@Patic : Je me reconnais beaucoup dans ton message, je suis moi aussi en train de m’interroger sur la source de mes problèmes, en fait ça fait 5 ans que je décortique tout ça en thérapie (pas de violence physique mais une ambiance de merde à la maison pendant des années avec des parents qui ne savaient pas gérer leurs problèmes de couple, donc plutôt une violence morale latente, une crainte constante que ça parte en vrille), et depuis quelques mois je me demande dans quelle mesure ça pourrait être en partie d’origine autistique.
En ce qui me concerne je pense avoir été en faux self jusqu’à 30 ans (le réveil a été très difficile) et depuis je me sens détaché, désintéressé d’un monde auquel je n’arrivais pas à faire partie pendant longtemps sans comprendre pourquoi. Au collège/lycée j’avais peu d’amis (en fait mon meilleur ami a longtemps été mon petit frère, ensuite ça a été un mec qui s'est découvert aspie il y a quelques années) et après mon cursus j’étais tout simplement trop paumé et immature pour m’insérer. C’est mon don pour le dessin qui m’a sauvé professionnellement.
Par ailleurs ma psy me considère doué, et possiblement avec des traits autistiques.
Dans le désordre de mes « symptômes » :
-Pensée en arborescence
-difficultés sociales, ça n’a jamais « connecté » avec les autres à partir du collège (et même désintérêt complet depuis 2-3ans)
-je tirais la langue en dessinant étant petit
-j’ai aussi eu une période où je faisais des bruits de déglutition
-hyperacousie
-mes intérêts ont toujours été assez restreints, sans être obsessifs (par exemple je me disais fan de mangas mais j’en vénérais 2 et n’aimais pas vraiment tous les autres, un peu comme ça dans tous les domaines)
-sentiment moi aussi d’être sur la mauvaise planète
-les films, séries et jeux violents qu’on appelle « divertissement » me laissent dans l’incompréhension
-je peux regarder dans les yeux mais ce n’est pas naturel (plus petit j’avais plus de mal)
-à l’âge où beaucoup essaient de fumer, moi c’était niet, et j’ai mis très longtemps avant de boire de l’alcool (pas d’entrainement social).
Edit : Par contre le test de reconnaissance des expressions à partir du regard j'ai eu 32/36 je crois, et à peu près moitié moitié au Rdos.
En fait après ce « réveil » c’est comme si toute la « couche sociale » (paraître, être cool, réussir, bien gagner sa vie, ambition, compétition, etc) avait disparu, ne laissant que le strict essentiel de la condition d’être humain. En psychologie ça correspond pas mal à l’état schizoïde, mais ce sont certains traits précoces similaires au SA qui me font m’interroger. J'ai eu peur d'avoir une schizophrénie pendant un moment.
Et plus j’en lis sur les TSA, plus je me dis que mon père a dû vivre la même chose que moi mais sans faire de travail thérapeutique, et que lui était père de famille à ce moment là (faux self jusqu’à 45 ans puis « démission » de son rôle de chef de famille qui m’est retombé inconsciemment sur les épaules, et qui ne m’a du coup pas aidé du tout alors que j’étais déjà mal parti socialement).
Je me suis posé beaucoup de questions sur mon père, me demandant s’il était borderline, psychotique, voire pervers narcissique du fait de la violence morale envers ma mère principalement, et finalement le passage du guide du SA sur les relations pourrait tout à fait lui convenir, quand on ajoute les lacunes d’empathie, de théorie de l’esprit, de cohérence centrale, ça peut tout à fait donner son comportement, ses crises de rage (surtout contre lui-même), ses moments d’absence dont il ne semble pas se souvenir.
Je me pose beaucoup de question sur l’origine psy ou génétique de tous ces problèmes, dans mon sujet les « anti psykk » du forum me sont tombés dessus

mais je vois que je ne suis tout de même pas le seul à m’interroger, et il faudrait que je relise mais dans le guide du SA de Tony Attwood, je crois qu’il dit qu’on observe plus de SA chez les enfants dont les parents ont des troubles de la personnalité… ça laisse pour le moins songeur… les problèmes des parents sont-ils alors également d’origine génétiques ?
A tout le moins, je me dis qu’être fils d’un aspie pourrait déjà expliquer pas mal de choses, toute une part de transmission sociale invisible que je n’aurais pas eu.
Ce site parle de « psychose distanciée » mais la description correspond grandement au SA :
http://www.psychisme.org/Clinique/Distancie.html
Mais alors que penser de toute la théorie ? Biais de confirmation ? Lignées d’aspies non diagnostiqués ?
Trouble de stress post-traumatique ayant une grosse similitude avec les TSA ? Causes diverses (génétiques ou environnementales) ayant les mêmes effets ?
Quand on voit que les crises autistiques et l’hypersensibilité peuvent faire penser à un trouble borderline introverti, et qu’on lit qu’un aspie peut avoir des symptômes ressemblant à de la parano à force de faire face à de nombreuses incompréhensions/injustices/abus, on se demande s’il n’y a pas un truc assez énorme là dessous.
Dans le bouquin d’Attwood, il dit qu’un enfant aspie peut réagir à son autisme (qu’il ignore) par le déni et l’arrogance, parce qu’il va mettre sur l’autre la responsabilité des problèmes relationnels.
Et que suivant l’éducation des parents, l’enfant aspie peut alors entrer en mode « divin », et la description ressemble beaucoup à l’enfant roi.
Alors avec les problèmes d’empathie, on pourrait même aller jusqu’à se demander si un PN ne partagerait pas certains traits autistiques, auquel s’ajouterait la perversion.
Encore un petit truc, rapport au fait que tu dises avoir besoin de comprendre : moi c’est pareil, et dans le bouquin d’Attwood il dit qu’un jeune aspie qui avait perdu son grand-père d’une crise cardiaque s’est alors mis à apprendre tout ce qu’il pouvait sur les pathologies cardiaques, pour comprendre.
Et moi si je suis sur ce forum c’est parce qu’à la base c’est un coup de coeur qui a entrainé ce « réveil », pour une nana dont je pense désormais qu’elle pourrait être aspie (mode divin comme décrit juste au dessus), et qui m’a envoyé bouler d’une façon incompréhensible et dénuée d’empathie. J’ai passé 4 ans (!) à éplucher le net pour essayer de comprendre son comportement, l’imaginant —comme pour mon père— borderline, psychotique ou PN, jusqu’à me dire qu’elle pourrait en fait être aspie qui s’ignore.
Une aspie qui avance dans les rapports humains comme un bateau la nuit dans un champ d’iceberg, et qui s’est du coup construite une coque très épaisse.
Des fois je me dis qu’avec les TSA et les neurosciences on risque de découvrir des trucs assez énormes sur le comportement humain, du sombre abruti qui frappe ses enfants au chef d’état mégalo.
Pour revenir au sujet, dans mon cas ce serait donc un père à tendance aspie qui s’ignore, et qui n’agit donc pas dans la réciprocité (dans l’enfance il nous montrait des trucs, mais les trucs qu’il aimait, il ne cherchait pas à savoir ce que ses enfants aimaient/voulaient faire) et une mère à l’inverse très protectrice, fusionnelle, au point de devancer les besoins de l’enfant plutôt que de le laisser les exprimer.
Donc au final des enfants qui ne sont jamais dans la position d’exprimer leurs envies, désirs, besoins, ni au près du père ni de la mère, et qui du coup s’oublient.
Après on peut aussi se demander si le vécu des parents influe sur le patrimoine génétique des enfants… puis vient ensuite l’épigénétique…