Pour ma part, j'ai bien veillé à ne pas te coller d'affiliation avec Freud, percevant la dimension mystique que revêtait ton propos et une possible préférence jungienne, entre autres. Mais sous un Jung se cache toujours un Freud et la régularité avec laquelle les adeptes de la Sainte Église Psychanalytique donnent du "papa-ceci" ou du "papa-cela" est là pour en faire la preuve.
Pardon de t'avoir soupçonné d'être convaincu par ton propos, j'ai l'esprit bas qui me fait imaginer comme un intervenant s'exprimant par la pure affirmative sur un sujet qu'il a lui-même créé en exprimant l'idée que son propos pourrait être utile à autrui est convaincu. Peut-être un signe aspie, tu me diras, mais en ce cas, mieux vaut que de telles interventions portent en en-tête un message du type :
"LES PROPOS QUE VOUS TROUVEREZ CI-DESSOUS NE REPRÉSENTENT EN RIEN LA PENSÉE DE LEUR AUTEUR ET N'ONT D'AUTRE VOCATION QUE DE [insérer une raison]"
Peut-être avant d'estimer être
accusé* à tort serait-il heureux de ne pas parler à tort et à travers, en ce cas.
[...]on ne véra jamais que le costume qu'on m'a décidé de me faire porter.
D'ailleurs le mécanisme technique exposé n'a besoin de personne dedans, le trollesque y naît de lui-même de tout ce qui est au delà du compréhensible si je traduit bien.
Victimisation et effet gigogne. Personne, sauf erreur, et surtout pas moi, ne t'a fait porter quelque costume dont tu n'aurais prêté commande. La confusion serait possible si tu te faisais l'avocat du diable, or tel n'est pas le cas.
Pour ce qui est du trollesque, non, ce serait trop simple d'y voir une génération spontanée. Je disais :
Mais quand on sait les ravages causés par la psychanalyse chez nombre d'autistes et dans l'avancée des connaissances à ce sujet, mieux vaut interroger ses croyances avant que de vouloir inviter d'autres personnes à gagner ta chapelle.
Si j'ai réagi, et d'autres avant moi j'imagine, c'est pour cette raison. La psychanalyse a fait la preuve de sa dangerosité (au moins dans le domaine du traitement de l'autisme), aussi n'est-il pas malvenu de considérer comme relevant du troll l'attitude consistant à aborder,
sans que rien sinon le désir de l'émetteur du message ne l'ait requis, un thème polémique en adoptant la posture, vêtu de probité candide et de lin blanc ou bien avec agressivité, comme pour narguer un individu ou un groupe d'individus.
Qu'au cours d'une discussion les sensibilités s'expriment et que quelqu'un, par exemple toi, en vient à dire sa pensée dans l'idée d'apporter sa pierre à l'édifice, si difficile soit de tenir sa position face à ses interlocuteurs, c'est très bien. Formidable même, c'est ainsi que les discussions avancent et que l'on sort du très routinier commun accord rance qui naît de l'entre-soi. Mais telle ne fut pas la nature de ton message qui, je trouve, avait plus à voir avec le "mais c'est quand même un peu de leur fautes" qu'on aurait lâché en plein milieu d'une conférence sur les violences faites au femmes.
Si tu "réveilles des émotions", c'est parce que la psychanalyse n'a plus l'aura d'antan et que les désastres qu'elle a causés se sont fait jour. Aussi toute personne renseignée et
non-
endoctrinée non-convaincue aura plus de chance d'adopter la méfiance, sinon le rejet, face à un tel discours.
Que tu pointes la question mythologique est très intéressant, car c'est en me penchant dessus que je fus convaincu de l'ineptie de la psychanalyse. Les mythes de la Grèce antique et d'ailleurs sont d'une richesse formidable, ainsi que nombre de textes anciens, et leur sort, malheureusement est de tomber, tant que domination il y aura, entre les griffes d'aimables exégètes qui se chargeront de
traduire ces textes pour la plèbe.
Lire Sophocle, Ovide, Homère en n'ayant cure de Freud et de son aréopage, c'est une joie immense. La source, nous sommes d'accord est vivifiante et donne à connaître de nos tréfonds. Des pensées ouvrent l'esprit, permettent l'émancipation. Et si Œdipe était innocent ? Et si Jésus nous proposait, plutôt que d'appeler à obéir, d'observer un funeste héritage pour nous en départir ? Et si Sisyphe avait fini par être heureux ?
Ce sont des questions que l'on trouve, pas un glossaire des troubles humains.
Les exégètes, je ne me fie que lorsqu'ils sont prudents et le charlatan viennois, qui ne fut pas que charlatan ni même seulement viennois, est du type pilleur de tombeau. D'Œdipe et des autres, il ne reste rien dans son petit musée des horreurs que de vilains moulages décrépits et les pièces dispersées d'autres mythes démembrés.
Les mythes sont obscurs, certes, et il nous faut l'accepter car l'homme d'il y a deux millénaires est un frère, mais d'une autre contrée, le passé. Respectons-le dans ce qu'il a d'inaccessible pour nous et prenons soin de ne pas faire parler les morts.
Lisons Vernant, Nacquet, Girard et d'autres d'accord, pas d'accord, mais qui laissent intactes leurs sources aussi fortes soient leurs théories. Avec ceux-là on interprète, on s'interroge. C'est tout et seule la peur du vide ferait penser cela insuffisant.
C'est tout pour moi, salut.
EDIT : je le répète, ce n'est pas la personne que je vis par mon propos, mais les croyances, les idées.
* l'emphase est marquée pour signifier l'ironie très volontairement placée là.