Autisme et Aide sociale à l'enfance
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
ASE 12 : Placement à l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), AEEH et PCH
22 juin 2023
En cas de placement à l'ASE, le maintien des droits à l'AEEH peut être assuré si les parents continuent à assumer en partie la charge de leur enfant. Le droit à la PCH peut être ouvert.Que fait l'ASE ?
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... eeh-et-pch
ASE 11 : Dans les IME et ITEP, enfants autistes invisibilisés
Comment un rapport statistique peut faire disparaître l'autisme dans une série d'autres troubles, à ne pas accompagner spécifiquement les personnes autistes. La situation des enfants placés à l'ASE et pris en charge dans des IME ou ITEP.
22 juin 2023
En cas de placement à l'ASE, le maintien des droits à l'AEEH peut être assuré si les parents continuent à assumer en partie la charge de leur enfant. Le droit à la PCH peut être ouvert.Que fait l'ASE ?
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... eeh-et-pch
ASE 11 : Dans les IME et ITEP, enfants autistes invisibilisés
Comment un rapport statistique peut faire disparaître l'autisme dans une série d'autres troubles, à ne pas accompagner spécifiquement les personnes autistes. La situation des enfants placés à l'ASE et pris en charge dans des IME ou ITEP.
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
ASE 13 : communication des documents administratifs (bis)
Les rapports d'enquête en cas d'information préoccupante sont communicables aux parents concernés, m^me s'ils ont ensuite été transmis à l'autorité judiciaire.
Suite de ASE 7 - Communication des documents administratifs
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ratifs-bis
Les rapports d'enquête en cas d'information préoccupante sont communicables aux parents concernés, m^me s'ils ont ensuite été transmis à l'autorité judiciaire.
Suite de ASE 7 - Communication des documents administratifs
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... ratifs-bis
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Je ne sais pas si ce post a sa place ici puisqu’il tourne autour de ma petite personne. S’il n’a effectivement pas sa place, on peut le déplacer dans ma présentation (je crois que je me suis inscrite vers le 18 mai 2024 mais je n’ai pas retenu la date).
J’interviens parce que j’avais eu connaissance de l’ »affaire Rachel » et que je m’étais renseignée pour le coup. J’avais même trouvé un fascicule à destination des parents (autistes ou non) pour comprendre comment les enquêteurs sociaux/employés des services sociaux (je ne connais pas le terme exact: à l’excité banni qui joue sur les mots, si tu t’es réinscrit sous un nouveau pseudo, merci de ne pas sauter sur l’occasion…). Ce genre de drame semble donc concerner suffisamment de familles pour inquiéter beaucoup de personnes concernées ou non…
C’est une des raisons pour lesquelles je n’ai pas fait tester ma fille plus tôt. Ce n’est pas la seule mais ça y a contribué. Mon raisonnement était le suivant: si après un diagnostic positif on me proposait un traitement médicamenteux pour normaliser Albertine ou si on proposait à elle, son père ou moi, une psychanalyse/psychotherapie et qu’on refusait j’avais peur du signalement. D’autant plus qu’à plusieurs reprises notre famille avait évoqué l’IEF…
Du coup, quand vraiment la nécessité de diagnostic s’est fait sentir, Albertine avait 13 ans et était en troisième. Je me suis dit que le temps que le protocole aboutisse sur un diagnostic ça porterait à un an et demie ou deux ans. Albertine aurait alors 15 ans au moins, elle serait en seconde. L’avantage de la seconde c’est que la troisième étant passée, on ne viendrait pas nous bassiner avec l’acquisition du socle commun. La seconde c’est que le temps que l’ASE lance la procédure Albertine aurait 16 ans. Et pour le coup je me suis dit qu’un juge y réfléchirait à deux fois avant de la placer.
C’est également pour cela que lorsqu’on m’a proposé une assistante sociale pour m’aider à remplir le dossier MDPH quand elle avait 11 ans j’ai refusé. Déjà s’il y a besoin d’un tiers pour aider une personne lambda à remplir un dossier de cette nature c’est qu’il y a un problème institutionnel. Ensuite, parce que tous les témoignages de placements hormis les délations/dénonciations concernaient des familles qui pour x raisons avait contacté les services sociaux (la plupart du temps pour des raisons qui n’avaient rien à vous avec leur enfant).
Alors vous allez dire que je psychotte (et vous auriez raison: d’une part à aucun moment on n’a proposé une medicamentation ou une psychothérapie pour Albertine après le diagnostic: et au contraire le pédopsychiatre s’est prononcé contre! D’autre part, je n’ai jamais eu de contact avec des assistants sociaux pouvant justifier mes craintes irrationnelles).
Mais ça montre à quel point ce genre d’affaire est traumatisante. Le seul effet positif que je peux voir c’est que si elle a traumatisé une personne comme moi non renseignée et pas forcément directement concernée à l’époque (le TSA d’Albertine n’était qu’une très vague hypothèse de parent non étayée par un professionnel) c’est que ça a dû traumatiser ou en tout cas sensibiliser d’autre personnes dans la population neurotypique. J’ai bon espoir que ça fasse son chemin, au moins pour la génération suivante.
J’interviens parce que j’avais eu connaissance de l’ »affaire Rachel » et que je m’étais renseignée pour le coup. J’avais même trouvé un fascicule à destination des parents (autistes ou non) pour comprendre comment les enquêteurs sociaux/employés des services sociaux (je ne connais pas le terme exact: à l’excité banni qui joue sur les mots, si tu t’es réinscrit sous un nouveau pseudo, merci de ne pas sauter sur l’occasion…). Ce genre de drame semble donc concerner suffisamment de familles pour inquiéter beaucoup de personnes concernées ou non…
C’est une des raisons pour lesquelles je n’ai pas fait tester ma fille plus tôt. Ce n’est pas la seule mais ça y a contribué. Mon raisonnement était le suivant: si après un diagnostic positif on me proposait un traitement médicamenteux pour normaliser Albertine ou si on proposait à elle, son père ou moi, une psychanalyse/psychotherapie et qu’on refusait j’avais peur du signalement. D’autant plus qu’à plusieurs reprises notre famille avait évoqué l’IEF…
Du coup, quand vraiment la nécessité de diagnostic s’est fait sentir, Albertine avait 13 ans et était en troisième. Je me suis dit que le temps que le protocole aboutisse sur un diagnostic ça porterait à un an et demie ou deux ans. Albertine aurait alors 15 ans au moins, elle serait en seconde. L’avantage de la seconde c’est que la troisième étant passée, on ne viendrait pas nous bassiner avec l’acquisition du socle commun. La seconde c’est que le temps que l’ASE lance la procédure Albertine aurait 16 ans. Et pour le coup je me suis dit qu’un juge y réfléchirait à deux fois avant de la placer.
C’est également pour cela que lorsqu’on m’a proposé une assistante sociale pour m’aider à remplir le dossier MDPH quand elle avait 11 ans j’ai refusé. Déjà s’il y a besoin d’un tiers pour aider une personne lambda à remplir un dossier de cette nature c’est qu’il y a un problème institutionnel. Ensuite, parce que tous les témoignages de placements hormis les délations/dénonciations concernaient des familles qui pour x raisons avait contacté les services sociaux (la plupart du temps pour des raisons qui n’avaient rien à vous avec leur enfant).
Alors vous allez dire que je psychotte (et vous auriez raison: d’une part à aucun moment on n’a proposé une medicamentation ou une psychothérapie pour Albertine après le diagnostic: et au contraire le pédopsychiatre s’est prononcé contre! D’autre part, je n’ai jamais eu de contact avec des assistants sociaux pouvant justifier mes craintes irrationnelles).
Mais ça montre à quel point ce genre d’affaire est traumatisante. Le seul effet positif que je peux voir c’est que si elle a traumatisé une personne comme moi non renseignée et pas forcément directement concernée à l’époque (le TSA d’Albertine n’était qu’une très vague hypothèse de parent non étayée par un professionnel) c’est que ça a dû traumatiser ou en tout cas sensibiliser d’autre personnes dans la population neurotypique. J’ai bon espoir que ça fasse son chemin, au moins pour la génération suivante.
Parent d’un adolescent, Albert, TSA diagnostiqué en avril 2024
(Et HPI à l’âge de 8 ans et multidys par la suite)
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Une victoire pour des parents d’un enfant autiste, victime de l’injustice et du harcèlement de l‘aide sociale à l’enfance.
https://lenfanceaucoeur.org/condamnatio ... -au-coeur/
La situation est décrite dans le chapitre 5 (pp.87-98) du livre de Christine CERRADA "Placement abusif d'enfants".
Je rappelle que le jeune "Asperger" a voulu se jeter sous une voiture au sortir de l'audience du juge des enfants, qui a empêché l'enfant de lire les ^papiers qu'il avait préparé, qui a sommé l'enfant d'avouer qu'il a fait exprès de se faire hospitaliser pour se rendre intéressant et se faire offrir des cadeaux.
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... influences
https://lenfanceaucoeur.org/condamnatio ... -au-coeur/
La situation est décrite dans le chapitre 5 (pp.87-98) du livre de Christine CERRADA "Placement abusif d'enfants".
Je rappelle que le jeune "Asperger" a voulu se jeter sous une voiture au sortir de l'audience du juge des enfants, qui a empêché l'enfant de lire les ^papiers qu'il avait préparé, qui a sommé l'enfant d'avouer qu'il a fait exprès de se faire hospitaliser pour se rendre intéressant et se faire offrir des cadeaux.
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... influences
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
ASE 14 : Interview de Me Christine Cerrada - Autisme et protection de l'enfance
Me Cerrada - auteure de "Placements abusifs d'enfants" - a obtenu la condamnation pour faute lourde de l’État dans une procédure concernant l'aide sociale à l'enfance, du fait de la maltraitance d'un jeune autiste par un juge.
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... e-lenfance
Me Cerrada - auteure de "Placements abusifs d'enfants" - a obtenu la condamnation pour faute lourde de l’État dans une procédure concernant l'aide sociale à l'enfance, du fait de la maltraitance d'un jeune autiste par un juge.
https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... e-lenfance
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DePereEnFils
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Petite anecdote avec ASE et leur compréhension des personnes atypiques.
Je ne sais pas si ce texte doit être ici ou dans la partie présentation car c’est à cause de cet événement que je suis allé me faire tester. Un malentendu ( car je ne réponds pas forcément ce qu’attend quelqu’un) peut m’amener dans des ennuis, ce qui ne m’était jamais arrivé avant.
Je suis allé voir une psychologue à la demande de ma conjointe qui trouvait que je criais trop sur mon fils de 11 ans atypique (Dyslexique, TDAH confirmé et TED d’après le psychiatre du CMPE, qui s’est révélé exacte suite à un bilan récent) qui embête sa sœur de 8 ans.
A cette psychologue, je lui parle de mes « colères froides » et du fait que j’ai du mal avec les émotions (les émotions sont trop aléatoires pour pouvoir gérer les relations entre les gens). Elle part sur du EMDR malgré que je lui explique que j’ai un neveu TSA et que je suis potentiellement atypique aussi (confirmé par un pré-diagnostique 2 ans plus tard).
Après 7 séances, je lui annonce que je veux arrêter car elle veut me persuader que je suis violent alors que je ne me suis plus battu depuis que j’ai 11 ans (j’en ai 50) mais j’ai fréquenté des loubards, je faisais de la boxe et ma père a connu la guerre donc pour elle, j’avais un syndrome post traumatique. Là elle m’annonce qu’elle doit faire une information préoccupante pour mes enfants.
Je m’attend donc à une information préoccupante sur de la violence mais je découvre à la convocation de l’ASE qu’elle parle de sadisme, de sexualisation de mes enfants et de pédocriminalité (????). Nous n’avons jamais parlé de sexualité donc je ne vois pas d’où cela sort à part que j’ai dit que j’avais lu Sade et que le terme sadisme était un néologisme qui avait assez peu de lien avec les écrits que j’avais lu de Sade.
Vu le peu d’intérêt que je porte aux êtres humains (je sais que je suis un animal social mais je n’éprouve pas le besoin de beaucoup d’interaction), c’est assez drôle comme accusation.
Donc l’ASE nous convoque. Nous avons beau leur expliquer que notre fils de 11 ans a sûrement un TSA/TDAH. Le fait qu’il ne réponde pas vraiment aux questions prouve qu’il cache quelque chose. Je leur explique que j’ai sûrement également des troubles qui font que mes réponses sont trop franches ou disons, sans compromis et qu’il peut y avoir des incompréhensions, c’est évident que je manipule mon monde. Et nous sommes partis pour le stéréotype, père « sadique-manipulateur », maman dans le déni, enfants maltraités .
Pour l'ASE, nous sommes en "errance médicale" car nous avons dû changer de psychiatre (de libéral à celui du CMPE) car le premier avait arrêté. Les personnels de « santé » qui suivent notre fils (psychomotricienne, psychologues, orthophoniste, psychiatre, ergothérapeute) disent qu’ils n’ont rien détectés voir que nous sommes attentifs au bien être de nos enfants. Les enquêtrices de l’ASE pensent que nous cherchons des troubles à notre fils pour pouvoir avoir une entreprise ou je ne sais quoi (elles remettent en doute le diagnostic du psychiatre du CMPE).
Résultat de l’enquête : renvoie au tribunal pour enfants. Audience devant une juge qui, au lieu de mettre tout de suite une procédure d’assistance éducative et une expertise psychiatrique des parents, demande une enquête du service judiciaire d’investigation éducative.
Résultat de l’enquête, rien. Nous sommes une famille qui prenons soin de nos enfants, avec des profils atypiques pour le fils et le père.
Je pense que si nous n’avions pas eu cette juge, nous aurions pu avoir les même problèmes que dans l’affaire RACHEL.
Et on nous annonce que c’est fini.
Nous avons passé 18 mois à se demander ce qui n’allait pas, ce qu’on nous reprochait.
L’ASE et la psychologue ont inventé tout une histoire sur des suppositions, nous avons dû payer un avocat, passer des nuits à se demander pourquoi on en est là (enfin surtout moi vu que cela vient de ce que j’ai pu dire à la psychologue mais je ne comprend toujours pas le problème malgré que ma conjointe me l’ai expliqué pleins de fois, mais pourquoi extrapoler ce qu’on dit???) , gérer les rdv judiciaires alors qu’on est déjà bien pris avec les différents rdv médicaux et la vie de tous les jours.
Et maintenant on nous explique que l’ASE et la psychologue n’ont pas fait de faute. Alors qu’on leur a expliqué la même chose qu’à la deuxième enquête mais que le résultat est complètement à l’inverse.
Nous essayons de voir ce qu’on peut faire contre l’ASE et la psychologue car heureusement que nous sommes un couple solide et que nous avons bien protégé nos enfants (plutôt ma conjointe car je n’aime pas mentir mais cela n’aurait servi à rien de tout raconter à nos enfants), sinon cela aurait pu faire exploser notre famille.
Le pouvoir de l’ASE et d’une IP sont assez impressionnants.
Désolé, c’est assez long et sûrement décousu (c’est compliqué de parler de soi). Mais cela peut être utile car je pense que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Toute famille atypique peut tomber dans cet engrenage (même si nous avons eu de la chance finalement).
Je ne sais pas si ce texte doit être ici ou dans la partie présentation car c’est à cause de cet événement que je suis allé me faire tester. Un malentendu ( car je ne réponds pas forcément ce qu’attend quelqu’un) peut m’amener dans des ennuis, ce qui ne m’était jamais arrivé avant.
Je suis allé voir une psychologue à la demande de ma conjointe qui trouvait que je criais trop sur mon fils de 11 ans atypique (Dyslexique, TDAH confirmé et TED d’après le psychiatre du CMPE, qui s’est révélé exacte suite à un bilan récent) qui embête sa sœur de 8 ans.
A cette psychologue, je lui parle de mes « colères froides » et du fait que j’ai du mal avec les émotions (les émotions sont trop aléatoires pour pouvoir gérer les relations entre les gens). Elle part sur du EMDR malgré que je lui explique que j’ai un neveu TSA et que je suis potentiellement atypique aussi (confirmé par un pré-diagnostique 2 ans plus tard).
Après 7 séances, je lui annonce que je veux arrêter car elle veut me persuader que je suis violent alors que je ne me suis plus battu depuis que j’ai 11 ans (j’en ai 50) mais j’ai fréquenté des loubards, je faisais de la boxe et ma père a connu la guerre donc pour elle, j’avais un syndrome post traumatique. Là elle m’annonce qu’elle doit faire une information préoccupante pour mes enfants.
Je m’attend donc à une information préoccupante sur de la violence mais je découvre à la convocation de l’ASE qu’elle parle de sadisme, de sexualisation de mes enfants et de pédocriminalité (????). Nous n’avons jamais parlé de sexualité donc je ne vois pas d’où cela sort à part que j’ai dit que j’avais lu Sade et que le terme sadisme était un néologisme qui avait assez peu de lien avec les écrits que j’avais lu de Sade.
Vu le peu d’intérêt que je porte aux êtres humains (je sais que je suis un animal social mais je n’éprouve pas le besoin de beaucoup d’interaction), c’est assez drôle comme accusation.
Donc l’ASE nous convoque. Nous avons beau leur expliquer que notre fils de 11 ans a sûrement un TSA/TDAH. Le fait qu’il ne réponde pas vraiment aux questions prouve qu’il cache quelque chose. Je leur explique que j’ai sûrement également des troubles qui font que mes réponses sont trop franches ou disons, sans compromis et qu’il peut y avoir des incompréhensions, c’est évident que je manipule mon monde. Et nous sommes partis pour le stéréotype, père « sadique-manipulateur », maman dans le déni, enfants maltraités .
Pour l'ASE, nous sommes en "errance médicale" car nous avons dû changer de psychiatre (de libéral à celui du CMPE) car le premier avait arrêté. Les personnels de « santé » qui suivent notre fils (psychomotricienne, psychologues, orthophoniste, psychiatre, ergothérapeute) disent qu’ils n’ont rien détectés voir que nous sommes attentifs au bien être de nos enfants. Les enquêtrices de l’ASE pensent que nous cherchons des troubles à notre fils pour pouvoir avoir une entreprise ou je ne sais quoi (elles remettent en doute le diagnostic du psychiatre du CMPE).
Résultat de l’enquête : renvoie au tribunal pour enfants. Audience devant une juge qui, au lieu de mettre tout de suite une procédure d’assistance éducative et une expertise psychiatrique des parents, demande une enquête du service judiciaire d’investigation éducative.
Résultat de l’enquête, rien. Nous sommes une famille qui prenons soin de nos enfants, avec des profils atypiques pour le fils et le père.
Je pense que si nous n’avions pas eu cette juge, nous aurions pu avoir les même problèmes que dans l’affaire RACHEL.
Et on nous annonce que c’est fini.
Nous avons passé 18 mois à se demander ce qui n’allait pas, ce qu’on nous reprochait.
L’ASE et la psychologue ont inventé tout une histoire sur des suppositions, nous avons dû payer un avocat, passer des nuits à se demander pourquoi on en est là (enfin surtout moi vu que cela vient de ce que j’ai pu dire à la psychologue mais je ne comprend toujours pas le problème malgré que ma conjointe me l’ai expliqué pleins de fois, mais pourquoi extrapoler ce qu’on dit???) , gérer les rdv judiciaires alors qu’on est déjà bien pris avec les différents rdv médicaux et la vie de tous les jours.
Et maintenant on nous explique que l’ASE et la psychologue n’ont pas fait de faute. Alors qu’on leur a expliqué la même chose qu’à la deuxième enquête mais que le résultat est complètement à l’inverse.
Nous essayons de voir ce qu’on peut faire contre l’ASE et la psychologue car heureusement que nous sommes un couple solide et que nous avons bien protégé nos enfants (plutôt ma conjointe car je n’aime pas mentir mais cela n’aurait servi à rien de tout raconter à nos enfants), sinon cela aurait pu faire exploser notre famille.
Le pouvoir de l’ASE et d’une IP sont assez impressionnants.
Désolé, c’est assez long et sûrement décousu (c’est compliqué de parler de soi). Mais cela peut être utile car je pense que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Toute famille atypique peut tomber dans cet engrenage (même si nous avons eu de la chance finalement).
pré-diagnostiqué (TSA-hnf)
fils TSA diagnostiqué
fils TSA diagnostiqué
Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Je suis totalement désolée pour vous
Parent d’un adolescent, Albert, TSA diagnostiqué en avril 2024
(Et HPI à l’âge de 8 ans et multidys par la suite)
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DePereEnFils
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
C'est plus ma conjointe qui est désolé. Je ne sais pas trop quoi penser de cette histoire.
Vous avez bien fait de ne pas trop vous approcher des services sociaux. Car j'ai l'impression que personne ne nous aide et que tout le monde essaie de nous compliquer la vie.
Pourquoi les enfants ne sont pas détectés dès la maternelle ? Il pourrait y avoir un psychiatre qui teste les enfants qui pose problème (le mien a commencé en petite section
). Nous devons trouver les réponses tout seul.
Nous avons perdu du temps sur le HPI, après on a découvert le dyslexie , puis le TDAH et enfin de TSA. Alors que je pense qu'on aurait dû faire l'inverse car la comorbidité TSA/TDAH/DYS est assez commune. Nous avions tous les infos pour les comorbidités
Problème des "handicaps' invisibles !!
Vous avez bien fait de ne pas trop vous approcher des services sociaux. Car j'ai l'impression que personne ne nous aide et que tout le monde essaie de nous compliquer la vie.
Pourquoi les enfants ne sont pas détectés dès la maternelle ? Il pourrait y avoir un psychiatre qui teste les enfants qui pose problème (le mien a commencé en petite section
Nous avons perdu du temps sur le HPI, après on a découvert le dyslexie , puis le TDAH et enfin de TSA. Alors que je pense qu'on aurait dû faire l'inverse car la comorbidité TSA/TDAH/DYS est assez commune. Nous avions tous les infos pour les comorbidités
Problème des "handicaps' invisibles !!
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
mediapart.fr 10 janvier 2026
Dans l’incapacité d’accueillir des élèves handicapés, l’Éducation nationale signale leurs familles aux services sociaux
Erwin Canard, Margot Hemmerich (Mediacités)
Face à des élèves en situation de handicap difficiles à prendre en charge, des personnels de l’académie de Lyon effectuent des signalements auprès de la protection de l’enfance. Officiellement pour « aider » les familles. Ces dernières dénoncent une « nouvelle arme » pour les obliger à déscolariser leur enfant.
« C’est de l’acharnement. » Ludivine est écœurée. « Il y a de la colère, mais surtout de la tristesse », confie cette directrice des ressources humaines qui vit à Lyon (Rhône), avec son compagnon et leurs deux enfants. Aristide, son fils de 17 ans, est atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Il suit l’instruction en famille : son père lui fait l’école à la maison depuis qu’il a quitté son dernier collège, en avril 2024. Et ce n’est pas par choix.
En décembre 2023, Aristide reçoit une notification de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour l’orienter vers un institut médico‐éducatif (IME). Dès lors, le collège de secteur dans lequel est inscrit l’adolescent lui intime de rejoindre un établissement spécialisé. « Nous contactons donc les IME notifiés mais aucun n’a de place », raconte Ludivine à Mediacités.
Résultat : en février 2024, le rectorat de Lyon oriente Aristide vers une classe Ulis (une unité localisée pour l’inclusion scolaire) dans un collège du IIIe arrondissement de Lyon – « à l’opposé de chez nous », précise sa mère – que l’adolescent n’intègre qu’en avril. Il y passe six journées, à raison d’une heure trente par jour.
« Puis, raconte Ludivine, nous sommes convoqués par le principal, qui nous dit qu’il a fait une “information préoccupante”. Le principal termine l’entretien en disant : “On est d’accord qu’Aristide ne reviendra pas ?” », poursuit‐elle.
Une information préoccupante ou « IP » peut être transmise au conseil départemental ou à la métropole, dans le territoire du Grand Lyon, par tout·e citoyen·ne ou professionnel·le dès lors qu’il ou elle estime qu’un·e mineur·e court ou risque de courir un danger sur le plan de sa santé, de sa sécurité, de sa moralité, ou que les conditions de son éducation, de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont ou risquent d’être compromises. Les services sociaux de ces collectivités doivent ensuite mener l’enquête pour établir si le signalement est justifié (voir encadré).
Des enfants accusés de faire « exploser » les cadres
« C’est la nouvelle arme de l’Éducation nationale : quand on va à leur encontre, on se prend une IP », dénonce Ludivine. Selon celle concernant son fils, que Mediacités a pu consulter, le collège évoque « un jeune violent avec lui‐même […], se tenant dans une posture de repli », et le fait que « les parents auraient refusé une place en IME ». « Alors qu’on avait remis au collège les courriers de refus de ces structures », signale Ludivine. L’IP concernant Aristide a été classée sans suite, « le service de protection de l’enfance n’ayant pas relevé d’éléments de danger ou de risques de danger », indique le document de classement, que Mediacités a pu également consulter.
Pour Ludivine, sa situation résulterait du fait que « le système, en ne donnant pas les moyens d’inclure les enfants en situation de handicap, organise délibérément leur exclusion ». Fin octobre, selon les chiffres de l’Éducation nationale, 42 000 enfants en situation de handicap ayant reçu une notification pour obtenir l’appui d’un·e AESH (accompagnant·e d’élève en situation de handicap) étaient en attente d’un accompagnement – soit 12 % d’entre eux. Et les enfants qui ont reçu une notification pour une place en IME doivent parfois attendre trois, quatre voire cinq ans pour l’obtenir.
Or, sans accompagnement ou en étant scolarisés en milieu ordinaire alors qu’ils ont été orientés en IME (même si ces instituts sont critiqués par ailleurs, notamment en raison du faible nombre d’heures de scolarité effectives ou pour leur caractère ségrégatif), les enfants en situation de handicap se retrouvent en difficulté. Les enseignant·es, pas ou peu formé·es à la gestion de ces situations, sont pour beaucoup démuni·es.
Ces situations peuvent alors déboucher sur des IP abusives, comme le confirment de nombreux acteurs des secteurs de l’éducation et du handicap dans le Rhône contactés par Mediacités. Même si ce n’est pas « massif », le Défenseur des droits témoigne de « cas où des parents [le] saisissent car ils ont reçu une information préoccupante alors même qu’il n’y a pas de prise en charge adaptée à l’école », confie Marguerite Aurenche, cheffe du pôle « défense des droits de l’enfant » de l’institution.
Le Défenseur des droits du Rhône traite actuellement trois dossiers de ce genre. « Dans certaines situations, la lecture de l’IP ne nous semble pas révéler l’existence d’un danger ou d’un risque de danger au sens du Code de l’action sociale et des familles, poursuit Marguerite Aurenche. Nous nous attachons de plus en plus à vérifier car nous sommes conscients des possibles dérapages et du non‐respect du cadre légal d’une IP. Ce peut notamment être le cas quand les parents sont en conflit avec l’école et refusent une déscolarisation partielle. »
Abus de signalements
Clotilde Jenoudet‐Henrion a fondé Prête‐moi tes ailes, une association qui accompagne les familles touchées par la trisomie 21 à Lyon. Pour elle, « c’est l’administration qui est maltraitante » : « Ces situations sont créées par l’Éducation nationale et nous, parents, on ne peut que subir. » Une analyse partagée par des professionnel·les. « L’école, défaillante, a reporté sa défaillance sur la famille », considère aussi la cheffe d’un service de protection de l’enfance mandaté par la métropole de Lyon, qui souhaite conserver l’anonymat.
Dans le Rhône, le rectorat de Lyon a conçu un protocole départemental pour la gestion des élèves au « comportement difficile » dans le premier degré. Parmi les préconisations, comme Mediacités l’a découvert, il recommande de « s’interroger sur l’opportunité de la rédaction d’une IP », sans toutefois évoquer la notion de danger pour l’enfant. Si le Rhône n’est pas un cas isolé en France, la consigne diffère dans d’autres départements. Dans le Nord, par exemple, le protocole de « gestion des comportements violents des élèves » ne mentionne pas le recours aux IP (en dehors de la mise en danger).
Car « c’est bien lorsqu’il y a un danger ou un risque de danger qu’une information préoccupante est justifiée », confirme Hassina Bianchi, responsable de la cellule de recueil et de traitement des informations préoccupantes (Crip) de la métropole de Lyon. « De fait, l’Éducation nationale est le plus grand pourvoyeur d’informations préoccupantes puisque c’est le premier lieu de socialisation des enfants », détaille‐t‐elle. « Après, est‐ce que certains l’instrumentalisent ? En tout cas, c’est un outil que les personnels de l’Éducation nationale ont et qu’ils utilisent. À la Crip ensuite de trier », poursuit la responsable, qui estime à 80 % le nombre d’IP « qualifiées ».
« Il faut quelque chose de particulier dans la situation, comme des comportements agressifs envers l’AESH, l’enseignant ou d’autres enfants. Mais si on n’a aucun autre élément d’inquiétude, hormis une défaillance de l’accompagnement ou que l’école estime que l’enfant relève d’un dispositif MDPH, on ne donne pas suite », conclut Hassina Bianchi.
Contacté par Mediacités, le rectorat de Lyon assure que « les mesures de prévention et d’accompagnement doivent être privilégiées » et qu’il rappelle aux personnels, « lors des formations à la protection de l’enfance organisées au niveau académique ou départemental », les circonstances dans lesquelles une IP peut être formulée. « Les modalités de transmission des informations préoccupantes par les personnels sont fixées par les protocoles et conventions départementales », précise encore le rectorat.
Des parents « la tête sous l’eau »
Au‐delà du danger estimé ou avéré, dans le Rhône, les IP sont également proposées aux familles comme des aides. « Ces dernières années, on constate que certaines institutions comme l’Éducation nationale font des informations préoccupantes pour accélérer les demandes d’accompagnement ou de prise en charge sociale », abonde la cheffe de service dans le secteur de la protection de l’enfance citée précédemment.
C’est ce qui est arrivé à Laurianne*. Mère d’un enfant en situation de handicap scolarisé dans une classe Ulis dans l’Ouest lyonnais, elle a été convoquée par l’école après des problèmes de propreté et de comportement de son fils. « L’équipe et le directeur m’ont expliqué que j’avais l’air épuisée et m’ont proposé de faire une IP “pour m’aider” », rapporte‐t‐elle.
Choquée, Laurianne refuse et part en pleurant. « Le directeur m’a immédiatement rappelée pour me dire qu’ils ne le feraient pas, mais que leur hiérarchie leur conseillait de recourir aux IP pour aider les familles. Ils ne se rendent pas compte que pour nous, ce n’est pas une aide, c’est nous enfoncer la tête sous l’eau », souffle‐t‐elle.
Si ces pratiques obtiennent parfois l’accord des familles, elles interrogent les professionnel·les de l’accompagnement social. « C’est un peu fou de devoir en arriver là, d’autant que ça implique une posture très humiliante pour les parents. Une IP est toujours vécue comme un traumatisme », confirme la cheffe d’un service de protection de l’enfance de la métropole.
L’expérience de Ludivine le confirme. En couple mais non mariée, elle raconte que son statut marital faisait partie des questions abordées par les services sociaux lors de son évaluation, au même titre que « de savoir si [elle] avait allaité les enfants »…
Pour la Crip, l’objectif de l’évaluation n’est pourtant pas de questionner les compétences parentales. « Une information préoccupante n’est pas une arme, c’est un outil de prévention », tempère Hassina Bianchi. Avant d’ajouter : « On connaît l’épuisement psychique des parents qui élèvent un enfant en situation de handicap. » Le rectorat de Lyon justifie aussi cette approche de l’IP : « L’information préoccupante doit être comprise comme un levier d’aide, une explication claire à la famille étant indispensable. »
« Mais de quelle aide parle‐t‐on ?, interroge Marguerite Aurenche, du Défenseur des droits. Si le besoin des familles est lié à la scolarité, ça ne relève pas de la protection de l’enfance. Il ne faut pas se tromper d’interlocuteur et systématiser. Surtout à l’heure où les services de l’ASE [l’aide sociale à l’enfance – ndlr] sont complètement noyés par les IP. »
Dans de rares cas, la mise en place d’une mesure socio‐éducative débouche sur des solutions. « Lorsque le suivi se passe bien et que la famille nous fait confiance, on peut devenir une béquille, voire réussir à pousser les murs pour trouver une place quelque part. Mais ça n’arrive presque jamais », reconnaît la professionnelle de la protection de l’enfance citée plus haut.
La plupart du temps, les travailleurs et travailleuses sociales se heurtent plutôt à la colère des familles. « Et à juste titre, souffle-t-elle. Car les éducateurs ne sont pas là pour faire l’éducation à domicile, ils ne sont donc pas en mesure d’apporter de réelle solution quand le seul problème semble provenir d’un manque de scolarisation. Ils se rendent compte par ailleurs qu’ils en savent souvent beaucoup moins dans le champ du handicap que les parents eux‐mêmes. C’est une mise en échec pour tout le monde. »
Pour l’avocate Laurence Cruciani, ancienne présidente de la commission « tutelle handicap scolarité » au barreau de Lyon, ces situations témoignent de blocages institutionnels inédits. « Nous sommes dans un cercle vicieux, où on renvoie dos à dos la souffrance des professionnels et celle des parents et des enfants en situation de handicap. À tel point qu’aujourd’hui, je vois beaucoup de parents souffrir de stress post‐traumatique dans leur relation avec l’Éducation nationale. »
Dans l’incapacité d’accueillir des élèves handicapés, l’Éducation nationale signale leurs familles aux services sociaux
Erwin Canard, Margot Hemmerich (Mediacités)
Face à des élèves en situation de handicap difficiles à prendre en charge, des personnels de l’académie de Lyon effectuent des signalements auprès de la protection de l’enfance. Officiellement pour « aider » les familles. Ces dernières dénoncent une « nouvelle arme » pour les obliger à déscolariser leur enfant.
« C’est de l’acharnement. » Ludivine est écœurée. « Il y a de la colère, mais surtout de la tristesse », confie cette directrice des ressources humaines qui vit à Lyon (Rhône), avec son compagnon et leurs deux enfants. Aristide, son fils de 17 ans, est atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Il suit l’instruction en famille : son père lui fait l’école à la maison depuis qu’il a quitté son dernier collège, en avril 2024. Et ce n’est pas par choix.
En décembre 2023, Aristide reçoit une notification de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour l’orienter vers un institut médico‐éducatif (IME). Dès lors, le collège de secteur dans lequel est inscrit l’adolescent lui intime de rejoindre un établissement spécialisé. « Nous contactons donc les IME notifiés mais aucun n’a de place », raconte Ludivine à Mediacités.
Résultat : en février 2024, le rectorat de Lyon oriente Aristide vers une classe Ulis (une unité localisée pour l’inclusion scolaire) dans un collège du IIIe arrondissement de Lyon – « à l’opposé de chez nous », précise sa mère – que l’adolescent n’intègre qu’en avril. Il y passe six journées, à raison d’une heure trente par jour.
« Puis, raconte Ludivine, nous sommes convoqués par le principal, qui nous dit qu’il a fait une “information préoccupante”. Le principal termine l’entretien en disant : “On est d’accord qu’Aristide ne reviendra pas ?” », poursuit‐elle.
Une information préoccupante ou « IP » peut être transmise au conseil départemental ou à la métropole, dans le territoire du Grand Lyon, par tout·e citoyen·ne ou professionnel·le dès lors qu’il ou elle estime qu’un·e mineur·e court ou risque de courir un danger sur le plan de sa santé, de sa sécurité, de sa moralité, ou que les conditions de son éducation, de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont ou risquent d’être compromises. Les services sociaux de ces collectivités doivent ensuite mener l’enquête pour établir si le signalement est justifié (voir encadré).
Des enfants accusés de faire « exploser » les cadres
« C’est la nouvelle arme de l’Éducation nationale : quand on va à leur encontre, on se prend une IP », dénonce Ludivine. Selon celle concernant son fils, que Mediacités a pu consulter, le collège évoque « un jeune violent avec lui‐même […], se tenant dans une posture de repli », et le fait que « les parents auraient refusé une place en IME ». « Alors qu’on avait remis au collège les courriers de refus de ces structures », signale Ludivine. L’IP concernant Aristide a été classée sans suite, « le service de protection de l’enfance n’ayant pas relevé d’éléments de danger ou de risques de danger », indique le document de classement, que Mediacités a pu également consulter.
Pour Ludivine, sa situation résulterait du fait que « le système, en ne donnant pas les moyens d’inclure les enfants en situation de handicap, organise délibérément leur exclusion ». Fin octobre, selon les chiffres de l’Éducation nationale, 42 000 enfants en situation de handicap ayant reçu une notification pour obtenir l’appui d’un·e AESH (accompagnant·e d’élève en situation de handicap) étaient en attente d’un accompagnement – soit 12 % d’entre eux. Et les enfants qui ont reçu une notification pour une place en IME doivent parfois attendre trois, quatre voire cinq ans pour l’obtenir.
Or, sans accompagnement ou en étant scolarisés en milieu ordinaire alors qu’ils ont été orientés en IME (même si ces instituts sont critiqués par ailleurs, notamment en raison du faible nombre d’heures de scolarité effectives ou pour leur caractère ségrégatif), les enfants en situation de handicap se retrouvent en difficulté. Les enseignant·es, pas ou peu formé·es à la gestion de ces situations, sont pour beaucoup démuni·es.
Nous sommes conscients des possibles dérapages et du non‐respect du cadre légal d’une IP.
Marguerite Aurenche, cheffe de pôle auprès du Défenseur des droits
« Ces élèves font exploser les cadres, agissent avec de la violence verbale et physique, entraînant parfois de la maltraitance des adultes envers eux », développe Séverine Vuillaumier, secrétaire départementale de la FSU‐SNUipp 69, syndicat de professeur·es des écoles. Pour elle, « le constat est sans appel : l’école inclusive est un échec ».Marguerite Aurenche, cheffe de pôle auprès du Défenseur des droits
Ces situations peuvent alors déboucher sur des IP abusives, comme le confirment de nombreux acteurs des secteurs de l’éducation et du handicap dans le Rhône contactés par Mediacités. Même si ce n’est pas « massif », le Défenseur des droits témoigne de « cas où des parents [le] saisissent car ils ont reçu une information préoccupante alors même qu’il n’y a pas de prise en charge adaptée à l’école », confie Marguerite Aurenche, cheffe du pôle « défense des droits de l’enfant » de l’institution.
Le Défenseur des droits du Rhône traite actuellement trois dossiers de ce genre. « Dans certaines situations, la lecture de l’IP ne nous semble pas révéler l’existence d’un danger ou d’un risque de danger au sens du Code de l’action sociale et des familles, poursuit Marguerite Aurenche. Nous nous attachons de plus en plus à vérifier car nous sommes conscients des possibles dérapages et du non‐respect du cadre légal d’une IP. Ce peut notamment être le cas quand les parents sont en conflit avec l’école et refusent une déscolarisation partielle. »
Abus de signalements
Clotilde Jenoudet‐Henrion a fondé Prête‐moi tes ailes, une association qui accompagne les familles touchées par la trisomie 21 à Lyon. Pour elle, « c’est l’administration qui est maltraitante » : « Ces situations sont créées par l’Éducation nationale et nous, parents, on ne peut que subir. » Une analyse partagée par des professionnel·les. « L’école, défaillante, a reporté sa défaillance sur la famille », considère aussi la cheffe d’un service de protection de l’enfance mandaté par la métropole de Lyon, qui souhaite conserver l’anonymat.
Dans le Rhône, le rectorat de Lyon a conçu un protocole départemental pour la gestion des élèves au « comportement difficile » dans le premier degré. Parmi les préconisations, comme Mediacités l’a découvert, il recommande de « s’interroger sur l’opportunité de la rédaction d’une IP », sans toutefois évoquer la notion de danger pour l’enfant. Si le Rhône n’est pas un cas isolé en France, la consigne diffère dans d’autres départements. Dans le Nord, par exemple, le protocole de « gestion des comportements violents des élèves » ne mentionne pas le recours aux IP (en dehors de la mise en danger).
Car « c’est bien lorsqu’il y a un danger ou un risque de danger qu’une information préoccupante est justifiée », confirme Hassina Bianchi, responsable de la cellule de recueil et de traitement des informations préoccupantes (Crip) de la métropole de Lyon. « De fait, l’Éducation nationale est le plus grand pourvoyeur d’informations préoccupantes puisque c’est le premier lieu de socialisation des enfants », détaille‐t‐elle. « Après, est‐ce que certains l’instrumentalisent ? En tout cas, c’est un outil que les personnels de l’Éducation nationale ont et qu’ils utilisent. À la Crip ensuite de trier », poursuit la responsable, qui estime à 80 % le nombre d’IP « qualifiées ».
« Il faut quelque chose de particulier dans la situation, comme des comportements agressifs envers l’AESH, l’enseignant ou d’autres enfants. Mais si on n’a aucun autre élément d’inquiétude, hormis une défaillance de l’accompagnement ou que l’école estime que l’enfant relève d’un dispositif MDPH, on ne donne pas suite », conclut Hassina Bianchi.
Contacté par Mediacités, le rectorat de Lyon assure que « les mesures de prévention et d’accompagnement doivent être privilégiées » et qu’il rappelle aux personnels, « lors des formations à la protection de l’enfance organisées au niveau académique ou départemental », les circonstances dans lesquelles une IP peut être formulée. « Les modalités de transmission des informations préoccupantes par les personnels sont fixées par les protocoles et conventions départementales », précise encore le rectorat.
Des parents « la tête sous l’eau »
Au‐delà du danger estimé ou avéré, dans le Rhône, les IP sont également proposées aux familles comme des aides. « Ces dernières années, on constate que certaines institutions comme l’Éducation nationale font des informations préoccupantes pour accélérer les demandes d’accompagnement ou de prise en charge sociale », abonde la cheffe de service dans le secteur de la protection de l’enfance citée précédemment.
C’est ce qui est arrivé à Laurianne*. Mère d’un enfant en situation de handicap scolarisé dans une classe Ulis dans l’Ouest lyonnais, elle a été convoquée par l’école après des problèmes de propreté et de comportement de son fils. « L’équipe et le directeur m’ont expliqué que j’avais l’air épuisée et m’ont proposé de faire une IP “pour m’aider” », rapporte‐t‐elle.
Choquée, Laurianne refuse et part en pleurant. « Le directeur m’a immédiatement rappelée pour me dire qu’ils ne le feraient pas, mais que leur hiérarchie leur conseillait de recourir aux IP pour aider les familles. Ils ne se rendent pas compte que pour nous, ce n’est pas une aide, c’est nous enfoncer la tête sous l’eau », souffle‐t‐elle.
Si ces pratiques obtiennent parfois l’accord des familles, elles interrogent les professionnel·les de l’accompagnement social. « C’est un peu fou de devoir en arriver là, d’autant que ça implique une posture très humiliante pour les parents. Une IP est toujours vécue comme un traumatisme », confirme la cheffe d’un service de protection de l’enfance de la métropole.
L’expérience de Ludivine le confirme. En couple mais non mariée, elle raconte que son statut marital faisait partie des questions abordées par les services sociaux lors de son évaluation, au même titre que « de savoir si [elle] avait allaité les enfants »…
Les éducateurs ne sont pas en mesure d’apporter de réelle solution quand le seul problème semble provenir d’un manque de scolarisation
Une professionnelle de la protection de l’enfance
.Une professionnelle de la protection de l’enfance
Pour la Crip, l’objectif de l’évaluation n’est pourtant pas de questionner les compétences parentales. « Une information préoccupante n’est pas une arme, c’est un outil de prévention », tempère Hassina Bianchi. Avant d’ajouter : « On connaît l’épuisement psychique des parents qui élèvent un enfant en situation de handicap. » Le rectorat de Lyon justifie aussi cette approche de l’IP : « L’information préoccupante doit être comprise comme un levier d’aide, une explication claire à la famille étant indispensable. »
« Mais de quelle aide parle‐t‐on ?, interroge Marguerite Aurenche, du Défenseur des droits. Si le besoin des familles est lié à la scolarité, ça ne relève pas de la protection de l’enfance. Il ne faut pas se tromper d’interlocuteur et systématiser. Surtout à l’heure où les services de l’ASE [l’aide sociale à l’enfance – ndlr] sont complètement noyés par les IP. »
Dans de rares cas, la mise en place d’une mesure socio‐éducative débouche sur des solutions. « Lorsque le suivi se passe bien et que la famille nous fait confiance, on peut devenir une béquille, voire réussir à pousser les murs pour trouver une place quelque part. Mais ça n’arrive presque jamais », reconnaît la professionnelle de la protection de l’enfance citée plus haut.
La plupart du temps, les travailleurs et travailleuses sociales se heurtent plutôt à la colère des familles. « Et à juste titre, souffle-t-elle. Car les éducateurs ne sont pas là pour faire l’éducation à domicile, ils ne sont donc pas en mesure d’apporter de réelle solution quand le seul problème semble provenir d’un manque de scolarisation. Ils se rendent compte par ailleurs qu’ils en savent souvent beaucoup moins dans le champ du handicap que les parents eux‐mêmes. C’est une mise en échec pour tout le monde. »
Pour l’avocate Laurence Cruciani, ancienne présidente de la commission « tutelle handicap scolarité » au barreau de Lyon, ces situations témoignent de blocages institutionnels inédits. « Nous sommes dans un cercle vicieux, où on renvoie dos à dos la souffrance des professionnels et celle des parents et des enfants en situation de handicap. À tel point qu’aujourd’hui, je vois beaucoup de parents souffrir de stress post‐traumatique dans leur relation avec l’Éducation nationale. »
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans
Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
C’est affreux et inhumain!
En fait vivaient que les enfants aient 18 ans et qu’une IP ne soit plus possible
En fait vivaient que les enfants aient 18 ans et qu’une IP ne soit plus possible
Parent d’un adolescent, Albert, TSA diagnostiqué en avril 2024
(Et HPI à l’âge de 8 ans et multidys par la suite)
(Et HPI à l’âge de 8 ans et multidys par la suite)
Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Ben dis donc depuis que nous sommes passés par l'école ma soeur et moi ça s'est pas arrangé
Ma soeur ils ont tout fait pour la sortir du système scolaire,moi j'ai eue un petit peu plus la paix,très vite et pas besoin d'IP, juste du forcing et des parents qui en ont rien a cirer et c'est bon.
Moi on a voulu me scolarisé en Ulis,ça aurait été bien aussi,mais j'ai persisté pour continuer en milieu "classique", scolairement parlant je me sentais le niveau,je l'avais d'ailleurs,sauf en maths,j'ai juste bien décroché a un moment à cause du harcèlement,
Et j'ai réussi dans le parcours "classique"
Fin bref pourquoi je ne suis malheureusement pas étonnée...je pensais que l'éducation nationale avait progressée en terme d'inclusions je me suis bercée de douces illusions pas tant que ça...
Quoiqu'à mon époque ils se demandaient même pas pourquoi un élève qui avait un niveau tout a fait correct malgré des rapports compliqués avec les autres,voit ses notes dégringolées en peu de temps.
Rien a cirer de A a Z vraiment,j'ai pas de bons souvenirs de mon parcours scolaire,plus tard j'en ai chié avec les autres dans la vie active mais au moins j'avais et j'ai toujours les jetons qui font gling gling a la fin du mois,
C'est dur mais au moins j'en bave pas pour pas un rond comme a l'école.
Ma soeur ils ont tout fait pour la sortir du système scolaire,moi j'ai eue un petit peu plus la paix,très vite et pas besoin d'IP, juste du forcing et des parents qui en ont rien a cirer et c'est bon.
Moi on a voulu me scolarisé en Ulis,ça aurait été bien aussi,mais j'ai persisté pour continuer en milieu "classique", scolairement parlant je me sentais le niveau,je l'avais d'ailleurs,sauf en maths,j'ai juste bien décroché a un moment à cause du harcèlement,
Et j'ai réussi dans le parcours "classique"
Fin bref pourquoi je ne suis malheureusement pas étonnée...je pensais que l'éducation nationale avait progressée en terme d'inclusions je me suis bercée de douces illusions pas tant que ça...
Quoiqu'à mon époque ils se demandaient même pas pourquoi un élève qui avait un niveau tout a fait correct malgré des rapports compliqués avec les autres,voit ses notes dégringolées en peu de temps.
Rien a cirer de A a Z vraiment,j'ai pas de bons souvenirs de mon parcours scolaire,plus tard j'en ai chié avec les autres dans la vie active mais au moins j'avais et j'ai toujours les jetons qui font gling gling a la fin du mois,
C'est dur mais au moins j'en bave pas pour pas un rond comme a l'école.
Diagnostic TSA avec suspicion de TDA associé,trouble anxio-dépressif de type épuisement.
Ma page perso fragrantica: https://www.fragrantica.fr/members/58816
Savoir,Vouloir,Oser,
Se taire.
Qui sait guérir sait maudire.
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Savoir,Vouloir,Oser,
Se taire.
Qui sait guérir sait maudire.
Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Non malheureusement ça ne s'arrange pas Ostara et ce n'est pas prêt de s'arranger....je suis contente d'avoir pu lire cet article en entier 
Maman d'un grand garçon de 11 ans presque 12
TSA niveau modéré confirmé le 16/03/2020 à l'âge de 5 ans et demi et TDAH le 11/01/2024
06/02/2023 Diagnostic de fibromyalgie
18/09/2023 Diagnostic de TDAH de forme mixte de niveau sévère
06/02/2023 Diagnostic de fibromyalgie
18/09/2023 Diagnostic de TDAH de forme mixte de niveau sévère
Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Bah pendant ma scolarité à l'époque on a vraiment été traitées pardon j'y vais fort mais c'est la vérité,comme de la merde,rien contre le harcèlement,rien pour s'adapter aux personnes différentes,pas d'aesh, marche ou crève vraiment.
Quand ça a pas été du harcèlement par la part du personnel même, moqueries et tout,oui oui,
Bref je suis pas très positive mais désolée j'en ai vraiment pas un bon souvenir et j'aurais espéré que ça avance plus pour que d'autres personnes différentes ressortent avec un bon souvenir de l'école avec la sensation de s'y être sentie à sa place et pas en trop.
L'éducation nationale devrait venir lire un peu les forums,que ça concerne l'autisme ou d'autres différences et handicap,ce qu'on a ressenti,ce qu'on ressent,
Et puis quand t'es pas forcément ni un super bon élève ni un mauvais élève, élève moyen la chute est encore plus rapide et facile,et la situation d'échec avec.
Et la dévalorisation qui va avec,si je les avais écouté j'étais une sauvageonne inadaptée et rebelle qui ferais jamais rien de sa vie,
La roue tourne bande de connards mouak
Croyez en vous et n'écoutez pas ceux qui vous disent que vous êtes bons pour la poubelle car trop différents
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Après je jette pas la pierre aux enseignants, eux ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur donne,il y a des bons et d'autres qui même si on leur en donnais les moyens ça serait pareils.
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Savoir,Vouloir,Oser,
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Re: Autisme et Aide sociale à l'enfance
Ca n'intéresse pas l'éducation nationale. LA seule directive c'est inclusion... pour le reste débrouillez-vous.
Après, pour les enseignants et les parents c'est un combat de tous les jours. Ca dépend des écoles, des enseignants, des parents d'"élève etc...
Ca fait 4 ans que je me bat avec les profs de collège, ce n'est pas gagné. C'est de la négo, en permanence.
Après l'inclusion a tout prix est un carnage mais bon... on le paiera demain.
Parent d'une ado (née en 2009), testée TSA en 2023 à l'âge de 13 ans, diag. TND-TSA posé en 2025 + multidys + phobie scolaire (et autres). EMDR, TCC, Pifam, et GHS en cours. Dossier MDPH en cours.