Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
Répondre
Message
Auteur
Avatar du membre
Deoxys
Prolifique
Messages : 3603
Enregistré le : jeudi 28 janvier 2021 à 9:06
Localisation : Finistère

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#166 Message par Deoxys » dimanche 13 avril 2025 à 23:24

Désolée pour ta soupe ! :oops: Prends ton temps pour répondre, et seulement si tu le souhaites.

Asphodèle a écrit : dimanche 13 avril 2025 à 21:17Alors non, je ne savais pas pas quel était le pourcentage (merci pour l'information d'ailleurs), et mon but n'est pas de généraliser.
La hausse des transitions femme vers homme (désolée encore si je n'ai pas le bon vocabulaire) est récente, c'est un fait il me semble. Quand les transitions ont été possibles en France, au début il y avait bien plus de transitions homme vers femme, la proportion s'est totalement inversée, d'ailleurs vu que tu semble très au courant du sujet, tu as certainement les chiffres.
Alors effectivement, cette étude par exemple parle d'une hausse des transitions FTM (female to male/homme transgenre), mais pas d'inversion de la tendance non plus globalement :
Spoiler : Je spoile pour alléger : 
Les études ont systématiquement rapporté une prévalence plus élevée de MTF que de FTM. Une méta-analyse récente a trouvé un ratio d'environ 2:1. Nous avions précédemment noté une augmentation au cours des deux dernières décennies du pourcentage de FTM commençant une hormonothérapie sexuelle par rapport à MTF. Nous avons maintenant atteint le point où nous voyons au moins autant de FTM commençant une hormonothérapie sexuelle que de MTF. Les études faisant état de taux égaux ou supérieurs de FTM que de MTF sont rares et ont été considérées comme ne reflétant que des populations spécifiques. Cependant, des données émergent selon lesquelles cela pourrait ne plus être le cas.
Spoiler : Re-spoil pour alléger : 
Des rapports provenant de Nouvelle-Zélande et de Serbie ont constaté une augmentation des pourcentages de FTM recherchant une hormonothérapie. Aux États-Unis, une récente étude des régimes d'assurance maladie de Kaiser Permanente en Géorgie et en Californie a révélé que le ratio MTF/FTM a chuté de 1,7:1 à 1:1 entre 2006 et 2014. L'étude de cohorte d'Amsterdam sur la dysphorie de genre a récemment mis à jour son expérience depuis 1972. Un rapport antérieur de ce groupe citait un ratio MTF/FTM de 2,6 à 1992. Leur ratio mis à jour jusqu'en 2015 est maintenant de 1,3 et ils notent que plus de FTM que de MTF se sont présentés au cours de la dernière année rapportée (2015). Ils notent en outre que ce changement a été motivé par une augmentation du nombre de garçons transgenres adolescents. Cette augmentation récente et la prévalence des garçons transgenres ont été récemment rapportées séparément et se reflètent dans nos résultats, dans lesquels 12 des 15 adolescents commençant une thérapie sous nos soins depuis 2014 sont FTM. Une analyse de suivi menée par les enquêteurs néerlandais suggère que l’augmentation récente des orientations des adolescents reflète simplement le fait que la recherche d’aide pour la dysphorie de genre est devenue plus courante, plutôt que le fait que les adolescents soient orientés avec des intensités de dysphorie plus faibles ou davantage de difficultés psychologiques.

Il existe de nombreuses explications possibles à ces changements temporels. L'acceptation et la déstigmatisation de la communauté transgenre ont augmenté dans de nombreuses sociétés, probablement grâce à Internet et aux réseaux sociaux. La diminution des obstacles aux soins a permis à un plus grand nombre de personnes de consulter. Nous pensons que le facteur le plus important dans nos conclusions est l'évolution de l'attitude sociale envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et queer/en questionnement (LGBTQ) dans notre région. Le mariage homosexuel est devenu légal à New York en 2011, suivi en 2015 par une obligation de couverture d'assurance pour les services transgenres (y compris l'hormonothérapie).

L'augmentation du pourcentage de FTM cherchant une thérapie pourrait indiquer que la fréquence de la dysphorie de genre sévère ne diffère pas beaucoup selon le genre. Si tel est le cas, cela soulève la question de savoir pourquoi un plus grand nombre de FTM n'ont pas cherché de thérapie auparavant. Une possibilité est qu'un degré relativement plus faible de stigmatisation sociale des femmes adoptant des comportements transgenres (comparativement aux hommes) a permis une certaine atténuation de la dysphorie de genre chez les hommes transgenres. Avec la diminution des obstacles aux soins, cette différence pourrait s'atténuer, car les hommes transgenres ayant des rôles sociaux transgenres partiels recherchent une résolution plus complète de leur dysphorie.

En résumé, comme dans de nombreux autres centres, nous avons constaté une augmentation du nombre de personnes transgenres débutant une hormonothérapie. Au cours des 25 dernières années, nous avons constaté une baisse constante de l'âge de début de l'hormonothérapie chez les FTM et les MTF. Contrairement à l'opinion dominante, nous avons également constaté une augmentation significative du pourcentage de FTM par rapport aux MTF, de sorte que les taux d'incidence semblent s'équilibrer. Nous émettons l'hypothèse que l'acceptation sociale croissante de la communauté LGBTQ et la diminution des obstacles aux soins sont des facteurs importants de ces changements temporels.

L'augmentation des FTM au cours des deux dernières décennies remonte à fin 90 (l'étude ayant pris fin en 2017). Cette augmentation est donc comprise dans l'étude néerlandaise dont je parlais dans mon message [à partir de 8:38 dans la vidéo], et pourtant le taux de détransition est resté le même — et extrêmement bas.
Ce qui indique donc que ces personnes FTM étaient, pour la majorité écrasante, bel et bien trans et non des femmes cis juste garçons manqués. (Sachant que, comme dit plusieurs fois, même une détransition ne veut pas forcément dire que la personne n'est pas trans.)


Si j'ai parlé de ça, ce n'est pas pour parler de quantité, mais comme le sujet est aussi l'autisme, qu'on sait que chez les autistes les stéréotypes de genre sont moins prégnants, et qu'on sait que la société n'est souvent pas tendre avec les autistes... je m'interroge sur le bon "diagnostic".

Ce qui m'inquiète pour ces personnes, c'est que j'ai peur que certaines d'entre elles se trompent de problème : que leur mal-être ne soit pas une dysphorie de genre, mais autre chose (potentiellement l'autisme). S'il n'y a pas de transformation physique, c'est réversible (bon il y a toujours le regard de la société qui est sans doute peu tolérant). Mais s'il y en a une, c'est autre chose (notamment avec la chirurgie). D'où ma remarque, mais c'est pas anti-trans (enfin je ne pense pas), c'est juste que j'ai particulièrement de sympathie pour les jeunes filles autistes (vu que j'en fréquente plusieurs au GEM et que je vois qu'elles font face à pas mal de difficultés) et j'ai quand même un peu peur que certain(e) professionnels et certains groupes poussent à la transition certaines personnes pour lesquelles ce n'est pas la solution (pour les groupes, pas par méchanceté ou calcul, mais juste par un phénomène d'identification).
Aucune personne ni organisation n'est censée pousser à la transition. Tu dis d'ailleurs juste après :
Je sais bien que le problème inverse existe et est sans doute bien plus présent, et que pour certain·e·s c'est la croix et la bannière pour accéder à une transition (et déjà pour être écouté·e par les pros...).
En fait, l'accès à la transition est compliqué en général, certaines personnes ont simplement la chance de tomber sur de bon·nes pros, à l'écoute.

Mais je te rassure, lea pro ou l'organisme, ou le groupe social, qui "pousse à la transition", c'est un fantasme, très en vogue justement du côté du lobby anti-trans.
Ici je comprends bien que ce n'est pas ce que tu dis, tu t'intéresses uniquement au cas particulier de l'autisme, d'une erreur d'interprétation de la part de la personne autiste se "pensant" trans et qui serait écoutée par des pros (pas en mode "méchant docteur woke" mais juste en mode "on veut l'aider"), ou mise sur la mauvaise piste par des groupes, et t'en inquiètes.

Mais le truc, c'est que ça a très peu de chances de se passer comme cela. Disons que ça n'est pas impossible, mais pour 1 potentiel cas comme ça (toujours dans le cadre du TSA), il y en a une tonne d'autres où ça se passe nickel (et on ne peut jamais savoir à coup sûr quand ça ne passera pas LES RARES FOIS où ça ne passera pas).

Et donc, on doit accepter la petite part de risque, et former au maximum les pros de santé.

J'ajoute que les personnes autistes (mais tu le sais) sont entièrement capables de discernement et de se savoir trans. Ce qui dépasse d'ailleurs la seule dysphorie de genre ou l'inconfort avec son corps qui évolue (c'est avant tout une IDENTITÉ de genre). :)

C'est vraiment très important de ne pas assimiler, même malgré soi, la transidentité, mais aussi la dysphorie de genre, à une simple volonté d'échapper à notre corps qui nous gêne.
Toi et moi avons été incommodées par nos règles, par exemple, et pourtant ça ne nous est pas venu à l'esprit de transitionner. Une transition pouvant d'ailleurs n'être que sociale (un homme trans, par exemple, peut garder tous ses attributs de base et n'en rester pas moins un homme ; mais il faut que ce soit ce qu'il veut, comme pour n'importe qui d'autre).

Et je sais aussi que les anti-trans sont à fond sur ça, mais ce n'est pas parce que des gens instrumentalisent quelque chose, que cette chose n'existe pas.
Qu'elle existe potentiellement, oui... mais tout est potentiellement risqué (et d'autres trucs BEAUCOUP plus risqués ne sont pourtant pas scrutés autant que le risque de regretter sa transition) ; donc à partir de là on fait avec.
Les chiffres indiquent une prévalence bien assez énorme des transitions satisfaisantes (et même de retransitions lorsqu'il y a détransitions, dans moins d'1% des cas). Les bénéfices parfois salvateurs l'emportent largement sur le risque, minime mais présent (et loin de moi l'idée de minimiser le ressenti d'une personne détransitionnant pour de bon).
C'est comme pour la chirurgie (dans la médecine en général) : on peut la regretter, ou même mourir sur le bloc opératoire...

Sans oublier que la rhétorique transphobe, qui n'est pas la tienne mais à laquelle on peut sans le vouloir emprunter les codes, passe beaucoup par la protection des enfants.
Or, dès lors que la menace wokiste a été débunkée (et j'ai bien compris que tu n'étais pas du tout là-dedans :lol:), il ne reste plus qu'à accepter les rares aléas potentiels.
Faire preuve de trop de réticence, même en voulant "protéger", revient finalement à ne pas traiter une certaine population sur la même base d'égalité que le reste. Et pouvoir s'en rendre compte, c'est très précieux.

La notion de droit est centrale dans ce "débat" (qui n'en est pas un car on ne débat pas de l'identité d'une personne). Faire trop attention, c'est, sous un autre angle, nier une identité.
Il est rappelé sur le blog de Jean (dernier message posté par lui sur ce topic), le "droit à des soins pour permettre aux transgenres mineurs d'affirmer leur identité, notamment grâce à des bloqueurs de puberté. Cela doit concerner aussi les jeunes autistes"

Je suis d'accord avec la majorité de ta réponse, sauf sur une chose : je ne pense pas que l'identité de genre soit totalement décorrélée de la société dans laquelle on vit. Je m'étais intéressée un moment à l'anthropologie, et ça permet de se rendre compte que les catégories de genre dépendent énormément de la culture. Au point que dans certaines cultures les homosexuels hommes sont assimilés aux femmes, ou que les femmes ménopausées sont totalement considérées comme des hommes, ou que dans d'autres une femme veuve pour prendre une épouse (et dans ce cas la première est considérée aussi comme un homme)... Même si la dysphorie de genre n'est pas nouvelle (mais qu'avant elle était plus internalisée, cachée), son expression est probablement au moins en partie un reflet de la société.
Disons que le genre est basé sur des constructions sociales, dans lesquelles chaque personne se repère et se situe. Et effectivement, ça n'est pas universel, d'ailleurs j'ai mentionné la colonialité du genre dans ma précédente réponse. :)

Et si je suis très contente que la société accepte beaucoup plus l'homosexualité que quand j'étais enfant, ainsi que les identités diverses, j'ai tout de même cette inquiétude sur les filles, car vraiment je trouve qu'elle a des exigences bien plus grandes envers les filles, et une injonction à la féminité (enfin une certaine idée de la féminité) que je n'ai pas connue enfant ni jeune fille. Ce n'est pas (encore) trop le cas dans les milieux plutôt intellectuels, mais dans les établissements scolaires que j'ai fréquentés (ruraux, bourgeois, ou banlieues tranquilles de classes moyennes) je peux t'assurer que c'est bien le cas, que les filles peu féminines sont mal traitées par les camarades (voire par les parents ...). Je ne sais pas si ça a un lien ou pas avec l'augmentation des transitions, j'espère que tu as raison sur le fait que non.
Oh oui, bien sûr que les filles "peu féminines" sont mal traitées, moi-même au collège je ne m'épilais pas (rien de "peu/pas féminin" mais sociétalement c'est vu comme tel) donc j'en sais quelque chose.

Mais de ce que j'ai compris, si je me réfère à l'étude d'au-dessus, c'est que :
Ce n'est pas que plus de filles garçons manqués se sentent "forcées" de transitionner, c'est que parmi ces garçons manqués, il y a en fait des hommes trans, qui transitionnent plus souvent vu l'évolution des possibilités, mais leur proportion (et validité) n'a pas tellement changé.
Selon l'étude, "une possibilité est qu'un degré relativement plus faible de stigmatisation sociale des femmes adoptant des comportements transgenres (comparativement aux hommes) a permis une certaine atténuation de la dysphorie de genre chez les hommes transgenres", ce qui expliquerait pourquoi pendant une certain temps les FTM étaient nettement moins représentés (en plus d'une accessibilité aux soins et de possibilités plus restreintes pour les personnes trans en général), ce qui corrobore l'impression que tu avais. :bravo: "Avec la diminution des obstacles aux soins, cette différence pourrait s'atténuer, car les hommes transgenres ayant des rôles sociaux transgenres partiels recherchent une résolution plus complète de leur dysphorie."

Et bien entendu, pas question de faire le raccourci garçon manqué = homme trans, bien sûr qu'il y a des filles cisgenres qui le sont. C'est juste que ceux qui transitionnent (plus souvent qu'avant) font partie de la proportion de garçons manqués ayant toujours été trans. En termes de "groupe sociologique", je veux dire. :mrgreen:

Quant à la considération des trans par la société dans laquelle nous vivons actuellement, c'est pareil, selon l'endroit regardé la situation peut être très différente, je le sais pour avoir fréquenté et fréquenter autant des milieux plutôt intellectuels et ouverts que ruraux et pauvres, ou bourgeois traditionnels. Et je peux vous garantir que si vous allez dans certains coins, l'homosexualité est encore mal vue, alors la transidentité...
Spoiler : 
Quand j'étais prof une de mes élèves (13 ans) m'a confié être moquée par ses camarades car elle était lesbienne, et ça ne m'a pas tellement étonnée, vu que je punissais plusieurs fois dans l'année des élèves pour insultes homophobes (souvent d'ailleurs ils ne se rendaient même pas compte que ça l'était donc je les envoyais chez la CPE pour une 2ème couche d'explications...)
La pauvre... :(
La lutte contre les injustices est un combat qui n'est pas près de s'arrêter...
Diagnostiquée hyperactive (TDAH mixte), autiste et anxieuse

Avatar du membre
Flower
Intarissable
Messages : 6230
Enregistré le : mercredi 8 avril 2015 à 13:13
Localisation : Au pied des Pyrénées

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#167 Message par Flower » lundi 14 avril 2025 à 10:25

Les algorithmes perturbent en fait la perception qu'on peut avoir d'une représentation dans les médias. Déjà parce que ce qui est couvert par les algorithmes ne relève souvent pas des médias "sérieux". Sur France Info ou Le Monde, il me semble qu'on ne parle pas beaucoup des parents qui regrettent d'avoir des enfants ni des personnes qui détransitionnent, parce que ces médias s'intéressent plutôt à d'autres sujets. :wink:
Je ne vois quasi rien passer sur des personnes qui détransitionnent et peu de choses sur les personnes trans en général, alors que je vois beaucoup d'articles sur le regret de la parentalité. Sujet sur lequel je ne me suis pourtant pas spécialement renseigné et je ne suis même pas parent... :innocent:
J'ai regardé quelques documentaires sur les trans, il me semble qu'il y avait une personne qui avait détransitionné après avoir eu une période de doute sur son genre à l'adolescence et une personne qui regrettait un peu sa transition parce qu'elle considérait qu'elle n'était malgré tout pas vraiment une femme. Mais également plusieurs personnes dont la transition était une entière réussite. De toute façon, il y a toujours un biais dans ce genre de documentaires témoignages parce qu'il y a une sur-représentation de la minorité (ici qui détransitionne) parce qu'on ne va pas interroger 100 personnes. Il faut en être un peu conscient. Ce n'est pas parce que sur 5-6 témoignages, il y a 2 "regrets" que c'est représentatif.
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.

Avatar du membre
Deoxys
Prolifique
Messages : 3603
Enregistré le : jeudi 28 janvier 2021 à 9:06
Localisation : Finistère

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#168 Message par Deoxys » lundi 14 avril 2025 à 13:22

Flower a écrit : lundi 14 avril 2025 à 10:25Les algorithmes perturbent en fait la perception qu'on peut avoir d'une représentation dans les médias. Déjà parce que ce qui est couvert par les algorithmes ne relève souvent pas des médias "sérieux".
Ça peut souvent effectivement manquer de sérieux, vu qu'il y a cet effet d'"alimentation" de la personne qui consomme le contenu, qui est ciblé (ce qui peut d'ailleurs conduire à une spirale, on tombe dans un "rabbit hole", une chambre d'écho, etc.).

Cependant, une ouverture sur le monde, ici sur les personnes LGBTQIA+, peut et même doit passer par des canaux et des supports ne relevant effectivement pas de médias "sérieux" (plus amateurs, voire carrément personnels) ce qu'un algorithme comme celui d'Instagram peut faciliter (pour peu qu'on le "dompte").
Et via ce contenu, on est confronté·e à la fois à des vies venant enrichir notre vision, mais aussi à ce que ces vies subissent comme discriminations (à travers l'expérience des personnes ou leur point de vue).
Cela s'accompagne souvent d'activisme, de militantisme, de soutien (de personnes concernées entre elles mais aussi de personnes ne rencontrant pas ces difficultés) ; les infos (y compris contradictoires) sont relayées, etc.

Une telle ouverture permet aussi (mais faut avoir les nerfs bien accrochés et ne pas tomber dans le piège des interactions sans fin) de voir les réactions, sous les publications... Les patterns, dans ces réactions, qui se vérifient sans mal au fur et à mesure que l'on visionne le contenu...
L'espace commentaire est assez révélateur du rejet ambiant. Il reste à prendre avec du recul (il peut être modéré, il peut y avoir des bots, le ratio dépend grandement du public ciblé majoritaire — par l'algorithme —, il y a aussi le côté "avis négatif qu'on peut mettre plus facilement", etc.) ; par contre, il est souvent très utile pour s'exposer à des arguments parfois totalement opposés aux nôtres.

L'humour se prête aussi assez bien à ces plateformes, et il peut servir à déconstruire.


Bien sûr, des sources dites "sérieuses", reconnues, pour se renseigner sur les réalités du monde, "dézoomer" et mieux comprendre à l'échelle des populations/de pays/de la planète, sont importantes aussi (un témoignage n'est pas une preuve en soi, mais quand le sujet traite de personnes, sa compréhension — surtout son acceptation — passe forcément aussi par une ouverture à ces personnes, dont par une ouverture moins "académique/faits bruts").

Et consulter des sites, des chaînes ou autres, de l'info, même de droite ou extrême-droite, à la source, c'est bien aussi pour comprendre ce contre quoi on se bat.

Sur YouTube, l'algorithme me propose davantage de contenu "anti" (documentaires, podcasts, ...), titres et miniatures putaclic au rendez-vous.

Sur France Info ou Le Monde, il me semble qu'on ne parle pas beaucoup des parents qui regrettent d'avoir des enfants ni des personnes qui détransitionnent, parce que ces médias s'intéressent plutôt à d'autres sujets. :wink:
Je ne vois quasi rien passer sur des personnes qui détransitionnent et peu de choses sur les personnes trans en général, alors que je vois beaucoup d'articles sur le regret de la parentalité. Sujet sur lequel je ne me suis pourtant pas spécialement renseigné et je ne suis même pas parent... :innocent:
L'algorithme qui fait son truc ? :lol: Peut-être que c'est parce qu'il a vu que tu n'avais pas d'enfants, ou que tu as visionné un truc en rapport avec la parentalité, enfin je sais pas. Si tu en vois beaucoup alors oui, ton algorithme est probablement en cause.

Car j'ai regardé un peu la représentation médiatique et tu as raison, sur ces sites (mais aussi plus en général), on ne parle pas beaucoup du regret parental :
Spoiler : Je spoile pour alléger : 
Tout d'abord, cela pourrait en partie être dû au fait qu'il existe peu de recherches à ce sujet, manque de recherche qui serait lié à la désapprobation sociale et au manque de moyens pour l’évaluer (cf. l'article cité précédemment sur le regret parental).


J'ai tapé "le monde regretter d'avoir des enfants" sur Google, on trouve bien un article daté de 2022, mais pas grand chose sinon. Étonnemment, le premier résultat c'est un article de TF1, toutefois un détail est frappant : le titre est "elles aiment leurs enfants, mais regrettent d'être mères", tandis que pour Le Monde c'est "avoir fait des enfants est ma plus grosse erreur [...]" (l'amour pour l'enfant vient avant tout pour le premier article ; et elles regrettent non pas d'avoir eu des enfants, mais d'être mères, alors que pour l'autre article c'est bien d'avoir eu des enfants qui est présenté prioritiarement comme un regret et même une erreur).

En tapant "franceinfo regretter d'avoir des enfants", on tombe sur deux articles évoquant des regrets mais visiblement c'est articulé autour du post-partum et du burn out parental.
On trouve aussi une vidéo YouTube, "elles regrettent d'être mères", de Ça Commence Aujourd'hui.

Sinon, avec juste "regretter d'avoir des enfants", il y a des résultats de sites sur la parentalité, une association pour les femmes en souffrance, Courrier International, il y a BFMTV aussi (mais encore une formulation en début de titre qui ne me semble pas anodine : "elles regrettent d'avoir [non pas eu des enfants mais] été mères [...]"), etc.

Concernant la détransition, si je tape "le monde détransition" j'ai des résultats très clairement axés pro-LGBTQIA+ (les détransitions ne sont pas vraiment le sujet, elles sont plutôt mentionnées dans le cadre d'une lutte contre la désinformation). Mais il ne semble pas y avoir tant de contenu que ça. J'ai essayé avec "trans regret" et tu tombes sur un article parlant du risque de suicide, non pas en lien avec les détransitions, mais avec le stress subi par les personnes trans dans la société.

Pour France Info, le terrain est favorable aussi, et critique quant à l'offensive contre les personnes transgenres.
Il y a bien eu une publication sur la détransition, mais il est précisé : "L'idée du film n'est pas de porter un jugement (...) Mais il faut pouvoir entendre qu'il y a des questions. J'ai l'impression que tout le monde se braque ; or il faut pouvoir échanger sereinement. Ce film est avant tout un plaidoyer pour la fluidité, pour rebattre les normes de genre".

C'est clair que ce n'est pas sur ce genre de médias qu'on trouvera du contenu anti-trans polémique ! Mais il existe, j'y viens...

Si tu ne vois quasi rien passer sur ton fil Facebook concernant les détransitions, c'est finalement plutôt bon signe ! :mrgreen:


Mais si on fait la comparaison avec Fox News (réputée pour être une chaîne de droite aux USA)...

Quand je tape "fox news regret having kids"...
Spoiler : Re-spoil pour alléger : 
...je trouve des articles comme "Gwyneth Paltrow regrets not having more children", "GREG GUTFELD: I've mastered the art of being selfish but becoming a parent has taught me this", "The one fear preventing some women from having children", "'Sex and the City' author Candace Bushnell regrets not having kids, says she was 'truly alone'".
Quelques articles positifs sur le non-regret de ne pas avoir eu d'enfants (Oprah, Dolly).
Mais par contre le regret d'avoir eu des enfants, j'ai pas trouvé, c'est peut-être juste bien caché.

En revanche, pour "fox news detransition", oh boy (ce qui suit, je l'ai trouvé avant même de cliquer sur "afficher plus de résultats", et les plus vieilles publications remontent seulement à fin 2024) :
  • "Detransitioner slams trans 'pseudoscience' that doctors said would solve her mental distress: 'It's quackery'"
  • "'Let kids be kids': Army vet who detransitioned urges parents to speak up"
  • "Detransitioner says gender surgery is a 'physical treatment for problems that are psychological in nature'"
  • "DAVID MARCUS: Detransitioning is actual 'gender-affirming care,' so why won't insurance cover it?" (ne pas se laisser avoir, on est typiquement dans les propos vrais mais utilisés dans un cadre mensonger, le sous-titre est d'ailleurs "Paying to maim children with gender dysphoria but refusing to heal them is wrong")
  • "Detransitioner sues, saying she was 'fast-tracked into surgery'"
  • "Victims of 'gender industrial complex' will get justice in court, attorney for detransitioners pledges"
  • "Detransitioner Chloe Cole urges Congress to ban 'ideological plague' of sex change treatments for minors".

Fox News reste un exemple parmi d'autres, mais il est typiquement représentatif.

On pourrait juger (à juste titre) cette plateforme d'extrémiste... sauf que, cette idéologie, ça n'est ni plus ni moins que celle qui a fait élire, et qui est portée par, Trump et ses sbires. Mais c'est aussi celle dont la menace ne cesse de planer sur l'Europe...



Edit - J'ai répété l'expérience avec 2 autres sites :
Spoiler : Toujours en spoiler pour alléger le message : 
D'abord avec The Daily Wire :

Lorsque je tape "the daily wire regret having kids"... bon ben, la couleur ne pourrait pas plus clairement être annoncée.

Les premiers résultats sont des vidéos YouTube de Matt Walsh (commentateur apparaissant régulièrement sur The Daily Wire et animant le Matt Walsh Show) et Ben Shapiro (fondateur et commentateur) : "Feminist Claims That Women REGRET Having Kids", "Every Parent Who Regrets Having Children Needs To Hear This" (non, le message n'est pas ouvert du tout, les premières secondes de la vidéo sont édifiantes et la description indique entre autres "It's all a part of the ongoing attack on the family and marriage"), "Yes. You Should Have Kids. Voluntary Childlessness Is Bad".

Et alors, pratique, je n'ai même pas eu à chercher le sujet de la détransition, il y avait des articles inclus dans les résultats. :lol:
  • "I Underwent Gender Transition Surgery. Here's Why I Regret It"
  • "‘I Feel Like I Am Leaving A Cult’: Mother Regrets Transitioning Her 4-Year-Old Son"
  • "Daily Wire And TPUSA’s Powerful New Doc ‘Identity Crisis’ Now Streaming On X" (ah bah c'est sûr c'pas Musk qui s'y opposera :lol:)

Mais allez, j'ai cherché quand même "the daily wire detransition", et on trouve notamment :
  • "DETRANS: The Dangers of Gender-Affirming Care"
  • "Detransition: An Inconvenient Truth For The Left"
  • "Daily Wire: Detransitioners' Powerful Stories Showcased In IWF's 'Identity Crisis' Docuseries" (techniquement c'est l'Independant Women's Forum qui l'a relayé — la 1ère fois c'était Shapiro —, une fois de plus attention aux apparences : le nom de l'organisation est engageant mais son but totalement conservateur et anti-trans)
  • "Detransitioners Booted From American Academy of Pediatrics Conference" (encore le fameux truc qui dit comme ça semble évident [= pas bien de censurer l'info sur les détransitions]... ouais mais non, car ces charmantes personnes incluaient Chloe Cole, Abel Garcia, Soren Aldaco, et Nicolas Flowers, qui bien qu'ayant effectivement détransitionné, sont toustes des activistes anti-trans — d'ailleurs on retrouve la première dans un des articles Fox News que j'ai cités)
  • "Soren’s Story: A Detransitioner’s Harrowing Journey Back From Gender Madness" (ah tiens, ça ne vous rappelle rien ?)


Puis, le troisième site (après j'arrête je vais pas les faire tous :lol:) : New York Post.

Moins extrême de prime abord, histoire de "tempérer" un peu les exemples, mais vous allez voir, c'est très relatif et ça ne vaut vraiment que pour le regret parental.

Résultats à la recherche "new york post regret having kids" :
  • "I regret having a baby — I'd rather watch Netflix" (ai-je besoin de commenter le choix de titre ? [au cas où : le témoignage mentionne effectivement Netflix, mais ça a été reformulé et sorti de son contexte pour créer un titre racoleur])
  • "My husband talked me into having kids — now I miss my old life" (regret mais dans le cadre d'un forcing à la base donc sous-entendu le regret n'est que conditionnellement légitime)
  • "I’m a stressed mom of a 14-year-old — here’s why I don’t blame women who don’t want kids" (sauf que l'article voit encore le regret comme conditionnel, le fruit seulement d'une société inégalitaire qui en demande trop aux femmes, or si le regret peut venir de là, il peut aussi être juste le regret d'avoir eu des enfants)
  • "‘I regret having children’" (plusieurs témoignages : le 1er d'une femme qui a fait un enfant pour son mari, le 2ème sans biais a priori, le 3ème d'une femme qui s'est faite larguer alors qu'elle était enceinte, le 4ème d'une femme ayant des jumeaux et un mari militaire qui semble surtout dans une situation invivable — un vrai regret légitime pouvant bien sûr en découler mais là j'ai l'impression qu'il y a un côté "là c'est excusable/compréhensible")
  • "I’m an NYC mom of one and kids aren’t worth it — here’s what I wish I’d known before starting a family" (l'article semble jouer sur l'aspect controversé, et qualifie ses conseils de "questionable nuggets of wisdom")
Ensuite, il y en a peut-être d'autres mais j'ai scrollé un peu, sans succès (tout ce partage d'articles n'est pas forcément exhaustif).

Et enfin, pour "new york post detransition", dès les premiers résultats...:
  • "‘October 7th made me realize being trans is a luxury belief — so I’m detransitioning’" (no comment)
  • "I'm a detransitioner — Congress must stop hospitals' abuse of kids like me"
  • "Teen detransitioners: We've been vindicated by 'fad' study"
  • "Medicine shuns gender detransitioners like me — but we deserve to be heard and helped" (c'est de nouveau Chloe)
  • "Detransitioner describes agony of pregnancy after changing gender as a teen: ‘Makes me feel like a monster’"
  • "Life of Agony singer detransitioning after curing his ‘gender dysphoria’: ‘Living in my divine male self’"
  • "Detransitioner tells Congress her ‘childhood was ruined’ by gender reassignment"
  • "‘I literally lost organs:’ Why detransitioned teens regret changing genders" (encore Chloe)
  • "‘Afraid of a life I hadn’t tasted’: Why trans male is back to being a woman"
Diagnostiquée hyperactive (TDAH mixte), autiste et anxieuse

Avatar du membre
Flower
Intarissable
Messages : 6230
Enregistré le : mercredi 8 avril 2015 à 13:13
Localisation : Au pied des Pyrénées

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#169 Message par Flower » mardi 15 avril 2025 à 8:51

Ah oui, je me base bien sûr sur des ressources en français puisque nous sommes en France. :wink: Déjà que la plupart des gens ne se renseignent pas forcément beaucoup, je ne pense pas qu'ils iront lire des trucs dans une langue étrangère. :innocent: De toute façon, il s'agit là de média dont au moins certains défendent clairement des positions politiques, pas juste en réflétant une tendance, mais ouvertement. Quand je parlais de médias pas forcément sérieux, je pensais à des trucs du genre "presse féminine" plus que des médias politiques.
C'est clair que le biais pour une me*de comme Fox News est énorme, parce qu'ils ne cherchent même pas à représenter la réalité.
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.

Avatar du membre
Deoxys
Prolifique
Messages : 3603
Enregistré le : jeudi 28 janvier 2021 à 9:06
Localisation : Finistère

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#170 Message par Deoxys » mardi 15 avril 2025 à 14:56

Flower a écrit : mardi 15 avril 2025 à 8:51Ah oui, je me base bien sûr sur des ressources en français puisque nous sommes en France. :wink: Déjà que la plupart des gens ne se renseignent pas forcément beaucoup, je ne pense pas qu'ils iront lire des trucs dans une langue étrangère. :innocent:
Les gens devraient pourtant. Se renseigner déjà, mais internationalement encore plus.

Il est capital de ne pas rester dans une vision franco- ou français-centrée, pour comprendre au mieux le fonctionnement de notre monde interconnecté. D'ailleurs les médias francophones qui restent alertes sur le monde tels que Blast, Mediapart, Le Média, parlent beaucoup de ce qui se passe à l'international, et établissent des connexions avec ce qui se passe chez nous (ça permet de se rendre compte que c'est pas du tout "extérieur" à nous). Sans même parler de la place des US dans notre quotidien, dans notre façon de faire et de voir un certain nombre de choses — donc de leur place dans notre esprit également de ce point de vue-là.

Bien sûr, les contextes ne sont pas forcément transposables à 100% d'une zone géographique à l'autre (bien qu'il y ait plus de points communs que de différences), mais justement, ça permet aussi de voir les choses autrement que "françaisement". Et de comprendre qu'un danger, même si typiquement étasunien, par exemple (Trump & cie), nous concerne aussi.

De plus, côté ressources et luttes pour les groupes opprimés (oppression, effacement aussi, qui s'accompagnent donc d'un manque d'info facilement à disposition), la langue anglaise étant comprise par pas mal de personnes dont ce n'est pas la langue natale, les sites, chaînes, et autres en anglais (sous l'angle "connaissances" comme "personnel") sont de vraies "mines d'or". Que l'on tombe dessus "un peu comme ça" ou en les cherchant. Que ce soit pour l'aspect "compréhension de soi-même", ou "éducation/sensibilisation des personnes non-concernées".

Il reste également possible de se servir de la traduction automatique. Pas toujours fameuse c'est vrai, mais j'ai pu avoir de bons résultats pour les études et articles scientifiques, en particulier.


Cela dit, on a quand même de quoi faire aussi, en français ! En fiable... comme en pas fiable.

Cette petite enquête m'a permis de constater que, lorsque l'on parle de regret parental (déjà qu'on en parle pas beaucoup), celui-ci est fréquemment abordé comme conditionnellement légitime, voire il est remis en question et n'est pas pleinement reconnu comme valide ; ceci, par des médias qui, à côté de ça, vont plus parler de détransitions (alors qu'elles concernent une proportion énormément plus basse de personnes et ne veulent pas dire obligatoirement que la personne n'est pas trans ni ne retransitionnera pas par la suite), et là, "bizarrement", quand il convient vraiment de prendre le sujet avec du recul, eh ben on ne prend plus ou pas assez de recul.
Logique : reconnaître la validité (profonde) du regret parental met à mal les normes ; fantasmer la menace d'un regret et de risques démesurément présents dans la transidentité (l'énorme majorité où cela se passe bien n'étant pas représentée aussi fréquemment ni fortement), cela renforce les normes. Alors on s'accroche à ce qui nous arrange... au détriment de groupes entiers qui continuent de souffrir, d'être en souffrance plus que nous ne le serons jamais si nous "consentions" à nous faire ""violence"" en déconstruisant. Sauf que bien sûr, la vraie violence ne se trouve pas là.

Çe permet de ne pas perdre de vue à quoi rime mes comparaisons entre le regret parental et les détransitions, en termes de représentation et d'instrumentalisation médiatique.
Le regret parental, qui toucherait 5 à 14% des parents (en tout cas d'après ma précédente source), n'est qu'un exemple, mais il permet de se faire une idée de la manipulation médiatique, et de l'ancrage normatif, à l'œuvre. Et de rappeler la vulnérabilité EXTRÊME des personne trans dans nos sociétés. Et alors, trans ET autistes, ça ajoute au risque de ne pas être pris·e au sérieux.

De toute façon, il s'agit là de média dont au moins certains défendent clairement des positions politiques, pas juste en réflétant une tendance, mais ouvertement. Quand je parlais de médias pas forcément sérieux, je pensais à des trucs du genre "presse féminine" plus que des médias politiques.
C'est clair que le biais pour une me*de comme Fox News est énorme, parce qu'ils ne cherchent même pas à représenter la réalité.
On est d'accord pour Fox News. :lol:
Et bien sûr, que le biais est énorme. C'est comme pour les trucs à la Bolloré, ça nous crève les yeux que ça ne représente pas la réalité...

Pourtant, c'est le reflet d'un rejet idéologique bien présent, lequel repose sur des bases plus diffuses.
En gros il y a les mouvances franchement réacs, et puis il y a les normes sur lesquelles notre monde repose, et le manque d'informations/de connaissances sur ce qui "sort de ces normes".
Une position hostile à la diversité n'a donc pas besoin d'être réac, un simple flou suffit (flou pouvant être encore plus brouillé par le climat créé par les médiacs — contraction de média et réac :lol: — mais qui peut se suffire à lui-même pour être néfaste).

Après il n'y a pas que les "infos", il y aussi toute la partie médias "pas sérieux" dont tu parles voire complètement futiles, aussi les réseaux sociaux...
Ces derniers jouent un rôle majeur dans la désinformation (tout comme ils peuvent aussi paradoxalement jouer le rôle inverse pour peu que ce soit notre démarche).
Elon Musk (l'intérêt encore de se pencher sur ce qui se passe ailleurs que chez soi), est un bon exemple des réseaux sociaux comme moyen de désinformation et même de radicalisation. Et pas uniquement grossier : il y a aussi une part de subtilité, avec des mécanismes comme le dog whistle. (Un nom en anglais pour un concept qui nous vient d'ailleurs et qui pourtant est une notion importante à connaître... comme quoi. ;))


J'ai réiteré avec 2 exemples en français, cette fois.
Pas d'extrême-droite, simplement de droite, afin de ne pas trop biaiser le truc — et pourtant...
Spoiler : Le Figaro : 
Résultats pour "le figaro regretter d'avoir des enfants" :
  • "Ces parents qui regrettent d'avoir eu des enfants" (dans le sous-titre il est dit que "les contraintes pèsent lourd sur les parents, surtout sur ceux qui espéraient être parfaits", ça me semble donc présenté au travers du prisme de la "pression" donc du regret conditionnellement légitime)
  • «On a le droit de regretter tous ses choix sauf peut-être celui d'avoir eu un enfant» (ça dit tout de même que "tous les tabous ne doivent pas être levés", et "la psychanalyste [ :lol: ] Sophie Braun explore le mécanisme qui empêche certaines femmes de vivre la maternité avec joie")
  • "Ne pas avoir d'enfant est-il vraiment une libération ? Aziliz Le Corre analyse les 'no kids'" (l'autrice de «L’enfant est l’avenir de l’homme»...)
  • "«C'était un délire d'une génération de féministes wonder woman»: ces femmes qui regrettent de ne pas être mère"
  • "Regretter d'être mère", le débat qui secoue l'Allemagne" (ici c'est d'emblée présenté comme un débat)
  • «Je croyais que mon enfant était la clef de mon bonheur, c'était faux» (c'est biaisé, puisque l'enfant étant vu comme une solution, le risque de "douche froide" était augmenté)
On remarque qu'on trouve aussi directement des articles parlant de NE PAS avoir d'enfants (et pas d'une façon très progressiste :mrgreen:).


Pour "le figaro détransition"...
  • Ils ont changé de sexe et le regrettent : le grand tabou de la «détransition» de genre" (encore un exemple de "truc a priori vrai mais utilisé pour dépeindre une image fausse de la réalité" ; d'ailleurs le sous-titre remet une couche, "Les transitions de genre augmentent, les détransitions aussi. Derrière ce phénomène se cache un immense mal-être d’une partie de la jeunesse.", en omettant gentillement de rappeler que les détransitions augmentent proportionnellement — sauf que lea lecteurice un peu confus·e voire réac, vous croyez qu'iel va penser à cette nuance, sachant que celle-ci nécessite de FAIRE DES RECHERCHES annexes ET FIABLES ?)
  • «Je regrette depuis des années d'avoir fait la transition femme en homme, j'en suis malheureux de ne plus vivre en femme.» (alors cet article il est suggéré au moins × 3 dans les résultats donc techniquement il compte pour plus d'1)
  • «J’ai détruit mon corps en pensant que ça irait mieux»: le regret de Mila, redevenue femme après un changement de sexe"
  • "La détresse de ces jeunes qui regrettent d’avoir voulu changer de sexe"
  • "Le parcours de «désisteuse» d’Hélène, qui a vécu comme un garçon à l’adolescence" (elle est autiste d'ailleurs)
Spoiler : Le Point (ça parle transidentité et autisme en toute fin de liste) : 
En tapant "le point.fr regretter d'avoir des enfants" [j'ai dû rajouter ".fr" car sinon les résultats me semblaient noyés dans le reste]...
  • « J'aurais été plus heureuse si je n'avais pas eu d'enfants » (de ce que je vois dans la partie accessible gratuitement, ça semble être plutôt progressiste)
  • "Fabuleuses au foyer - Peut-on regretter d'être mère ?" (bon ben ça n'aura pas duré longtemps : dans l'article, on peut lire que « Dire que l'on regrette d'être mère est choquant, mais reflète le mal-être des mamans à cause de la pression qu'elles subissent au quotidien », et peut-être plus parlant encore, "D'où vient le regret d'être mère ? Liberté perdue, disparition du style de vie antérieure, impression de ne plus exister, de ne plus s'appartenir à soi-même ? Certainement. Mais le regret d'être mère a une cause plus profonde : une maternité si exigeante qu'elle en est devenue dissuasive. Plus qu'une aspiration à la liberté que certains qualifient de caprice, le regret d'être mère, c'est l'aigreur de découvrir, après coup, que l'on n'était pas faite pour avoir des enfants… Ou plutôt le contrecoup de l'intenable pression exercée sur les femmes qui deviennent mères, d'autant plus lorsque la conception de la maternité est celle d'un sacrifice total de soi" ; alors évidemment que le regret peut venir de là, mais on croirait que ça leur écorcherait les doigts que d'écrire que la parentalité ça n'est pas pour tout le monde, c'est tout, c'est pas forcément une histoire de pression (sous-entendu "sans cette pression ça conviendrait à tout le monde") ; parfois on y est presque, et puis nope nope nope on se refugie derrière une version permettant de ne pas trop déconstruire. :lol:)
  • ""Regretter d'être mère", le débat qui bouscule l'Allemagne" (ça ne vous rappelle pas Le Figaro ?)
  • « J’ai tiré un trait dessus » : une mère sur trois estime avoir moins d’enfants que désiré" (ça ne vous rappelle pas Fox News ? :lol:)
  • "Pourquoi le mouvement « No kids » fait-il couler autant d'encre ?"
  • "Pierre Arditi regrette de ne pas avoir eu d'enfant avec Évelyne Bouix"
  • "Ne pas vouloir d'enfant, acte responsable ou égoïste ?"
Bref, pas mal de résultats "à côté" et un traitement du sujet lorsqu'il est traité, qui en disent long sur leur perception...


Et pour "le point détransition"...
  • "« Transactivisme » : ces censeurs qui infiltrent l’Université" ("Des médecins, enseignants et intellectuels dénoncent une propagande de l’idéologie « trans » au sein du monde académique, sans contrôle, et au détriment de la liberté d’expression", yikes)
  • "EXCLUSIF. Les sénateurs LR veulent interdire le changement de genre des mineurs" ("« Le Point » s’est procuré un rapport remis au Sénat. En s’opposant à la transition avant la majorité, les élus veulent prévenir un « scandale éthique »")
J'ai tenté avec ".fr", et... là, même pas eu besoin d'afficher plus de résultats :
  • "Transgenre et perception : un débat sur l'identité et la réalité biologique" (on peut lire dès le début " "L’idéologie transgenre s’impose dans le débat public, mais à quel prix ? Entre droit, perception et pragmatisme, un retour au bon sens semble nécessaire." :sick:)
  • "Transition de genre : ce qu’en dit la science" (comme d'hab', on joue la carte des enfants se faisant "groom" mais on fait passer ça pour de la prudence et de la protection de bonne foi "En l’état actuel des connaissances, la transition de genre semble bénéfique chez les adultes dysphoriques. Concernant les enfants, la prudence est de mise.")
  • "Mineurs « trans » : un manifeste pour alerter la Haute Autorité de santé"
  • "Transgenres : questions d'identité" (alors là le foutage de gueule dès le début : "C'est le phénomène de société dont tout le monde parle sans vraiment en connaître les tenants et les aboutissant" :lol:)
  • Transgenre : « Changer de sexe chez l’être humain est impossible » (non mais allons-y, tant qu'à faire ! :lol: :lol: )
  • "Transgenres : l'identité en question" (Le Point : le retour du foutage de gueule : "La transidentité est un phénomène de société dont on parle beaucoup sans que sa réalité soit bien connue de tous")
  • "Transidentité chez les mineurs autistes : pas si vite !" (personnellement je ne trouverais pas normal qu'on me prenne moins au sérieux sur mon identité parce que je suis autiste, d'ailleurs on ne le fait pas avec les autistes cisgenres c'est marrant ça ; et vu la teneur d'autres publications de ce média, on peut légitimement se demander si l'autisme n'est pas juste une exucse facile pour dépeindre, dès que l'occasion se présente, un processus de "grooming" fantasmé)
Diagnostiquée hyperactive (TDAH mixte), autiste et anxieuse

Hydrean
Prolifique
Messages : 1022
Enregistré le : jeudi 15 février 2024 à 15:42

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#171 Message par Hydrean » mardi 15 avril 2025 à 16:02

Pour les traductions il y a deepl et mêmes les IA qui donnent un résultat pas trop mauvais.
Il y a même opéra qui peut traduite la partie du texte que tu sélectionnes
TSA confirmé .
Je suis un rat de bibliothèque aussi bien dans le monde physique que sur internet.

Avatar du membre
Flower
Intarissable
Messages : 6230
Enregistré le : mercredi 8 avril 2015 à 13:13
Localisation : Au pied des Pyrénées

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#172 Message par Flower » mercredi 16 avril 2025 à 10:30

De toute façon je voulais juste signaler que le regret de la parentalité est un sujet dont les médias parlent, sans avoir l'intention aller dans le détail du pourquoi et comment. :innocent:
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.

Avatar du membre
Deoxys
Prolifique
Messages : 3603
Enregistré le : jeudi 28 janvier 2021 à 9:06
Localisation : Finistère

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#173 Message par Deoxys » mercredi 16 avril 2025 à 11:46

Flower a écrit : mercredi 16 avril 2025 à 10:30 De toute façon je voulais juste signaler que le regret de la parentalité est un sujet dont les médias parlent, sans avoir l'intention aller dans le détail du pourquoi et comment. :innocent:
Ce que j'avais déjà dit moi-même dès le départ (mais creuser fut très enrichissant, donc ton intervention n'a pas servi à rien, au contraire) :
Deoxys a écrit : dimanche 13 avril 2025 à 20:32
Flower a écrit : dimanche 13 avril 2025 à 16:48 @Deoxys: En fait si, on parle des parents qui regrettent d'avoir eu des enfants, ou en tout cas l'algorithme de Facebook me balance régulièrement des articles sur ce sujet. :wink:
Oui on en parle quand même, d'ailleurs j'ai bien dit (en gras les parties qui indiquent que si, on en parle) :
  • "Soit, pour le plus bas pourcentage, déjà 5 fois plus que la moyenne de détransitions* (comprenant une part importante de REtransitions ensuite et 85% de personnes détransitionnant pour des raisons EXTERNES telles que la pression sociale). Et pourtant, les médias n'en parlent même pas au moins autant que les détransitions (voire presque pas du tout en fait), malgré la fameuse irreversibilité si souvent avancée, y compris médicale parfois, et le fait que là ça touche d'autres personnes en plus : leurs enfants."
  • "donc, là, le traitement de cette problématique n'est pas aussi engagé, si tant est que l'on daigne reconnaître son existence pour commencer"
  • "Quand on sait que des problématiques bien plus répandues (cf. le regret d'avoir eu des enfants) ne sont que peu voire pas couvertes médiatiquement, en comparaison..."

La dernière partie me semble la plus importante :
Spoiler : La suite : 
là où la détransition (touchant un pourcentage très mince d'une toute petite minorité) défraye la chronique et rejoint les lacunes dans le traitement des personnes transgenres par leur entourage, les gens qu'iels rencontrent, et la société de façon plus générale, le regret parental (dont l'ampleur est beaucoup plus grande) se fait nettement plus discret ; quand bien même on en parle effectivement.
Et lorsqu'il est évoqué, il l'est beaucoup plus à des fins informatives, déconstructives (ou éventuellement sensationnalistes, pour créer le scandale ; la norme étant justement à la parentalité qui "coule de source").

La notion de "comparaison" est essentielle, d'une part en ce qui concerne l'étendue de la couverture médiatique ou sociétale, mais aussi d'autre part, en ce qui concerne l'instrumentalisation.
Et j'ai probablement négligé cet aspect dans mon précédent message.

Le sujet de la détransition (ou plutôt "des détransitions" car le processus ne saurait être réduit à un déroulement unique) sert comme un des nombreux outils rhétoriques de la croisade médiatique et politique qui sévit actuellement.
Le sujet est instrumentalisé, dans le but de renforcer une vision rejetant la diversité, en jouant la carte de "c'est pas nous qui le disons, c'est une personne qui en a fait partie (donc c'est forcément vrai) !", comptant sur la tendance qu'a le public à généraliser. Détransitions ne rimant pas avec transphobie fondamentalement, ces témoignages sont d'ailleurs importants comme dit précédemment ; mais c'est souvent exploité dans le cadre d'un agenda transphobe (certaines personnes ayant détransitionné peuvent le devenir, puis se faire courtiser par des antennes relayant toutes sortes de conneries).
En d'autres termes : parler de détransitions, à l'heure actuelle, c'est souvent, hélas, invalider les transitions en premier lieu, faire dans le sensationnalisme antiwoke.
Et c'est d'autant plus dégueulasse qu'en plus de ne concerner qu'une toute petite partie d'une déjà toute petite partie de la population (et de ne même pas être définitif dans bien des cas), le sujet est devenu un peu une "marque de fabrique" conservatrice voire carrément complotiste, alors même qu'il n'a rien d'invalidant de base et qu'il est même crucial que des gens puissent en discuter ouvertement et objectivement.
Sachant que ces discours peuvent ne pas être gobés de A à Z, ils peuvent aussi brouiller les pistes et maintenir certaines personnes non pas dans une transphobie franche, mais dans une certaine désinformation, une certaine méfiance ; ça relève de normes diffuses plus générales encore, passant aussi par la banalisation, par le manque de recul, le renforcement social, les privilèges et oppressions en place, etc. Et après c'est à quelles sources retiendront l'attention des personnes ayant "le cul entre deux chaises" : celles présentant des faits (allant dans le sens de la diversité), ou bien celles qui ne visent rien d'autre que le renforcement de notre vision et monde normés (allant dans le sens du confort personnel mais aussi sociétal et privilégié).

Le sujet du regret d'avoir eu des enfants... bon, ai-je vraiment besoin d'expliquer que quand on en parle, ce n'est pas pour invalider le désir de parentalité/la vie parentale*, ni pour faire dans le sensationnalisme antiwoke ? :mrgreen: Et, si sensationnalisme il y a, celui-ci vient invalider le regret parental, pour justement renforcer une idée normée de ce que devrait être la parentalité ; dans cette logique, ce qui est perçu comme une menace à l'ordre établi est forcément invalide, ou à la limite c'est une exception, tandis que ce qui est perçu comme donnant du poids à l'ordre établi (personnes détransitionnant instrumentalisées comme preuves vivantes de l'emprise du "lobby trans" sur la pauvre population victime) est brandi, crié, déformé, instrumentalisé sans retenue.
Cette idéologie entretenant plutôt une vision essentialisante de la famille et rejetant ce qui "la mettrait en péril" (comme le féminisme, l'avortement, le fait d'être childfree, d'être une famille homo ou monoparentale, ou... d'admettre qu'on peut regretter d'avoir des enfants, et qu'en plus c'est loin d'être si rare que ça, et qu'en plus ça ne fait même pas de ces parents de mauvaises personnes ou encore [côté femmes] des "femmes qui doivent avoir un problème avec leur féminité profonde parce que l'instinct maternel normalement, enfin :naugty:", non mais où va l'monde j'vous l'demande ?!). :lol:
Sachant que comme abordé plus haut, la normativité ne se limite pas qu'aux pensées très réactionnaires. Les attentes liées à la parentalité, à la sexualité, ou encore par extension — bien que ce ne soit pas indispensable — au couple, faisant partie intégrante de nos sociétés.


Ah, j'oubliais : l'algorithme... nuance que tu fais bien de mentionner, car ça peut biaiser le résultat.

Moi de mon côté, mon fil Instagram est rempli de contenu qui, quand je compare avec ce à quoi je suis confrontée en dehors, n'en est majoritairement pas représentatif justement. ;)



*Au cas où : déconstruire l'injonction à la parentalité ≠ invalider la parentalité. On peut donc tout à fait suggérer que ce ne soit pas pour tout le monde (en se basant sur des observations réelles), encore qu'on ne peut pas le suggérer pour et à la place de personnes précises (plutôt s'interroger de façon générale afin de contribuer à une réflexion collective). Mais donc, ne pourrait-on pas se dire "alors on devrait pouvoir faire la même chose avec la transidentité !" (pas uniquement soutenir les personnes ayant détransitionné, mais faire de la sensibilisation afin que les gens ne "se fassent pas influencer" alors que ce n'est en fait pas pour elleux) ? Ouais... si ça avait reposé sur une réelle influence extérieure (ce qui n'est pas le cas), et si ça avait été le modèle dominant, normatif, à déconstruire (qui lui pour le coup peut influencer). Or les questions de genre, au-delà de la transidentité (pour tout le monde), s'inscrivent dans un modèle étendu, dans une réalité déjà existante mais pas encore acceptée, nécessitant déconstruction, une réalité tellement plus riche que ce dont ont pu nous abreuver les normes passées et actuelles — bien que celles-ci ne soient pas généralisables à toutes les cultures et qu'il ne faille pas négliger la colonialité du genre). C'est le cisgenrisme qu'il faut présenter comme ne convenant pas à tout le monde, tout comme la parentalité ne convient pas à tout le monde ; ce qui ne revient pas à les invalider, ni à "influencer" qui que ce soit, simplement à élargir le modèle afin d'y faire rentrer les possibilités déjà existantes, simplement pas encore admises. Prendre le problème dans le sens de la mise en doute des minorités (même si cela reste de la simple prudence et pas un rejet total), c'est se tromper fondamentalement : élargir le modèle admis ne fait rien perdre à personne, refuser de l'élargir ou en limiter l'élargissement, si. J'ajoute qu'on ne peut pas appliquer la même grille d'évaluation de manière égale, à deux choses s'il y a de toute évidence inégalité entre les deux (une considérée d'emblée comme valide, l'autre pas ; une pas sujette à la stigmatisation — au "pire" à la déconstruction et à la reconnaissance qu'elle n'est pas souhaitable pour l'intégralité de la population —, l'autre si ; une qui peut réellement influencer, bien que toute décision prise dans son sens ne soit PAS le signe d'une influence — par exemple on peut fonder une famille sans que ce ne soit influencé —, l'autre non — en fait elle va directement à l'encontre des diktats).
[Auto-citations prises d'ici.]



*"Sachant aussi que pour la détransition, ça n'est pas 1% de la population générale, mais 1% DES PERSONNES TRANS, très minoritaires ; alors que pour les regrets parentaux, ce sont 5 à 14% de parents interrogé·es, soit des chiffres énormément plus élevés car il y a énormément plus de personnes parents que de personnes transgenres..."
Diagnostiquée hyperactive (TDAH mixte), autiste et anxieuse

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 22952
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère
Contact :

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#174 Message par Jean » lundi 21 juillet 2025 à 14:59

Je vais publier plusieurs articles suite aux recommandations de la HAS sur le sujet.

Elle a exclu de ses recommandations les mineurs de 16 à 18 ans, alors que la lettre de cadrage l'avait décidé. Manifestation des campagnes transphobes, auxquelles la HAS a cédé manifestement pour l'instant.
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 22952
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère
Contact :

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#175 Message par Jean » lundi 21 juillet 2025 à 15:02

lemonde.fr
Transition de genre : la Haute Autorité de santé recommande la prise en charge de « toute demande de soins », « sans jugement ou idée préconçue »
Mattea Battaglia, Solène Cordier

Hormonothérapie, interventions chirurgicales, accompagnement psychologique… Le document entre dans le détail des bonnes pratiques à diffuser auprès de tous les professionnels de santé, mais en exclut pour l’heure les mineurs.


C’est une question médicale dont l’écho va bien au-delà des cercles de santé : la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu publiques, vendredi 18 juillet, 152 recommandations sur la prise en charge des personnes en transition de genre. Les premières sur le sujet pour cette instance dont les avis et les recommandations donnent le cadre officiel des politiques de santé.

Hormonothérapie, interventions chirurgicales, accompagnement psychologique… Le document entre dans le détail des bonnes pratiques à diffuser auprès de tous les professionnels de santé. L’objectif étant de lutter contre les inégalités territoriales de prise en charge, sources de discriminations, d’automédication et, possiblement, de renoncement aux soins. Avec, comme fil rouge, l’idée que « l’accès aux soins de transition ne constitue pas un “confort” mais un enjeu vital en matière de bien-être, d’image de soi, de vie personnelle, de santé globale et aussi de vie sociale ».

Inscrite en préambule, la phrase a aussi été énoncée devant la presse, vendredi, par Claire Compagnon, présidente de la commission recommandations, parcours, pertinence et indicateurs au sein de la HAS. A ses côtés, le président de l’instance, Lionel Collet, a insisté sur un « sujet infiniment sociétal qui a entraîné des réactions au-delà » de ce que la HAS est habituée à connaître.

Changement de braquet


La saisine, faite par l’ancien ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran (2020-2022), remonte à 2021. Entre-temps, le sujet s’est imposé dans le débat public, agité comme un chiffon rouge par la droite et l’extrême droite, qui ont concentré leur argumentaire sur les enfants transgenres. C’est aussi le combat mené par des collectifs comme l’Observatoire de la petite sirène, réunissant des universitaires et des praticiens, qui alerte sur « les dangers de la médicalisation précoce » chez les mineurs.

La dénonciation d’une « épidémie de transidentité » parmi les jeunes, l’idée de « contagion sociale » et de « scandale sanitaire » ont notamment été brandies lors de l’examen, au Sénat, d’une proposition de loi issue du parti Les Républicains visant à interdire les traitements hormonaux et les bloqueurs de puberté pour les mineurs. Le texte a été adopté en première lecture, le 28 mai 2024. Ses promoteurs n’ont cessé de rappeler que des pays pionniers dans la reconnaissance de la dysphorie de genre (la souffrance liée à l’inadéquation entre le sexe de naissance et le genre ressenti) et l’accompagnement médical des jeunes patients, comme le Royaume-Uni ou la Suède, ont remis en cause leurs propres pratiques.

Est-ce pour éviter une instrumentalisation que la HAS a finalement évacué la question sensible de la prise en charge des mineurs ? Alors que les 16 ans et plus faisaient partie de la saisine initiale, l’instance a renvoyé le sujet à un autre groupe de travail, qui se pencherait sur l’ensemble des mineurs à compter de janvier 2026. Avec deux arguments : « l’absence de consensus » et de « données suffisamment robustes ».

Ce changement de braquet suscite de vives réactions. Celle, satisfaite, de Céline Masson, codirectrice de l’Observatoire de la petite sirène, qui « se réjouit du choix de la prudence » opéré par la HAS. Mais aussi celles, nombreuses, y compris parmi les membres du groupe de travail, qui déplorent ce report à l’issue de plusieurs années de travail.

« Tout le monde ressent une déception aujourd’hui parce que ce qui crée la polémique dans le débat public, ce sont bien les mineurs », souligne le docteur Jean Chambry, pédopsychiatre et chef de pôle du Centre intersectoriel d’accueil pour adolescent, à Paris. Les recommandations pour les mineurs, extraites du rapport final, étaient pourtant rédigées. Ce spécialiste, à la tête d’une des 18 consultations spécialisées pour les jeunes, salue cependant l’avancée que représente la publication des recommandations pour les adultes. « Elles permettent d’affirmer, conformément aux recommandations internationales, que la transidentité n’est pas une maladie psychiatrique et qu’il faut dépathologiser le suivi. » En 2018, l’Organisation mondiale de la santé a retiré la transidentité de sa liste des maladies mentales et classé l’incongruence de genre parmi les affections liées à la santé sexuelle.
Rôle important du médecin généraliste

Les statistiques manquent pour évaluer le nombre de personnes en attente de soins. L’Assurance-maladie a comptabilisé, en 2023, un peu plus de 22 000 personnes suivies en affection de longue durée (ALD) au titre d’un diagnostic de transidentité ou de dysphorie de genre. Elles étaient près de 9 000 en 2020, dont 70 % entre 18 et 35 ans.

C’est donc sur ces personnes majeures que la HAS concentre ses recommandations. Aux médecins, généralistes et spécialistes, à qui elle s’adresse, elle rappelle qu’ils doivent accueillir « toute demande de soins », « sans jugement ou idée préconçue ». « La reconnaissance pleine et entière du genre exprimé est une condition majeure pour assurer la qualité de l’accompagnement », souligne-t-elle, en rappelant, par ailleurs, l’interdiction légale des thérapies de conversion.

La prise en charge doit être « globale et pluriprofessionnelle », avec un rôle important dévolu au médecin généraliste qui, le plus souvent, accueille la demande et peut prescrire les traitements appropriés s’il est formé. En cas de situation complexe, le recours à une réunion de concertation pluridisciplinaire est préconisé. Dans ce cadre, l’expertise des associations communautaires, qui ont participé au groupe de travail, est valorisée.

Compte tenu des vulnérabilités spécifiques de ces patients, la détection des situations de violences et des « déterminants sociaux et économiques » est identifiée comme centrale. En revanche, l’identité de genre ne doit pas faire l’objet d’une évaluation psychiatrique spécifique, insiste la HAS. Afin d’éviter « toute attente irréaliste », l’instance recommande « d’informer la personne sur les résultats potentiels et les limites des différents traitements ». Le consentement libre et éclairé doit être systématiquement recherché pour toutes les personnes. A cette fin, un délai de réflexion « raisonnable et proportionné » est évoqué, en particulier lorsque les soins sont irréversibles.

« Etape symbolique importante »


La HAS mentionne l’importance d’informer le patient sur les effets des traitements sur la fertilité et des options dont il dispose pour préserver ses gamètes. Elle n’élude pas, enfin, la question sensible des « détransitions », quand bien même « très peu de données » existent sur ce sujet, en recommandant d’accompagner ces patients « selon les mêmes modalités » que les demandes de transition.

S’il n’existe pas de « parcours type », la HAS dresse ainsi les contours de la prise en charge, qui vont de l’accès à un traitement hormonal féminisant ou masculinisant à des chirurgies d’affirmation de genre (féminisation du visage, masculinisation du torse, chirurgies génitales, etc.), « en prenant en compte que ce parcours de soins ne se superpose que partiellement avec le parcours de transition ». Façon de rappeler que la transition de genre peut être médicale, mais également sociale et administrative.

« Cela va dans le sens d’une ouverture, défend Julie Gilles de La Londe, médecin généraliste et membre du groupe de travail. On repositionne ainsi le parcours de soins des personnes trans dans la médecine de premier recours, en le faisant sortir du circuit hospitalier jusqu’ici privilégié. » Pour cette médecin, « ramener cette prise en charge vers du soin courant est une étape symbolique importante ».

Un « pas en avant » également salué par Yohan Saynac, vice-président du syndicat MG France, majoritaire parmi les généralistes, qui, tout en reconnaissant un besoin de formation chez les généralistes en première ligne, n’en fait pas un frein au déploiement de ces recommandations. Ces dernières doivent encore être endossées par le groupe de travail : ses membres ont jusqu’au 22 août pour se positionner.

Mattea Battaglia et Solène Cordier
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 22952
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère
Contact :

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#176 Message par Jean » lundi 21 juillet 2025 à 15:04

lemonde.fr
Transidentité : le travail sous pression de la Haute Autorité de santé pour élaborer ses recommandations
Lilas Pepy

Durant ses trois années de travail autour de recommandations sur la prise en charge des personnes trans, la question des mineurs de 16 à 18 ans a cristallisé les tensions. Cette population a finalement été exclue du texte final.

Mais où sont passés les mineurs ? Vendredi 18 juillet, la Haute Autorité de santé (HAS) a dévoilé le contenu des recommandations de bonnes pratiques concernant le parcours de transition des adultes transgenres. Stupeur dans le groupe de travail : certains d’entre eux n’avaient pas été prévenus avant du retrait de la partie concernant les mineurs âgés de 16 à 18 ans. « On ne peut pas retravailler un texte à la dernière minute sans nous le faire relire. Ce n’est pas une façon de faire », lâche Nicolas Morel-Journel, chirurgien urologue aux Hospices civiles de Lyon et coprésident du groupe de travail. Un ultime rebondissement à l’image des trois ans de travail sur le sujet, qui se sont déroulés dans une ambiance inédite de pression médiatique et de bras de fer juridique entre la HAS et des associations anti-trans.

Dès 2022, la composition du groupe de travail qui doit passer en revue la littérature scientifique pour rédiger une première version des recommandations crée des remous. La HAS a demandé aux sociétés savantes et aux associations d’usagers de proposer des noms, qui seraient étudiés par le déontologue pour vérifier l’absence de conflit d’intérêts.

A plusieurs reprises avant les travaux, des professionnels du soin interpellent Pierre Gabach, alors chef du service des bonnes pratiques à la HAS, pour l’avertir que des associations qualifiées d’« anti-trans », ou adoptant des positions transphobes essaieraient de participer. « L’Observatoire la petite sirène défend les thérapies de conversion, qui sont interdites par la loi. Ils ne peuvent pas faire partie des groupes de travail », lui rappelle notamment une médecin généraliste. Médecins et associations alertent aussi sur le collectif Ypomoni, qui réunit des parents d’enfants en questionnement de genre et défend l’interdiction de faire une transition avant 25 ans.

Mais le responsable de la HAS l’assure, « le Conseil d’Etat cassera les recommandations si l’association ne participe pas aux travaux », selon un document que s’est procuré Le Monde, et ce, au nom de la pluralité « des courants de pensée ». « On ne cherche pas des opinions pour écrire des recommandations scientifiques, mais des gens qui ont une expérience clinique et pratique », lui répond Nicolas Morel-Journel.

Craignant toujours le contentieux sur « la méthode, mais pas sur le fond », Pierre Gabach préfère être « très prudent » et maintenir la participation de l’association. Il précise, au cours d’une réunion, avoir mis les personnes les plus « virulentes » dans le groupe de lecture – les experts qui relisent le document de travail – « pour qu’elles ne disent pas qu’elles n’ont pas pu s’exprimer ».
« Je ne me sens pas du tout en sécurité »

En septembre 2022, nouvelle incompréhension au moment de la publication de la lettre de cadrage : les recommandations porteront sur les mineurs de plus de 16 ans et les majeurs, à rebours de la lettre de saisine du ministre de la santé de l’époque, Olivier Véran, qui suggérait deux recommandations distinctes, une sur les mineurs et une sur les majeurs. « C’est là que nous aurions dû nous opposer, regrette aujourd’hui le docteur Nicolas Morel-Journel. Nous étions unanimes pour dire que cet âge n’avait rien de pertinent du point de vue physiologique, du développement, des aspects psychologiques et juridiques. » Le groupe propose d’élargir à l’ensemble des mineurs ayant atteint un certain stade de développement pubertaire en dessous duquel il n’est pas recommandé d’entamer une transition médicale. La HAS leur répond qu’elle ne peut pas modifier la lettre de cadrage.

En juin 2023, séisme au sein du groupe de travail, comme dans les couloirs de la HAS après qu’un article du journal Le Figaro dévoile des noms d’experts, normalement tenus secrets pour le bon déroulé des travaux. « Je ne me sens pas du tout en sécurité, confie à l’époque une médecin du groupe de travail. Je signe un accord de confidentialité et en échange je retrouve mon identité et mon activité dans un journal. »

L’article reproche à la HAS d’agir « sous la pression de militants transactivistes ». « La présence d’association d’usagers découlant du principe de démocratie sanitaire est au cœur des pratiques de la HAS depuis plusieurs années, peu importent les recommandations », explique Claire Compagnon, membre du collège de la HAS et présidente de la commission recommandations, pertinence, parcours et indicateurs (CRPPI). « Actuellement, l’accompagnement des personnes trans sur le terrain est quasiment autant fait par les médecins que par les associations », complète Nicolas Morel-Journel.

En coulisse, Lionel Collet, le président de la HAS « rappelle son soutien très clair au groupe de travail ». En parallèle, l’institution indépendante dépose plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui ou atteinte à l’intégrité physique par diffusion d’information.

Mais les impacts de cette fuite sont concrets : une professionnelle de santé se met en retrait définitif du groupe. Peu de temps après, la membre du collectif Ypomoni Laurence Kouznetsov se retire du groupe de travail avant d’être remplacée.

Point de bascule

Décembre 2024, nouvelle fuite dans Le Figaro : un article dévoile le projet de recommandations en phase de relecture, notamment pour les mineurs à partir de 16 ans. Cette fois-ci, la HAS exige un droit de réponse, qu’elle obtiendra.

En parallèle, l’association Juristes pour l’enfance – dont la porte-parole, Aude Mirkovic, est une figure de La Manif pour tous – saisit le tribunal administratif de Montreuil pour demander la publication des noms des membres des experts de la HAS. Ce qu’elle obtient. La HAS saisit le Conseil d’Etat d’un pourvoi en cassation. Ce dernier accorde à l’autorité de santé « un sursis à exécution du jugement pour protéger les experts sollicités dans le cadre de ce travail ».

Alors que la version provisoire des recommandations a été amendée à la suite du comité de relecture, les coprésidents du groupe de travail sont auditionnés le 24 juin 2025 par la CRPPI. Le constat de deux des trois rapporteurs (un médecin généraliste, une psychiatre et une représentante des usagers du système de soins) après l’examen du texte est particulièrement sévère. « On cherche la place de la démarche médicale dans tout le texte et on ne la trouve pas », estime l’un d’eux.

Dans un e-mail envoyé aux membres du groupe de travail par un de ses coprésidents résumant l’audition, et que Le Monde a pu consulter, on peut lire : « Les recommandations [des 16 ans à 18 ans] ont été qualifiées d’indigentes à ce sujet. Il a été souhaité de ne recommander aucune chirurgie, et pour certaines personnes de la commission aucun soin médical avant 18 ans (…) Quoi qu’il en soit il y a un blocage sur cet âge de 16 ans et c’est pour le moins ironique, puisque nous avions été en tant qu’experts unanimes sur la non-faisabilité de ce découpage choisi par la HAS dès le premier jour de travail. » C’est le point de bascule : la HAS acte que les mineurs âgés de 16 à 18 ans seront exclus des recommandations.
« Il y avait bien un consensus »

Le climat est tellement tendu que la HAS, contrairement à ses pratiques, n’envoie pas la version amendée à l’ensemble du groupe de travail. Seuls les deux coprésidents sont invités à la HAS pour relire. « Il y a eu trop de fuites », avance aujourd’hui Claire Compagnon.

Pour justifier le retrait des 16-18 ans du champ d’application des recommandations, elle assure qu’il n’y a « pas de consensus, y compris dans le groupe de travail ». Les experts contactés par Le Monde – dont trois médecins – ne comprennent pas cet argument : « Il y avait bien un consensus, que nous avons longuement pris le temps de débattre et de formuler », avance ainsi Jean Chambry, président de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et membre du groupe de travail.

Le reproche sur le fait que les recommandations sont formulées uniquement à partir d’avis d’experts plutôt que sur des preuves ou présomptions scientifiques est balayé par le coprésident du groupe de travail. « Si l’avis d’expert ne suffit plus, on arrête de soigner, s’emporte Nicolas Morel-Journel, qui qualifie cet argument d’hypocrite. La médecine se pratique très souvent sur des avis d’experts, cela n’a rien de rare. »

« Par ailleurs, il n’existera jamais de preuves scientifiques de haut niveau pour certaines pratiques, car cela impliquerait des essais cliniques qui ne seraient pas éthiques en privant des patients d’un traitement que l’on sait déjà en partie efficace », complète Laetitia Martinerie, professeure d’endocrinologie pédiatrique à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) et membre du groupe de travail.

L’association Juristes pour l’enfance a salué, dans un communiqué de presse, « une victoire » concernant l’abandon des recommandations pour les jeunes de 16 à 18 ans. « Faute de recommandations spécifiques pour les personnes mineures, les pratiques actuelles doivent perdurer dans une approche non psychiatrisante. Les mineurs continuent d’être pris en charge selon les recommandations des sociétés savantes françaises, européennes et internationales », rappelle, de son côté, Anaïs Perrin-Prévelle, directrice de l’association OUTrans.

Alors que la HAS a annoncé au cours de sa conférence de presse le lancement de la lettre de cadrage pour des recommandations destinées aux mineures, sur laquelle elle planchera à partir de janvier 2026, des professionnels et les associations s’interrogent déjà : de quelles données plus probantes la HAS espère-t-elle disposer pour les rédiger ?

Lilas Pepy
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 22952
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère
Contact :

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#177 Message par Jean » lundi 21 juillet 2025 à 15:08

mediapart.fr
La Haute Autorité de santé se prononce sur la transition de genre, mais exclut les mineurs
Caroline Coq-Chodorge
Ce sont les premières recommandations de l’autorité de santé sur la prise en charge des transitions de genre. L’autodétermination des personnes est affirmée, mais seulement pour les adultes. La partie concernant les 16-18 ans a été censurée à la dernière minute.

Il y a quatre ans, le ministre de la santé Olivier Véran saisissait la Haute Autorité de santé (HAS) afin qu’elle publie des recommandations de bonnes pratiques sur la prise en charge de la transition de genre. Au bout d’un temps anormalement long, elles viennent d’être rendues, vendredi 18 juillet 2025.

Le président de la HAS, Lionel Collet, n’a pas caché que ce travail d’analyse des données de la science pour déterminer les bonnes pratiques s’est déroulé dans un « climat unique » : « Il y a eu des pressions extérieures, des fuites [de la liste des expert·es et des documents de travail – ndlr], et des procédures judiciaires pour des atteintes à la vie privée. »

Les militants transphobes ont en effet cherché, par tous les moyens, à peser sur ces travaux. En définitive, ils ont obtenu une victoire, estiment de nombreux membres du groupe de travail qui ont élaboré ces recommandations. Celles pour les mineur·es de 16 à 18 ans, pourtant écrites, n’ont pas été retenues par la HAS. « C’est très curieux, estime le pédopsychiatre Jean Chambry, membre du groupe de travail. On nous a demandé de travailler sur les 16-18 ans. Nous avons écrit un chapitre à leur sujet, trouvé un consensus à l’exception d’une seule personne du groupe. Il a été supprimé, sans qu’aucune raison nous soit donnée. »

Le pédopsychiatre résume ainsi le contenu de leur travail : « Nous voyons des adolescents qui ont la maturité, le discernement suffisant, une temporalité d’expression de genre, depuis plusieurs mois ou années. Nous avons considéré qu’ils devaient être pris en charge comme les adultes. Par mesure de précaution, certains médecins ne veulent rien prescrire de traitements hormonaux. Nous considérons au contraire que refuser de les traiter comporte des risques très documentés : des idées suicidaires, un rejet du corps qui s’exprime par des scarifications, un rejet scolaire, etc. »

Ce chapitre dédié aux 16-18 ans a été supprimé par la commission des recommandations de la HAS, qui annonce lancer de nouveaux travaux sur les mineur·es. « Ils prendront a minima un an », estime sa présidente, Claire Compagnon. « L’approche est consensuelle pour les adultes, il n’y a pas un même consensus pour les mineurs. Les données ne sont pas assez robustes, nous avons besoin d’évaluations d’experts », a expliqué Claire Compagnon pendant la conférence de presse de présentation du rapport.

« La fabrication de ces recommandations est un processus itératif, explique-t-elle à Mediapart. Les recommandations issues du groupe de travail [où siègent des représentants des différents secteurs de santé concernés par la transidentité, ainsi que des usagers et usagères – ndlr] sont revues par trois rapporteurs, puis portées devant la commission » chargée des recommandations au sein de la HAS. Cette dernière a estimé qu’il « manquait des éléments de fond, notamment sur les mineurs avec des troubles du neurodéveloppement qui questionnent leur identité de genre, ou encore sur la question de la chirurgie », précise Claire Compagnon.
Il est important de dire aussi que ces recommandations apportent des choses positives pour les personnes trans adultes. Anaïs Perrin-Prevelle, directrice de l’association OUTrans
« Sur les mineurs, il y a un consensus scientifique », affirme au contraire Chloé, référente de l’Organisation de solidarité trans (OST). Dans un communiqué commun avec Fransgenre, l’OST dénonce « une décision lâche », une censure « par pression politique ».

« Nous connaissons les parcours des mineurs, affirme Chloé. Parmi les 8-12 ans qui affirment une autre identité de genre, seulement 2 % font machine arrière. Pour ces personnes, vivre la puberté est traumatique, cela complique la transition, car il y a des changements au niveau osseux, ou de la pilosité, qui peuvent être irréversibles. Les recommandations internationales sont claires : on peut utiliser des bloqueurs de puberté, comme solution temporaire, pour laisser du temps à un adolescent en questionnement. »

« C’est un manque de courage, renchérit Maryse Rizza, présidente de l’association Grandir Trans, qui s’adresse aux parents d’enfants trans. Tant que la HAS ne se prononcera pas, des parents continueront à amener les enfants dans des thérapies de conversion déguisées. D’autres vont se retrouver sur des mauvais chemins de prise en charge. »
Un enjeu vital

Membre du groupe de travail, Anaïs Perrin-Prevelle, directrice de l’association OUTrans, est en total accord avec ces arguments. Mais elle refuse d’entrer dans le débat sur les mineur·es : « C’est ce que veulent nos adversaires, qu’on se concentre sur ce qu’ils ou elles considèrent comme une victoire. Il est important de dire aussi que ces recommandations apportent des choses positives pour les personnes trans adultes. »

Dans son communiqué, « OUTrans se félicite d’un travail rigoureux, basé sur la science et la réalité de vie des personnes trans et non sur les fantasmes propagés par les activistes antitrans qui ont tout fait pour empêcher un travail serein ».

La première victoire, aux yeux des associations de défense des droits des personnes trans, est la définition retenue de la transidentité. « Le terme de personnes trans (du latin “qui va au-delà” de son état initial) correspond aux personnes vivant ou s’identifiant dans un genre différent de celui associé au sexe constaté à leur naissance », écrit la HAS. Un peu plus loin, elle reconnaît que « le terme trans s’appuie sur l’autodétermination des personnes », qui peuvent se prévaloir de « variétés d’identité du genre (binaire, non-binaire, gender fluid, etc.) ».
L’accès aux soins de transition ne constitue pas un “confort” mais un enjeu vital en termes de bien-être, d’image de soi, de vie personnelle, de santé globale et aussi de vie sociale.
La Haute autorité de santé
En propos liminaires, Claire Compagnon a reconnu l’existence de « très grandes inégalités dans l’accès aux soins » et de nombreuses discriminations aux conséquences délétères pour la santé des personnes trans : « refus de soins, automédication, sur-risque de santé mentale ».

Leur santé est également affectée par « une précarité économique et sociale », conséquence de « stigmatisations, de violences dans l’espace public, de difficultés d’accès au logement ». La prise en charge des personnes trans est « un vrai sujet de santé globale » : « Nous sommes complètement dans notre rôle, ici à la HAS », a insisté la présidente de la commission de recommandations.

« L’accès aux soins de transition ne constitue pas un “confort” mais un enjeu vital en termes de bien-être, d’image de soi, de vie personnelle, de santé globale et aussi de vie sociale », écrit la HAS. Sont détaillés dans les recommandations « la conduite à tenir lors des demandes de transition » – notamment « l’utilisation du prénom et pronom demandés » –, la prescription, la prise en charge en chirurgie, ou encore l’accompagnement psychologique.

Dépsychiatrisation

Pour les associations, ce dernier point est crucial. La HAS écrit que « dans tous les cas, l’identité de genre ne doit pas faire l’objet d’une évaluation psychiatrique spécifique » et qu’« en cas de besoin, le recours à un professionnel de santé mentale ne doit pas entraîner un délai de prise en charge supplémentaire ».

Pour l’association OUTrans, la France s’engage enfin dans « la dépsychiatrisation des transidentités ». Depuis 2018, à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé, « l’incongruence de genre » n’est plus considérée, dans la classification internationale des maladies, comme un trouble mental, mais comme une affection liée à la santé sexuelle.

Parmi les points de vigilance, plusieurs associations critiquent la recommandation d’un « délai de réflexion raisonnable » pour les traitements hormonaux et les opérations. « Ce flou intolérable laisse toute latitude aux cliniciens pour infliger encore des mois d’attente aux personnes trans », s’émeuvent OST et Fransgenre.

Les médecins généralistes sont fermement positionné·es en premier recours dans le parcours de soins des personnes trans par la HAS, se félicite la médecin généraliste Julie Gilles de La Londe, qui a participé au groupe de travail. Elle assure qu’accompagner une transition médicale est à la portée de tout médecin généraliste, intéressé et désireux de se former. « Nous sommes déjà compétents à prescrire des hormones : la contraception, le traitement de la ménopause ou encore l’adaptation des hormones thyroïdiennes. J’ai commencé à prescrire des hormones aux personnes trans il y a trois ans, témoigne-t-elle. On se forme très vite. Ces recommandations, qui sont claires, vont j’espère aider les médecins généralistes à dédramatiser. »

« Un médecin ne doit pas avoir une attitude discriminatoire en refusant de prendre en charge une personne avec des spécificités, comme les personnes trans », rappelle Julie Gilles de La Londe. Pour un grand nombre de médecins, cela ne va pas de soi : « De nombreuses études le prouvent : les refus de soins sont très nombreux, même pour des personnes trans qui veulent juste soigner une grippe. »
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 22952
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère
Contact :

Re: Y'a-t-il un lien entre autisme et dysphorie de genre?

#178 Message par Jean » lundi 21 juillet 2025 à 15:13

Le communiqué de presse de la HAS
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3636602 ... e-l-adulte

Les recommandations
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3636735 ... e-l-adulte

Page 25
Une prévalence de 11 % de TSA était retrouvée dans une méta-analyse de 2022 regroupant 25 études (dont 12 études chez l’adulte, parmi lesquelles 8 enquêtes en population, de repérage
des traits autistiques par autodéclarations))
père autiste d'une fille autiste "Asperger" de 41 ans

Répondre