Comme dit par autrui, l'absence de signal supplémentaire ne changerait pas le phénomène, à savoir l'absence apparente de rétroaction.
Un émoji accolable d'un simple signal simplifierait le codage (pas besoin d'élaborer un plus ou moins long message plus ou moins cohérent), mais pourrait alors compliquer le décodage ou en réduire la signifiance - "La personne a cliqué par défaut, par convention, par convenance, par rite automatique, sans forcément avoir lu, compris et approfondi le message qui appelait réponse."
Faut voir le coût pour le forum (ses administrateurs).
Ce qui est compliqué, sur l'internet "public" (de prime abord accessible par toute personne qui veut y accéder), c'est qu'on ne contrôle plus la liste des interlocuteurs/destinataires. On s'attend alors à une offre [de réponses] potentiellement immense alors qu'il reste possible que personne ne réponde à notre demande, ce qui peut augmenter la frustration.
Quand il y a potentiellement du monde qui peut réagir, on voit le biais de diffusion de responsabilité. "Okay, personne n'a répondu à ce message. Pourquoi ce serait à moi de le faire ?" Voir ici le deuxième album ("Pourquoi les individus aident-ils moins autrui lorsqu’ils sont nombreux ? par Peggy Chekroun") ou l'effet du témoin. On peut, par exemple, se dire qu'au moins une personne lui a répondu par un autre canal (par message privé par exemple).
Au niveau des probabilités, on peut s'amuser à calculer : n discussions ont été émises (dans tel intervalle de temps), p personnes se connectent et lisent le forum ; si chacune de ces p personnes lit exactement [pour simplifier le dénombrement] d discussions (où n - d est un nombre naturel), calculer la probabilité qu'aucune de ces p personnes ne lise une discussion précise parmi ces n discussions.
Attention à ne pas vouloir forcer l'absence d'offre face à une demande, donc à criminaliser l'absence de demande, à faire de toutes les personnes des boucs émissaires. Tsé, comme les incels qui sont demandes mais ne récoltent pas d'offre. Il ne faudrait pas instaurer une présomption de culpabilité envers toutes les personnes qui n'offrent rien face à une demande. La demande qui ne reçoit pas d'offre doit faire face à cette frustration. Après, il y a encore d'autres réflexions philosophiques sur les "impératifs" (dont ceux "catégoriques") et sur les obligations (et la violence symbolique de ces obligations, et des interdictions), nous questionnant toujours sur ce qu'est la responsabilité. On semble avoir accepté dans plusieurs pays l'obligation de prêter assistance à personne en danger (et la sanction si on n'y prête pas). Mais selon quels critères prend-on la décision d'accepter qu'une demande acquière le statut d'obligation. [Il y aurait de quoi lire, et pas seulement avec Kant.