Atteignable Réalisable Temporellement défini) ? Tu pourrais t'en assurer pour être sûr de ce qu'on attends de toi (en aparté après la réunion éventuellement si c'est une demande exprimée en groupe, ou par mail : je préfère avoir des traces écrites, ça me permet de bien mieux gérer)
Non diagnostiqué.
En questionnement.

Zebrizebra666
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#5 Message par Zebrizebra666 » dimanche 24 mars 2024 à 14:03

Non je ne connaissais pas du tout, le SMART, pourrais-tu me l'expliquer un peu plus en détails, c'est ce qu'il faut repérer dans une tâche / une sorte de guide pour mes questions ?
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Aspergillus
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#6 Message par Aspergillus » dimanche 24 mars 2024 à 14:11

En principe, c'est ce qu'on utilise pour fixer des objectifs au personnel (notamment lors des entretiens d'appréciation) afin de s'assurer que l'on ne demande pas n'importe quoi.


Je me dis que si on te propose une tâche et que tu ne peux pas répondre à ces questions, alors c'est que ce n'est pas clair pour toi et nécessairement, ça te mettra en difficulté pour la réalisation.
Je ne sais pas quelle type de tâche on peut te demander mais si tu y penses de manière systématique ça te permettra par exemple d'être systématiquement sûr du délai (sans qu'il y ait d'implicite).
Je prends un exemple. Je dois rendre un compte-rendu suite à une réunion. On ne m'a rien expliqué. Si je ne m'étais pas rencardé sur le délai, voulant bien faire j'aurai dû l'intercaler entre d'autres tâches et je me serai fixé un délai d'une semaine. Au final, j'ai appris qu'habituellement ces compte-rendus étaient fait sous 3 mois.
Non diagnostiqué.
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point_virgule
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#7 Message par point_virgule » jeudi 28 mars 2024 à 18:39

bonsoir,
Ce qui m'a énormément aidé c'est de tenir un fichier excel où je liste mes tâches avec la date à laquelle on me l'a donné et la date à laquelle c'est attendu.
Je partage ce fichier avec mon chef et je peux y mettre des commentaires comme la personne à qui je peux demander un exemple ou du support ou toute autre information intéressante pour faire la tâche. Je m'en sers pour m'assurer d'avoir compris ce qu'on me demande, l'urgence, le rendu attendu etc.
Je prends aussi plus de temps qu'auparavant pour donner des infos sur l'état d'avancement, le retard, demander une précision etc. J'ai un outil en interne de communication écrite instantanée super pratique pour ça.
Et pour l'aspect relationnel, j'ai été brute de décoffrage en envoyant un mail à l'équipe projet avec qui je travaille pour parler de mon TSA, expliquer certains comportements pour lesquels j'avais pu avoir des retours d'incompréhensions et dire ce dont j'ai besoin pour faire le boulot (être directif, descriptif, limiter les implicites, s'assurer qu'on est bien accordé sur le périmètre de la tâche, passer par un support écrit même quand on a une discussion orale etc). Et avant ça j'avais invité un neuropsychologue à rencontrer mon équipe avec l'accord de mon employeur.
Wais en 2004 - HQI
TSA confirmé par un psychiatre - juillet 2020

MotchoLoLo
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#8 Message par MotchoLoLo » vendredi 29 mars 2024 à 18:35

Bonjour. Alors je n'ai pas travaillé dans le social comme vous mais dans le commerce, la vente, et la relation clients, ce qui est un comble pour une personne autiste également. Mon expérience est que j'ai repris des études dans le commerce/vente il y a une bonne dizaine d'années, n'étant pas encore diagnostiqué à l'époque, mais déjà conscient de mes difficultés et pensant qu'il était possible de les "compenser" et "d'apprendre" ce que je n'avais pas naturellement. Tant que je n'étais pas en situation pro (c'était des formations pour adultes en accéléré avec de petites périodes de stage), ça allait. Mais une fois en études supérieures et en alternance ça a dégénéré et c'est devenu invivable à cause des relations sociales permanentes, de la fatigue sensorielle, de la pression etc etc... Mon premier burnout autistique m'a fait rater mon dernier diplôme, et j'ai enchainé ensuite pendant quatre ans les burnouts autistiques à chaque fois que je reprenais un travail, jusqu'à mon diagnostic en 2020. La seule solution que j'ai trouvé a été de me réorienter professionnellement via l'emploi accompagné autisme. Je commence un nouveau travail au mois de mai qui n'a absolument rien à voir avec ma formation, et je suis plutôt très confiant sur le fait de tenir, car je sais qu'il m'est adapté. J'ai pendant des années en plus d'être dans l'errance médicale, été dans le déni, surtout car on m'a toujours appris la "valeur travail", et que si l'on ne travaille pas on est rien. Pour moi ça a été un long processus d'évolution mentale suite à mon diagnostic, j'ai dû remettre en question une bonne partie de ma vie et de ma vision des choses, et apprendre à m'écouter et ne plus forcer les choses dans lesquelles je ne suis pas à l'aise. Heureusement, j'étais et je suis toujours accompagné par le CRA qui m'a diagnostiqué.
2016 : Diagnostic d'un trouble anxiodépressif sévère et récurrent.
2020 : Diagnostic d'un TSA à l'âge de 29 ans par le CRA Alsace.
HPI mais QI trop hétérogène.
2023 : Diagnostic d'un TDAH sans hyperactivité.

Asphodèle
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Re: Sur le plan professionnel....

#9 Message par Asphodèle » dimanche 16 juin 2024 à 7:47

Je vois ce message un peu tard.
Il est difficile de répondre sans connaître vraiment comment est ton travail (quand tu parles de tes difficultés de communication, est-ce avec les collègues ? Avec des usagers ?
Sinon, en général, mon système pour survivre est de demander le maximum de clarifications par écrit. Mais selon la culture professionnelle, ça passe plus ou moins bien.
Pour les implicites, je questionne (et tant pis si je passe pour une relou ou l'idiote de service, ça fait perdre moins de temps à tout le monde au final).
Pour la mémoire, je note tout. Ça marche aussi pour les informations arrivant trop vite (je dis "attendez, je n'ai pas eu le temps de noter...")
Pour la synthèse, je pense que c'est une question d'entraînement (pendant mes études, j'ai fait des tonnes de résumé, et j'ai nettement progressé).

Je n'ai pas travaillé dans le social, mais j'ai aussi choisi un métier qui est le comble pour une autiste (enfin si je le suis vraiment, je suis dans le doute un jour sur trois) : prof.

Il y a des choses qui se passent assez bien : tout ce qui est ritualisé (les débuts de cours pour moi, les conseils de classe...). Par contre tout est épuisant : en classe on est comme au théâtre, mais du théâtre d'improvisation. J'ai des réponses toutes prêtes pour la plupart des situations qui peuvent se présenter. Mais quand un événement sort de ces scénarios, c'est très très difficile, et je suis clairement pénalisée par ma lenteur de traitement des informations et ma petite mémoire de travail. Et l'autre problème c'est que comme je suis lente et peu efficace à comprendre les intentions des élèves, et que ma mémoire à court terme me joue des tours, il m'arrive souvent d'être injuste (par exemple je punis Paul à la place de Pierre parce que j'ai oublié que le premier événement c'est que Pierre a piqué le crayon de Paul et non pas que Pierre a insulté Paul...). Ce qui, comme vous comprenez bien, pose des problèmes d'autorité et de gestion de classe.

Avant j'étais dans l'informatique. Ça se passait plus ou moins bien : j'avais des appréciations excellentes sur certains projets, mauvaises sur d'autres, et impossible de comprendre pourquoi. J'ai voulu changer car je ne supportais plus la pression constante, le bruit dans les open space et surtout le micro-management ( quand je tombais sur un chef trop intrusif, je n'arrivais plus à travailler, ce qui le rendait encore plus envahissant, ce qui empirait les choses...). J'ai changé car je voulais plus de liberté dans mon organisation. C'est le truc bien du métier d'enseignant, quand on prépare on s'organise comme on veut et préparer est parfois stimulant intellectuellement. Par contre le travail en classe c'est une course de fond ou un marathon (selon qu'on a plus ou moins d'heures d'affilée).

Et comme ça ne va pas du tout en ce moment, j'ai demandé à partir, mais on me le refuse (oui l'État peut refuser le départ d'un fonctionnaire, et pour les professeurs il ne se prive pas). Du coup pour la suspicion de TSA je l'ai dit, j'ai même envoyé une lettre de ma psy à la hiérarchie, en espérant qu'ils comprennent que je n'arriverai jamais à m'améliorer ( ce que j'ai moi-même compris il y a quelques mois).

Je pense qu'il ne faut pas en parler à un entretien d'embauche, surtout que tu n'as pas de RQTH, mais plutôt insister sur les points forts.

Mais tu sembles avoir besoin de soutien psychologique en ce moment, c'est probablement ta priorité... En as-tu ?
Diagnostic : TSA niveau 1 avec HPI (le 11/07/2024)

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Mizunotama
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Re: Sur le plan professionnel....

#10 Message par Mizunotama » dimanche 16 juin 2024 à 22:14

Asphodèle a écrit : dimanche 16 juin 2024 à 7:47 Je n'ai pas travaillé dans le social, mais j'ai aussi choisi un métier qui est le comble pour une autiste (enfin si je le suis vraiment, je suis dans le doute un jour sur trois) : prof.

Il y a des choses qui se passent assez bien : tout ce qui est ritualisé (les débuts de cours pour moi, les conseils de classe...). Par contre tout est épuisant : en classe on est comme au théâtre, mais du théâtre d'improvisation. J'ai des réponses toutes prêtes pour la plupart des situations qui peuvent se présenter. Mais quand un événement sort de ces scénarios, c'est très très difficile, et je suis clairement pénalisée par ma lenteur de traitement des informations et ma petite mémoire de travail. Et l'autre problème c'est que comme je suis lente et peu efficace à comprendre les intentions des élèves, et que ma mémoire à court terme me joue des tours, il m'arrive souvent d'être injuste (par exemple je punis Paul à la place de Pierre parce que j'ai oublié que le premier événement c'est que Pierre a piqué le crayon de Paul et non pas que Pierre a insulté Paul...). Ce qui, comme vous comprenez bien, pose des problèmes d'autorité et de gestion de classe.

Avant j'étais dans l'informatique. Ça se passait plus ou moins bien : j'avais des appréciations excellentes sur certains projets, mauvaises sur d'autres, et impossible de comprendre pourquoi. J'ai voulu changer car je ne supportais plus la pression constante, le bruit dans les open space et surtout le micro-management ( quand je tombais sur un chef trop intrusif, je n'arrivais plus à travailler, ce qui le rendait encore plus envahissant, ce qui empirait les choses...). J'ai changé car je voulais plus de liberté dans mon organisation. C'est le truc bien du métier d'enseignant, quand on prépare on s'organise comme on veut et préparer est parfois stimulant intellectuellement. Par contre le travail en classe c'est une course de fond ou un marathon (selon qu'on a plus ou moins d'heures d'affilée).

Et comme ça ne va pas du tout en ce moment, j'ai demandé à partir, mais on me le refuse (oui l'État peut refuser le départ d'un fonctionnaire, et pour les professeurs il ne se prive pas). Du coup pour la suspicion de TSA je l'ai dit, j'ai même envoyé une lettre de ma psy à la hiérarchie, en espérant qu'ils comprennent que je n'arriverai jamais à m'améliorer ( ce que j'ai moi-même compris il y a quelques mois).

Je pense qu'il ne faut pas en parler à un entretien d'embauche, surtout que tu n'as pas de RQTH, mais plutôt insister sur les points forts.

Mais tu sembles avoir besoin de soutien psychologique en ce moment, c'est probablement ta priorité... En as-tu ?
J'ai fait le chemin inverse (de prof de maths à programmeur) :

- le boulot de prof me prenait trop de temps (les préparations de cours/corrections jusqu'à 3h du mat), et l'énergie mentale que je devais mettre pendant les cours pour donner une autre image de moi (sachant qu'en plus, je n'ai aucune autorité naturelle) faisait que j'avais l'impression de rentrer dans un état second entre chez moi et le collège où j'enseignais. Rajoutez à ca le fait que le but même du métier me semblait dévoyé (j'avais plus l'impression de faire de la discipline que d'enseigner...), je n'ai pas tenu longtemps

- Pour le boulot de programmeur, mon 1er boulot a d'abord bien commencé pendant 1 an : attendus clairs (un cahier des charges), une visibilité sur les attendus et une sensation de faire avancer les choses dans mon boulot (en codant des fonctionnalités). Malheureusement, la 2ème année s'est mal passée : mauvaise santé financière de la boite, qui emmène des demandes irréalistes techniquement et humainement (changer de système d'exploitation en 2 semaines à peine...) et un climat toxique (des engueulades hebdomadaires), et le sentiment que le projet en question n'allait jamais marcher et que la hiérarchie nous mentait. Je suis parti au bout de 9 mois.

Tout ca pour dire que cela peut dépendre du type de personne, mais perso, je pense que la cohérence et la clarté aident beaucoup à se sentir bien dans son cadre de travail.
Diagnostiqué TSA sans déficience intellectuelle le 12/08/2022

Zebrizebra666
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Re: Sur le plan professionnel....

#11 Message par Zebrizebra666 » lundi 24 juin 2024 à 20:35

Mizunotama a écrit : dimanche 16 juin 2024 à 22:14
Asphodèle a écrit : dimanche 16 juin 2024 à 7:47 Je n'ai pas travaillé dans le social, mais j'ai aussi choisi un métier qui est le comble pour une autiste (enfin si je le suis vraiment, je suis dans le doute un jour sur trois) : prof.

Il y a des choses qui se passent assez bien : tout ce qui est ritualisé (les débuts de cours pour moi, les conseils de classe...). Par contre tout est épuisant : en classe on est comme au théâtre, mais du théâtre d'improvisation. J'ai des réponses toutes prêtes pour la plupart des situations qui peuvent se présenter. Mais quand un événement sort de ces scénarios, c'est très très difficile, et je suis clairement pénalisée par ma lenteur de traitement des informations et ma petite mémoire de travail. Et l'autre problème c'est que comme je suis lente et peu efficace à comprendre les intentions des élèves, et que ma mémoire à court terme me joue des tours, il m'arrive souvent d'être injuste (par exemple je punis Paul à la place de Pierre parce que j'ai oublié que le premier événement c'est que Pierre a piqué le crayon de Paul et non pas que Pierre a insulté Paul...). Ce qui, comme vous comprenez bien, pose des problèmes d'autorité et de gestion de classe.

Avant j'étais dans l'informatique. Ça se passait plus ou moins bien : j'avais des appréciations excellentes sur certains projets, mauvaises sur d'autres, et impossible de comprendre pourquoi. J'ai voulu changer car je ne supportais plus la pression constante, le bruit dans les open space et surtout le micro-management ( quand je tombais sur un chef trop intrusif, je n'arrivais plus à travailler, ce qui le rendait encore plus envahissant, ce qui empirait les choses...). J'ai changé car je voulais plus de liberté dans mon organisation. C'est le truc bien du métier d'enseignant, quand on prépare on s'organise comme on veut et préparer est parfois stimulant intellectuellement. Par contre le travail en classe c'est une course de fond ou un marathon (selon qu'on a plus ou moins d'heures d'affilée).

Et comme ça ne va pas du tout en ce moment, j'ai demandé à partir, mais on me le refuse (oui l'État peut refuser le départ d'un fonctionnaire, et pour les professeurs il ne se prive pas). Du coup pour la suspicion de TSA je l'ai dit, j'ai même envoyé une lettre de ma psy à la hiérarchie, en espérant qu'ils comprennent que je n'arriverai jamais à m'améliorer ( ce que j'ai moi-même compris il y a quelques mois).

Je pense qu'il ne faut pas en parler à un entretien d'embauche, surtout que tu n'as pas de RQTH, mais plutôt insister sur les points forts.

Mais tu sembles avoir besoin de soutien psychologique en ce moment, c'est probablement ta priorité... En as-tu ?
J'ai fait le chemin inverse (de prof de maths à programmeur) :

- le boulot de prof me prenait trop de temps (les préparations de cours/corrections jusqu'à 3h du mat), et l'énergie mentale que je devais mettre pendant les cours pour donner une autre image de moi (sachant qu'en plus, je n'ai aucune autorité naturelle) faisait que j'avais l'impression de rentrer dans un état second entre chez moi et le collège où j'enseignais. Rajoutez à ca le fait que le but même du métier me semblait dévoyé (j'avais plus l'impression de faire de la discipline que d'enseigner...), je n'ai pas tenu longtemps

- Pour le boulot de programmeur, mon 1er boulot a d'abord bien commencé pendant 1 an : attendus clairs (un cahier des charges), une visibilité sur les attendus et une sensation de faire avancer les choses dans mon boulot (en codant des fonctionnalités). Malheureusement, la 2ème année s'est mal passée : mauvaise santé financière de la boite, qui emmène des demandes irréalistes techniquement et humainement (changer de système d'exploitation en 2 semaines à peine...) et un climat toxique (des engueulades hebdomadaires), et le sentiment que le projet en question n'allait jamais marcher et que la hiérarchie nous mentait. Je suis parti au bout de 9 mois.

Tout ca pour dire que cela peut dépendre du type de personne, mais perso, je pense que la cohérence et la clarté aident beaucoup à se sentir bien dans son cadre de travail.
J'ai repris un suivi régulier avec ma psychiatre et j'ai commencé mon diagnostic. Je suis en train d'apprendre une méthode pour m'organiser: je suis tombée sur le serveur discord, sur une conférence sur la méthode "neuroagile".
Depuis que j'ai passé les tests j'y pense sans arrêt. Je commence a tout planifier pour ne pas me perdre dans l'administratif, mutuelle, etc. J'ai choisi une professionnelle libérale: même si je dois avancer des frais, je pense qu'à 32 ans le diagnostic n'attends pas, surtout au regard des difficultés que j'ai rencontrées dans mes précédents boulots. Un gros nuage est en train de s'estomper, beaucoup d'incompréhensions se clarifient. Je comprends comment j'ai compensé, je me rends compte du déni profond de mes parents qui ont sans doute refusé de me faire diagnostiquer quand j'étais petite. Je lève petit a petit le déni sur ma propre fatigabilité. La psy spécialisée qui m'accompagne m'a fait part d'une partie de mon diagnostic:

- difficultés a lire l'implicite
- déficit de cognition sociale
- manque de réciprocité dans la communication
- éléments qui relèvent des fonctions exécutives et de la vie affective

Grâce à cette démarche je commence a me pardonner. J'ai trouvé un boulot qui me convient, travailler à domicile sur de l'individuel. J'ai pu parler à ma n+1 de ma démarche diagnostique sans me sentir jugée. Je voudrais pouvoir être moi-même sans chercher à me cacher !
Diagnostiquée TSA, 25/06/2024

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