[Illustré] La Différence Invisible (Julie Dachez, Melle Caroline)
Re: [BD] "La Différence Invisible" Julie Dachez - Melle Caro
.......................
Modifié en dernier par Pupuce le dimanche 12 novembre 2017 à 16:27, modifié 1 fois.
Officiellement non-autiste
"J'aurais pas été besoin" Nikos Aliagas, philosophe grec des Lumières
"J'aurais pas été besoin" Nikos Aliagas, philosophe grec des Lumières
Re: [BD] "La Différence Invisible" Julie Dachez - Melle Caro
La lucidité permet de rechercher des espaces d'action.....c'est mieux d'y voir clair que de rester dans l'obscurité.....
La lucidité, c'est ce dont dispose la minorité, pour peu qu'elle n'en soit pas éblouie, face à la majorité qui norme, se norme et se conforme, pour sa sécurité et au prix de sa liberté. La lucidité, c'est la liberté de la minorité.
La lucidité, c'est ce dont dispose la minorité, pour peu qu'elle n'en soit pas éblouie, face à la majorité qui norme, se norme et se conforme, pour sa sécurité et au prix de sa liberté. La lucidité, c'est la liberté de la minorité.
"I am, plus my circumstances." José Ortega y Gasset
HPI, diagnostiquée Asperger en janvier 2016
HPI, diagnostiquée Asperger en janvier 2016
-
lili brin d'aspie
- Familier
- Messages : 110
- Enregistré le : dimanche 8 novembre 2015 à 21:42
Re: [BD] "La Différence Invisible" Julie Dachez - Melle Caro
"Pourtant, la société n'est pas un être organique, elle est quelque chose que nous faisons."
si, nous pouvons penser la société de manière globale (systemique), comme un être organique susceptible d'être malade.
(en analogie avec la théorie de gaia pour notre planète.)
dans cette être organique, nous, petits cellules pouvons effectivement "faire"(avec notre libre arbitre?) mais aussi "être".
et cette existence même a un sens , une fonction, c'est comme ça que je comprend cette citation.
notre société serait donc malade de l'uniformisation des désirs, modes de vies, de consommation, de pensées ect ,ect et les personnes "déviantes" seraient là pour aider à faire exploser ce "carcan normatif" , aider à faire un pas de coté.
donc non pas besoin de "guerir" ni de "rentrer dans le moule" mais plutot de "trouver sa propre voie".
je trouve l'idée très belle, elle n'est pas nouvelle mais c'est une façon philosophique de voir la différence et le handicap.
je me pose néanmoins la question pour les personnes très handicapées (comme mon loulou), sans parler de guerison il y a quand même necessité de "s'adapter" , de "se conformer" pour pouvoir vivre avec les autres.
si, nous pouvons penser la société de manière globale (systemique), comme un être organique susceptible d'être malade.
(en analogie avec la théorie de gaia pour notre planète.)
dans cette être organique, nous, petits cellules pouvons effectivement "faire"(avec notre libre arbitre?) mais aussi "être".
et cette existence même a un sens , une fonction, c'est comme ça que je comprend cette citation.
notre société serait donc malade de l'uniformisation des désirs, modes de vies, de consommation, de pensées ect ,ect et les personnes "déviantes" seraient là pour aider à faire exploser ce "carcan normatif" , aider à faire un pas de coté.
donc non pas besoin de "guerir" ni de "rentrer dans le moule" mais plutot de "trouver sa propre voie".
je trouve l'idée très belle, elle n'est pas nouvelle mais c'est une façon philosophique de voir la différence et le handicap.
je me pose néanmoins la question pour les personnes très handicapées (comme mon loulou), sans parler de guerison il y a quand même necessité de "s'adapter" , de "se conformer" pour pouvoir vivre avec les autres.
-diagnostiquée tsa léger (asperger) fin 2015, hpi
-maman d'un garçon autiste sévère
ou quand les deux extrêmes se rencontrent..
-maman d'un garçon autiste sévère
ou quand les deux extrêmes se rencontrent..
Re: [BD] "La Différence Invisible" Julie Dachez - Melle Caro
Intéressante votre discussion.
J'espère ne pas me tromper mais je crois que c'est un point de vue assez Spinozien, à savoir que l'on aurait finalement que peu de libre arbitre (voire pas du tout, l'instant présent n'étant constamment que le dernier événement d'une suite infinie d'événements), et que c'est en prenant chacun conscience de notre manque de libre arbitre qu'on réalise que c'est en mettant collectivement en place des "structures épanouissantes" (au sens d'organisation) qu'on influe en quelque sorte sur les événements.
Comme tu dis, l'être organique c'est la société, et si ses cellules - les individus - n'agissent pas de concert ou n'évoluent pas, la société est malade.
C'est peut-être aussi un moyen de survie, dû à l'évolution, qui en vient à fonctionner "trop bien" : Il y aurait une masse de neuro-typique, ils constituent la "masse uniforme" qui permet à l'espèce de subsister par le nombre, la cohérence, l'appartenance au groupe (comme des rats, des gnous...) plutôt que par des capacités spécifiques (fourmilier, castor, guépard, etc), et il y a en marge, comme les extrêmes d'une courbe de Gauss, les neuro-atypiques, les "déviants" qui sortent de la masse, qui sont les empêcheurs de tourner en rond, mais qui sont bien moins nombreux.
Et, peut-être à cause du capitalisme ou de la mondialisation, cette stratégie de survie par la masse uniforme a trop bien fonctionné.
J'espère ne pas me tromper mais je crois que c'est un point de vue assez Spinozien, à savoir que l'on aurait finalement que peu de libre arbitre (voire pas du tout, l'instant présent n'étant constamment que le dernier événement d'une suite infinie d'événements), et que c'est en prenant chacun conscience de notre manque de libre arbitre qu'on réalise que c'est en mettant collectivement en place des "structures épanouissantes" (au sens d'organisation) qu'on influe en quelque sorte sur les événements.
Comme tu dis, l'être organique c'est la société, et si ses cellules - les individus - n'agissent pas de concert ou n'évoluent pas, la société est malade.
C'est peut-être aussi un moyen de survie, dû à l'évolution, qui en vient à fonctionner "trop bien" : Il y aurait une masse de neuro-typique, ils constituent la "masse uniforme" qui permet à l'espèce de subsister par le nombre, la cohérence, l'appartenance au groupe (comme des rats, des gnous...) plutôt que par des capacités spécifiques (fourmilier, castor, guépard, etc), et il y a en marge, comme les extrêmes d'une courbe de Gauss, les neuro-atypiques, les "déviants" qui sortent de la masse, qui sont les empêcheurs de tourner en rond, mais qui sont bien moins nombreux.
Et, peut-être à cause du capitalisme ou de la mondialisation, cette stratégie de survie par la masse uniforme a trop bien fonctionné.
Statut : Bilan neuropsy en faveur d'un TDA modéré, manque de certitude du fait du flou des souvenirs. Au seuil du HQI.
Mère possiblement TDAH, père probablement TSADAH avec aménagement borderline, grosse anosognosie. Et gros impact sur ma vie.
Mère possiblement TDAH, père probablement TSADAH avec aménagement borderline, grosse anosognosie. Et gros impact sur ma vie.
Re: [BD] La Différence Invisible (Julie Dachez, Melle Caroli
kjhgfdsdfghyjukil
Modifié en dernier par pédeuceu le mercredi 31 octobre 2018 à 22:15, modifié 1 fois.
Re: [BD] La Différence Invisible (Julie Dachez, Melle Caroli
Bah ça dépend. Certains comportements ne me semblent pas forcément propres aux autistes personnellement.pédeuceu a écrit :Est-ce que les comportements décrits sont vraiment propres aux autistes?
Du coup, je me pose plein de questions...
Par exemple, quand elle dit "bisous" à son chef, je connais un certain nombre de personnes NT à qui cela est arrivé. C'est juste que comme les gens ont souvent plus l'habitude de parler au téléphone avec des gens qu'ils connaissent, ils ont tendance à dire "bisous" à la fin. Du coup, ça arrive de se tromper par inattention.
Aussi, certaines choses comme les routines peuvent être fréquentes chez les gens anxieux, afin de gérer leur stress, sans pour autant qu'ils soient autistes.
Après, la non-compréhension des sous-entendu, c'est quand même très autiste, même si ça peut arriver à d'autres personnes dans une moindre mesure j'imagine.
Mais il y a aussi une échelle d'intensité, puis à partir d'un moment, si on cumule hyper/hypo sensibilité sensorielle, difficultés de communications, intérêts spécifiques envahissants, routines, rituels...on peut se poser la question.
Les personnes les plus difficiles à aimer sont celles qui en ont le plus besoin
- Flower
- Intarissable
- Messages : 6341
- Enregistré le : mercredi 8 avril 2015 à 13:13
- Localisation : Au pied des Pyrénées
Re: [BD] La Différence Invisible (Julie Dachez, Melle Caroli
La scène où elle dit "bisous" à la fin, le problème n'est pas tant ce mot, mais le fait qu'elle se précipite dans le bureau du chef pour s'excuser et s'embrouille totalement dans des explications inutiles. Et ça, ça me semble assez un comme comportement "d'autiste qui essaie de s'intégrer". (J'ai eu un truc un peu comparable avec un chef une fois, j'ai dit quelque chose que je voulais juste poli et il m'a demandé des explications avec lesquelles je me suis complètement enfoncée.)
Et non clairement, tous les gens ne sont pas comme ça.
Et non clairement, tous les gens ne sont pas comme ça.
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.
Re: [Illustré] La Différence Invisible (Julie Dachez, Melle Caroline)
Merci pour cette discussion, que j'ai lue intégralement.
Cette BD est vraiment bien faite, même si j'ai été un peu déçue par le personnage de Marguerite.
J'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose, mais je peine à savoir quoi exactement (les intérêts spécifiques ? le stimming ?...)
Sa solitude m'a beaucoup touchée.
Il y a une réelle évolution entre le début et la fin sur le plan des amitiés, de la socialisation.
Je l'ai enviée d'avoir si bien vécu son diagnostic, de s'être ainsi libérée du carcan normatif.
Les dessins sont superbes et l'hyperacousie rendue "visible" de façon très pertinente.
Cette BD est vraiment bien faite, même si j'ai été un peu déçue par le personnage de Marguerite.
J'ai eu l'impression qu'il manquait quelque chose, mais je peine à savoir quoi exactement (les intérêts spécifiques ? le stimming ?...)
Sa solitude m'a beaucoup touchée.
Il y a une réelle évolution entre le début et la fin sur le plan des amitiés, de la socialisation.
Je l'ai enviée d'avoir si bien vécu son diagnostic, de s'être ainsi libérée du carcan normatif.
Les dessins sont superbes et l'hyperacousie rendue "visible" de façon très pertinente.
Re: [Illustré] La Différence Invisible (Julie Dachez, Melle Caroline)
J’ai beaucoup aimé cette B. D.
Le dessin exprime très justement les choses.
Et je suis d’accord pour dire qu’elle est très utile dans une petite présentation de l’autisme !
Et je suis d’accord pour dire qu’elle est très utile dans une petite présentation de l’autisme !
Re: [Illustré] La Différence Invisible (Julie Dachez, Melle Caroline)
J'ai lu cette BD il y a quelques jours. Sur conseil de ma généraliste 
J'ai trouvé que beaucoup de personnages de son entourage n'étaient pas très tolérants à l'égard de l'héroïne... Je me demande si j'ai de la chance car je ne me rappelle pas avoir subi autant d'incompréhension de la part d'adultes (bon, de la part des ados, si ! Mais j'avais l'impression que les gens devenaient plus tolérants à l'âge adulte)...
Mais peut-être que c'est juste moi qui ai pu mieux filtrer mes fréquentations depuis que je suis sortie du système scolaire.
J'ai trouvé que beaucoup de personnages de son entourage n'étaient pas très tolérants à l'égard de l'héroïne... Je me demande si j'ai de la chance car je ne me rappelle pas avoir subi autant d'incompréhension de la part d'adultes (bon, de la part des ados, si ! Mais j'avais l'impression que les gens devenaient plus tolérants à l'âge adulte)...
Mais peut-être que c'est juste moi qui ai pu mieux filtrer mes fréquentations depuis que je suis sortie du système scolaire.
Cerise, non-diagnostiquée (mais "pré-diagnostiquée" par une psychologue), maman d'un enfant diagnostiqué et de deux autres non-diagnostiqués (mais avec forte présomption).