Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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lucius
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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#106 Message par lucius » samedi 18 juillet 2026 à 1:18

Est-ce que ne pas avoir de TSA permet-il plus de chance d'être heureux?
J'en doute car on vit dans un monde où au final on fait tout pour minimiser le risque d'être heureux car on a la mauvaise vision de ce sens.



https://blog.franceinfo.fr/dans-vos-tet ... nheur.html

Je me dis que l'on a plus de chance de s'approcher du bonheur en n'essayant pas constament à tenter d'être heureux.




Modération (Tugdual) : Correction de la balise YouTube.
Ayant une maladie et des soucis en plus, on m'a pré-diagnostiqué Asperger et j'ai eu une confirmation assez incertaine depuis. Résultat, je continue de douter.

painperdu
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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#107 Message par painperdu » samedi 18 juillet 2026 à 12:19

lucius a écrit : samedi 18 juillet 2026 à 1:18 Je me dis que l'on a plus de chance de s'approcher du bonheur en n'essayant pas constament à tenter d'être heureux.
Plutôt que de parler de bonheur, on pourrait utiliser la notion de dignité.
Voici la définition qu'en donne un philosophe canadien :
La dignité c'est, pour une personne donnée, ce qui fait que sa vie vaut la peine d'être vécue.
Cette définition a le mérite d'évacuer la question de la joie, au cœur du bonheur, et le problème posé par l'impossibilité d'être constamment joyeux.
En effet, il n'est pas besoin d'être joyeux pour estimer que sa vie vaut la peine d'être vécue.

Ensuite, le cœur de cette définition est qu'elle est rigoureusement personnelle.
Ainsi, c'est à chacun de la construire, et elle peut évoluer au cours de sa vie.
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Ostara
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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#108 Message par Ostara » samedi 18 juillet 2026 à 20:10

Je n'ai pas été heureuse dans ma vie d'enfant et d'ado,combo TSA avec harcèlement à l'école, incompréhension + famille violente avec bagarres conjugales plus violences sur nous.


Ma vie d'ado on reprend le même refrain que ci dessus.avec en prime d'autres formes de violence encore.

Je suis heureuse dans ma vie d'adulte elle est chouette,
Mais ça viens aussi du fait que depuis un an deux ans,je n'éprouve plus de colère envers mon passé,j'ai pardonné, pardonné ça veut pas dire re accepter les personnes qui vous ont détruites dans votre vie,ça veut juste dire s'apaiser,"accepter" le parcours tel qu'il est on le changera pas, t'façon et on l'oubliera pas non plus on peut pas effacer la mémoire,ni la mémoire traumatique et faire au mieux avec ça comme passif dans le futur, c'est pas simple.

Pardonner c'est se délester pour se sentir plus léger,et je suis pas du genre a pardonné facilement,mais je suis fière de moi quand j'y parviens,

Mais je le fais pas pour eux je le fais pour moi.

Je souhaite a tous ceux qui ont des traumatismes de trouver le chemin vers la libération et le bonheur 🫶 ça met du temps c'est très dur, c'est pas parfaitement acquis non plus je vous rassure,quand on y arrive on est enfin en paix avec soi même.
Diagnostic TSA avec suspicion de TDA associé,trouble anxio-dépressif de type épuisement.
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Ostara
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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#109 Message par Ostara » samedi 18 juillet 2026 à 20:30

Après voilà je rentre pas dans les détails parce que j'ai un parcours de vie assez lourd et complexe, pas très typique non plus à l'image de ma personne,mais dans le mauvais sens du terme malheureusement,digne d'un scénario de film,mais bon c'est comme ça hein,que voulez vous,

Mais j'ai plus la même vie du tout aujourd'hui,et j'aurais jamais cru ça il y a 10/20ans,tu m'aurais dit ça m'aurait paru improbable tant elle diffère dans le bon sens du terme cette fois de ma vie actuelle.

J'ai bien rebondi malgré mon mauvais départ et parcours dans la vie c'est cool vraiment.

Donc oui bilan de bonheur positif.
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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#110 Message par lucius » samedi 18 juillet 2026 à 23:02

painperdu a écrit : samedi 18 juillet 2026 à 12:19 Plutôt que de parler de bonheur, on pourrait utiliser la notion de dignité.
Voici la définition qu'en donne un philosophe canadien :
La dignité c'est, pour une personne donnée, ce qui fait que sa vie vaut la peine d'être vécue.

Lorsque l'on a une succession de problemes qui nous rend malheureux, on recherche pas la dignité mais à éviter les problemes au point de ne pas chercher le bonheur car tenter le bonheur c'est aussi prendre des risques.
Ayant une maladie et des soucis en plus, on m'a pré-diagnostiqué Asperger et j'ai eu une confirmation assez incertaine depuis. Résultat, je continue de douter.

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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#111 Message par lucius » dimanche 19 juillet 2026 à 1:29

Je rajouterai plusieurs interrogations:
Si tout ce que l’on construit peut disparaître, qu’est-ce qui reste qui donne du poids à une existence ?
Une vie a-t-elle de la valeur parce qu’elle réussit, ou parce qu’elle est vécue d’une manière qui reste supportable et fidèle à soi-même ?
Que faire lorsque l’effort, la souffrance et les sacrifices semblent dépasser ce que l’on peut raisonnablement espérer obtenir ?
Comment construire une vie qui ait du sens quand une grande partie de l’énergie est déjà consacrée à gérer les obstacles ?


Je dirais:
Une vie a du sens si elle reste vivable et fidèle à soi.
La dignité peut donner une valeur à une vie, mais elle ne suffit pas à la rendre vivable.
Ayant une maladie et des soucis en plus, on m'a pré-diagnostiqué Asperger et j'ai eu une confirmation assez incertaine depuis. Résultat, je continue de douter.

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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#112 Message par freeshost » samedi 25 juillet 2026 à 0:48

Hey, si x(i) a sa propre forme de bonheur, acceptons-la, même si nous ne la tâtons pas.

Chaque personne a ses propres réactions à quelque évènement, qu'il s'agisse d'un enterrement, d'un mariage, d'un anniversaire ou d'un attentat. Le diable est dans les détails et il me tente de m'en faire l'avocat. :lol: :lol: :lol:

Vous n'avez pas d'idées ou d'inspiration ? Piochez dans les diverses suites d'expériences que certaines personnes nous partagent (sur internet, entre autres).

Réduire la voilure (revoir les attentes à la baisse) peut être judicieux car le vent est capricieux est têtu. :mrgreen:

Mais qu'il est dur de vivre avec des personnes pour qui la vie sans bouc émissaire n'a pas de sens.

Autrement, on peut s'inspirer d'écrits philosophiques, sociologiques, ethniques : Jean-Paul Sartre, Jacques Ellul, Guy Debord, Yvan Illicht, Hartmut Rosa, Max Weber, Hannah Arendt, Michel de Montaigne, etc.
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

Diagnostiqué autiste en l'été 2014 :)

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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#113 Message par Jean7 » mercredi 5 août 2026 à 1:07

painperdu a écrit : samedi 18 juillet 2026 à 12:19
lucius a écrit : samedi 18 juillet 2026 à 1:18 Je me dis que l'on a plus de chance de s'approcher du bonheur en n'essayant pas constamment à tenter d'être heureux.
Plutôt que de parler de bonheur, on pourrait utiliser la notion de dignité.
Voici la définition qu'en donne un philosophe canadien :
La dignité c'est, pour une personne donnée, ce qui fait que sa vie vaut la peine d'être vécue.
Il me semble que cette définition implique que vivre est en soit une peine.
Et je ne vois pas pourquoi, à supposer que le TSA serait une limitation à la joie de vivre, elle ne serait pas alors aussi une limitation à la peine de vivre.

Que l'on parle plutôt de dignité que de bonheur, ou pas est-ce qu'il n'y aurait pas une sorte de neutralité du TSA en lui-même ?
Le malheur qui pourrait en découler serait "simplement" un effet d'un jugement de valeur porté sur les différences qu'il implique, au même titre que beaucoup d'autres différences peuvent en engendrer...
suspicion de TSA, parent de TSA diagnostiqué très récemment et de TSA suspecté

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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#114 Message par painperdu » mercredi 5 août 2026 à 7:28

Jean7 a écrit : mercredi 5 août 2026 à 1:07 Que l'on parle plutôt de dignité que de bonheur, ou pas est-ce qu'il n'y aurait pas une sorte de neutralité du TSA en lui-même ?
Tout à fait. Le TSA est incapable de rendre heureux ou malheureux par lui-même.
Le TSA n'agit que comme amplificateur de circonstances (ex. négligences graves dans l'enfance) qui influent sur notre appréciation de notre vie.

Concernant le vocabulaire, parler de bonheur ou de malheur, c'est parler d'émotions.
Or, par définition, une émotion ne dure pas.
Elle est en outre intrinsèquement différentielle : on ne peut être heureux que si on a été malheureux ou neutre avant.
Si la situation qui a créé le sentiment de bonheur est stable dans le temps, elle devient la nouvelle norme et on y est alors indifférent.
L'intérêt de parler de dignité est qu'elle procède d'une évaluation rationnelle : est-ce que ma vie vaut la peine d'être vécue ?
Cette évaluation portant sur la globalité de notre vécu, elle s'affranchit de l'instantanéité de l'émotion - et de son instabilité.
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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#115 Message par lulamae » mercredi 5 août 2026 à 9:25

Il me semble que même dans "TSA" plusieurs choses sont comprises :
- la façon d'être d'une personne autiste, seule avec elle-même, qui me paraît tout à fait compatible avec certaines formes de bonheur : apprendre, observer, être bien dans la nature, nouer des relations avec des animaux ou prendre soin d'eux, peut-être goûter l'art : la littérature, le cinéma, la peinture, la photographie, l'écriture... la création sous toutes ses formes.
- les relations avec d'autres personnes, qui peuvent être plus ou moins difficiles selon les aptitudes de ces personnes à la tolérance, la compréhension, la réciprocité d'efforts, ainsi que la présence ou l'absence de violence et de manipulation dans les relations.
- la nécessité d'être indépendant(e) financièrement et ce qu'on arrive à faire pour cela : travailler, obtenir un accompagnement, des aides... Répondre (ou non) aux attentes de nos supérieurs, collègues, à nos propres attentes, etc.
- la façon de concevoir le monde et notre capacité à avoir un impact sur lui : environnement, société, politique ; ce qui peut soit stimuler, soit décourager ou dégoûter.

S'ajoutent à cela les comorbidités liées ou non à l'autisme : dépression, trouble anxieux, maladies qui peuvent entraîner fatigue intense ou dégradation de l'état physique...

J'imagine que plus on parvient à trouver de points positifs dans ces aspects, plus on peut se sentir heureux. Parfois peut-être nous avons des attentes trop grandes, et ne regardons pas assez ce que nous avons de positif, le prenons pour acquis, ou comparons avec la vie apparemment vécue par d'autres (beaucoup de gens mentent pour faire croire qu'ils ont une vie plus heureuse que ce qu'elle est, ou connaissent plus de réussite que leur entourage).

Ensuite, certains points positifs entraînent des contraintes ou des responsabilités qui peuvent être pesantes à des moments de fatigue : comme le travail ou la famille (conjoint, enfant(s)), avec plus de charge mentale, de démarches, de déplacements. Sous l'effet de la fatigue ou de la lassitude, on n'en voit plus que les aspects négatifs.

Tout est affaire de choix également : si j'ai une famille je suis moins libre, cela peut me fatiguer davantage, ou à certaines périodes je me heurte à des difficultés relationnelles avec les miens, ou à une dépendance affective, qui me font souffrir ; à l'inverse si je suis seul(e) il y a des aléas que je dois supporter (affronter des situations difficiles sans soutien affectif ni réconfort). Il faut le savoir et être prêt(e) à assumer ses choix. La vie idéale et parfaitement remplie et équilibrée n'existe pas, on n'aura jamais tout en même temps.
Diagnostic d'autisme avec HPI en juillet 2019. Deux filles majeures avec bilan neuropsychologique de TSA + TDAH pour l'aînée et TSA pour la cadette.

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Re: Le TSA empêche-t-il d'être heureux ?

#116 Message par Jiheu » dimanche 16 août 2026 à 22:31

Pour moi la méthode à appliquer vis-à-vis de l'entourage qui ne veut rien comprendre aux TSA, c'est la méthode bourrin...
Vous coupez les ponts sans justifier et cela sera très bien comme cela.
Fils de 19 ans dont le diagnostic est confirmé.

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