[Film] Différente (Lola Doillon, 2025)

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verdeterre
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Re: [Film] Différente (Lola Doillon)

#46 Message par verdeterre » mardi 9 décembre 2025 à 19:48

RoeDeer a écrit : dimanche 16 novembre 2025 à 13:39 Si j’apprécie aussi que les clichés balancés par les NT supposés de son entourage soient mis à mal par le film, j’ai du mal avec ce cliché constant de l’autiste-
En lisant ça, ça m'a fait un tilt. Il est étrange que l'entourage de Katia ne soit composé que de NT (supposés NT, certes).

Je n'ai je pense jamais vu en film, ce fait que lors d'un diag tardif, on découvre après-coup être entouré de ND (le questionnement diag vient d'ailleurs souvent d'un·e proche), tant il est vrai que même sans se savoir ND on a tendance à s'entourer de ND. Qui se ressemble s'assemble en quelque sorte.

Et du coup j'ai du mal avec ce cliché constant de l’autiste-seul·e_au_milieu_des_NT. (cf toutes les séries sur le sujet)
Le monde est bien plus poreux et complexe que ça.

Et les diag, ou prises de conscience, font souvent des ricochets.
diag TSA en 2025, à un âge avancé
—
on peut m'écrire publiquement sur ma page de présentation

Andromede95
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Re: [Film] Différente (Lola Doillon)

#47 Message par Andromede95 » lundi 16 mars 2026 à 21:25

ikh a écrit : lundi 14 juillet 2025 à 15:58 Date de sortie du film en salle:
  • 11 juin 2025.
D'après la chronologie des médias pour les années à venir (si j'ai bien compté sur mes doigts):
  • D'octobre à novembre 2025: location et vidéo à la demande.
  • Décembre 2025: Canal+.
  • Mars 2026: Disney+.
  • Septembre 2026: Netflix.
  • Avril 2027: chaînes télé gratuites.
Une diffusion pour la journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme serait une excellente idée. Si ça se passe, ça sera sur Disney+ l'année prochaine; et encore l'année suivante pour les chaînes gratuites. :–/

Le contenu trouvable sur certains sites en ligne de « partage communautaire » est à fuir.
Pour info, le film est également disponible sur Youtube depuis septembre 2025.
Diagnostiqué TSA en février 2025.
Diagnostiqué TDA (sans le H) et QI hétérogène en février 2026.

Andromede95
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Re: [Film] Différente (Lola Doillon)

#48 Message par Andromede95 » lundi 16 mars 2026 à 22:04

Bonsoir,

Je rebondis sur la réaction de la blogueuse Petite Loutre : Différente, de Lola Doillon : pourquoi il faut cramer ce film (et le patriarcat).

Surpris par cette critique très sévère, j’ai profité de l’occasion pour revoir ce film samedi dernier. En tant qu’autiste, il m’est difficile de saisir toutes les scènes dès les premiers visionnages, malgré le sujet traité. Mais, même après l’avoir regardé une nouvelle fois, je ne rejoins pas du tout Petite Loutre.

Je laisse de côté les incohérences de scénario. Il y en a fréquemment dans les films, soit parce que la mise en scène est mal préparée, soit pour éviter de compliquer un récit d'une durée limitée à 1h30 à 2h. Je trouve son analyse parfois alambiquée. Je me focalise sur la question de l’autisme ci-après.
"Le diagnostic d’autisme ne tombe jamais sur personne par hasard au détour d’un chemin bucolique."
Personnellement je suis tombé par hasard sur cette vidéo, en zappant sur Youtube.
"Qui n’est ni en interrogation, ni en dépression, ni en burn out, ni en situation sociale précaire, ni…rien de ce que traversent classiquement les personnes autistes non diagnostiquées."
J'ai connu des hauts et des bas dans ma vie à cause du caractère tardif de mon diagnostic. Mais je traversais une période plutôt sereine lorsque j'ai découvert la vidéo précédemment citée.
"Elle mentionne vite fait avoir du mal à garder un job, mais la mise en scène de sa situation dit complètement l’inverse : elle fait n’importe quoi dans son taf mais n’en subit aucune conséquence, son boss veut la garder malgré des restrictions budgétaires, "
Katia ne fait pas n'importe quoi. Son travail de documentaliste est très apprécié.

Lors de mes 5 stages en entreprise, je n'aurais jamais espéré obtenir une proposition de prolongation car ça s'est passé au mieux moyennement. Mais peut-être par chance, j'ai fini par avoir un emploi durable, malgré mes difficultés relationnelles.

J’ai 40 ans d’ancienneté dans mon travail. Dans les années 1990, mon entreprise a traversé une période de crise, avec le licenciement d'environ 10 % du personnel, touchant surtout les catégories les moins qualifiées, donc celles pour lesquelles il était plus difficile de trouver des missions auprès des clients. Comme Katia, je suis au moins apprécié pour la qualité de mon travail.
" son collègue lui demande de prendre le relai sur un boulot qui n’est même pas le sien, et tout passe crème."
En partie d'accord sur ce point. Cela peut sembler invraisemblable, mais pas toujours. J'ai moi même replongé dans la chimie lors d'une mission, un domaine que je n'avais pas pratiqué depuis 30 ans, autrement dit depuis mes études.
"Bref, on a l’impression que l’idée de l’autisme vient se poser sur elle comme un papillon sur une fleur de printemps, tout en douceur. Pas besoin de cheminement quelconque, d’acceptation ou de quoi que ce soit. Pas de détour via un quelconque bullshit pseudo psy médical, pas de bataille pour trouver des pros ok, tout lui est servi sur un plateau – c’est propre, rapide et efficace (oui oui, quand on reprend la chronologie du film, tout se passe en max un mois), complètement à l’inverse de la réalité des personnes en errance."
Katia a été diagnostiquée par une neuropsychologue. A notre époque, c'est très compliqué de trouver un psychiatre disponible, mais pas un psychologue. Les 2 psychologues que j'ai consultés en août 2024 puis fin décembre 2025 sont spécialisés a minima TSA. Je n'ai pas connu d'errance diagnostique parmi les psychologues.

Par contre, le film fait l'impasse sur une éventuelle recherche d'un psychiatre par Katia, pour confirmer et/ou valider l'avis de la psychologue.
" Il n’y a aucune tentative de représentation du masking : Katia est comme elle est, elle n’essaye pas de se fondre dans la masse, envoie bouler son boss quand il lui propose un sujet qui ne l’intéresse pas et se pointe oklm avec casque et lunettes de soleil au boulot dès le lendemain de son diag."
D'accord sur ce point. Depuis mon diagnostic, j’ai pris l’habitude de porter un casque à réduction de bruit dans les transports en commun, mais je n’affiche pas ouvertement ma particularité sur mon lieu de travail. J’ai aussi la chance d’évoluer dans un environnement plutôt calme (hors rares chantiers) et de pouvoir télétravailler.
"On s’attend à un moment d’intensité autistique : stimming débridé ou infodump passionné. Mais, sans aucune justification sensorielle ou psychologique, sans aucun avertissement, tout bifurque : en quelques secondes, emballée par la situation (???) Katia se déshabille sur un rond-point, sa poitrine brusquement exposée à l’écran, dans un moment de pur male gaze"
D'accord aussi. Je n'ai moi-même pas compris la raison de cette scène dans le présent film.
"Les histoires d’amour au cinéma ne sont pas innocentes. Elles suggèrent aux spectateurices ce qui est acceptable dans une relation, quelles concessions sont normales, où se situent les limites. Dans Différente, la relation entre Katia et Fred est présentée comme imparfaite mais valable. Evidemment y’a rien qui va. Fred est tout simplement toxique, et j’insiste, du début à la fin. Victimisation, gaslight, infantilisation, harcèlement (non, on ne dort pas sur le palier de sa meuf pour la forcer à avoir une discussion, merci), possessivité et coercition reproductive : tout ceci est emballé pour faire mignon dans une comédie romantique à la gloire des relations abusives."
Là, je suis en total désaccord, y compris lorsqu'elle parle ensuite de "valorisation du sacrifice féminin".

Je ne saisis pas le rapport avec le patriarcat vu qu'une femme pourrait se comporter de la même manière avec son amoureux.

Le terme "harcèlement" est très exagéré. Katia a découvert la présence de Fred dans les parties communes en sortant de chez elle le matin. Il n'avait même pas frappé à sa porte en arrivant la nuit.

Je me demande où Petite Loutre relève du "gaslight" dans ce film.

Les attentes de Fred étaient celles d'un neurotypique qui, bien qu'ayant relevé certaines bizarreries chez elle, considérait Katia comme une "neurotypique" jusqu'à son diagnostic.

La "coercition reproductive" ne me paraît pas flagrante :
  • La première fois que Katia lui a parlé de sa grossesse, ils étaient tous les deux indécis.
  • La deuxième fois, ok. Elle lui fait part de son intention d'interrompre sa grossesse en invoquant son autisme (et sans doute aussi parce qu'elle croit son job menacé) ; alors que, précisément pour le bébé, Fred lui annonce renoncer à son opportunité professionnelle située à des centaines de km.
  • La rencontre avec Julie DACHEZ (alias Romane dans le film, et également autiste) et de sa fille ado, ainsi que les propos rassurants de son boss sur le maintien son job, ôtent finalement à Katia sa réticence à la maternité.
  • La troisième fois, après avoir relu le diagnostic TSA de Katia, Fred lui dit "Je suis incapable de vivre sans toi. Donc, avec ou sans enfants, c'est toi". Katia lui apprend ensuite qu'elle n'est pas allée au rendez-vous pour l'avortement.
"Mais Katia reste seule face à Fred, et les normes patriarcales (et racistes) sont confortablement reproduites."
Racistes ??? Pas plus flagrant que "patriarcales" je trouve.
Ce film a le mérite d’aller au bout de ses propos catastrophiques. L’histoire n’aurait pas été complète sans une grossesse non désirée, et finalement acceptée par Katia qui renonce à l’avortement. Par amour, mais pas que : elle comprend que malgré son handicap, elle peut avoir des enfants !
Là encore, je trouve que c'est d'un rapport lointain avec le patriarcat.
Et pour fêter ça, elle boit un verre de cidre, parce que l’alcool et la grossesse, en France, par contre, c’est ok.
Ok, ok, c'est une erreur de scénario.

En résumé, je trouve l'analyse de Petite Loutre globalement alambiquée, notamment sur ledit "patriarcat". Si Fred avait dit à Katia "J'ai une belle opportunité professionnelle à 500 km d'ici, donc tu gardes notre bébé et tu viens avec moi. Tu pourras t'en occuper en restant à la maison", j'aurais mieux compris le point de vue de Petite Loutre.

En tout cas, je vous encourage à voir ce film vous-même pour vous forger votre propre opinion. :wink:
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Flower
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Re: [Film] Différente (Lola Doillon)

#49 Message par Flower » mardi 17 mars 2026 à 11:28

Je ne trouve pas forcément aberrant qu'une autiste du cinéma ne soit pas très doué en masking. :lol:
Pour le couple, j'ai surtout eu l'impression que Katia en fait voir de toutes les couleurs à Fred, et que lui balance entre résignation et envie de s'accrocher. Oui il prend des mauvaises décisions par moments, mais ça me donne plus une impression de maladresse que de toxicité. Je ne vois pas de côté patriarcal plus marqué que dans la moyenne des relations. :innocent:

Pour le délai, j'ai été diagnostiquée par un médecin spécialisé dans un délai de 2 mois, et on doit rajouter le fait de devoir accélérer les choses pour le besoin d'un film. Ce n'est pas un reflet fidèle de la réalité, mais une fiction... Et bien sûr que ça ne tombe pas par hasard : on l'a envoyé faire une interview avec la présidente d'une association sur le TSA et elle a ensuite creusé le sujet. C'est tout à fait crédible comme parcours. J'ai eu presque le même, sauf que j'ai juste vu une vidéo de Julie Dachez.
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.

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PetitNuage
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Re: [Film] Différente (Lola Doillon)

#50 Message par PetitNuage » dimanche 5 avril 2026 à 20:43

Je l'ai visionné cet après-midi.

En dehors du début ( un peu trop bruyant à mon goût) et de la scène sur le rond-point ( complètement invraisemblable) + scène de sexe qui n'apporte rien, j'ai apprécié ce film.

J'ai effectivement trouvé le personnage moins caricatural qu'Astrid.

Les surcharges sensorielles sont bien transcrites, de même que le besoin d'isolement, de stimming, la difficulté dans ses relations avec les autres, l'appréhension d'entrer dans un groupe inconnu, la relation avec son travail qu'elle adore, les angoisses face au changement et à l'imprévu, son attitude vise à vis de celui qui tente de la draguer ( elle est à l'aise pour évoquer les langues régionales mais très gênée quand il lui demande son numéro... )

Les relations avec sa mère, le regard des autres sur son diagnostic sont également intéressants.
Seul bémol: visiblement sa mère n'a pas été associée au diagnostic.

Pour ce qui est du masking, ce n'est pas évident à mettre en scène car il aurait fallu qu'elle puisse mettre en parallèle un comportement d'apparence normale avec le ressenti de l'héroïne. ( mais de quelle façon ? monologue ? qu'elle évoque combien ça lui coûte à Fred ou autre personne ? ) C'est cependant abordé via la conférence de Julie Dachez.
Spoiler : 
Pour le test des regards, j'aurais hésité à chaque fois entre deux réponses. Mais pas celles qu'elle a données.
Je pense que c'est un bon film pour faire découvrir ce qu'est l'autisme.
Spoiler : 
Un petit détail qui m'a gênée : pourquoi dire que Fred part au Conquet alors que les scènes avec son bateau ont été tournées à Piriac ( avec l'immatriculation de St Nazaire correspondante).
Spoiler : 
Cela me gêne aussi dans Mystères au Paradis, qui est censé se passer dans le Devon, alors que cela a été tourné à Looe dans les Cornouailles.

"Diagnostic de traits obsessionnels handicapant les relations aux autres"

cerise26
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Re: [Film] Différente (Lola Doillon, 2025)

#51 Message par cerise26 » mercredi 8 juillet 2026 à 18:14

J'ai enfin pu voir ce film, et je l'ai beaucoup aimé, je l'ai trouvé très juste :)
Je me suis beaucoup retrouvée dans le personnage principal. J'avais tellement l'impression de comprendre et de ressentir tout ce qu'elle ressentait, c'était fou ! Dans la scène de la soirée j'étais mal pour elle et je me sentais mal moi-même.
La réaction de la mère m'a parue aussi assez réaliste. Je peux tout à fait imaginer qu'une personne ayant une vision caricature de l'autisme telle qu'elle est encore beaucoup présente dans notre société réagisse comme ça, d'autant plus qu'elle avait ce vieux préjugé "autisme = faute de la mère" et qu'elle se sent personnellement jugée.
J'ai bien aimé aussi l'évolution de la relation avec le copain, qui au début ne comprend pas pourquoi elle ne "fait pas d'efforts", et qui après le diagnostic comprend qu'elle ne peut pas.
Cerise, non-diagnostiquée (mais "pré-diagnostiquée" par une psychologue), maman d'un enfant diagnostiqué et de deux autres non-diagnostiqués (mais avec forte présomption).

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Autrey
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Re: [Film] Différente (Lola Doillon, 2025)

#52 Message par Autrey » mardi 25 août 2026 à 15:15

Actuellement disponible via Canal, je l'ai regardé. Cela m'a rassuré, je m'y suis retrouvée, c'est toujours rassurant des témoignages d'autistes, cela me permet de me dire qu'il y'a plein de gens comme moi.
Je le trouve intelligemment construit, c'est un film où les principaux traits de l'autisme féminin sont décrits sans que cela fasse docu (certains l'on reproché à ce film mais je ne trouve vraiment pas que cela fasse docu du tout).
Les différents films qui se créent autour de l'autisme montrent des traits de l'autisme toujours différents, de Hors Norme à Rain Man, seul le Gout des Merveilles (avec V Elfira) me paraissait trop mielleux et ennuyeux, avec un autiste "trop autiste" (et une V Elfira qui jouait mal).
A signaler Astrid et Raphaël qui permet de faire comprendre à intervalles réguliers certaines particularités autistiques, même si le personnage est un peu caricatural par moments.
Diagnostique TSA - la cinquantaine mais jeune dans la tête

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