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Message
par Louis 26 » dimanche 14 mai 2017 à 14:27
Enfant, je n'ai pas subi de violences de la part des autres. Uniquement des violences de moi-même. Combien de fois, suis je passé par la fenêtre (au début, nous habitions au premier étage, mais heureusement au dessus d'un commerçant qui laissait son auvent constamment ouvert), combien de fois, me suis je mutilé, ouvert la tête, le genou, les côtes, etc...
Pas de crèche, pas de maternelle, non plus. Pas de cours préparatoire, mais une scolarisation à compter du CE1, pour ensuite être premier de la classe en CE2 (en fait, mes parents pensaient que je ne savais ni lire ni écrire et l'institutrice s'est toujours demandé qui m'avait donné cette "connaissance"). Les instituteurs et les professeurs me regardaient comme un martien. Les élèves (un peu) aussi. "Crétin", "phénomène", voire, "j'en-foutre", j'ai eu droit à différentes appréciations. On m'a rarement agressé car j'étais très teigneux, mais on m'a laissé toujours de côté. A partir du collège, cela s'est gâté, aucune dextérité manuelle, aucun goût pour l'effort, je n'apprenais que ce qui me plaisait et rien (ou pas grand chose) me plaisait. Résultat, redoublement sur redoublement et échec au bac. Je m'en foutais, je verrais plus tard et effectivement il fallait bien attendre d'être sorti de l'école pour apprendre.
Mon père aimait filmer et il s'offrit une caméra super 8, créant ainsi tout un tas de souvenirs filmés qu'il a ensuite recopié en VHS, et là, la réalité fait mal. Je découvre un enfant de 7/8 ans très agité, et constamment en mouvement qui saute, qui s'agite, qui tourne la tête dans tous les sens (attitude que je trouverai chez ma fille, plus tard). Je comprends pourquoi les enseignants voulaient m'attacher à ma chaise et une de ces dames me collera même du scotch sur ma bouche pendant toute une journée, ce qui entraînera un gros coup de colère de la part de ma mère. La réponse de l'enseignante fut très cinglante : "Votre enfant, Madame, c'est le Diable !"